Chapitre 20 ! Bonne lecture, j'attends vos avis avec impatience...
Avertissement : à partir de ce chapitre, il y aura des lemon assez fréquemment, vous êtes prévenu.
Oubliettes : chapitre 20
Au-delà des pensées
Le lendemain matin de cette soirée exceptionnelle, Hermione débutait directement avec un cours de Défense. Elle avait rarement été aussi nerveuse. C'était pour le moins étrange de faire face à Snape après ce qui s'était passé la veille, au milieu d'une salle de classe.
Elle entra dans la salle en jetant un regard vers l'homme aux cheveux noirs qui se tenait debout, contre le mur, les bras croisés. En un coup d'oeil, elle ne put s'empêcher de songer qu'il était... séduisant. Si elle avait cru un jour qu'elle trouverait Snape séduisant... Elle eut un sourire amusé quand il croisa finalement son regard. Elle frémit et tenta de lire dans le sien, en vain. Ce n'était ni de la froideur, ni de la chaleur, mais ce n'était pas non plus de l'indifférence... Peu importait, elle était en cours.
Elle était une élève.
Mais quand elle s'installa et qu'elle aperçut sa cape noire tournoyer derrière lui tandis qu'il fermait la porte, elle fut parcourue d'une délicieuse sensation au creux du ventre.
Reprends-toi Hermione.
"Aujourd'hui, nous allons étudier un enchantement particulier qui permet d'augmenter la puissance magique des sortilèges durant un certain laps de temps. Cet enchantement étant d'une subtilité extrême, je doute que des étudiants de votre niveau parviennent à un quelconque résultat, néanmoins, j'ose espérer que vous trouverez là matière à nourrir vos cervelles creuses.
Une chose était sûre, il était en forme, songea-t-elle avec un sourire. Elle sortit sa baguette et se concentra, attentive au moindre de ses mots - autant qu'à sa voix elle-même.
- Nous consacrerons les prochains cours à cet enchantement, aujourd'hui nous travaillerons la pratique et le sort lui-même, puis nous vérifierons de sa réussite à l'extérieur pour éviter qu'il n'y ait de blessés et surtout d'endommager le matériel.
Les élèves écoutèrent avec attention, excités par ce que signifiait le programme de Snape : le sort était puissant.
- La formule est "omnis maxima".
Les étudiants répétèrent en murmurant.
- Mais ce n'est pas tout, il faut avant tout rassembler la magie en soi. Vous devez pour cela, au début, fermer les yeux, et visualiser votre puissance magique sous la forme d'une fumée, d'une lumière, de quoi que ce soit de visible. Peu à peu vous la concentrerez en un point, et là vous prononcerez la formule. La puissance augmentera alors, et selon votre maîtrise, votre capacité et votre expérience, elle sera décuplée plus longtemps.
Hermione vit Harry sourire à Ron avec excitation. Mais elle n'était pas aussi enthousiaste, elle se doutait bien que l'enchantement serait extrêmement dur à maîtriser parce qu'il nécessitait une concentration mentale encore plus subtile que celle qu'exigeait l'occlumancie.
- Aujourd'hui, vous tâcherez de vous concentrer et de prononcer la formule. Le premier que je vois lancer un sort pour tester sa réussite se verra être le responsable d'un chute mémorable de sa maison.
Dans un brouhaha, tous se mirent au travail, mais sans trop savoir quoi faire. Certains se levèrent et gardèrent la baguette en main, d'autres échangèrent des regards perdus, et les derniers restaient assis, les yeux fermés, le visage rougi par leur application. Harry avait opté pour la position debout, et Ron avait copié sur lui, mais légèrement penaud.
