Hello !

Voici le chapitre 12, la veille de l'opération que, je pense, vous attendez tous !

J'espère que ce chapitre vous plaira, bonne lecture !

Un grand merci à ma bêta, Moira-chan, pour la correction de ce chapitre ^^


Demain, le grand jour...

Je me le répétais sans cesse. Mais Seijuro n'avait pas l'air aussi heureux que moi à l'idée qu'il puisse être débarrassé de sa tumeur.

Je pensais qu'il avait peur. Cette opération était plutôt dangereuse, surtout si le chirurgien abîmait par mégarde une partie de son cerveau. Mais celui qui allait l'opérer n'était autre que Midorima Haru, un grand médecin qui ne jouerait jamais avec la vie d'un ami de son neveu.

Je regardai Akashi : il était à genoux devant le canapé, occupé à caresser Anubis qui était dans une position plutôt étrange. Il dormait sur le dos, le ventre offert aux caresses et les pattes écartées.

-Dis-moi, Anubis...

Le chat ronronna.

-Que penses-tu de la condition du chat en Chine ? demanda Akashi.

Il ne broncha pas et se retourna pour s'étaler sur le ventre.

-Moi, je pense qu'il s'en fiche, commentai-je depuis ma place.

-Je crois, en effet.

Je regardai l'heure, comptant le temps qu'il me restait avec Akashi avant qu'on ne lui perfore le crâne. Chaque seconde en moins, je la ressentais. Ça me faisait l'effet de petits coups dans le ventre.

-Sei, je vais préparer le repas. Tu devrais aller prendre ta douche pendant ce temps.

Je ne réalisai qu'avec son regard vers moi ce que je venais de dire et la façon détachée dont je l'avais dit, comme si j'étais une mère qui s'adressait à son gamin.

-Hum... Désolé, je ne voulais pas...

-Non, c'est bon, j'allais oublier d'y aller alors c'est une bonne chose. Je te précise juste que je ne suis pas adepte de l'inceste.

Avec un petit sourire narquois, il se leva et partit vers la salle de bains. En passant à côté de moi, il me lança un regard aguicheur. J'allais devoir le rejoindre, si ça continuait...

Je posai mes ustensiles de cuisine et le suivis à l'étage. Il commença à se déshabiller sans quitter mon regard quand j'entrai à sa suite. Même s'il avait énormément maigri, il avait toujours un très beau corps. Il lui restait un peu de muscle et ses hanches étaient encore fines, avec des fesses fermes... Mais un détail, quand mes yeux remontèrent vers son visage, mit fin à mes rêveries. Un détail qui me replongea dans sa maladie.

-Sei... Tu as un début de calvitie.

Il écarquilla les yeux.

-Quoi !?

Il se regarda dans le miroir et chercha l'endroit où il lui manquait des cheveux. Il le trouva rapidement, mais je lui fis remarquer qu'il y en avait d'autres un peu partout. C'étaient les conséquences de la chimiothérapie et du traitement qu'il suivait qui se faisaient enfin voir.

-C'est horrible !

-Pas tant que ça, et on va te raser les cheveux demain de toute...

-Mais... ! Shuzo...

Il se regarda dans le miroir. Je savais bien ce qu'il pensait de lui-même. Alors que moi, je le trouvais toujours aussi beau, aussi parfait, lui n'arrivait plus à se voir autrement que comme un grand malade – ce que, malheureusement, il était devenu.

-Bah, c'est pas très grave, tu es beau quand même.

Je m'approchai de lui et embrassai son cou tout en laissant mes mains caresser son torse. Mais Akashi n'en avait rien à faire : il regardait son reflet avec un sorte de pitié que je ne lui connaissais pas.

-Sei ?

-Je ressemble à ma mère.

-Ta mère ?

-Oui. Quelques jours avant qu'elle ne meure, elle avait cette tête.

-Oh...

Puis, il secoua la tête comme pour chasser ses mauvaises pensées et se retourna dans mes bras pour me faire face.

-Tu m'aimeras même chauve ?

-Ça ne durera qu'un petit mois, le temps que tes cheveux repoussent.

-C'est long, un mois avec un moche.

-Tes yeux et le plaisir de te savoir guéri compenseront.

