Oha-yoooo !ヽ(・∀・)ノ

Merci pour les reviews et autres attentions à l'égard de cette histoire~ Je suis vraiment super contente qu'elle vous plaît~ o((*^▽^*))o J'ai eu un énoooorme problème de scénario en milieux de chapitre. Je devais faire intervenir Viktor, puis je me suis rappelée que j'écrivais sur le post-saison 2 et donc, qu'il était mort ! Grosse panique ! Mais heureusement j'ai eu de bon conseil et j'ai trouvé comment me débrouiller ! σ(≧ε≦o) Aussi j'ai rajouté un moment random parce que je devais rallonger un peu le chapitre, sinon il aurait été aussi court que le précédent et je pouvais pas vous faire ça ( ; _;)

Pour mon école ça c'est arrangé, j'ai envoyé la lettre et justificatif ! Plus qu'à attendre le remboursement. Aussi j'attends des crayons commandés depuis le début du mois dernier, et... Sur le site je suis normalement livrée mais j'ai toujours rien (≧▽≦) Heureusement on peu le signaler donc je l'ai fait et envoyé un mail au gars, histoire de faire bien ma chieuse ! (*≧ω≦*) Je vous tiens au courant de ça ! (de toute façon presque personne ne lit les pavés de commentaire d'auteur (≧▽≦) alors je peux dire n'importe quoi ! )

Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture et un bon grignotage~ ⌒°(❛ᴗ❛)°⌒

(Correction faite!)


Théo s'éveilla lentement dans cette pièce qu'il n'aurait jamais cru revoir un jour. Sa première vue redevenait la même qu'il a eu tous les matins, de ses huit ans jusqu'à ce qu'il prenne les routes du cratère. Il poussa un profond soupir, n'appréciant que peu cette sensation d'être revenu en arrière. Un poids sur sa poitrine et ses jambes capta alors son attention, faisant baisser ses yeux pour tomber sur une tête brune. Un léger sourire naquit sur ses lèvres en sentant parfaitement chaque courbe mises à nues contre sa peau.

Un bâillement décrocha sa mâchoire et sortit le mage des songes. Ce dernier se resserra un peu contre la musculature ferme sur laquelle il était alangui, inspira profondément, et sourit. Ils émergèrent doucement, sortant du brouillard matinal en s'apportant quelques tendres caresses avant de bondir en entendant le clairon. L'instrument hurlait ses notes claquantes sur un rythme militaire en raisonnant dans toute l'église. Théo grogna profondément, agacé et peu ravi de retrouver cette ancienne façon d'être réveillé. Balthazar explosa de rire, comprenant pourquoi être de mauvaise humeur le matin était une habitude chez son amant.

- Putain, ça casse les oreilles, fit-il en pouffant encore un peu, la musique s'arrêtant enfin.

- Ah merde, j'ai dormi ici... Faut que je parte.

Le soldat se leva, repoussant son compagnon qui glissa contre lui pour atterrir mollement face contre le matelas. L'érudit grogna dans les draps, n'ayant aucune motivation pour aller s'habiller alors que son voisin enfilait ses derniers vêtements.

- Les femmes de chambres passent peu après le clairon, alors dépêche-toi de te fringuer, conseilla Théo avant de sortir de la pièce en regardant de chaque côté pour vérifier que personne ne le voyait.

Il quitta le brun pour rejoindre sa propre chambre pour récupérer ses affaires, et surtout, il mit son armure. En descendant au réfectoire, il tomba sur Shin qui se traînait contre les murs alors qu'il était encore endormi. D'humeur malicieuse, le guerrier arriva discrètement derrière lui et tapa derrière sa tête, riant à son cri de surprise et son sursaut.

- Putain mais t'es trop con ! exulta le demi-élémentaire, les larmes aux yeux et la main sur le cœur, tremblant.

- Faut se réveiller plus vite !

- Je vois que ça rigole bien par ici ! fit joyeusement Grunlek en arrivant, récupérant Shin dans ses bras.

