Tissue of Silver
Rating : R/PG13
Disclaimer : Les personnages et l'univers appartiennent à JKR, l'histoire est de Fearlessdiva.
Bêta : Elwan59, merci pour tout !
Chapitre 14/15
…..
Harry dut frapper plusieurs fois avant que la porte ne soit finalement ouverte, par un Remus en peignoir de bain et à la mine endormie.
"Bonté divine, Harry, tu as une tête atroce. Qu'est-ce qui se passe ?"
"J'ai besoin d'une tasse de café et d'un caleçon propre."
Harry était bien trop fatigué pour tenter d'être subtil. Après tout, on reconnaissait un foyer au fait qu'ils vous fournissaient des sous-vêtements propres quand vous le demandiez.
"Je suis sûr qu'il y a un univers où il y a une logique à cette phrase. Néanmoins, ce n'est pas celui-ci. Entre et tu pourras expliquer ce qui se passe."
Remus se lança dans la préparation du café, à la main, sans le conjurer, parce qu'il préférait le goût du café ainsi. "Sirius est toujours endormi. Cet homme a un sommeil aussi lourd que la mort. Tu veux que j'aille le réveiller ?"
Harry secoua la tête. "Non, laisse-le dormir. Je suis désolé de vous déranger, Remus."
"Tu dis des bêtises. Nous sommes une famille. Café et sous-vêtements fournis à toute heure, gratuitement. Je vais te trouver quelque chose en vitesse, je reviens."
Harry s'assit à la table de la cuisine, à sa place habituelle et essaya d'empêcher son esprit de rejouer la scène de l'allée en boucle.
Remus revint avec une paire de boxers. "Tiens, Harry. Enfile ça et ensuite nous essayerons d'éclaircir tout cela autour d'un café." Remus lui sourit d'une manière rassurante et le poussa vers la salle de bains.
Harry se déshabilla et se nettoya avant de se rhabiller. Il réduisit d'un sort le caleçon souillé et le fourra dans la poche de son jean, avec la ferme intention de le brûler plus tard. Avant de sortir de la salle de bains, il se jeta un coup d'œil dans le miroir. Il avait des cernes énormes sous les yeux et ses cheveux étaient plaqués dans tous les sens par l'humidité. Il avait tout de la loque épuisée. Autrement dit, son apparence reflétait à peu près exactement la façon dont il se sentait. Il sortit sans se donner la peine de passer la main dans ses cheveux.
Quand il revint dans la cuisine, le café était prêt et il y avait une tasse l'attendant à sa place habituelle, le lait et le sucre déjà ajoutés. Il enroula ses mains autour de la tasse fumante et soupira tristement.
Remus prit une longue gorgée de son café et dit : «Alors, tu as un problème impliquant un flagrant besoin de caféine et de caleçon ?"
"C'est au sujet de Draco Malfoy. Ou peut-être de moi. Dans tous les cas, les sous-vêtements étaient plus un effet secondaire du problème."
"Hmmm. Je vois. Ou plutôt je ne vois pas. Tu pourrais être un peu plus spécifique ?"
"C'est totalement ma faute. Je l'ai blessé et je ne le voulais pas, Remus."
"Tu as blessé Malfoy ?" Son ton était calme mais Harry pouvait percevoir son inquiétude.
"Pas physiquement. J'ai juste ... je sais que Sirius ne l'aime pas, mais il n'est pas mauvais, à part son côté sombre et effrayant étrangement planqué et ses sarcasmes constants."
"Okay, il n'est pas une mauvaise personne, mais il est sarcastique et tu l'as blessé, mais pas physiquement. Je pense qu'il manque toujours quelques paragraphes dans l'explication, Harry. Si tu attaquais par le début ?"
"Je lui ai jeté un charme, un sortilège de Pistage. Mais les effets ont été intensifiés, parce qu'il est un Voyant, donc il a pu me sentir l'espionner toute la nuit et je pouvais sentir, eh bien, tout. Je pouvais sentir ce qu'il sentait, une part des choses qu'il ressentait plutôt, et tout s'enchevêtrait en moi. Et bon Dieu, cela l'énervait. Avec raison. Je veux dire, j'essayais juste de le garder en sécurité – quelqu'un essaye de le tuer après tout - mais je reconnais que cela peut sembler un peu envahissant étant donné ce qu'il faisait, tu vois. Et ensuite..."
La voix d'Harry s'estompa et il avala une gorgée de café.
"Harry," dit Remus, "qu'est-ce qui s'est passé ce matin ?"
"Il est si posé, tu vois ?" marmonna Harry dans sa tasse à café. " Même quand il est fou de rage, à en être effrayant, il est juste si gracieux. Il choisit ses mots si soigneusement, sans en avoir l'air. Et il est drôle. Extrêmement drôle. Il dira ce qu'il veut tant qu'il pense que c'est amusant, sans se soucier de savoir si c'est poli, ou si les gens ne vont pas être fâchés. On dit que les Gryffondors sont courageux, mais il est la personne la plus courageuse que j'ai jamais rencontrée. Chaque jour, il se réveille avec une cible accrochée dans le dos et il continue à se lever. Il s'est sacrifié pour sauver le Professeur Snape. Il continue à sacrifier sa vie, comme si elle ne valait rien. Il passe sept ASPIC et il continue d'insister pour que je le dise à Hermione parce qu'elle en a seulement fait six et qu'un de ceux qu'il prépare est l'Etude des Moldus. Il aime les Beatles et dit que "A Day in the Life" valait la peine de mourir et il se déteste pour ce qu'il a dû faire pendant la Guerre mais il n'en parle jamais. Il pense qu'il va mourir et il étudie toujours pour ses examens, tout le temps. Et il pense que je le déteste. Il a dit qu'il pense que son contact me répugne. "
"Tu es amoureux de lui," dit Remus tranquillement.
Harry leva des yeux humides vers Remus. "Tu crois ? C'est pour cela que je me sens ainsi quand je pense à ce que je lui ai fait ? Je n'avais pas l'intention de le blesser, vraiment. Je ne le blesserais jamais intentionnellement."
Remus se leva et attira Harry dans une étreinte affectueuse.
"Il pense que je ne le respecte pas, Remus. Comment pourrais-je ne pas le respecter ? Il est juste tellement ... tellement Draco. Je le respecte totalement. Comment est-ce qu'il peut penser ça ?"
"Peut-être que c'est juste qu'il s'attend à ça, chéri, qu'il s'attend à ce que tout le monde réagisse ainsi" dit Remus. "Et quand tu as agi ainsi, il a choisi la pire interprétation possible de tes actes."
Harry inclina la tête et les larmes glissèrent sur ses joues. Il les effaça furieusement du dos de la main. "Je regrette d'avoir appris ce foutu sortilège. Mais il s'est glissé du Manoir, n'a dit personne où il allait, est parti en boîte alors qu'il a presque été tué deux fois durant les trois dernières semaines et il a tous ces rêves bizarres avec une chaise tueuse - j'étais inquiet pour lui. Je n'aurais pas pu le suivre pour le garder en sûreté si je n'avais pas utilisé le charme. Je ne savais pas qu'il pourrait le sentir, ou que je pourrais le sentir. Bon Dieu, tout est si embrouillé maintenant, Remus. Après ce matin, je ne sais pas si je pourrai jamais le regarder en face de nouveau."
Remus tapota une dernière fois le dos d'Harry et s'assit de nouveau. "Harry, dis-moi ce qui est arrivé."
Avec hésitation, et avec un sentiment d'embarras croissant, Harry obéit. Au moment où il acheva son récit, son visage était totalement rouge et même Remus semblait avoir un peu rosi au niveau des oreilles. "Comment je peux réparer, Remus ?" demanda-t-il " Dis le moi s'il te plaît parce que je n'ai pas la moindre idée sur la façon d'aborder ce problème."
