Et voici le dernier chapitre!
Je vous demande sincèrement pardon pour ces mois d'absence mais je voulais absolument que ce chapitre soit aussi complet et clair que possible étant donné que c'est le dernier avant l'Épilogue! Mais si vous voulez quand même me jeter des tomates allez-y je l'ai mérité! =).
Bref j'espère sincèrement que vous allez aimer ce chapitre parce que moi je l'aime beaucoup et que je peux enfin vous dire toute la vérité!
Je vous souhaite à tous de très bonnes fêtes, que 2013 vous apporte plein de bonheur, de joie, de réussite, la santé et des surprises! Et pour finir je vous souhaite une bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser des reviews, j'avoue que j'aimerai vraiment savoir ce que vous en pensez! Bye!
- Ino ! Ino !
Une jeune femme aux cheveux blonds cascadant jusqu'à ses reins se retourne pour se retrouver avec une tornade rose dans les bras qui l'étouffe presque.
- Sakura…laisse moi…respirer.
- Oh, excuse moi Ino mais…
Elle retient son souffle et sans ajouter un mot elle tend sa main gauche un sourire aux lèvres.
Intriguée son amie ne met qu'une seconde à comprendre et des cris aigus résonnent dans le parc.
- Oh j'y crois pas ! Il l'a fait, il l'a fait ! Il t'a demandé en mariage ! Sakura tu vas te marier !
- Je sais ! Depuis le temps que j'attendais qu'il le fasse !
- Tu m'étonnes, après 5 ans de relation je commençais à me demander s'il n'était pas gay !
- Ino ! Le ton se voulait réprobateur mais Sakura avait bien du mal à ne pas rire aux bêtises de son amie rendue folle par la nouvelle.
Ino et Sakura ne pouvait pas être des amies plus détonantes qu'elles ne l'étaient déjà. Sakura attirait toujours le regard avec ses cheveux roses et Ino, avec sa grande taille et ses cheveux blonds, faisaient se retourner bon nombre de Japonais si peu habitués à de telles couleurs de cheveux.
Les meilleures amies du monde, elles se connaissaient depuis toute petite et partageaient quasiment tout avec l'autre, comme en ce matin d'hiver où Sakura venait d'annoncer ses fiançailles avec son petit ami de toujours: Kei.
Kei et Sakura s'était rencontré à Todai et entre eux cela avait été naturel, des passions communes agrémentées de différences flagrantes, de l'humour, du bonheur, la jeunesse, des disputes et des doutes propres à leurs âges et beaucoup d'amour. Un amour sincère, beau et inaltérable. De la passion au bonheur, du plaisir d'être ensemble et de se toucher, la découverte d'un futur à construire à deux. Des familles heureuses qui se rencontrent et s'apprécient un couple aimé de tous et heureux. Ça n'était pas un conte de fée, il n'y avait rien de magique à cela, des couples comme le leur il en existait plein, tous différents certes, mais tous heureux et vivants.
Sakura et Kei n'avaient pas de recette miracle à cette vie à deux, comme tous ils découvraient les joies et les désagréments de ne plus être seul mais ils essayaient de les accepter, de les surmonter, de les vivre au mieux.
« Evoluer » avait été un mot clef de leur relation, évoluer ensemble, dans la vie, leurs études, leurs choix, leurs sentiments, leurs métiers. Aujourd'hui ils avaient franchis une étape de plus : le mariage. L'engagement pour la vie être ensemble pour toujours, former un foyer, être une famille.
Sakura croyait rêver, elle qui avait connu peu d'hommes dans sa vie, des histoires plus ou moins sérieuses, était aujourd'hui fiancée à l'homme de sa vie. Que pouvait-elle espérer de plus ?
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Debout devant son miroir la jeune femme aux longs cheveux roses s'observait sous toutes les coutures, jouant avec ses cheveux qu'elle entortillait dans tous les sens dans des coiffures plus qu'aléatoires.
- Qu'est-ce que tu fabrique ? Lança voix d'homme, un rire retenu.
Sakura se tourna vers lui le regard désespéré et se laissa tomber sur le sol en tailleur. La tête entre ses mains, image incarnée de l'abattement.
- Keiii. Je suis désespérée !
S'asseyant derrière elle il passa ses bras autour de son cou, Sakura s'appuyant contre lui.
- Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Je ne trouve pas la bonne coiffure lui expliqua la rose, une moue boudeuse sur le visage.
Perplexe, Kei essaya d'obtenir plus d'informations.
