~Ne laisser plus jamais les ténèbres prendre possession de moi…

Ses souvenirs devaient certainement lui jouer des tours… Elle sentait sa tête peser une tonne et chacun de ses neurones lui hurlaient de sombrer à nouveau dans l'inconscience. Mikan tourna sa tête vers la faible source de lumière à ses côtés. Une lampe de chevet adoucissait les ténèbres de la pièce anormalement froide. Il faisait nuit noire et Mikan comprit qu'elle avait surement dut passer un bon moment à dormir. Elle essaya de se rappeler les précédents événements, mais utiliser un peu de sa masse cérébrale se révéla un fardeau pire que les douze travaux d'Hercule rassemblés. Elle poussa un soupire, fatiguée et se laissa tomber à nouveau dans son oreiller. Elle fixa le plafond quelques instants, se rendant compte que les ombres de la lampe de chevet sur le plafond blanc immaculé étaient devenues l'une des choses les plus passionnante au monde. C'était de l'ironie, bien entendu.

Elle se concentra sur les bruits environnants, s'attendant à entendre des restes de hurlements de sa mère contre Hiro, mais rien de tous cela. C'était le calme plat et cela rendit Mikan presque mal à l'aise. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer après son malaise ? Elle avait peur pour sa mère et pour Kanha… Bon sang, si seulement elle n'était pas aussi fragile, elle aurait pu protéger sa mère… Mais elle n'était même pas capable d'encaisser une simple phrase… et quelle phrase… Le simple fait d'y penser la fit tressaillir, frère et sœur hein ? Sa mère lui avait donc caché quelque chose de si essentiel ? Cet homme horrible était véritablement son père ? Cette information lui donna presque un haut le cœur. Elle sentit ses yeux la bruler et effaça rageusement la larme qui venait de se former sur le coin de ses yeux. Elle eut l'impression d'entendre du paquet craquer et appela quelqu'un dans le couloir, espérant que cela soit Natsume et qu'il pourrait lui expliquer ce qu'elle avait raté. Quand la porte s'ouvrit, elle eut un rictus amer et soupira intérieurement. Elle avait toujours été si chanceuse…

- Mikan… Comment te sens-tu ? demanda le jeune homme s'approchant de son lit doucement.

- Rué… Son ton fut presque cassant et aussi glacial qu'un vent d'hiver.

Il avait bien du comprendre au ton de sa voix qu'elle n'avait aucune envie de discuter avec lui et encore moins de le voir. Mais cela ne sembla pas l'incommoder pour autant. Il s'assit sur le bord du lit, sans aucune autorisation et regarda Mikan d'un regard vide. Il semblait réfléchir, mais aller savoir à quoi… Elle soupira, tirant la couette sur elle, faisant en sorte de le repousser plus loin, sachant qu'il devrait bien se rendre compte qu'il la dérangeait. Il finit par se relever et venir à son chevet, posant une main sur sa joue froide. Mikan resta de marbre pendant un instant, sentant sa main chaude et protectrice, réussissant presque à sentir les battements de son cœur à travers sa paume. Que faisait-il ? Elle essaya de trouver une réponse dans ses yeux émeraude, mais n'y trouva qu'une brume épaisse… Elle finit par vite reprendre pied et repoussa sa main loin d'elle, étant plus agressive qu'elle l'aurait voulu. Elle se tourna dans le lit, se mettant dos à Rué et sentit ses larmes prendre à nouveau le contrôle sur elle. Les traitresses… Elle n'en pouvait plus, elle se savait à bout : moralement et physiquement. Toute cette histoire l'épuisait. Elle avait vraiment l'impression que son monde ne tournerait jamais rond…

Elle sentit à nouveau la paume chaude de Rué venir lui caresser les cheveux, gentiment voulant calmer ses sanglots. Mais que voulait-il à la fin ? Pourquoi se montrait-il si gentil d'un coup ? Ou pouvait bien être l'arnaque… Elle releva la tête et osa le regarder dans les yeux, elle fut presque troublée d'y trouver une once de gentillesse et d'affection dans son regard. Ce garçon était vraiment un cas à part…

- Elle renifla, ravalant les quelques larmes qui lui restait et parla d'une voix faiblarde, Tu vas me coller longtemps Rué ? Je t'ai pourtant déjà dis que je ne t'aimais pas… et ce n'est pas près de changer.

- Il eut un sourire amusé, bien qu'un peu triste et retira sa main de ses cheveux, Je sais bien… mais ce n'est pas pour ça que je reste près de toi.

Son sourire eut à nouveau raison de la déstabilisation de Mikan, elle s'agrippa à sa couette lui demandant quelque chose qui lui brulait les lèvres depuis déjà un bon moment. Il était temps pour elle de savoir.

- Le père de Natsume t'a-il promis quelque chose pour ta collaboration, demanda-t-elle accentuant le mot collaboration avec accès. De l'argent surement ? Ses propres mots la dégoutèrent.

