Bonjour tout le monde ! Tout d'abord, merci beaucoup pour vos reviews ! On a dépassé les 50 ! Donc un grand merci, pour tous vos messages si encourageants :)
Je voudrais aussi préciser un truc, qui n'était sans doute pas très clair : dans cette histoire, Peter Pettigrow n'est pas le traître. Il n'y a eu aucun Gardien du Secret, donc Peter n'a pas trahi ses amis.
Bref, j'espère que ce nouveau chapitre vous plaîra autant que les précédents !
Bonne lecture
Chapitre 14 : Etre prêt à vivre ou mourir en essayant
Le soleil se levait à peine derrière la massive silhouette de Poudlard. Pourtant, une quinzaine de sorciers marchait déjà à travers tout le domaine, en direction des grandes portes du collège pour sorciers.
Il y avait là les deux frères Black et leur mère ainsi que les couples Potter, Malfoy et Tonks. Ils étaient également accompagnés du loup-garou Remus Lupin et de son compagnon, Severus Snape.
Dans le hall de Poudlard, Albus Dumbledore et Minerva McGonagall les attendaient. Le Directeur semblait plus soucieux qu'à son habitude. Si le vieux mage lui-même était inquiet, la situation ne pouvait être que grave.
Ce fut Minerva qui les informa de la situation actuelle :
« Bonjour à tous. Merci d'être venus si vite. La dernière bataille arrive, d'ici très peu de temps, Vous-Savez-Qui attaquera l'école, c'est inévitable. »
Mais malgré la guerre qui grondait aux portes de l'école, tous étaient presque sereins. Quoi qu'il arrive, la jeune génération surviverait. Harry, Drago, Nymphadora, les enfants Weasley, et bien d'autre encore. Cachés dans une communauté sorcière autonome près de la Manche, au moindre problème, ils traverseraient la mer, et seraient en sécurité. Même si leurs parents ne revenaient pas, ils iraient bien. Le monde sorcier se relèverait quoi qu'il arrive.
« Il faut que vous nous aidiez à protéger les élèves avant tout. Reprit la Directrice Adjointe. Quelqu'un aurait une idée ? Potter ? Black ? Vous devez bien connaître un lieu caché, un endroit connu des seuls Maraudeurs ? »
Sirius baissa les yeux. Après tout, puisque les Maraudeurs n'existaient plus... Ils pouvaient bien parler du passage secret, non ?
« Hum. Derrière un miroir, au quatrième étage. Il y a un passage secret. On l'a découvert en Deuxième Année, mais un éboulement l'a rendu impraticable. On a jamais pu découvrir ce qui se trouvait au bout, mais je mettrais ma main au feu qu'il s'agit d'une salle secrète, il n'y a aucune chance que ce soit un tunnel menant hors de Poudlard. On devrait pouvoir y faire tenir tous les Première Année, et la moitié des Deuxième Année, si on fait la moyenne de la taille des salles abandonnées du château.»
James Potter continua :
« Donc, si je te suis bien, il resterait la moitié des Deuxième Année à cacher, en plus de toutes les années supérieures ? Comment tu compte faire ?
-On mettra les Deuxième Année restants dans les cuisines, les Troisèmes et Quatrième Année dans la salle commune et le dortoir des Poufsouffles. Pour les Cinquième et Sixième Année, il y a la Salle Sur Demande. Et pour les Septième Année, je crois me souvenir qu'il y a un grand cachot près de la statue de Wilfrid le Mélancolique. »
Albus Dumbledore sourit doucement à son ancien élève, mais ce fut Minerva qui formula à haute voix ce que tous les autres pensaient :
« Eh bien messieurs. Je dois dire que votre connaissance de Poudlard est impressionnante. Un jour, vous devrez m'expliquer comme vous vous y êtes pris. »
Les trois jeunes hommes eurent la décence de rougir. Enfin, ils n'allaient pas révéler tous leurs petits secrets, quand même !
Narcissa Malfoy reprit la parole :
« Excuse-moi, Sirius, mais je ne comprend pas pourquoi tu veux les séparer. Je ne suis jamais aller dans la Salle sur Demande, mais elle doit être assez grande pour accueillir tous les élèves, non ?