Hermione quant à elle, hésita longuement. Il était difficile de se concentrer dans cette ambiance... Sans ajouter que Snape se trouvait là également... Elle prit donc l'initiative de lancer un sort de silence autour d'elle. Puis elle se jeta un sort d'aveuglement. Voilà, elle n'entendait rien, ne voyait rien, il ne lui restait plus qu'à donner forme à sa magie. Mais elle se souvint de l'effet que pouvait provoquer l'enchantement. Et si elle rendait tout le monde sourd ? Elle retira ses deux sorts et tâcha de se concentrer dans le bruit.
Elle ferma les yeux par réflexe et se vida l'esprit avant tout.
Ensuite, elle essaya de se souvenir de ses sensations quand elle jetait un sort. Habituellement, elle n'y prêtait pas attention et c'était d'autant plus difficile de les faire revenir. Après quelques minutes, elle décida de faire jaillir des étincelles de sa baguette pour manifester la présence de la magie.
Elle suivit d'abord du regard le mouvement des étincelles qui surgissaient de sa baguette. Un court instant, elle vit Snape qui la regardait. Essayant de ne pas faire attention à lui, elle ferma les yeux à nouveau.
Elle faisait tournoyer sa baguette, machinalement, avant de voir enfin, alors qu'elle avait toujours les yeux fermés, les étincelles onduler dans son esprit. Elle suivit le mouvement et s'efforça de le prolonger par sa concentration, en arrêtant le geste. Au début, les étincelles n'étaient qu'une image creuse puis elles crépitèrent, vibrèrent et l'envahirent comme si elle jetait un sort. Malheureusement, la satisfaction du résultat gêna sa concentration et le tout s'évanouit.
Elle soupira et renouvela sa tentative.
Ce ne fut qu'au bout de nombreux essais qu'elle aboutit à quelque chose de véritablement satisfaisant. Alors, d'une voix faible, qu'elle n'entendit même pas, elle murmura "omnis maxima".
Elle se sentit trembler et vaciller de sa chaise, envahie d'une sensation de puissance telle qu'elle ne parvenait à la contrôler. C'était incroyablement doux en même temps, comme si ses veines se remplissaient de magie... Enfin, épuisée, elle relâcha la concentration.
Elle plissa les yeux éblouie. Des voix se firent entendre, étrangement lointaines :
- Hermione, tout va bien ?
Elle distingua la chevelure rousse de Ron sur sa gauche. Elle acquiesça et leva les yeux devant elle. Snape se trouvait là et la tenait par le bras.
- Que s'est-il passé ? demanda-t-elle à bout de souffle.
- Manifestement, vous avez réussi.
Elle se rendit compte qu'elle tenait à peine debout. Snape relâcha alors son étreinte et elle s'assit sur sa chaise, sous les regards admiratifs de tous les autres élèves. Après quelques secondes de silence gênant, Snape regagna son bureau et les invita à s'entraîner afin d'obtenir un résultat au prochain cours.
Hermione déglutit, peinant à y croire pendant que les élèves s'agitaient vers la sortie.
Elle avait réussi... Cela avait été tellement... Bon ?
Elle jeta un coup d'oeil vers le bureau, Snape assis, la fixait de ses yeux noirs. Etrangement, une déferlante de plaisir l'envahit, comme si la magie avait ravivé ses sens. Elle tenta de dissimuler son frémissement et se leva pour ranger ses affaires, aidée de Ron et Harry qui l'attendaient et qui ne cessaient de la tourmenter de questions.
Les jours passaient sans qu'elle n'osât retrouver Snape une seule fois, mais avec l'intention certaine de le faire un jour ou l'autre. Il s'agissait surtout de ne pas s'imposer à lui tout en évitant de se faire oublier. Etait-elle en train de mettre en place une stratégie pour entretenir une... relation avec lui ? De toute évidence, elle n'en était pas loin. Mais désormais, elle ne souffrait plus de la honte d'un tel amour et rien que pour cela, tout allait pour le mieux.
