Bonjour, tout le monde :).
Merci pour vos reviews, ça fait toujours plaisir.
Disclaimer: aucun personnages ne m'appartiennent.
Allen travailla non stop sur le loup garou. Il n'en pouvait plus. Cette page 394… Elle le hantait depuis ce cours du Professeur Tyki. Oh non, il n'avait pas rabâché sur celle-ci. Mais il leur avait donné une dissertation sur les lycanthropes. Il lui fallait se renseigner un maximum. Ces créatures seraient des hommes prenant la forme d'un loup lors des nuits de pleines lunes. Bien qu'ils gardent un aspect humanoïde. Il s'agit donc d'une transformation involontaire à contrario des Animagi qui, eux sont capables de prendre forme animale selon leur désir. ET garder leur conscience humaine. Ainsi, des hommes simplement victimes d'un maléfice perdraient le contrôle et ne répond qu'à leur pitoyable instinct animal. Ils deviennent de vulgaires bêtes à leurs dépens.
Si misérable.
Pouvait-on encore les considérer comme Homme ?
Allen ne considéra la question pendant 1 milliseconde.
Bien sûr qu'ils sont Hommes. Ils perdent juste leur précieuse humanité pendant une nuit.
Cependant, l'humanité était-elle si précieuse ? Les humains n'étaient-ils pas plus « animaux » que les animaux eux-mêmes ?
Soupirant tristement, Allen jeta un coup d'oeil à ce que lui avait confié Tom. Des documents… Rien de particulièrement louche. Il semble travailler sur les Maledictus.
« Une Maledictus est une femme atteinte d'une malédiction de sang. Cette malédiction transforme l'individu atteint en une créature et se transmet de mère en fille »
Le blandin frissonna d'horreur. Quelle horreur ! Et cela ne touche que les femmes… Quelle malédiction sexiste.
Pourtant Allen avait déjà rêvé de devenir Dragon ou Corbeau. Perdre son humanité, ne répondre qu'à son désir… Non, Allen n'avait jamais visualisé les choses comme cela. Beaucoup d'animaux avaient une part « humaine ». Bon, leur comportement est bestial mais… Probablement que le scandale ultime dans cette histoire était simplement le « malgré eux ».
Malgré eux. Malgré nous. Malgré lui…
Nous devons toujours rester maître de soi. C'est bien cela être humain. Nous avons la parole, l'éthique…
Allen, bien que reniant cette part de lui-même, possède bien évidemment une part plus sombre ne répondant qu'à la haine. Néanmoins, grâce à Mana, n'est-il pas devenu un charmant jeune garçon ?
Il finit par sombrer dans un lourd et tendre sommeille.
…
Un rayon de soleil éclaira son doux visage n'exprimant qu'innocence.
Allen ouvrit les yeux.
Déjà le matin ?
Il s'étira calmement avant de se blottir dans ses draps.
Ses draps.
Il sursauta.
Il était dans son lit !
Impossible ! Et son devoir ? Et le dîner ?
Son ventre grogna.
Cela faisait longtemps qu'il n'avait plus ressenti la faim.
Mais il fallait bien vaincre la culpabilité, un jour.
Timcanpy lui fonça dessus et se frotta à sa joue.
Par son mouvement, il chassa toutes les ténébreuses « chimères » tournant autour d'Allen.
Oui, Allen vivait bien sa malédiction grâce au remède de son maître. Cependant, tous ces êtres qui le hantent…Et leurs voix qui l'atteignent tout de même. Cependant, il remarqua que s'il consommait une plus grande quantité de potion recommandé (la première fois, il avait une erreur dans son dosage), il en voyait moins. Alors… Il en avait déduit qu'elles étaient finalement bien le produit de sa malédiction et non de sa folie.
Le balafré se leva et observa son paisible compagnon.
Tom avait passé le reste de la journée avec d'autres Serpentards.
Il formait son groupe visiblement. Allen grinça, vexé.
Il n'avait pas intérêt à révéler quoique ce soit sur leur secret et leur but actuel. Bien sûr, Allen n'avait pas oublié qu'il devrait bel et bien arrêter Tom dans sa folie. Il ne causera la mort de personne.
