Moi, DramioneInLove, saine de corps et d'esprit, déclare ce jour que mes lecteurs sont autorisés par cette déclaration même à m'attacher à un poteau d'arrimage et à me fouetter avec des chats à neuf queues jusqu'à ce que syndrome de page blanche s'ensuive, en réponse à la publication tardive de ce chapitre. Il faudrait qu'ils trouvent un chat à neuf queues d'abord bien sûr. Mais un vrai. Un qui fait miaou, miaou sous votre fenêtre toute la nuit et qui se lèche les parties avant de vous fixer avec autant d'affection et de chaleur qu'un parpaing passé au congélateur.
Bon chapitre.
...
Aux yeux des nombreux invités au gala de charité, Drago Malefoy et Hermione Granger n'avaient jamais paru aussi proches. En tant qu'héritier d'une famille vieille comme le Royaume, le jeune homme se gardait bien de montrer toute émotion en public. Or, ce soir, le blond semblait faire fi des convenances sociales pour se retirer dans un coin de la salle de bal, à l'écart de la foule, et murmurer des paroles d'une intensité rare à sa fiancée. Non qu'on vit cette démonstration d'un mauvais œil, car ils étaient l'image même de la passion amoureuse qui franchit les obstacles les plus difficiles, qui vit à travers le temps et l'espace comme les étoiles illuminent éternellement la nuit. C'était romantique, et toutes les dames présentes étaient clairement émues de voir cette romance affichée sans même que les principaux concernés semblent remarquer l'image qu'ils renvoyaient. Après tout, quelle femme n'a jamais rêvée d'une complicité et d'un amour aussi puissants, défiant toutes les difficultés que la vie réserve ? Quand aux hommes, la grâce naturelle de la jeune née-moldue choisie par l'héritier, et les émotions qui traversaient son visage alors que son fiancé s'épanchait à son oreille, les auraient presque rendus lyriques. Chaque homme, lui aussi, recherche une muse, à chérir, à protéger, à posséder et à vénérer.
Drago et Hermione avaient à peine conscience de l'émoi qu'ils suscitaient, mais ce n'était pas parce qu'ils étaient enfermés dans leur bulle amoureuse. En réalité, la jeune femme était abasourdie et agacée par ce qu'elle entendait, et le blond prenait un malin plaisir à poursuivre leur accord de la soirée en énumérant ses cinq principes restants.
-Et tu appelles cela une valeur ? marmonna Hermione, choquée. Ma foi, tu es malade...
-Et pourtant, tu as l'habitude de m'entendre le dire depuis le jour même de notre rencontre, ricana Drago tout près de son oreille. Il existe des classes de supériorité, et il faut en avoir toujours conscience.
Hermione le foudroya du regard, doigts enserrant sa coupe de vin.
-Cesse de dire que les nés-moldus valent moins que les Sang-Pur, cracha-t-elle. Tu vas en épouser une.
-L'exception qui confirme la règle, ma chère Granger.
Les yeux d'ambre de la jeune femme s'adoucirent, et ses sourcils se haussèrent alors qu'elle se tournait vers lui.
-Tu me démarques donc de ceux qui me ressemblent ? Pourquoi ?
Il la dévisagea, visage gardé, puis répondit d'un ton énigmatique,
-Parce que tu es différente.
Elle voulut le presser sur cette voie, mais déjà, il poursuivait.
-Mon septième principe, Granger, est la patience. Rien ne sert de se précipiter dans ce que l'on attend de la vie, et des notions telles que la spontanéité ou l'empressement sont la preuve la plus flagrante de la folie...un instant d'impulsivité peut gâcher toute l'ambition que l'on accorde à un projet.
-Je ne suis pas d'accord...
-Tu n'es jamais d'accord, répliqua-t-il avec un rictus amusé, bien que ses yeux demeurent froids.
Elle l'ignora.
-Il est évident que planifier a du bon, poursuivit-elle, mais il faut aussi, parfois, oser se laisser aller. Sans quoi la vie n'a plus de sens... et l'on n'est pas obligé de contraindre ses ambitions pour quelques instants de plaisir.
-Tout est lié. Ces instants de plaisir, comme tu dis, ont souvent plus d'impact que l'on imagine.
Elle eut un sourire sans joie et avala une gorgée de vin des elfes.
-N'es-tu jamais triste ?
-Triste ?
Il parut sincèrement étonné de sa question.