Evidemment, les cours de Défense étaient étranges pour elle. Snape semblait différent, peut-être avait-il pris au sérieux sa dernière phrase... "Ne prétendez pas qu'il ne s'est rien passé" puisqu'il la regardait différemment. Ou pour faire simple : il la regardait. Elle détournait le regard, ou bien parvenait à y répondre avec l'impression de rougir comme jamais, mais toujours il lui semblait déceler quelque attention quand elle le croisait.
Que pouvait-il bien lui dissimuler, à elle, maintenant qu'il l'avait embrassée ?
Quelquefois, c'en était que plus dur de résister à la tentation de lui parler, de le toucher même lorsqu'ils eurent leurs cours dans le parc... Comme ce jour où il était resté derrière elle, contre le mur de l'école, sans rien dire et qu'elle s'était finalement retournée pour constater qu'il la regardait. Elle avait haussé les sourcils, surprise et incapable de se détourner de lui, quand il avait décidé de s'éloigner vers des Serpentard après un échange visuel des plus intenses pour Hermione qui avait senti une vague de chaleur l'envahir.
Il fallait qu'elle soit de nouveau seule avec lui, avant que tout ceci ne cesse.
Mais à vrai dire, elle n'avait guère le temps... Très vite surchargée de travail, elle jonglait avec ses devoirs et son assistanat qui occupait ses rares heures de liberté, qui plus est, elle assurait maintenant des cours particuliers auxquels des premières années s'étaient inscrits.
Elle se chargeait de ces derniers dans le laboratoire, n'ayant pu obtenir la salle pour les horaires choisis. Les plus jeunes étaient attentifs et sympathiques, mais elle dut parfois faire face à des Serpentard plus proches de son âge et c'était une tout autre histoire. Elle eut même la permission de McGonagall pour lui envoyer les plus insolents. Comme s'ils étaient venus juste pour trouver l'opportunité de remettre en question sa réussite à l'examen de professorat...
Enfin, seuls deux élèves de septième année s'étaient inscrits : Neville et Dean. Quand Hermione vit leurs noms sur le parchemin, pour le vendredi de la semaine suivant le baiser de Snape, elle fronça les sourcils. Elle comprenait que Neville se soit inscrit - compte tenu de ses progrès, il devait tenir à assurer un bon résultat dans la matière pour son orientation - mais Dean ? Elle ne s'était plus retrouvée en tête à tête avec lui depuis la dernière fois... Cela faisait certes quelques mois mais elle n'aimait pas trop cette idée... Surtout qu'elle ne comprenait pas sa décision de s'inscrire à des cours particuliers.
Quand les deux Griffondor la retrouvèrent au laboratoire, elle était ainsi à peine plus nerveuse que pour les autres élèves. Elle les salua néanmoins normalement, avec un sourire gêné à l'idée de leur enseigner quoi que ce soit.
"Vous voulez voir quelque chose de particulier ?
Les deux garçons se regardèrent et finirent par avouer qu'ils peinaient à réussir la dernière potion qu'ils avaient travaillée en cours. Ils se mirent donc au travail sous les conseils d'Hermione qui ne manquait pas de remarquer les tentatives d'humour de Dean. Que lui voulait-il à la fin ?
- Eh bien, c'est parfait !
En effet, une heure plus tard, les deux étudiants avaient réussi. Neville sourit avec étonnement et Dean eut l'air satisfait.
- Merci Hermione ! Je ne comprends pas tellement comment j'ai pu réussir mais je suppose que c'est grâce à toi...
- Il faut parfois juste réessayer, on n'a pas vraiment le temps de le faire en cours avec le programme de cette année...
- J'imagine, oui... confirma-t-il avec un hochement de tête.
Il sortit le premier de la salle et Dean prenait tout son temps pour ranger ses affaires. Hermione fit mine de ne pas s'en rendre compte et patienta sur le canapé, en prétendant d'être concentrée sur ses cours. Seulement il lui jeta un coup d'oeil et décida de venir s'installer à ses côtés. Elle fronça les sourcils et se tourna vers lui, faisant de son mieux pour lui signaler que sa présence n'était pas particulièrement souhaitable.
