Bonjour à toutes et à tous, je m'excuse de ne pas avoir posté de chapitre la semaine dernière mais j'ai eu des problèmes de famille et j'ai été un peu distraite. Donc voilà, encore désolée, en espérant que ce chapitre vous plaira. Merci d'avance pour tous vos commentaires.
Bonne lecture !
Chapitre 20 :
Jay se tenait devant la porte d'un bureau au centre, enfin pas n'importe quel bureau celui du psychologue. Ça devait faire une dizaine de minutes qu'il se tenait devant la porte stoïque, il ne savait pas ce qu'il était censé faire. Il n'avait jamais vu aucun psy de toute sa vie, il avait toujours fait face seul, ou avec l'aide d'amis ayant vécu la même chose, mais jamais avec l'aide d'un professionnel. D'abord parce que quand il est entré dans l'armée il était jeune et stupide et méprisait ces gens-là, une grosse erreur, ça aurait pu l'aider à l'époque. Enfin, ce n'est pas tout à fait vrai de dire qu'il n'a jamais parlé à un professionnel, depuis qu'il est entré dans la police à chaque fusillade où il y a des morts, les policiers doivent consulter le psychologue du district, mais quand ça arrive ils ne discutent en général que de la fusillade, et puis Jay n'a jamais pensé aborder d'autres sujets qu'il a toujours considérés comme personnel. Mais le voilà aujourd'hui devant ce bureau après avoir suivi les conseils d'Erin et de Danny, peut-être que ça lui ferait du bien, d'en parler à quelqu'un qui n'y était pas, de voir les événement d'un autre regard. Et si ce n'était pas le cas, et si ça faisait seulement le faire sentir encore pire qu'avant et si la douleur qu'il ressentait en ce moment était permanente ? Et si c'est tout ce qu'il méritait ? Il prit une profonde inspiration, secoua la tête pour s'enlever ces mauvaises idées de la tête et se rappela ce que lui avait dit Danny ce matin, « si ça se passe mal, tu te barres et c'est tout ». Il se barre et c'est tout, c'est simple. Il se décida finalement et toqua à la porte. Il attendit la commande qui lui disait d'entrer et passa la porte. Le psychologue était un homme qui devait avoir la cinquantaine, il avait une barbe de quelques jours, les cheveux gris, il portait un costume assez simple. Ses lunettes lui donnait un air sérieux, mais Jay trouvait qu'il y avait aussi quelque chose de très réconfortant dans son regard sans savoir dire quoi.
-Bonjour. Salua le psychologue. Vous êtes Jay Halstead ?
-Comment vous le savez ? Interrogea Jay, il n'avait pas pris rendez-vous, d'ailleurs il n'y en avait pas besoin le docteur Bradford recevait des gens à tout moment de la journée.
-Je lis le dossier de tous les patients qui arrive au centre, j'ai vu le vôtre, mais je dois dire que je suis surpris de vous voir, ça n'a pas l'air d'être dans vos habitudes de voir un psy.
-Pas vraiment, c'est vrai. J'ai plutôt l'habitude de me débrouiller.
-Qu'est ce qui a changé ? Questionna le psychologue, ce n'est pas le premier patient qu'il voyait changer d'avis au sujet de la consultation d'un psy, mais en connaitre les raisons pouvait être important.
-Des cauchemars, de l'hyper vigilance et les conseils de personnes proches.
Le psychologue hocha la tête, très souvent les amis ou la famille étaient pour beaucoup dans le changement d'avis. Mais Jay était honnête à propos de ses cauchemars et son hyper vigilance c'était une bonne chose ce n'était pas le cas de tout le monde, la plupart des gens consultent pour faire plaisir à leur proche. Mais ce n'est pas le but d'une consultation, le but est qu'ils aillent mieux, qu'ils se sentent mieux.
-Ça a commencé quand ? Demanda le psychologue, il savait par expérience qu'il valait mieux commencer par des questions simples pour ensuite approfondir le sujet.
-Les cauchemars n'ont jamais vraiment cessé, ils étaient justes moins fréquents avant mon opération, quant à l'hyper vigilance ça a commencé après qu'on m'ait retiré les morceaux de shrapnels de ma colonne.
-C'était donc une veille blessure.
Jay hocha la tête.
-Vous voulez en parler ?