-Effectivement, on pourrait faire comme ça. Mais, même si c'est horrible à dire, il vaut mieux que tous ne soit pas au même endroit. Comme ça, si jamais des Mangemorts trouvent une des cachettes, au moins les autres seront toujours secrètes, et on pourra espérer sauver une partie des élèves coincés sans se préoccuper des autres, qui restons sains et sauf, puisque chaque groupe n'aura connaissance d'aucune autre cachette. »
Narcissa aquiesca. Effectivement, il valait mieux prendre le risque qu'un groupe soit découvert et ne puisse se défendre, plutôt que de regrouper tous les élèves avec une plus grande garde. Le risque de perdre un grand nombre d'élève diminuant avec l'idée de Sirius, c'était la chose à faire.
« Bien, bien. Repris Dumbledore. A présent, il faut voir qui va rester avec tous ces jeunes gens.
-Je protégerais les élèves, Albus. Répondit Horace Slughorn
-Moi aussi. Ajouta Narcissa Malfoy. »
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Ainsi, il fut décidé que Horace Slughorn s'occuperait des Septième Année ne voulant pas se battre. Albus ne se faisait pas d'illusion, certains de ces jeunes gens voudraient rejoindre le champ de bataille. Il ne les en empêcherait pas. Il ne pouvais qu'espérer qu'ils s'en sortiraient.
Narcissa Malfoy prendrait soin des Deuxième Année dans les cuisines, tandis que sa sœur, Andromeda Tonks, aiderait à l'infirmerie.
Les Troisième et Quatrième Année seraient pris en charge par Silvanus Brûlopot, le professeur de Soins Aux Créatures Magiques.
Dans la Salle Sur Demande, les Cinquième et Sixième Année seraient sous la garde du professeur de Défense Contre les Forces du Mal, Evelyn O'Leary.
Quand aux Première Année et à la moitié des Deuxième Année, ils seraient en sécurité dans la salle au bout du passage secret découvert par les Maraudeurs, accompagnés de Pomona Chourave. Si la salle n'existait pas, il faudrait alors trouver une solution, et vite .
Les trois Maraudeurs restant allèrent débloquer le passage secret, et valider l'hypothèse de la pièce dissimulée, tandis que les autres se répartissaient les rôles dans la futur bataille.
Andromeda aiderait Poppy Pomfresh à l'infirmerie, avec l'aide de Walburga Black et de Dorcas Meadows, une membre de l'Ordre du Phénix.
Les autres se battraient face aux Mangemorts.
HPHPHPHPHP
Au quatrième étage de Poudlard se trouvait une galerie de miroirs, ma foi bien étrange, pour celui qui ne connaissait pas son secret. A vrai dire, seuls les Maraudeurs savaient ce qu'elle cachait.
Derrière le cinquième miroir en partant de la gauche, sur le mur Nord, se cachait une pierre déscellée. Il suffisait alors de la retirer du mur pour qu'un passage apparaisse.
Le miroir étant finalement assez banal, peut de gens auraient eu l'idée d'aller fouiller derrière. Mais les Maraudeurs n'étaient pas n'importe qui ! Aussi, dans cette galerie si intrigante, ils avaient vite remarqué que certains miroirs ne reflétaient rien, tandis que d'autres étaient tout simplement trop décalés par rapport au style si particulier de l'école.
C'est Peter qui avait trouvé le bon miroir. Et encore lui qui avait ouvert le passage secret, bien que çe soit un accident. Le jeune garçon alors en Seconde Année, très maladroit, avait voulu s'appuyer sur une pierre dépassant un peu du mur, pour renouer ses lacets. Il avait alors perdu l'équilibre, et, agrippé à la pierre, l'avait entraînée dans sa chute, découvrant un couloir sombre, plein de poussière et de gravas.
Les quatre garçons avaient voulu explorer le tunnel, mais s'étaient rapidement retrouvés bloqués par de gros blocs de pierre, qui devaient croupir là depuis fort longtemps, au vu de leur érrosion.
Les Maraudeurs avaient peu à peu oublier ce passage si mystérieux. Ils n'étaient jamais parvenu à découvrir ce qu'il se cachait au bout. Jusqu'à ce jour.
D'un simple Evanesco, Remus fit disparaîtraitre toutes les pierres. Pourquoi, au nom de Merlin, n'y avaient-ils jamais pensé ?
