Note : Merci à coralie91, Sunny angel, Cap'tain Rily, Mordax6, FireRox, MissKeina, ma lune et Julie pour vos reviews.
Chapitre 14 !
Bonne lecture !
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La pluie, tambourinant sur la fenêtre, berçait les deux amants entrelacés. Ce fut le souffle saccadé, nus, nageant en pleine béatitude, séparant leurs corps moites que le Docteur et Rose s'étaient effondrés l'un à côté de l'autre. Le gallifréen avait alors attiré sa compagne à lui, son dos contre son torse, passant une main sur sa taille et enfouissant son nez dans ses cheveux dorés.
Aucun des deux, depuis, n'avait prononcé un mot de peur de troubler ce moment. Ne sachant pas peut-être, aussi, comment aborder ce qui venait de se passer. Ils venaient de franchir un cap. Et l'un comme l'autre n'avait jamais véritablement pensé le franchir. Leur relation venait d'évoluer, radicalement en à peine quelques heures. Ce qui allait amener des bouleversements. Mais restait à savoir si la situation pouvait évoluer positivement ? Si le « nous » pouvait réellement existé...
Rose, les yeux fermés, se concentrait sur le mouvement lent et hypnotique des doigts de son amant sur son épaule. Il dessinait un huit inversé. Elle le savait fasciné par ce symbole, celui de l'infini, l'ayant surprit à plusieurs reprises le griffonner sur un bout de papier.
La jeune femme se sentait tellement mieux, maintenant. Si bien, enveloppée de ses bras si empreint de tendresse. Elle avait l'impression de flotter, comblée. Ce qu'elle venait de vivre avec le Docteur, dépassait tout ce qu'elle avait pu vivre avec ses précédents amants. Certes, cela n'était pas comparable. Mais de toute façons, ils n'auraient pas tenu la comparaison une seule seconde. Il y avait eut quelque chose en plus, qu'elle n'arrivait pas à définir. Tout avait revêtu une dimension... Dire que cela avait été magique, lui semblait désespérément terne, bien au dessous de la réalité. Les mots étaient bien trop fade pour décrire ce qu'elle avait ressentit, ce bonheur intense qu'elle continuait d'éprouver. Elle n'avait jamais cru vivre cela, un jour. Du moins, elle n'aurait jamais soupçonnée cette palette d'émotions, toutes plus intense les unes que les autres. Un mélange céleste de plaisir, de désir, de joie, de bonheur, de tendresse, d'amour... Elle ne s'était en aucun cas sentit si vivante que dans ses bras. Mais maintenant qu'ils s'étaient mêlés, qu'ils n'avaient plus fait qu'un, elle savait. C'était autant la sensation de sa peau nue contre la sienne, de leurs doigts entrelacés que ses baisers, ses caresses, qu'elle avait savourée, non sans un certain délice. Et une chose dont, Rose était certaine, c'est qu'elle ne serait pas en mesure de s'en passer, maintenant qu'elle y avait goûtée.
Avec un sourire, elle se rappelle que leur étreinte avait commencé avec beaucoup de douceur et de tendresse. Elle avait sentit son compagnon agir avec une certaine timidité qu'elle ne lui connaissait pas. Et cela l'avait touchée profondément car elle avait pu lire dans ses yeux, la peur de mal faire tout en lui indiquant qu'elle lui était précieuse, combien il l'aimait.
Cela avait été la première fois ou Rose avait pu goûter aux baisers du Docteur sans être possédée. Le premier d'une longue série, ça, elle se le promettait intérieurement.
Ce long et dur combat, de tout les instants pour qu'il vienne à elle venait enfin de prendre fin. Elle en avait été vidée, mais soulagée de lui avoir dit qu'elle souffrait de le voir sans cesse se fermer à elle. Pourtant, cela avait été si violent, si douloureux pour chacun. Dire qu'il avait fallut le mettre au pied du mur, qu'elle lui dise qu'il était en train de la perdre, qu'elle ne voulait plus le retenir, si il ne faisait pas un geste vers elle. Elle n'avait pas souhaitée en arriver à cette extrémité avec lui, car elle savait qu'elle l'avait blessé, qu'elle avait été à deux doigts aussi de le perdre.
Sauf qu'elle avait eut cette sensation que si elle le laissait fuir une nouvelle fois, qu'elle n'agissait pas aujourd'hui, ce serait trop tard. Et cela lui avait paru intolérable. Elle ne supportait plus ce qui se passait entre eux. L'aimer en silence. Le voir, souffrir en silence. Elle ne le voulait plus. Ce combat qu'elle menait pour gagner sa confiance avait finit par payer. Elle surprit à penser que pour rien dans l'univers, elle ne serait prête à renoncer à lui.