-Pourquoi le serais-je ? J'ai tout ce que je désire, et cela, grâce à ma prévoyance, justement.
-Si tu n'as réellement jamais connu de moments de spontanéité, il est certain que tu ne peux pas te rendre compte de tout ce que tu perds.
-Mais je ne perds rien, Granger. J'y gagne, au contraire.
-Cette conversation ne nous mène nulle part.
Il éclata de rire, et elle fut étonnée de la chaleur dans son ton. Il était beau ainsi, tête légèrement rejetée en arrière, yeux plissés, souriant...son cœur rata un battement, et elle secoua la tête. Elle était Hermione Granger, bon sang. Elle n'avait que faire de la beauté de son fiancé. Son âme était si noire que son physique plus qu'avantageux n'avait à ses yeux aucun éclat, en temps normal...
-Tu as raison, finit par reconnaître Malefoy. Alors, enchaînons. Mon huitième principe...vigilance constante.
Un frisson désagréable parcourut l'échine de Hermione. Elle se souvint du jour où le faux Fol Œil avait transformé Malefoy en fouine, et de ce qui était justement le leitmotiv du professeur. Malefoy avait-il retenu cet enseignement de la métamorphose en question... ? Mais son frisson ne venait pas de là. C'était provoqué par le fait que son fiancé partage l'une de ses valeurs fondamentales, et cette réalisation était dérangeante.
-Tu ne dis rien ? murmura-t-il à son oreille d'une voix doucereuse, fort à propos.
-Il est normal que nous appliquions tous les deux cette valeur-là dans notre quotidien, rétorqua-t-elle d'une voix mal assurée. Nous avons tous les deux combattu dans la guerre. Cela ne signifie pas pour autant que nous nous ressemblons.
-Quand nous avons été acheter nos baguettes...
Elle esquissa un pas en avant pour s'éloigner de lui. Elle ne voulait plus jamais se souvenir de ce qu'il s'était passé ce jour-là, quelques semaines plus tôt. Cependant, vif comme l'éclair, son fiancé ne lui laissa pas le temps de réagir. Il lui saisit le bras et la ramena à lui, avant de prendre son menton entre ses doigts, doucement mais fermement, la forçant à le regarder dans les yeux.
-Quand nous avons été acheter nos baguettes, répéta-t-il avec un rictus entendu, tu as, apparemment, plutôt bien cerné mon caractère. Et sais-tu pourquoi, Hermione ?
Elle inhala vivement lorsqu'il prononça son prénom, mais ne répondit pas.
-Tu es capable de reconnaître et d'analyser les composantes de mon caractère parce que tu les comprends, expliqua-t-il doucement. Et tu es capable de les comprendre parce que, sur un plan peut-être inconscient, tu t'y identifies.
Il était proche, trop proche d'elle. Sans y songer, elle s'humidifia les lèvres, et le regard de Drago s'y accrocha brièvement.
-Cela marche dans les deux sens, répondit-elle d'une voix brisée. Tu en as fait autant pour moi...
Il eut un sourire quelque peu mystérieux, mais la relâcha avant de reprendre d'une voix normale, comme s'il ne venait pas de la regarder avec l'intensité d'un amant,
-Mon avant-dernier principe... l'observation.
Elle ouvrit des yeux ronds, et il lui envoya un clin d'œil qui, pour une raison inconnue, fit battre son cœur plus rapidement. Il faisait encore une fois clairement référence à l'achat de leurs baguettes. Toutefois, elle n'eut pas le loisir d'approfondir, puisque les parents d'Astoria venaient d'ouvrir la tombola de charité. Aussi, les invités passèrent dans une salle avoisinante, où ils purent s'asseoir, et virent partir les trésors que les Greengrass avaient mis en jeu. Chaque ticket coûtant mille Gallions, ce n'était en rien volé.
-Et le premier prix de la soirée, annonça Monsieur Greengrass en s'épongeant le front d'un revers de manche, qui est une broche en diamants en forme de papillon, et mis en jeu par ma fille Astoria, revient au numéro...1157 !
