Chapitre 14: Fuck, Fichtre et bordel de merde - bang bang we shot us down
Sur l'air de Rihanna, Russian Roulette.
Chapitre 14: Fuck, Fichtre et bordel de merde
Je continuais à passer mes nuits avec lui. en plus des journées. L'équipe soignante le savait, puisque le balai incessant des infirmières s'effectuait également de nuit. Étrangement, Dénali ne passait plus nous voir depuis la fameuse nuit.
Personne n'avait trop râlé, sachant qu'il était sur la sellette. Son père était même content de nous voir ensemble. Nous nous étions d'ailleurs fait capté lors de la sortie de lac, mais la seule réaction du Docteur Cullen fut de nous sourire...
J'avais prévenu Eddy que je ne pouvais pas aller le voir cette nuit là. Il avait râlé, mais n'avait pas eu son mot à dire.
Avec Emmett, on s'était incrusté à une réception guindée comme on les aimait, avec toute cette bande de fils de pute blindés de thunes..
Em veillait sur ma sécurité, pendant que je faisais la biche à un duc français. Lequel était rapidement tombé dans mes filets et m'avait suivi dehors.
Surement encore un en manque...!
Nous avions pris un taxi (zuut, pas de limo ce soir!) pour nous rendre dans sa suite.
Il était dans la salle de bain, pour se rafraichir avant de « passer aux choses sérieuses »... pire qu'une gonzesse!
Je profitais de son absence pour fouiller sa chambre. Rien dans son attaché case. Rien dans son porte feuille...
C'était un vieux cadre défraichi accroché au mur qui m'avait la puce à l'oreille. Non...! Comme dans les films!
Je m'approchais du tableau et le décrochais du mur, et fis face, comme je m'y attendais, à un coffre fort. J'y connaissais pas grand chose là dedans, autant dire, rien du tout! Je me mis à tourner l'espèce de roue bizarroïde jusqu'à entendre le cliquetis significatif (whaaaa merci les films de gangster!)
C'était pourtant un autre cliquetis que j'avais entendu.
Un, comme je les aimais pas.
Celui d'une arme à feu.
Celle pointée sur l'arrière de mon crâne.
Fuck!
Fichtre !
Bordel de merde!
A mort la poésie!
- « Bouge pas salope! » Me fit-il avec son accent frenchy à couper au couteau.
- « I am cherching les towlettes... » Mais c'était contre productif, puisqu'il pressa un peu plus son arme sur mon crâne.
Puis...,
Plus rien.
Bagarre...
Whaat?
Je me retournais essoufflée (me rendant compte, au passage, que j'avais retenue ma respiration).
Le Duc était à califourchon sur un Emmett perdant largement, le couvrant de coups.
Putain, si on s'en sortait vivant, j'arrêterais pas de me foutre de sa gueule, c'était trop la honte!
Sauf que ce fils de pute de bourge commençait à enserrer la gorge de mon frère pour l'étrangler. Ca, je tolérais pas!
J'allais m'avancer pour lui foutre mon pied dans les côte quand la lumière se refléta dans l'arme à feu, échouée au sol, à mes pieds. Ni une, ni deux, je me baissai pour la ramasser et la pointer vers le Duc.
Merde, Em, arrete de bouger...
Et je tirais...
Le français tomba au sol, après s'être fait exploser la boite crânienne à coups de 9 mm.
Em se leva rapidement et se dirigea vers le coffre et s'empara tout aussi vite de l'argent. Plusieurs liasses.
Moi, je n'avais toujours pas bougé après avoir tiré. Mon bras vers cet homme allongé, baignant dans son propre sang.
Merde...
J'ai buté un mec...
- « Bouge Bells! » Beugla Em en me prenant le bras. Il me tira ainsi jusqu'à la voiture. « Ya plus de 5000$ Bells, arrête de faire la gueule, ça valait le coup! »
- « CA VALAIT LE COUP EMMETT? On a buté un mec, Em. J'ai buté un mec, merde! Faire la pute, ça passe encore, mais faire la menthe religieuse, ça, ça passe pas! Ca valait le coup? A partir de combien est-ce que ça vaut le coup, hein Emmett? Combien? COMBIEN EMMETT? »
J'avais gueulé, telle une hystérique, dans la voiture. J'avais fini par le frapper. Abattant mes poings microscopiques sur ses épaules démesurément grandes.
Merde, j'ai buté un homme. Et cette scène, cet homme qui se vidait de son sang, ça me ramenait en arrière. Sean.