Pourtant, Rose n'avait jamais eut d'altercation si violente avec lui. Enfin, dans son actuel incarnation. Car avec le premier Docteur, c'était tout autre chose. Elle se rappelle notamment que leur relation avait été mis à rude épreuve lorsqu'elle avait crée une blessure dans le temps en voulant sauver son père. Comme le fait que cela leur arrivait plus que souvent de se disputer parfois pour des broutilles, des détails sans importances. Au début, avec le Docteur actuel, cette relation de conflit, lui avait manquée mais c'était avant de se rendre-compte, qu'elle se sentait plus proche de lui, que leur relation était plus symbiotique, plus en osmose.
Elle s'était tant de fois posée la question sans jamais avoir pu y répondre, à savoir, comment ses deux docteurs pouvaient être si diffèrent, et pourtant être le même homme, celui qu'elle ne cesserait jamais d'aimer.
Rose ouvrit, lentement, les yeux, en sentant la main du Docteur glisser le long de son bras. Ses doigts finirent leur course en enlaçant les siens. Elle sourit en sentant ses lèvres se poser tendrement dans son cou, avant de se mettre à observer leurs mains, fascinés par les longs et fins doigts du gallifréen, alors qu'il jouait avec.
- Rose... Murmura-t-il.
La jeune femme se tendit légèrement, soudain prise de panique. Elle s'attendait au pire car sa voix basse et hésitante, lui laissait augurer quelque chose d'horrible.
- Je suis désolé, lâcha-t-il dans un souffle.
Le cœur de Rose rata plusieurs battements. Il était désolé de quoi ? De lui avoir fait l'amour ? D'avoir pleuré dans ses bras ? De s'être montré à elle, tel qu'il l'était, vulnérable, sans cette carapace derrière laquelle il se cachait sans cesse ?
Une angoisse sourde l'envahissait. Elle s'attendait à ce que le gallifréen lui annonce qu'ils ne pouvaient pas continuer. Que tout ce qui venait de se passer devait rester entre ses quatre murs, et ne jamais en ressortir. Qu'elle ne pouvait plus être sa compagne. Que leur histoire à peine entamée, devait prendre fin, maintenant. Elle s'attendait à tout, sauf à ce qu'il allait suivre.
- Je suis désolé de t'avoir tant blessé.
La jeune femme se retourna vers son amant, et rencontra son regard intense, douloureux et presque au bord des larmes.
- Je m'en veux, tu sais. Je me trompais tellement.
Le Docteur s'interrompit et son visage se crispa, comme si tout défilait dans sa tête.
- A vouloir me préserver, je ne me rendais pas compte du mal que je pouvais te faire.
- Docteur...
- Non, la coupa-t-il en plaquant ses doigts sur ses lèvres. J'étais trop stupide pour reconnaître que j'ai besoin de ton aide, que j'ai surtout besoin de toi...
Cette déclaration toucha profondément Rose. Elle savait que pour lui, c'était difficile. Surtout d'admettre une telle chose. Elle le lisait dans ses yeux. Elle accentua la pression de ses doigts sur les siens, lui signifiant son soutien et sa reconnaissance. Reconnaissance pour cette confession, qui avait du lui coûter énormément. Il lui sourit faiblement puis passa ses deux bras autour de sa taille, se blottissant davantage contre elle, avant d'enfouir son visage dans son cou.
Rose comprenait que cette étreinte n'était pas que purement physique. Il avait besoin de sentir sa présence contre lui, sa chaleur. Le gamin faisait de même. Il venait tout le temps se blottir contre elle. Soit il lui tendait les bras pour qu'elle le prenne dans les siens, ou bien, il entourait sa taille de ses bras, en posant sa tête sur son ventre pour lui faire un câlin. Ce qui l'avait surprise au début. L'adulte n'avait jamais été aussi si démonstratif dans ses sentiments.
- Je comprenais que c'était une façon, pour toi de te protéger, pour survivre.
- Oui, mais je sais d'expérience que l'instinct de survie ne suffit pas pour rendre une existence acceptable.
C'est pour cela, pensa Rose, qu'il avait cette soif de vie insatiable. Ce besoin irrépressible de se sentir vivant en affrontant le danger, de provoquer la mort. Il voulait se prouver à lui-même qu'il existait, autrement que par ce fardeau, les plaies de son âme. Alors que paradoxalement, elle avait le sentiment qu'il attendait que quelqu'un ou bien que quelque chose en finisse avec lui, une bonne fois pour toute.
- Ma mère était à moitié humaine, enchaîna-t-il tout à coup.