- Alors, comment vas-tu ? Ca fait longtemps qu'on ne s'est pas parlés seul à seul...
Elle répondit, espérant qu'il n'avait aucune arrière-pensée :
- Oh, ça va. Le rythme de la septième année est un peu éreintant, mais mis à part ça... Et toi, comment vas-tu ?
Il acquiesça à ses propos.
- Puisque tu le demandes, je t'avoue que j'ai beaucoup réfléchi pendant les vacances et... je me demandais si... Enfin nous deux, tu crois qu'on pourrait se redonner une chance ? Est-ce que, pour toi, ce serait possible ?
Elle avait entendu dire qu'il s'était séparé de sa petite amie pendant les vacances... Elle le trouva franchement hypocrite de parler ainsi.
- Non, ce n'est possible en aucune façon, dit-elle froidement en retournant à ses parchemins.
Il la regarda avec surprise et fronça les sourcils, prêt à répliquer quand la porte s'ouvrit.
Encore une fois, Snape se trouvait là.
Pourquoi débarquait-il toujours ici alors qu'il n'était plus professeur de potions ?
Et pour ne rien ajouter à sa surprise, le voilà qui la regardait d'un oeil noir. Que se passait-il encore ?
- Bonsoir professeur, dit-elle pour briser le silence.
Il s'avança sans répondre et fusilla Dean du regard.
- Ce laboratoire n'est pas destiné à vos amourettes, monsieur Thomas.
Le jeune homme balbutia quelque chose d'inaudible et sortit précipitamment tandis qu'Hermione croisa les bras sur la poitrine, agacée. Il n'était tout de même pas... jaloux ? Et il ne pensait quand même pas qu'elle s'était remise avec Dean ?
Malgré ses doutes, elle avait bien remarqué qu'il s'en était pris à Dean et non à elle, comme si elle, peut-être, lui appartenait déjà... Un frisson de plaisir la parcourut à cette idée à l'instant où Snape claqua la porte. Il se retourna vers elle à nouveau, marqua une pause durant laquelle il lui jeta un autre regard assassin, et saisit ensuite quelques fioles dans l'armoire. Hermione, ne sachant trop que dire dans cette situation, se contentait de l'observer.
Enfin, elle prit son courage à deux mains et parla :
- Vous aviez besoin d'une autre potion de sommeil ?
Il feignit l'indifférence et prit le chemin de la sortie sans un mot.
Alors là, c'était le comble !
- Non mais vraiment ! laissa-t-elle échapper dans la pièce."
Et après, il se permettait de lui dire qu'elle était une gamine !
Elle se leva brusquement, rassembla ses affaires, et partit à son tour, furieuse.
Le soir-même, elle devait encore porter les signes de sa colère puisque Ginny lui demanda si tout allait bien, à l'abri des oreilles indiscrètes dans la salle commune. Alors, Hermione, dépitée, lui raconta tout. La rouquine passa de la surprise à l'exaspération, puis à une expression étrangement compréhensive.
"Je vois, dit-elle simplement.
Hermione, n'y tenant plus, lui demanda de s'expliquer avec empressement.
- Il t'a vu avec Dean ?
- Oui.
- Tu ne crois pas qu'il ait pu penser que tu sortais de nouveau avec lui ?
- Il serait remarquablement idiot de penser cela... marmonna Hermione qui commençait à être lassée par le comportement de Snape.
- Même s'il ne pense pas cela, il t'a vu avec un jeune homme, Griffondor, avec qui tu as eu une relation, comment veux-tu qu'il ne se sente pas mal après ça ? Il doit sans doute culpabiliser, se sentir comme un imposteur... Enfin, ça paraît peu vraisemblable avec Snape mais je t'avoue que j'ai perdu mes repères depuis que tu m'as raconté cette histoire...