- Une coiffure pour quoi ?
- Pour le mariage ! s'exclama sa fiancée en lui lançant un regard consterné.
- Rassure-moi, le mariage est pour dans 6 mois et pas six jours n'est-ce pas?
- Oui, oui je sais mais je veux savoir dés maintenant qu'elle coiffure j'aurais pour avoir la robe parfaite qui ira avec.
La lumière se faisait dans l'esprit du jeune homme même s'il avait un peu de mal à comprendre comment on pouvait décider d'une coiffure 6 mois à l'avance mais cela devait faire parti des mystères de la féminité, ou en tout cas de Sakura.
Quoi qu'il en soit il fallait la rassurer et surtout la calmer pour éviter une crise de nerfs à onze heures du soir. Il entreprit de lui masser les épaules ce qui eu le but escompté.
- Dis-moi Sakura, qu'est-ce qui est le plus important : ta robe ou ta coiffure ?
- Ma robe.
- Alors ne vaudrait-il pas mieux que tu choisisses ta robe et qu'ensuite tu adaptes ta coiffure à celle-ci ?
- Mais si ! Tu as tout à fait raison !
La jeune femme se tourna vers lui pour l'embrasser se désintéressant totalement du miroir.
- C'est pour ça que j'ai accepté de t'épouser.
- Parce que je sais te calmer ?
- Parce que tu sais me faire y voir clair, idiot !
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En larme sur le haut de cette falaise Sakura appuyait de toutes ses forces ses mains contre sa bouche pour empêcher ses sanglots de sortir. Une douleur affreuse lui vrillait le ventre, pliée en deux elle essayait de l'atténuer, en vain. Finalement elle cessa de réprimer sa douleur et effondrée au sol elle gémissait, criait, pleurait, frappait le sol du point espérant que la douleur du corps prendrait la place sur celle du cœur. Tous ses souvenirs la frappaient un peu plus à chaque fois mais elle devait se les remémorer, elle devait les laisser revenir et les faire sortir pour qu'ils ne pourrissent pas en elle jusqu'à la rendre malade, jusqu'à la consumer de l'intérieur pour finalement la rendre aussi amère qu'eux. Elle se devait de se rappeler chaque mot qu'il avait prononcé chaque sourire qu'il lui avait adressé, chaque caresse, chaque baisé, chaque « je t'aime », et ses regards. Chacun de ces instants la faisaient plonger dans un océan de colère, de haine et de désespoir si profond qu'elle n'en voyait pas la fin persuadée qu'elle allait s'y noyer.
Comment survivre quand tout avenir disparaît brutalement, quand tout ce en quoi l'on croit devient faux, quand on se retrouve seul face à soi-même ? Mais elle ne devait pas oublier, certainement pas.
Elle revoyait tout : les moments où elle se baladait avec Kei dans le parc, les sorties entre amis durant lesquelles elle s'autorisait à boire jusqu'à en être ridicule, les nuits où ils faisaient l'amour, les discussions animées qu'elle avait avec Ino sur la préparation du mariage, les après-midi à discuter avec sa belle-famille, leurs baisers, la joie immense et indescriptible qu'elle avait ressentie en trouvant sa robe de mariée qui semblait faite pour elle, cette robe qui serait celle de son bonheur dont l'apogée serait cette journée qui sonnerait le début de leur bonheur à deux. Bonheur qui n'était jamais arrivé, plutôt que les cloches de l'église c'était celle du glas qui avait retenties. Définitif. Irrévocable. La fin.
Tout cela lui avait parut tellement irréel surtout le jour où il lui avait montré la maison qui allait devenir leur foyer, le lieu de leur vie à deux et celui de leur futur famille. Mais cette famille ne verrait jamais le jour. Ces enfants qu'elle imaginait ressembler à Kei ne naîtraient jamais. Toute la vie qu'elle avait imaginée pour eux, tout ce sur quoi elle avait fondé ses décisions, son avenir, qui elle était, Sakura l'avait vu disparaître en une après-midi. Une vie balayée en quelques minutes. Leur vie. Une minute pour détruire une vie. Qu'elle ironie.
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Sakura se sentait tellement heureuse en cet instant, parcourant les quelques mètres qui la séparait de ce qu'elle devait désormais appeler « leur maison » par cette chaude journée d'avril, ne croyant pas en la chance qu'elle avait.