"Réparer pour en faire quoi ? Si tu pouvais avoir ce que tu voulais, que voudrais-tu ?"
"Bon Dieu, je ne sais pas. Je suppose que je veux qu'il me regarde encore comme il l'a fait hier matin, comme s'il était heureux de me voir descendre pour le petit-déjeuner. Je veux tirer un vrai sourire de lui. Je veux chasser ce regard hanté de ses yeux. Je veux le toucher. Je le veux. Je sais que c'est bizarre et mal et que tout le monde va être déçu, mais je veux juste ... je ne peux pas imaginer retourner à une vie où il n'y soit pas."
Remus haussa les épaules. "Et bien, il y aura certainement des gens qui préféreront que tu fréquentes une femme. Et il y aura des gens qui préféreront que tu fréquentes n'importe qui sauf Draco Malfoy. Et il y aura probablement quelques personnes qui préfèreront que Draco Malfoy ne te fréquente pas."
"Le Professeur Snape étant dans la troisième catégorie et Sirius étant dans la deuxième, avec le reste du monde choisissant plutôt l'option 1."
"Pas le monde entier, j'en suis sûr. Il y en a quelques-uns parmi nous qui n'ont pas l'intention de diriger ta vie amoureuse."
Harry lui adressa un sourire faiblard. "Je l'apprécie, Remus."
Le regard de Remus se déporta vers un autre point et Harry se tordit dans sa chaise pour trouver Sirius debout dans l'embrasure de cuisine, bâillant, enrobé dans un peignoir de bain en lambeaux.
"Harry, qu'est-ce que tu fais ici si tôt ? Tu as une sale tête. Qu'est-ce qui se passe ?"
"Longue nuit," soupira-t-il.
"Boulot d'Auror ?" Sirius traversa la cuisine et se versa une tasse de café.
"D'une certaine façon, mais c'est plus une chose personnelle, en fait. J'ai entendu dire que la confession était bonne pour l'âme, donc j'ai pensé que j'allais essayer."
Sirius rit tout en ajoutant du sucre à son café et prit place à la table à côté de Remus. "Si Remus et moi sommes tes confesseurs, je dirais que tu es dans les ennuis jusqu'au cou. Tu es tombé amoureux, n'est-ce pas ? "
Harry inclina la tête misérablement.
"Bien, qui est la dame ?"
"Un monsieur, en réalité."
Sirius joua des sourcils et jeta un bref coup d'œil à Remus, avant de revenir à Harry. "Vraiment ? C'est ... nouveau. Bien, qui ?"
Harry adressa un appel au secours silencieux à Remus, qui se porta à son aide obligeamment. "Sirius, je voudrais te rappeler que nous avons une règle en vigueur interdisant de crier dans la cuisine. Et qu'Harry est un adulte qui est parfaitement capable de prendre ses propres décisions et que nos postes de parrain et conjoint-du-parrain impliquent simplement de l'aimer et de le soutenir."
"Par les dieux, qui est-ce ? Le cadavre ressuscité de Voldemort ?"
"Draco Malfoy », dit Harry.
Sirius le regarda fixement pendant un long moment, bouche grande ouverte, puis éclata de rire. "Excellent, Harry. Tu m'as eu pendant une seconde. Quoique que ce n'est pas juste d'attaquer avant ma première tasse de café."
"Je ne plaisante pas."
Épouvanté pouvait être une manière de décrire l'expression qui commençait lentement à s'installer sur le visage de Sirius. "Remus, puis-je te voir dans la salle de séjour, s'il te plait ? " dit-il, dents serrées.
Remus tapota Harry sur l'épaule en passant et suivit Sirius. Harry pouvait entendre un échange de chuchotements furieux, mais ne pouvait en revanche discerner ce qu'ils se disaient. Pas qu'il ait été vraiment nécessaire d'entendre la conversation pour comprendre comment elle se déroulait. Sirius se préparait à appeler Sainte Mangouste et Remus essayait de l'en dissuader.
Après environ quinze minutes, pendant lesquelles Harry se servit une autre tasse de café et se demanda, d'une façon complètement obsessionnelle, ce que Draco faisait et s'il allait bien, Sirius et Remus réapparurent.
Ils reprirent leurs places à la table et Sirius but une longue gorgée de café froid. "Remus m'informe," dit-t-il, "que je peux aborder cette question avec toi tant que je n'élève pas la voix ni n'agis d'une façon qu'une personne raisonnable pourrait considérer comme offensante. La personne raisonnable étant, dans ce cas, Remus."
Harry essaya de réfréner son sourire amusé.
"Donc je voudrais ouvrir la discussion en exposant de la façon la plus gentille possible que soit tu as perdu la tête, soit tu es victime d'un sort de compulsion. Harry, tu as toujours détesté Malfoy, avec de bonnes raisons. La dernière fois que nous avons parlé de lui, tu as dit qu'il te mettait hors de toi. Et jusqu'il y a environ vingt minutes, j'avais l'impression nette que tu étais hétérosexuel. Que diable se passe-t-il ?"
Harry soupira et résista à la forte envie de poser sa tête sur la table de cuisine. "J'ai commencé à le connaître. Sirius, je ne peux pas l'expliquer. Je ne le comprends pas exactement moi-même. Je veux dire, je sais les choses que j'aime chez lui, mais je ne peux pas dire pourquoi je les ai soudainement vues, maintenant, ou ce qui me rend si attiré physiquement par lui."
"As-tu jamais été attiré par un autre homme auparavant ?" demanda Remus.
"Je ne le pensais pas, mais ces dernières semaines m'ont fait m'interroger. Il y avait quelques enthousiasmes d'enfant qui pourraient avoir été des béguins. Olivier Dubois, pour n'en citer qu'un."
Sirius sourit d'un air satisfait. "Et Ron."
La rougeur d'Harry revint en force. "Um, peut-être. Rétrospectivement et bon Dieu, il en ferait une tête s'il pouvait m'entendre le dire."
"Remus et moi avions un pari à votre sujet."
Remus s'étrangla. "Sirius! Ne le lui dis pas!"
"Pourquoi pas ? Nous sommes ouverts et honnêtes, là, non ?" Les yeux de Sirius scintillaient. "Remus me doit maintenant la faveur sexuelle de mon choix."
Ce fut le tour de Remus de rougir. "Comme si cela n'arrivait déjà pas assez souvent," murmura-t-il
Harry eut une quinte de toux embarrassée et Sirius lui tapota le dos à plusieurs reprises.
Il reprit, "Je ne me soucie pas vraiment du genre de la personne avec qui tu couches, Harry; c'est pareil que ce soit l'un ou l'autre, pour moi. Mais devais-tu vraiment choisir Draco Malfoy, de tous les choix possibles ? Il est un Serpentard, il est le fils de Lucius, son parent le plus proche est Severus Snape, il a de méchantes dispositions et la réputation de coucher à droite et à gauche. Il n'y a pas beaucoup de points positifs là-dedans."
"Il est incroyablement beau," fit remarquer Remus.
"Okay, je te l'accorde."
"Et riche," ajouta Remus. "Et intelligent."
"Très bien, mais il n'est toujours pas digne de confiance. Il est sournois et déviant et qui sait quel genre d'appétits il tient de ses années en tant que laquais de Voldemort. En plus de ses activités de Mangemort."
Harry eut soudainement l'impression qu'ils avaient oublié sa présence et ne débattaient plus qu'entre eux. Il renonça pour l'instant et appuya sa tête sur la table. Ses yeux se fermèrent tout seul.