Aussi étrange qu'il soit, Rose ne fut pas si surprise de cette confidence. Cela expliquait tellement de chose pour elle. Notamment, le fait que la Terre soit devenu son refuge après la perte de Gallifrey. Comme cet amour inconditionnel, cette fascination, cette admiration qu'il portait pour l'humanité. Cette faculté, aussi, de lui pardonner ses erreurs, de s'émerveiller des progrès qu'elle pouvait faire. Il veillait la Terre parce qu'il avait un lien avec elle. Elle la reliait à une partie de son passé.
- Pour certain Seigneurs du Temps, c'était un sacrilège pour leur race qu'elle soit une enfant au sang-mêlé. Mère, au contraire, le considérait comme un honneur. Elle me racontait si souvent l'histoire de ton peuple, les humains, si fier, si généreux, si fort, qui arrivait toujours à se relever malgré les souffrances, les privations, les peines, qu'il pouvait endurer et qui était promit à faire de grandes choses. J'aimais tellement l'entendre, aussi, me parler de la partie de son enfance qu'elle avait passée sur Terre. Tu sais, Rose, elle a grandit en Écosse.
La jeune femme sourit, percevant le ton de tendresse et d'admiration à l'évocation de sa mère. C'était bien la première fois qu'elle l'entendait parler ainsi.
- Et ton père ? Lui demanda-t-elle, laissant courir ses doigts sur son dos.
- Il venait d'une grande et très vieille famille de Gallifrey. Enfin, si on pouvait appeler cela une famille. C'était un homme vil, froid, intransigeant. Incapable d'aimer qui que ce soit sincèrement. Il se servait de ma mère comme d'un trophée, un prix qu'il pavanait à son bras, parce qu'il savait que son coté humain fascinait autant qu'il effrayait. Ça pour asseoir sa position, sa notoriété parmi les Seigneurs du Temps. Elle, qui pourtant, paraissait si forte, si digne comme ça, Père la brimait et la soumettait. C'était une femme malheureuse. Pourtant, elle se tenait toujours à côté de lui, parce qu'elle l'aimait et qu'elle n'était pas prête à le perdre.
Le Docteur s'interrompit et respira profondément, afin de refréner son émotion.
- Les rares fois, ou j'ai vu ma mère véritablement heureuse, insouciante, légère, ce fut lorsqu'elle m'emmenait sur Terre. Elle m'a fait découvrir mes origines terriennes, m'a fait partager ses souvenirs qui étaient rattachés aux lieux de son enfance. Elle m'a apprit aussi à aimer et à respecter cette planète qui cachait tant de mystères, de trésors, de merveilles en son sein.
- Et toi dans tout ça ?
- Moi ? Il eut un petit rire nerveux. Un miracle pour ma mère. Elle était sensée ne pas pouvoir mettre au monde un enfant. Alors que pour Père, je ne fut qu'une aberration. Il m'a reproché durant toute sa vie, d'exister.
Rose eut la gorge nouée, bouleversée par la confession de son amant.
- Ma mère est tombée malade, peu après mes huit ans, quand j'ai du rejoindre l'académie pour devenir un Seigneur du Temps. Elle s'est battu un moment... Pour moi... Sauf que Père a finit par la briser complètement. Et, elle est partit quelque temps après...
La voix du Docteur se brisa, alors que sa compagne le serrait davantage contre elle.
- Je suis désolée Docteur...
- Tant que ma mère était là, Père me « tolérait » en quelque sorte. A sa disparition, il m'a définitivement écarté de sa vie, parce que selon lui, je n'étais qu'une source perpétuel de déceptions. Une vieille histoire, en fait. Cela a été dur car je ne parvenais pas à comprendre ce qui n'allait pas chez moi pour qu'il ne m'aime pas, qu'il me rejette ainsi...
Le gallifréen se tût, et il se passa un moment avant qu'il reprenne. Rose, elle, retenait son souffle, horrifiée par tant de cruauté.
- Je suis désolé Rose...
- Ne sois pas désolé...
Il releva la tête et saisit le visage de sa compagne entre ses mains et plongea son regard chocolat intense dans le sien.
- Non, tu est quelqu'un d'exceptionnel. Tu est train de m'éviter de devenir comme Père. Alors pardonne-moi de t'avoir fais souffrir, Rose. Je n'ai cessé de te repousser alors qu'en même temps, je jouais avec toi, avec tes sentiments, pour être sûr de te garder près de moi.