« Je n'aurai jamais imaginé arriver au jour de mon mariage aussi vite. Dire que dans dix jours je ne serais plus Sakura Haruno mais Madame Sakura Ishida ! Ah ça sonne tellement bien ! Madame Ishida…j'attendais tellement que Kei me demande en mariage s'il avait attendu plus longtemps Ino aurait sûrement fini par faire sa demande à sa place ! Ça m'aurait bien fait rire ça. La tête de mes parents si je leur avais annoncé que j'épousais Ino. Maman aurait fait une syncope et Papa se serait transformé en statue. Ça aurait put être drôle… dommage !».
Toute à ses réflexions Sakura Haruno avançait dans l'allée de ce qui était désormais sa maison et celle de son fiancé ou plutôt de son futur époux. En cet instant elle ne pouvait s'imaginer plus heureuse en regardant cette pelouse si bien tondue, cet arbre immense qui un jour abriterait une cabane, cette porte bleue pâle comme le ciel. Elle ne pouvait s'imaginer plus épanouie en parcourant le hall d'entrée boisé et rempli de lumière, ses yeux couvant du regard l'immense salon qui s'ouvrait par une immense baie vitrée sur l'arrière-jardin. En montant les escaliers recouverts d'une fine moquette rouge elle ne pouvait se sentir plus à son aise et autant à sa place, sa main glissant sur la rambarde vernie. En se dirigeant vers leur chambre Sakura ne pouvait se sentir plus ravie qu'elle ne l'était déjà en découvrant les draps couleur crème et la tête de lit chocolat. Les murs décoraient de miniatures représentant des cerisiers japonais fleuris, et ce tapis suffisamment épais pour passer l'après-midi allongée dessus. En cet instant Sakura était parmi les femmes les plus heureuses du monde dans leur maison. Celle de leur future famille.
« Bon, c'est bien jolie tout ça mes j'ai des mesures à prendre moi ! Sinon je ne saurais jamais si mes meubles rentreront ici. Et franchement vu le prix de certains ils ont intérêts à tous rentrer où j'agrandirai moi-même cette chambre ! ». Sur ces pensées tout à fait rassurantes et pleines de détermination elle passa les deux heures suivantes à mesurer tout ce qui était possible de l'être dans la pièce, l'escalier, et tout dont elle imaginait pouvoir avoir besoin.
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En refermant la porte d'entrée à clef Sakura avait le sentiment du devoir accompli et surtout bien fait. Déjà se remettait-elle en marche qu'elle prévoyait ce qui lui restait encore à faire avant et après le mariage. Il restait tellement de choses à préparer… les robes des demoiselles d'honneur à finir de retoucher, déterminer le maquillage qu'elles porteraient, continuer de « faire » ses chaussures pour éviter d'avoir les pieds en sang, persuader Kei de porter un nœud papillon plutôt qu'une cravate sinon il donnerait l'impression d'aller travailler, faire les dernières répétitions de cérémonie, décider où caser sa belle-mère et sa belle-sœur pour éviter un combat à mort pendant le repas et encore mille autres choses. « Vive les mariages ! Je ne referai sûrement pas ça deux fois, c'est bien trop de stress. Les organisatrices de mariage doivent toutes mourir d'un infarctus c'est… ».
Sakura se stoppa net au milieu de la rue, manquant de rentrer de plein fouet dans une poussette, et un sourire rayonnant se format sur son visage. Elle venait d'apercevoir de l'autre côté de la rue Kei entrant dans un son bar favori: le voyageur,dans lequel il allait pour se détendre après le boulot. Il se trouvait prés de son lieu de travail actuel mais loin de son appartement et de celui de Sakura, pour ne pas dire aux antipodes. Elle ne venait jamais dans ce quartier avant car il était trop résidentiel et elle travaillait beaucoup plus loin. C'était toujours Kei qui se déplaçait pour éviter qu'elle n'ait à le faire. Elle attendait patiemment que le flot de voitures cesse pour pouvoir traverser sans risquer un accident mais il semblait que le feu ne marchait pas. Elle sortit son portable pour appeler son fiancé et était en train de composer le numéro quand elle le vit à la fenêtre du bar. Elle s'arrêta et leva le bras pour lui faire signe quand elle le vit embrasser une brune en tailleur.
