Ouf! Incapable de publier depuis deux jours mais bon... ça y est! FanFiction est en service! Alors voilà la suite de l'épopée. Parlons-nous, donnez vos commentaires.
En passant, je ne le mentionne pas mais j'ai emprunté les personnages de Madame Meyer mais l'histoire est disons... très différente? Bonne lecture!
Tout n'est que mains. Tout n'est que lèvres. Tout n'est que murmures. Nous carressons nos visages, par légers effleurements, comme pour ne rien briser de la fragilité de notre confiance. Nous unissons nos lèvres tendrement, entre deux mots, ne pouvant briser le contact pour plus de quelques minutes, se savourant l'un l'autre. Nous nous murmurons des petits bouts de vie, ayant peur de réveiller la bête noire de la dure réalité. Je lui murmure l'ombre de qui j'étais, un faible profil de mes parents naturels qui ne devaient pas être naturellement parents. La pointe d'un enfer que j'ai traversé. Elle me murmure une adolescence sans adolescence, heureuse parce qu'elle ne connaît pas autre chose. Sa solitude, ses croyances, ses histoires qu'elle se racontent depuis son enfance qui aimeraient être couchées un jour sur papier. Je lui murmure ma passion pour mon travail, des intervenants qui m'ont gardé en vie et qui m'ont donné envie de suivre leurs traces. Elle me murmure encore et encore sa passion pour les lettres et les mots qui se font doucement doubler par l'attirance de sauver les âmes en peine. Les larmes de sa compagne de travail trouvée dans un état lamentable ce matin dans les rayons de livres bien rangés la fait se questionner sur la part de responsabilité devant être imputée aux parents et aux enfants dans des histoires comme celles d'Angela. Les pensées qui la taraudent constamment sur le petit ange aux ailes brisées que nous avons laissé gisant sur le lit aux draps trop blancs d'une chambre impersonnelle.
«J'y ai pensé aussi beaucoup depuis ces deux derniers jours. Ce qui est difficile dans ce métier est l'attachement.»
«Ça t'arrive souvent?»
«Tout le temps…»
«Et comment… comment réussis-tu à rester intact?»
«Je ne le suis pas. Je ne veux pas l'être.»
Elle me regarde intensément, tellement que c'est comme si elle m'opérait à coeur ouvert, voyant chaque pulsation, chaque essoufflement, chaque égratignure. La sensation de me mettre à nue est difficile à supporter. Ce ne sont plus des murmures, c'est un souffle avec un soupçon de souffrance qui s'échappe de sa bouche.
«Pourquoi et comment supportes-tu une douleur qui ne t'appartient pas? Edward… qu'est-ce qu'ils t'ont fait?»
Ma nouvelle famille et mes amis proches connaissent mon passé mouvementé, pouvant mettre des dates et des images sur certains événements. Seul mon thérapeute, totalement objectif et sans attache dans ma vie sait pourquoi et combien profond je me suis enfoncé. La drogue et ses comparses ne sont que des accessoires à mon ancien mal de vivre. Je n'ai jamais voulu partager cette partie de mon âme meurtrie ayant peur de me regarder à travers leurs yeux comme dans un miroir. De voir cette partie noire de ma vie que je ne veux désormais plus regarder. Ne pas vouloir l'enterrer, juste ne plus regarder derrière.
«Bella, je veux être totalement honnête avec toi. Quand je te disais que si tu me laissais ma chance, je pourrais être à la hauteur, que tu pourrais voir en moi quelqu'un en qui tu peux avoir confiance… Non, laisse-moi finir Bellissima... c'est parce que ça n'a pas toujours été le cas. Quand tu passes par où j'ai passé, on te colle une étiquette difficile à enlever. Je ne veux pas vivre dans le passé mais j'ai effectivement un bagage. J'ai fait des choses que je ne peux effacer. Je ne le traîne plus comme un boulet Bella, c'est mon coffre à outils maintenant.»
