Bonjour à toutes !
J'espère que la rentrée s'est bien passée. Merci pour vos messages !
Bonne lecture
Chapitre 20
Pov Alice
Maman tournait en rond, comme un lion en cage. Papa était plus calme, il l'était presque toujours, après tout. Jasper et Edward se sentaient comme des poissons dans l'eau, et discutaient avec le personnel soignant. Bella et moi jouions à tour de rôle à Candy Crush pour tuer le temps.
-Promets-moi de ne rester que deux heures maximum en salle de travail ! Ronchonnai-je à l'adresse de mon amie. Elle se sera fait attendre la chipie !
Je savais que personne n'était en cause, mais c'était plus fort que moi, j'avais besoin d'extérioriser mon impatience.
-Tu crois que c'est une fille ? Me demanda Bella, curieuse.
-Je ne crois pas, j'en suis persuadée ! Une intuition, et toutes mes intuitions se révèlent exactes !
Edward confirma mes dires d'un hochement de tête.
-Eh ben ! Souffla la jeune fille. Ça doit être pratique des fois, rigola-t-elle.
-Et d'autres fois, très pénible ! Assura mon mari.
L'attente dura sept longues heures, puis Emmett, qui avait rejoint Rose rapidement, arriva, un immense sourire aux lèvres. Ça faisait drôle de savoir qu'Emmett, le gamin perpétuel, allait devoir prendre soin d'un nourrisson.
-C'est une fille ! S'écria-t-il en marchant vers nous à grands pas.
Je sautai au cou de mon mari en piaillant de joie, heureuse que la demoiselle ait enfin montré le bout de son nez. Je vis ma mère écraser une larme, avant qu'elle ne se précipite vers Emmett qui nous rejoignait. Elle le pressait de questions, mais il l'interrompit rapidement en lui prenant gentiment les mains.
-Tout s'est bien passé, expliqua-t-il. La sage-femme s'occupe des premiers soins du bébé et s'assure que tout aille bien, ensuite on pourra la voir. Rosalie est très fatiguée, alors Elisabeth restera en nurserie quelques heures. Je vais me chercher un café, puis on ira dans la chambre de Rose.
Il était hors de question de ne pas voir la petite, et j'étais sûre que s'il le fallait, maman aurait enfoncé toutes les portes qui se dresseraient devant elle pour admirer sa petite-fille. Nous accompagnâmes Emmett jusqu'à la cafétéria, où nous prîmes tous un café (un thé pour Bella, et des cookies), avant de nous rendre dans le service de maternité, plus précisément dans la chambre de Rose. Le visage de celle-ci s'illumina quand elle nous vit tous entrer, mais mon premier regard fut pour ma nièce, cette si petite fille qui venait de naître, que sa mère tenait tendrement entre ses bras.
Ma belle-sœur était pâle, les traits tirés, cependant c'était tout à fait normal après sept heures de travail. Le papa, la maman et l'enfant formaient une belle famille, et ils furent mitraillés par plusieurs appareils photo. Mes doigts me démangeaient de la toucher, et mes bras étaient impatients de l'accueillir, mais je n'osais pas demander, pas de suite. Bella avait les yeux écarquillés, répétant qu'Elisabeth était tellement petite !
-Tout va bien Carlisle ?
La petite voix inquiète de Rosalie nous fit tous tourner la tête, pour voir mon père tout pâle, raide, immobile, les yeux fixés sur sa petite-fille. Il fit un signe de tête, un seul, de haut en bas, alors je supposai que ça voulait dire oui. Emmett alla le prendre par le bras pour l'amener jusqu'au lit, le forçant à s'asseoir dessus.
-Mets tes mains comme ça, lui montra maman. Attention…
Quand Elisabeth fut dans ses bras, papa poussa un tel soupir d'admiration que ça nous fit tous rire.
-Elle est magnifique, ronronna Esmee en se tournant vers sa bru. Rose, tu as mis au monde une adorable petite merveille !
-Elle a tes yeux et tes cheveux Rose, en revanche, elle a les oreilles de son père !
