Chapitre 13
Ces retenues vous rendent fou—Ok d'accord, plus fou que d'habitude.
… c'est sympa que vous ayez une si haute opinion de votre propre stabilité mentale. Ça en dit probablement long sur vous.
Hmmm… un peu hors sujet là. Bon, les retenues étaient peut être supportables au début, mais après la trente septième, ben, il serait juste de dire que n'importe qui dans la même situation que vous se sentirait aussi crevé que vous l'êtes.
Vous prenez votre sac, quittez la classe de Potions et allez vers la grande salle.
Les cours suivent une bonne courbe. Vos notes se sont stabilisées près du top niveau comparé à vos camarades.
Elle ne fait toujours pas vos devoirs, mais étant donné son sens inné du fair-play, vous doutez qu'elle le fasse un jour.
Au moins elle fait le gros du travail. Avec les cours, les retenues et maintenant votre 'amitié' avec les jumeaux, vous avez des difficultés à tout caser.
Ah, les jumeaux. Leur humour ne vous amuse pas dans le sens classique du terme, mais leurs capacités combinées pour faire rire les autres ne sont, heureusement, pas leurs seules habiletés. Avec eux, vous pouvez devenir monstrueusement doué, aussi longtemps que ce que vous faîte est 'drôle' alors vous vous prêtez docilement au jeu.
Vous tournez à un carrefour bondé.
Votre statut de sorcier novice vous permet même de faire certaines 'erreurs' de temps en temps qui pourraient 'ruiner' une farce (ou, de votre point de vue, la rendre bien plus intéressante). Par exemple, à la place de glisser une potion de pousse des poils de nez dans la boisson d'un certain sorcier joufflu (et complètement inutile), vous l'avez accidentellement échangé avec une potion de fonte des cheveux.
Oups ! Totalement non-intentionnel ! C'est quasiment la même saleté de potion mis à part quelques instructions changées pendant le brassage ! Comment étiez vous supposé le savoir ? Vous êtes seulement un première année !
Le petit gros ressemble ridiculement à un survivant du cancer. Encore un échec de Neville Londubat. Il ne peut même pas avoir un cancer, mourir et faire que son absence rende le monde meilleur.
Le manque de cheveux est un rappel constant de son échec à cet égard.
Ça n'aurait pas pu mieux se passer si vous l'aviez planifié… Ok, merde, cette blague était géniale, c'est juste pour vous et vos pensées, qui devez vous convaincre ?
La prochaine fois, vous allez devoir trouver quelque chose de plus permanent; malheureusement, les cheveux repoussent. Ohh ! Pas les dents ! Le vieux barman édenté de cette taverne crasseuse l'a bien prouvé. Hmmm...
Pour en revenir au sujet principal, vous ne détournez pas toutes vos blagues. Il ne faudrait pas faire croire aux jumeaux que vous êtes incompétent, n'est-ce pas ?
Non, pour eux vous êtes ce dont ils ont toujours rêvé. C'est tellement plus facile de se débarrasser des trucs quand vous n'êtes pas dans le coin au moment des faits, non ? Avec l'ajout d'un troisième membre à leur équipe, ils ont toujours un alibi ("Comment aurions nous pu les jeter à travers la porte ouverte des Serpentards ?" "On jouait au Quidditch !" "Et même qu'on a gagné vous savez ! Même avec ce pouilleux de McLaggen qui n'arrêtait pas de l'ouvrir durant toute la partie !").
Vous suivez le flux constant d'étudiants qui se rendent au diner.
Maintenant que vous êtes libre pour le reste de la soirée, qu'allez vous faire ? Mais, une autre blague bien sur !
Celle là brasse depuis un bon moment déjà. Littéralement.
En gros, les jumeaux ont conçu une petite blague amusante après avoir trouvé un vieux conteneur pour ce qu'ils appelaient un 'tonic de désinhibition'.
De la gnôle, en d'autres mots. De la gnôle magique. De la gnôle si forte en fait que même l'oncle Vernon tomberait ivre mort après un tout petit shooter—Lui, avec son impressionnante corpulence. Bon, impressionnante dans le mauvais sens du terme.
