Note de Lady Memory: Mille mercis à mes lecteurs et reviewers. Merci aussi pour vos réponses à mon sondage. Je suis heureuse de voir que vous appréciez l'histoire.

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Jeudi - Jour 19 – Des pères et filles

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« Jeudi » pensa Hermione, ouvrant les yeux et souriant, heureuse de savoir que la semaine arrivait à sa fin. Bientôt, elle aurait de la compagnie pour deux journées entières, et bien que celle-ci soit représentée par la sombre silhouette de son professeur, elle commençait à se sentir à l'aise avec lui.

Puis, ses pensées progressant de façon incongrue, une autre réflexion très particulière la frappa Noël aussi approchait. C'était le dix-neuvième jour qu'elle passait dans cette foutue maison, et le Professeur Snape lui avait dit qu'ils étaient en décembre. Les vacances scolaires venaient de commencer, la grande journée était donc évidemment proche !

Un doux sentiment fait de souvenirs pleins de joie et de tendres émotions enveloppa son cœur, lui rappelant sourires, rubans, chorales et guirlandes. Et bien sûr, les cadeaux : choisis avec amour et découverts dans le bonheur au matin, sous un sapin, quand elle était à la maison, ou devant son lit quand elle était à Poudlard.

L'attente de ces sensations chaleureuses et confortables monta, irrésistiblement forte, dans sa poitrine, et Hermione espéra que malgré sa réclusion et sa situation dangereuse, la magie de la saison des fêtes pourrait une fois encore faire un miracle et rénover son éclat, au moins pour une journée.

Se perdant dans son fantasme serein, la jeune fille sentit une autre suggestion tirailler sa corde sensible. Pourquoi ne pas préparer quelque chose pour le Professeur Snape, un présent qui lui exprimerait sa gratitude, son appréciation, d'une manière sympathique et tangible ? L'idée était attirante, de par ses implications. Mais plus plaisant encore –et un sourire moqueur s'élargit sur son visage- serait l'air de profonde surprise qui apparaîtrait certainement sur son visage.

Les aiguilles à tricoter et la laine lui vinrent soudain en tête, et un plan commença à y prendre forme. Elle tricoterait un pull, quelque chose de chaud, de discret, de noir, qu'il pourrait porter pendant ses trajets vers et depuis Poudlard. L'idée l'emplissait de joie, et Hermione décida de commencer sa tâche le matin même, tandis qu'il n'était pas là pour regarder.

Le temps passa rapidement alors qu'elle vérifiait la laine, tentait de calculer ses mailles et se mélangeait les méninges à la recherche d'un design qui ne serait pas trop difficile à reproduire. Après tout, ses précédentes expériences n'avaient été basées que sur des tailles minuscules adaptées aux elfes de maison, et il n'y avait aucun magazine de mode dans la maison qui aurait pu l'aider, à la fois comme modèle, mais aussi comme instructions. Dès qu'elle eut terminé ses calculs, Hermione décida qu'elle avait besoin de plus de laine noire, elle se résolut donc à écrire un message au Professeur Dumbledore pour lui en demander, bien évidemment en le priant de garder le secret, sans quoi la surprise serait gâchée. Mais la lettre allait devoir être emmenée par le Professeur Snape, et cela soulevait un problème : son gardien suspicieux voudrait certainement s'enquérir de ses raisons d'envoyer un message au Directeur.

Hmmmm… Peut-être pourrait-elle lui dire que c'était une requête d'articles féminins. Avec de la chance, cela mettrait un terme à sa curiosité.

Emplie d'une excitation joyeuse, heureuse d'avoir trouvé quelque chose à faire, la jeune fille commença son tricot, triomphante. Ce soir, elle allait aussi devoir discrètement découvrir quand serait Noël… Espérant qu'il ne soit pas déjà derrière elle, passé sans qu'elle s'en soit rendue compte.

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Mais l'après-midi ne se déroula pas comme prévu. Le Professeur Snape arriva plus tôt que d'habitude, et Hermione dut se presser de cacher le début informe du pull dans sa chambre. La confusion et un vague sens de culpabilité de n'avoir rien fait d'autre que tricoter de toute la journée lui rougirent les joues quand, gênée, elle le rejoignit dans le salon pour prendre les sacs en plastique qu'ils portaient.

Snape lui jeta un regard suspicieux, et la jeune fille bafouilla, en souriant timidement « Vous arrivez si tôt aujourd'hui… »

Elle se tut, alarmée, réalisant soudainement que sa surprise à le voir arriver tôt semblait grossière.

