Merci à toutes pour vos messages. Cela me fait réellement plaisir.
Je vous mets de suite le chapitre 12.
J'aimerai beaucoup savoir ce que vous en pensez, alors…
Chapitre 12
Les jours suivants, je poursuivais l'entraînement, sous la houlette de Carlisle. Il se révélait être toujours prêt. Edward nous rejoignait dès que Bella s'essayait au combat physique. Avec satisfaction, je notais que je progressais. J'arrivais à présent à faire léviter un objet et à le faire évoluer dans l'air. Certes, ce n'était pas toujours aisé, et je n'y arrivais pas tout le temps, mais j'avais compris le principe. L'énergie que j'utilisais était comme un prolongement de mon propre bras. Si je la laissais échapper, c'était comme si mon poing allait frapper ce qui se trouvait en face. Pour faire léviter un objet, j'avais l'impression de le saisir dans ma main. Et lorsque je balayais d'un revers de bras l'espace devant moi, tout ce qui se trouvait à ma portée était repoussé. Nous avions essayé avec des branches de diverses tailles et poids et, après quelques heures d'adaptation, je les manipulais comme de simples brindilles. La distance d'action se révéla plus problématique. Parfois, j'atteignais un objet placé à 7 mètres, parfois je n'arrivais pas à dépasser les 2 mètres. Carlisle pensait que c'était suivant ma forme et mon état d'esprit. J'avais une fois réussi à déplacer un petit rocher situé à 10 mètres, mais je n'avais pu réitérer cela.
Une fois de plus, je me retrouvais avec Carlisle pour m'exercer. Vu le résultat de mes premiers essais, nous avions décidé de ne pas rester aux abords de la villa. C'est dans une petite clairière que Carlisle m'aidait. Je lui en étais reconnaissante. Sans la présence des autres vampires, j'étais plus à l'aise. Aujourd'hui, nous étions seuls. Edward était avec sa petite famille.
- J'aimerai qu'on essaye quelque chose de différent. Commença Carlisle.
- Je vous écoute. Fis-je, avec un peu d'appréhension.
- Maintenant, tu as compris comme utiliser ton don.
- Mis à part quelques accidents. L'interrompis-je
- Qui ne sont pas graves. Continua-t-il. Jusqu'à présent, tu as fait bouger des branches avec une seule main. J'aimerai que tu essayes d'en faire bouger deux. Mais, en utilisant tes deux mains.
- Je suis emballée, vous n'imaginez même pas.
- Allez, un peu d'optimisme. C'est en forgeant qu'on devient forgeron. Ajouta-t-il avec un sourire
Je le regardai avec une petite moue. Mais, après tout, s'il pensait que j'en étais capable. J'avais déjà bien progressé en quelques jours. Ce qu'il me demandait était peut-être faisable. Je regardai autour de moi.
- Les deux branches, là. Fis-je
- Non, Rachel. Cette branche et ce caillou. Comme cela je serai certain que tu utilises tes deux mains.
En effet, la branche et le rocher désignés ne se trouvant pas côte à côte, je ne pouvais tricher en n'utilisant qu'une main. Carlisle était rusé. Je n'avais pas le choix. C'était sûrement mieux ainsi. Je tendis les mains et me concentrai. Presqu'aussitôt, je sentis le fourmillement devenu familier. C'était devenu facile d'éveiller cette énergie. Plus je m'entraînais, plus je devenais consciente de tous les efforts que j'avais fournis pour la garder endormie. A présent, je me sentais mieux. Bien entendu, j'appréhendais toujours que cette force m'échappe. Mais, en même temps, j'étais presque certaine de pouvoir la maîtriser si c'était le cas. Carlisle avait, une fois de plus, eut raison depuis le début. Je ne pouvais passer ma vie à attendre et appréhender un accident. Mieux valait prendre les devants. Et plus je m'entraînerais, plus le risque d'accident s'éloignerait.
Je dirigeais avec douceur le flux d'énergie vers les deux objets. Je me rendis compte que cela me posait problème. Ils n'étaient pas tous les deux dans mon champ de vision. Je ne pouvais donc les atteindre en même temps. Dès que je détournais les yeux de la branche pour me concentrer sur le rocher, je sentais que la branche m'échappait. Perplexe, je baissais les mains.