Il ne comprenait pas son délire pour les Sangs Purs.
Pourquoi cette obsession ? Les dits « Sang de Bourbe » sont tous aussi compétents que n'importe quel sorcier.
Cette fois-ci, ce fut lui qui réveilla le petit Tom. Il était temps de déjeuner.
« Nous avons le regret de vous annoncer que le Professeur Lulubell soit malheureusement décédée »
Allen s'étouffa avec sa tartine alors que Tom resta silencieux. Lenalee ne put s'empêcher un couinement. Dumbledore ferma les yeux, profondément attristé.
– Ce fut un professeur talentueux…
Le directeur Dippet l'interrompu. Ce n'était pas à lui de prononcer le discours.
– Elle sera rapidement remplacée, et vos cours reprendront leurs cours normales.
On pouvait entendre le fameux Rubeus Hagrid reniflait et sanglotait. Peut-être massif mais hyperémotive.
Allen tremblait. Il s'était attaché à la jeune femme. Parfois, il l'avait étrangement haï, certes mais que pendant un court laps de temps… Hier encore, il l'aidait à bichonner les hippogriffes…
Sa gorge se noua, et des larmes silencieuses se dessinèrent sur son visage.
Tom tenta de « jouer le jeu » et posa sa main sur l'épaule du garçon.
La mort n'est qu'un passage, aurait-il pu dire. Mais il ne put. La Mort est effrayante. Elle détruit tout et ne laisse aucun survivant.
Alors il ne dit rien. Un long silence irradia la pièce. Comment une telle horreur a-t-elle pu avoir lieu ? Mais il n'était pas temps à la réflexion. Les cours n'allaient pas être annulés pour « ça » . Visiblement, le directeur Armando semblait contrarié. Ces sentiments envers la plupart des autres professeurs étaient indescriptibles. Il paraissait avoir tout autant avoir confiance en leurs compétences que les haïr. Comme un vieux ressentiment… Pourtant Lulubell était une innocente jeune femme, venant de la maison Serdaigle et respectée de tous.
Kanda frôla le blandin encore en larme avant de grimacer du fait de sa faiblesse.
– Fais pas le gamin, le nabot.
Tristement, Allen partit à son cours de métamorphose où le Professeur Dumbledore les attendaient.
Afin de compléter le cours du Professeur mikk, leur professeur de métamorphose exposa l'histoire des Animagi. Ainsi devenir un animagus serait compliqué et tout animagus doit être déclaré. Allen soupira, cela avait l'air si compliqué. Il se limitera à ses pouvoirs actuels. Tom écoutait sereinement se faisant probablement la réflexion que devoir se déclarer était chose ennuyante.
– Pour ce faire, formez une image mentale aussi précise que possible de votre corps humain. Cela devrait suffire à déclencher la transformation, mais ne paniquez pas si celle-ci n'intervient pas immédiatement. Avec le temps, vous parviendrez à passer de votre forme humaine à votre forme animale à volonté, et ce, en visualisant simplement la créature en question. Les Animagi les plus aguerris peuvent se transformer sans l'aide de leur baguette magique.
Impressionnant. Allen leur tire son chapeau. Dommage qu'il n'en possédait pas. À la fin du cours, Tom partit rejoindre ses autres amis. Allen fit semblant de ne pas en être vexé. Mais Tom savait très bien que margé le fait qu'il jouait clairement les durs (il faut dire que le Allen qu'il avait rencontré était un petit garçon fragile et timide, le genre à se faire rapidement écraser), Allen avait mal. Au fond, il l'avait besoin de Tom. Tom ne se le cachait pas qu'il avait senti qu'Allen se détournait peu à peu de lui, et qu'il tentait de prendre un peu le contrôle du volant, mais il n'y arrivera jamais. Certes, il refuse son surnom signe qu'il ne souhaitait pas entrer dans cette histoire, néanmoins, Tom allait jouer sur le sentiment de dépendance qu'il pouvait engendrer chez lui. Bientôt il rampera à ses pieds.
Allen quitta la salle et tomba nez à nez avec un certain rouquin.
– Bonjour, Lavi.
Lavi et lui se côtoyaient très peu du fait de leur deux ans de différence. Mais il était sans mentir un garçon charmant et dynamique.
