Ok, j'vais pas vous envoyer ça comme ça... J'vous prévient juste : c'est pas très gai. ._.
Quand le Lion n'est pas à sa place
Début Novembre. Les KM ont eu droit à une petite semaine de repos avant de commencer leur tournée dans toutes les plus grandes villes d'Asie orientale. La plupart sont à nouveau retourné chez leurs parents pour revoir leur famille avant le stress des concerts, d'autres sont allé voir des amis pour s'amuser le plus possible. Sunny avait choisi la deuxième option, Max la première. Le panda avait retrouvé des amis qu'il s'était fait lors de sa période d'apprentissage intensif du coréen dans une université séoulite. La plupart étaient chinois comme lui et s'étaient lancé dans une carrière de commercial… des gens banals. Pourtant, il les aimait beaucoup – pas autant que sa famille, ni le groupe, mais ils avaient été là pour lui quand il commençait à regretter d'avoir quitté son nid à Shanghai. Leur travail ne les empêchait pas d'être aussi agités que le panda – qu'ils avaient surnommé Diva - pour certains. Mais Sunny avait toujours été le plus turbulent de la bande, heureux d'avoir enfin trouvé de vrais amis. Sa bonne humeur constante, si l'on oubliait ses coups de blues, l'avait rendu fort attachant aux yeux de ses camarades. Ils disaient qu'il finirait forcément styliste, acteur, de ces grandes carrières réservées aux gens charismatiques comme lui. Mais il les avait époustouflés quand ils l'ont découvert dans les clips vidéo du groupe le plus attendu à ce moment, de la RK Ent. : les KM-Reon. La diva était passée au rang d'idole. Ils ne pouvaient qu'être fiers de lui.
Ainsi, pendant la semaine, ils s'étaient tous retrouvés entre anciens camarades pour prendre des nouvelles de chacun d'eux, s'amuser, faire un break dans leur vie active et revenir à l'âge où ils s'étaient rencontrés, en faisant diverses activités qu'ils avaient adoré faire : shopping dans la grande rue commerciale au centre de Séoul, la tour Namsan, et beaucoup d'autres lieux plein de souvenirs ! En résumé, une belle semaine pour notre panda.
Mais une semaine qui était passée trop vite.
De retour au dortoir, le groupe était au complet… Quoique…
« Il manque encore XiZang, déclara Goan à table.
- Il a peut-être manqué son avion, fit Yi.
- C'est possible, renchérit DongHae. On l'appellera demain. »
Sunny trouvait tout de même étrange que leur leader ne soit pas présent. Il était toujours dans les premiers arrivés au dortoir. Mais un problème d'avion était une possibilité.
Le lendemain, ils appelèrent le duizhang sur son portable.
« …
- Qu'est-ce qu'il y a Goan-hyung, demanda SangHee ?
- Répondeur.
- S'il avait eu un souci, il nous aurait appelé, ou il aurait fait en sorte de rester joignable, dit DongHae.
- D-hyung, le ton que tu as pris fait peur, s'inquiéta Sunny… Il n'a peut-être plus de batterie ?
- Sûrement, fit Jiro.
- On réessaiera demain, reprit Goan. »
Les jours se suivirent, sans aucune nouvelle de Max. Le panda en dormait peu. Et si c'était sa faute ? Juste avant qu'ils partent en vacance, il avait voulu faire un câlin d'au revoir à son gege favoris… Mais comme toujours, il avait un peu débordé pour le taquiner, en glissant ses mains sous ses vêtements. Lui en voulait-il pour ça ? Non, c'était stupide. Il devait y être habitué. Lui-même le taquinait de temps en temps… Quelques semaines auparavant, il l'avait embêté pendant toute une répétition, lui dézippant sa veste sans-manche – sous laquelle il ne portait rien tellement les salles étaient chauffées.
Une semaine après le retour au dortoir, les managers, autant que les autres membres se faisaient un sang d'encre. Mais visiblement, les supérieurs aussi. DongHae entra en trombe dans le dortoir, jetant ses lunettes de soleil sur le comptoir.
« L'administration a accepté de me donner le numéro Mme Yi, la mère de XiZang.
- On ne risquerait pas de l'importuner, demanda Chen ?