- Il a essayé de me tuer ! pleurnicha enfantinement l'archer en pointant le paladin du doigt.

- Mais non, mais non, soupira le nain avec un sourire, caressant paternellement la tête de son ami pour le rasséréner.

- Où est Bob ? demanda alors ce dernier en se redressant après son accolade.

Le cri d'une servante retentit dans le couloir, celui du mage peu après. Théo désespéra, se doutant qu'il s'était rendormi sans l'écouter et s'était donc fait inévitablement surprendre à poil dans le lit ; bien malgré le draps sur les hanches, il était facile de deviner dans quelle tenue il était. Ces femmes prudes avaient autant de connaissances sexuelles que les apprentis dont elles nettoyaient les chambres, se choquant donc d'un rien.

Les trois amis attendirent que l'érudit les rejoigne, ce dernier arrivant en étant assez pâle et la joue rouge laissant la trace d'un bâton de bois, sûrement un balais. Il fut accueillit par les moqueries, essayant de se justifier, mais enfonça l'ingénieur et l'archer dans leur hilarité. Ils allèrent manger, trouvant une table un peu tranquille une fois leur plateau pris.

Découvrant l'univers dans lequel avait grandit leur ami, les trois autres détaillèrent l'endroit, ainsi que les gens. Ils furent surpris de découvrir des enfants, parfois âgés de quelques années et raillés par les plus grands. Certain se faisaient piquer leur repas, obligés de repartir le ventre vide. D'autres réussissaient à se cacher, ou même mangeaient debout près des cuisinières après avoir pris leur plateau. Les plus frêles se faisait bousculer, brimer, la violence passant inaperçu parmi le chahut démentiel raisonnant dans cette salle gigantesque et vide.

Balthazar, Grunlek et Shin s'échangèrent un regard peiné avant de diriger ce dernier sur Théo pendant une seconde, fixant ensuite à nouveau la populace. C'était triste de voir dans quelle indifférence les enfants grandissaient, poussés à être plus forts pour manger et défendre ce qui leur appartenait. En ces lieux régissait les mêmes règles que dans la vie sauvage : les faibles mourraient sous les crocs des plus forts. En vu de son comportement, et des traces gravées sur le corps du paladin, ils pouvaient se douter des combats qu'il avait menés et remportés.

Une main s'empara sans prévenir de l'assiette du demi-diable qui s'endormait au dessus de sa tasse de thé, le faisant bondir de surprise. Il allait protester mais Théo, à ses côtés, attrapa habillement le poignet pour récupérer le plat et plaqua brutalement le voleur contre la table. Ou plutôt, il le cogna violemment contre le bois vernis avant de le lâcher, faisant bondir le meuble. Tout était allé très vite surprenant ses trois amis qui découvrir le visage du trouble-fête, ce dernier se tenant le nez en sang en dévisageant froidement l'inquisiteur. En vu de l'armure doré c'était un paladin, les nombreuses pierres précieuses sur son plastron montrant son haut grade. Également, son expression peu affable et amère présenta largement le personnage sans le moindre mot.

- Putain, toi ?! J'espérais ne jamais revoir ta face de rat, pouilleux !

- T'as un problème, connard ? se leva le guerrier en le foudroyant du regard, mais le mage le retenu par sa cape de hanche.

- Oh-oh, hey ! On se calme ! On est à l'intérieur, là !

Brisant sa posture agressive à la protestation, le soldat jeta un coup d'œil à son amant qui insista silencieusement une fois qu'il accrocha son regard. Alors qu'il se calmait, le paladin remit une couche, lâchant son nez en sang pour se moquer amèrement de son rival.

- Retenu comme un toutou par une hérésie ressemblant à une catin : ça m'étonne pas de toi, paria !