- Un problème ? S'enquit Carlisle
- Je ne peux les bouger en même temps. Ils ne sont pas simultanément dans mon champ de vision.
- Et alors ? Résout le problème. Fit-il calmement. Fais-les moi bouger.
J'haussais un sourcil. Après tout, il voulait simplement que je les fasse bouger en même temps. D'un geste presque machinal, je rapprochais la branche. A présent, elle se trouvait dans mon champ de vision. Je souris. Pas de reproche ? Bien. L'expérience pouvait continuer. Je tendis les mains. Le flux s'anima. Je me concentrais afin de bien visualiser ce que je voulais. Puis, lentement, je laissais l'énergie s'écouler hors de mon corps. J'allais doucement, afin de ne pas faire valser, involontairement, la branche ou le rocher. Ce n'était pas facile de canaliser les deux flux. Si j'en étais capable, j'aurai sué sang et eau. Puis, je sentis les deux objets. Je soupirai. A présent, il ne restait plus qu'à les faire léviter. Il était difficile de se concentrer sur les deux objets. Je les sentais frémir. Mais, quant à les faire voler…
- C'est bien Rachel. M'encouragea Carlisle. Reste calme. Tu n'as pas besoin de t'énerver pour y arriver. Tout en souplesse.
J'augmentai la puissance. J'y étais presque. Encore un petit peu. Comme ça. Et maintenant… Précautionneusement, j'élevais mes mains. J'eus la satisfaction de voir la branche et la roche suivre docilement le mouvement. Je sentais néanmoins que cela me demandait plus d'énergie que d'habitude.
- Parfait. Tu vois, quand tu veux ? A présent, fais leur faire des cercles. Fais tourner la branche dans le sens des aiguilles d'une montre et le caillou dans le sens inverse.
- Bien, mon commandant.
Je m'exécutai. Déjà que ce n'était pas aisé de les maintenir en l'air, il fallait les faire bouger dans des sens opposés. J'amorçai le mouvement. Mais, un craquement dans mon dos me fit perdre ma concentration. Tout retomba sur le sol. Je me retournai.
- Désolé. Je vous ai interrompu. Fit l'intrus
- Ce n'est pas grave. Assura Carlisle.
Je lui jetais un regard interrogateur. Non, ce n'était pas grave… Après tout, je venais juste de fournir un énorme effort pour rien. Il n'y avait vraiment pas de quoi s'énerver. Le regard qui je lui jetais en disait long.
- Ne le regarde pas comme ça. Continua Carlisle. Emmett vient de nous apprendre quelque chose. Tu étais tellement concentrée que tu ne l'as pas entendu venir. J'en conclus que cela te demandait plus d'efforts que d'habitude.
- En effet. Ce n'est pas facile de doser correctement l'énergie dans les deux mains.
- Alors, on recommence.
Je continuais de fixer Emmett.
- Au fait, que fais-tu ici ? Lui demandai-je.
- Je venais juste voir comment tu t'en sors. Pour l'instant, objets 1, Rachel 0. Railla-t-il
- Et tu te crois drôle ? Pourquoi tu n'es pas avec Rose ?
- Elle est avec Bella et Nessie. Et comme Jacob est aussi avec elles, les remarques fusent. J'en ai un peu marre. Je le trouve attachant, Jake, et être toujours entre eux deux ne me ravit guère. Soupira Emmett.
- Oh ! On n'aime pas jouer les casques bleus ? Le taquinai-je
- Parfois, j'en prendrai bien l'un pour taper sur l'autre. Reprit-il.
- Qui t'en empêche ?
- Voyons ! Rachel ! Pour devoir calmer Rose ensuite ? Je ne suis pas fou !
- Excuse-moi, je n'avais pas remarqué.
- Tu exagères. Fit-il en souriant.
- Si peu, mon cher, si peu. En gros, tu ne veux pas faire la police à la maison, alors tu viens ici. Pourquoi ? Rien de mieux à faire ?
- Je suis curieux. Continua-t-il en s'asseyant. Voyons voir où tu en es.
Pendant tout ce temps, Carlisle avait gardé le silence, se contentant de nous observer. Un sourire flottait sur ses lèvres.
- Prête à recommencer ? S'informa-t-il
- Si le squatteur se tait…
- Je ne dirai pas un mot. M'assura Emmett.