A son grand étonnement, Hermione vit Drago se lever sous les applaudissements de la foule et s'approcher de l'estrade. Elle ignorait qu'il avait des tickets ! Il récupéra la broche qui resplendissait de mille feux, et la jeune avocate put remarquer, sombre, qu'Astoria, retirée près de ses parents, avait l'air particulièrement enchantée. Hermione ne put empêcher une bouffée de haine de lui pincer le cœur en songeant que son amant allait sans doute lui rendre le prix, sans doute lorsqu'elle serait nue sous lui. Évidemment, songea-t-elle avec dérision, les résultats de la tombola étaient truqués. Quelle chance y avait-il pour que Drago gagne le seul prix qui eût été soumis par Astoria dans le jeu, le premier prix avec cela ? Elle surprit le regard satisfait qu'Astoria échangeait avec sa mère, et sut alors qu'elle avait visé juste. En outre, les Greengrass étaient certainement au courant de la liaison de leur fille avec l'héritier de la fortune Malefoy.
Dépitée, Hermione garda les yeux fixés sur ses genoux. Cependant, les pas de son fiancé qui revenait de l'estrade pour reprendre sa place eurent raison de sa résolution, et elle leva sur lui un regard de reproche. Puis elle se figea.
Drago venait de mettre un genou en terre sous les regards enchantés de la foule, à ses pieds- quelque chose qu'il n'avait même pas fait lorsqu'il l'avait demandée en mariage- et prit la main gauche de sa fiancée, ornée de la bague qu'il y avait glissée. Il embrassa brièvement la bague, puis, en silence, la regardant droit dans les yeux, accrocha la broche à la robe de Hermione, juste au-dessus du sein. Elle retint sa respiration.
-Mon dernier principe, chuchota-t-il. Toujours cultiver l'amitié de ceux dont on a besoin, que dite amitié soit vraie ou non.
Elle rosit et baissa le regard sur le papillon en diamant qui étincelait de mille feux sur sa poitrine, puis ne put empêcher un léger sourire de gracier son visage. Drago se leva, l'entraînant avec lui, et cette fois, elle savait parfaitement à quoi s'attendre.
Le baiser fut bref, mais plus intense que tout ce qu'elle avait pu vivre auparavant en la matière, que ce soit avec lui, Ron, ou d'autres. Sa tête tournait légèrement, mais elle remarqua avec une satisfaction inégalable qu'Astoria, visage tordu par sa rage, quittait la salle d'une démarche raide.
-Allons-nous-en, décréta Drago en glissant son bras autour de sa taille.
Elle acquiesça, et ils allèrent remercier leurs hôtes avant de s'avancer dans la nuit pour rejoindre le point de transplanage au-delà du portail. Drago la relâcha alors, comme brûlé, et ils marchèrent côte à côte en silence.
-Malefoy ?
Il ne répondit pas, haussant seulement un sourcil pour l'encourager à parler.
-La tombola était truquée, n'est-ce pas ?
-Quelle importance ? Ces gens-là n'ont pas besoin de davantage de bijoux, et la fondation Greengrass, qui aide les enfants Sang-Pur en difficulté, recevra tout de même son argent.
-Mais elle était truquée, n'ai-je pas raison ?
Il eut un rictus carnassier.
-Peut-être.
-Pourquoi n'as-tu pas rendue la broche à Astoria ?
Il s'arrêta soudain, se tournant vers elle, visage fermé.
-Que cherches-tu à me faire dire, Granger ?
Étonnée, elle répliqua,
-Je ne sais pas. C'était sa broche, après tout, et étant donné vos relations...
Il se contenta de l'observer un moment, puis finit par répondre d'une voix soigneusement neutre,
-Je trouve qu'elle te va mieux.
Puis ils recommencèrent à marcher. Parvenus de l'autre côté du portail, Hermione se tourna vers son fiancé.
-Eh bien, à plus ta-
-Où penses-tu aller ?
-Chez moi, de toute évidence. Il est tard et...
-Granger, répondit-il avec un sourire mauvais. Les invités de la soirée pensent que tu n'as qu'une idée en tête : me remercier pour le cadeau que je t'ai fait... si tu vois de quoi je parle.
Les joues de la jeune femme s'enflammèrent, et elle ignora ses ricanements.
-Je n'ai pas l'intention de te...remercier, pour quoi que ce soit !
-Certes, acquiesça-t-il. Cependant, l'essentiel étant l'image que nous devons renvoyer, nous allons tous les deux retourner au Manoir. Tu pourras repartir ensuite...
A l'idée de voir les visages méprisants de Lucius et Narcissa à l'issue d'une journée qui, somme toute, ne fut pas si mauvaise que ce qu'elle avait imaginé, Hermione se contenta de tenter :
-Très bien. Mais n'allons pas au Manoir.