Cette fois, Balthazar ne put le retenir plus longtemps, et senti le tissu lui glisser des doigts alors que Théo se jeta sur l'autre homme. À califourchon sur ce dernier, il le tenu par le col et abattu son poing plusieurs fois dans son visage. Shin et Grunlek se levèrent d'un bond alors que les autres personnes dans la salle encourageaient le combat, enthousiastes. Les compagnons du guerrier l'attrapèrent et le firent reculer de force. L'affrontement fini désintéressa rapidement les spectateurs qui s'éloignèrent ou retournèrent à leur repas, laissant les protagonistes essoufflés.

Les esprits se calmant, le mage vérifia rapidement des yeux que son partenaire n'avait rien, avant de dévisager l'autre homme avec qui il avait visiblement un passif. Celui-ci se releva en crachant de l'hémoglobine par terre, furieux et la bouche enflée.

- T'as toujours le sang-chaud à ce que je vois ! Connard...

- Putain, mais t'es qui pour venir me chauffer !

Il le dévisagea, choqué, le pointant du doigts après quelques secondes.

- Tu me reconnais pas ?! cria-t-il en se sentant insulté.

- Bah non, et je m'en fou, d'ailleurs, grogna Théo avec une tête blasée en posant ses coudes sur la table derrière lui, avachi sur le banc.

- Vex ! Vingt-huitième régiment, deuxième section !

Un gros silence secoué par le boucan du réfectoire prit place, l'érudit, l'archer et l'ingénieur observant leur ami se plonger dans une réflexion intense. Sans surprise, un sourcil interrogateur se haussa sur le front du guerrier, laissant son interlocuteur plus furieux encore. Blessé et couvert du sang qui coulait encore, l'homme ne préféra pas répondre et les quittèrent, partant sûrement aux bains pour se soigner.

Les trois spectateurs rirent aux éclats, flattant l'épaule de leur ami qui ne comprenait décidément rien. Théo soupira, abandonnant, et retourna à son petit-déjeuner. Ils furent tranquilles jusqu'à ce qu'ils eurent fini de manger, personne d'autre ne venant les importuner. En sortant du bâtiment massif, le soldat réalisa enfin en écarquillant les yeux et criant, attirant l'attention de ses amis.

- Putain je me souviens ! C'était un petit con qui essayait de faire son caïd !

- Qui ? L'autre type ? demanda Shin.

- Ouais, il m'en veut parce que je le défonçais h24 devant tout le monde !

- Ceci explique cela, fit Grunlek, amusé, alors que les deux autres riaient.

- Théo ?

L'hilarité coupée par une voix encore inconnue, tous se retournèrent. Le paladin fit face à un autre visiblement retourné et partagé entre une prise de courage et le choc. Intrigué, les trois autres s'échangèrent un regard, haussant les épaules en intimant qu'ils ne savaient pas de qui il pouvait s'agir. Reconnaissant son ancien camarade, le meneur tendit son bras dans l'ébauche d'une poignet de main amicale mais son vis-à-vis se recula, presque avec dégoût, dévisageant sa paume. Perdu, il l'interrogea des yeux et le suivit lorsqu'il lui demanda de le faire d'un geste du menton.

Tous deux s'éloignèrent du reste du groupe et même, de toutes oreilles indiscrètes. Le guerrier soupira avec lassitude en entendant déjà des questions d'incompréhension sur ses choix de vie et sur celles de ses amis, particulièrement deux d'entre eux. Il laissa l'homme à la chevelure de feu et nouée dans la nuque parler le premier. Il était mal à l'aise et osait à peine le regarder, faisant valser ses prunelles de son visage au sol, plus à côté.

- Tu... Je ne suis pas un expert là dedans, surtout que je n'ai jamais mis les pieds en dehors de CastelBlanc, mais je crois que tu devrais raccrocher, Théo, c'est pour le bien de ta pureté...

- Jörg, soupira le soldat, blasé. Je pense être assez grand pour savoir ce qui est bon pour moi.

- Tu dois être ensorcelé, ou avoir un mal quelconque mais... On peut te soigner, tu sais ? Si tu as la foi, tu peux te guérir de ces monstrueuses insanités.