La potion est forte, mais n'a quasiment aucun gout. Par contre, elle a une faible odeur qu'un nez bien entrainé pourrait éventuellement détecter. Une sorte de mélange de vanille et de cannelle.
Alors le plan est le suivant : les jumeaux brassent tout le bordel, persuadent les elfes de le glisser dans les boissons de tout le monde (surtout la biéraubeurre pour bien l'odeur) et regarder la débauche d'ivresse dans votre état bien sobre. Les jumeaux savent bien y faire. Vraiment, tout ce que vous devez faire est de faire léviter la bannière qui est cachée derrière la table du personnel. Avec une phrase en rouge pétant 'Méfait Accompli'.
C'est encore une référence à leur incroyable carte. Après une 'période probatoire' qui a duré deux longs jours, ils vous ont accordés l'accès à contrecœur.
Vous en faites bon usage, étudiant le moindre changement dans le château. Ils ne vous autorisent à l'utiliser qu'en leur présence, donc vous ne faites pas la moitié des choses que vous aimeriez faire, mais c'est mieux que de vous frustrer avec vos explorations nocturnes. C'était une vraie perte de temps.
Vous y voilà. La grande salle. C'est là que la magie va opérer. Ah, les jeux de mots.
Un jumeau vous fait un clin d'œil alors que vous passez.
Alors l'opération est en cours. Excellent.
Vous trouvez une place près du bout de votre table qui est près de la table du personnel. Vous devez être proche pour faire léviter proprement la bannière.
L'attente pour la bouffe est toujours insoutenable, mais cette fois elle l'est encore plus.
Oh, peut être qu'une fille stupide va tomber enceinte dans la brume alcoolisée qui va suivre ! C'est quelque chose que les jumeaux n'ont jamais envisagé. Ça serait merveilleux; rien ne ruine mieux l'expérience d'une école magique qu'une grossesse imprévue.
Que ferait elle ? Garderait elle le petit bâtard ? Être connue dans toute l'école comme étant une pute ? Étouffer le problème dans l'œuf ? Quel est l'équivalent magique de l'avortement ?
Killite Fetusium !
Bah, l'autre moyen craint de toute façon.
Encore mieux, peut être qu'il y en aura plus qu'une ! Qui sait, c'est un paquet d'ado saoules et chaudes, il pourrait y en avoir des douzaines !
Vous êtes tirés de vos pensées par l'apparition de votre repas. Alors que vous regardez votre table, vous notez qu'à côté de chaque plat il y a un gobelet, chacun rempli à ras bord de biéraubeurre et (vous l'espérez) l'ingrédient secret.
Vous amenez votre gobelet à votre bouche. Vous le reniflez alors que vous le portez à vos lèvres—bien les gardes fermées.
N'importe qui vous regardant penserait que vous buvez un coup. Ce n'est pas le cas, parce que ça sent la vanille et la canelle.
Et l'attente commence. Une bonne chose à propos de cette potion est qu'elle ne prend que quelques minutes pour faire effet. Ça veut dire que personne ne va instantanément devenir saoul et attirer l'attention sur la blague. Du moins, pas tout de suite.
Tout le monde boit. Étudiants comme enseignants.
Les absents les plus notables parmi les enseignants sont Snape et Dumbledore. Probablement en train de se peloter quelque part.
Tiens, quand on parle du loup. Les voilà qui arrivent. Les deux se dirigent vers la table du personnel en parlant à voix basse.
Snape vous fixe en passant. Quoi encore ?
Bon dieu, vous avez eu votre punition, qu'est-ce qu'il veut d'autre ?
Les deux retardataires prennent place.
Personne n'est encore saoul, mais ils le seront bientôt.
Attendez !
Dans le coin de votre champ de vision vous voyez que le premier étudiant à être affecté. Une septième année de Poufsouffle est en train de peloter le garçon à coté d'elle. Quelqu'un va être chanceux ce soir.
Ses cheveux changent de couleur. Ça ne vient pas de la potion, n'est ce pas ? Oh, les jumeaux ont intérêt à ne pas avoir flingué la potion. Si toutes ces blagues donnent aux gens des cheveux funky alors vous quittez ce business de blagues.