James s'avança le premier. Eclairant le couloir d'un Lumos, il constata que la pierre, bien que brute, n'était pas humide, comme si quelqu'un l'avait entretenue, ce qui était impossible. A moins que Peeves ne se soit découvert une passion pour la rénovation. Mais en dehors de ce couloir étonnamment bien conservé, rien n'indiquait d'un humain soit déjà passé par là. L'odorat de loup-garou de Remus pu seulement lui faire affirmer que de petits animaux étaient déjà passés par là. Probablement des rats ou des chauve-souris, voir même des chouettes. Il arrivait que ces messagers volants passent par des chemins farfelus pour atteindre le destinataire de leur lettre ou colis.
Les trois amis parcoururent une bonne quarantaine de mètres, avant de déboucher sur une sorte de minuscule hall, très bas de plafond. Là, incrustée dans le mur du fond, se tenait une petite porte en bois brun, sans poignée. Il n'y avait qu'une simple serrure en fer.
La serrure ne résista pas à l'assaut d'un Alohomora. La porte s'ouvrit dans un léger grincement, laissant passer un courant d'air étonnamment chaud.
La pièce, entièrement noire, s'illumina d'un coup, lorsque tous furent rentrés. Les trois Maraudeurs sentirent leur gorge se serrer. Les lieux avaient été occupés. Et ils pouvaient même dire que l'occupant l'était devenu durant la Cinquième Année des Maraudeurs. L'occupant, capable de se glisser entre les pierres, sous une forme suffisament petite pour passer entre tous les interstices. Un occupant, capable de passer les blocs de pierre, sous forme de rat. Peter Pettigrow. Animagus rat depuis sa Cinquième Année à Poudlard, depuis leur Cinquième Année à Poudlard en fait. Peter, le dernier de la bande, le moins brillant, le quatrième membre des Maraudeurs. Queudver. Peter. Peter, désormais fantôme. Cette salle était la dernière chose qu'il restait de lui. Cette salle, qui sauverait probablement la vie de dizaines d'élèves. L'héritage de Peter Pettigrow.
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La salle, ronde et très grande, était d'une beauté à couper le souffle. Aux couleurs de Gryffondor, mais dans des tons plus doux, moins clinquant, et, il fallait bien l'avouer, qui agressaient moins les yeux. Des tapis moelleux étaient éparpillés sur le sol, des tentures pendaient aux murs. Il y avait là une représentation du Lac Noir, une du terrain de Quidditch, et même une immense tapisserie représentant la silhouette de Poudlard dans le soleil couchant.
Il y avait une table basse et des coussins, près d'une belle cheminée au feu ronronnant. Des torches étaient accrochées aux murs, une fenêtre magique montrait le temps au dehors, avec vue sur la Forêt Interdite et sur une partie du Lac. Tout simplement magnifique.
Un jeu d'échec attendait sagement sur la table, prêt à être utilisé. A côté, il y avait aussi un paquet de cartes pour faire des Batailles Explosives, le jeu préféré de James. Et surtout, il y avait plusieurs boîtes de bonbons : des Dragées Surprises de Bertie Crochue, des Chocogrenouilles, des fondants du Chaudron, des Patacitrouilles. Mais il y avait aussi des plaquettes de chocolat de chez Honeydukes, celles fourées au caramel, les préférées de Remus.
Et dans un renfoncement, un tourne-disque ensorcelé, avec les meilleurs tubes moldus de 1977, plus un vinyle assez rare des Bizarr'Sisters, le groupe favori de Sirius.
Finalement, la chose qui semblait peut être la plus banale mais qui fendit de tristesse le cœur des trois amis était un cadre. Un simple cadre, posé sur la table basse. Un cadre contenant une photo, leur photo.
Sur le papier glaçé, trois adolescents se mouvaient, souriant à l'objectif, faisant des signes de la main à la photographe, Lily. La jeune femme avait pris cette photo durant leur septième année. Ils étaient près du Lac Noir, au printemps. Il faisait alors doux, le soleil commençait tout juste à réchauffer le paysage, dans un ciel bleu parsemé de quelques nuages cotonneux.
Ils étaient... Radieux. Ils portaient tous les trois l'uniforme de Gryffondor, mais pas un n'avait la même conception d'uniforme que les autres.
Ainsi, James jouait négligemment avec un vif d'or, ses cheveux bruns éternellement en pagaille ébouriffés par une légère brise. Sa cravate était mal nouée, et il avait retroussé les manches de sa chemise, dévoilant une peau délicatement bronzée par les heures passées à jouer au Quidditch. Ses lunettes étaient un peu tordues, parce qu'il s'était pris un cognard en pleine tête durant le dernier match de Quidditch. Il n'avait pas voulu les faire réparer, disant que c'était un bon souvenir, puisqu'ils avaient gagnés, écrasant les Serpentards avec 150 points d'avance. Il était tout sourire, ses yeux noisette pétillants derrière ses lunettes rondes.