Le sourire qu'il arpenta pendant un instant la déstabilisa encore plus. Puis il fit un signe de négation de la tête, ne répondant pas à sa question pour des mots. Il ne voulait rien dire, Mikan eut d'ailleurs un sourire crispé. Elle aurait beau essayer de le pousser à bout pour qu'il parle, elle savait qu'elle n'en apprendrait pas plus. Elle laissa tomber cette conversation et le laissa s'approcher quand il s'assit à côté d'elle et fit mine de prendre sa température.

- Tu te trompe sur moi tu sais, dit-il en pressant sa main contre le front de Mikan, qui ne semblait pas avoir de fièvre.

- Hmm… répondit-elle sans grand intérêt, C'est ce que tout le monde dit.

Il lui attribua un autre de ses sourires ravageurs et laissa retomber sa main sur la couette. Mikan leva les yeux au ciel pour montrer son exaspération.

- Tu n'es vraiment pas commode comme gars.

- Il eut un rire cristallin, On me le dit souvent.

Mikan ne put s'empêcher de lâcher un sourire. Il avait beau être le fiancé qu'elle n'aimait pas, c'était tout de même une bonne personne, à sa façon… Mais tout cela ne changerait rien aux faits… Allait-elle devoir accepter ses fiançailles ? Après tout, une relation entre frère et sœur, ce n'était pas très… décent si on peut dire. Elle ne supporterait pas d'affronter le regard des autres. Mais qu'est-ce qui lui ferait le plus mal ? Vivre sans Natsume ou affronter quelques petits soucis d'égo ? Hmm…

Elle fixa Rué sérieusement, un sourire ironique se dessinant sur son visage un peu pâle dut encore à son choc émotionnel.

- Cette histoire fait de toi un membre de ma famille également n'est-ce pas ? constata-t-elle.

Elle ne sembla pas remarquer le sourire du jeune homme s'allonger à cet affirmation. Elle soupira secouant la tête, se disant qu'être lointain cousin n'empêcherait pas ce mariage stupide… Comparé à sa relation nouvelle avec Natsume…

Le bruit qui vint en direction de la porte d'entré fit sursauter les deux jeunes personnes dans la pièce. Natsume se trouvait dans l'encadrement de la porte et croisait ses bras sur son torse, lui donnant un air encore plus sévère que d'habitude. Rué ne sembla pas s'en soucier et lui sourit de ses dents blanche immaculées. Mikan eut presque l'impression d'entendre un grognement de la part du jeune homme aux yeux de feu. Il se releva tout de même du lit quand Natsume s'approcha de Mikan, ne faisant aucun commentaire, chose étonnante de sa part surtout qu'elle était encore officiellement sa fiancée. Il gardait son sourire candide, qui devait d'ailleurs surement taper sur le système de son cousin. Mikan se cala contre son torse quand il fut à quelques centimètres d'elle, passant ses bras autour de sa taille robuste. Elle sentit ses mains sur sa tête, les sentant plus possessives que la normale.

- Surtout ne te gènes pas Rué… grogna Natsume à l'égard de son cousin, lui lançant un regard meurtrier.

Celui-ci ne lui répondit que par son habituel sourire moquer et Mikan cacha sa tête dans le ventre de Natsume, ne voulant pas se mêler de ce combat de coq inutile. Il dut d'ailleurs ressentir l'ennuie de la jeune fille, car il ne rétorqua rien de méchant à son cousin. Le silence se fit pesant pendant un moment, Mikan resta blottie contre Natsume pendant que les deux garçons semblaient se battre du regard. Elle sentit la main droite de Natsume caresser sa nuque des doigts, la faisant frissonner de plaisir. Se délectant de cette chaleur finalement retrouvée, elle se mit de nouveau à réfléchir. Elle devait leur demander, ce qui c'était passer. Même si les réponses pourraient bien lui exploser au visage…

- Comment va ma mère ?

- Les caresses de Natsume se stoppèrent nettes et les deux garçons se scrutèrent, Et bien… Disons qu'elle est un peu troublée. Et très énervée…

- Mais physiquement, elle n'a rien, le rassura Rué, finissant la phrase de son cousin.

Elle ne put s'empêcher de pousser un soupire de soulagement. Elle avait imaginé le pire… Elle s'agrippa à la chemise de Natsume, essayant de calmer ses tremblements naissants, dut à son anxiété naissante et finit par poser la question qui lui brulait les lèvres depuis le début de la conversation.

- Et pour cette histoire de lien de parenté… C'est la vérité ?

Ses lèvres tremblaient et elle peinait à garder la boule qui se formait dans sa gorge, sentant ses sanglots revenir au quart de tour. Natsume regarda son cousin qui dévia le regard vers la fenêtre de la pièce. Il soupira et serra sa petite amie contre lui, se sentant quelque peu déstabilisé face à son inutilité.

- Je ne sais pas Mikan. Mon père a finit par quitter la pièce sans rien dire, sous les hurlements de ta mère qui le traitait de menteur. Mais plus rien ne m'étonne dans cette histoire, tu sais… il termina sa phrase en déviant les yeux du visage larmoyant de Mikan. Lui aussi semblait exténué de toute cette agitation.