Hermione ouvrit la bouche puis la referma, pensive. Elle n'avait pas tort... Elle imagina un instant la situation inverse et se rendit compte qu'elle réagirait comme lui. Pire, elle aurait sans doute déjà donné sa démission. Par Merlin, et s'il donnait sa démission !
- Bon sang, tu as raison Ginny... Mais comment lui faire comprendre ? J'ai l'impression que quoi que je fasse, il ne changera pas d'opinion... Je n'arrive toujours pas à croire qu'il m'ait embrassée alors...
- C'est une bonne question, déclara Ginny avec compassion."
Hermione poussa un long soupir et s'enfonça dans son fauteuil, épuisée mentalement. Demain, elle réfléchirait à tout cela demain...
Et le lendemain, elle se consacra à ces réflexions durant le cours de Sidouris. Distraite, elle ne l'entendit même pas l'informer de la fin du cours, tant elle était plongée dans une vaine réflexion. Plus elle y pensait, moins elle voyait comment se sortir de cette impasse. Lui parler tout simplement ? Elle avait l'impression qu'il ne la croyait jamais bien longtemps... Par des gestes ? De toute évidence, il serait capable de les interpréter comme une vile manipulation...
Que faire ?
Mais une chose était sûre, elle ne le laisserait pas s'échapper.
Quand vint son propre cours, cette fois-ci de théorie, elle garda ses yeux sur lui mais avait encore l'esprit ailleurs. Il se fit moins présent que pour ses derniers cours également comme si quelque chose s'était de nouveau brisé, et qu'il fallait reprendre depuis le début.
Pour conclure, il leur asséna un devoir extrêmement difficile pour le lendemain même, à la désagréable surprise de tous les élèves présents. Les reproches des Griffondor agrandir son sourire narquois et il leur retira suffisamment de points pour qu'ils acceptent leur sort sans rechigner.
Par Merlin, qu'elle détestait ce sourire narquois.
C'était décidé, ce soir, elle irait le voir. Elle aurait le temps de s'occuper de ce devoir après, elle maîtrisait bien le sujet. Mais ça, c'était prioritaire.
ooo
Elle demeura dans son bureau, à l'écoute du moindre bruit, repoussant l'échéance. Ce n'était pas anodin d'aller le voir pour une raison extrascolaire. Ou sans raison d'ailleurs.
Elle jeta un coup d'oeil à sa porte. C'était si simple. Et si compliqué à la fois.
Elle imagina ses réactions, des plus terribles aux plus grotesques. Quand elle se le figura en train de l'accueillir avec un sourire "chaleureux", elle éclata de rire. Et puis, quand elle espéra secrètement qu'il l'embrasse à nouveau, elle se sentit merveilleusement excitée. Il ne manquait plus que cela pour la décider. Elle se leva brusquement, sûre d'elle et s'avança vers la porte.
Elle frappa trois coups à la porte, ferma les yeux, pensa à respirer, et attendit.
Ne pas perdre de vue son objectif : lui faire comprendre que c'était juste lui. Uniquement lui.
La porte s'ouvrit et il apparut devant elle. Il lui jeta un autre regard froid et se détourna pour retourner à l'intérieur. Tout commençait pour le mieux.
Elle soupira et entra à sa suite. Elle le regarda appuyé sur son bureau, l'air glacial.
"Qu'est-ce que vous voulez ?
Son ton acide ne préoccupa pas Hermione. Elle le regardait, elle observait ses yeux noirs et durs, puis son visage impassible. Alors, l'évidence lui vint à l'esprit.
Elle marcha droit vers lui et l'embrasse avec une tendresse indéniable. Surpris, il ne réagit pas.