Remus, lui, avait un livre de Métamorphose dans la main, et il était probablement le mieux coiffé des trois. Malgré tout, le vent avait un peu décoiffé ses cheveux châtains, qui retombaient légèrement sur son front, soulignant ses yeux mordorés brillants de vivacité. La cravate bien nouée, la chemise rentrée dans le pantalon, Remus portait l'uniforme de façon si conventionnelle que pas un élève n'était habillé comme lui. Son insigne de Préfet-En-Chef brillait sous le soleil. Il sourirait timidement, sa peau pâle légèrement rosie par la douce chaleur qui régnait.
Sirius, quant à lui, ne faisait définitivement rien comme tout le monde, en témoignait le magazine de motos absolument moldu qu'il tenait à la main. Avec sa chemise ouverte sur un T-Shirt à l'effigie des Bizarr'Sisters, et l'absence totale de cravate, son uniforme en aurait fait tiquer plus d'un. Des bracelets de cuir aux poignets, il saluait Lily, d'une main d'albâtre ornée de bagues. Ses cheveux d'un noir de jais lui arrivaient en dessous des épaules, en souples boucles se balançant dans le vent. Il sourirait d'une façon très particulière, avec une sorte de demi-sourire, qui accentuait considérablement son air de garçon rebelle, celui qui faisait craquer la plupart des élèves de Poudlard. Ses yeux d'une belle couleur acier reflétaient une véritable palette d'émotions, principalement de la joie et de la malice.
Oh oui, ces trois adolescents étaient sans conteste beaux et semblaient avoir tout pour eux.
Mais il manquait le quatrième garçon, qui s'était lui même arraché de la photo. Pourtant, cet élève n'était pas repoussant, loin de là. Il semblait simplement... Banal, à côté de ses amis. Les cheveux d'une couleur sable, un peu trop longs, il semblait trop normal pour figurer avec les trois autres. Il portait son uniforme normalement, la cravate nouée, mais un peu maladroitement. Il n'avait pas de signe disctinctif, ni insigne de Préfet, ni vif d'or dans la main, ni quoi que ce soit. Ses yeux étaient bleus, c'était peut être la seule chose un peu remarquable chez lui. Il n'était ni bronzé comme James, ni d'une pâleur aristocratique comme Sirius.
Il avait des joues un peu ronde, il était un peu potelé. Et pas très grand, juste dans la moyenne. Et il ne souriait pas. Il ne semblait pas spécialement trise, mais pas spécialement heureux non plus. Juste normal. Ni timide ni extraverti. Ni brillant ni mauvais. Ni très beau ni très laid. Juste normal.
Peter était tout simplement un garçon banal.
HPHPHPHPHP
En voyant tout cela, James, Sirius et Remus eurent honte. Parce qu'ils comprenaient ce que signifiait cette pièce. Parce qu'ils se rappellèrent d'une journée, à l'automne 1977.
Ce jour-là, le temps était maussade. Il ne faisait pas suffisament beau pour que les joueurs de Quidditch de Gryffondor aient eu envie d'aller sur le terrain. Alors, puisqu'on était le samedi de sortie à Pré-Au-Lard, James avait prévu d'inviter Lily pour boire une Bièrreaubeurre avec elle, bien au chaud chez Madame Rosemerta, aux Trois balais. Le jeune homme avait alors sèchement dit à Peter qu'il était occupé, lorsque celui-ci avait voulu lui montrer quelque chose.
Flashback
« Pas maintenant, Queudver ! J'ai donnée rendez-vous à Lily dans la salle commune ! Il me reste moins d'une demi-heure pour me préparer ! Alors, tu m'excusera, mais j'ai plus important à faire que venir avec toi. »
Peter n'avait pas insité. Il était juste parti en disant :
« Ok. Excuse-moi, James. Je ne t'embêterais plus. Passe une bonne après-midi. »
Fin du Flashback
Ensuite, il était allé voir Sirius. Qui l'avait complètement ignoré, trop occupé à faire glousser un groupe de jeunes Serdaigles.