" On pourrait argumenter que ces actes terribles qu'il a accompli l'ont été au nom du plus grand bien. Et ce n'est pas comme si toi, tu n'avais jamais rien fait dont tu aies eu honte plus tard."
"Ce n'est pas juste!"
"Je dis juste que faire des erreurs ne fait pas de quelqu'un une mauvaise personne. Tu ne le connais pas vraiment et moi non plus. Si Harry l'aime, il doit avoir certaines qualités."
" Harry pense avec sa queue" murmura Sirius.
"Ce n'est pas vrai!" Harry se redressa d'un coup. Sirius et Remus le regardèrent, surpris.
"Bon, peut-être un tout petit peu," ajouta Harry. "Mais pas seulement. Ecoutez, pourquoi est-ce si dur de croire qu'il y a plus en lui que sa réputation ne le laisse croire? Je ne comprends pas pourquoi personne ne lui laisse le bénéfice du doute. Malgré la façon dont il a été élevé, il a tout risqué pour notre camp pendant la Guerre et a failli en mourir. Il continue juste à payer et payer et tout le monde le déteste toujours mais il ne se plaint jamais. Et je vais vous dire autre chose: il n'a pas peur de moi. Je ne l'impressionne pas. Il lève les yeux au ciel et me dit que je suis un crétin complet la moitié du temps. Connaissez-vous beaucoup de personnes qui en font autant ?"
"Hermione," répondit Sirius.
"Sirius," dit Remus en même temps.
Harry acquiesça. "Sirius et Hermione. Et toi, Remus, d'une façon très polie et affectueuse. Et Severus Snape quand il est enclin à me parler. Voilà. Tous les autres me traitent comme si je savais mieux qu'eux ce qu'il fallait faire. Même Maugrey et Arthur ont tendance à me traiter avec déférence. Ma relation avec Hermione n'a pas marché et les trois autres sont hors de question pour des raisons évidentes."
"Et Seamus Finnigan ?" demanda Sirius.
Remus leva les yeux au ciel. "Seamus est hétéro, Sirius. Je continue à lui répéter mais il n'écoute jamais," dit-il à Harry.
Sirius secoua la tête. "Je ne peux juste pas y croire. Tu es sûr ?"
"Plutôt sûr," répondit Harry. "Quoique j'aurais dit la même chose de moi il y a trois semaines."
Sirius fit un geste victorieux de la main. "Et voilà! Peut-être que tu devrais expérimenter avec Seamus. C'est un Gryffondor sympa, vous iriez bien ensemble."
Harry frissonna rien qu'à l'idée. Seamus était tellement hyperactif qu'Harry avait l'habitude d'aller à la bibliothèque pour lire Quidditch Weekly rien que pour ne pas avoir à être dans la même pièce que lui. "Je ne cherche pas quelqu'un avec qui expérimenter, Sirius. Ce truc avec Draco est juste arrivé. Je ne me vois vraiment pas m'intéresser à quelqu'un d'autre, là."
"Ton père se retournerait dans sa tombe de te voir avec le fils de Lucius," murmura Sirius.
Harry gémit et reposa la tête sur la table. Sirius avait raison. Il connaissait certainement le père d'Harry mieux qu'Harry.
Pour la première fois de sa vie, Harry était écartelé entre les attentes que chacun plaçait en lui et ses propres désirs. Auparavant, son devoir était toujours passé avant tout le reste, y compris avant ses propres rêves. Il n'y avait jamais eu de conflit parce qu'il avait toujours agi selon ce qu'il pensait nécessaire et inévitable. Mais Draco le faisait se sentir ... désobéissant. Draco lui donnait envie de se battre contre l'inévitable et le désir d'avoir quelque chose en propre pour une fois et la désapprobation du monde semblait secondaire mis en balance avec les doigts de Draco sur sa peau. La désapprobation du monde n'était pas la même chose que la désapprobation de son père bien-aimé, cependant, et l'idée de décevoir James crispait l'estomac de Harry.
"Bravo, Padfoot," dit Remus, tout en ébouriffant les cheveux encore un peu humides d'Harry. "Va prendre ta douche, lourdaud. Je pense que tu as fait assez de dégâts pour ce matin."
Sirius toucha l'épaule d'Harry. "C'est juste que je ne veux pas que tu sois blessé," s'excusa-t-il.
Harry ne bougea ni n'ouvrit les yeux. "Peu importe ce que je vais faire, je vais finir blessé," dit-t-il.
Sirius soupira et battit en retraite. Remus caressa les cheveux d'Harry et dit, "Si James avait été déçu par toi parce que tu aimais quelqu'un, Harry, James aurait eu tort. Même s'il était toujours ici, tu ne pourrais pas vivre ta vie uniquement à tenter de lui plaire. Et tu ne devrais certainement pas passer ta vie à essayer de faire plaisir à un souvenir."
Harry ouvrit les yeux et regarda Remus. "J'ai toujours fait ce que les gens attendaient de moi. Ce qui était en jeu était toujours trop important et il ne me semblait pas avoir d'autres choix. Et maintenant la guerre est finie et je l'ai gagné, comme j'étais supposé le faire, mais la façon qu'ils ont d'espérer des choses de moi ne s'est pas arrêtée."
"Peut-être qu'il est temps que tu commences à faire ce qui te rend heureux, alors." Remus ébouriffa une dernière fois les cheveux d'Harry puis s'assit de nouveau.
"Je ne sais pas si j'ai jamais été vraiment heureux, Remus. Je ne suis pas sûr que je sache ce que c'est que l'être."
"Et bien maintenant pourrait être le bon moment pour le découvrir."
"Je ne sais même pas par où commencer," soupira Harry et il s'assit aussi, passant la main dans ses cheveux. "Bordel, je suis perdu! Est-ce que cela veut dire que je suis gay ?"
Remus rit. "Je crois que les hétéros peuvent aussi se sentir embrouillés et perdus, Harry." Celui-ci lui adressa un sourire fatigué et Remus haussa les épaules. "Bisexuel, peut-être. Plutôt hétéro, mais pas totalement ?"
"Hétéro mais pas insensible au charme Malfoy ? Bon Dieu, Ron aurait vraiment eu une crise cardiaque s'il avait vécu pour voir ça. Et ensuite, quand il serait sorti de l'hôpital, il nous aurait botté les fesses à Draco et moi."
Remus continua de boire son café par petites gorgées et ne dit rien.
"J'ai essayé de tout nier et de le me cacher à moi-même, mais je ne me suis jamais senti ainsi au sujet de quelqu'un, Remus. Je ne veux pas renoncer à ce sentiment juste parce que cela signifierait que je n'entre pas dans une catégorie bien définie désormais. Et je commence à penser que je ne me soucie pas de ce que les gens en disent, non plus."
"Et bien, ce n'est pas certainement ton genre de prendre tes jambes à ton cou devant quoi que ce soit, peu importe si c'est effrayant."
"Plutôt mon genre de me précipiter, oui, probablement," dit Harry, ironique et désabusé. "Et si j'ai finalement trouvé quelqu'un que je veux, quelqu'un qui ne pense pas à moi comme au Héros de guerre ou comme à une bonne opération de relations publiques ? Quelqu'un d'assez fort pour que je puisse m'appuyer sur lui. C'est une chose rare, quelque chose de précieux. Peut-être trop précieux pour être gaspillé juste parce que les gens désapprouvent."
Remus se leva pour se verser une autre tasse de café. "Si tu es heureux, ceux qui se soucient vraiment de toi l'accepteront finalement. Mais le reste d'entre eux pourrait te rendre les choses difficiles, au moins pendant quelque temps."
"J'ai l'habitude des choses difficiles."
