-Un revenant, dit-il en essayant de me perforer l'abdomen deux fois de suite.
-Salut, dis-je tout simplement en éraflant son mollet, juste érafler. Fais chier.
Si je le tue, j'abats une pièce maîtresse des jeux. Il faut qu'il meure. Là, maintenant, par ma main.
J'essaie de rester en mouvement, évitant chacun de ces coups. Mais mon dieu, que c'est fatiguant. Je n'entends que ma respiration saccadée, respirer me demande trop de force. Mais je ne peux pas faire machine arrière, ou m'enfuir. Silk ne me laisseras pas m'échapper de toute façon. J'arrive à lui érafler pour la deuxième fois son mollet. Il est concentré sur le combat comme jamais, ses muscles sont tendus, prêt à frapper au bon moment. Je cherche à une façon de le distraire, mais c'est Maya qui y arrive. Un coup de poignard dans les côtes, ça ne distrait pas qu'un peu. Silk grogne et dans un ultime mouvement, son épée s'enfonce dans la clavicule de mon alliée qui est restée bêtement là pour me sauver. Je hurle à plein poumon, la rage décuplant ma force, sabre en main, lame brisant le crâne de Silk en deux.
Je ne sais pas si c'est le craquement sonore qui m'effroi le plus, ou encore le jet de sang qui continue de m'asperger, à moins que cela soit la perte de son œil.
Toujours est-il, que j'arrive encore à tenir mon arme, brandit vers un prochain ennemi. Mais je n'ai envie que d'une chose, me l'enfoncer dans l'estomac.
-Alex, il faut partir ! S'écrie Maya avec une voix rauque qui me laisse comprendre l'étendue de sa douleur à son épaule alors qu'elle arbore un sourire crispé.
Je la suis dans une course effrénée, à l'aveugle mais cette fois ci pas à cause du soleil, je suis perdu dans mes pensées. Son œil pendouillant, son crâne se transformant en une fontaine de sang.
Je n'arrive même pas à pleurer, j'ai perdu toute humanité. Maman, je t'en prie pardonne-moi. Je ne voulais pas. Pitié, tuez-moi.
-Alex ! X ! Alex merde, réponds !
Je sursaute au ton impatient de Maya, son menton tremblote, elle s'est accroupie et attrape une bouteille d'eau dans le sac.
-Quoi ? Réussis-je à sortir de ma bouche.
-On oublie, ok ? On oublie ! Hurle t'elle, je ne sais pas qui elle essaie le plus de convaincre, elle ou moi.
Elle vide à elle seule une bouteille, elle m'en lance une et je l'imite.
-Faut faire un bandage à ton épaule, lui conseillais-je.
Un torrent de larmes la défigure mais elle réussit tout de même à déchirer un bout de son t-shirt pour l'appliquer sur sa plaie.
L'eau caresse mes lèvres puis mon palais et enfin mon œsophage sec. Cela pourrait être mon plus beau moment dans les Jeux, mais ce ne l'est pas. Loin de là.
-Désolé, il essayait de m'atteindre.
Je m'agenouille à ses côtés, et n'hésite pas à vider une autre bouteille pour nettoyer sa plaie.
-Non, c'est moi. Je suis trop bête.
Elle siffle alors que je serre fort le bandage pour son bien.
-Tu m'as sauvé, dis-je ému.
Ses yeux s'ancrent dans les miens et elle semble à l'instant même apaisée.
-C'est la deuxième fois que tu me sauves Maya, soufflais-je.
A cet instant, son regard est empreint d'une douceur que je n'ai vu que dans les prunelles de ma mère.
-Pour l'instant, me sourit-elle.
Je me relève et passe une main dans ma tignasse, encore sous le choc de ce banquet.
Boum. Un.
Boum. Deux.
Mon cerveau est programmé, pour annoncer directement le nombre de tributs restant : cinq. Mais qui sont-ils ?
-Pearl, Théos du neuf, toi, moi et qui est le cinquième ? Me demande Maya , nos esprits en diapason.
-Le gamin du quatre.
-Le gamin ? Je n'aimerais pas l'avoir devant moi. Dit-elle en examinant son épaule.
-Ah oui ? Dis-je peu intéressé, je m'installe en tailleurs et regarde mes bras tâchés du sang de Silk.
