BON-SWAR ! On progresse sur le Survivant de l'Enfer ! On a encore énoooormément de choses à faire dans cette fanfiction, si vous saviez, ce n'est que le début des problèmes :D Merci à juliabakura, S'yelenn et SunWings pour les reviews ! On est repartis !

Chapitre 19 : Le prix de la liberté

« C'est un lapin ? »

Fanta releva la tête de sa carcasse, un petit sourire aux lèvres. Bob le suppliait du regard, et il était très doué pour faire les yeux de chien battu. Le groupe manquait cruellement de ressources, et ça commençait à se faire sentir sur le moral des troupes. Cela faisait maintenant quelque chose comme quatre jours qu'ils voyageaient, il leur restait encore trois longs jours de voyage, et ils étaient en panne de vivres.

« Je l'ai attrapé dans les fourrés tout à l'heure. Je l'ai pas dit aux autres, je te l'ai gardé.

- Mais Fanta... Toi aussi tu dois manger... »

Fanta poussa un petit soupir, et tendit l'animal à son meilleur ami qui le prit en grommelant. Il croqua dans la viande, que son gardien avait préparé en cachette. Il arracha cependant la cuisse et la lui tendit, le regard ferme.

« Tu es encore faible Bob, alors tu vas me faire plaisir, la fermer et manger.

- Prends-la.

- Bob...

- S'il te plaît. »

Il finit par accepter la viande, qui calma rapidement les cris désespérés de son estomac. Fanta se sentait un peu coupable de ne pas avoir partagé ça avec le reste du groupe, dormant auprès d'un gros arbre en contrebas, mais il avait choisit ses priorités, et la plus importante d'entre-elles était de garder Bob Lennon en vie. C'était leur tour de garde, à tous les deux, et ils profitaient de ces rares moments d'intimité pour discuter, longuement. C'était un rituel qui s'était naturellement instauré pendant ce début de semaine de voyage.

« Qu'est-ce que tu penses de tout ça ? Demanda soudainement Bob, en avalant son lapin.

- De quoi ?

- De notre quête, de Mahyar. Je m'inquiètes pour toi Fanfan, tu parles pas beaucoup.

- Je suis inquiet. Je... J'ai un peu peur que tout ceci finissent par nous dépasser. On est pas des héros Bob, on est des vidéastes, on a rien à faire ici. Ce monde... C'est... Je sais pas comment l'expliquer. On se croirait dans un jeu vidéo, et j'aime pas ça. On joue avec nos vies, et je sens qu'un jour ou l'autre, il y aura un accident. On a à peine réussi à maîtriser une poignée de soldats... Si on est face à une armée, on va faire quoi ? »

Bob se gratta la barbe, qui avait pas mal poussé entre deux, étant dans l'incapacité totale de se raser. Fanta trouvait que ça lui donnait l'air plus âgé, Fred disait lui qu'il ressemblait à « un sapin dégarni », chacun sa vision des choses. Il finit par froncer les sourcils, et prit un ton terriblement sérieux, qu'il n'utilisait avec lui que pour traiter de sujets graves.

« Je comprends ton point de vue. Moi aussi je trouve que ça va trop loin. Mais le truc, c'est qu'on est là, c'est un fait, et que la survie de ce monde et du notre repose possiblement sur un homme, qui est notre ami, qui a des super-pouvoirs, et qui a besoin de nous pour ça. C'est de notre devoir de l'épauler. On a dépassé le stade de « juste des vidéastes ». On est dans quelque chose de bien plus grand. Et puis ce monde est génial, on découvre de nouvelles choses, encore et encore.

- Bob... J'ai peur de te perdre. »

L'intéressé se figea, et releva les yeux vers son ami, perplexe.

« Me fais pas ça Fanta. Ne sois pas sentimental, je déteste ça. Je suis pas faible, je sais me battre, et je vais me battre. Bien sûr que tu as peur de me perdre, moi aussi j'ai peur de te perdre. Mais on peut pas s'arrêter à ça, on doit avancer. On... On doit se faire une promesse.

- Quelle promesse ?

- Que si l'un de nous deux y reste, l'autre doit avancer, sans se retourner, parce que l'autre sera toujours fier de ce qu'il a accompli.

- Bob...