Nous étions tous groupés autour du lit, nous extasiant devant la moue du nourrisson. Puis chacun s'écarta plus ou moins, alors j'en profitai pour donner le cadeau que j'avais acheté pour ce jour si particulier. Une nièce, ça se gâte dès le premier jour de sa vie ! Je comptais bien faire la même chose avec l'enfant de Bella, que ce soit un petit garçon ou une petite fille.
-Et toi, Alice ?
Je n'avais pas suivi la conversation, et regardai Esmee, Bella, Jasper et Edward, qui ricanaient, dans l'espoir que la question s'inscrirait sur leurs fronts.
-On se demandait quand tu voudrais à ton tour devenir maman, sourit ma mère. Mais tu as le temps, tu es encore jeune.
-Eh ! Je vous signale quand même que je suis plus âgée que Bella !
Cette dernière me fusilla des yeux, tandis qu'un silence embarrassant nous entourait, mais celui-ci fut vite dissipé quand le nouveau-né se mit à pleurer. Papa rendit immédiatement sa fille à Rose, qui défit adroitement sa chemise pour allaiter la petite.
-J'avais oublié à quel point un bébé peut être si petit ! Fit Carlisle, faussement désinvolte. Bon courage fiston !
Sa dernière phrase, à l'adresse d'Emmett, nous fit tous rire aux éclats. Une nouvelle page de la famille Cullen s'écrivait, et dans neuf mois, une autre s'écrirait également. Pour le moment, Jasper et moi ne voulions pas d'enfant, mais peut-être qu'avoir des bébés autour de nous nous ferait changer d'avis.
XXXXXXXXXXXXXXXXXX
Pov Edward
-Tu es sûre que cette jupe n'est pas trop courte ?
Ma petite-amie redressa la tête au ton de ma question, et son reflet me fusilla du regard à travers le miroir de la chambre, ses yeux verts presque autoritaires.
-Non, elle n'est pas trop courte. Elle est extra trop courte, mais !
Elle se retourna, ce qui fit voler les longs cheveux blonds de sa perruque, avança jusqu'à moi en roulant faussement des mécaniques, avant de s'asseoir sur mes genoux, puis me força à m'allonger sur le lit sur lequel j'étais assis.
-Mais que tu sois content ou pas, monsieur Edward Cullen, je ne me changerai pas, ronronna-t-elle en se penchant sur moi, ses seins un peu alourdis frôlant délicieusement ma poitrine.
J'avançai la tête en tendant mes lèvres, qu'elle prit doucement pour un langoureux baiser.
-Et pourquoi donc ? Haletai-je.
Elle laissa son nez descendre dans mon cou, avant de mordiller la peau à la base de celui-ci. Depuis quelques temps, Bella était on ne peut plus en accord avec son corps et le sexe, et Mon Dieu, qu'est-ce que c'était bon !
-Parce que c'est Alice qui m'a offert cette robe, et qui m'a assurée, avec ses yeux style chat botté dans le dessin animé du même nom, que je serais magnifique avec ce soir. Et si cette excuse ne te satisfait pas, je vais te donner ma version de la chose : si j'en juge par ton regard, et si j'ajoute à ça deux ou trois heures à danser l'un contre l'autre, alors je crois que notre nuit sera agitée, dans le bon sens du terme.
-Je bosse tôt demain, grognai-je en donnant une impulsion pour nous retourner, de façon à ce que Bella soit sous moi. Tu cherches à me rendre fou ?
Le rire mélodieux de ma petite-amie emplit la pièce, avant qu'elle ne quémande un baiser. Je le lui donnai volontiers, appréciant ces moments tendres entre nous. Cette fille magnifique, coincée sous mon corps, était un modèle de courage : la traque de James Connor et Laurent Ruiz se poursuivait, et au fil des jours, les journaux télévisés rapportaient des meurtres commis dans la région, et les victimes étaient des jeunes filles de l'âge de Bella. Heureusement, pour notre tranquillité d'esprit, ces malheureuses étaient assassinées dans un rayon plus large qu'avant.