Je le regardais avec un air sceptique. Lui ? Ne pas dire un mot ? Autant me demander de me taire !
- Tu te prends pour Tom Cruise ? Lui demandai-je
- Pourquoi tu dis cela ? Je ne vois pas le rapport. Dit Emmett.
- Tu comptes réussir une mission impossible ? Chapeau bas si tu y arrives.
- Les enfants ! Nous interrompit le docteur. On reste concentré sur l'objectif. Emmett, un peu de silence. Rachel, de la concentration et fais moi virevolter tout cela.
J'échangeais un regard plein de sous-entendus avec Emmett. J'étais certaine qu'il n'allait pas se taire. Et il savait que j'étais capable de le faire valser s'il m'énervait. Je me demandais qui de nous deux arriverait le mieux à se retenir. Je leur tournai le dos et recommençai à me concentrer. Comme précédemment, les objets s'élevèrent lentement dans les airs. Ce fut au moment de les faire bouger que les difficultés commencèrent. Je n'avais pas l'impression de les contrôler aussi bien l'un que l'autre. Le rocher, maintenu par ma main gauche, retomba avec un bruit sourd.
- Rocher 2, Rachel… Commença Emmett.
- Ose terminer ta phrase, que je rigole ensuite. Le prévins-je.
- Pas de violence. Intervint Carlisle.
- Je ne comptais même pas le toucher. Fis-je, innocemment.
- Tricheuse. Insinua le colosse.
- Pas de ma faute si je peux te renverser simplement en le voulant. Me défendis-je. Tu n'as qu'à pas être aussi fort.
- Pas de ma faute non plus. Riposta-t-il.
- Vous deux, alors… Soupira Carlisle, avec un sourire. Vous ne pouvez vous empêcher de vous taquiner. A croire qu'il vous est impossible de demeurer sérieux quand vous êtes ensemble.
- C'est comme un réflexe, Carlisle. Fis-je.
- Et puis, ça nous amuse tellement… Poursuivit Emmett
- Et en plus, vous êtes d'accord là-dessus. Ça promet. Remarqua Carlisle. Bon, Rachel, tu recommences ?
- Carlisle, je pense que c'est encore un peu tôt. Je préfèrerais qu'on poursuivre ce qu'on a commencé la dernière fois.
- C'est comme tu veux. Et puis, travailler ta précision sera certainement plus facile avec Emmett à côté.
- Dites tout de suite que je dérange… Maugréa l'intéressé.
- Non, tu ne nous déranges pas, fils. C'est juste que Rachel n'arrive pas à se concentrer quand tu es dans les parages. Vous rigolez trop ensemble.
Comme pour lui donner raison, l'amorce d'un rire germa dans nos gorges. Nous le réprimâmes rapidement.
- Alors, tu prends cette branche sans faire bouger celle de dessous et tu la poses en équilibre sur ce tronc.
A priori, facile. A priori seulement. Je tendis la main droite et commença l'exercice. J'arrivai à saisir la branche et la mettre sur le tronc.
- Je veux que la branche y reste lorsque tu la relâcheras. M'indiqua Carlisle.
Magnifique ! Après plusieurs essais, je trouvais le point d'équilibre et relâcha le tout.
- C'est bien. On continue.
Après plusieurs tentatives, quelques échecs et des réussites, Emmett nous interrompit.
- Rachel, tu y arrives lorsque c'est inanimé. Mais as-tu déjà essayé lorsqu'il y a un mouvement ?
- Que veux-tu dire ?
Il se leva, prit un caillou dans sa main et la tendit, paume ouverte.
- Si je lève et descend ma main, arrives-tu à saisir le caillou et à le poser par terre ? Demanda-t-il joignant le geste à la parole
- Nous n'avons pas encore essayé. L'informa Carlisle.
- Alors, on essaye. Poursuit Emmett
- Rachel ? Me demanda mon professeur.