Em nous avait ramenés à la maison, j'y avais pris une douche et changé de vêtements(aller à l'hôpital avec ma tenue de gala, ça le faisait moyen...) et j'étais partie directement le voir.
Je n'arrivais à me détendre que dans ses bras.
J'étais tombée amoureuse en si peu de temps. Trop peu de temps. Lui, ne sait même pas quel monstre je suis. Une meurtrière...
Ce jour là, les infirmières faisaient la gueule. Surement encore à cause de la dernière réforme à la mode, pondue par on ne sait quel trou duc'. Bref, c'était pas la fête, ici non plus.
J'entrais dans sa chambre, doucement mais sans frapper.
Il était 8H03.
Je savais qu'il ne dormait pas.
Je savais qu'il m'attendait.
Comme toujours.
Pourtant..
Pourtant, il n'était pas dans son lit. Non. Les scopes n'étaient plus là. Les draps non plus. Mon tabouret était retourné sur d'adaptable, et je ne voyais sur son lit, que l'immonde matelas, vert pomme, plastifié.
Réflexe: je vérifiais s'il n'était pas dans la salle de bain. Dernier espoir, vain. Il n'y avait plus la dizaine de produits apportée par sa soeur.
Plus rien.
Fuck
Fichtre
Bordel de Merde!
Je sortais précipitamment de la chambre sans éteindre la lumière ni fermer la porte, et couru vers l'accueil.
- « Il est où Edward? » Criais-je à la nana qui s'avérait être une stagiaire à la gueule enfarinée qui se refaisait sa manucure à la con. Pas de chance pour elle, mais je n'étais pas à la compassion.
Une énorme boule me plombait l'estomac.
J'allais gerber... Pleurer aussi... Gerber en pleurant...Pleurer en gerbant... Ca fait une différence? Une grande différence...? Est-ce que ça intéresse quelqu'un, cette différence? Qu'est-ce que je fais devant ce bureau moi? Merde... Il est où Eddy? Pourquoi j'étais pas là pour lui..? J'étais où moi pendant ce temps? Ah oui, merde... je butais un mec pour 5000$. Bordel, si il lui est arrivé un truc pendant ce temps... Je crois que ...
- « Edward? Hum...Son nom? »
- « Cullen, bordel! Chambre 1254! »
- « Ah oui, le beau gosse! On l'a emmené au bloc. Il faisait une détresse respiratoire. On a tous cru qu'il allait y rester Bon Dieu! Son médecin lui pose une ex-sanguination: son sang sortira de son corps pour y être réinjecté en étant oxygéné avec plus de force, comme avec un coeur, mais à l'extérieur. Mais ça ne marchera que quelques heures. C'est le branle-bas de combat dans le service! Faut que la transplant' lui trouve un coeur, parce que sinon le pauvre va y rester. -Elle reprit son souffle- Si vous voulez un conseil, vous devriez lui faire vos adieux dès qu'il se réveillera. »
J'acquiesçais silencieusement. J'avais même pas la tête à reprendre cette conne pour lui apprendre les bonnes manières.
Fuck
Fichtre
Bordel de merde
Je retournais dans sa chambre trop vide et m'allongeais sur son lit trop froid. Je ne pouvais réfreiner mes larmes.
J'étais mal.
Très mal.
Bordel, j'avais mal!
Tout allait tellement trop vite avec lui, même ça.
J'aurais tellement voulu lui dire plus de chose que ce « je t'aime » non dit...
Lui dire que je n'étais plus rien sans lui, qu'il n'avait pas le droit de me laisser.
Lui dire qu'il avait changé ma vie, de manière irrémédiable, et que je voulais changer la sienne.
Le faire mari et père.
J'aurais voulu lui dire que je pourrais mourir pour lui...
...
...
Edward POV
Une fois de plus, c'est le bruit de l'électrocardiogramme qui m'a réveillé. J'ouvris les yeux calmement, dans
l'attente d'une migraine... qui ne venait pas.
Mon regard se baladait dans la pièce. Une chambre d'hôpital. Encore une. Une autre.
J'étais seul et il faisait nuit.
Puis, mon regard se posa sur l'adaptable. Une feuille y était posée. Une feuille blanche, pliée en deux, avec écrit d'un côté:
Edward Cullen
D'une écriture calligraphiée et féminine.
Sans aucune hésitation, mes doigts déplièrent la feuille.
Il s'agissait visiblement d'une lettre. Une longue lettre. Sans trop savoir pourquoi, mon coeur s'est serré.
Putain de coeur de merde...!
« Mon très cher amour, ... »