-Oui, avec un hameçon il peut tous nous avoir.
-C'est quoi un hameçon ? Dis-je en grattant les croûtes de sang séchées.
Un filet d'eau coule sur mes mains, Maya me sourit en m'aidant à me débarrassé des traces du crime.
-Je ne sais pas moi-même, elle ricane faiblement.
J'aimerais pouvoir rire, moi aussi.
La nuit venue, nous ne mangeons pas, en quelques minutes on a vidé plus de deux bouteilles d'eaux alors nous nous serrons la ceinture. La chaleur disparaît pour laisser place à sa vieille amie, la fraîcheur qui s'occupe de nous tuer la nuit.
-Tu es sûre que tu vas bien ? Demandais-je alors qu'elle s'allonge sur le dos, évitant tout grand mouvement.
-J'ai connu mieux et pire. Elle hausse les épaules.
-Ok, dors. Je monte la garde toute la nuit. Et ne proteste pas.
Ses yeux me lancent des éclairs mais elle abdique, elle sait qu'elle a besoin de sommeil pour récupérer. Ce n'est pas comme si je vais arriver à fermer l'œil de toute façon.
C'est au moment où j'ai presque fini de compter les étoiles pour m'occuper l'esprit, que j'entends ses cris de douleurs.
J'accoure vers elle, son corps entier est bouillant et humide. Le pire est qu'elle est réveillée, et qu'elle se retient d'hurler de douleur.
-Merde Maya ! Depuis combien de temps ?
Je prends une bouteille d'eau dans le sac, et la contraint à boire, épuisée je suis obligé de l'aider. Elle repousse la bouteille.
-Tu dois boire. Lui ordonnais-je
-J'ai tellement mal Alex …
Jamais je n'aurais cru entendre de la tristesse mêlée à de la résolution dans sa voix.
-Sois forte, ça va passer, fais-moi confiance. Lui chuchotais-je en épongeant son front.
-Alex, fais que ça s'arrête.
-Alex, je t'en supplie.
Je n'écoute pas ses sanglots, et continue d'essayer de faire descendre sa température.
-Je t'ai sauvé deux fois, tu l'as dit toi-même.
Cette fois-ci je l'écoute attentivement, ses yeux chocolat reflètent la mort, deux puits sombres et ténébreux.
-Tu me dois ça, je t'en prie.
-Ta mort ? Tu veux que je te tue ? Dis-je avec dégoût.
-Si ce n'est pas toi qui le fait, ça seras l'un d'eux. Et je ne veux pas qu'ils aient ma mort sur leurs consciences.
Maya, égale à elle-même, généreuse même lorsque nous parlons de sa propre mort.
-Et tu as pensé à ma pauvre conscience ?
-Tu ne vas pas avoir de problèmes, je te le demande.
Son visage se tord encore une fois, elle fait un effort surhumain pour réprimer sa douleur, en plus de ses larmes.
-Pense à ton district Maya, il faut que tu reviennes pour ta famille. Dis-je même si je ne sais rien sur sa vie passée.
Un sourire nostalgique flotte sur ses lèvres, elle est tellement belle.
-Je leur rends un grand service, fais-moi confiance.
Ma déshydratation depuis le début des Jeux ne m'a même pas fait aussi mal que cet aveu.
-Mais moi, je ne veux pas que tu me quittes.
Sa main délicate caresse ma pommette m'envoyant des décharges électriques partout dans le corps.
-Fais-moi juste confiance Alex.
Ses yeux se font suppliants.
Maya. Maya. Maya. Maya.
Salut tout le monde ! Je sais, je pars, je reviens, je pars, je reviens ... Je suis sincèrement désolée mais je passe des examens en ce moment.
En tout cas, j'espère que ce nouveau chapitre vous plaît. Est-ce que Alexander va abréger les souffrances de Maya ? Qui va gagner ses Jeux ? Que nous cache Maya qui ne semble pas effrayée par la mort ?
Muahaha je connais déjà toutes ses réponses, ayant écris déjà la fin (j'ai eu une idée en plein milieu d'un cours de maths super intéressant) et je pense qu'elle va vous plaire.
Bisous.
En attente de vos nouvelles,
FleurEncre