Rose lui sourit. Elle lui avait déjà pardonnée. Tout. Bien avant, qu'elle ne le sache elle-même. Elle savait qu'il avait du lui en coûter pour en venir à une telle déclaration, tout à l'heure pour la retenir. Alors, elle lui avait pardonnée. Et puis, elle reconnaissait qu'elle aussi, avait jouée avec lui, d'une manière ou d'une autre. Il n'était pas le seul en tord. Elle s'était laissée entraîner, consentante, dans ce jeu avec lui. Dans cette relation qui n'avait jamais été totalement une d'amitié, ni une d'amour. Elle n'avait jamais su réellement définir ce qu'il y avait entre eux car, c'était bien au-delà. Et qui surtout, l'avait contentée un temps, parce que cela lui plaisait de se sentir spéciale pour lui.
Elle, voyait, au contraire, qu'il ne s'était pas pardonné. Il se sentait coupable. Il avait mal. Il souffrait. C'est aussi, la raison pour laquelle, elle lui avait pardonnée.
- Cela m'apprendra à m'amouracher d'un fichu extraterrestre ! S'exclama-t-elle.
Le gallifréen lui rendit son sourire. Elle se pencha vers lui et déposa un baiser sur son front. Il se saisit aussitôt de ses lèvres pour l'embrasser tendrement, puis avec fougue. L'amertume et le désespoir qui l'habitait se ressentir dans la façon de la renverser sous lui et de lui faire l'amour.
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Bien plus tard, Rose se retrouvait allongée sur le dos, la tête de son compagnon sur son ventre, ses deux bras enroulés solidement autour de sa taille, comme si il voulait l'empêcher de disparaître. Il dormait paisiblement. Elle, au contraire resta éveillée, caressant ses cheveux, laissant glisser de temps en temps ses doigts vers ce grain de beauté qu'il avait entre les épaules. Elle repensait à tout ce qui venait de se passer, à ce mois avec l'enfant, puis avec l'adulte depuis son réveil, et à ses confidences.
Et elle comprit que ce petit garçon, dont elle s'était occupée, n'était qu'un reflet de ce que le Docteur était au plus profond de lui. Un gamin à qui la vie lui avait arraché, beaucoup trop tôt, la seule personne qu'il avait chérit plus que tout. Qui à partir de ce moment là, s'était retrouvé seul, terrorisé, n'ayant plus jamais eu de chez lui. Et qui surtout ne s'était plus jamais sentit aimé ou désiré par qui que ce soi. Et malgré son rejet, il n'avait cessé de chercher l'amour et la fierté d'un père qui ne lui avait jamais donné.
Rose aurait voulu lui épargner tant de souffrance, tant de violence. Elle se demandait comment il avait pu traverser toutes ces pénibles épreuves, survivant en encaissant les coups les uns après les autres, sans jamais fléchir. Elle se demandait avec amertume pourquoi la vie l'avait malmené ainsi. Pourquoi lui ? Un homme qui avait tant fait, tant donné de sa personne, tant sacrifié pour les siens, pour la vie. Pourquoi cet homme là se croyait-il condamné à la souffrance et au chagrin ?
Ce même homme qui s'était efforcé de bâtir un mur inviolable autour de lui, derrière lequel, personne ne pouvait voir... LE voir. Rose revoyait ses larges épaules secoués par les sanglots. Cela avait été douloureux de le voir ainsi, car elle avait vu le Docteur, l'homme meurtrit dans sa chair, et non le Docteur, le dernier Seigneur du Temps, le héros légendaire. Chaque larme qu'il avait versé resterait gravé en elle. Elle garderait ce moment pour elle, sans revenir dessus. Elle se promettait de lui prouver qu'il n'était plus tout seul, qu'il y avait quelqu'un pour prendre soin de lui et qui l'aimait. Elle allait le prendre dans ses bras, lui sécher ses larmes et lui effacer ses peines. Elle le sortirait de ses ténèbres, auquel il se croit condamné, pour le mener à la lumière.
Le Méchant Loup, qu'elle était, le veillerait. C'était pour lui qu'elle l'était devenu. Le Méchant Loup est et sera à jamais la gardienne du dernier Seigneur du Temps.
Rose ne laisserait rien se mettre entre le Docteur et elle. Pas même la tempête qui se préparait.
Un doux sourire fleurit sur ses lèvres quand elle sentit son amant s'éveiller. Elle rencontra son regard. Il n'avait plus ce regard blessé. Celui qu'il avait lorsqu'il pensait que personne ne le regardait ou quand il se croyait seul. Il desserra son étreinte et rapprocha son visage du sien. Oui, ses yeux étaient différents. Elle découvrait à présent des reflets dorés au fonds de ses iris, comme ceux qu'elle avait pu observée dans les voûtes stellaires. Ce regard là, la tenait sous le charme, il l'enchantait, la troublait encore plus.