Les lignes, sur son front, s'approfondirent plus encore. Il croisa les bras et demanda de son ton soyeux et sarcastique que ses élèves avaient appris à craindre, « Pourquoi devrais-je repousser mon retour ici, alors que j'attends avec impatience votre chaleureuse hospitalité et votre excellente cuisine ? Mais il est évident que ces sentiments ne sont pas partagés. Malgré tous vos dénis, il semblerait en effet que vous préféreriez votre solitude au fardeau de ma présence. »

Alarmée par le tour que la conversation avait prise, Hermione s'empressa de le rassurer, mais ses excuses ne servirent qu'à aggraver son humeur. Ses lèvres se réduisirent en une fine ligne, et Snape la réduisit au silence d'un geste dédaigneux de la main. Il lui tendit ensuite les sacs plastiques et l'envoya à la cuisine d'un autre signe de tête rapide.

Depuis cet instant, la situation commença à glisser irrémédiablement hors de contrôle. Il était trop tôt pour manger, mais Hermione ne savait pas quoi faire d'autre pendant le temps libre avant leur dîner. Elle ne pouvait s'enfermer à nouveau dans sa chambre pour continuer son tricot tandis que cet homme silencieux s'agitait nerveusement dans la maison, mais elle voulait rester loin de lui, puisqu'il semblait ne chercher qu'un petit prétexte pour exploser. Son agitation était de plus en plus visible; finalement, se sentant extrêmement mal à l'aise, Hermione se retira enfin dans sa cuisine, où elle tenta de s'occuper sur de petites tâches.

Et alors, l'inimaginable arriva.

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Un bruit familier mais inattendu vint de l'extérieur. Surpris –plus que cela, choquée- l'homme et la fille échangèrent un regard, puis tournèrent la tête vers le son immanquable d'un moteur approchant. Avec un froncement de sourcils inquiet, Snape rejoignit la fenêtre et jeta un œil à l'extérieur, se gardant soigneusement caché derrière les rideaux. Hésitante, elle se joignit à lui, et tous deux émirent un cri de surprise commun à la vue surprenante s'étalant devant leurs yeux.

Une moto traversait, audacieuse, les terres précédents leur jardin. L'homme conduisant l'engin semblait un peu téméraire, mais en même temps, il conduisait avec beaucoup d'habileté. Il évitait les bosses et creux du sol avec talent, et arrêta son véhicule juste avant la petite porte de bois de la barrière. Il sauta ensuite avec agilité au bas de la moto et retira son casque. Les rayons mourants du soleil couchant illuminèrent une tête blonde, et avec un étrange sentiment de soulagement suivi d'une soudaine panique, Hermione reconnut Robert, le garçon qui était entré dans son existence seulement quelques jours auparavant.

Le Professeur Snape semblait également avoir compris qui était leur visiteur, car son regard étincela et qu'il murmura, étouffant le tonnerre contenu dans sa voix « Le jeune idiot dont vous m'avez parlé ? »

Hermione lui jeta un regard suppliant et baissa la tête pour acquiescer.

« Tenace, n'est-ce pas ? » continua-t-il froidement. « Il a affronté un si long trajet dans la neige pour vous rendre visite… »

Une pause glaciale suivit.

« J'admets avoir sous-évalué le pouvoir de votre charme, Miss Granger. » Son ton était chargé de sarcasme. Mais, malheureusement, je n'ai jamais prêté attention à ce genre de magie. »

Hermione rougit. Sa voix dégoulinait de moquerie sur chaque mot, et elle se sentit confuse et blessée. Puis ils entendirent le jeune homme appeler à voix haute et joyeuse.

« Jane ! Jane ! Tu es là? C'est moi, Robert ! »

Elle pâlit en voyant la rage s'étaler sur le visage de Snape et murmura timidement « Qu… Qu'est-ce que je devrais faire, maintenant? »

Il sourit, sarcastique. « Il est trop tard pour prétendre que nous ne sommes pas là. La cheminée fume, et la lumière des chandelles est aisément visible depuis l'extérieur.

-Alors ? » demanda-t-elle, avec l'impression que sa bouche était emplie de cendres.

« Heureusement, ce jeune imbécile est Moldu, et visiblement inoffensif. En revanche, sa présence est ennuyeuse. Trouvez un moyen d'utiliser vos charmes en le renvoyant sans élever ses suspicions. Je vous regarderai depuis ici, mais ne comptez pas sur mon aide, à moins qu'elle ne soit indispensable. »

Sa voix retomba, tranchante. « Je suppose qu'il ne sera pas trop difficile de vous jouer d'un homme. »

La jeune fille sentit une vague d'indignation mais ne répliqua pas. Déterminée, elle prit sa veste et alla ouvrir la porte.