– Salut Allen ! T'as pas l'air en forme, dis-moi.
Il s'abstint de rajouter qu'Allen n'avait jamais l'air bien dans son assiette.
– Je vais bien, ne t'inquiètes pas.
– N'hésite pas me parler si besoin. Je suis grand, je suis roux, j'ai juste un œil, je suis à Serdaigle, donc tu peux me faire confiance.
Allen se demanda s'il fallait rire. Mais à la vue de son sourire, il savait qu'il s'agissait d'une blague. Alors, il mit tous les efforts du monde à rire.
– Ahahaha !
– …
– Ah…
– Bon, plus sérieusement, Allen, cette femme… Lulubel...Tu ne trouves pas cela louche ? J'ai entendu de drôle conversations, tu sais. Il semble qu'elle ait été assassinée.
Allen le regarda bêtement un instant avant que son cerveau se reconnecta. Ses neurotransmetteurs avaient atteint la fente synaptique. Tout allait bien.
– Pourquoi me dire ça ? Pourquoi moi ? Tu t'attends à ce que je mène l'enquête avec toi ? Et puis, je ne vois pas comment Lulubel aurait pu mourir si on le lui avait pas forcé la main.
Lavi le contempla un instant, surpris. Lulubel était jeune certes,( quoique Lavi avait des doutes sur son appartenance à une certaine famille possédant une longue longévité) mais les causes naturelles pouvaient être envisageable. Les sorciers possèdent généralement une plus grande résistante mais n'étaient tout de même pas invincible.
– Tu la connaissais bien, non ?
– Non.
– Tu as été collé plusieurs fois avec elle.
Le blandin rougit, honteux.
Lavi lui sourit chaleureusement. Il avait conscience du manque de confiance et d'estime de soi que pouvait ressentir ce garçon.
– Je crois en toi, Allen. Et je sais que tu peux m'aider à résoudre certains mystères.
Pourtant Allen savait. Lavi aurait beau lui montrait une affection tendre et confiante, Allen savait que le rouquin connaissait son secret, ou du moins qu'il était appliqué dans des affaires suspectes. Mais peut-être le croyait-il capable de dépasser tout ça. Peut-être le pensait-il plus victime qu'il ne l'était. « Ce n'est pas de sa faute, il est manipulé le pauvre ». Alors Allen adressa un sourire vide à son interlocuteur. Lavi sentit les frissons parcoururent son dos. Effrayant. Il lui semblait discuter avec un mort.
– Ne me fais jamais confiance, Lavi.
Et il le quitta, tête baissa Lavi resta figé de surprise. Allen ne pouvait avoir confiance en Allen, et personne d'autres non plus.
Allen passa la journée seul avec ses pensées. Et il se rendit comte que la solitude à long terme était extrêmement pénible voire douloureuse. Ses pensées tournaient en rond dans son esprit. Il s'énerve seul, et il rit seul aussi. Comme d'habitude, en fait. Cependant, cela durait trop. Et Allen n'aimait pas discuter trop longtemps avec Allen, Alors il espéra un e rencontre. Qu'importe. Lenalee, Son maître ou même cet abruti de Kanda. Néanmoins, ce ne fut aucunes des personnes auxquelles il pensa avec qui il finit pas avoir une interaction. Il se cogna en effet, lorsqu'il était trop occupé à lire sur l'évolution de la magie noire dans le monde (et comment la contrer ), et ses affaires se déversèrent au sol. Il eut un réflexe digne de son lui d'origine et s'excusa, rouge, tout en bredouillant.
– Je suis sincèrement désolé. Pardonnez ma maladresse…
Il finit par relever la tête et découvrit un visage efféminé bien que masculin . Ce garçon ne lui était pas inconnu mais Allen ne parvenait pas assembler ses idées. Et il resta béa.
– Ce n'est rien, Allen.
Il lui sourit. Allen avait oublié à cause de Tom que l'on pouvait sourire de cette manière-là.
– Je vais t'aider à ramasser.
– Merci…
Il n'osait pas lui redemander son nom.
– Tu es le copain de Kanda ?