Flashback
Peter s'approcha doucement du rassemblement de jeunes filles qui roucoulaient devant un Sirius se pavanant. Il hésita quelques secondes, puis interpella son ami, qui ne lui répondit pas, plongé dans sa tâche présente, soit faire un sourire de tombeur à la Préfète de Sedaigle, une blondinette timide mais très jolie. Le genre de filles qu'aimait Sirius, belles et assez placides. Le genre de filles que Peter n'aimait pas, les trouvant sans intérêt.
C'est finalement une des fille qui lui avait répondu. Ou plutôt, qui l'avait rembarré sèchement, sans même que Sirius ne se rendre compte que son ami était là.
« Qu'est-ce que tu veux Petit Gros ? Tu vois pas que Sirius à mieux à faire que supporter ta petite face de rat ? Allez, dédage ! »
Peter avait baissé la tête et serré les dents, pour empêcher les larmes dans ses yeux de couler. Ce genre de remarques avaient beau être fréquentes, il n'empêche qu'elles faisaient mal.
Alors l'adolescent était parti, sous les rires des jeunes filles, et l'indifférence de son ami.
Fin du Flashback
Et puis le garçon avait cherché Remus, qui révisait à la bibliothèque.
Flashback
Peter trouva le lycanthrope attablé, au croisement entre la section Sortilèges et la section Botanique.
Il lui demanda d'un ton bas si il pouvait le suivre, disant qu'il avait quelque chose à lui monter.
« Peter, tu vois bien que je n'ai pas le temps pour tes enfantillages ! Je révise pour les ASPICs, moi ! Si tu veux rater ta vie, aucun problème, mais ne m'empêche pas de réussir. Alors, part d'ici, tu t'énerve. Et si je m'énerve, je vais faire du bruit, et Mme Pince m'interdira de revenir à la bibliothèque, et je ne pourrais plus réviser, et je raterais mon diplôme. A cause de toi. Alors va-t'en. » siffla Remus
Alors Peter s'en alla, sans un bruit, pour ne pas déranger son ami plus qu'il ne l'avait déjà fait.
Fin du Flashback
Merlin... Les trois amis se sentaient tellement mal. Peter... Peter voulait juste leur montrer cette salle. La salle qu'il avait entièrement créer pour eux. Plus que pour les Maraudeurs, Peter avait créer cette salle spécialement pour ses trois amis.
Mais ce qui acheva de leur briser le cœur, ce fut la petite pièce adjacente, cachée derrière une tenture. Elle était vraiment minuscule, en comparaison de l'autre pièce, mais tellement plus à l'image de leur ami.
Un petit bureau pour travailler, passablement usé et couvert de tâches d'encre. Des parchemins éparpillés partout. Une boîte de Fizwizbiz entamée, un emballage de chocogrenouille vide. Un fauteuil qui avait dû appartenir à la salle commune de Gryffondor puis être jeté et récupéré par l'adolescent. Toutes les nuits où les trois autres avaient déserté le dortoir, Peter les avait probablement passé ici, à dormir dans ce fauteuil inconfortable, pour ne pas rester seul dans la tour de Gryffondor, si froide et hostile sans la présence de ses compagnons. Le garçon n'avait jamais été assez bon pour transformer un fauteuil en lit, ou même pour transfigurer une couverture. Ses nuits en solitaire avaient dû être bien dures pour cet adolescent si craintif, si facilement effrayé par le monde l'entourant.
Parmis les piles de parchemins, il y avait des brouillons de devoirs, principalement en Métamorphose. Mais il y avait aussi des lettres de la mère de Peter. Et même une carte de Saint-Valentin, écrite par une Poufsouffle anonyme.
La gorge serrée, James, Sirius et Remus quittèrent les lieux. D'un commun accord, ils décidèrent de mettre à disposition la plus grande salle pour la protection des élèves, mais de garder l'autre secrète, pour garder intact cet endroit si imprégné de l'esprit de Peter.
HPHPHPHPHP
Regulus s'inquiétait. Son frère n'allait pas bien. En quand Sirius n'allait pas bien, il avait tendance à tout garder pour lui. Jusqu'à ce qu'il explose. Et alors il disait ou faisait immanquablement quelque chose de stupide.
Affalé dans un des nombreux fauteuils apportés par les elfes de maison, Sirius suivait d'une oreille la conversation entre Maugrey et Dumbledore, le regard vague. Dumbledore expliquait à Maugrey que, dès midi, les élèves seraient confinés dans les salles cachées.
Regulus soupira. Il ne savait pas ce que son frère et ses amis avaient découvert dans la salle secrète, mais depuis qu'ils en étaient revenus, tous les trois semblaient vraiment moroses. Dans une atmosphère déjà étouffante, leur humeur sombre ne faisait qu'alourdir l'ambiance.
