Je prenais une grande inspiration avant d'entrer dans la salle de potions. Mon regard se posa en premier sur un dos aux larges épaules dans lequel dansaient des cheveux ébène. Je serrai fort mon manuel entre mes bras, jusqu'à me faire mal et j'avançai vers ma place avec un masque d'indifférence sur le visage. Je sentis le regard de Sirius se poser sur moi et ma respiration se bloqua. Il allait être juste derrière moi pendant les trois heures qui allaient suivre et je n'étais pas sûre de pouvoir supporter ça. Remus me sourit largement lorsque j'arrivai près de lui mais je daignai à peine lui accorder un regard. Je portai mon intention sur mon chaudron autour duquel je disposai les ingrédients qui allaient servir. Remus s'éclaircit la voix alors que je sentais toujours les yeux de Sirius me brûler le dos. J'allais m'assoir quand un vertige me fit tourner la tête. Je m'assis précipitamment sur ma chaise pour éviter de m'écrouler par terre et me pris la tête entre les mains. J'avais à peine dormi cette nuit, incapable de faire taire la douleur qui brûlait dans ma poitrine. J'avais aussi manquer quelques repas ces derniers jours ce qui ne devait pas aider.

- Nora ? Ça va ? demanda Remus inquiet.

Je lui adressai un regard noir pour qu'il me laisse tranquille. Il ne dit rien pendant plus d'une heure puis il ne supporta plus le silence.

- Je croyais que tu n'en avais rien à faire de ce que j'étais.

Il pensait que je l'ignorais car il était un loup garou, ridicule, pensai-je.

- Je croyais que tu étais mon amie, continua-t-il tristement.

Je manquai de m'étrangler.

- Ton amie ? répétai-je amèrement.

Il parut étonné par ma réaction, mais je me fis plus claire :

- Un ami m'aurait prévenue que Sirius se foutait de moi.

- Sirius ne…, commença-t-il.

- Ne me mens pas, le coupai-je en haussant la voix.

Slughorn leva la tête vers moi, je reportai donc mon attention sur mon livre de potion. Après quelques minutes, Remus reprit :

- Nora, souffla-t-il, je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre vous deux, il ne veut rien nous dire, mais je t'assure cela l'affecte vraiment.

Mon cœur se ratatina.

- Je t'en prie, ne me dis pas ça, murmurai-je les larmes aux yeux.

J'aurai aimé rester fière mais toute mon âme saignait et le sujet faisait monter la douleur dans tout mon corps. Il parut décontenancé quand il vu les larmes perler aux coins de mes yeux puis pris un regard compatissant. Je ne voulais pas de sa pitié.

Je levai la main pour attirer l'attention du Professeur.

- Oui, miss Wilson ?

- J'ai terminé monsieur.

Je voulais au plus vite quitter cette pièce et les gens qui la remplissaient si bien que j'avais été plus rapide que jamais.

- Déjà, s'étonna-t-il, voyons ça.

Il s'approcha de mon chaudron, fit tourner la spatule à l'aide de sa baguette puis huma la fumée qui s'y dégageait en spirale. Ses yeux s'illuminèrent.

- Elle est parfaite, s'exclama-t-il, et en un temps record ! J'accorde 10 points à Serpentard pour cette prouesse Miss Wilson.

Puis il déposa un couvercle sur mon chaudron. Je lui adressai un faux sourire.

- Puis-je y aller puisque j'ai terminé ?

Il réfléchit un instant puis déclara.

- Il vous reste une petite heure, pourquoi n'aidez-vous pas votre voisin ?

- Bien sûr, professeur.