"Je ne dis pas que tu n'es pas capable d'affronter cela, ou que cela devrait t'empêcher de suivre ton cœur. Je dis juste que toi et Malfoy ensemble, cela créera un scandale, probablement de dimensions épiques. Tu devras être préparé à y faire face." Remus ajouta du lait dans sa tasse et revint s'asseoir.
La tête d'Harry revint se poser sur la table, apparemment de sa propre volonté. "Je sais. Je ne suis même pas sûr que Draco veut être avec moi après ce matin, ou s'il voudrait quoi que ce soit plus qu'une nuit ensemble. Comme Sirius l'a dit, la monogamie n'est pas bien haut dans la liste de ses attributs."
"Je pense qu'en parler avec lui pourrait être la première étape, alors. Juste une chose, cependant Harry. J'ai confiance en toi pour t'occuper de toi, mais ce qui est arrivé ce matin me préoccupe. Indépendamment de ses profondeurs cachées, Malfoy a son côté sombre et je n'aime pas le fait qu'il ait été enclin à le lâcher sur toi."
"Il avait des circonstances atténuantes."
"Peut-être. Mais promets-moi de garder un œil sur lui à ce sujet, tout de même. "
"Draco et moi, nous pourrons toujours faire un pacte. ", dit Harry qui avait de nouveau fermé les yeux. " Je garderai un œil sur son côté sombre s'il garde un œil sur le mien. "
Canine Cottage
Le 31 juillet 1980
Cher James,
Félicitations à toi et Lily pour la naissance du petit Harry. Vous devez être débordant de bonheur. Remus dit qu'il envoie ses vœux les plus chers lui aussi et qu'il vous écrira plus tard quand je ne prendrai pas toute la place sur le bureau.
Quant à pourquoi tu veux de moi comme parrain d'Harry, j'avoue n'en avoir aucune idée. Tu es sûr que tu n'as pas voulu dire Remus ? Mais si c'est vraiment moi que tu veux, bien sûr, tu m'as. Le ciel ait pitié de nous tous. Par tradition, voici mes promesses - avec des modifications de Maraudeur, bien sûr :
Moi, Sirius Padfoot blah blah Black, Héritier d'un Grand Tas de Bêtises, te promet, James Prongs blah blah Potter, Héritier d'une Grande Baraque Magnifique et d'une Tonne de Cash et à ton fils, Harry James blah blah Potter, Héritier de l'Héritier d'une Grande Baraque Magnifique etc :
De le guider dans l'art de causer des méfaits sans être pris.
De l'abriter de toutes les ressources de ma Maison et de ma Personne, s'il devait être assez fou pour les vouloir.
De lui apprendre à conduire à une moto.
D'être son professeur en Métamorphose Spéciale, le moment venu.
De protéger sa vie de la mienne.
De l'adorer autant que j'adore son père ridicule et sa mère beaucoup plus raisonnable.
Puisse ta maisonnée devenir toujours plus forte dans les rires et l'amour, mais je ne me ferais pas saigner pour une tradition stupide. Signé avec de l'encre et de la sincérité,
Sirius Padfoot Black
*****************************Tissue of silver *****************
Remus le fit s'allonger un moment sur le canapé avant de le laisser transplaner au Manoir. "Tu es crevé et tu vas finir par te désartibuler si tu ne prends pas un peu de repos d'abord," dit-il.
Quand Harry se réveilla, Remus et Sirius était tous les deux partis, laissant sur la table basse une note qui disait, "Reste autant que tu voudras, ferme juste derrière toi en t'en allant. Il y a de quoi manger dans la cuisine si tu as faim – prends ce dont tu as envie. On t'aime, S et R." Harry sourit et mit la note dans sa poche. C'était gentil à eux d'essayer de s'occuper de lui, mais la simple pensée de la nourriture l'écœurait plutôt. Il ferma la porte d'entrée et transplana au Manoir Malfoy.
En s'avançant des portes du Domaine (correctement pourvues en personnel avec deux gardes apparemment sans envies létales) à la porte d'entrée, Harry essaya d'imaginer ce qu'il dirait à Draco quand il le verrait. Rien ne lui venait à l'esprit. "Désolé", semblait pathétique et inadéquat, mais il ne savait pas comment expliquer à Draco ses sentiments. Un net et précis "je pense que je suis amoureux de toi," semblerait sûrement arriver de façon impromptue et apparaîtrait peut-être même cruel étant donné les événements du matin. Il avait besoin de quelques heures supplémentaires de repos avant qu'il ne puisse affronter la situation. Dans le meilleur des mondes, Draco serait allé se coucher de lui-même et Harry pourrait se glisser dans sa propre chambre à coucher et récupérer avant d'avoir besoin de lui faire face.
Il entra et fit un signe de la main à Janice, mais ne s'arrêta pas pour bavarder. La porte du salon était ouverte et en passant, il put voir le dos de ce qui ne pouvait être que le Professeur Snape dans ses habituelles robes noires volumineuses, avec ses bras autour de Draco, dans une étreinte réconfortante. La joue de Draco reposait sur l'épaule de Snape et ses yeux étaient fermés. Harry n'avait jamais vu son visage aussi peu sur ses gardes, ni aussi indiciblement triste. Il se dépêcha de regagner sa chambre, heureux que Snape soit là pour s'occuper de Draco pendant quelque temps jusqu'à ce qu'ils puissent arranger tout ce bazar.
Une fois dans sa chambre, il redonna leur taille d'origine à ses affaires, prit un bain rapide mais très chaud, enfila un t-shirt et des pantalons de jogging et grimpa dans le lit. Il était inconscient avant que sa tête ne touche l'oreiller.
Quelque temps plus tard, il fut réveillé par des coups insistants à la porte de la chambre à coucher. Il chercha ses lunettes à tâtons puis s'assit et dit, "Entrez."
La porte s'ouvrit, révélant le Professeur Snape, aussi menaçant que le voulait ses habitudes. Il entra dans la pièce et ferma la porte derrière lui. Il ne semblait pas vraiment content et Harry se trouva soudain préoccupé par le fait que la chambre manquait singulièrement de possibilités de fuite.
"Est-ce que vous allez bien ?" demanda-t-il abruptement.
"Um, oui, je suppose. Un peu crevé, mais..."
Snape leva les yeux au ciel et recommença très lentement et soigneusement comme s'il parlait à un enfant ou à un idiot, d'une façon que Draco avait apparemment appris de lui. "Vous A-T-Il Fait Du Mal?"
"Non. Il ne m'a pas blessé, Professeur."
Snape parut soulagé. "Pardonnez la nature personnelle de la question, Potter, mais j'ai bien peur de devoir demander. Draco est convaincu que vous n'étiez pas du tout consentant, lors des événements de ce matin. Est-ce le cas?"
"Non." Harry secoua la tête. "Ce n'était pas ce que j'aurais choisi pour notre premier ... vous voyez, mais j'étais consentant. "
Snape fit une pause et l'observa pendant un instant, son expression se faisant de plus en plus sombre au fil des secondes. Quand il parla finalement, c'était calmement, de ce ton trompeusement posé qui était plus effrayant que ses cris et imprécations, de ce ton qui signifiait qu'il était profondément, profondément fâché. "Vos devoirs d'Auror ne sont pas assez stimulants pour vous, Potter ? Que la moitié du monde sorcier désire votre carcasse décharnée n'est donc pas assez pour vous, que vous jouiez avec l'affection de ceux dont vous êtes censé assurer la sécurité? J'ai appris à ne pas m'attendre à ce que vous fassiez preuve de bon sens, mais je me suis pourtant attendu à un certain niveau de professionnalisme, pour ne pas mentionner une simple politesse."