- Je suis inquisiteur, je voyage, et je n'ai pas perdu la foi. Mon groupe n'est pas un problème.

- Il n'y a pas que ça, Théo... Je t'ai vu hier... Dans le cœur...

Réalisant soudainement la gravité de la situation, un mélange de peur et de panique grouilla dans sa poitrine. Certes, ce qu'ils avaient fait avec son amant avait été carrément stupide et dérisoirement audacieux, mais il avait espéré qu'à une heure aussi tardive personne ne vienne en ce lieu. Après tout, il ne servait qu'à des grandes réunions en pleine journée et n'était pas plus utilisé que ça. Pour prier, tous se rendaient dans la partie de la chapelle, où voletaient les brumes des ancêtres de l'ordre.

- J'ai été nez à nez avec une sorcière, une véritable catin des diables, je ne dors plus depuis... comme le cœur est vide, ça m'apaise, je sais que je peux m'y recueillir tranquillement.

Évidement, il a fallu qu'un abruti fasse ça !

- Quand j'étais dans les couloirs menant aux balcons intérieurs j'ai... J'ai entendu des choses... J'ai peiné à le croire, mais j'ai préféré en être sûr et savoir qui était l'auteur de telles infamies... Et... Par la lumière, Théo ! Sur le trône de notre supérieur à tous, endroit même où il prêche ! Avec une hérésie !

- Et alors ? rétorqua le meneur en croisant les bras, le toisant. Ce que je fais de ma vie sexuelle ne te regarde pas !

- Déjà, tu es parti avant même la castration ! Pourtant tu sais que les inquisiteurs doivent y passer pour ne pas céder aux péchés tendus par les enfers ! Et maintenant tu... Tu forniques avec un diable..., termina gravement Jörg en parlant plus bas, ne voulant pas que quelqu'un l'entende, intimidé par ses propres mots.

- On brisera pas mes boules ! Eh puis c'est de la connerie ! Sir Derhen était un baiseur invétéré ! Je me demande même quelle pute ne l'a pas pris entre ses cuisses !

- T-Théo ! Je t'en prie !

- Arrête d'être aussi coincé ! Toi aussi tu te touches de temps à autre ! C'est normal ! Pute, diable, demi-élémentaire, humain : le sexe revient au même ! C'est juste une histoire de cul, ok ? Il n'y a rien d'autre !

- Tu n'es pas quelqu'un qui s'attache facilement, et tu as juré une fidélité sans faille à la lumière... Tu sais tout aussi bien que moi que ton histoire avec cette hérésie-

- Il s'appelle Bob ! tonna le guerrier pour le couper, arrivant à bout de nerfs. Autant lui que les autres m'attendent d'ailleurs, alors tu m'excuseras mais j'ai à faire.

Il tourna les talons mais son ancien camarade reprit la parole, grave, le stoppant.

- Je peux pas te laisser escorter une personne aussi pure en ayant conscience de ta relation délétère avec ce diable... Je suis désolé, Théo, mais Brune barbe se doit d'être au courant... Et d'appliquer les sentences qu'il faudra...

Le concerné se retourna lentement, les yeux dangereusement écarquillés, découvrant le rouquin avec l'épée à la main et paré à engager le combat pour l'intercepter. Il y a de cela presque une décennie, tous deux mangeaient à la même table, le guerrier protégeant la pitance de l'autre. Ils parlaient un peu, surtout Jörg, et s'entraînaient ensemble. Ils étaient ce qu'on peut appeler des amis, ou du moins, de bons copains.

- J'avais espéré pouvoir te résonner, et te sauver, camarade..., souffla douloureusement le roux, emplit de regret, avant de s'élancer.