Sans qu'elle puisse faire le moindre geste, son compagnon caressa ses lèvres des siennes, avant d'entrouvrir la bouche et de l'embrasser de façon plus prononcée. La jeune femme ne chercha pas, non plus, à lui échapper lorsqu'il commença à la chatouiller, tout en l'embrassant partout, la faisant rire aux éclats. Ils s'amusèrent quelques minutes, chahutant gentiment, roulant sur le lit manquant d'y tomber à plusieurs reprises. Jusqu'au moment ou le gallifréen se retrouva bloqué sous une Rose bien malicieuse. Elle se pencha vers lui, amusée, posant une main sur son torse.
- Le Docteur qui traîne au lit... A croire que tout peut arriver...
Elle aperçut une lueur d'espièglerie dans son regard alors qu'un grand et magnifique sourire étiraient ses lèvres. Elle fronça du nez, se demandant ce qui lui était bien passé par la tête. Il ouvrit la bouche et elle lui colla aussitôt la main sur la bouche.
- Veuillez tourner votre langue sept fois avant de dire quoi que ce soit, monsieur, fit-t-elle, légèrement menaçante. Sinon, je sévirais...
Il pouffa de rire lorsqu'elle retira sa main, puis fit mine de sceller ses lèvres à clef.
- C'est bien ce que je pensais... Conclu-t-elle avec une petite moue.
Rose détourna à peine une seconde son attention de son compagnon, que celui-ci en profita pour la saisir par la taille, lui arrachant par la même occasion un cri de surprise, afin de la faire basculer sur le lit.
- C'est parce qu'avant, voyez-vous, miss, je n'avais aucune raison de paresser au lit, lui chuchota-t-il au creux de l'oreille. J'avais bien autre chose à faire.
- Ha oui ? S'exclama Rose. Et laquelle ?
- J'avais une rose à cueillir de son lit.
La jeune femme secoua la tête tout en se blottissant contre lui. Que pouvait-elle répondre à cela ? Rien. De toute façon, le connaissant, il aurait trouvé quelque chose à répliquer. Elle tourna la tête à demi. Elle n'avait en aucun cas vu une telle expression sur son visage. Ses traits étaient détendus, il avait l'air plus jeune, déchargé de ce poids qu'il portait en permanence. Il souriait. Pas de ce petit sourire ironique qu'il pouvait arborer. Non, un sourire épanouit. Et plus que contagieux. Elle devait sans nul doute avoir le même sur son visage. Elle ferma les yeux, savourant pleinement l'instant d'être avec lui, d'être dans ses bras. D'être là tout les deux, simplement, dans un silence paisible.
Paisible ? Non, décidément quelque chose clochait dans cette vision idyllique. L'appartement semblait tout à coup bien trop silencieux pour Rose. D'habitude, elle entendait faiblement la télévision ou la radio de sa chambre. Elle savait que sa mère avait en horreur le silence.
- Mon dieu ! Maman ! Songea Rose à haute voix, les joues en feux.
Elle venait de prendre conscience qu'ils n'étaient pas tout à fait seuls. Jackie devait être là, aussi. Comment allait-elle prendre la nouvelle que son « alien préféré » était de retour ? Ça, pour l'instant, Rose pouvait le gérer. Par contre, ils avaient du la réveiller tout à l'heure par leur dispute. Et l'appartement n'était pas assez grand pour qu'elle n'ait tout entendu. Rose tressaillit. Et ils avaient... Dans sa chambre ! Alors que sa mère était à coté ! Ca par contre, c'était beaucoup plus délicat. Comment allait-elle lui présenter les choses ?
Brusquement, la jeune femme se précipita hors du lit. Le Docteur surprit par sa réaction, n'eut aucun moyen de la retenir dans ses bras, ni de lui demander ce qui se passait. Avec rapidité, il la vit s'habiller et quitter la chambre précipitamment en claquant la porte.
Avec un grognement de frustration, il se redressa. Si il avait bien comprit une chose sur les Tyler, c'est qu'il ne fallait en aucun cas se mettre au travers du chemin entre la mère et sa fille. Il l'avait apprit douloureusement et rapidement assimilé.
Un sentiment de froid et de manque s'introduit insidieusement en lui. La place chaude à ses côtés ne lui suffisait pas. Il fallait qu'il la voie, qu'il la touche. Qu'elle soit réelle. Qu'il soit près d'elle.