- Mon chaton est trop poli, plaisanta le leader en caressant la joue de son dongsaeng.
- J'ai déjà rencontré Mme Yi, intervint Goan en sautant du canapé. Elle est très gentille, mais elle ne parle pas un mot de coréen.
- Tu saurais trouver les bons mots pour ne pas paraître impoli, demanda Bao ? Elle doit savoir où se trouve son fils, il était retourné dans sa famille pour les vacances.
- Je pense… Vous resterez à côté de moi ?
- Bien sûr ! On va t'aider, hyung, s'enthousiasma Jiro. »
Ils en discutèrent jusqu'au soir. Ils décidèrent d'éloigner les maknaes, surtout Sunny qui pourrait avoir de mauvaises réactions. Il n'apprécia pas d'être envoyé dans sa chambre comme un adolescent privé de dessert.
Goan respira calmement.
« Je stresse.
- Tu t'éclates sur scène, mais t'as peur de parler à une ajuma ?
- C'est la maman de XiZang-ge, tout de même… »
Ils fixèrent le téléphone sur un support, s'installèrent sur le canapé tous les 5, et lancèrent l'appel.
A un petit millier de kilomètres et quelques heures de décalage horaire, une sonnerie de portable retentit dans un petit cottage perdu dans une forêt. Mme Yi était comme la plupart des mères des membres du groupe, premières fans de leurs fils : sa sonnerie était le dernier single du groupe, « Palette » version M, qu'elle avait adoré dès les premières paroles. Elle posa l'assiette qu'elle lavait sur le bord de l'évier et s'essuya les mains dans son torchon, pour aller décrocher. Numéro inconnu.
« Allô ? »
Goan se racla la gorge et retrouva son mandarin le plus poli qu'il connaisse.
« Allô, Mme Yi ?
- Oui, c'est moi. Qui est-ce ?
- Pardonnez-moi de vous importuner, je suis un ami de XiZang. Zhang DongFan. Le groupe et moi sommes très inquiets de ne pas avoir de nouvelles de lui. Sauriez-vous nous dire pourquoi il n'est pas revenu ? »
Chen donna un coup de coude à son hyung.
« Tu aurais pu être plus poli que ça, fit-il à voix basse.
- Désolé… »
« Oh. Il est avec moi… Il ne m'a pas dit qu'il devait revenir vers vous à une date précise. Mon fils, manquer à son travail, en voilà une nouvelle ! Je vais le chercher, ne quittez pas. »
Elle posa son portable sur la table et monta les escaliers en bois du cottage.
« XiZang-zi ! Un ami à toi veut te parler. »
Le jeune homme sortit de son lit, se passa la main dans ses longs cheveux noirs, et enfila un T-shirt. Il jura.
« C'est pas vrai qu'ils ont osé appeler maman…
- Ils ?
- Je vais régler ça, ne t'en mêles pas. »
Il sortit de sa chambre, laissant sa compagnie sur ses interrogations. Il bouscula sa mère accidentellement en ouvrant la porte.
« Excuses-moi ! Où est le téléphone ?
- Sur la table en bas… »
Il dévala les marches quatre par quatre et sauta sur le téléphone portable rose.
« Allô ?
- XiZang-ge ! C'est Goan ! On s'est inquiété pour toi !
- Comment avez-vous eu ce numéro ?! »
Il n'avait pas l'air très content… Ils se regardèrent et avalèrent leur salive.
« L'administration l'a donné pour qu'on ait de tes nouvelles.
- Estime-toi heureux, hyung, renchérit DongHae, si on ne l'avait pas fait nous-même, ç'auraient été les employés de bureau mal élevés de la RK qui auraient dérangé ta maman.
- M'ouais…
- C'est à nous de te poser des questions. Où es-tu ?
- Vous ne saurez pas. Je suis en vacance avec ma mère. Elle a besoin de moi. »
Il sortit sur le balcon et regarda le coucher de soleil, le portable à l'oreille.
« Pourquoi ne pas nous avoir prévenu ? On s'est fait un sang d'encre !
- J'avais besoin d'une pause. Je suis fatigué.
- Nous aussi nous sommes fatigués. Tu n'es pas raisonnable, XiZang, fit Bao sèchement.