Je serrai les dents et pestai intérieurement. Je passai alors le reste de mon cours à aider Remus. Je préparai les ingrédients avec lui et tournai dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Il n'osait plus m'adresser la parole et gardait le nez dans le livre, ce qui était tant mieux pour moi. La couleur nacrée de la potion apparue enfin dans le chaudron de Remus. J'allai appeler une nouvelle fois le professeur Slughorn mais ma voix resta bloquée dans ma gorge. Le pouvoir de l'Amortentia. L'odeur qui se dégageait de la potion était le parfum si enivrant de Sirius. J'enfonçai mes ongles dans ma paume pour penser à autre chose mais c'était obsédant. Une boule de sanglot montât dans ma gorge. J'essayai de me concentrer sur autre chose mais l'odeur de terre humide, de Sirius et de vieux livres me captivait. Curieux mélange de plénitude et de tristesse. La fumée du philtre d'amour s'éleva un peu plus et ne tarda pas à atteindre mes voisins les plus proches. Les élèves de devant se retournèrent, Remus regardait l'éclat rose dans le fond de son chaudron avec scepticisme et je n'osai pas connaitre la réaction de la personne qui se trouvait derrière moi. Tout ce que je savais c'est qu'à la façon dont mon dos brûlait, Sirius avait à nouveau les yeux rivés sur moi.

Le professeur nous félicita à nouveau puis le cours pris fin. Je trainais dans la salle en ramassant mes dernières affaires afin de laisser Sirius et ses amis prendre de l'avance. Je ne voulais pas me retrouver face à lui.

Slughorn s'approcha de moi alors que j'étais en train de remettre mon manuel dans mon sac et déclara d'une voix sérieuse :

- En vue des efforts que vous avez fournis Miss Wilson, les portes de ma réception Samedi vous sont grandes ouvertes.

- Merci Professeur mais je ne suis pas sûre de venir.

Il prit un air outré.

- Comment ça ? Une élève aussi brillante dans mon cours de potions ne peut manquer ça ! J'ai beaucoup de monde à vous présenter, si vous continuez comme ça vous serez une grande sorcière, sans doute promise à une carrière ministérielle. Je ne vous laisse pas le choix.

Une carrière ? Et puis quoi encore ? ricanai-je intérieurement.

- Très bien je serai là alors.

Je lui adressai un sourire poli et tournai les talons. Je viendrai à cette soirée sans cavalier. J'imaginais déjà tout ce que les gens allaient dire derrière mon dos. Cette discussion m'avait agacée et en ce moment mon agacement pouvait vite se transformer en colère noire. Je me dirigeai vers la sortie quand Sirius s'interposa entre la porte et moi. Je m'arrêtai brusquement et évitai son regard.

- Ote-toi de mon chemin, Black !

Je n'avais pas la force de l'affronter maintenant. Pas ici, au milieu de tout le monde. J'avais trop peur de craquer.

- Nora j'aimerai te parler…

Sa voix grave et rauque me déstabilisa un instant mais je me repris. Je m'efforçai de ne pas lever les yeux vers lui.

- Je ne te le répéterai pas, laisse-moi passer.

Il fit un pas vers moi en avançant sa main vers moi.

- Ne me touche pas, m'écriai-je en sortant ma baguette et en la pointant sur lui.

Il leva les mains et recula. J'avançai alors pour sortir de cette maudite salle mais juste avant de passer la porte je ne pus m'empêcher de le regarder avec colère et dégout. Malheureusement l'expression triste de son visage et son regard désespéré me renversèrent le cœur.

J'étais à peine sortie de ma salle de classe lorsque je vis Rabastan s'avancer vers moi. Ce n'était vraiment pas le moment, ni la bonne journée. Il affichait son air supérieur habituel et je passai devant lui sans lui adresser un regard. Mais il en avait décidé autrement et m'attrapa fortement le bras pour me stopper. Les Serpentards autour de nous chuchotaient. Je serrai les dents pour contenir ma colère.

- Où tu vas comme ça ? Cracha Rabastan.

- Quelque part loin de toi, répliquai-je avec un ton condescendant et un sourire ironique plaqué sur le visage.

Il grogna et resserra sa prise autour de mon poignet. Il jeta un regard autour de lui pour voir si les Serpentard avaient entendu mon manque de respect évident.

- Ne me parle pas avec ce ton.

- Quel ton ? demandai-je en feignant l'innocence.

- Allons parler plus loin.

Un rire sarcastique traversa mes lèvres alors que je me rapprochai de lui.