« -Maintenant, avait dit Appledown, il y a fort à parier que Connor et Ruiz vont supposer que nous avons éloigné Bella d'ici, que nous lui avons fait changer de cachette. Je pense qu'ils vont élargir leur périmètre de chasse, mais nous ne relâchons pas notre surveillance pour autant. Nous continuerons à le pourchasser, et à tenter d'éviter d'autres morts, mais nous sommes conscients que ça sera difficile. En revanche, j'espère que grâce à cette fausse déduction, nous pourrons découvrir la taupe qui se terre parmi nos effectifs. »
Il nous avait montré une carte, avant d'y tracer plusieurs cercles concentriques, et de faire des conjectures sur le temps que mettraient ces ordures à revenir au périmètre établi lors de l'enlèvement de Bella. De notre côté, nous devions garder tous les subterfuges pour ne pas dévoiler l'identité de ma copine. Cette fois, nous faisions plus que travailler chacun de notre côté, le FBI et ma famille, nous travaillions ensemble. Pour la sécurité de Bella.
Alors, quand cette nana-là se mettait à jouer avec moi, rien n'aurait pu m'arrêter tant que je ne le souhaitais pas, pas même un ouragan ou une invasion extraterrestre.
-Ça dépend de ce que tu nommes la folie. Mais si on ne se dépêche pas, Alice risque elle aussi de s'en prendre à toi, or il m'a semblé l'entendre dire qu'elle envisageait une virée shopping prochainement.
-Comment fait-elle pour avoir toujours autant d'argent à dépenser si souvent ! Grognai-je. A croire qu'elle cambriole Fort Knox tous les mois !
Cependant, ne voulant pas être désigné d'office comme volontaire par Alice, je picorai une dernière fois les lèvres de ma compagne avant de me relever, l'aidant à en faire autant.
-Tu n'as toujours pas changé d'avis pour cette jupe ?
Bella leva les yeux au ciel pour toute réponse à ma question, et ce fut main dans la main que nous rejoignîmes mes parents pour nous rendre à Port Angeles. Le trajet fut détendu, puis nous retrouvâmes Alice et Jasper, ainsi qu'Emmett, Rosalie et Elisabeth dans un bar. Cela faisait trois semaines que ces dernières étaient sorties de la maternité, et l'acclimatation se passait bien. Comme elle l'avait annoncé, Rose éjectait son conjoint du lit quand leur fille se mettait à pleurer. Pour l'instant, le papa ne s'en plaignait pas, mais il ignorait que Jasper, Carlisle et moi avions parié sur le nombre de semaines qu'il tiendrait avant de craquer et de supplier sa femme de le remplacer ne serait-ce qu'une nuit.
Le bar n'était pas très fréquenté, mais ça nous convenait tout à fait, pour la tranquillité d'Elisabeth. Alice avait fait les choses bien, et avait carrément privatisé un côté de la salle, séparé par des paravents. La musique n'était pas trop forte, et pour y être venu fréquemment, je savais que c'était l'habitude dans ce bar, contrairement à d'autres endroits bondés où la musique perçait les tympans. Les conversations s'engagèrent, mais Carlisle demanda le silence. Lui d'habitude si réservé, fut celui qui porta le premier toast. Comme quoi, devenir grand-père lui donnait l'assurance de celui qui monte en grade.
-Je lève mon verre à notre famille, déclara-t-il avec un grand sourire. Notre famille, qui s'est agrandie, et qui va encore bientôt s'agrandir. Rose, Emmett, je vous souhaite tout le bonheur du monde avec votre enfant, c'est une joie chaque jour de la regarder grandir. Ce que je vous souhaite à tous, en ce début d'année, c'est une très bonne santé, l'amour des vôtres, et la sécurité d'un foyer. J'ai la chance immense d'avoir les trois, et je remercie chaque jour le ciel. A nous !