«Montre-moi ce qu'il y a à l'intérieur de ce coffre.»
Sa paume s'appuie sur ma poitrine. La décharge électrique est intense. Elle va tout dérégler. C'est à mon tour de la regarder. De chercher dans ses prunelles brunes comment elle sait que j'avais besoin de ces paroles, de ce geste. Combien le ton de sa voix me réconforte, sa beauté me transporte. Je ne suis pas prêt pour le dévoilement pour le moment mais…
«Je suis désolée, je ne voulais pas aller trop loin…»
«Non Bella, c'est légitime de vouloir savoir. Mais… je veux que tu connaisses mon vrai moi avant de connaître l'ancien.»
«Ok…»
Je me penche en ne quittant jamais son regard. Mes yeux se mouillent de ne pas cligner des paupières. Mon front rencontre son front.
«Bella.»
«Mmm?»
«Je voulais juste dire ton nom.»
Elle sourit. Je la mime. Je voudrais que cette soirée ne finisse pas mais il se fait déjà tard.
«Tu es si belle.»
Elle rougit et baisse la tête, délaissant mon front pour un instant. Je me plonge nez et bouche dans sa tignasse, respirant son délicieux parfum. Comment peut-elle être délicieuse à ce point!
«Tu as quelque chose de prévue demain?»
Elle relève la tête «J'ai dit à madame Bertrand que j'irais faire un p'tit tour au St-Ciméon.»
«Ah!... D'accord…» Je ne pourrai tenir jusqu'à lundi…
«Tu veux m'accompagner? Le temps de faire une partie de cartes. On pourrait faire ensuite une balade juste tous les deux?»
Oui. Oui. Oui.
«Ça me paraît une super idée. Je rencontrerais enfin cette tante Jeannette. Quelle heure?»
«Je lui ai dit 11h. Ça te va?»
«Et si on faisait un pic-nic pour déjeuner?»
«Ça me plairait bien.»
«On pourrait aller à l'Île Quentin»
«Je n'ai pas eu l'occasion d'y mettre les pieds, le parc est très joli à ce qu'il paraît. Il longe la rivière St-Maurice, n'est-ce pas? Ça ferait un cadre parfait, on apporte nos appareils?»
Avec elle, tout est léger, facile. Après un moment intense et presque dramatique, Bella est totalement allumée, ses yeux brillent. Si mature pour son âge, elle a gardé un coeur d'enfant, s'émerveillant devant des petits riens. J'aimerais apprécier autant qu'elle sait le faire. Peut-être croquera-t-elle en images cette pomme d'émotions qui ne semble jamais se flétrir dans son bagage à elle. Comme j'aimerais y mordre dans cette vie qui est sienne, pourtant semblable à d'autres vies cueillies ça et là dans mon sentier... mais son fruit semble plus savoureux, plus mûr. Le secret est dans la semence? La terre qui l'a accueillie, le jardinier?
«C'est une excellente idée Bellissima! Il y a beaucoup d'animation le dimanche après-midi et le temps devrait être au beau fixe.»
Tout sera différent maintenant. Elle sait ce que j'éprouve pour elle, pas encore la nature précise mais l'intensité du moins et je sais que c'est réciproque. Comment définir exactement cet émoi, ce chamboulement. L'amour? Jusqu'à mes 14 ans, je ne savais pas ce qu'était que d'être aimé. Nourri, vêtu, éduqué, oui mais aimé, non. Ensuite sont venus Esmée et Carlisle. La loque que j'étais leur a mené la vie dure et ils ont persévéré. Je sais qu'ils m'aiment sans condition, je n'ai aucun doute, et je les aime en retour. J'ai changé mon nom pour eux, je les ai fait miens. Avant Bella, quelques femmes ont passé dans ma vie mais jamais dans mon coeur. Avec Bella, c'est différent. J'ai cette urgence de tout connaître d'elle, de la découvrir, de l'explorer. Il m'ait difficile de me séparer même juste pour cette nuit… Est-ce de l'amour?