- Pourquoi pas ? Puisqu'Emmett est volontaire… Murmurai-je
- C'est le caillou qu'il faut faire bouger, pas moi. M'informa Emmett
- J'avais compris. Remarquai-je, sans pouvoir m'empêcher de sourire
Je me concentrai. Je voyais distinctement le mouvement d'Emmett, le caillou bien en évidence dans sa paume ouverte, à deux mètres de moi. Je savais ce que je devais faire, mais d'un autre côté, la tentation de viser Emmett plutôt que la pierre était forte. Néanmoins, je me décidais finalement à faire ce qu'on attendait de moi. Je libérai mon énergie, cependant tout ne se passa pas comme c'était prévu. Je fis bouger le caillou, mais Emmett également. En un instant, le colosse se retrouva par terre.
- Rachel ! Sur quoi t'es-tu concentrée ? Gronda-t-il en se relevant
- La pierre, évidemment. Me défendis-je
- Je n'en suis pas certain ! Pourquoi Edward n'est pas là quand on a besoin de lui ?
- Emmett. Intervint Carlisle. C'est toi qui as proposé. Il est normal qu'elle échoue, au début.
- On recommence ? Demandai-je, souriante.
- Après tout, c'est pour la bonne cause. Mais à charge de revanche. Fit Emmett
- Pas de problème. Lui assurai-je
- Les enfants, est-ce que je peux vous laisser ? Demanda Carlisle. Esmée voulait que je rentre assez tôt.
- Pas de souci, doc. Répliquai-je
- Je vous fais confiance pour continuer sérieusement. Nous avertit-il.
- Bien entendu. Répondis-je en même temps qu'Emmett.
Après un dernier regard, Carlisle s'en retourna à la villa. J'étais impatiente de continuer.
- Allez, on continue. Toujours le même principe. Reprit Emmett
Nous fîmes plusieurs essais. Bien entendu, il se retrouva très souvent au sol. Ne voulant pas le vexer, et décidée à y parvenir, je me concentrai davantage. Je visualisais la pierre et je sentis mon énergie s'enrouler autour de la paume d'Emmett. Je rectifiai et rétractai le flux. Je le redirigea, voulant ne toucher que le misérable caillou qui me narguait dans la paume tendue. Finalement, je réussi à ne saisir que la pierre. Avec un soupir de satisfaction, je le pris et le déposa sur le sol.
- Youpi ! M'exclamai-je
- Le hasard… Insinua Emmett
- On recommence. Répliquai-je. Tu vas voir si c'est le hasard, maintenant que j'ai saisi le truc.
En effet, nous recommençâmes. A ma grande satisfaction, je réussi une deuxième, puis une troisième et une quatrième fois. En définitive, l'entraînement quotidien avait porté ses fruits.
- Bien Rachel ! Sincèrement. Comment tu te sens ?
- Bien.
- Pas fatiguée ? S'enquit-il
- Non. Ce n'est plus difficile comme avant. Il me faut moins d'énergie pour faire de la télékinésie qu'auparavant. Et c'est nettement moins dur que de la faire taire.
- Partante pour une autre expérience ?
- Tu es en forme aujourd'hui ! Remarquai-je. Tu penses à quoi ?
- Utiliser ton pouvoir de façon offensive. Déclara Emmett
- Tu développes ton idée ? Répliquai-je, curieuse
- Je vais me déplacer dans la clairière et tu me soulèves. Si tu peux. Et juste soulever, pas la peine de m'envoyer je ne sais où.
- On peut essayer. Opinai-je
Aussitôt dit, aussitôt fait. Emmett partit en courant. Je tentais de le saisir, mais j'étais en retard sur lui. Il m'échappait sans cesse. Après plusieurs secondes, il s'arrêta.
- Tu te reposes ?
- Non, je ne suis pas assez rapide.
- Alors, on continue.
Et il reprit sa course à travers la clairière. Je me concentrai afin de faire jaillir le flux le plus rapidement possible. Tout à coup, Emmett fut projeté avec force contre un arbre. Arbre qui ne résista pas au choc.
- Je crois que j'ai réussi. Fis-je, penaude.
- Je le crois aussi. Remarqua Emmett en se relevant et en se débarrassant des débris du tronc.
- Un autre essai ? Demandai-je, timidement
- Au point où on en est. Soupira-t-il en regardant sa chemise en lambeaux.
Et nous recommençâmes. Cette fois, il n'alla pas bien loin. Je l'attrapai très vite et le soulevai du sol.
- OK. Repose-moi, maintenant.
J'obtempérai. Il voulut reprendre sa course, mais il ne put faire que deux pas avant d'être de nouveau suspendu entre ciel et terre. J'avais compris le principe. Je le reposai, pour m'en ressaisir presqu'aussitôt.