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Elle attendait faisant les cent pas dans la pièce le visage impassible, fermé, froid, distant, lointain. Il lui semblait que cette pièce était trop petite et que la chaise la brûlait quand elle s'y asseyait. D'un geste machinal et nerveux elle ramenait une mèche de cheveux roses derrière son oreille qui revenait toujours devant ses yeux dans un cercle infini dont elle ne semblait pas avoir conscience. En cet instant Sakura n'avait qu'une chose en tête : cette image, cette horrible image qui défilait en boucle devant ses yeux tout la journée, toute la nuit. Elle devait la faire disparaître, tout de suite, quelques soient les moyens, elle devait disparaître et n'avoir jamais existé. Cette horrible image de Lui l'embrassant, sa main sur son visage, ses lèvres sur les siennes ! Elle avait envie de vomir.
Elle regarda l'horloge murale de la pièce. 13h18. Il devait arriver dans quelques minutes. Elle essaya de se concentrer sur ce qui l'entourait pour faire abstraction de l'image écœurante qui la torturait. Un bureau noir, rangé quasiment dénué d'objets. Des murs simples, seulement un décoré d'un grand tableau représentant une prairie un jour d'été. Simple et pur. Comme lui. Ce bureau ne la mettait pas à l'aise, trop grand, trop vide, impersonnel et ce malgré l'immense baie vitrée qui baignait la pièce de lumière. Seuls les fauteuils couleur beige égaillaient un peu ce bureau. 13h20. La porte s'ouvrit et il apparu comme convenu. Fidèle à lui-même, droit, distingué, bien habillé, prêt au travail.
- Bonjour Sakura.
- Bonjour Neji.
Leurs voix étaient dénuées de toute bonne humeur, chacun sachant ce qu'une rencontre en de telles circonstances pouvait signifier. Comme Sakura ne se décidait pas à parler, se contentant de le dévisager, ce fut Neji qui prit la parole.
- Tu m'as appelé mais tu ne m'as pas dit pourquoi. Alors ?
Fatiguée, elle se passa une main dans les cheveux poussant un soupir, las de cette entrevue qui commençait à peine.
- J'ai besoin de tes…compétences.
Neji leva un sourcil, intrigué.
- Je travail pour ton père Sakura.
- Je te demande ça en tant qu'amie d'enfance Neji. Ce que j'ai à te demander est…personnel et je ne peux confier ça qu'à quelqu'un en qui j'ai confiance.
- De qui dois-je m'occuper ?
A l'entente de cette réponse positive, la jeune femme offrit le premier vrai sourire de sa journée, heureuse que Neji soit toujours aussi gentil avec elle malgré le temps qui passait.
- Kei.
- Sakura si c'est une simple histoire de trac avant le mariage je ne…
- C'est plus qu'un simple trac. A vrai dire j'ai des raisons… solides.
- Exprime toi clairement s'il-te-plait. Demanda Neji agacé par toute cette mise en jambe
- Je l'ai vu hier embrasser une autre femme. Je veux savoir qui elle est. Je veux que tu les prennes en photo aussi.
Son ton était ferme et décidé, ses yeux émeraudes lançant des éclairs. Son ami d'enfance, quant à lui, la regardait, surpris, n'ayant jamais soupçonné l'infidélité de Kei.
- Tu es sûre de toi ?
- Je les ai vus de mes propres yeux…quand je suis sortie de la maison que Kei vient de nous acheter pour notre future vie de jeunes mariés.
Neji ne pouvait plus rien dire, car comme le lui avait appris son père : ne jamais provoquer une femme trompée. S'appuyant contre son bureau il réfléchit quelques instants sous l'œil inquisiteur de Sakura qui attendait sa réponse définitive. Finalement il la regarda et ce qu'il vit le décida : comment refuser à une femme trahie d'avoir des réponses?
- Tu auras les photos et les informations avant la fin de la semaine. On se retrouve ici à la même heure vendredi.
Sakura le regarda avec gratitude et sans un mot Neji hocha la tête lui signifiant qu'il avait compris. Entre eux ça avait toujours était simple.
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Elle était de retour dans ce bureau trop froid et dur pour elle. Encore à attendre que Neji arrive. Elle avait l'impression qu'elle allait exploser, elle allait enfin savoir qu'elle était la salope avec qui son salaud de fiancé la trompait. Sakura avait la sensation qu'elle n'était pas à sa place dans ce bureau. Depuis qu'elle avait découvert que Kei la trompait elle n'arrivait plus à se sentir bien nul part. Elle avait besoin en permanence de bouger, comme si cela lui était vital. L'horrible certitude que si elle s'arrêtait de marcher, de changer d'idée, de faire des choses, elle allait tomber. Elle ne pouvait pas s'effondrer, jamais, pas après ce qu'il lui avait fait. Il fallait qu'il paye, elle était forte, elle était géniale, merveilleuse et il allait payer.