Nous trinquâmes tous, une fois, deux fois, trois fois… L'alcool faisait son œuvre, nous rendant plus ou moins détendus. Seules Rose et Bella ne buvaient pas d'alcool, alors elles savaient qu'elles ramenaient tout le monde à bon port en toute sécurité, mais ça ne les empêchaient pas de rire, de dire des bêtises ou de danser quand les clients affluèrent un peu plus et que nous enlevâmes les paravents, pour nous mêler aux danseurs. Je dansai souvent avec Bella ce soir-là, serrés l'un contre l'autre, et avant que j'ai pu l'empêcher de se former, la pensée me vint qu'elle serait magnifique en robe de mariée, à danser un slow comme nous le faisions en cet instant. Nos corps se complétaient, de manière si automatique, parfaitement. Je sentais ses seins caresser ma poitrine, et il était impossible qu'elle ne sente pas mon érection, mais il était hors de question de la prendre ici, pas comme j'avais pu coucher avec des filles ramassées dans les bars après une journée de travail épuisante, plusieurs années auparavant.
Je dansai avec ma mère également, ainsi qu'avec Rose et ma sœur. La soirée fut agréable, et je pus constater une nouvelle fois à quel point ma famille m'aimait, et que Bella était considérée comme ma compagne, et non comme une personne de passage. Cette prise de conscience illumina encore plus ma soirée, tout comme le fait de savoir qu'un petit être, un mélange de Bella et moi, allait voir le jour dans un peu moins de huit mois.
Je me souvins peu du trajet du retour, et encore moins de ma nuit. En revanche, le lendemain matin, mon réveil fut nauséeux, et ma tête menaçait d'exploser, parce qu'un marteau-piqueur cherchait à percer mes tempes. Quand un corps chaud bougea contre moi, il me fallut quelques secondes de réflexion pour que mon cerveau puisse fonctionner malgré la brume et me souffle que ça ne pouvait être que Bella.
Pov Bella
Je remuai, un corps brûlant à moitié sur moi me donnant trop chaud. Le grognement qu'émit Edward me fit sourire, et en relevant la tête, je pus constater qu'il dormait encore profondément. Il avait bu pas mal la veille, mais tous les hommes de la famille avaient trop picolé, laissant la responsabilité aux femmes de les ramener à bon port. Et ce fut moi qui conduisis au retour, parce que pour la première fois depuis mon arrivée (idem depuis l'entrée de Rosalie dans la famille, des années auparavant), je vis Esmee embrumée par les vapeurs d'alcool, qui était prise de fous-rires, rejointe par ses hilares de fils et même son mari. C'était assez drôle à voir, et Alice et Rose ne se privèrent pas pour se moquer d'elle une fois chez Esmee et Carlisle.
-Alice ! S'insurgea Rose. Tu oses filmer tes parents quand ils sont saouls ?!
-Hey ! T'imagines pas le poids de cet argument quand on en a besoin ! Et puis, c'est marrant de les voir comme ça ! Je suis persuadée que même eux rigoleront plus tard.
Nous pouffâmes toutes les trois, avant qu'Elisabeth ne pleure et qu'Emmett geigne lui aussi.
-Bon, ben je sais ce qu'il me reste à faire ! Soupira la blonde. Je vais rentrer pour coucher mes deux bébés !
Alice fit de même, quand elle eut réussie à séparer Jasper et Edward qui s'étaient lancés dans un bras de fer sur la table de la salle à manger. Quand les deux voitures se furent éloignées sur le chemin de terre, la maison devint plus calme. Au premier étage, j'entendais Esmee, qui riait toujours, imitée par son mari : c'était une bonne surprise de voir le couple s'amuser, eux si sages d'habitude. Certes, j'étais habituée à voir ma mère sortir en boîte avec son mec du moment, ou simplement à la voir devenir euphorique après plusieurs verres, mais étrangement, j'avais du mal à considérer ma mère aussi adulte que Carlisle et sa femme.
Après m'être assurée que la villa était sécurisée pour la nuit, je rejoignis Edward, puis entrepris de le déshabiller malgré ses grognements qui me demandaient tantôt de le laisser dormir, tantôt de coucher avec lui. Amusée, je fis exprès de le caresser, de l'embrasser, mais ce fut moi la plus frustrée, parce qu'une fois nu, Edward s'endormit comme une masse, juste un petit ronflement se faisant parfois entendre. Ce fut avec un gros soupir que je me couchai, aussi loin du ronfleur que possible, mais celui-ci tendit le bras, comme s'il savait d'instinct que j'étais loin de lui, pour me ramener tendrement contre lui. Je m'endormis rapidement, l'haleine de mon compagnon heurtant ma nuque dans un souffle régulier.