Vous regardez autour de vous et voyez une douzaine d'étudiants affectés.
C'est votre signal, vous décidez de faire votre partie.
Vous pointez votre baguette vers la table du personnel et faites tranquillement léviter la bannière.
"Albus, non !" crie une voix, "Ne buvez pas !"
Vous détournez les yeux de votre sort et voyez Snape arracher le gobelet des mains du directeur.
Et merde, vous qui espériez de voir ce que ferait un sénile saoul comme Dumbledore. Putain de merde ! La bannière tombe ! Merde ! Voilà ce qui arrive quand vous détournez votre esprit du sort !
La bannière tombe directement sur la table du personnel, recouvrant une poignée d'enseignants.
À ce moment vous voyez Snape vous regarder. Votre baguette est sortie.
MERDE !
Il renifle avant d'aller vers le directeur qui s'est libéré de sa prison de tissu.
Tout devient noir.
Vous vous réveillez dans un endroit inconnu.
Beaucoup de blanc ici.
Vous levez la tête et tentez de jeter un œil aux alentours; tentez est le terme correct puisque votre cou vous fait un mal de chien.
Ressentant la douleur, votre première réaction est de la faire s'arrêter, alors vous laissez votre tête retomber sur l'oreiller et laissez échapper un grognement.
Où êtes vous ?
La dernière chose que vous vous rappelez est cette petite blague puis… vous êtes là.
Ok, le plafond, il est normal. Les murs ? Oh. Il y a un drap blanc tout autour de votre lit, vous êtes à l'infirmerie.
Bordel, votre cou vous fait mal, où est cette putain de morphine ? Ok, ce n'est pas aussi mauvais, mais quand même, où sont ces satanées drogues ! Si vous devez vous ennuyer à mort dans un lit d'hôpital, alors vous avez bien le droit de ne plus avoir mal. Vous n'avez jamais essayé la drogue (ce qui est étrange pour un acteur, même à votre âge), mais vous n'êtes pas contre l'idée d'essayer dans le futur.
"Ah, tu es réveillé."
Vos mains passent par dessus votre table de chevet, trouvent vos lunettes, et les mettent sur votre nez. Vous levez la tête et grimacez, mais en un coup d'œil vous avez reconnu le directeur.
Fait chier. Snape vous a vu avec votre baguette. Super, encore deux autres mois de retenues.
"Oui, je suis réveillé. Malheureusement, j'ai eu une dure journée, je ne peux pas vous voir en ce moment vous voyez ?" Vous pouvez toujours essayer de repousser l'inévitable et le faire partir.
"Oh ? Ton cou te fait mal ? Oui j'imagine que c'est normal. Tu t'es fait frapper dans la cohue qui a découlé de ta petite blague."
Merde.
"Une blague monsieur ?" Jouer l'idiot, nier, nier, nier.
"Tu ne peux pas le nier mon garçon, le professeur Snape a vu ta baguette pointée sur la bannière qui est tombée sur ma tête."
Yup, vous êtes niqué.
La vielle bique continue, "C'était un assez bel exploit magique. Peu d'étudiants de première année pourraient faire léviter une bannière aussi lourde."
Va te faire foutre. Il complimente mes compétences, et puis quoi ? Il va me punir ? Dégage.
"Pourriez vous revenir un peu plus tard ? Je vais avoir du mal à me défendre si je ne peux même pas vous regarder dans les yeux."
"Excellent point !"
Un moment plus tard vous entendez le bruit de vêtements froissés et soudainement le dos de votre lit se soulève et vous vous retrouvez à regarder dans les yeux de votre directeur qui pointe sa baguette sur vous.
Il vous regarde un moment avant de grimacer et d'abaisser sa baguette. Il regarde la zone derrière votre lit.
"Et voilà," dit-il, "Maintenant nous sommes sur un pied d'égalité."
Ouais, vraiment trop sympa.
"Um, merci."
"Je t'en prie ! Alors, qu'allons nous faire avec toi maintenant, Harry ?"