Peu à ses souvenirs revenaient. Mais il ne comprit pas pourquoi Alma se mit à rougir au terme « copain ». Il ne l'avait utilisé avec aucun sous-entendus n'ayant pas conscience du réel type de relation que ces garçons pouvaient entretenir.
– On peut dire ça, he he.
Après avoir finit de ramasser les livres, Alma s'empêcha de lui faire remarquer que son intérêt pour la magie noire lui semblait malsain. Peut-être n'aurait-il pas eu cette pensée s'il s'agissait d'un Gryffondor et non d'un Serpentard. Il ne fallait pas avoir de préjugé. Allen avait l'air d'être un type bien.
– La prochaine fois Allen, ça te dirait d'assister à notre match de quidditch ? C'est les Serpentards qui jouent contre nous dans une semaine.
– Ah…
Allen ne s'était jamais intéressé à la chose et n'était pas plus au courant. Pourtant Lenalee les avait harcelés avec ce sujet. Il soupira avant de reprendre d'un ton neutre qu'il voulait doux.
– Je viendrai Al… Ma.
Il avait buté sur la première syllabe, mais il s'en souvenait enfin.
– Merci beaucoup, Allen ! Tu vas voir Kanda va battre votre équipe.
– Je l'espère…
À la vue du regard d'Alma, il avait fait une erreur. Il ne devait pas espérer que l'équipe de sa maison perde même si c'était positif pour la personne avec qui il discutait.
Et Alma disparut rapidement de sa vue. Ce fut un bref échange mais Allen s'en trouva revigoré.
Il se dirigea vers la bibliothèque espérant y trouver au repos mais fut interrompu par de longs et embêtants sanglots. Qui donc pouvaient se permettre de et pleurer et renifler aussi bruyamment ?! Vaincu par son humanité, il changea de direction à la recherche du malheureux. La Nausée lui monta aux narines pour des raisons inconnues. Pourquoi porter secours à un inconnu ? C'était normal, les Hommes (moldus ou sorciers doivent s'entraider… Mais n'est-ce pas un peu hypocrite ?
Il le trouva là. Assis sur des escaliers penaud, les cheveux hirsutes, le nez et les yeux rougis comme s'il avait bu trop de Bièraubeurre. Finalement, il ne s'agissait pas d'un inconnu.
— Rubeus!
– Allen… Sniffffff.
Ils se connaissaient à peine, leurs rencontre n'étant pas plus complète que celle Grippe-Sou et George. Et pourtant, Allen avait de la peine pour ce garçon hyperémotif avec une taille et une corpulence hors norme. Le blandin s'assit à ses côtés et fit apparaître un mouchoir ou plutôt des mouchoirs.
– Qu'il y a-t-il, ?
Il lui tapota doucement son immense épaule en signe de soutien. Ou de réconfort, il ne savait pas vraiment lui-même ce qu'il voulait.
– Professeur… Lulubel…
C'est tout ce que comprit le pauvre Allen dans cette marée ce chagrin. Au nom de Lulubel son cœur fit un bond il l'avait déjà oublié. Allen se tut et blanchit soudainement. Il avait vraiment la nausée et cela allait mal se finir.
– Allen ?
Hagrid remarqua le silence anormal de son camarade et finit par s'en inquiéter.
– Je vais… bien. Juste un peu fiévreux.
– Mais avec la magie, on peut guérir ces vulgaires maladies rapidement.
– Il y a des maladies qui ne soignent pas.
– Mais voyons ne dit pas n'importe quoi Allen.
— Comme la mort.
Allen avait lâché ces derniers mots sans le vouloir. Stupide.
Et Hagrid se remit à pleurer de plus bel. Et Allen s'endormit à bout de force contre l'épaule de son camarade.
– Je suis désolé, Rubeus, avait-il soupiré.
Mais pourquoi s'excuser ? Pourquoi, Allen ? Pourquoi…
Dix heures.
Feuilles qui tombent sans peur.
Allen ouvrit soudainement les yeux, en sueur. Quand s'était-il endormi ? Il releva la tête et remarqua le soleil déjà levé depuis des heures.
Oh non ! Il allait être en retard… Mais il n'y avait pas cours aujourd'hui. Allen soupira de soulagement.
– Tu te réveilles enfin ?!