- Sakura ?
Elle sursauta violemment, ayant oublié pendant quelques instants où elle se trouvait.
- Neji…excuse moi j'étais dans mes pensées.
Il la regarda, perplexe, mais fit comme si de rien n'était et ferma la porte derrière lui avant de s'assoir à son bureau. Devant lui il posa un dossier beige, vierge de toutes inscriptions.
Il fit un signe vers son amie pour lui demander de s'assoir, ce qu'elle fit tout en continuant d'agiter nerveusement sa jambe droite sans vraiment s'en rendre compte.
- J'ai réussi à trouver ce que tu m'as demandé.
- Alors ? le ton de la jeune femme était pressant, tendu.
- Elle s'appelle Yuri Yoonsung. Elle est agent immobilier et apparemment c'est elle qui a vendu la maison à Kei. Ils se voient depuis environ deux semaines et demie là où tu les as surpris la dernière fois. Il y a un hôtel pas loin du bar et ils s'y retrouvent régulièrement.
Neji avait débité ces informations sans lâcher du regard Sakura, qui ne bougeait plus d'un cil. Comme figée elle tendit une main tremblante. Il lui donna le dossier.
Sans hésitation elle parcouru les lignes noires qui lui crachaient tout ce qu'elle avait besoin de savoir.
Yuri Yoonsung avait 28 ans, son père était professeur de mathématiques dans un lycée et sa mère avait longtemps travaillait comme comptable dans un cabinet d'architecture. Elle avait un frère plus jeune qu'elle de 25 ans et une petite sœur de 23 ans. Elle avait fait ses études sans évènements particuliers, quand elle avait finit son lycée elle avait débuté une formation en quatre ans pour devenir agent immobilier. Après deux stages excellents elle avait décroché un CDI dans la boite où elle travaillait désormais. Elle vivait seule avec son chien.
Les lignes noires continuaient comme ça lui lançant tout ce qu'il y avait à savoir sur cette femme tellement quelconque, cette femme qu'elle avait pu croiser des dizaines de fois dans cette ville sans s'en rendre compte. Sans savoir qu'elle briserait son couple. Elle regarda son emploi du temps, essaya de deviner quand est-ce qu'elle avait le temps de voir Kei, quel jour elle avait pu le rencontrer, à quel moment ça avait dérapé.
Il y avait aussi les photos, Neji avait était prévenant il avait pris tous les types de photos dont elle pourrait avoir besoin : Kei au travail, Yuri présentant une maison à une famille, Kei et Yuri dans la rue, Kei et Yuri s'embrassant, Kei et Yuri entrant dans l'hôtel, Kei et Yuri à moitié nus, Kei et Yuri en train de faire l'amour, Kei et Yuri se rhabillant, Kei en train de discuter avec le traiteur de leur mariage, Yuri en train de promener son chien avec des amies. Kei et Yuri. Kei et Yuri. Kei et Yuri. Kei et Yuri. Kei et Yuri. Kei et Yuri. Kei et Yuri. Kei et Yuri. Kei et Yuri.
Elle avait envie de vomir.
- Ça va aller Sakura ?
- …Oui. Merci Neji c'est… parfait.
- J'ai fait de mon mieux.
- Merci.
Sakura rangea le dossier dans son sac qu'elle referma avec précaution.
- Qu'est-ce que tu vas faire ?
- Je …
Le portable de Sakura sonna. Elle le sorti de sa poche, regarda le numéro, décrocha.
- Allo Kei ?
Neji la regarda surpris et interdit, ne sachant pas quoi faire.
- Non, je préférerai que ma mère soit prés de la tienne pendant le repas tu sais qu'elles adorent discuter ensemble. Oui c'est ça. Je suis sûre qu'elles auront plein de choses à se dire au mariage. D'accord je lui dirai.
- […]
- Non, non pas de soucis tant que Naruto est d'accord avec ça il peut dire ce qu'il voudra ! On se voit samedi au mariage alors.
- […]
- Oui j'ai hâte d'y être !
- […]
- Moi aussi je t'aime.
Sur ce elle raccrocha, son regard émeraude dur comme la glace.
- Le mariage a toujours lieu ? s'informa Neji surpris par cette conversation.
La jeune femme se leva, serrant son sac contre elle et avec un sublime sourire lui répondit : « Oh oui le mariage a toujours lieu. Et je te conseille de ne pas le rater Neji, il sera…mémorable ! ».