Du côté de Blathazar, Grunlek et Shin, ils attendaient avec un peu d'impatience leur chef autoproclamé. Ils discutaient de tout et de rien, l'archer remarquant un suçon plutôt récent sur la gorge du savant qui inventa que toutes les servantes n'étaient pas si prude. Voilà bien une vingtaine de minutes que Théo était parti avec cette vieille connaissance intimidée par leur présence. Ne pouvant s'en empêcher, l'amant secret se faisait du soucis, dissimulant ses sentiments par toujours plus de blagues et mauvais jeux de mots. Ils étaient dans la ville même de la purge des hérésies telles que Shin et lui. Radicaux comme pouvait l'être les ecclésiastiques, le paladin avait toutes les chances de suivre leur châtiment, même s'il n'était qu'ami avec eux.

- Oh, j'ai réussi à avoir quelques informations sur notre mission, lança le nain, impatient de retrouver sa louve restée en dehors de la ville.

- Vas-y raconte ! piaffa l'archer assit sur un muret à l'ombre, son attitude enfantine attendrissant ses amis.

- Il semblerait que ce soit le neveux de Brune barbe, il va à une réception de grande importance !

- Un événement mondain ! rêvassa le mage, désirant enfin y participer à nouveau.

- Je pense que, malheureusement, on va partir une fois qu'il aura atteint la ville.

- ... NAN ! JE VEUX BOIRE ! JE VEUX MANGER DES PETITS-FOURS ! JE VEUX ÉCOUTER DE LA MUSIQUE DE LA HAUTE-SOCIÉTÉ ET RIRE AVEC LE PETIT DOIGT EN L'AIR EN TENANT UNE PUTAIN DE COUPE DE CHAMPAGNE !... Urhm...On ira donc, reprit plus calmement l'érudit après son pétage de plombs qui avait surpris ses amis avant de les faire rire.

- Après tout, si ça peut te faire plaisir, abdiqua Shin. Je n'aurais qu'à rester dans le fond avec Théo, lui non plus ne risque pas de se mêler à la populace.

- En plus tu sembles de moins en moins hérétique ces dernières semaines, donc je pense que ça passera, ajouta Grunlek.

- Hein ?

- T'avais pas remarqué ? s'étonna Shin sous la surprise du mage. T'as changé ces derniers temps. Et aujourd'hui plus encore !

C'est vrai qu'il avait tendance à entretenir sa barbe à l'aveugle et qu'il n'utilisait que peu sa réflexion en voyage, il ne s'était donc pas regardé depuis longtemps. Intrigué, Balthazar ouvrit sa besace et fouilla à l'intérieur pour trouver son miroir de poche, il se regarda et se sentit pétrifié de stupeur : les écailles sur ses joues s'étaient résorbées.

Il toucha ses pommettes, sentant sous les légères rougeurs peu naturelles encore quelques monticules perceptible sous un œil avisé. Ses yeux également avaient changé. Bien qu'une teinte légèrement carmin rehaussait l'océan noisette, ses pupilles étaient rondes. Aussi étrange que ça puisse paraître, la lumière semblait guérir son corps de toutes traces démoniaque.

Serait-ce celle ingurgitée pendant qu'il était encore accro ? Non, si c'était le cas son diable ne se serait pas ainsi repaît de l'essence éthérique. Le collier ? Confiné au fin fond de son esprit, l'emprise de l'être infernal se brisait de sa chair, alors c'était possible. En donnant le pendentif de protection et sa patience, Théo lui rendait son humanité tant chérie.

Les larmes montèrent inévitablement à ses yeux, et il se sentit vite stupide. Il essuya ses paupières, ses amis attendris venant l'enlacer pour le consoler en lui demandant de ne pas pleurer. Le fils d'Enoch rit et ravala ses sanglots de joie, un sourire incroyable sur les lèvres. Est-ce que le paladin avait remarqué ce changement sur son visage ? Pourrait-il l'aimer pleinement en étant à nouveau humain ?