Jay hésita, voilà la question qu'il redoutait, parce qu'il savait que le résumé qu'il a fait à Danny la veille ne suffirait pas à un professionnel, il lui faudrait beaucoup plus, il devrait faire appel à sa mémoire, retrouver des souvenirs qu'ils avaient tout fait pour oublier. Mais soudainement alors qu'il réfléchissait il pensa à Erin, il savait que ce qui était maintenant seulement de l'hyper vigilance pouvait devenir beaucoup plus grave. Il pouvait devenir violent, même sans le vouloir et il ne supporterait pas de lui faire du mal. Le risque de la perdre était bien trop grand.
-On était en Afghganistan, depuis à peine deux mois. Une équipe de six hommes, on se connaissait par cœur, et ça nous rendait vraiment bon sur le terrain. Ce jour-là… le 10 juillet 2012, on se rendait dans un village, la route on la connaissait par cœur, elle était fouillé tous les jours par les démineurs, pour vérifier qu'il n'y avait aucune traces d'explosifs, ils faisaient un super boulot, rien ne nous étais arrivé, jusque-là. On était six dans le véhicule, je ne sais pas ce qui c'est passé exactement, tout ce que je sais c'est qu'une seconde on plaisantait et la seconde d'après je me suis réveillé avec une douleur horrible dans le dos. Quatre de nos gars sont morts dans ce convoi.
-Qui est l'autre survivant ?
-Mouse. Un sourire apparu sur le visage de Jay pour la première fois depuis le début de la séance, qui s'accentua vu le regard que lui lançait le psy à l'entente du surnom de son ami. Son vrai nom est Greg Gerwitz mais tout le monde l'appelait Mouse.
Le psychologue hocha la tête.
-Et lui comment s'en est-il sorti après ça ?
-Je ne sais pas, j'ai perdu le contact. Répondit Jay la voix emplit de regret.
-Pour quelles raisons ?
L'inspecteur haussa les épaules.
-Pleins de raisons, on n'est pas rentré en même temps il n'était pas blessé alors il est resté sur place, et puis la vie a continué et voilà.
-Peut-être que vous devriez reprendre contact, ça vous ferez peut-être du bien à tous les deux.
-Ouais peut-être.
Le docteur Bradford observa son patient.
-Je pense que ça suffit pour aujourd'hui, si vous avez besoin de revenir n'hésitez pas.
-Merci doc.
Jay retourna à sa chambre, il n'avait aucune séances de rééducation de prévues pour la matinée, ses kinés lui avaient accordé une pause, ils trouvaient qu'il se poussait trop et ça pourrait mener des blessures qui ne ferait que ralentir la guérison. En arrivant dans la chambre il vit que Danny était au téléphone, il sortit aussitôt pour lui laisser un peu d'intimité mais resta à côté de la porte.
-Salut Max ! Dit Danny.
Jay ne put s'empêcher de sourire, Max était le pompier qui était passé le voir il y a quelques jours, et que son ami avait envoyé bouler. Danny lui avait dit qu'il l'appellerait, mais Jay n'y croyait pas trop, Le pompier était plutôt du genre têtu et n'écouter pas souvent les conseils des autres quand ils allaient à l'encontre de son idée. L'inspecteur était plus qu'heureux d'avoir eu tort, cette discussion ne pourrait faire que du bien à son ami. Il ferma la porte discrètement pour le laisser discuter seul.
-Alors ? Demanda Jay quelques minutes plus tard en voyant son ami sortir de la chambre.
-Alors quoi ?
-Ton coup de fil ?
-Comment ? T'écoute aux portes ?
-Bien sûr que non, je revenais de mon rendez-vous chez le psy au moment où tu as appelé Max.
-Comment ça s'est passé ?
-Eh ho, j'ai posé la question le premier.
Ils se regardèrent une seconde et éclatèrent de rire, Erin et Eline avaient raison ils étaient pires que des gosses.
-Ça a été avec Max ? Interrogea Jay après quelques secondes, le temps qu'ils se calment.
-Ouais, je vais les voir le week-end prochain.
-C'est super !
-Et toi ça a été ? Demanda Danny sachant que Jay était retissant à aller voir le docteur Bradford.
-Oui, faut croire que t'avais raison.
-Comme toujours.
-Ça va les chevilles ?
-Super !
-Allez on va manger avant que tu continues à raconter des conneries.
Ils partirent au réfectoire en continuant à plaisanter, ni l'un, ni l'autre ne pensait rencontrer quelqu'un dans ce centre qui deviendrait un si bon ami.