« Bonjour ! Comment ça va ? » Robert s'illumina dès qu'il la vit apparaître sous le porche. « Tu te rappelles de moi, j'espère ? » continua-t-il sans lui laisser le temps de répondre. Il irradiait visiblement de joie. « Tu n'es pas venue nous rendre visite, alors je me suis dit que j'allais te faire une surprise. Comment ça va ? Tu profites des vacances ? »

Il entra dans le jardin et la regarda avec un large sourire qui exaltait la beauté de ses traits. Soudainement, Hermione se dit que la rencontre de ce jeune homme n'était pas si horrible, finalement. Il semblait si sympathique, honnête et beau ! Et, par-dessus tout, il parlait exactement comme ce qu'il était : un garçon fortement intéressé par une fille. Et la fille en question se sentait décidément flattée, avant qu'elle ne se rappelle de la situation.

« 'Fait froid, hein ? » poursuivit joyeusement Robert. « En fait, j'avais peur que tu sois déjà partie. Mais tu es là ! Génial ! Tu es libre, ce soir ?

-Eh bien » commença Hermione, hésitante, dépassée par le torrent de mots dont elle ne se rappelait que trop bien. « Merci d'être venu, Robert, mais je crains que…

-Non, non, non, non, ne dis rien ! Laisse-moi t'expliquer d'abord ! » s'exclama-t-il, et son sourire s'élargit plus encore, si c'était possible. « Il y a une grande fête au village. Je suppose que tu ne le sais pas, mais tous les soirs de la semaine précédant Noël, il y a une célébration spéciale : danses, musique –et de la bonne, pas un truc campagnard !- et beaucoup de trucs à manger et d'amusement. Voudrais-tu y aller avec moi ? Je peux t'y emmener dans notre jeep. Ce sera sympa! Ma soeur vient aussi. Tu vois, je t'ai fait tout un programme, comme ça tu peux en parler à tes parents. Ok, je pense que c'est trop tard pour aujourd'hui, mais pourquoi pas demain ? »

Hermione pâlit. C'était pire que ce qu'elle avait supposé, et le garçon semblait très déterminé.

« Eh bien, comme je te le disais, je… Je ne pense pas pouvoir » bafouilla-t-elle. Il la fixait, semblant profondément consterné, et elle imagina ses pensées : qu'est-ce qui pouvait être assez important pour tenir une fille loin d'une fête, dans ce coin paumé recouvert de neige ?

« Oh, allez, Jane ! » supplia Robert. « Je suis sûr que tu vas aimer ! Tu ne me fais pas confiance ? »

Il jeta un coup d'œil plein d'espoir à la maison. « Laisse-moi parler à ta mère et à ton père ! » offrit-il, puis il afficha encore son sourire charmeur, avant de le transformer en un air comiquement fier. « Je suis un mec bien, tu sais ? Les parents m'adorent. Tu vas voir, aucun souci. »

L'instant était arrivé.

« S'il te plaît » tenta Hermione. "Tu ne comprends pas. Je ne suis pas ici pour… »

Mais il l'interrompit, impatient, d'un mouvement de la main.

« Laisse-moi parler à ton père » répéta-t-il, et il s'avança résolument vers la maison.

« Robert ! » cria-t-elle, et toutes ses inventions possibles se retrouvèrent aux orties. « Je n'ai pas de papa qu'il faudrait convaincre ! Je suis une femme mariée ! »

Il écarquilla les yeux et, pendant un instant, elle se vit exactement comme lui la voyait : une fille avec des cheveux ébouriffés et de grands yeux noisette écarquillés.

« Q-quoi ? » s'exclama-t-il en penchant la tête, la considérant avec un froncement interrogatif. « Tu plaisantes ! Ce n'est pas possible, tu es trop jeune ! »

Juste à cet instant, le Professeur Snape ouvrit la porte et fixa Robert avec son regard noir le plus professionnel. L'homme avait retiré ses robes de Poudlard et ne portait plus qu'un pantalon noir et une chemise blanche, tentant de sembler aussi Moldu que possible. Le voir habillé de façon si peu appropriée au froid fit inconsciemment frissonner Hermione, et elle réalisa soudain qu'il avait dû entendre chaque mot prononcé, d'après le ton enthousiaste du garçon.

« Oui ? En quoi pouvons-nous vous aider ? » demanda le Professeur Snape du ton glacial qui avait gelé des générations d'élèves.

« Oh, ehm, euh, bonsoir, Monsieur. Je m'appelle Robert McGovern et je voudrais inviter Jane à… A un… Bal. » Malgré tout son courage rassemblé, Robert bafouillait.

« C'est très sympathique de votre part, en effet » répondit Snape avec un ton de froide courtoisie et un sourire plus froid encore. « Mais je pense que mon épouse préférerait rester à la maison. Il se fait tard, et elle a le dîner à préparer. »

Son regard passa sur la jeune fille pâle dans la neige.