- Mikan secoua la tête énergiquement, contredisant les propos de Natsume. Elle secouait la tête négativement si fort que son cou aurait put finir par se briser. C'est impossible… Il doit y avoir une explication à tout cela….

Sa vision devint quelque peu trouble, ses larmes coulaient à présent à nouveau sur ses joues et les hoquets dut au sanglot était réapparut. Elle entendit des voix en provenance du salon et s'empressa de quitter les bras de Natsume afin de s'engouffrer dans le couloir sombre. Elle courait à en perdre haleine alors qu'elle entendait pourtant bien les hurlements de Natsume la priant de revenir. Mais elle devait en être sûre. Elle ne pouvait vivre dans le doute. Elle descendit les escaliers quatre à quatre et manqua d'ailleurs plusieurs fois de se retrouver la tête la première dans le parquet. Elle arriva dans le salon de cette maison qu'elle ne connaissait d'ailleurs pas, elle avait simplement suivit les voix, se laissant guider. Elle y trouva Yuka, Kanha, Aoi et Luca, tous assis sur le canapé. Sa meilleure amie se redressa comme si une guêpe l'avait piqué et vint directement en direction de Mikan. Elle l'attrapa par les épaules, l'étreignant contre elle et remercia les dieux qu'elle aille bien. Yuka déposa sa tasse sur la table basse, sachant bien que sa fille était venue pour elle. Elle la regarda tout de même inquiète de sa situation, sa petite progéniture semblait si pâle, si fragile… comme sur le point de se briser en deux.

- Maman… La voix de Mikan était secouée de larmes et tremblante. Comme si elle venait de se réveiller d'un horrible cauchemar.

- Mikan… Chérie… Elle se leva et s'approcha de sa fille, l'aidant à s'assoir sur le canapé au côté de tous. A cet instant, Rué et Natsume, tout les deux essoufflés arrivèrent en même temps dans le salon. Assieds-toi, tu n'es pas encore en état de te lever.

Elle obéit, mais n'oublia pas dans quel but elle était ici. Elle voulait savoir. Elle repoussa la main compatissante que sa mère avait déposée sur son épaule et la fixa d'un air sérieux. Yuka eut d'ailleurs un mouvement de recul face à tant de détermination de la part de sa fille.

- Je veux savoir la vérité maman… Monsieur Hyuga est-il vraiment mon père ? Vas-tu enfin me dire qui est réellement mon père ! Sa voix fut triste et a la fois agacée. Elle ne supportait plus que sa mère la traite comme si elle avait encore neuf ans.

Yuka chercha un peu de soutien dans le regard de Kanha. Celle-ci secoua négativement la tête, faisant comprendre à sa meilleure amie que cette fois ci elle ne devait pas s'en mêler. Yuka prit une inspiration et regarda sa fille, les yeux quelque peu embués.

- Ma relation avec Hiro est certes quelque peu étrange, mais il n'est pas ton père. Je ne vois pas où il a pu dénicher ce tissu de mensonge... Ton père est Izumi Yukihira, l'un des plus grands professeurs de cette génération et ça, personne ne peut le démentir.

Mikan regarda Kanha qui semblait vouloir accentuer les dires de son amie d'enfance. Cette histoire n'était donc qu'un tissu de mensonge ? Mais pourquoi ? Quelle en était l'utilité ? Rué s'avança, se raclant la gorge afin d'obtenir l'attention de tous.

- Je pense que Hiro ne soit pas le seul fautif dans cette histoire… Il semble, comment dire, parfois un peu à l'ouest dans ce qu'il dit.

- Kanha confirma ses dires, C'est vrai… Il n'a d'ailleurs jamais été ainsi…

- Et puis cette histoire de demi-frères était un peu ridicule, s'il avait vraiment été le père de Mikan pourquoi seulement le dire maintenant ?

Yuka sembla comprendre où il voulait en venir. Elle le regarda bouché bée et Mikan comprit à son tour.

- C'était pour que je me mette ma mère à dos ?

- C'est ce qui me parait le plus probable en tout cas, ajouta Rué.

- Natsume poussa un hmpf sonore, Mais qui ne nous dit pas que tu es de son côté et que tu ne vas pas mettre la pagaille ici ?

- Il sourit, heureux que son cousin soit toujours aussi perspicace, Content de te l'entendre dire. Mais je suis comme Mikan et Luca : lié par le chantage à Hiro. Et puis … les gens qui tirent les ficelles me semblent très mal informer. Nous devrions peut-être en tirer un avantage.

- Comment peux-tu savoir cela, demanda Yuka subitement.

- Rué regarda Mikan et sourit, Car il y a bien une histoire de demi-frère caché dans le coin. Mais ce n'est pas entre vous. Il regarda la salle qui semblait boire ses paroles, bien qu'ils ne comprennent plus de quoi il pouvait parler. Ton demi-frère Mikan, c'est moi…

Et puis ce fut le silence total…