«Edward, tu es loin!»
«Mmm, quoi?»
«Ton esprit vagabonde, tu es fatigué. Je dois rentrer, il se fait tard… je ne voudrais pas t'imposer ceci mais j'ai vraiment besoin de récupérer ma voiture…»
«Je te raccompagne chez toi.»
«Non! C'est beaucoup trop loin et j'aurai besoin de ma voiture demain matin…»
«Pas question Bella! Je ne te laisserai pas conduire à cette heure!»
«Voyons Edward!»
«Je passerai te chercher demain matin et tu récupèreras ta voiture après notre petite escapade photo.»
Elle veut argumenter. Ce qu'elle peut être entêtée…
«Bella, pour moi. Allez viens! Je ne peux pas te quitter tout de suite. Pas encore.»
Le rouge je connais, bien que ce ne soit pas ma couleur préférée. À la moindre occasion, mes joues se teintent laissant à mon entourage tout le loisir de lire mes pensées, incapable de dissimuler ce qui me trotte dans la tête. C'est tellement embarassant! Mais ce soir, je ne suis pas embarrassée, le rouge me sied parfaitement bien parce qu'il réflète l'état dans lequel je me retrouve, l'extase. Mes joues rosies sont telles par le plaisir procuré par les doigts d'Edward sur ma peau, mes lèvres colorés par le frottement d'une autre bouche sur la mienne et ma main gauche...
...Mes lèvres. Gonflées d'avoir trop embrassé. Trop? Plutôt gonflées d'avoir eu la CHANCE d'être embrassée par nul autre que l'homme de mes rêves, le meilleur donneur de baisers au monde. Bon, c'est vrai que je n'ai aucune autre expérience pour comparer mais sentimentalement parlant, il est impossible d'être égalé. Dans les livres, on décrit le baiser comme un acte très intime, une expérience presqu'érotique, un moment magique, le trait d'union entre la séduction et l'amour. Je savais qu'ils ne se trompaient pas. Comment un auteur peut aussi bien décrire un petit geste avec éloquence, avec son imagination seule? Bien que mes amis du collège riaient de moi en me trouvant trop romantique, la cruche attendant son prince charmant, je n'ai cessé d'espérer ce moment. Et je ne suis tellement pas déçue.… Car c'était tout ça et bien plus. Parce qu'en vrai, il y a la chaleur, la salive, la douceur de sa bouche, les soupirs, son parfum enivrant. Sensualité, sensuel, odorat, touché, vue, ouïe, goût. Saurais-je décrire en mots mieux que mes auteurs préférés combien mon premier baiser était plus qu'une émotion ou une mécanique agréable?
...Le dessus de ma main gauche. Étrange, hein? Depuis que j'ai franchi le seuil de la maison d'Edward, je me pince. Littéralement. Je ne peux croire que cet homme beau (comme un dieu grec), sensible, intelligent et photographe hors pair m'ait embrassée… moi! Bella Swann! Beige Bella. Comment ne pas penser que je rêve. Edward Cullen, l'homme que toutes les femmes regardent.
«Bella, Bella!»
«Hein? Mmm… oui?»
«Nous sommes chez toi ma belle.»
«Oh!...»
«Tu t'es endormie. Hé! Ça va?»
Je ne peux m'empêcher de regarder ma main. Elle est bien rouge d'avoir été pincée. Ce n'était donc pas un rêve, Fiou! Espérons que je ne lui ai pas dressé le tableau parfait genre la bouche ouverte avec un filet de bave glissant sur le menton! Tout sauf invitant…
«Je suis désolée Edward, je ne peux pas croire que je t'ai fait faux fond…»
«Pas du tout…c'est plutôt intéressant tu sais. Tu parles dans ton sommeil!»