-C'est cela, ou ton appartement.
Elle soupira, mais croisa son regard narquois, et, piquée, tendit son bras.
…
-At first I was afraid, I was petrified...Kept thinking I could never live without you by my side...
Hermione et Drago se figèrent sur le pas de la porte de la cuisine de la jeune femme, une stupéfaction identique collée de manière relativement comique à leurs deux visages. Devant la cuisinière, Blaise Zabini- qui n'avait rien à faire dans les lieux- faisait sauter une omelette dans une poêle, tenant la salière dans une main en guise de microphone et chantant du Gloria Gaynor d'une belle voix de basse. Assise à la table de la cuisine, pliée de rire, Pansy tenait son ventre rebondi. Et plus surprenant encore était la présence de Harry, adossé contre le frigidaire, yeux mouillés de larmes d'hilarité, grand sourire aux lèvres.
-But then I spent so many nights, thinking how you did me wrong, and I grew strong !
Hermione toussa vivement, et les trois complices se retournèrent d'un même mouvement, Blaise hurlant « I will surviiiiiive ! ». Il y eut un bref silence, puis Blaise toussota et reposa la salière innocemment.
-Désolés de vous surprendre, déclara Pansy joyeusement en se levant pour les saluer. Simplement, on ne pouvait que plaindre cette pauvre Hermione de la soirée passée chez les Greengrass, alors nous avons décidé de lui organiser un petit comité d'accueil.
Malgré son choc, Hermione en fut touchée. Avec un large sourire, elle salua tout le monde, puis annonça,
-Je ne vous en veux pas du tout. Merci, vraiment...même si je dois vraiment t'apprendre à faire une omelette, Blaise, déplora-t-elle en regardant la poêle.
Le métisse eut l'air offusqué, mais Hermione se tourna vers Harry et lui embrassa la joue :
-Je n'aurais jamais pensé que tu puisses te trouver dans la même pièce que les Zabini de ton plein gré.
-On avait besoin de lui pour utiliser ta cheminée, expliqua Pansy.
Le couple salua alors Drago, qui finit par se tourner vers Harry.
-Potter, lança-t-il froidement.
-Malefoy, acquiesça le brun avec un hochement de tête glacial.
-Oh, Hermione ! Où as-tu eue cette magnifique broche ? s'extasia Pansy.
Drago recula vers la porte, prêt à partir. Sa fiancée lui jeta un bref regard, fronçant les sourcils :
-Tu ne restes pas ?
-Allons, Granger, répliqua-t-il moqueusement. Chacun dans cette pièce sait ce qu'il en est réellement de nos relations. Pas besoin de jouer la comédie.
Elle le savait. Sa proposition relevait uniquement de sa politesse naturelle, mais elle était aussi soulagée que vexée qu'il préfère partir.
-Tu es sûr ? insista-t-elle. Pansy et Blaise sont là, après tout...
-Ainsi que Potter et toi, malheureusement, lança-t-il avec malice.
Elle soupira, mâchoire serrée, mais parvint à avancer.
-Je te raccompagne.
Ils marchèrent en silence jusqu'à la porte, et Malefoy remarqua,
-Ton appartement est vraiment...minuscule.
-Il y a cent vingt mètres carré pour moi seule, répondit-elle en le regardant comme s'il avait deux têtes.
-Pardon, autant pour moi. Ridiculement minuscule, corrigea-t-il avec mépris.
Hermione roula ses jolis yeux ambre, puis ouvrit la porte, le laissant sortir. Il la dévisagea, ses yeux glissant vers sa broche. Elle soutint son regard, même si elle sentait qu'il était moins intéressé par le bijou que par l'endroit où il était fixé. Joues roses, elle toussota. Il remonta lentement son regard et le planta dans le sien.
-Demain, tu es invitée à déjeuner au Manoir pour faire le point. Naturellement, tu me dévoileras un autre de tes...
Ses yeux glissèrent à nouveau, brièvement, vers sa poitrine.
-...secrets, susurra-t-il.
Elle serra les poings, mais ne put que hocher la tête. Il transplana, et elle revint lentement vers la cuisine, jambes légèrement molles. Blaise releva la tête de son assiette d'omelette et proclama tristement,
-C'est imbouffable.
Sa femme roula des yeux devant son choix de langage, puis s'adressa également à Hermione.
-Alors, cette soirée ?
