Encore harassé, Lovino se réveilla dans les bras d'un ange. Littéralement parlant. Avec de grandes ailes blanches, l'aura de pureté et de douceur et tutti quanti. Un ange, quoi.
Seulement, l'Italien se serait attendu à ce que ce soit son jumeau Feliciano qui le câline de cette manière.
Crispé et terrorisé, Lovino scruta les magnifiques yeux émeraude remplis d'amour qui le veillait. Flippant. Ouais. L'amour inconditionnel d'un ange est flippant ! Seul Feliciano avait le droit de le regarder comme ça.
« Lovi chéri !
- Putain, c'est toi bastardo !
- Une moitié de lui ! »
Putain, Patronus Antonius, la partie angélique de la nation espagnole !
L'ange, armé de la tête aux pieds, lui avait toujours foutu les jetons. En plus, étant tous deux des Larès, il fallait dire que leur comptabilité frisait le zéro absolu. Lovino se souvenait encore des crises de colère de Patronus quand il avait pété quelque chose dans sa maison. Mauvais pour lui !
« Détends-toi ! C'est terminé ! »
Ah, ouais. Sa rencontre désastreuse avec un ange vampire s'était soldée par sa survie. Ce serait une bonne nouvelle s'il n'était pas collé à un ange étranger.
« Je ne vais pas te faire de mal.
- Je sais ! »
Lovino rougit jusqu'aux oreilles de lui faire autant confiance.
« Détends-toi. »
Patronus lui caressa le bras puis le dos dans le but de le calmer. Il y arrivait plutôt bien, l'emplumé. Lovino se détendit légèrement, redoutant encore de baisser sa garde devant un ange avec lequel il n'avait pas passé de pacte. Il remarqua alors que Patronus ne portait pas son casque. En fait, il ne portait qu'une tunique blanche. Lovino n'allait pas bouger la jambe pour vérifier le bas, ce pourrait prêter à confusion. Et surtout, il ne voulait pas savoir ce qu'il y avait ou pas en dessous du drap.
« Feliciano s'est épuisé à te soigner, alors je lui ai dit que je prenais le relais… »
Lovino le fusilla du regard.
« … Il n'avait pas vraiment le choix. Tu préférais Gilbert ?
- Oh, non. Pas lui. »
Les doigts de Patronus s'attardèrent à la base de ses cheveux. Putain, même l'ange d'Antonio savait trouver ses zones érogènes ! C'était un ange, il ne le faisait pas exprès. Lovino remarquait bien que Patronus ne s'intéressait qu'à son bien-être, contrairement à Antonio qui aurait déjà des vus sur sa bouche et sur ses fesses.
« Où est ta démone ?
- En bas du lit. Il vaudrait mieux ne pas la réveiller. Cornea est jalouse que je m'occupe de toi.
- Normal. Feliciano devrait l'être aussi.
- On va dire que son petit ami est là aussi… »
Lovino soupira bruyamment.
« Comment tu te sens ?
- Comme une limace en plein cagnard, répondit Lovino avec franchise.
- Tu as soif ? Tu as faim ?
- Bien sûr, idiota ! »
Patronus se redressa dans le lit. Ah, il portait un pantalon ! Ce bastardo lui serra la main. Et il continua, même en donnant un coup de pied à une chose molle et démoniaque au pied du lit ! Et non, Lovino n'avait pas ressenti un vide une fois que sa chaleur l'avait quittée. Il était physiquement épuisé. On lui aurait enlevé une bouillotte que ce serait revenu au même.
« Cornea, va chercher à boire et à manger !
- Mais quel macho, s'exclama Lovino !
- Autant t'avertir, mes démons sont mes esclaves, plaisanta Patronus. Aïe ! »
Cornea lui avait vraisemblablement donné un coup sur la tête.
« Je le fais, parce qu'il ne va pas bien et qu'il a besoin de toi, râla-t-elle.
- Je n'ai pas besoin de lui ! »
Putain, il avait oublié à quel point la démone était nue, belle et désirable ! Par définition, les démons avaient un côté irrésistible communément appelé tentation. Mais bon, lui évitait de se mettre à poil pour encourager tout le monde à lui sauter dessus ! Ses seins bruns pointaient dangereusement et le triangle de son sexe invitait à la lubricité.
« Lovino ! Si tu fais du mal à mon ange pendant mon absence, je t'étripe !
- Je ne sais pas comment je pourrais y arriver.
- C'est vrai ! »
Lovino détestait se retrouver en position de faiblesse. En plus, tout seul, avec un ange.