«Oh! Non! (c'est pire que ce que j'ai pu imaginer!) Qu'est-ce que j'ai dit? Arrête de rire! Dis-moi!»
«Aaah! Je dois trouver une contre-partie Bella. Ce que j'ai entendu vaut très cher. J'entends bien l'utiliser…»
«C'est totalement injuste!»
«Injuste?»
«Tu es toujours parfait, Mr. Cullen bien mis, parfait gentleman, physique impeccable (Ah! J'ai droit à un clin d'oeil pour celle-ci!), toujours le bon mot et moi… en une semaine tu m'as vu soûle, la honte de Charlie devant ses amis, m'enfarger dans mes mots et dans mes bottines et ressassant un paquet de niaiseries sur ton siège de voiture, beau bilan!»
«Ce n'était pas des niaiseries…»
«Ah! Non? C'était…?»
«Motus et bouche cousue. Si tu crois m'avoir comme ça Swann!»
Je lui frappe légèrement l'épaule. J'ai toujours rêvé de faire ça, le genre de choses qu'on retrouve dans les films. On est intime non? En fait, ce n'est qu'un prétexte pour le toucher encore.
«Swann, hein?»
Il rit. Il rit beaucoup ce soir.
«Bonne nuit Bella.»
«Bonne nuit Edward.»
Est-ce ici que ma main devrait être sur la poignée de la porte? Quel est le moment idéal pour sortir de sa voiture?… Je ne veux pas sortir en fait. Je veux… Mmmmm! Les lèvres d'Edward s'écrasent sur les miennes. Nos lèvres vont parfaitement ensemble, elles se meuvent en harmonie. Mmmm! C'est intense, je crois qu'il ne veut pas partir aussi…
«Bonne nuit (bisou), Bellissima (bisou, bisou)»
«À demain (bisou)»
«Tu entres tard!»
«Aaaaah! Charlie! Tu m'as fait peur!»
Je porte la main à mon coeur. Comment mon père peut être encore debout à cette heure! Il ne m'attendait pas j'espère! Franchement, j'ai passé l'âge du couvre-feu... Pourquoi Bella tu ne lui dit pas tout ça au lieu de maugréer dans ta tête et ne rien dire. Il me regarde de la tête au pied.
«C'est parce que j'attends une réponse!»
«Pardon?»
«Tu veux qu'on parle en anglais Isabella? Quand un père dit à sa fille "Tu entres tard", c'est parce qu'il attend en retour un court résumé de sa soirée, question de lui calmer les nerfs de s'avoir inquiété pendant des heures!»
«Charlie...»
«Papa.»
«Parce qu'il faut aussi que je t'appelle papa?»
«Oui.»
«Mais qu'est-ce qui te prend à la fin! Je ne t'ai pas appelé papa depuis...»
«Depuis que tu as cessé de venir me visiter à tes quinze ans!»
Je suis totalement médusée. Charlie ne m'a jamais fait de scènes de la sorte. Je pourrais appeler mon retour au bercail the mood-murder! Moi qui pensais avoir eu la plus belle soirée de ma vie... Je ne peux supporter le poids de mes jambes, focaliser sur les émotions de mon père et penser en même temps. Je dois trouver une place pour y déposer mes fesses, question d'avoir les idées plus claires.
«Bon, je suis assise, nous allons parler en français parce que j'avais très bien compris la question sous-jacente à ta remarque, j'étais juste... stuned?
«Abasourdie...»
«Oui, c'est ça, abasourdie par tes propos. Alors, PAPA, je suis allée faire les magasins avec Alice...»
«Faire les magasins! Avec Alice!»
«Je sais c'est étrange mais c'était plutôt agréable.»
«Et qui est Alice?»
«La nièce de madame Bertrand. Je ne t'en ai pas parlé?»
«Ouais... ça me revient.»
«Ensuite, j'ai soupé avec elle et son copain Jasper... et Edward.»
«Edward!»