Hermione se mordit la lèvre, pensive. Que penser de la soirée, exactement ? Elle ne s'était jamais sentie si proche de son ennemi, et cela l'inquiétait autant que cela l'exaltait. C'était un sentiment particulier. Elle n'aimait pas du tout la liste de ses principes, mais ne pouvait empêcher une partie d'elle-même d'y adhérer. Elle ne pouvait nier qu'elle l'avait détesté autant que désiré ce soir : la réalité était que Drago avait quelque chose de fascinant et d'attirant, dans le mauvais sens du terme. Comme s'il était une bougie, et elle un papillon de nuit. Extrêmement dangereux, mais irrésistible. Et avant ce soir, elle n'aurait jamais soupçonné que cette facette de lui puisse exister. Que répondre ?
-C'était comme d'habitude, terrible, finit-elle par déclarer.
Ce n'était pas la vérité, mais elle n'aurait jamais pu leur expliquer ce qu'il en était en réalité. Elle goûta un morceau d'omelette du bout des doigts, sans y songer, et faillit s'étouffer.
-Mais c'est imbouffable !
…
Serpentard. Serpentard.
Tu aurais pu partager ta salle commune avec elle. Tu aurais pu faire des rondes de préfets à ses côtés. Tu aurais pu bénéficier de son aide pour tes études.
Drago se secoua la tête, tentant de dégager les pensées perfides qui obstruaient son esprit, alors qu'il pénétrait dans le Manoir. Le Choixpeau devait être ivre mort pour suggérer une telle chose. Le Choixpeau pouvait-il boire, d'ailleurs ?
Et pourtant, tu n'as cessé toute la soirée de la comparer à toi, n'est-ce pas ? Tu sais qu'elle en aurait eue l'étoffe.
Elle aurait été déchiquetée par les serpents. Elle était trop bonne, trop naïve, pour agir comme eux.
Mais non. Tu l'aurais protégée. Tu l'aurais paradé comme ton esclave Sang-de-Bourbe personnel, et un Malefoy protège ses serviteurs. Et puis, lorsque vos hormones s'étaient éveillés, tu n'aurais pas pu t'empêcher de la vouloir.
C'était faux.
C'est vrai et tu le sais. Aujourd'hui tu la détestes plus que jamais, mais tu la veux. Sexuellement parlant, d'ici quelques mois, elle t'appartiendra et cela t'excite. Elle sera tienne, malgré toi, malgré elle. Et c'est tout ce que tu veux d'elle, parce que tu la méprises et qu'elle te hait. Tant qu'elle crie ton nom, quelle importance ?
Quelle importance, en effet.
Drago entra dans le petit salon, où il trouva sa mère occupée à la broderie de son mouchoir. Elle leva à peine les yeux vers lui avant de demander d'une voix peu intéressée,
-Alors ? Ta fiancée s'est-elle bien comportée ?
Serpentard. Tienne. Quelle importance ?
Il soupira.
-Comme d'habitude.
Puis il se détourna, ne désirant que son lit et la tranquillité de la lune peignant d'argent les murs de sa chambre,
-Terrible.
Tienne.
...
Ok, ok. Je vais remettre vos pendules à l'heure, parce que je vous vois arriver, avec vos reviews sournois et vos frottements de mains intempestifs pendant que vous vous tenez dans une haute tour isolée et inquiétante, alors que la foudre illumine vos visages machiavéliques et que vous éclatez d'un rire de méchant de chez Disney.
Il n'y a pas d'amour. Pas encore, tout du moins. Seulement...disons...ils se rendent compte, de manière fortuite, qu'ils se désirent un chouïa, et qu'ils ont éventuellement deux, trois petites choses en commun? C'est tout. Pour l'instant ils ne peuvent, je le rappelle, toujours pas se voir. Ils s'aiment autant qu'un lapin aime un chasseur, ou qu'un agneau aime un loup, ou qu'un Ukrainien aime Poutine. Autant dire, ils se détestent.
Mais bientôt, mouahaha...aha...ouahahaha...HAHAHAAA!
Bref. A bientôt sur Piracy ohé ohé!
Bon reviewage de ce chapitrage,
DIL.
PS: oui, je sais, selon le dictionnaire, "imbouffable" n'est pas un mot. Mais que celui qui ne l'a jamais prononcé me jette la première-AIE! Toi, là-bas, le lecteur au fond de la salle, TU SORS.