« Tu ne te réveillais pas. Je me faisais du souci pour toi.
- J'étais tellement ailleurs que je ne me suis fait du souci pour personne, plaisanta Lovino.
- J'ai cru te perdre. »
Lovino déglutit difficilement. Les yeux de Patronus étaient chargés de tristesse et de mélancolie. Il aurait dû deviner que le côté angélique était le plus malheureux d'Antonio. Patronus revint l'envelopper de ses ailes. Lovino rougit de se sentir réellement protégé par un autre ange que Feliciano. C'était un sentiment très étrange.
De plus, il ne comprenait pas pourquoi Patronus s'était débarrassé de son armure. Ils n'avaient pas besoin d'être aussi intimes pour qu'il lui communique de l'énergie. Lovino fixa de manière colérique la poitrine devant lui. Depuis quand ce bastardo avait l'autorisation ou la possibilité de lui faire ça ?
Parce qu'il fallait quelques dispositions… Lovino ne se souvenait pas de toutes les fichues conditions pour qu'un ange puisse soigner un démon non lié, mais ça ne lui plaisait pas à la base comme principe.
Antonio serait-il attaché à lui à ce point ? Et lui, assez con, pour qu'il se laisse faire ?
Merde.
« Est-ce que tu as été mordu avant de perdre connaissance ?
- Je ne crois pas. Je me sens très vivant. Si j'étais plus en forme, je t'aurais fait bouler hors du lit, connard.
- Tu es toujours aussi gentil, c'est incroyable, soupira l'ange.
- Je suis livré avec le mauvais caractère. »
Patronus ne réagissait pas vraiment comme Antonio. En même temps, il n'était qu'une partie de lui. Lovino savait que, si on orientait bien une discussion, on pouvait converser directement avec l'ange ou le démon d'une personne. Seulement, c'était de l'art en lequel Lovino n'entendait rien.
« Elle prend son temps. J'espère qu'elle n'a pas chauffé Gilbert en passant, râla Patronus.
- De quoi ?
- Elle a le feu aux fesses ! D'habitude, je préfère la surveiller de très près !
- C'est une démone, bastardo, c'est normal. Ce ne sont pas tes problèmes.
- Si. Elle pourrait tomber enceinte.
- Putain de merde !
- D'ailleurs, tu n'as pas le droit de la toucher. »
Patronus avait l'air très sérieux. Ce ne fut pas ça qui fit rougir Lovino jusqu'aux oreilles, mais la possibilité qu'il puisse mettre une moitié d'Antonio enceinte… Oh, putain, ils savaient maintenant pour les jumeaux Nord outre-Atlantique ! Il n'aima pas les images qui se formèrent dans sa tête. Il réussit à se reprendre pour asséner un coup fatal à son adversaire.
« De toute façon, tu ne serais pas capable d'élever un bébé et je ne supporterais pas de tout faire ! »
Seulement, la colère de Patronus était quelque chose de terrible.
« Tu étais un sale gosse et mon seul échec ! J'ai bien réussi avec d'autres !
- Quoi ? Il y en a eu d'autres !
- Qu'est-ce que tu crois que j'ai fait en Amérique latine à cause de ma démone lubrique ? »
C'était trop de révélations en une soirée. Lovino ouvrit grands les yeux et fit le poisson hors de l'eau. Antonio ne lui avait jamais rien dit. Bon, en même temps, avouer à quelqu'un une grossesse masculine, ce devait être très difficile.
« Je plaisantais. Elle est encore vierge…
- Non, dit Lovino apprenant qu'un nouveau choc chassait le premier.
- … Je lui ai jeté un sort de chasteté.
- Ça n'a pas l'air de fonctionner », se moqua de lui Lovino.
Et là, Patronus tira une gueule monumentale.
« Attends, tu la vois toute nue ? »
Lovino préféra hocher la tête.
« Pourtant, le sort marche… »
Lovino ne voulait pas savoir pourquoi il avait le privilège d'être soumis aux charmes de la démone. Non, vraiment pas !
« … tu dois beaucoup lui plaire.
- Bon, on sait tout ça, tout ça. Passons à autre chose, bastardo ! »
Patronus se mit à rire puis caressa sa joue.
« À moi aussi, tu me plais ! »
Les anges ne sont pas sexy par définition. Non ! Ils sont pires ! Ils sont adorables ! Seul un ange pouvait vous embrasser sur le front, et pas sur la bouche, après une telle déclaration. Ben ouais ! Aura de pureté et tutti quanti… Bordel de merde ! Lovino aurait aimé que Patronus l'embrasse et ne l'oblige pas à rattraper cette injustice.