Sa propre réflexion le choqua et il se figea tandis que les deux autres le serraient, inconscients à ses stupéfactions. C'était bien la première fois qu'il parlait de sentiments amoureux que son amant pourrait avoir. Non, il venait d'affirmer qu'il en avait déjà mais qu'ils pouvaient être plus forts, comme si Théo l'aimait ouvertement. Ses joues s'empourprèrent, et il se sentit bouleversé et frêle sous les battements vibrants de son cœur qui l'engourdissait.

- La vache, ça t'émeut tant que ça ? se moqua doucement Shin en lui pinçant la joue, après s'être séparé de lui avec Grunlek.

- Je ne pensais pas retrouver mon apparence humaine, pas après avoir laissé autant de marge à mon diable... Alors oui, je suis heureux, souffla Blathazar avec un sourire immense, sa pensée passant de suite par sa bouche. C'est Théo que ça va arranger...

- Tu sais, commença le nain sans remarquer son inquiétude lorsqu'il se rendit compte de ses propres mots. Je pense pas que ça le dérangeait tant que ça, sinon il aurait fait quelque chose avant.

- Je sais pas s'il pourrait tuer l'un d'entre nous, aussi froid qu'il essaye d'être, rétorqua l'archer en reprenant sa place sur le muret. Il nous a plusieurs fois tiré de sales draps, il est même allé jusqu'à me réchauffer dans la position la plus ambiguë possible quand j'ai gelé dans le puits.

- Ce qui est terriblement ironique quand on a conscience de ta nature élémentaire, fit l'érudit avec un petit sourire guingois, un brin de jalousie le piquant alors qu'il croisait les bras.

- Oh, ça va..., bouda son ami. Toi, tu t'es déjà brûlé plusieurs fois !

- Et Grunlek a perdu le contrôle de son bras à plus d'une reprise ! ajouta-t-il en pointant l'ingénieur du doigt rapidement.

- Quant à Théo..., commença ce dernier.

- Il a tué une petite fille, finirent-il en cœur avant de rire.

- Putain, on forme une sacré équipe de bouffons et de bras cassés..., dépita Balthazar en pouffant un peu de désespoirs, pleurant à moitié sur la triste fatalité.

- Un jour on sera..., commença Shin en se redressant avec un ton encourageant et plein d'espoir, avant de voûter à nouveau son dos et de fixer le sol. On sera quoi, en fait ?

- Je sais pas trop ! rit Grunlek.

Le calme reprit, les bruits de la ville bourgeoise animant l'ambiance entre le petit groupe. Les cloches de l'église sonnèrent paisiblement, annonçant visiblement une heure particulière dont ils ne connaissaient pas les secrets. Les coupants dans leurs réflexions, Shin cria de surprise, essayant de se rattraper et garder l'équilibre alors qu'il se sentait tiré en arrière par les épaules. Son masque fut retiré par une main agile et une paire de lèvres s'abattit sur les siennes. Pétrifié, le demi-élémentaire ne put réagir lorsqu'une langue se mêla à l'échange et qu'il reconnu la personne qui l'embrassait. Celle-ci ce détacha de lui et le remit droit, riant de le voir aussi raide et pâle, déposant le masque sur le muret. Tout aussi choqué, le mage et l'ingénieur restèrent bouche bées, le premier réussissant à parler après quelques secondes.

- B-Bonjours Mani...

- Salut les gars ! Ça fait longtemps ! sourit le télékinésiste, paraissant plus innocent qu'un enfant.

- Pourquoi... Pourquoi tu..., essaya de le questionné le pyromencien en le pointant tour à tour du doigt avec Shin.

- Oh comme ça ! Je passais dans le coin et en vous voyant j'ai eu envie d'essayer, avoua-t-il en étant dans un savant mélange d'embarras et de jubilation, avant de se redresser en redevenant des plus naturel, tapotant l'épaule de l'archer. Tu embrasses très bien ! Je dois y aller, salut les gars !

Grunlek et Balthazar firent un signe lent de la main pour l'imiter, le demi-élémentaire tout aussi mort de l'intérieur qu'eux. Ils restèrent pétrifiés un moment avant de réussir à se débloquer du choc psychologique reçu.