- J'ai compris ! Fit-il, avec un soupir. Rachel, on arrête. Tu y arrives.
- Je l'avais remarqué.
- Alors, tu veux bien me laisser marcher à nouveau ?
- Oh ! C'est ça que tu veux ? Le taquinai-je
- Pff !
Aussitôt, je le reposai et le laissai me rejoindre.
- En tout cas, Carlisle ne pourra pas dire qu'on ne s'est pas entraîné. Poursuivit-il en regardant sa chemise. Tu progresses très bien
- Comme quoi, nous pouvons être sérieux quand nous sommes ensemble. Remarquai-je
- A mon tour de te faire valser. Fit Emmett, tout sourire
- C'est-à-dire ?
- Ma revanche. Un combat. Loyal, bien sûr. Parce que si tu triches… Insinua-t-il
- Monsieur a peur de perdre ? Ironisai-je
- Très drôle. C'est juste qu'Edward triche déjà suffisamment. Pas la peine de t'y mettre.
Il se débarrassa prestement des restes de sa chemise. Je m'approchais de lui et me préparais. Aussitôt, il lança avec force son bras dans ma direction. Je l'esquivais, tout en essayant de placer un crochet du droit. Je sentis mon pouvoir s'éveiller, mais je ne voulais pas y faire appel. Cela aurait été trop facile de remporter ce match ainsi. Le temps que je le mette en sommeil, Emmett était en train de balancer sa jambe gauche en direction de mes côtes. J'abaissais le bras afin de le bloquer. Mais, je m'aperçus que ce n'était qu'une feinte ! Son poing droit se dirigeait vers moi. Je me reculais afin d'échapper au coup. Emmett se relançait à l'attaque. Il était vraiment bon. Je ne voulais pas le décevoir. Alors, je m'appliquais et me laissais guider par mon instinct. Je m'abaissais afin d'échapper à son poing et en profitais pour lui balancer le mien dans l'estomac. Touché ! Mais ce fut moi qui coula, car en recevant mon coup, Emmett s'était plié en deux afin de donner plus de puissance à son coude, coude qui frappa mon épaule avec force. Et, bien entendu, je me retrouvais à terre. Je roula sur le côté afin de lui échapper et me redressa vivement. Mais, il me saisi avant que je ne fusse debout et me projeta à quelques mètres. Je donnai un coup de rein afin de me retrouver sur mes jambes et reparti à l'assaut de cette montagne de muscles. Je le vis se préparer à encaisser le choc. Au moment où j'allais l'atteindre, je feintai. Je me laissai tomber sur le sol afin de le balayer d'une rotation des jambes. Je décidais d'y mettre toute la force que je pouvais, mais sans tricher. Et, contre toute attente, je réussi à le faire trébucher. Emmett à terre ! Mais ce n'était gagné que si je me trouvais en position de le mordre ! Au moment où je me jetais sur lui, il replia ses jambes et me les envoya avec force dans l'estomac. Je reculais aussitôt. Il en profita pour se relever. Il souriait ! Nous nous jetâmes l'un contre l'autre. Pendant que lui essayait de me toucher, j'esquivais. Nous pouvions tenir longtemps ainsi. Tout à tour, nous attaquions, esquivions, feintions et touchions l'autre, sans qu'aucun ne se trouve en position de gagner ce combat. Bien entendu, je savais pertinemment que si cela durait aussi longtemps, c'était parce qu'il le désirait. Plusieurs fois, il avait été sur le point de gagner, mais il avait volontairement ralenti ses mouvements afin de me permettre de me dégager de cette situation. Mais, cela ne me dérangeai pas. J'avais envie de me défouler, et je savais n'avoir pas besoin de me retenir contre lui. Et il semblerait que lui aimait également cette situation.
Lorsque le soleil se coucha, il rompit l'engagement, un énorme sourire aux lèvres.
- C'est bon pour aujourd'hui, Rachel.
- Je le crois aussi. Admis-je
- On rentre ?
- Pas de problème
Sur le chemin du retour, Emmett reprit la conversation.