"Je ne fais pas - je n'ai pas fait- ce n'est pas comme ça!"
"Ce n'est pas comme ça ? Qu'est-ce alors, M. Potter ? Éclairez-moi, je vous en prie."
Harry passa ses mains dans ses cheveux. "Je tiens à lui, ça vous va ? Vraiment. Pas juste ... je n'ai jamais voulu le blesser; j'essayais juste de le garder en sécurité. Le charme, c'était une erreur, une erreur de calcul, mais je l'ai seulement fait parce que j'ai voulu m'assurer qu'il irait bien."
"Le charme," se moqua Snape. "M. Potter, je suis sûr que cela a échappé à votre attention, comme tant de choses, mais Draco a une raison bien particulière de tenir à sa vie privée. Voldemort avait l'habitude d'espionner ses disciples en utilisant la Marque et il avait une affection toute particulière pour observer les gens dans la plupart de leurs moments intimes. J'imagine que votre plaisanterie d'écolier de ce matin a ramené quelques souvenirs désagréables à Draco. Ce qui ne veut pas dire qu'envahir la vie privée de quiconque d'une façon aussi flagrante et inutile serait acceptable, quelles que soient les circonstances."
Harry pâlit et ne dit rien. Cette pensée, être semblable à Voldemort, rappeler à Draco sa vie alors, le fit se sentir vraiment malade.
"Pourquoi n'avez vous pas mis fin au charme quand vous avez réalisé ses effets ? Pourquoi ne l'avez-vous pas empêché de quitter le Manoir, en premier lieu ? Vous êtes supposé assurer sa sécurité; lui permettre d'errer partout dans Manchester, levant des jeunes hommes et reniflant de la cocaïne ne me semble pas entrer dans le domaine des actes prudents, même pour vos normes suicidaires."
"Je ne sais pas! Je ne sais pas pourquoi je n'ai pas stoppé le charme. J'étais distrait, épuisé, paniqué, furieux contre lui d'être si insouciant. J'aurais dû essayer de trouver une autre façon de le suivre à la trace, je suppose, un charme plus faible, mais cela ne m'est pas venu à l'esprit à ce moment-là. Je ne l'ai pas arrêté d'abord parce que je n'étais pas sûr de l'endroit où il se rendait ou de ce qu'il faisait et après cela, les choses ont suivi leur cours, d'elles-mêmes"
Snape fronça les sourcils et avança vers Harry, jusqu'au pied du lit, le dominant largement de sa haute taille. Sa voix se fit un grondement, basse, menaçante, veloutée, à la fois superbe et terrifiante. "Écoutez-moi soigneusement, Potter et essayez d'absorber ce que je vais dire dans votre crâne épais de Gryffondor. Le temps de Draco est presque écoulé. Il dit que quelque chose va se passer et ses prémonitions ne se sont jamais avérées fausses. Il a passé les huit dernières heures plus malheureux que je ne l'ai jamais vu et vous allez arranger cela ou vous ferez face à ma colère. Il n'y a rien que je ne ferais pour le protéger, ou pour le venger. Et si ses derniers jours sur la terre sont passés dans la confusion et la douleur, vous regrettez que Voldemort ne vous ait pas tué la première fois. Et ce n'est pas une menace, M. Potter. C'est une promesse."
Et sur ces mots, il pivota dans un mouvement de robes noires et sortit comme un ouragan de la chambre à coucher, fermant la porte derrière lui avec un clic calme qui se répercuta dans toute la pièce. Harry tremblait au-dessous des lourdes couvertures et se demanda si savoir composer un discours sur "les grandes et terribles vengeances" était un pré-requis pour devenir Mangemort ou si c'était juste un truc de Snape-Malefoy. Il repoussa les couvertures et se changea. Si le temps s'échappait aussi vite que Snape l'avait dit, cela semblait prudent d'avoir cette discussion avec Draco le plus tôt possible.
Rockcliffe Cottage
County Donegal, Irelande
1 Avril 1980
Mon cher,
Félicitations pour la naissance de votre fils et héritier. Transmettez, s'il vous plaît, toute mon affection à Narcissa et à l'enfant. Je suis impatient de vous revoir tous dans quelques semaines. Ainsi, votre empire débute comme vous l'aviez planifié, par un commencement propice.
Ce serait un honneur de servir de parrain au petit Draco. Je suis sincèrement touché par votre confiance et votre affection. (Vous savez ce que je pense du nom, mais il n'y a rien à faire à ce sujet.) Et maintenant, passons aux promesses traditionnelles.
Moi, Severus Semotus Caligo Harrison Snape, Héritier de la Maison Snape, vous promet, Lucius Pertinax Anguis Harrison Malfoy, Chef de la Maison Malfoy, à vous et à votre fils, Draco Lucius Severus Fornet Malfoy, Héritier de la Maison Malfoy :
De le guider au mieux de mes capacités.
De l'abriter de toutes les ressources de ma Maison et de ma Personne.
De lui accorder la liberté de faire ses propres erreurs.
De lui enseigner la beauté de la connaissance.
De tenir sa vie comme plus précieuse que la mienne.
De L'aimer comme s'il était mon propre fils, car il est l'enfant de mon cœur.
Puisse votre maisonnée s'élever dans le pouvoir et l'amour. Je signe ceci avec le sang qui nous lie.
Severus Semotus Caligo Harrison Snape
.
.
Vêtu de jeans Moldu et d'un t-shirt, Harry descendit, n'ayant pas une idée plus claire de la manière de s'expliquer qu'il n'en avait eu en arrivant au matin. Il espérait que quelque chose lui viendrait, mais il ne voulait pas attendre plus longtemps. Il fit une pause dans l'embrasure du salon et vit Draco, assis sur le canapé, regardant fixement la Chaise Malveillante et grignotant un petit four issu d'une assiette en contenant une douzaine. Il s'était changé et portait un pantalon noir et un pull crème, et ses cheveux étaient aussi impeccablement ordonnés que d'habitude.
Harry entra et s'éclaircit la gorge pour annoncer sa présence. Draco se tourna pour le regarder et Harry lui adressa un sourire faible. La tension dans la pièce était palpable et Harry regrettait vraiment de n'avoir pris le temps de trouver ce qu'il allait dire.
"Je suis heureux de voir que tu manges," commença-t-il finalement, se giflant aussitôt mentalement pour être un tel crétin.
Mais Draco haussa les épaules. "C'était un de mes plats favoris, enfant. Le cuisinier avait l'habitude d'en faire spécialement pour moi parfois, mais les elfes de maison n'arrivent jamais à obtenir la bonne texture. Sev me les a apportés de la boulangerie de Pré-Au-Lard."
Bien, au moins ils étaient raisonnablement civils l'un avec l'autre. Même s'ils se limitaient aux pâtisseries comme seul sujet de conversation. "Est-ce que tu serais d'accord si j'approchais et m'asseyais ?"
"Je t'en prie. Prends un gâteau, si ça te dit." Il avala le reste du gâteau d'un geste qui se voulait négligemment détaché, mais Harry remarqua que sa main tremblait légèrement. Draco posa l'assiette sur la table basse et Harry ferma les portes de salon.
Il s'assit sur le canapé. Il ne voulait pas vraiment de gâteau, mais accepter l'hospitalité de Draco semblait la chose à faire, donc il en choisit un et en prit une bouchée. Sa bouche était sèche et il pouvait à peine sentir le goût de sucre.