Finalement, il se leva à son tour, ramassa ses affaires et s'en habilla. Il attrapa la robe de chambre de couleur prune, de sa compagne et la revêtit alors que son regard parcourait la pièce familière. Il s'approcha de la penderie et un sourire apparut sur ses lèvres quand il trouva ce qu'il cherchait. Il ne l'avait pas vu cette nuit à son réveil, mais le gamin, avait observé Rose le ranger avec beaucoup de précaution. À l'intérieur d'une housse était soigneusement conservé son costume, ainsi que sa chemise et cravate préférées. Du Rose tout crachée. Elle se trouvait toujours là, ou il s'y attendait le moins. Mais elle le connaissait si bien. Elle était toujours si prévoyante avec lui. Il se demandait encore, ou elle avait puisée la force et le courage d'avoir affronter la situation pour lui, sans véritablement savoir si il redeviendrait l'adulte.
Décidément Rose était... Comment dire ? Il ne trouvait pas le mot. Incroyable ? Fantastique ? Extraordinaire ? Exceptionnelle ? Rose était Rose. Unique. Précieuse. Spéciale. Enfin pour lui. A ses yeux.
Le gallifréen se passa la main dans des cheveux en pagaille, pour y remettre un tant soit peu d'ordre. Il resserra la ceinture de la robe de chambre, nerveusement. Étrangement, l'idée de revoir Jackie et de l'affronter dans une de leur fameuse joute verbale, l'effrayait légèrement. Ce n'est pas qu'il avait peur, à proprement parler d'elle. Mais si il fallait choisir entre une Jackie en colère ou se battre contre un Sycorax à mains nues... Il lui semblait que le choix ne serait pas si difficile...
Enfant, pensa-t-il avec un sourire malicieux, il n'avait pas pu s'en empêcher. A croire que c'était dans l'ordre des choses de se chamailler avec elle, et de la rendre folle. Il n'avait pas eut réellement conscience de ce qu'il faisait... Quoi que... Sauf que Jackie était un tantinet rancunière... Et elle avait sûrement son idée sur ce qui c'était passé, surtout pour avoir fait endurer cette épreuve à sa fille.
Le Docteur inspira profondément pour se donner du courage, et entrebâilla la porte afin de jeter un coup d'œil dans le couloir. Puis, il sortit de la chambre, les sens aux aguets, avançant prudemment en essayant de faire le moins de bruit possible. Il savait que Jackie était parfaitement capable de surgir de nul part, comme ses terribles claques soi disant en passant, de l'acculer dans un coin, sans aucune possibilité de fuite, afin d'avoir une explication sur la situation et... Il grimaça à cette idée. Qu'elle lui passe un savon...
Il aperçut sa Rose dans la cuisine. Elle était seule. Surtout pas de « belle-maman » en furie dans les parages, c'était une bonne chose... Il s'appuya au chambranle de la porte. Une énorme bouffée de tendresse, presque douloureuse, le submergea en observant sa compagne s'affairer sur le plan de travail. Il ne doutait pas, une seule seconde, qu'elle s'était rendu-compte de sa présence.
Il poussa un soupir de bien-être. Il se sentait bien. Tellement bien, comme il ne l'avait jamais été depuis très longtemps. Il ferma les yeux un instant, en repensant à ces moments qu'il venait de vivre. Fantastique, aurait dit son ancien lui. Mais c'était bien au-delà. Au dessus de tout ce qu'il avait bien pu connaître. Il s'était abandonné à elle comme jamais, l'aimant avec une intensité qui l'avait saisit. Il était plus qu'heureux. Apaisé et comblé.
Aujourd'hui, il cessait d'être un étranger, juste de passage qui recherchait un peu de compagnie. Cet étranger qui avait été toujours doué pour dissimuler ses sentiments aux autres car il n'aimait pas se découvrir. Alors, il s'était construit une carapace derrière laquelle, il s'était sentit à l'abri, mais dès que quelqu'un osait s'approcher d'un peu trop prés, il faisait tout pour l'éloigner. Il croyait que certaine personne était destinée à vivre seule et dont, il était persuadé d'en faire parti.
Et il y avait eut Rose. La vie avait reprit tout à coup.
Une page s'était tournée dès l'instant qu'il avait rencontré son regard.
Un sourire qui avait réussit à réchauffer ses deux cœurs.
Une présence qui avait réussit à le consoler.
Un regard qui avait balayé les notes de son pénible requiem qui le tourmentait, le remplaçant par une douce mélodie. Et en dépit de cette distance qu'il imposait pour tenir la jeune femme éloignée de lui, il n'avait cessé d'entendre son chant si mélodieux.
Le Docteur s'était efforcé de rejeter l'évidence, à détourner les yeux quand la vérité devenait trop flagrante. Au fond de lui, il le savait. Sa vie n'avait plus jamais été pareille dés qu'il lui avait prit sa main, pour la première fois, dans la sienne. Il l'avait toujours su. Il aimait Rose. Il pouvait le voir dans chaque particule qui faisait son être.