« Je pense que le plat au four est prêt, chérie » déclara-t-il légèrement, mais Hermione put percevoir l'immense effort qu'il faisait pour se maintenir sous contrôle. « Si tu veux bien dire au revoir à ce jeune homme pour rentrer avec moi… »

Il pencha la tête vers le garçon pour lui jeter un regard plein de fiel. « Merci encore pour votre gentillesse, Mr McGovern. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser… »

Il retourna dans la maison, laissant deux silhouettes silencieuses derrière lui. Le garçon fut le premier à réagir. Il se tourna pour faire face à la jeune fille, le regard horrifié.

« Il dit la vérité ? Tu es vraiment mariée à lui ? » souffla-t-il lentement.

Hermione revint à la réalité et tenta de jouer son rôle de façon convaincante, mais son esprit revivait continuellement ces paroles surprenantes. Le Professeur Snape l'avait-il réellement appelée 'chérie' ? Bien sûr, il faisait semblant, savourant toujours son expression gentille. Mais ce regard qu'il avait jeté à Robert ! Pas étonnant qu'il semble si choqué. Le Professeur Snape avait un peu trop bien joué au mari irrité…

Robert la fixait, le regard teinté de regret et de doute.

« Tu restes avec lui volontairement ? » expira-t-il, se penchant pour approcher sa tête de la sienne. « Dis-moi la vérité. Je peux t'aider. »

A ce point, la jeune fille ne put s'empêcher de rire pour cacher son agitation.

« Robert, sérieusement ! » répliqua-t-elle, et le garçon rougit et haussa des épaules, semblant amer.

« Bon, désolé, alors » continua-t-il de façon plus calme, la regardant toujours avec un mélange d'émotions où la tristesse, la déception et même le ressentiment semblaient prévaloir. « J'aurais aimé avoir une chance avec toi. »

Il secoua la tête et son expression devint plus sombre. « Les femmes sont si bizarres. Qu'est-ce que tu trouves à ce… Ce… »

Maintenant qu'il n'y avait plus d'espoir, il était trop frustré pour soupeser ses paroles. Mais puisqu'il restait un jeune homme poli, Robert s'interrompit avant d'en dire trop.

« Je suppose que c'est la dernière fois que nous nous voyons » déclara-t-il avec un rictus amer, tendant une main pour un salut formel.

Ce n'était qu'un garçon, pensa Hermione, attristée devant sa douleur évidente. Le voir aurait été agréable, dans un autre monde. Mais elle… Elle n'était plus autorisée à être une jeune fille dans ce monde.

Elle serra sa main, et en quelques secondes, Robert partit, la tête obstinément baissée pour voir où il roulait, dans les ténèbres. Elle l'observa jusqu'à ce qu'il disparaisse au loin, puis se tourna et se dirigea, pensive, vers la maison.

Le Professeur Snape l'attendait, bras croisés, affichant une expression furieuse.

« Il est temps de manger, ne pensez-vous pas ? Ou devons-nous nous attendre à ce qu'un autre amoureux arrive et veuille parler à votre père ? »

Il sembla réaliser ce qu'il venait de dire juste après que le dernier mot soit prononcé de façon si mordante. Ses poings se serrèrent, son regard parcourut la pièce comme à la recherche d'une cible puis il détourna enfin ses épaules pour aller s'effondrer dans un fauteuil, près de la cheminée.

« Appelez-moi quand ce sera prêt ! » ordonna-t-il d'une voix tranchante.

Le reste de la soirée se passa dans un silence mutuellement rancuneux.

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Note de Cricri : Bon là je suis perdue… il souffle le froid le chaud…. fait une crise de jalousie enfin je suppose… il ne reste que 11 jours ou 12, si on a de la chance, c'est un mois à 31 jours… comment vont-ils résoudre leur problème relationnel et régler le cas Voldy… je ne capte plus…

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Aë : Eh bien… Tu verras XD Disons que les fêtes approchent, et que ça peut changer les choses… Ou pas.

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Note de Sockscranberries : Hé ben, comme d'hab, un pas en avant, deux en arrière… Mais là il faut bien avouer que la situation était un peu spéciale. Même si le caractère de Severus n'aide pas :p

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Aë : Mais il a dit 'chérie', non ? XD

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« Oui ? En quoi pouvons-nous vous aider ? » demanda le Professeur Snape du ton glacial qui avait gelé des générations d'élèves. (Le pauvre garçon ne va jamais s'en remettre ^^)

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« Je pense que le plat au four est prêt, chérie » déclara-t-il légèrement, mais Hermione put percevoir l'immense effort qu'il faisait pour se maintenir sous contrôle. (« Chérie »… ça a dû lui arracher la gorge de dire ça ^^)