Harry avait été dans des situations inconfortables auparavant. Il avait dû dire à Arthur Weasley que Ron était mort. Il avait été cerné par des ennemis dans des situations où s'en sortir semblait impossible. Mais jamais dans sa vie il n'avait été assis dans un silence tel que celui-ci, qui semblait alourdir l'air. Il se retourna le cerveau pour essayer d'en sortir quelque chose, mais rien ne semblait convenir. S'ils restaient assis là sans parler plus longtemps, Harry était sûr qu'il suffoquerait. Il saisit son courage Gryffondor à deux mains et plongea, sans même savoir quels mots allaient sortir de sa bouche.
"Draco. Je voulais juste te faire des excuses. Pour ce matin. Je n'aurais pas dû, tu sais. J'ai envahi ta vie privée et c'était mal. Je n'ai pas eu l'intention de te blesser et je suis désolé." Harry tressaillit. Le mot crétin lui vint à l'esprit. Mais c'était toujours mieux que de rester là à suffoquer.
Draco le regarda, son expression pleine de surprise et aussi un peu suspicieuse. "J'étais juste en train de me demander comment formuler mes excuses, puisque il est généralement envisagé que l'assaillant fasse des excuses à sa victime, pas l'inverse. Sev t'a parlé avant de partir, alors ? T'a abreuvé de je ne sais quelles conneries sur le fait que c'étaient mes derniers jours sur terre et que tu devais être agréable avec à moi, peu importe la façon affreuse dont je t'ai traité ?"
"Non! Je veux dire, oui, Snape est venu et m'a parlé, mais il n'a pas fait ..., il a vérifié surtout que j'allais bien, ce qui est le cas. Je vais bien. Tu n'étais pas épouvantable. Effrayant, peut-être. De temps en temps. Mais non. Ce n'était pas…. Bordel!" Il respira à fond et essaya de nouveau. "Draco. Je te présente mes excuses parce que je t'ai blessé, pas parce que Snape m'y aurait forcé. Personne ne me force à quoi que ce soit, tu comprends ? Pas Snape et pas toi ce matin."
"Vraiment ? Parce que quand tu m'as demandé d'arrêter de te toucher, c'était juste pour t'amuser ?" Cela semblait impossible qu'une voix puisse contenir autant d'amertume et de dégoût de soi-même.
"C'était la confusion et le choc de te voir agir ainsi. Mais, Draco, ma baguette était dans ma main tout le temps et je pèse plusieurs kilos de muscles que toi. Penses-tu vraiment que je n'aurais pas pu t'arrêter si j'avais voulu? Accepteras-tu mes excuses ?"
Draco secoua la tête. "Tu ne devrais pas me faire des excuses. Je devrais supplier pour ton pardon et tu devrais me dire d'aller au diable."
"Puis-je te dire que tu es pardonné, à la place ?"
Le masque calme de Draco se fissurait en une myriade de fragments, et tous se détestaient. "Ce n'est pas juste que j'ai agi sans me retenir. C'est que j'ai aimé ça. Le comprends-tu, Harry ? Dois-je te l'expliquer clairement?" Sa voix diminua jusqu'à n'être qu'un chuchotement et elle glissa sur Harry, comme du verre brisé enroulé dans du velours, lisse et aiguisé et impitoyable. "Observer de la crainte dans tes yeux et savoir que j'en étais la cause m'a fait bander. J'ai aimé te toucher contre ta volonté, sentir tes hanches bouger sous moi et la façon dont tu frémissais sous ma main. J'ai aimé tirer de toi des réponses que tu ne voulais pas me donner. Quand je t'ai fait jouir dans cette allée, debout, contre un mur crasseux, je me suis senti plus vivant et plus puissant que lorsque j'ai baisé quelqu'un de complètement consentant, juste quelques minutes plus tôt. C'est ce que je suis, Harry. J'ai pris ton amitié, et voilà ce que j'en ai fait. Peux-tu me regarder dans les yeux, maintenant, et me dire que tu me pardonnes toujours? "
Harry frissonna, mais ce n'était pas de dégoût. "Draco. Je-" Sa gorge était desséchée et il dut déglutir avant d'essayer de nouveau. "Ce n'est pas que je ne voie pas l'obscurité en toi. Je le fais, mais je vois aussi que la plupart du temps, tu la contrôles impitoyablement. Et je vois l'obscurité en moi aussi. Je suis resté debout dans cette rue et me suis immiscé dans la vie sexuelle de quelqu'un d'autre, ta vie sexuelle, sans même avoir l'idée de mettre un terme au charme. Comment pourrais-je avoir le droit de te juger ? Et si c'est malsain que tu aies joui de ton pouvoir sur moi, n'est-ce pas tout aussi malsain pour moi d'avoir joui de me sentir aussi impuissant ? Ne vois-tu pas l'effet de ta voix sur moi? Je peux à peine penser à ce qui est arrivé sans me sentir dur et t'entendre en parler - c'est juste..." Harry prit la main de Draco et l'appuya contre son érection. "Tu veux la preuve que tu ne m'as pas forcé ce matin ? Voilà."
Draco retira brusquement sa main, comme s'il avait été brûlé. "Harry, ne fais pas cela. Ne joues pas avec moi comme cela."
"Je ne joue pas. Jamais je ne jouerai." Il prit la main de Draco de nouveau. "Laisses-moi juste tenir ta main. Laisses-moi te toucher."
Draco ne dit rien mais ne retira pas sa main. Harry enlaça leurs doigts. "Je trouve cela agréable. Tes doigts et les miens, peau contre peau, cela me fait sentir comme si quelque chose qui n'avait été qu'à demi fini était complet, finalement. Je ne déteste pas ton contact, Draco." Il souleva leurs mains et fit glisser le dos de la main de Draco le long de sa propre pommette.
"Oh," souffla Draco.
"Je te respecte. Beaucoup. S'il t'a semblé que j'avais eu honte de toi, ou que je ne voulais pas admettre ce que je ressentais, c'était seulement à cause de moi, parce que je ne savais plus qui j'étais ou ce que je voulais, pas à cause de toi. Jamais parce que j'aurais pensé que tu étais autre chose qu'extraordinaire. Et je suis tellement désolé de t'avoir donné l'impression qu'il en était autrement."
"Et qu'est arrivé à celui qui était le play-boy hétéro de Witch Weekly?" Si la phrase suintait du sarcasme breveté Malfoy, la voix manquait de son assurance acérée habituelle et sa main tremblait sous Harry.
"Tu es arrivé, je suppose. Écoute, je ne sais pas quelle étiquette m'assigner. Mais je sais vraiment ce que je veux. Et c'est toi. Je veux te retirer tous tes vêtements et toucher chaque centimètre de ton corps. Je veux te faire jouir aussi durement que cela m'est arrivé ce matin dans l'allée, mais je veux le faire dans un lit et je veux voir un vrai sourire sur ton visage quand tu t'endormiras après. Je veux te prouver, encore et encore, que j'ai pour toi la plus haute estime."
Draco retira brusquement sa main de nouveau. "Ne fais pas cela, Harry. Non. Je suis sur le point de mourir et tu me le dis maintenant ? Comment est-ce que je pourrais faire ça maintenant ? Je ne peux pas m'engager avec quelqu'un, pourquoi voudrais-tu t'engager dans quelque chose avec moi ? Même si je n'étais pas sur le point de rencontrer une fin violente. C'est Juste Impossible."
"Je fais des trucs impossibles tout le temps, on ne t'a pas mis au courant ? Draco. Dois-je te l'expliquer clairement? Je te veux parce que tu es brillant et sarcastique et plus courageux que probablement n'importe qui d'autre que j'ai jamais rencontré. Tu as les orteils les plus sexy existants et tu les agites quand tu lis. A l'intérieur, tu es noble, et bon, et plein d'abnégation mais tu aimes feindre l'inverse. Tu peux lire trois livres par jour et tu n'as jamais regardé la télé mais tu veux le faire. Tu n'es intimidé par personne, y compris pas par moi. Tu me rappelles que je suis seulement un être humain avec beaucoup de pouvoir et que je dois être prudent avec cela. Tu me donnes l'espoir parce que si tu peux regarder tes ténèbres et les surmonter, j'estime que peut-être je peux regarder les miennes, aussi. Tu me fais rire. Je suis à peu près sûr que je suis en train de tomber amoureux de toi."