- Promet-le. »

Fanta baissa la tête, serra les mâchoires et laissa échapper un petit « Je te le promets » auquel Bob répondit d'un grand sourire. Un bruit à leur droite attira leur attention. Balthazar se laissa tomber à côté de son double, les yeux rouge. Il raviva la flamme mourrante du feu de camp d'un geste de main.

« Tout va bien ? Demanda Bob, inquiet de son silence.

- Cauchemar, grogna simplement l'intéressé. C'est normal, ça arrive souvent. Vivre avec un démon ça n'a que des inconvénients. Je préfère me réveiller et m'assurer que tout va bien plutôt que de le laisser gambader dans ma tête au risque de prendre le contrôle. C'est un reste de lapin ? »

Bob arracha un morceau de viande et lui tendit. Balthazar l'avala rapidement, puis lança un regard aux deux hommes, suspicieux.

« Je vous ai interrompu ? J'ai vu que vous étiez en grande discussion avant que j'arrive.

- Non, répondit rapidement Bob, coupant la parole à Fanta. On discutait de ce qu'on ferait une fois rentrés chez nous, dans l'autre monde.

- Ah. C'est bien ? Je veux dire... De l'autre côté.

- C'est... Plus civilisé, et il y a des voitures, des ordinateurs, … De la technologie.

- Des voitures ? Ca ressemble à quoi ? »

Les deux vidéastes se lancèrent un regard amusé. Ce monde était aussi civilisé qu'au moyen-âge, ils ignoraient tout de la technologie. Fanta se gratta la barbe, réalisant lui aussi qu'il avait besoin d'un rasage urgent, réfléchissant. Il finit par prendre la parole.

« C'est... Euh... Des trucs en métal pouvant contenir des gens, sur quatre roues et avec un moteur. Ca marche avec du pétrôle.

- Du quoi ?

- Une ressource très précieuse, répondit Bob. C'est... Un truc qui colle, noir, liquide, et l'espèce humaine peut pas s'en passer. Presque tout marche au pétrôle. Et à l'électricité. Vous verrez, quand vous inventerez ça ici, vous allez adorer. »

Balthazar pencha la tête légèrement sur le côté, curieux. C'était dans sa nature de toute façon. Fanta mit fin à la conversation, baîllant.

« Allez vous coucher tous les deux, dit calmement Balthazar, je vais prendre le der... »

Un craquement dans les fourrés les fit se retourner, tous les trois. Bob posa une main sur sa hache, Fanta sur son arbalète, sur ses gardes. Un homme approcha, en titubant, blessé. Il s'écroula au sol à leur pieds. Balthazar bondit, paniqué.

« Grunlek ? Grunlek ! »

Il secoua le nain, qui toussa faiblement. Il attrapa Bob par la robe.

« Mah... Mahyar... Libéré... Sauver... Vite... »

Il sombra dans l'inconscience, dans les bras de son ami. Balthazar retira le haut de son armure en plates, couleur charbon, dévoilant une blessure impressionnante sur son flanc, probablement un coup de hache, ou un coup d'épée.

« Le seau est effacé, il n'est plus sous contrôle, expliqua Balthazar. Il a peut être aidé Mahyar à fuir. Je l'espère. Fanta, va réveiller Théo, on va avoir besoin de lui. Grunlek ? Eh vieux, reste avec moi, on va te soigner. »


Deux jours plus tôt...

Mahyar était en piteux état, couché sur le sol, recroquevillé sur lui-même, sale, fatigué, affamé et surtout assoiffé. Il ne savait pas ce qui était le pire. Partout autour de lui, sur les murs et le sol, étaient griffonnés des symboles étranges, témoignant de ses recherches sur le symbole de Mitakor. Ca lui occupait l'esprit, il en avait besoin pour ne pas perdre la tête. Ses pouvoirs se développaient bien plus vite que sa capacité à les maîtriser, mais il avait un plan en tête. Il voulait à tout prix contrôler Grunlek, pour lui rendre ensuite ses pleins mouvements et l'envoyer chercher de l'aide, mais pour cela, il avait besoin de ce symbole. Il pensait commencer à le maîtriser, à force d'entraînement, mais la fatigue et le manque d'expérience pourraient le tuer. C'est ce contre quoi l'avait mis en garde Bob, et il l'avait bien assimilé ces derniers jours.