Au lieu de faire semblant d'être vexé comme il en avait l'habitude, il me sourit et se colla contre moi.

Mon menton reposait sur sa chevelure rouge et l'air que j'expirais la faisait voltiger.

-Bon, à la douche.

Il entra dans la cabine, alluma l'eau et me fit signe de venir. Avant d'y aller, j'attrapai le flacon de bétadine qui reposait sur le meuble du lavabo depuis une semaine. J'avais acheté le produit désinfectant dès notre premier rendez-vous chez le chirurgien, mais je ne l'avais sorti que récemment, car il me déprimait un peu.

-Qu'est-ce que tu fais ?

-Tu dois te laver à la bétadine en prévision de l'opération.

Il me montra une tête dégoûtée et je lui rendis un sourire.

-J'ai changé tes draps et je t'ai sorti un pyjama propre exprès pour ce soir.

-Attends, je vais être désinfecté ce soir et demain matin, non ? Donc tu ne pourras pas dormir avec moi, parce que tu risquerais de me passer des saletés ?

-Sauf si, moi aussi, je me douche à la bétadine.

Sans autre mot, j'entrai avec lui et ouvris la bouteille pour lui en verser sur la tête. Ça ne sentait pas vraiment bon mais c'était supportable. Pas contre, ça coulait partout et ça ne moussait presque pas. Akashi m'en mit dans les cheveux et les frotta. Comme il était plus petit que moi, il était sur la pointe des pieds.

-Il faudrait aussi nettoyer Anubis, sinon tu ne pourras plus lui faire de câlins, proposai-je.

-Ah oui, bonne idée, il sera tout propre.

Akashi sortit sa tête de la cabine, et appela le chat qui répondit docilement à son maître. En attendant que le monstre arrive, nous sortîmes de la douche et nous emballâmes dans nos peignoirs. Le chat poussa avec ses pattes la porte qui n'était pas complètement fermée. Akashi l'attrapa et le mit dans le bain que je commençais à faire couler pour lui.

Il se débattit comme une furie, mais nous étions encore humides de notre douche alors nous nous en fichions. La pauvre bestiole se retrouva toute trempée et enduite de produit. Seijuro se chargea de le frotter car il était plus à l'aise avec lui qu'avec moi.

Maintenant, nous étions tous impeccables, dans des vêtements propres – ou des poils propres, selon de qui on parlait.

Nous mangeâmes au bar de la cuisine. Tout du moins, je mangeai – Akashi ne voulut rien avaler. Anubis monta d'un grand saut sur le bar et ronronna pour avoir des câlins. Comme s'il en méritait ! Il renifla mon assiette et voulut manger ma viande, mais je le repoussai à temps tandis qu'Akashi caressait son dos comme pour l'encourager dans sa bêtise.

-Fais descendre le chat.

Akashi attrapa Anubis et le mit sur ses genoux, où il se roula en boule.

-Il est descendu, me fit remarquer sournoisement le rouge en levant les mains innocemment.

En soupirant, je lui proposai une nouvelle fois de manger mais il refusa. Ce ne serait qu'à partir de minuit, normalement, qu'il n'aurait plus le droit de manger ni de boire quoi que ce soit. Il devait impérativement être à jeun pour l'opération. Après avoir réalisé ce fait, il mangea une tablette complète de chocolat.

-Pourquoi du chocolat ?

-C'est sucré.

-Et alors ?

-Les cellules cancéreuses raffolent du sucre, elles en consomment presque trois fois plus que les cellules normales. Je les nourris pour qu'elles se détendent avant d'être enlevées demain. Sinon, elles risqueraient de stresser et de s'accrocher encore plus. Comme des vilaines tiques.

J'eus presque l'impression que cette situation l'amusait plus qu'autre chose, avant de réaliser que c'était sans doute un mécanisme de défense que de tout prendre avec le sourire et de rire de sa propre maladie.

Un peu plus tard, nous allâmes nous coucher, l'un contre l'autre avec le chat entre nous pour une fois.

Je fermai les yeux et je me laissai aller pour m'endormir en quelques minutes, sans penser au lendemain.


Et voilà, la prochaine fois, ce sera enfin le moment tant attendu !

review ?

à plus !