Elle tenait à lui dire, ainsi, à ce qu'il comprenne. Elle tenait à ce qu'il sache par ce baiser qu'elle l'aimait, et qu'elle le désirait. Elle s'arrêta enfin, alors qu'il était resté stoïque. Elle recula son visage et les yeux fermés, laissa échapper un souffle de sa bouche entrouverte.
Enfin, elle rouvrit les yeux, et les plongea dans les siens. Il la fixait sans comprendre.
Elle lui sourit avec amour et certitude. L'instant sembla durer une éternité. Comme fragilisé et fixé tout à la fois.
Et elle retourna dans son propre bureau, sentant que c'était la meilleure chose à faire.
Il ne pouvait qu'avoir compris. Sinon, ce n'était qu'un idiot de Serpentard.
Elle ferma la porte derrière elle et s'assit à son bureau dans un soupir. Elle ferma les yeux pour savourer le plaisir que lui avait procuré le contact de ses lèvres à son initiative. C'était vraiment agréable.
Mais ce n'était pas tout... Dans un bruit sourd, la porte se rouvrit. Elle se détourna vivement et le vit dans l'embrasure. Ses yeux posés sur elle la transperçaient dans une brûlure qui se propageait à travers tout son corps.
Il avait sa main sur le battant de la porte et il semblait en proie à la confusion. Hermione ne pouvait détacher ses yeux des siens tant ils l'hypnotisaient. Ses lèvres se plissèrent et il dit d'une voix étrangement faible.
- Levez-vous.
Sans comprendre, mais par un réflexe des plus amoureux, elle obéit et se trouva debout face à lui.
Snape, d'un geste lent qui grandissait l'impatience d'Hermione, ferma la porte, puis, en se tournant vers celle de l'entrée, jeta un sort de verrouillage. Elle suivit ses mains des yeux, comme si tout, à cet instant précis, dépendait de lui.
Elle n'avait pas conscience que sa respiration s'était accélérée et que ses joues avaient rosi. Elle n'avait conscience que de lui, de son visage, de ses yeux brûlants, de ses mains fines, et de tout son corps sous ses vêtements noirs.
Il rangea sa baguette dans sa cape et se tourna de nouveau vers elle. Elle sentait la chaleur irradier dans son ventre. Ils se fixèrent pendant de longues secondes, attachés l'un à l'autre, Hermione n'osant s'avancer, comme si elle savait que cette fois, c'était à lui de s'avancer.
Ce qu'il fit enfin. Il s'approcha d'elle brusquement et dévora ses lèvres avant même qu'elle ne se rende compte de sa soudaine proximité. Complètement surprise, elle gémit et poussa la chaise en arrière d'un coup de pied.
Il n'hésita alors pas un instant et la poussa contre le mur en s'emparant de ses lèvres avec une avidité redoublée. Ses mains se posèrent sur son cou, ce qui provoqua un frisson d'excitation chez Hermione, puis descendirent le long de ses bras en caressant sa peau à travers le tissu de sa cape. Hermione réagit alors et plaqua ses propres mains sur le torse de Snape mais ce dernier se rapprocha plus encore si bien qu'elle dut les y retirer. Sa poitrine contre son torse, elle frémit et caressa son dos en l'attirant plus à elle pour mieux sentir sa proximité.
Elle ne réfléchissait plus, ne pensait plus à rien. Tout ce qu'elle voulait, c'était sentir sa peau contre la sienne, sa bouche contre la sienne, son sexe contre le sien. C'était la seule intolérable attente qui l'habitait. L'impatience d'être à lui. Physiquement.
Il renonça à ses lèvres et descendit le long de son cou. Elle ferma les yeux et releva la tête, comme pour mieux s'offrir à lui. C'est alors qu'elle sentit, à la caresse de ses cheveux qui s'éloignait, qu'il s'était à peine reculé et avait cessé de l'embrasser.
- Regardez-moi.
Sa voix chaude était impérieuse. Sans appel. Elle plongea ses yeux noisettes dans les siens, impatiente.