Elle parti, ses talons frappant durement le sol, sans un regard en arrière.
OoOoOoOoOoOoOo
Une douce musique arrivait jusqu'à elle en fond sonore, mais plus les minutes s'écoulaient plus elle disparaissait, étouffée par le brouhaha de la foule qui arrivait.
Cela faisait plus de deux heures qu'elle était là avec sa mère et ses amies, à s'occuper des derniers détails de la cérémonie, de la salle, du repas et bien sur de sa robe, de sa coiffure et de son maquillage.
Sakura avait passé des jours entiers, des semaines à trouver la tenue parfaite, la robe qui la sublimerait en ce jour si spécial. Elle avait voulu la robe de ses rêves, celle qu'elle imaginait déjà quand elle avait 7 ans et qu'elle lisait des contes de fée. La robe blanche qui la ferait rayonner, celle qui focaliserait tous les regards sur elle mais surtout celui de l'homme qu'elle aimerait, qu'en la voyant il se sente le plus chanceux et le plus heureux des hommes. Comme elle se sentirait la plus heureuse des femmes en le voyant debout devant l'autel.
Cette robe elle l'avait finalement faite faire sur mesure par l'un des plus grands couturiers de Tokyo, et dès le jour où elle l'avait essayée elle avait passé des heures à discuter avec la coiffeuse, la maquilleuse, la fleuriste, le photographe, et ses amies pour que chaque détail s'accorde avec sa robe et son couple, pour ce jour si spécial, si unique, seulement dédier à leur amour.
Oui, en se regardant dans le miroir en cet instant, en écoutant la douce musique disparaître sous le brouhaha incessant et toujours plus fort de la foule, Sakura repensait à tous les efforts qu'elle avait fait pour arriver à ce jour qui devait fêter l'amour que Kei et elle se portent. Se portaient.
- Ma chérie tu es prête ?
Sakura sortie de sa rêverie et tourna la tête pour faire face à sa mère qui arrivait, souriante dans sa robe pastel.
- Oui maman, il ne reste plus que ma robe à mettre et je serai prête.
Sakura rendit son sourire à sa mère, qui la regardait les yeux brillants. La mère de Sakura était une femme au regard tendre, douce et combative, qui avait toujours chérie sa fille unique. Sa fille qui aujourd'hui allait se marier.
- Oh, ma chérie… dit-elle en lui effleurant le bras.
- Maman, s'il te plait. Implora Sakura gênée.
Mais elle ne pu s'en empêcher et elle prit Sakura dans ses bras, mais en évitant de défaire sa coiffure bien sur.
- Tu vas voir ma chérie, il n'y a rien de plus beau que le mariage. Faire la promesse de passer toute sa vie avec l'homme qu'on aime, fonder une famille avec lui… il n'y a rien de plus beau!
A ses mots Sakura serra plus fort sa mère dans ses bras et se mordit la lèvre.
- Je suis désolée Maman.
Étonnée, celle-ci s'écarta un peu de sa fille qui lui sourit.
- Je suis désolée de te faire pleurer alors que je n'ai même pas encore dit « oui ».
- Oh Sakura ! Ne te moque pas de moi !
La jeune femme rit de l'embarra qui se dessinait sur le visage de sa mère.
Après quelques minutes encore à discuter Sakura se retrouva seule dans la pièce. Elle se détourna de la porte et se dirigea vers le fond où se trouvaient plusieurs valises et sacs. C'étaient les affaires qu'avaient apporté ses amies pour la journée. Sakura les effleura du regard, emplie de culpabilité.
- Je suis désolée Maman.
Il était bientôt l'heure de s'avancer vers l'autel. Plus qu'une heure avant que tout ne commence, 60 minutes avant de s'avancer vers lui, 3 600 secondes avant de lui dire oui. Un dernier accessoire à mettre, le plus important : sa robe.
Sakura, aidée d'Ino, sorti l'objet de ses longues recherches de la housse qui la protégeait. Avec le plus grand soin Ino l'aida à se glisser dedans sans l'abimer. Tout en lui parlant des tenus des invités son amie ferma la fermeture éclaire, mais Sakura ne pouvait détacher ses yeux de son reflet et n'écoutait que d'une oreille ce qu'elle lui racontait. Finalement il n'y eut plus que le voile à poser sur ses cheveux, et, face à elle, Ino arrangeait les dernières mèches roses rebelles. Sakura fixait le visage de son amie, ses yeux bleus océan qui brillaient d'excitation.