Je ne vais quand même pas lui raconter ma soirée dans les moindres détails...
«Edward est le meilleur ami à Jasper.»
«Oui, ça me revient ça aussi. Alors c'est pour Edward, le magasinage et cette nouvelle robe? Parce que robe, je n'ai jamais vue dans ton placard!»
«L'idée d'Alice...»
«Et c'est tout?»
«Je crois que j'ai passé l'âge de me faire placarder de questions quand j'entre passé minuit le samedi soir.»
«Hum! Toi et Edward...»
«Charlie!»
«Bella, je suis en droit de m'inquiéter! Tu n'aies jamais sorti un samedi, tu n'aies jamais entré passé 22 heures, tu ne t'aies jamais fait reconduire par un homme... et tu l'as embrassé Bella!»
«Tu m'espionnes!»
«Ça fait trois heures que j'attends un coup de téléphone, un signe de vie, bien sûr que j'ai regardé par la fenêtre quand j'ai entendu une voiture dans le stationnement et que j'ai vu que ce n'était pas TA voiture! Bella, je sais que tu es majeure, que tu as toujours vécu par toi-même, que tu es responsable et tout mais...»
«Mais quoi Charlie?»
«J'étais inquiet! C'est normal pour un père de s'inquiéter! Tu fréquentes des délinquants, tu te promènes avec une vieille canaille de voiture...»
«J'adore ma voiture!»
«Elle est peut-être ultra-cool (non mais il lève les yeux comme s'il parlait à une adolescente de douze ans, je rêve!), mais ce genre de voiture peut flancher à tout moment. Je patrouille vois-tu, j'en ai vu d'autres!»
«D'accord, j'ai saisi Charlie...»
«Papa.»
«J'ai saisi PAPA (Calm down Bella, breath! Et si je pensais à la lasagne, ça pourrait peut-être fonctionner dans ce genre de situation. Pas très gagnant avec Edward mais qui peut rivaliser contre Edward? Même le chocolat ne pourrait faire dévier mes pensées de lui alors...) J'aurais dû t'appeler, promis, juré, je le ferai la prochaine fois. En passant je me suis fait cuisiner un succulent souper VÉGÉTARIEN, je vais demander la recette à Alice et je te ferai goûter, tu verras, bon pour ton coeur et très bon dans la bouche...»
«Mais de quoi tu me parles?»
«De lasagne?»
«Bella... nous nous parlons ici, on ne papotte pas d'histoires de cuisine bon sang!»
Il veut vraiment parler, il veut que je l'appelle papa.
Il veut vraiment discuter, ne pas se raconter simplement notre petit quotidien.
Je dois me l'avouer, j'ai perdu le contrôle.... Je ne sais pas si mon père venait avec un livret d'instruction! Il faut dire qu'il n'a pas l'air très à l'aise non plus. Je sais que je ne vois aucun gène compatible entre Renée et moi mais j'ai toujours senti la connection. Avec Charlie, c'est différent. On ne se connaît pas tellement. Je sais qu'il y a quelque chose de fort entre nous mais il est enrobé de timidité, de solitude, de paroles non dites... et c'est fou comme je me vois dans ses yeux présentement. Je me vois dans ses mains tremblantes, la couleur sur ses joues, son regard sans assurance. Je me vois dans la couleur de sa peau, de ses cheveux, sa façon de gesticuler quand il parle. Pourquoi n'ai-je pas vu cela avant...
«Depuis un an que tu es ici, je me sens le père que j'ai toujours voulu être Bella. Enfin! Converser avec toi au téléphone, partager nos passions ensemble, c'était bien mais tellement pas assez. Je me sens le droit de revendiquer mon titre de papa, tu vois? Et je m'inquiète pour toi. Et j'aime ça! Ça m'a tellement manqué de me préoccuper de quelqu'un. J'ai tant d'années à rattraper. Je veux connaître tout de toi et je sais que... tu as changé ces derniers temps, je vois que tu n'es pas la même. Tu voyages d'un sourire aux larmes, tu sembles troublée, tu regardes à ce que tu portes, tu... et regarde-toi, tu es magnifique ce soir. Très loin de la petite fille de quinze ans qui passait ses vacances en Floride avec moi.»