- C'est à vous de m'arrêter maintenant, dit-il sourdement.
Elle le regarda sans comprendre.
- Un seul mot, continua-t-il.
Il se rapprocha, et tout ce qui la concernait maintenant, c'était la brise chaude de son souffle sur sa joue. Désespérée de l'attendre et de ne plus sentir ses mains sur son corps, elle posa ses lèvres sur son cou pâle, là où ses cheveux dessinaient une ombre attirante, et déposa des baisers sur sa peau. Sa respiration s'était accélérée pendant qu'elle agissait de la sorte et il avait posé ses mains sur le mur, l'entourant de ses bras, comme s'il se retenait de la toucher.
Mais elle voulait qu'il la touche. Elle se décala légèrement et le chercha des yeux. Quand ils se rencontrèrent enfin, elle le supplia du regard.
Il ne patienta pas une seconde de plus. Dans un râle d'impatience, il porta Hermione jusqu'à son bureau et l'y posa, avec une étrange délicatesse, sans cesser de l'embrasser. Quand elle se trouva en contact avec la surface dure du bureau, sous les de Snape qui la dominait de toute sa hauteur, elle sentit le plaisir la traverser de toutes parts. Lui-même parut savourer l'instant en l'observant un moment, caressant tout son corps de son regard jusqu'à ce qu'il s'abaisse à nouveau pour retrouver ses lèvres.
Elle étouffa un gémissement qui parut redoubler la voracité de Snape. D'un geste inconscient, elle noua ses mains sur sa nuque et sentit ses cheveux noirs lui caresser le visage.
Il se redressa à peine et la regarda, dans les yeux, avec une intensité telle qu'elle s'y noyait sans vouloir y réchapper. Puis ses yeux descendirent le long de son corps et détaillèrent ses courbes d'un regard fébrile.
Elle prit alors l'initiative de déboutonner sa cape, lentement, tandis qu'il continuait de la regarder faire, suivant des yeux le moindre mouvement de ses doigts. Elle retira enfin le vêtement, en se redressant contre Snape dans un frémissement incontrôlable, puis se rallongea sous lui, entre ses deux bras, pour l'inviter à la déshabiller de lui-même.
Il se pencha alors et défit son chemisier avec lenteur, comme pour mieux savourer ce que l'acte même signifiait. Enfin, il lui jeta un coup d'oeil et ouvrit les pans de son chemisier. D'un geste langoureux, il le retira avec le sous-vêtement en caressant les bras d'Hermione de ses doigts fins, la ramenant contre lui, à sa hauteur.
A demi-nue, elle brûlait pourtant de l'intérieur. Elle s'agrippa à Snape et l'attira contre elle, soupirant quand ses seins frôlèrent le tissu de sa robe noire. Elle n'en pouvait plus, elle voulait sentir sa peau et non ce tissu.
Alors, avec une avidité maladroite, elle défit les boutons de la robe de Snape à son tour, et sans tarder, retira sa robe pour s'attaquer à sa chemise. Là, elle déboutonna le vêtement en passant à chaque fois sa main dessous pour sentir la chaleur de son corps et lui se laissait faire, les yeux fermés et le souffle court.
Quand elle tâcha de retirer définitivement sa chemise, Snape la devança. Sa main dépassa celle d'Hermione dans une caresse voluptueuse et jeta le vêtement en arrière, avant de repasser dans le dos de la jeune femme qui se sentit frémir.
Elle caressa son torse avec désir, comme pour découvrir le moindre parcelle de sa peau blanche en descendant jusqu'à sa ceinture, tandis qu'il l'embrassait de nouveau avec ferveur. Quand elle décrocha sa ceinture, et qu'elle s'avança contre lui, elle sentit la dureté de son sexe à travers le pantalon. Dans un mouvement dansant et lascif, elle se pressa contre lui à mouvements réguliers, comme pour l'inviter inconsciemment à se déshabiller.