Allen sursauta au point de se cogner. Pour qui se prenait-il pour arriver aussi brusquement et élevait la voix avec tant de zèle ?!
— Tom…
– Franchement Allen, T'assoupir dans les bras de ce gros benêt d'Hagrid, ce n'est pas possible !
– Ne sois pas méchant avec Rubeus, je t'en prie…
Sa voix se brisa. Il avait si mal. Ses membres étaient douloureux de la tête au pied. Il avait fait un triathlon ou quoi ? Il se sentit haletait.
Tom s'approcha de lui et sa figure se figea face à celle du blandin. Il pouvait sentir son souffle sur sa bouche. Il pouvait l'entendre respirer. Les yeux de Tom étaient on ne peut plus vides. Son regard noir était tel un trou de vers. Allen s'empourpra, gêné. Tom aussi avait un teint de porcelaine. Fragile poupée sans cœur.
– Tu as l'air si malade, Allen.
Il est vrai que le garçon se trouvait pâle et bouillant mais qu'importe. Tom caressa furtivement les épaules du balafré d'un geste ininterprétable. Allen tremblait. Il ne voulait pas qu'il ne le touche. Il frissonna de dégoût et repoussa Tom au loin.
– C'est quoi ton problème ?
– Je teste ta vigilance.
Il s'agissait seulement de cela ? Alors tout allait bien.
– Comme tu as loupé le déjeuné, je t'ai amené des croissants, Allen.
Le garçon resta un instant figé et tremblotant avant de le remercier. Tom avait des bons côtés finalement.
– Mange bien, et sois prêt pour tout à l'heure. Et surtout, n'oublie pas ta baguette. On se retrouve cet après-midi, là-bas.
Il partit, un sourire lugubre au visage. Cela ne disait rien qui vaille.
Devrait-il demander conseil à son maître ? Jamais ! Comment avait-il pu penser à une telle chose ?! Allen paniquait seul dans sa chambre tout en mangeant les croissantes. Il commençait à retrouver l'appétit. Mais il savait bien que son estomac n'allait pas durer.
Tom l'attendait près de la salle. Allen s'en doutait qu'il souhaitât cela.
– Alors, Tom, pour ce genre de chose, tu ne demandes pas à tes autres amis de t'aider ?
Il appuya bien sur son prénom, un sourire malicieux au visage.
– Tu es vexé ? Je n'ai pas que toi dans la vie, Allen.
Allen cessa de sourire et le regarda l'air grave. Aucun regard noir. Tom était parfaitement neutre.
– Néanmoins, je pense, Allen, que tu es mon meilleur ami.
Pris au dépourvu, Allen rougit et il détourna les yeux, vaincu.
Tom avait gagné.
Lorsqu'ils pénétrèrent dans la pièce, le blandin remarqua un paquet blanc de grande taille sur la table dite « d'opération ».
Il s'en approcha lentement. Il avait un mauvais pressentiment. L'envie de vomir le prit aux tripes et l'enfant dût se retenir à la table afin de ne pas flancher. Par maladresse, il découvrit la chose du drap blanc qui la recouvrait. Ce n'était pas un paquet blanc.
Une femme.
Des yeux dorés à jamais éteints.
Une chevelure blonde couvrant sa poitrine.
Et un teint pâle penchant vers le verdâtre : la couleur d'un mort.
Cette fois-ci, Allen tomba et hurla.
Lulubel, évidemment.
Le cri du garçon perça le silence de la salle, perturbant Tom dans ses réflexions. Il leva soudainement sa baguette.
– Silencio !
Et Allen perdit sa voix mais continua de mimer la terreur.
Tom se dirigea vers lui et le força à regarder la défunte dans les yeux.
– Calme-toi, Allen ! Je n'ai pas besoin d'un boulet.
Remarquant que la respiration du blandin reprenait un rythme normal, il le fit sortir du silence.
Il se tourna vers lui, décomposé.
– Tu l'as tuée.
– Non, Allen, je ne l'ai pas tuée.
– Mais alors…
– J'ai juste récupérer le corps.
Allen se retint de dire « Ah bah ça va alors » et se demanda comment avait-il pu le voler.