Mais alors que Remus s'était isolé avec Severus, et que James parlait à voix basse avec Lily, Sirius lui, n'avait personne à qui se confier. Enfin, plus exactement, personne à qui avait envie de se confier. Il savait que son frère l'écouterait mais... Il culpabilisait tellement.
D'un coup, le Gryffondor eu une idée. Se levant d'un bond, il interpella son petit frère :
« Hey, Reggie ! Tu saurais pas où est passé Remus ? Je voudrais lui parler.
-Sirius, je t'ai déjà de ne pas m'appeller comme ça en public ! Enfin bon, pour répondre à ta question, oui je sais où est ton ami. Mais je ne pense pas qu'aller le voir maintenant soit une bonne idée, tu sais.
-Pourquoi ? Je veux juste lui parler un moment. Et puis ça lui ferait du bien aussi, non ?
-Ecoute. Je comprend pourquoi tu veux faire ça, mais là, Remus est occupé. Il discute déjà avec Severus.
-Quoi ?! Mais... Mais pourquoi il préfère discuter avec Snape plutôt qu'avec moi ? Je suis son ami depuis bien plus longtemps !
-Eh bien, tu devrais demander confirmation à Remus, mais je ne crois pas qu'ils soient vraiment... Amis...
-T'as raison ! Je vais aller voir Moony, et lui faire comprendre que je suis un bien meilleur ami que Snape !
-Non. Sirius, je ne voulais pas dire ça... Oh et puis, au pire, tu comprendra peut-être enfin...
-Comprendre quoi ? T'es bizarre en ce moment, Reg'. Bref, j'y vais, à plus tard ! »
Regulus se prit la tête dans les mains. Sirius était capable de réagir à chaud, et quand il aurait apprit la vraie nature de la relation entre le loup-garou et le potionniste... Sa réaction sur le coup serait sans doute très immature. Son frère risquait de blesser Remus en lui disant des choses qu'il ne pensait pas vraiment, sous le coup de l'émotion. Mais le jeune homme ne pouvait rien faire. Juste attendre et espérer que les morceaux ne seraient pas trop durs à recoller.
HPHPHPHPHP
Sirius, aussi discret qu'à son habitude, envoya la porte de la salle s'écraser contre le mur. Remus et Severus s'étaient isolés dans une salle abandonnée, non seulement pour avoir de l'intimité, mais aussi pour éviter la vague d'élèves déferlant dans les couloirs alors que la sonnerie de début des cours sonnait.
Sirius ne remarqua pas le regard noir lançé par les deux jeunes hommes dans sa direction, se contentant d'attraper son ami par le bras, puis de le tirer sans lui demander son accord, jusqu'à une autre salle.
« Moony ! Tu ne peux pas être ami avec Snape ! Il n'est pas assez bien pour toi ! Enfin, moi non plus, mais je suis quand même mieux ! Remus, ne sois pas ami avec lui, moi je suis bien meilleur ! »
Remus soupira. Il aurait voulu s'énerver contre Sirius mais il n'en avait plus la force. De toute façon, Sirius ne changerait jamais. D'autant plus que dans le cas présent, il pensait réellement bien faire.
« Sirius. Je suis touché par ton attention, mais ne t'en fais pas. Tu n'as rien à craindre de Severus. Je ne l'aime pas comme un ami.
-Je le savais ! Il n'est pas ton ami. Tu ne l'aim- Hein ! Ça veut dire quoi « Je ne l'aime pas comme un ami » ? Tu... Tu es...
-Oui, Sirius. Je suis son Alpha. Il est mon compagnon et je l'aime. »
Sirius pâlit dangereusement. Son regard s'obscurcit. Il se retourna sans un mot et quitta la pièce.
Remus ne voulut pas y croire. Il s'attendait à des cris, de la colère. Pas à ça. La fureur glacée de Sirius était bien pire, bien plus blessante que la brûlante des colères.
Sirius aurait dû essayer de le convaincre, lui lister tous les défauts du potionniste pour le faire changer d'avis. Ça n'aurait pas marché, alors son ami serait aller bouder dans son coin, faussement vexé. Puis il serait revenu et ils auraient rit ensemble. Et tout aurait été bien. Le lycan aurait été entouré de ses amis et de son compagnon.