Il respirait plus lourdement sous cette caresse de plus en plus érotique et la repoussa contre le bureau. Là, il s'attaqua aux derniers vêtements d'Hermione avec une sauvagerie sensuelle. Enfin, elle était nue sous ses yeux. Nue. Et belle.
Hermione lut le désir dans ses yeux sombres et elle le regarda enlever son propre pantalon, et retirer le dernier rempart qui la séparait de sa virilité.
Libéré de son entrave, Snape soupira et se rapprocha d'Hermione pour l'embrasser sur tout le corps, en descendant jusqu'à ses hanches qui se relevaient au rythme de son souffle vif. Elle vit son membre avec un mélange de désir fou et de curiosité maladroite. Elle le regarda à nouveau dans les yeux, avec une once de crainte qu'il balaya d'un oeil fermement rassurant d'envie. Alors, il l'embrassa dans le cou et écarta ses jambes en s'allongeant sur elle, et, dans un soupir et un tressautement, il la pénétra.
Hermione ferma les yeux de douleur. Puis les ouvrit et partagea la chaleur de son regard noir. Avec une invitation silencieuse, elle le poussa à continuer.
Il fit de doux va-et-vient en prenant son sein entre ses lèvres mordantes. Elle gémit. Puis planta ses ongles dans le dos de son amant qui accélérait. Elle ne s'entendait plus respirer, elle n'écoutait plus que la déchirante pulsion de désir qui secouait ses pupilles noires.
Elle se sentait trembler, frémir à la moindre de ses accélérations. Et s'il lui prenait l'envie terrible d'arrêter, elle provoquait elle-même le mouvement de ses reins et de ses jambes. Elle ne voulait pas qu'il s'arrête.
Depuis combien de temps cela durait-il ? Ce n'était pas assez. Elle le voulait encore. Et elle le lui disait. Par le regard et finalement d'une voix entrecoupée de soupirs.
- Ne t'arrête pas..."
Etait-ce le tutoiement spontané ? Ou son regard qui se perdait ? Peut-être encore sa main qui caressait son torse ? Mais il ferma les yeux et eut un gémissement rauque qui fit frémir Hermione. Elle adorait sentir qu'il la désirait lui aussi.
Le plaisir s'évacuait de tous les pores de sa peau et bientôt elle ne revenait plus, emportée par un flot de plaisir qui la fit l'enlacer avec force de tout son corps, et se noyer dans ses yeux en s'abandonnant totalement à lui. Dans sa jouissance, elle ne put retenir son cri spontanément lâché. Mais Snape avait posé sa main sur sa bouche pour empêcher qu'elle ne se fasse entendre. Il se redressa au-dessus d'elle et la pénétra avec plus de force, sans la quitter du regard.
Enfin, il ferma les yeux et ouvrit la bouche dans un halètement silencieux, dans sa jouissance.
Leurs respirations étaient lourdes, encore suintantes de désir, et semblaient se faire entendre comme si le silence n'avait finalement jamais occupé la pièce. Snape rouvrit les yeux et se retira, alors qu'Hermione reprenait encore son souffle, allongée sur le bureau.
Ils se regardèrent un instant, tous deux nus et transpirants.
Puis Snape se détourna et chercha des yeux ses vêtements. Elle crut voir de la brusquerie coupable dans ce geste, aussi se leva-t-elle et s'approcha-t-elle de lui. Elle prit sa main et l'invita à la regarder et lui faire face. Là, elle lui sourit. Elle n'avait pas besoin de le dire.
Cela avait été... fantastique.
Fin du chapitre 20 !
Alors ce lemon ! J'ai passé du temps à l'écrire, j'espère qu'au moins ça, ça s'est ressenti ! Là encore, n'hésitez pas à me conseiller parce que ce doit être la deuxième scène de ce genre que j'écris et comme il va y en avoir d'autres, mieux vaut bannir dès maintenant les imperfections !