Tandis qu'Edward émergeait lentement, je restai couchée, ma main cajolant la base de la nuque de mon petit-ami, sans forcément penser à quelque chose, appréciant juste de rester allongée et profiter de cette sensation d'être aimée, d'être à ma place, d'être heureuse et comblée.
-Bella ?
Edward releva la tête, mais elle devait être trop lourde parce qu'elle retomba sur l'oreille tandis que le propriétaire de ladite tête grognait qu'il avait peut-être un peu trop bu la veille.
-Qui veux-tu qui soit là ? Ris-je.
-Arrête de rire ! Gémit Edward. Il est quelle heure ? Merde ! » S'écria-t-il soudain en regardant l'heure. « Bon, ben je suis quitte pour appeler l'hôpital pour qu'ils décommandent mes rendez-vous. Un jour de congé sans solde, ça ne m'était pas arrivé depuis des années, y compris lorsque j'étais à l'université. Dis, tu veux bien aller me chercher de l'aspirine s'il te plaît ? Tu serais la meilleure des petites-amies si tu m'en apportais avec un grand verre d'eau et un café.
La fin de sa phrase ressemblait plus à un grognement, mais je compris quand même.
-Il est neuf heures, beaucoup trop tard pour aller au travail, mais je pense que tes parents sont dans le même état que toi, alors on risque de bruncher vers onze heures. Je vais te ramener de quoi te sentir mieux, heureusement que l'aspirine existe !
-Ah ah ah.
Je passai un peignoir en soie pour me rendre à la cuisine, préparai deux cafés, deux verres de jus d'orange, du pain, du beurre et de la marmelade pour moi. Je ne pris que deux cachets d'aspirine, et non la boîte entière, pour qu'Esmee puisse y accéder sans passer par nous. Une fois les objets posés sur un plateau, je rejoignis Edward qui avait réussi à s'asseoir, une grimace déformant son visage. Je m'assis sur le lit, une jambe repliée sous moi, et déposai un baiser sur la joue du ronchon à côté de moi.
-Pas habitué à boire ? Ne pus-je m'empêcher de demander sarcastiquement.
-Disons que j'ai perdu l'habitude avec les années, avoua-t-il après avoir bu le verre d'eau où j'avais fait dissoudre de l'aspirine effervescente.
Je vis passer une émotion sur son visage, mais je ne pus déterminer si c'était une sorte de honte ou de nostalgie. Mais je compris quand il continua après s'être allongé contre moi, ses doigts parcourant lentement et sensuellement mes cuisses, mon ventre, mon dos…
-Quand j'étais en fac de médecine, j'allais souvent aux fêtes d'étudiants avec Jasper, et crois-moi, dans ce genre d'occasions… Les filles sont vraiment en chaleur. J'avoue que je n'étais pas encore très mature, alors j'ai fait comme les autres étudiants, j'ai profité de chaque occasion qui m'était offerte. Après mon diplôme, j'allai dans les bars pour rencontrer une fille qui ne soit pas attirée par la renommée de mon nom de famille, ou par notre argent. J'y ai rencontré de nombreuses pseudo-petites-amies, sans en présenter une seule à mes parents. C'est d'ailleurs dans un de ces bars que Tanya draguait, et nous sommes repartis ensemble un soir. Ça ne devait pas durer plus de quelques nuits, mais elle a su exploiter mes points faibles…
La douleur qui traversa ses traits me fit de la peine, et je roulai, de sorte que ma poitrine surplombe la sienne.
-Tu n'es pas obligé d'en parler si tu n'en as pas envie, l'assurai-je. Je sais que tu as souffert, et que tu souffres encore à cause d'elle. Ouais, ta sœur et ton frère sont de vrais jacasseurs parfois… Ajoutai-je suite à son regard curieux.