Pourquoi ? Pourquoi ne pouvait-il pas être simplement heureux ? Sans mégalomane obsédé par la pureté du sang voulant tuer ceux qu'il aimait. Sans discriminations liées à sa lycanthropie. Sans rejet de ses amis les plus chers. Sans décès de ceux qui comptaient pour lui. Sans guerre. Sans tout ça, tout aurait été bien.
Remus ne comprenait pas son ami. Il avait accepté sa lycanthropie, ses mensonges pour cacher sa condition, son homosexualité, tout. Et il refusait sa relation avec Severus pour une querelle d'enfance.
Quand Severus entra dans la pièce et le pris dans ses bras, il pleura. Serré contre celui qu'il aimait, le visage au creux de son cou, Remus se laissa aller à sa peine.
HPHPHPHPHP
Regulus sursauta en entendant une porte claquer et faillit dégainer sa baguette. Ses réflexes liés à ses activités chez les Mangemorts étaient restés, et peut-être qu'ils lui permettraient de rester en vie sur le champ de bataille.
En l'occurence, ça n'était pas un Mangemort qui venait d'entrer dans la pièce, mais son frère. Lequel semblait bien trop mutique pour que ce ne soit pas suspect.
La mâchoire contractée, les jointures blanches à force de serrer les poings. Il allait exploser. Sa magie crépitait tout autour de lui.
Regulus n'avait pas peur de son frère, il avait assisté à suffisament de ses colères pour savoir quand cela pourrait devenir dangereux, et ce qu'il devrait alors faire. Donc pas d'inquiétude à avoir. L'aîné des Black n'avait réellement perdu le contrôle que deux fois.
Jetant un Silencio et un Protego par sûreté, Regulus attendit. Il observa sans broncher les meubles s'écraser contre les murs. Les cris de Sirius retentissaient si fort que, sans le sort de silence, toute l'école l'aurait entendu.
Le jeune homme devait bien avouer que la magie de son frère était fascinante. Sirius était extrêmement puissant, bien plus qu'il n'en n'avait consience.
Au bout de dix minutes, Regulus perdit patience, et décidant que de toute façon son frère ne lui ferait jamais de mal – réflexion digne d'un Gryffondor soit-dit en passant – il s'approcha de celui-ci, et le gifla.
Hébété, Sirius regarda son petit frère lui faire la leçon sans réagir.
« C'est bon ? T'es calmé ? Soupira Regulus, exaspéré.
-Heu, ben je...
-Sérieusement. T'aurais pas pu avoir pire réaction ! Je ne sais pas exactement ce qu'il s'est passé, et ça ne me regarde pas, mais je voudrais juste de dire une chose que tu ferais mieux de bien retenir. On va peut être mourir demain. Tu veux vraiment mourir en étant fâché avec Remus ? Tu veux vraiment regretter toute ta vie des paroles que tu ne pensais pas réellement ? »
Sirius pâlit considérablement, et quitta la pièce en murmurant un :
« Je-je reviens. »
HPHPHPHPHP
Dans un couloir, étroit et peu éclairé, se tenait un jeune homme. Son visage aristocratique faiblement éclairé par une torche était tordu en un air soucieux.
Il restait devant une salle, sans oser entrer.
Sirius toqua doucement à la porte, avec hésitation. Il n'y eu pas de réponse. Alors il n'entra pas, ne voulant pas attiser la colère de son ami, qu'il avait lui même provoquée.
« Remus? Chuchota-t-il à travers le bois clos.
Je-je voudrais m'excuser. J'ai été complètement stupide. Pardon. J'dois être le pire ami qu'on puisse imaginer...
Pardon Moony. J'espère que tu sera heureux avec Snape. »
Sirius se recula, puis posa la main sur la poignée. Rien n'indiquait que Remus l'ai entendu. Mais rien n'inquait non plus qu'il n'ai pas été à la porte pour l'écouter à travers la cloison.
Repartant, la tête basse, Sirius sursauta lorsque la porte s'ouvrit en un grincement.
Se retournant, le jeune homme vit alors son ami, qui se tenait dans l'encadrement de la porte. Il avait les yeux rougis, mais ne semblait pas vraiment en colère.