«Charlie... papa... je suis désolée...»
«Non, ne le soit pas. C'est moi le papa. C'était à moi de jouer mon rôle. J'ai envie que tu me racontes ce qui se passe dans ta vie.»
«Je ne sais pas quoi te dire.»
«Il est important pour toi?»
«Oui...»
«Il est gentil? Attentionné?»
«Oui.»
«Il sait que j'ai un fusil à la maison?»
Je ne peux m'empêcher de rire.
«Oui, il le sait.»
«Good. Dorénavant, tu m'appelles et tu me donnes les infos de base comme où tu es et à quelle heure tu penses rentrer pour ne pas que je mette l'escouade à tes trousses ok? En passant ton français est excellent, je suis vraiment fière de toi et tu es vraiment magnifique. Edward a vraiment beaucoup de chance.»
«Merci papa.»
C'est la journée la plus étrange de ma vie. Ce n'est pas négatif, loin de là. C'est comme si je faisais le saut de la jeune fille à la jeune femme. Bien qu'avec peu de mots, Charlie m'a fait comprendre bien des choses sur moi et sur mon passé. Il m'a tellement manqué. Je ne suis pas la superwoman que j'essaie de me convaincre que je suis. Je ne suis pas la mère de ma mère, la Bella parfaite qui prend soin de son père. J'ai le droit à l'erreur et j'ai le droit d'attendre plus. J'ai le droit d'être tombée follement amoureuse d'un homme fabuleux qui peut me rejeter dans moins d'une semaine et j'aurai le droit de pleurer mais au moins... j'aurai eu le droit à mon premier baiser... par lui. Et ça... ça, c'est la vraie vie. Mon destin. Mon destin à moi. Et si larmes il y aura, larmes je récolterai pour arroser les fleurs de mon jardin secret. Merci papa!
«Yes Hello!?»
«Suis-je chez Bella Swann?»
Bon sang! Qui appelle en plein milieu de la nuit. 3h30 du matin...
«Moui...»
«Bella, c'est Angela. Je suis désolée de te déranger à cette heure, mais je ne savais pas qui appeler.»
Maintenant je suis totalement éveillée. Angela...
«Comment as-tu eu mon numéro?»
«Je suis dans une cabine téléphonique, j'ai demandé l'opératice. Des Swann, ça ne courre pas les rues...»
«Oh! Où es-tu? Qu'est-ce qui se passe?»
Parle Angela, parle! Elle pleure? Oh! Non!
«Dis-moi où tu es Angela, je viens te chercher.»
«Je suis à côté du local. Je suis désolée Bella, je ne voulais pas rester chez moi et...»
«Ne bouge pas (Mince! Ma voiture!). Angela, j'arriverai probablement avec la voiture de mon père et c'est une voiture de police alors ne sois pas effrayée ok? J'en ai pour au moins trente minutes, peux-tu rester dans un endroit sécuritaire? Je peux appeler Edward...»
«Non, s'il te plaît. Je vais t'attendre devant la porte dans 30 minutes. Merci, merci Bella. Je suis désolée.»
«Ça va mon coeur, j'arrive!»
Il me faut convaincre Charlie de me prêter sa voiture maintenant. Ce qu'il dort dur.
«Papa! PAPA!»
«QU'EST-CE QU'IL Y A!»
«Désolée de t'avoir efferayé mais je viens de recevoir un appel de détresse d'une petite jeune et je dois vraiment aller la chercher à Trois-Rivières, c'est important. Puis-je prendre ta voiture?»
«Qui est-elle?»