– Bon Allen, tes questions seront pour plus tard. Je ne parvins toujours pas à créer un semblant d'Inferi avec ce corps. Grâce à toi, je commence à réussir avec les petits animaux mais avec un être humain… C'est une autre histoire.
Allen réalisa soudainement ce qu'il venait de faire. Bien sûr que c'était Tom qui l'avait embarqué là-dedans mais c'était bien lui qui possédait cette capacité morbide. Super pour son CV.
Il ne voulait pas. Tout d'abord son œil gauche le brûlait. Et puis, au nom de Lulubel, il ne pouvait pas faire ça.
– Allen !
– Non !
Comme la première fois qu'il y fut confronté, Allen recula.
Puis le garçon sombra dans un profond sommeil
Qui donc chantait dans sa tête ?!
Les flammes parmi les cendres qu'ils respiraient
Flottaient une par une sur son doux visage gonflé
Des milliers de rêves se sont accrochés à la terre
Perturbé, Allen recommença à trembler. Il sortit malgré lui sa baguette de sa poche et jeta un sort sans vraiment comprendre.
– Immemores suae obstare industriae spatium, et venite ad me Domine piano!
Depuis quand parlait-il le latin ? Depuis peu.
Les mains moites de sueur, il rangea sa baguette et admira le piano aux couleurs inversées apparaître devant lui. Tom resta figé ne connaissant aucun permettant de téléporter un objet de cette manière.
Et Allen se mit à jouer sans hésiter une seconde de plus.
Puis le garçon sombra dans un profond sommeil
Les flammes parmi les cendres qu'ils respiraient
Flottaient une par une sur son doux visage gonflé
Des milliers de rêves se sont accrochés à la terre
Et la main de Lulubel trembla.
Toi qui resplendissais lorsque tu fus venu au monde
Au cœur de la nuit tes yeux argentés se mettent à trembler
Combien de millions d'années se sont écoulés
Depuis que mes prières s'en sont retournées à la terre ?
Ses membres recommencèrent à bouger.
Je continue de prier
Pour que vous puissiez donner de l'amour à cette enfant
Et pour que vous puissiez déposer un baiser sur ces mains jointes
Lulubel se mit debout face à Allen, le regard toujours aussi vide. Allen crut voir des larmes perlaient sur sa joue porcelaine mais c'était lui qui pleurait.
Qu'avait-il fait, bon sang ?!
Il continua de jouer. Lulubel s'approcha du musicien et… s'écroula. La magie s'arrêtait là.
– Ah,ah,ah,ahah!
Tom frappa son camarade pour le faire taire. Mais Allen continua de sangloter et convulsait tel un épileptique.
Des images plus sordides les unes que les autres défilaient dans son esprit.
Et il régurgita son déjeuner.
Tom remit le corps à sa place ainsi que le drap d'un petit coup de baguette. Il était parfaitement calme. Il comprenait maintenant le Professeur Kamelot.
Puis il se tourna vers son ami, et l'allongea délicatement le sol. Il allait devoir nettoyer ces saletés maintenant.
Il remarqua les larmes pourpres de son camarade et les essuya.
Lorsqu'Allen rouvrit les yeux, il était toujours au même endroit mais Tom avait lavé ce qu'il restait des croissants.
– Tom, il faut arrêter ça ! Ce n'est plus possible.
– Non ! On continuera d'avancer sur ce chemin dorénavant !
Allen se releva, non sans difficulté et lui fit face, les yeux pleins de rages. Pour la première fois de sa vie, Tom se demanda si Allen pouvait être dangereux même pour lui. Certes, il le dépassait dans toutes les matières et exerçait une domination psychologique non négligeable. Néanmoins, Allen avait ce potentiel caché qui ne ressortait qu'en cas de crise.
– Ce n'est plus possible, Tom ! Je ne sais pas où tu vas, mais je ne veux pas fricoter avec des cadavres plus longtemps.
– Je n'avais entendu parler de cas où la magie passait à travers la musique. Quoique, il me semble qu'un certain Néah…
– Tais-toi !
Essoufflé, Allen écrasa Tom contre le mur. Il ne tenait pas baguette, il ne comptait pas le défier avec de la magie.
– Que vas-tu me demander par la suite, hein, Tom ?!