« Patmol. Effectivement, tu est un abruti fini. Ta réaction était vraiment peu intelligente. Mais ce que tu viens de faire est encore pire! Comment peut tu imaginer que je laisse tomber notre amitié comme ça ? Tu me prends pour qui ? Oui, je t'en veux. Mais il n'empêche que tu es mon ami ET un membre de ma meute. Donc tu va venir ici et vite! »
Sirius dégluti mais s'exécuta. Un Remus en colère était la chose qui le terrifiait le plus sur terre. Devant Vous-Savez-Qui et les coccinelles. Et pourtant les coccinelles étaient des êtres maléfiques, quoi qu'en dise James.
Lorsqu'il fut à une distance suffisament proche de Remus pour le toucher d'un lever de bras, mais suffisament loin pour ne pas investir son espace vital, Sirius se stoppa. Peu sûr de la marche à suivre, le jeune homme paraissait vraiment très calme et réfléchi, en comparaison de son comportement habituel. Sirius semblait vraiment regretter ses paroles. Et puisque l'instinct du loup ne se trompait jamais, le lycan pouvait affirmer que son ami pesait vraiment les conséquences de ses actes.
Remus franchit la distance entre eux, éteignit brièvement son ami, lui mis une grande tape dans le dos, puis lui sourit.
Tout n'était pas oublié, et Sirius devrait vraiment apprendre à réfléchir avant d'agir, mais si ils mourraient demain, ils n'emporteraient aucun rancoeur dans la tombe.
HPHPHPHPHP
Laissant Remus rejoindre son compagnon, Sirius retourna voir son frère. Celui-ci ne lui reprocha rien, mais n'hésita pas à lui poser des questions pour comprendre ce qu'il avait vraiment causé une telle réaction. Après tout, sans l'adorer, Sirius avait fini par faire la paix avec Severus, alors qu'avec les dernières heures, il semblait avoir fait un bon dans le passé. Et Regulus voulait savoir pourquoi.
« Bon. Maintenant que t'es calmé et que tu t'es excusé pour ton comportement stupide, tu m' . »
Sirius se laissa tomber aux côtés de son frère, puis raconta :
« On a trouvé une salle secrète au bout du passage caché. Et... Et Peter l'avait trouvé avant nous. Il avait décoré la salle, exactement comme on aurait aimé, Remus, James et moi. Il avait voulu nous la montrer, tu sais. Mais on n'avait pas fait attention à lui. Je n'avais jamais fait attention à lui.
Tu sais, Peter c'était un peu le bébé de la bande. Et j'ai pas réussi à le protéger.
Et j'ai peur de ne pas réussir à protéger tous les autres, tous ceux que j'aime.
J'ai peur pour Remus. Mais j'ai aussi peur pour Severus. Si il meure, Remus ne s'en remettra jamais. Peut importe ce qu'on fera pour l'aider, il ne s'en sortira pas. Et il finira par mourir lui aussi. Alors j'ai peur pour Severus autant que pour mes amis. Parce que peut importe la puissance avec laquelle je l'ai haït, personne ne mérite la mort. Je ne souhaiterais plus jamais qu'il meure.
J'ai peur.
J'ai peur Regulus. J'ai peur de perdre James et Remus. J'ai peur de te perdre, toi. »
Regulus sentit son cœur se serrer.
Sirius ne reconnaissait jamais qu'il avait peur. Il craignait toujours que ça se retourne contre lui. Il ne faisait assez confiance à personne pour parler librement de ce qu'il ressentait. Parce que, si Sirius était fort, il n'était pas invincible. Il ne supporterait pas qu'on joue avec ses sentiments profonds. Alors il semblait tout prendre à la rigolade. Comme ça, rien ne l'atteignait. Si ça n'était pas important, ça ne pouvait pas le blesser. Les sentiments étaient à la fois la plus grande force et la plus grande faiblesse de Sirius.
Alors qu'il lui avoue ça, c'était peut-être la plus belle preuve d'amour que son frère puisse lui donner.
Regulus ne dit rien. Il se contenta de sourire doucement. Puis il attira son frère contre lui. Pour le remercier, et pour le rassurer. Et aussi sûrement pour profiter de lui tout seul, encore un moment, juste quelques instants. Ils n'étaient pas certains de revenir vivants du champ de bataille, alors ils pouvaient bien voler encore quelques secondes au temps, juste tous les deux. Profiter, peut-être pour la dernière fois, de la présence de l'autre, de la sensation d'avoir son frère serré contre soi, paisiblement, avec bonheur.
Peut-être que demain ils seraient morts tous les deux, mais le monde se relèverait. Avec ou sans eux, le soleil se leverait à nouveau. Demain encore, il ferait jour.
A suivre...