Lovino n'avait jamais embrassé un ange jusque-là. Il n'aurait jamais cru être aussi attiré par Patronus. Ses lèvres étaient fraîches et douces. Son corps viril se pressait contre le sien. Et non, les anges ne sont pas des petites choses innocentes ! Et bordel, il avait vraiment envie de lui, après avoir touché sa langue qui avait électrisé tout son corps.
« Hum… hum… »
Patronus se dégagea légèrement de lui et Lovino put voir une démone très en colère.
« Moi, je n'ai pas le droit de m'amuser, mais toi, si !
- Il m'a eu par surprise, se justifia Patronus.
- C'est de sa faute !
- Bien sûr que c'est de sa faute, surenchérit Cornéa. Tu es en état de faiblesse, mon Lovino d'amour. »
Il avait dit que l'amour inconditionnel d'un ange était flippant… Eh, bien, le désir inconditionnel d'une démone à poil, c'était encore plus flippant quand elle montait sur votre lit pour aller vous abreuver et vous nourrir avec un plateau ! Si ! Lovino avait fermé les yeux !
Lovino se demanda si Patronus ne s'était pas moqué de lui concernant le peu d'expérience sexuelle de la démone, parce qu'elle savait naturellement faire monter la température (et pas que la température). Putain ! Il n'était pas bien ! Il ne fallait pas le perturber avec ce genre de chose !
Il pensa avec détresse : « Feliciano, sauve-moi ! »
Apparemment, il était maintenant assez détaché de son ange pour qu'il ne s'aperçoive pas qu'il était en grand danger.
Il sentit la démone s'asseoir près de lui et il leva les yeux vers elle. Il rencontra au passage un téton dépassant de sa chevelure et l'arrondi de son autre sein, mais passons sur l'excitation qui l'avait gagnée à ses belles images. Bon côté des choses, il était maintenant sûr de sa bisexualité.
Oui, parce que rêver d'Antonio tout le temps l'avait fait beaucoup douter. Sale bastardo !
La démone fut assez sage pendant qu'il reprit des forces.
« Bon, j'aimerais aller aux toilettes seul !
- Je ne suis pas sûr que tu tiennes sur tes jambes. »
La démone lui montra une bassine.
« Mais pas question que je tombe le pantalon devant vous, espèce de pervers ! »
Patronus rit puis réussit à passer ses bras sous ses genoux et sous son dos. Pour le porter comme une princesse !
« Il ne faut pas t'y croire, le chevalier servant ! C'est exceptionnel !
- Bien sûr, Lovi ! »
Le bâtard l'avait laissé seul dans les toilettes. Mais bordel, il dut se tenir aux meubles pour pouvoir s'asseoir correctement sur la cuvette.
Après s'être soulagé, il réfléchit cinq minutes pour savoir s'il appelait l'ange au secours direct. Tout ceci l'avait fatigué. C'était à cause de l'attaque qu'il avait subie, mais tout de même, il aurait dû pouvoir se déplacer tout seul.
Il se leva difficilement et ouvrit la porte.
« Aide-moi à me laver les mains !
- Bien sûr ! »
Avoir cet ange terrible à ces petits soins le faisait paraître plus sympathique au moins. Lovino le savait, c'était de l'ange dont il devait d'abord tomber amoureux… Enfin, non, il ne savait pas… Le seul cas similaire au sien était Feliciano pour l'instant. Il n'en avait pas encore parlé avec son frère. Il préférait que Feliciano lui donne son avis sur Antonio, avant qu'il ne décide quoi que ce soit.
« Il faudrait que tu te recouches et dormes à nouveau.
- J'espère que vous ne tenterez rien de louche.
- Tu sais très bien que je tiens assez à toi pour ne pas te faire de mal… »
Lovino vit plus qu'il ne le sentit Patronus lui déposer un baiser sur les cheveux.
« … et Cornea aussi, murmura-t-il. Elle saura réfréner ses impatiences. »
Tout ceci le fit frissonner de tout son être. Il avait vraiment quelque chose pour les entités d'Antonio et pour Antonio lui-même, c'était certain. Avait-il seulement peur de toute cette affection ?
Morphée le cueillit à nouveau, mais cette fois-ci entre les bras d'un ange et d'une démone.
Alors, les personnages n'ont pas été coopératifs du tout. Ah, le spamano, ça les dissipe... Je n'avais pas prévu cette allusion à l'Amérique latine. C'est sorti tout seul !
Je me suis dit que ce n'était pas grave. Je rattraperai dans le prochain chapitre.