Ma remarque le fit sourire, et j'aimais mieux ça. C'était tellement bizarre de voir son petit-ami, un mec viril et fort moralement, afficher sa douleur, que j'avais du mal à cacher mon trouble. Il porta sa main à mon visage, pour caresser ma lèvre inférieure de son pouce.
-Ce n'est pas tout à fait exact, fit-il finalement d'une manière paresseuse. Je souffrais, oui, mais une évidence s'est imposée à moi il n'y a pas longtemps.
-Dois-je comprendre que je me suis imposée ? Ricanai-je.
-T'es bête !
Apparemment, sa tête allait mieux, parce qu'il m'embrassa à perdre haleine, tout en me plaquant contre le matelas avec ses hanches, et vu sa puissante érection, sa gueule de bois avait bien diminué !
XXXXXXXXXXXXXXXXX
Après avoir fait l'amour, Edward me proposa une virée, ce que j'acceptai avec plaisir. Il invita ses parents, mais ceux-ci préféraient rester au calme à la villa, et sûrement se remettre de la soirée arrosée de la veille. Alors ce fut à deux que nous nous rendîmes à Seattle, où il gara la voiture sur le front de mer. Le soleil était exceptionnellement de sortie, rendant cette promenade encore plus agréable, c'était d'ailleurs ce qui avait motivé Edward, prendre l'air sans nous faire tremper comme des serpillières. Nos mains se trouvèrent tandis que nous marchions côte à côte, en silence, le bruit des rouleaux de vagues de l'Océan et des mouettes nous accompagnant naturellement. Nous n'éprouvions pas de nécessité à parler, seule notre présence l'un pour l'autre était importante, sans que ce soit interminable ou pesant.
Nous marchâmes durant deux heures au moins le long de la plage, avant de nous asseoir sur le sable, face à l'immensité de l'eau. Le silence dura de longues minutes, puis je pensai tout haut.
-Dis Edward, tu crois que ce serait possible que je puisse voir ma mère ?
Mon petit ami expira bruyamment, avant de dessiner du bout de son index dans le sable.
-Je voudrais te dire oui, tu sais, mais je ne suis pas certain que ce soit une bonne chose. Tu mettrais en danger des dizaines de personnes, si Appledown dit vrai.
Je le savais, évidemment. Mais ça ne coûtait rien de redemander, non ?
-Ce surcroît de demande, c'est à cause de ta grossesse, n'est-ce pas ? » Il tourna la tête, pourtant j'étais persuadée qu'il connaissait déjà la réponse. « Tu me le dirais, si tu prévoyais de faire une bêtise, hein ? »
Son regard était prudent, et il ne bougeait plus. Quelle confiance en moi ! Je levai les yeux au ciel, essayant de ne pas paraître trop vexée. Je me posai juste la question, à savoir si je lui répondais ou si je restai puérilement muette. Un coup d'épaule sur la mienne me donna la réponse.
-Honnêtement ? Je ne sais pas. Peut-être que, si je dois en faire une, je déciderai de te prévenir ou pas. Une fois qu'une centaine de kilomètres au minimum sera entre nous. Tu te rends compte que je vais devenir maman à mon tour, et qu'elle n'en sait rien ?! Et je ne parle même pas de toi ! Elle deviendrait folle si elle savait que j'ai trouvé l'amour, elle pourrait même te draguer en voyant à quel point tu es parfait !
Il rit, un rire franc et spontané.
-Merci pour ce compliment, chérie, fit-il, mais elle me laissera de marbre, elle ne peut pas être aussi belle et fraîche que toi.
-Fraîche ?
Il ne me répondit pas, mais se pencha vers moi pour me donner un long baiser sensuel, sa main sur ma joue.
-C'était un compliment, sourit-il contre mes lèvres. Tu sais, ces petits mots qui font plaisir !
Je ne pus me retenir : j'éclatai de rire, avant de rouler sur le sable, et Edward en profita pour s'allonger au-dessus de moi sans m'écraser, pour nous faire rouler dans le sol meuble. Une chose était certaine : j'avais beau être jeune, être isolée de ma mère, être pourchassée par des truands sans foi ni loi, j'avais trouvé mon foyer, le vrai, celui dont on n'a plus jamais envie de partir.