- Oh mon dieu..., souffla Shin avec un dégoût qui ne venait pas, le stupéfiant. Je... Qu'est-ce que...

- Tu sais, commença le demi-diable pour le rassurer. On a tous eu une expérience homosexuelle dans notre vie, c'est normal !

Le bleu se redressa vivement, les yeux écarquillés tel un fou, le dévisageant gravement. Comprenant enfin l'ampleur de la perche qu'il avait tendu pour se lancer lui même dans un piège marécageux, l'érudit aspira ses lèvres avec mal aise.

- J'ai - oui, je l'avoue - déjà embrassé un mec ! Voila.

Shin le fixa encore, choqué de l'entendre avoué ce terrible secret. Grunlek le fut moins, son petit sourire prouvant qu'il se doutait déjà que la curiosité de leur ami l'avait poussé jusqu'ici. L'archer se tourna alors vers l'ingénieur en tremblant, comme s'il grinçait par une rouille trop présente. Le nain décroisa les bras en haussant les épaules, l'humeur et la conscience légère.

- Chez moi, hommes comme femmes, ont a tous des barbes, et c'est pas le caractère qui, une fois saoul, t'aide à faire la différence !

La mâchoire de ses deux amis se décrochèrent de choc, puis ils hurlèrent de dégoût, n'arrivant pas à imaginer cette figure paternel avoir des besoins sexuels. Sous les prièrent de ses cadets pour ne pas en savoir plus, Grunlek explosa de rire.

Des pas secs et reconnaissables entre mille arrivèrent vers eux, par plusieurs dizaines. Ils se retournèrent sursautant sous le nombre effarant de paladins qui venaient vers eux. Ils semblaient déterminés et mués d'une mission importante, inquiétant le groupe coupé dans ce moment d'allégresse. De la façon dont ils avançaient, ils avaient l'impression qu'ils venaient pour eux. L'absence de Théo se fit cruellement ressentir et une inquiétude acide les prirent à la gorge.

Une fois sur leur position, la division se scinda et les contournèrent pour monter les marches et se rendre dans le cœur, relâchant le leur. Ils soupirèrent de soulagement, riant un peu en s'échangeant un regard en se trouvant stupides et paranoïaques. Brune Barbe allait faire un discours, ils en avaient entendu parler, c'était sûrement là que tout le monde se rendait, dont Mani le double. Rien d'alarmant en somme.

Un paladin arriva après tous les autres, mais celui ci reçu de larges sourires de la part de la bande. Du moins, avant que cette dernière ne constate son air grave et la lueur accablée dans ses yeux. Inquiet, ils le questionnèrent lorsqu'il arriva près d'eux mais Théo refusa de parler et prit la tête du groupe, rehaussant son ballot sur son épaule. Ils s'échangèrent un rapide regard avant de le suivre, Balthazar prenant les devants pour être à côté du guerrier, ses deux amis à quelques pas derrière. Shin voulu les rattraper, mais la main de Grunlek sur son bras l'en empêcha. Il ne réagit pas, pensant que le soldat avait besoin d'espace, et resta donc là où il était. Le nain par contre dévisagea le duo, décryptant le regard soucieux du demi-diable remarqué par le meneur, ce dernier acceptant la présence de son voisin. Celle-ci était peut-être un peu trop proche de lui pour dissimuler complètement ce qu'ils étaient vraiment l'un pour l'autre.

L'ingénieur soupira en secouant la tête, désespérant sur ces deux idiots aveugles depuis toutes ces années. Il avait espéré pourtant, en voyant les deux se rapprocher inexorablement ces derniers temps, que les choses allaient évoluées, mais ne constatait aucun résultat. Il réfléchit quelques instants, fixant ses amis, avant de prendre la décision d'y mettre un peu de son grain de sel. Ça commençait à bien faire de les voir se tourner autour sans jamais conclure !