- Tu te défends mieux que la dernière fois. Remarqua-t-il
- Je me suis entraînée contre d'autres, et j'ai retenu tes conseils. Répliquai-je, souriante
- Je suis l'instrument de ma propre perte ! S'exclama Emmett
- Que c'est triste ! Tu veux un câlin ?
- On se moque ?
- Je n'oserais jamais, voyons. Assurai-je
- Bien sûr. Je vais te croire. Ironisa-t-il. Vu le nombre de fois où tu me cherches…
- Parce que toi, tu ne fais rien ! Tu ne me charries jamais ?
- Je ne fais que te répondre. Se défendit-il
- Et tu t'en plains ?
- Non. Admit-il. C'est juste que je n'aie pas l'habitude d'avoir quelqu'un avec autant de répondant en face.
- Pareil pour moi.
- A croire qu'on est fait pour s'entendre. Remarqua-t-il.
- On a juste le même sens d'humour. Mais c'est vrai que je t'apprécie beaucoup. Je me sens bien quand tu es là. Avouai-je.
- J'en ai autant à ton service. Fit Emmett, avec un sourire.
- C'est étrange, c'est comme un réflexe. Quand on est ensemble, je ne peux m'empêcher de te taquiner. Poursuivis-je
- Toi aussi ? Continua-t-il. Comme quoi, c'est super qu'on se soit rencontré. Cela anime un peu nos vies.
- Tu as raison. Dommage qu'il reste si peu de temps… Soupirai-je
- Tu crois qu'on ne va pas s'en sortir ? Demanda-t-il
- J'espère que si, mais ce n'est qu'un espoir, et non une certitude.
- C'est ça, la vie.
- Même si on s'en sort, je partirai ensuite. Continuai-je.
Emmett s'arrêta. J'en fis autant. La villa était proche, mais a priori, il voulait terminer cette discussion avant que nous y arrivions.
- C'est vrai ? Tu partiras ? Pourquoi ? S'enquit-il, visiblement étonné
- Pourquoi pas ?
- Tu pourrais rester. Assura-t-il.
- Je n'en suis pas sûre, Emmett.
- Evidemment que si. Carlisle te l'a proposé. Surtout que tu as essayé notre régime. Insista-t-il
- Je n'ai pas décidé de le continuer
- J'ai quand même l'impression que tu n'en ais pas loin. Et puis…
Il n'acheva pas sa phrase.
- Continue. L'encourageai-je
- Tu vas me manquer. Et à Rose aussi. Poursuivit-il
- Au point que tu voudrais que je reste ?
- On rigole bien ensemble. On passe de bons moments. Tout le monde t'apprécie. Ce serait dommage que tu partes.
- Je ne suis pas certaine d'être de ton avis.
- Réfléchis-y. D'accord ? Je vais m'ennuyer, sans toi. Qui va m'embêter comme tu le fais ? Je me suis habitué à ta présence, et je ne suis pas le seul, je le sais. Cela ne fait que peu de temps que nous nous connaissons, mais j'ai l'impression de te connaître depuis toujours, que ta présence est une évidence. Insista-t-il
- Moi aussi, j'ai un peu cette sensation quand tu es là.
- Tu vas me manquer, si tu t'en vas. Et à Rose aussi. Et tu n'as plus de questions pour Carlisle ?
- Emmett, j'ai compris où tu veux en venir. Arrête de prier pour ta chapelle. C'est oui. Soupirai-je
- Tu restes ! S'exclama-t-il avec un sourire
- Non. C'est oui, je vais y réfléchir sérieusement. Rectifiai-je
- Oh. Fit-il, un air un peu déçu. Tu me tiendras au courant ?
- Bien entendu.
Nous continuâmes notre marche en direction de la villa. En levant les yeux, je vis que la chambre de Rose était allumée et le rideau tiré. Je souris.
- Il semblerait que Rose t'attende et que je ne doive pas entrer. Glissai-je à Emmett
- Je ne vais pas la faire attendre ! S'exclama-t-il.
Et il se rua à l'intérieur de la demeure. Je gagnai le salon, avec un sourire. Il y en a qui vont passer une bonne nuit !!! Quant à moi, je décidai de monter dans la bibliothèque. Tant qu'à avoir une nuit à soi, autant en profiter pour se cultiver un peu. Je poussai la porte de la bibliothèque et pris le temps de choisir un livre, avant de m'installer confortablement dans un fauteuil.