Quand elle fut prête Sakura remercia sa meilleure amie pour tout ce qu'elle avait fait pour elle et la préparation du mariage. Inévitablement elles tombèrent dans les bras l'une de l'autre, mais Ino devait partir rejoindre sa place de témoin et laisser Sakura seule avant le début de la cérémonie. La porte allait se refermer sur elle quand Ino entendit Sakura l'appeler.
- Oui ?
- Les enveloppes ont bien été distribuées aux invités ?
- Oui, ne t'inquiète pas ! Même si je ne sais pas ce qu'il y a dedans chaque invité à eu la sienne !
- Merci Ino.
- De rien c'est gratuit ! Allez, à tout de suite !
- A tout de suite.
La porte se referma, laissant Sakura seule à ses pensées.
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Les invités étaient en place, parlant des dernières nouvelles, des derniers potins, les cousins qui ne s'étaient pas vus depuis longtemps rattrapaient le temps perdu, les beaux-frères et amis discutaient du match de la veille, les enfants étaient regroupés et les plus turbulents rappelés à l'ordre. Ino, témoin, alla se placer pour le début de la cérémonie tandis que Kei et ses témoins attendaient debout devant l'autel légèrement anxieux, ce qui ne l'empêchait pas de rire avec ses amis. Il ne manquait plus que la mariée, Sakura, celle vers qui tous le monde attendait de se tourner pour la découvrir dans sa robe que toutes les femmes de l'assemblée attendaient et que les petites filles imaginaient déjà, rêvant d'être à sa place.
Kei avait le regard fixé sur l'allée, attendant impatiemment l'arrivée de la femme qu'il aimait et qui serait sa femme dans peu de temps.
Finalement la musique retenti et comme un seul être la foule se tourna pour admirer l'arrivée de la jeune mariée. On entendit ses pas résonner sur le sol de pierre, chacun retint son souffle. La stupéfaction fut générale devant la tenu de Sakura, aussi étonnante que déroutante : vêtue d'un simple débardeur blanc et d'un short en jean Sakura s'avançait dans l'allée le visage impassible, indifférente aux murmures et commentaires de l'assistance, et se dirigeait d'un pas assuré vers Kei qui la regardait incrédule.
Quand elle fut face à lui elle ne bougea plus, attendant, tout comme le reste de l'église, sa réaction.
- Sakura ? Mais qu'est que … où est ta robe ?
- Ma robe Kei ?
Le ton était froid et sans appel et, contrairement à ce que tout le monde espérait, Sakura parlait de sorte à n'être entendue que de lui.
- Ma robe est avec ma dignité : aux ordures.
- De quoi est-ce que tu parles ?
- C'est sur que tout allait très bien pour toi, tu avais le beurre et l'argent du beurre. Mais c'est fini maintenant!
Avant que le marié ne puisse ajouter un mot de plus Sakura se tourna vers l'assistance et avec un grand sourire désabusé et une extrême politesse s'adressa à la foule :
- Je vous remercie tous d'être venu aujourd'hui. Mais avant de continuer la cérémonie j'aimerai que vous ouvriez les enveloppes qui vous ont été distribuées à l'entrée de l'église.
Dans un même mouvement une centaine d'enveloppes mauves furent déchirées dans un vacarme qui résonna contre les voutes de l'édifice. Un silence assourdissant envahi l'air, suivi quelques minutes plus tard d'un bourdonnement incessant et de coups d'œil choqués en direction du couple.
Sakura, redevenue le centre de l'attention se tourna vers un Kei frappé par l'incompréhension et lui tendit des feuilles qu'il prit avec hésitation.
Sakura put contempler l'horreur qui apparaissait peu à peu sur le visage de celui qui l'aimait. Il la regarda affolé et tenta de s'expliquer.
- Si tu tentes une seule seconde de te justifier je te jure que je te tue sur le champ. Chaque invité a une copie de ces photos de toi et de cette femme en pleins ébats. Comme ça tous nos amis, nos familles et bien évidemment tous tes collègues sauront qui tu es vraiment. Pas une seule personne n'ignorera que tu es l'être le plus immonde de cette ville et à quel point tu es méprisable. Tu m'as humilié. Maintenant c'est ton tour.