«Elle fréquente local où j'ai commencé à faire du bénévolat, elle est dans une mauvaise passe. Pour qu'elle cherche mon numéro et m'appelle en plein milieu de la nuit c'est parce que c'est urgent.»
«Je viens avec toi.»
«Non!»
«Il n'est pas question de te laisser te lancer dans la gueule du loup en plein milieu de la nuit. Et il n'est pas question que tu conduises ma voiture.»
«Mais Charlie...»
«Papa!»
«Mais papa!»
«Ça me fait plaisir Bella, je te promets d'être discret.»
Plus qu'étrange comme soirée, soirée qui se poursuit jusqu'au milieu de la nuit. Mon premier baiser, ma première discussion père-fille, la déclaration de mon père et maintenant Angela, mon petit ange aux ailes brisées. J'aime réfléchir en voiture en regardant le paysage filer par la fenêtre de ma portière. Charlie est calme, ne parle pas beaucoup et j'ai besoin de cette accalmie. J'ai besoin de faire le vide mes émotions pour me concentrer sur elle.
«Tourne ici et à la lumière, tourne à droite.» C'est ce que j'aime chez Charlie. Il est respectueux et ne parle pas pour rien dire. Sous ses travers de vieux garçon se cache un homme bon et doux. «C'est juste là. Merci papa! Je reviens dans quelques minutes.»
Elle est frêle et effrayée. Sans un mot, elle bondit sur ses pieds et me saute dans les bras.
«Qu'est-ce qui se passe Angela?»
«Je n'en pouvais plus d'être chez moi et je suis sortie. Les seules personnes que je connaisse sont dans la rue. Je l'ai revu... j'ai tellement eu peur! Je n'ai pas pensé à ce que je faisais Bella! Je ne veux plus être ici mais je n'ai personne!»
«Hé! Je suis là ma belle. Viens, je vais aller te reconduire chez toi.»
«Non!»
«Angela, on ne peut pas rester planté ici toute la nuit et je ne peux t'emmener chez moi sans l'autorisation de tes parents. On va faire ça ensemble, je vais être avec toi. Du moins, on va s'expliquer entre adultes. Mon père est avec moi et il est policier alors s'il y a un problème...»
«Tu resteras avec moi alors.»
«Oui. Allez viens!»
Ce n'est pas normal de ne pas vouloir rentrer chez soi. C'est le moment ou jamais de rencontrer l'univers dans lequel elle grandit, d'essayer de comprendre pourquoi elle péfère le pétrin à sa vie familiale.
«C'est ici monsieur Swann.»
«Il y a des lumières allumées, je crois que quelqu'un t'attend jeune fille. Bella, tu veux que je vous accompagne?»
«On va gérer ça entre nous. Je te ferai signe si j'ai besoin. Allez, on y va mon ange.»
Définitivement, mon coeur sait bien faire son roulement de tambour. Ce n'est pas la jolie mélodie qu'Edward peut jouer mais le rythme de mes pulsations pourraient faire marcher une armée aux pas. Je me prépare à affronter peut-être une dure réalité et je suis dépourvue de tout. D'expérience, de courage... de sommeil. Pour Angela, je dois le faire, je dois être forte. Je dois...
«Maman, c'est moi! Je sais que tu es debout. Tu peux venir dans la cuisine, je veux te parler et te présenter quelqu'un.»
La voix d'Angela résonne, dure, constrastant avec l'atmosphère paisible de cette maison joliement décorée. Les lumières éblouissantes dans cette période nocturne trahissent un sommeil entrecoupé, probablement par l'inquiétude et la colère. Des pas feutrés, mal assurés traversent le passage d'un endroit de la maison à cette pièce que nous occupons Angela et moi, qui s'avère être la cuisine. Un bout de tissu apparaît dans le cadre de la porte, une main se porte sur une bouche grande ouverte par l'étonnement, des yeux s'écartent de surprise...
«Gisèle?!»