"Oh, Harry." Draco leva les yeux pour croiser le regard d'Harry et ils brillaient, mais aucune larme ne coulait. "Ne fais pas ça. Pas ça. C'est cruel, me donner juste ce que j'ai toujours voulu, alors que je n'ai plus le temps d'en profiter."
"Je t'ai déjà dit que je n'allais pas permettre que tu meurs. "
"Et je t'ai dit que tu ne pourrais rien faire sur le sujet."
"Pouvons-nous retourner à la partie où tu dis que je suis juste ce que tu as toujours voulu?"
Draco rit, mais sa voix rayonnait dans la tristesse. "Harry Potter. Tu es complètement cinglé et tu es ce que j'ai toujours voulu."
"Oh." Harry resta assis là, se sentant plutôt abasourdi. Ils semblaient être parvenus à une sorte d'accord, après un détour par la Ruelle "Je me déteste" et un passage sur l'Autoroute "Je vais probablement mourir". Mais Draco voulait vraiment de lui et lui-même avait admis qu'il voulait Draco et maintenant il n'était plus du tout sûr exactement de ce qu'ils étaient supposés faire. Il avait espéré qu'un baiser pourrait figurer au programme. Au moins.
"Un jour ou l'autre," dit-il, "je vais te faire la leçon sur le fait de filer entre les doigts des gens censés te protéger pour partir avec des hommes étranges essayer leurs drogues inconnues, mais je la garde pour plus tard."
"J'ai déjà écouté la version de Sev ce matin, pendant une bonne heure." Draco agita une main indolemment, mais Harry pouvait voir qu'elle tremblait toujours.
"Oh, bien. Il l'a probablement fait mieux que je ne pourrais de toute façon."
"C'était impressionnant. Une performance de virtuose dans la diatribe."
"Il tient beaucoup à toi."
Draco inclina la tête et sourit un peu timidement. "Je sais. Je suis très chanceux."
"Je tiens beaucoup à toi, moi aussi."
"Vraiment ?"
"Oui. En fait, je pense que c'est le moment où je suis supposé te montrer à quel point," Harry se rapprocha de lui sur le canapé et Draco trembla de nouveau.
Il remonta sa manche, mettant son bras à nu. "J'ai la chair de poule," dit-il d'un ton craintif. "Quelque chose arrive, Harry. Je le sens."
"Peut-être que c'est juste cela." Harry se pencha et l'embrassa. C'était doux et tendre et cela envoyait des étincelles le long de tous ses nerfs. C'était semblable à un feu en hiver, ou à de l'ombre en été, ou les deux en même temps, tout le long du corps d'Harry. Draco l'attira plus près et approfondit le baiser et Harry laissa ses doigts se glisser sous la bordure du pull de Draco pour jouer le long de son dos. Partout où leurs corps se touchaient, c'était comme rentrer enfin dans son foyer. Le temps sembla s'étirer.
Puis tout explosa.
Les portes du salon s'ouvrirent à la volée, avec un bruit énorme et un flash de feu vert. Harry et Draco s'écartèrent brusquement et se jetèrent sur leurs baguettes. Janice fut projetée violemment dans la pièce, atterrissant sur le dos, ses yeux vides regardant fixement le plafond du Manoir. Un lourd brouillard roula dans la pièce du vestibule, se déversant autour d'eux et suintant au-delà d'Harry qui se tenait debout, avec sa baguette pointée vers les portes.
" Occupe-toi de Janice, je te couvre," dit-il, quoiqu'il fut à peu près certain, vu son aspect, qu'elle était morte.
Draco posa sa main sur sa gorge et secoua la tête. "Elle est morte." Il lui ferma les yeux doucement. "Je suis désolé."
"Merde," chuchota Harry. "Nous devons sortir d'ici. On va passer par le jardin, prendre la sortie que tu as utilisée la nuit dernière et transplaner de là."
Mais avant qu'ils puissent même bouger, ils entendirent la voix d'une femme derrière eux, criant, "Haec expelliarmus!" Leurs baguettes magiques s'envolèrent de leurs mains à travers la pièce. Harry se tourna pour trouver Catherine Tayce debout devant la Chaise Maléfique avec sa baguette pointée vers eux.
"Le brouillard," murmura Draco, d'un ton effrayé. "Harry, la vision était au sujet du brouillard, pas de la chaise." Il éleva la voix pour que Catherine l'entende à travers la pièce. "Vous êtes une Inanimagus."
Elle inclina la tête, mais son visage n'avait rien de triomphant, n'exprimant que la tension. "En effet. Je suis aussi la cousine Katie de Gregory. Quoiqu'elle ait fait de son mieux pour l'oublier, ma mère est née Goyle. Ce qui fait aussi de moi votre cousine éloignée. Et votre bourreau."
Quelque chose d'inévitable venait de se mettre en place. Harry n'était aucunement voyant, mais il pouvait le sentir – quelque chose de froid, implacable, étouffant. Draco allait mourir, à moins qu'Harry ne trouve une façon d'accomplir l'impossible. "Catherine, vous ne voulez pas faire cela-" commença Harry, mais elle le coupa.
"Vous avez raison, Harry, je constate que je ne le veux pas vraiment. Tout ceci a fini par être beaucoup plus compliqué que je ne l'avais imaginé. Et si j'étais intelligente, je vous aurais tués tous les deux avant même que vous n'ayez pu vous retourner mais je ne veux pas être responsable de l'assassinat du Héros des Guerres contre Voldemort en plus de la pauvre Janice. S'il vous plaît, Harry, allez-vous en. Je ne peux pas vous laisser récupérer votre baguette, mais elle sera toujours ici demain quand vous viendrez chercher le corps de Malfoy."
" Je ne vais nulle part, Catherine. Vous savez que je ne peux pas." Il ne tremblerait pas devant elle, il le refusait. Il ne pensait pas assez vite, il le savait. Il aurait voulu se secouer mais son cerveau stupide ne semblait capable que de bafouiller de terreur alors qu'une autre personne qu'il aimait était sur le point de mourir. La panique n'était absolument pas propice à la réflexion. Il essaya de se forcer à se calmer, à considérer la situation logiquement.
Draco s'éloigna d'un pas d'Harry et Catherine déplaça sa baguette magique pour le couvrir. "Ne bougez pas," dit-elle.
Il leva les mains dans un geste universel de reddition. "Ça va. Je ne bouge pas. Mais dites-moi au moins pourquoi vous le faites. À cause du témoignage ?"
Elle secoua la tête. "Pas pour ça. Les dégâts que vous avez faits ont été finis longtemps avant que Greg n'ait été capturé. Remontez votre manche gauche."
"Quoi?"
La baguette bougea légèrement pour se pointer directement vers le cœur de Malfoy. "Remontez votre manche gauche."
Draco repoussa sa manche jusqu'à exposer le nœud de cicatrices qui restait de sa Marque.
"Vous portez ceci et vous avez le culot de demander pourquoi je dois vous tuer." Sa voix tremblait de dédain. "Sans vous, Greg ne l'aurait jamais porté. Les choses qu'il a faites, il les a faites à cause de vous. Les innocents qu'il a tués, il les a tués à cause de vous. Il a été puni, mais pas vous. Vous avez gardé votre vie et votre fortune, mais Greg est parti pour toujours."