Et dans un seul mouvement elle sorti la tête haute sans regarder ceux qui la dévisageaient en chuchotant sur son passage, indifférente aux regards de ses parents, indifférente au fait qu'elle était désormais le sujet de toutes les conversations. En sortant elle aperçu Neji qui la regardait, amusé. Elle le remercia d'un hochement de tête avant de se diriger vers le taxi qui l'attendait, porte ouverte.
- Sakura !
Elle ne se retourna pas.
- Sakura attend-moi !
Elle posa son sac sur la banquette arrière.
- Sakura arrête-toi tout de suite !
Elle senti qu'on lui prenait le bras et elle fit face à un Kei furieux.
- Sakura tu ne peux pas partir comme ça sans explications. Est-ce que tu te rends compte de ce que tu viens de faire ?
- Et toi tu te rends compte que tu viens de foutre en l'air ma vie ?!
Elle avait un mal fou à garder son calme mais elle refusait de lui faire le plaisir de s'énerver et de passer pour une hystérique.
- Sakura, cette fille c'était rien. J'ai juste paniqué avant le mariage ! Elle est inexistante, c'est personne! La seule femme que j'aime c'est toi et ça a toujours été toi ! S'il te plait prenons le temps d'en discuter, ça peut pas se finir de cette façon. Tu ne peux pas vouloir que toi et moi ça se termine, surtout comme ça ?
Sakura voyait ses amis et sa famille arriver vers eux en panique. Elle devait partir. Tout de suite.
- La seule vraie question Kei c'est : comment t'as pu me faire ça ?
Elle s'engouffra dans le taxi qui démarra avant que Naruto, suivi de sa mère, n'ait le temps de la retenir.
Enfin seule dans le taxi Sakura put enfin souffler, et pour la première fois depuis qu'elle avait découvert que l'homme qu'elle aimait la trompait, elle pu se détendre.
- Où allons-nous Mademoiselle ?
- A l'aéroport. Le plus vite possible.
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Face à la mer, au milieu de l'herbe, le vent de face, elle ne pouvait pas bouger. Ses cheveux roses fouettaient son visage mais elle ne ressentait aucune douleur. Son regard émeraude hypnotisé par le bleu des vagues fixait ce point au loin. Ce point qui rapetissait un peu plus à chaque fois, mais elle ne pouvait détacher son regard de lui.
Ses mains glacées, comme ses os, ne sentaient pas la chaleur du soleil qui pourtant brulait son dos. Elle respirait à peine, ses cheveux ne bougeant qu'au gré du vent. Elle sentit les larmes couler, le point au loin restait pourtant très net. Elle ne sentit pas le goût salé sur ses lèvres sèches. Un frisson parcourut sa colonne vertébrale mais ne la fit pas pour autant frissonner. Elle crut entendre le cri d'une mouette. Son cri, sa peine.
Les yeux rouges elle savait ce qu'elle devait faire, elle se leva et s'avança prés du bord. Ses jambes, douloureuses d'être restées si longtemps immobiles, la menèrent au dessus du précipice. Les vagues si innocentes frappaient la falaise, s'écrasant inlassablement contre elle, sans volonté.
Lentement elle leva le bras et les rayons du soleil s'accrochèrent au diamant qui surmontait l'anneau en or qu'elle tenait. Aveuglée elle se protégea les yeux d'une main, ses yeux agressés par toute cette lumière. L'océan, eau salée…comme ses larmes. Elle devait en finir.
Elle prit son élan.
Et brusquement elle lança la bague le plus fort et le plus loin possible. Elle jeta sa bague, ses regrets, sa douleur, sa peine, sa souffrance, sa colère, son dégoût, sa culpabilité, sa solitude, son mal-être, sa peur, sa lassitude, ses souvenirs.
Elle vit la bague tomber dans le vide, le soleil jouant avec le diamant glacé…et finalement il coule. Elle ne la voit plus, elle ne la mettra plus jamais cette bague. Elle ne la reverra plus. Jamais.
Sakura s'effondre à genoux au sol, et sans qu'elle ne puisse rien faire, sans pouvoir se contrôler elle pleure. Toutes les larmes de son corps jaillissent sans qu'elle ne puisse les retenir. Sakura ne voit plus rien, même ce point au loin, même Lui elle ne le voit plus. Elle pleure, ses larmes l'étouffent, Sakura a du mal à respirer, sa toux lui déchire la gorge mais ça va. Ça va parce qu'elle est en vie. Elle se sent vivante, utile, confiante. Alors cette douleur elle la prend à bras le corps et elle la ressent. Enfin ! Enfin, elle l'accepte.
- Je suis vivante.