Plus il forçait sur la magie, plus il devenait vulnérable. Mais plus ses sorts devenaient précis et incroyablement dévastateur. Pas plus tard que la veille, il avait créé une panique monstre en faisant pousser un pommier dans sa cellule, de plusieurs dizaines de mètres de haut. On l'avait déplacé dans une cellule soit disant plus sécurisée, il s'était rapidement débarassé de ses chaînes. Le verrou était lui protégé par un sortilège qu'il n'arrivait pas à contrecarrer, mais il y travaillait. La porte s'ouvrit, le regard du prisonnier se fit plus vif. Le grand moment était arrivé.

Grunlek von Krayn, « le ténébreux » entra dans la cellule, et referma la porte derrière lui. Mahyar ne bougea pas, patient. Le nain était celui qui le nourissait et devait s'assurer de le garder un minimum en vie. S'il paraissait assez mort, il allait devoir le manipuler, c'est tout ce qu'il attendait.

« Debout, le somna la voix du nain. »

L'homme aux dreads ne bougea pas. Grunlek poussa un soupir agacé, et s'approcha. Il donna un coup de pied à Mahyar, qui lui attrapa la jambe et le tira d'un coup sec, le faisant tomber au sol. Il grimpa dessus, plaça une main sur sa bouche, pour l'empêcher de donner l'alerte, et l'autre dernière sa nuque. Les yeux du prisonnier se mirent à luir. Il récita une incantation dans un langage inconnu, il y eut un flash lumineux, Mahyar fut violemment projeté en arrière, et s'écrasa contre le mur. Il poussa un cri de douleur, avant de se tourner vers Grunlek. Le nain était assis, se massant l'arrière de la tête.

« Mahyar... Qu'est-ce que... ? On est où ?

- Il faut... Il faut aller chercher les autres, au sud. Ils sont quelque part au sud d'ici. Laisse-moi là, je suis pas assez fort pour suivre, mais il faut que tu les rejoignes.

- Quoi ? Tu peux m'expliquer ce qu'il se passe ?

- Pas le temps. Barre-toi vite d'ici avant qu'ils ne se rendent compte que tu es libre. »

Grunlek hocha négativement la tête. Il attrapa l'un des bras de Mahyar, le souleva et ouvrit la porte. C'était la nuit, il n'y avait personne. Mahyar prit son courage à deux mains et le suivit, en boîtillant. Ils réussirent à s'extirper du camp en se cachant derrière les murs. Cependant, ce fut à la sortie de celui-ci que tout se compliqua. Alors qu'ils croyaient enfin être libre, un escadron qui était partie faire une patrouille tomba nez à nez avec eux.

« Cours ! Cria Grunlek à Mahyar, je m'en charge. J'ai des comptes à régler. »

L'apprenti-mage hocha la tête et s'enfonça dans la forêt, puisant dans ses dernières forces. Grunlek abattit un premier garde d'un coup de poing en fer. Un second lui asséna un violent coup de hache au flanc. Le nain retira l'arme sanguilonante de sa blessure et la renvoya à l'envoyeur, dans la tête de l'ennemi. Les deux autres gardes subirent le même sort. Grunlek traça donc en direction de la forêt, boîtant, vers le Sud. C'était par là qu'étaient ses amis d'après Mahyar, il espérait que son compagnon en avait fait autant. Il ne tarda pas à montrer des signes de fatigue cependant, après deux bons jours de marche, seul, dans la forêt. Sa blessure s'était clairement infectée, et chaque pas devenait une torture. Pourtant, il repéra ce feu de camp, au loin, par ce soir de pleine lune, et il se dirigea vers sa lumière, pleurant presque de joie en reconnaissant la voix de Bob. Il s'effondra devant eux, les avertit que sa mission était remplie, et tomba dans les pommes, pour profiter d'un repos bien mérité.


C'est tout pour aujourd'hui ! J'espère que ça vous aura plu :3 Je sais que beaucoup d'entre vous avaient hâte de revoir Grunlek en tant que Grunlek. Et bien c'est chose faite ! Le prochain chapitre sera probablement plus un chapitre calme. Il va falloir s'accrocher, va y avoir du mouvement ! N'hésitez pas à laisser une petite review, ça me fait toujours plaisir, et à très vite dans Apprentie Pyro-Barbare ! Bisouilles et cœurs sur vous !