- Pardonnez-moi… Mais je ne peux pas continuer.
- Pardon ?
- Je n'en peux plus. J'ai trop de pression sur mes épaules, je vais craquer… »
Ils sentirent comme des larmes dans la voix tremblante de leur leader.
« J'ai entamé une procédure de démission à la RK. »
Les 5 ne répondirent pas, abasourdis.
« Gege, tu peux pas nous abandonner, fit Goan d'une petite voix tremblante…
- Hyung, qui va diriger les M, demanda DongHae ?
- Bao-ge en est capable. Et il est bien plus respecté que moi.
- Je ne peux pas accepter cette charge.
- Je n'ai pas eu à l'accepter, moi. On me l'a imposée parce que je sais parler plusieurs langues. Tu en seras capable.
- XiZang-ah… »
Une tornade noire et blanche déboula dans le salon.
« Je veux parler à XiZang-ge !
- HuanBei-ah…
- S'il vous plaîîîît ! »
A l'autre bout du fil, Max sentit son estomac se nouer. Il entendit un bruit de fracas, des protestations, des pas, et la voix du panda, isolé dans un coin de l'appartement.
« Gege, où es-tu ?!
- HuanBei…
- Tu vas revenir vite, hein ?
- Je…
- … Gege ?
- Je suis désolé HuanBei… Je ne reviendrai pas. »
Sunny sentit comme quelque chose se briser en lui.
« C'est… C'est ma faute ?
- Non ! Non… Bien sûr que non. C'est que j'ai envie de reprendre une vie normale. Je suis trop fatigué pour continuer.
- Juste avant les concerts ?! Tu te fiches de nous ?!
- Je suis lâche, je sais. Mais mes parents ont divorcé, et je dois aider ma mère à retrouver le moral. »
Sunny venait de réaliser la situation : Max était en train de péter un plomb. Il ne voulait pas le dire, mais le panda savait que c'était en partie de sa faute. Et à cause de ça, il ne reviendrait plus jamais. Des larmes envahirent la vision de Sunny.
« Gege… Peu importe le temps que tu mettras… je veux que tu reviennes. Nous ne sommes plus rien sans toi.
- HuanBei, arrêtes, vous saurez bien vous débrouiller sans moi.
- Les autres peut-être. Mais pas moi. J'ai besoin de mon grand frère pour avancer ! Tu entends ?! J'suis plus rien sans toi ! »
Une voix féminine se fit entendre à l'autre bout du fil.
« XiZang, qui est-ce ? »
Ce n'était certainement pas Mme Yi. La main de Max vint couvrir le téléphone.
« Bai, laisse-moi régler ça, s'il te plaît.
- Non, je t'attends depuis trop longtemps. »
De légers bruits de baisers dans le cou firent frémir le panda.
« XiZang-ge…
- HuanBei, ne te fâche pas.
- HuanBei… Sunny, demanda la fille ? »
Le panda se retint de l'insulter. Personne n'avait le droit d'embrasser Max, à part lui. Il était à lui. Cela faisait deux ans qu'il essayait de l'avoir rien que pour lui. Et cette pouf n'allait pas lui passer devant le nez aussi facilement…
« HuanBei, réponds-moi… Humpf, Bai, arrêtes ça. Fiche-moi la paix.
- T'es pas marrant. »
Elle s'éloigna. Sunny se sentit plus qu'impuissant. Il en avait assez. Il n'avait pas envie de se mettre à chialer au téléphone.
« Je vois que t'as trouvé quelqu'un d'autre pour te tripoter.
- Sunny… C'est une longue histoire…
- Et je n'ai pas envie de l'entendre. Fourre-la bien ce soir en pensant à moi. N'oublie pas de te protéger, tu pourrais choper la syphilis. »
Et il raccrocha avant de jeter le téléphone dans le salon.
« Aïe ! » gémit Jiro.
Le panda courut dans sa chambre pour se jeter sous ses draps et humidifier son oreiller, pour ne plus en sortir avant un moment.
Max resta un long instant le téléphone à l'oreille, les lèvres prêtes à répondre à l'injure. Il sentit quelque chose lui chatouiller la joue, y porta la main. Une larme.
« Putain de merde… »