– Nous devons trouver la chambre des secrets ensemble !
Tom le regarda fixement, gardant parfaitement son sang froid.
Il avait oublié. Il lui avait promis.
– La chambre des secrets…
– Je suis convaincu qu'elle existe.
– Mais tu as formé un groupe avec d'autres Serpentards, je suis sûr qu'ils seront beaucoup plus enchantés de le faire.
Allen s'était soudainement calmé. Il se débarrassait lâchement de ses responsabilités sur les autres. Brusquement, il avait perdu toute motivation. Courage, envie, désir, joie de vivre… Il sentait son cœur battre beaucoup plus lentement comme s'il s'arrêtait. Il allait mourir. Il voulait mourir.
— Seul toi peut m'aider. Les autres sont beaucoup trop faibles. Des sales momignards fils à papa.
Allen grimaça, et se tût pendant de longues secondes. Tom ne s'exprimait jamais de cette manière.
Mana, que devrais-je faire ? Mana.
Continue d'avancer, ne t'arrête jamais, me diras-tu.
Je veux juste que tout s'arrête. Si seulement tout ça pouvait se terminer.
Si je pouvais seulement dormir. Dormir. Juste dormir.
« Venge-toi de ce monde injuste et cruel, Allen. Oubli la médiocre morale de Mana. »
Mais…
« Personne n'a à t'imposer une façon d'être »
« N'oublie pas qui tu es et ce que tu as été »
– Allen ?
Le jeune garçon sentait un étrange flux se propageait dans ses veines. Il n'avait plus envie de dormir. Il cacha son visage de sa main ganté et ria sombrement. Il sentait son visage se déchirait sous l'effort du sourire.
C'était tellement ridicule.
– Et maintenant tu en ris, Allen ? Décidément, je ne te comprendrais jamais.
Même sans le regarder, Allen pouvait sentir Tom sourire. Il avait compris.
Une légère lueur ambre brillait dans les yeux du jeune sorcier. Tom n'en fut pas plus surpris.
– Ok, Allen. On fera ça ensemble et tu ne me trahiras jamais, d'accord ?
Allen se retint de rire encore plus fort. Pourquoi lui parlait-il comme s'il était diminué ?
– D'accord, Tom.
Tom profitait visiblement de l'état second de son camarade. Le petit Jedusor s'approcha doucement de son camarade avant de délicatement prendre sa main dans la sienne. Bien évidemment, Allen se remit à rougir ne comprenant pas ce qu'il attendait.
– Et maintenant faisons un pacte de sang.
– Pourquoi ?
– Pour que jamais nous nous trahisons l'un et l'autre.
– Je t'ai déjà dit que je te dénoncerais pas.
– On ne sait jamais.
Tom savait très bien que dès le lendemain, Allen le prendrait en horreur et tenterait de lui mettre des bâtons dans les roues. Il était d'un tempérament bipolaire ou avait plusieurs personnalités, Tom ne savait pas vraiment.
Amusé, Allen leva son bras droit et s'entailla profondément le poignet avec sa courte baguette d'aubépine. Tom fut surpris. Alors, il savait ce qu'il en était ? Son sourire n'en fut que plus large. Il avait raison de le choisir en ami ce jour-là. Tom l'imita et entrelaça sa main afin que leur sang fusionne. Il fut dégoûté de remarquer le plaisir qu'Allen prenait à chaque contact. Répugnant.
– Je promets de t'être fidèle, Tom et de ne jamais te trahir.
– De même, Allen, je te serais loyal.
Une lumière blanche illumina leurs visages enfantins.
Et leurs sangs ne firent qu'un. Une minuscule fiole triangulaire et dorée apparut. Tom s'empressa de la récupérer. Allen semblait épuiser.
Il était grand temps de dormir.
Alors oui, tout est un peu chamboulé. J'ai hésité à mettre la mort de Lulubel aussi tôt. Et Allen qui ne sait jamais ce qu'il veut...
J'espère que le chapitre vous a plu.
Encore une fois, je ne garantis pas que je publierai le prochain chapitre rapidement. Entre les examens et les problèmes personnels, nous avons tous une vie fatigante.
Bref, merci d'avoir lu et à la prochaine.