À l'écart de leur conversation, Harry promenait ses yeux partout, cherchant leur baguette. S'il pouvait, d'une façon ou d'une autre, réarmer au moins l'un d'entre eux, ils pourraient avoir une chance. Draco leur achetait du temps, maintenant si Harry pouvait seulement trouver une façon de le mettre à profit.
"Docteur Tayce, sauf votre respect," dit Draco calmement, "le père de Greg et toute sa famille étaient des Mangemorts. Je ne l'ai pas recruté, pas plus qu'il ne m'a recruté."
"Il n'a pas suivi son père, Draco - il ne pouvait pas le supporter. Il vous a suivi. Il vous adorait. Vous étiez tout ce dont il parlait quand il venait nous rendre visite en été. Si vous vous étiez rebellé ouvertement contre votre famille, si vous lui aviez même dit que vous espionniez pour l'Ordre, la vie de Greg aurait été complètement différente. Il était un bon garçon. Il avait juste eu besoin d'être guidé. J'ai essayé de le faire, mon père a essayé de le faire, mais il ne nous écoutait pas. C'était vous qui aviez sa fidélité, jusqu'en Enfer et au-delà."
Draco inclina la tête tristement. "Vous avez raison. Je ne sais pas ce que j'aurais pu faire, mais vous avez raison, bien sûr."
Ah, pensa Harry, triomphant, là, sa baguette, derrière le pied droit de devant du secrétaire. Il se sentait à peu près sûr de pouvoir attirer celle-ci d'un Accio mental, mais l'avoir en main avant que Catherine ne jette un Avada était une autre question. Ils avaient besoin d'une distraction, quelque chose de plus que l'actuelle conversation, aussi amère soit-elle.
Catherine passa une main tremblante dans ses longs cheveux blonds. "Vous êtes un séducteur. Je peux voir pourquoi Greg a été si fasciné par vous. Je me suis même demandé de temps en temps ce que cela ferait d'être la maîtresse de maison de cette énorme demeure, de revendiquer une part de vous pour moi. Vous êtes d'une intelligence acérée, mais vous respirez aussi quelque chose d'une radiance ternie. Vous semblez la victime de circonstances tragiques, vous semblez l'héritier abusé mais digne d'un héritage terrible. Peut-être que c'est même sincère, je ne sais pas. Cela n'a pas d'importance."
Elle inclina la tête, comme si elle écoutait quelque chose. "Vous ne pouvez pas l'entendre, lui, n'est-ce pas ? Je ne pense pas que quelqu'un puisse l'entendre, à part moi. Il chuchote tout le temps, depuis son exécution. Je ne peux pas le laisser comme ça. Il était fâché contre moi quand le poison n'a pas marché. Il ne pourra pas se reposer avant que vous soyez morts."
"L'empoisonnement, c'était vous ?" demanda Harry, étonné. Bien qu'il ait cherché à le vérifier, il était persuadé que cela avait été le fait d'Higgs.
"Le brouillard peut se glisser partout, aussi discret qu'un chat," dit-elle avec un sourire crispé. "Les elfes de maison ouvrent les barrières pour amener leurs repas aux gardes. Je me suis glissée dans la cuisine pendant le petit-déjeuner et ai empoisonné le thé. Vous avez de la chance de boire du café, Harry. Je suppose que tout le reste, c'était Higgs. Qui sait ? La chasse au Draco Malfoy est un passe-temps populaire. J'aurais probablement du être patiente et laisser quelqu'un d'autre s'en occuper, mais Greg n'a pas voulu. Il voulait que ce soit moi. Une fois que j'ai forcé les barrières, entrer aujourd'hui était un jeu d'enfant." Elle secoua la tête, comme pour s'éclaircir les idées. "Le temps est compté. Il le dit. Harry, je vais vous le demander encore une fois . Allez-vous en. Blâmez Higgs pour cela, blâmez Janice. Blâmez-moi si vous le voulez, et passez le reste de vos jours à me traquer. Mais je n'aurais pas tué Janice si j'avais eu le choix, et je ne veux pas vous tuer. Faites-nous une faveur à tous les deux et allez-vous-en. "
Harry aurait crié de frustration. Il voyait que Catherine était à court de patience; il pouvait sentir le Destin respirant dans son cou et cette fois, il n'était pas prêt. Il n'avait pas de carte cachée dans sa manche. Il ne pensait pas qu'il aurait le temps d'attraper sa baguette avant que Catherine le tue, lui ou Draco. Il pouvait accepter de partir, espérer avoir le temps de la prendre par surprise d'un autre côté. Mais il était certain qu'aussitôt qu'il franchirait le seuil du salon, elle tuerait Draco et cela serait fini. Il hésita.
"Je vais le prendre comme non," dit-elle. "Avada Kedavra!"
L'adrénaline inonda le corps d'Harry et le temps ralentit. Avant le sort ait fini de franchir les lèvres de Tayce, Harry jetta un Accio et sa baguette vola dans sa main. Au même moment, Draco poussa Harry à l'écart et reçut le sort mortel de plein fouet, au milieu de la poitrine. Il s'effondra.
Une partie de l'esprit d'Harry commença à hurler, mais il l'ignora et jeta un Stupéfix à Tayce. Elle fondit soudainement en une brume indistincte et le sort lui passa à travers.
Comme le brouillard coagulait de nouveau en Catherine Tayce, Harry fut rempli d'une rage noire, aussi terrible que celle qu'il avait ressentie contre Voldemort. Il leva de nouveau sa baguette et, avec chaque cellule dans son corps, la maudit. "Exanimus!"
Tayce se dissolue de nouveau, mais le sort se coula dans le brouillard et commença à briller avec une lumière bleue à faire frémir, glaciale. Cela devint de plus en plus brillant, jusqu'à ce qu'un rayon en sorte d'un coup et frappe Harry sur le front, directement sur la cicatrice.
Il se sentit empli de chaleur et il pouvait percevoir la magie supplémentaire commençant à tourbillonner à l'intérieur de lui. Cette partie indéfinissable, magique de lui devint plus serrée et plus complète, s'étirant inconfortablement, se mélangeant avec son chagrin et une frustration horrible, pour ensuite s'étendre de telle façon qu'il n'était pas sûr de pouvoir la contenir. Il se sentait endommagé d'une façon indescriptible, comme une douleur à l'âme plutôt qu'au corps, ou un mal présent dans l'air autour de lui. La luminosité augmenta encore, jusqu'à en être insupportable, puis disparut. Le corps sans vie de Tayce était étendu sur le plancher et les mains d'Harry débordaient de lumière bleue.
Il tomba à genoux et plaça ses mains sur le cœur de Draco. Harry tenta de pousser le charme en place avec chaque once de son désespoir, de son amour et de sa terreur –souhaita que le passé soit défait, que Draco soit entier, que l'étoffe de sa vie soit reconstituée et réparée. Tu dois revenir, pensa-t-il. Tu ne peux pas me laisser ici. Il sentait le pouvoir grandir en lui jusqu'à être chauffé à blanc et il relâcha le charme. "Perfundere!"
La lumière commença à couler dans Draco et son corps entier se mit à luire. L'ampleur supplémentaire, la douleur d'être trop étroit, s'écoulèrent d'Harry dans Draco. La luminosité augmenta jusqu'à ce qu'Harry doive fermer les yeux puis s'évanouit.
Après un moment, le corps de Draco s'arqua et il prit un souffle haletant, étranglé. Son cœur vacilla, revenant à la vie sous les mains d'Harry et celui-ci rit de soulagement.
Les yeux de Draco s'ouvrirent. "Exanimus ?"
Harry inclina la tête.
"Bordel." dit distinctement Draco, puis il s'évanouit.
.