"Pourquoi pas des anti-douleurs ?"
"Chaque chose en son temps, mais ce n'est pas ce à quoi je faisais allusion. Je me demandais quoi faire à propos de cette blague." Il frappe ses mains ensemble. "Mais bien sur, tu savais déjà tout ça, comme le petit garçon intelligent que tu es. Tu ne veux juste pas parler de ce que tu as fait."
"J'ai juste fait léviter un morceau de tissu ! C'est difficilement punissable…"
"Oh Harry, tu es peut être intelligent, mais je pense qu'il est juste de dire que moi aussi, je suis intelligent. Je ne suis pas né hier, après tout." Il glousse. "Oh, vieil humour," dit-il, "Mais blague à part, il est évident que tu es lié à la sottise d'aujourd'hui."
Nier, nier, nier.
"Je ne vois pas de quoi vous voulez parler."
"Sommes nous réellement obligé de jouer à ce jeu là, Harry ? Je sais que tu es impliqué, tu sais que tu es impliqué, c'est vraiment assez ridicule de continuer à tourner autour du chaudron." Il commence à caresser sa barbe. "Et pour que tu saches, la sévérité de la punition dépend de ta coopération. Tu ne veux pas deux autres mois de retenue, n'est-ce pas ?"
Non, vraiment pas.
"Non." dites vous entre vos dents serrées.
"Excellent. Donc, tu admets avoir aider les jumeaux avec leurs blagues ?"
"Oui" Vous êtes quasiment en train de grogner.
"Bien, bien. Je suis heureux que tu veuilles bien 'rouler tes amis', comme ils disent. Je n'étais pas sur de leur implication avant, mais ceci le confirme."
Quoi ? Attendez, quoi ?
"Mais vous avez dit… "
Et c'est à ce moment que le bâtard graisseux se glisse entre les rideaux. "Oh mais, ce n'était pas votre intention ? Quel dommage, cela pourrait affecter votre partenariat avec eux à l'avenir, non ? Il tapote son doigt sur son menton. "Quel tragédie, ils avaient une si bonne influence sur vous."
Putain de Snape.
Les deux professeurs se regardent.
"Severus, je vous ai dit que je voulais gérer ceci. Occupez vous de vos étudiants s'il vous plait."
"Bien sur, directeur." Il vous fait un reniflement méprisant en s'en allant.
"Connard," marmonnez vous.
"Qu'as tu dit ?"
"Rien m'sieur."
"Très bien. Maintenant pour ta punition?" L'homme gratte sa joue. "Il y a eut un peu de dégâts ce soir Harry et nous ne pouvons pas l'ignorer, même si tu as été très coopératif après coup."
Dégâts ? Oui ! Au moins quelque chose est sorti de tout ce bazar.
"Quel genre de dégâts ?"
"Ne t'inquiète pas, rien qui ne puisse être réparé. Quelques chaises cassées, des proportions épiques de nourriture renversée. Il y a eut quelques nez ensanglantés dans les bagarres, mais rien d'autre à part ça." vous répond t-il avec un sourire. "Heureusement pour toi que le professeur Snape et moi avons été capable de maîtriser les étudiants. Ça n'a pas été facile, mais une horde d'étudiants saouls n'est rien face à nos talents combinés."
… c'est tout ? Pas d'os brisés ? Pas de vertus volées ?
"Deux semaines de retenues supplémentaires ont été ajoutées par dessus ta série en cours. Avec le désordre assez conséquent qu'Argus doit nettoyer, je pense qu'il est normal qu'il en supervise une partie et, bien sur, tu aideras à nettoyer la grande salle demain quand tu te sentiras mieux. Aussi, le professeur Snape a eut la gentillesse d'accepter de surveiller le reste de tes retenues."
Chier.
Le vieil homme se lève. "Dors bien." dit il avant de sortir de votre pièce. "J'espère que ton cou ira mieux. Je vais demander à madame Pomfresh de venir avec des potions contre la douleur."
Un moment plus tard, l'arrière de votre lit retombe doucement.
Mauvaise journée.