Cependant, il avait tout fait pour ne pas entendre ses murmures, étouffant ce sentiment dès qu'il devenait trop présent. Parce qu'il s'était juré qu'il ne voulait plus aimer, de ne plus laisser personne l'approcher, tant sa plaie était profonde. Il ne voulait plus aimer de sa vie. Y'avait-il, dans cet univers, une douleur plus vive que de perdre sa famille, sa chair, son peuple, sa planète ? Il voulait juste souffrir car il jugeait que c'était tout ce qu'un homme comme lui méritait, la souffrance, la douleur, la solitude.
Pourtant, depuis, très longtemps, il n'avait baissé la garde et laissé un autre individu arriver si prés de lui, qu'il l'avait permit à Rose. Elle avait cette capacité éprouvante à franchir ses mécanismes de défenses et de l'amenez plus d'une fois à parler de lui. Même si il ignorait la plupart de ses questions, il n'avait jamais autant parlé de lui avec Rose qu'avec quiconque.
Cela l'avait inquiété et le faisait se sentir à nu, se livrant à son bon vouloir. Cependant, quand il la regardait, en ce moment, il savait que jamais auparavant, il n'avait fait une telle confiance inconditionnelle à une personne qu'elle. Il savait avec certitude que Rose Tyler n'allait jamais tirer profit de ses connaissances de lui pour le blesser. Ce n'était pas dans sa nature.
Quoi qu'on puisse en dire, prendre le risque de se dévoiler à quelqu'un n'était pas une décision si légère et si facile à prendre. Il n'y avait rien de plus difficile de s'abandonner à quelqu'un. Encore plus pour lui. Parce que c'était admettre de ne pas avoir prise sur certaines choses. C'était dévoilé à Rose son coté obscur qu'il voulait à tout prix lui cacher car il avait peur de la voir l'abandonner à cause de ça.
Mais quand la personne que vous chérissez le plus, sait trouver les mots, les gestes pour vous rassurer et vous aimer, tout paraît moins confus. Les choses se voyaient différemment.
Qui pouvait dire pourquoi quelqu'un comme Rose Tyler veuille panser ses blessures ? Une femme qui accepte de rire et de pleurer avec lui. Pourquoi, n'y avait-il rien d'autre dans l'univers qu'il désirait plus que cela, en cet instant, alors qu'il n'avait aucun droit de l'exiger ?
Comment avait-il fait pour la mériter ? Ça le dépassait. Mais peu importe. Rose l'avait choisit. Lui.
- Tu m'abandonne déjà ? Lança-t-il d'une voix plaintive.
Sa compagne se retourna vers lui. Son regard dénotait ses propos et elle ne pu s'empêcher de sourire amusée d'une telle chose venant de lui.
- Quelle idée farfelu ! Lui répliqua-t-elle.
Elle laissa courir son regard avec une certaine gourmandise sur son amant. Il avait l'air complètement ridicule, habillé comme il l'était. Pourtant, avec ses cheveux en bataille, sa petite moue, elle le trouvait craquant. Elle le vit s'approcher d'elle, son regard accroché au sien. Elle pencha la tête sur le coté sans comprendre. Le Docteur s'en amusa, il avait vu dans ses yeux une lueur de désir. Et un instant, il fondit sur elle et sans lui laisser le temps de s'interroger plus longuement, il s'empara de ses lèvres dans un baiser dévorant, une main de chaque coté de son visage.
Rose y répondit aussitôt avec passion, caressant avec délice la peau rugueuse de sa joue, enfouissant ses mains dans ses cheveux bruns. Ce baiser procurait au Docteur une excitation violente, et il avait grand peine à se refréner d'enlacer follement son amante et de l'attirer un peu plus contre lui. Et le fait qu'elle y réponde avec beaucoup d'ardeur n'arrangeait pas ses affaires. Loin de là...
Il poussa un gémissement sourd de contentement et de frustration mélangés, et s'intima l'ordre de mettre fin à cet échange très inspirant...
Rose fut incapable de faire le moindre geste durant quelques secondes, quelque part frustrée de s'arrêter en si bon chemin avec lui. Jamais dans ses rêves les plus fou, elle ne l'aurait imaginée comme ça, si fougueux... Si démonstratif... Si affectueux. Elle secoua la tête, toute émerveillée. Elle se surprit à penser qu'elle allait adorer cette nouvelle facette de son compagnon. Comme ce regard qu'il posait sur elle, la caressant. Elle éprouvait des sensations insoupçonnés. Son corps s'enflammait et des frissons délicieux la parcouraient.
- Ou est ta mère ? Finit-il par demander, redescendant du nuage sur lequel il était.
Elle sourit tendrement. Ce qu'il pouvait être déconcertant ! Il l'embrassait fiévreusement et la seconde suivante, il se demandait ou était Jackie ! C'était tout lui, ça ! Il avait le don de sauter du coq à l'âne ! Il passait d'un sujet à l'autre sans pour autant qu'ils aient un rapport entre eux. Il pouvait lui parler dans une même phrase d'une planète qu'il voulait lui faire découvrir, de se souvenir d'une anecdote sur un de leur précédent voyage et de la liste des ingrédients qu'il devait se procurer pour faire un de ces fameux gâteaux à la banane.
- Derrière toi. Quelle question ! Lui répondit-elle en haussant des épaules.
Le Docteur sentit un long frisson glacial lui parcourir l'échine. Il se retourna lentement, tout en fermant les yeux, se préparant mentalement et physiquement à ce qui allait arriver d'un moment à un autre.
- Jackie ! S'exclama-t-il.
Après quelques secondes interminables, n'entendant rien, ou même ne sentant pas de douleur vive sur sa joue, il prit son courage à deux mains. Le corps tendu, il ouvrit un œil. Puis l'autre en constatant que Jackie n'était nullement dans les parages. Un rire cristallin résonna dans la cuisine. Le gallifréen fit demi-tour sur lui-même, se retrouvant à nouveau de face avec sa compagne.
- Tu a osée me faire une telle chose ! Déclara-t-il, boudeur. Ce n'est pas drôle du tout !
- Désolée, la tentation était trop grande ! Le taquina-t-elle avec un sourire innocent, néanmoins très fière de son coup. Mais puisque que tu t'inquiète tant pour elle, je suis au grand regret de t'annoncer que ma mère n'est pas là. Elle nous a laissée un mot sur le frigo.
Le Docteur se tourna vers le réfrigérateur et trouva le mot laissé par Jackie sur sa porte. La surface de celle-ci était pratiquement recouverte de dessins d'enfants. Ses dessins. Il en examina quelque un, non surprit, de voir Rose dessinée sur pratiquement tous, alors qu'il grimaçait devant ses piètres talents d'artiste qui heureusement, c'était amplement améliorés depuis. Il déchiffra tant bien que mal, le mot griffonné à la va vite.
« Si vous lisez ce mot, c'est que vous vous êtes ENFIN aperçut de mon absence. Bref, je serais de retour dans la soirée. »
Le gallifréen leva les yeux vers le ciel. Jackie avait toujours si bon caractère ! Il était soulagé, quelque part en lui. Il ne sentait pas tout à fait prêt pour l'affronter. D'ici ce soir, il avait le temps de s'y préparer, et d'avoir encore Rose pour lui tout seul. A moins qu'il réussisse à la convaincre de s'éclipser avant le retour de sa mère. Ce qui n'était sûrement pas gagné.
D'ailleurs, celle-ci le regardait avec un air fripon.
- Quoi ? S'exclama-t-il.
- Pas si mal... Réagit-elle provocante.
- Comment ça, pas si mal ? Lui répliqua-t-il. Même en pyjama, j'ai de l'allure ! Je suis tout simplement irrésistible !
- C'est ce que tu semble croire !
- Hey !
Rose rencontra son regard chocolat qui pétillait de malice. Elle se mordit les lèvres, avant d'éclater de rire à nouveau, devant son air gamin. Il lui saisit le poignet d'un geste vif et l'attira à lui. Elle se blottit contre lui sans y opposer aucune résistance. Elle passa ses bras, sous la robe de chambre, afin de les enrouler autour de sa taille. Elle était si bien contre lui, dans ses bras. Elle s'y sentait si en sécurité qu'elle aurait pu y passer le reste de sa vie.
- Mon Docteur, j'aimerais te poser une question.
- Laquelle ? Lui répondit-il en souriant, appréciant énormément, plus que ce qu'il aurait cru, le « mon ».
- N'importe laquelle ?
Pour le gallifréen, il n'était plus question de se cacher. Elle pouvait tout lui demander, il lui dirait tout. Il répondrait à chacune de ses questions sans détour. Cela faisait trop longtemps qu'il enterrait tout au plus profond de lui. Et si il pouvait se montrer tel qu'il était, c'était bien à elle. Elle était, la toute première, à vouloir faire partit de sa vie, de s'être battu pour le devenir, de l'avoir défié, d'avoir dépassée tous les obstacles pour lui. Il n'avait plus peur de la laisser investir complètement sa vie.
- N'importe laquelle, la rassura-t-il.
Néanmoins, il haussa les sourcils devant le sourire polisson qui se formait au coin des lèvre de sa compagne.
- Tu reprend le thé au petit-déjeuner ? Ou bien tu continue de carburer au chocolat ?