- Tu veux dire un endroit où tu pourras me frapper ou me toucher sans que personne ne te voie ? répondis-je en chuchotant près de son oreille.

Il me poussa en arrière pour m'éloigner de lui puis d'un revers de main il envoya ma tête valsé sur mon épaule.

- Idiote…, commença-t-il.

Mais mon sortilège le coupa :

- Levicorpus !

Rabastan fut soulevé dans les airs par une cheville, se trouvant dans une position ridicule. Les élèves autour eurent des réactions bien différentes. Certains rigolaient, je soupçonnai les élèves de Gryffondor, d'autres murmuraient effarés, surement les Serpentards. Rabastan devenait tout rouge et s'écria :

- Lâche-moi Nora ! Comment oses-tu ?!

Un petit rire m'échappa. Cette situation était bien la pire pour Rabastan qui devait être en train de perdre toute crédibilité.

- Tu ne lèveras plus la main sur moi, Lestrange, lui ordonnai-je.

- Je n'ai pas d'ordres à recevoir de toi ! cria-t-il.

- Comme tu veux, j'ai tout mon temps, répondis-je en haussant les épaules et en le soulevant encore un peu plus haut vers le plafond.

De nouveaux rires s'élevèrent alors que la teinte écrevisse de Rabastan s'intensifiait.

- Très bien, lâche-moi ! ordonna-t-il.

J'étais tenté de lui demander un « S'il te plait » mais venant de Rabastan j'aurai pu attendre des jours et je n'avais pas vraiment de temps à perdre avec cet idiot.

- Liberacorpus, murmurai-je alors.

Rabastan retomba lourdement sur le sol et je me retournai pour partir avant qu'il ne se relève. Mais quelqu'un parmi les élèves s'écria :

- Attention !

Je n'eus pas le temps de voir qui avait crié mais dans un mouvement réflexe je m'écriai :

-Expelliarmus !

Et la baguette de Rabastan m'arriva dans les mains. Je le regardai avec un regard mauvais. Il était assis par terre et avait les yeux sombres.

- Tu lèves ta baguette sur une sorcière qui a le dos tourné ? questionnai-je en levant un sourcil. Tu es plus lâche que je ne le pensais!

- Tu ne t'en tireras pas comme ça Nora ! s'exclama-t-il.

- Oh oh, voyons ça, tu me menaces ? Mais tu n'es pas en position de me menacer Rabastan, répondis-je en agitant sa baguette sous son nez.

Je m'approchai de lui et tout en le regardant de haut je continuai à voix basse mais ferme :

- Je ne suis plus la petite Nora que tu dois protéger et que tu peux diriger comme tu le souhaite. Tu oublies surement la puissance de mes pouvoirs. Je n'ai plus peur de toi Rabastan. Je n'ai plus rien à perdre. Tu n'es plus rien et tu n'as plus d'emprise sur moi.

Il s'élança vers moi les mains en avant pour me serrer la gorge mais je le menaçai toujours de ma baguette, si bien qu'il se tint à distance. Je le regardai avec un air supérieur :

- Je vais garder ça, lâchai-je en faisant tourner sa baguette entre mes doigts.

Puis je quittai le couloir, un sourire triomphant sur les lèvres.

La petite entrevue avec Rabastan m'avait fait du bien finalement. Cela avait absorbé ma colère et le voir ainsi ridiculisé était une petite revanche pour moi.

Ce midi-là, assise face à moi-même, je pus pour la première fois depuis plusieurs jours avaler quelque chose. La sensation de la nourriture chaude dans ma bouche et dans mon estomac fut plus que bienvenue. Cela était même réconfortant et mettait un peu de couleur dans mon monde tout gris. Je savais que les soucis et le manque de sommeil m'avait fait prendre des mauvaises décisions ces temps-ci mais je ne voulais pas me laisser abattre. Je me concentrai plutôt sur la victoire d'aujourd'hui que sur le trou béant qui se trouvait dans ma poitrine. Sirius me manquait tellement et malgré la colère que j'éprouvais pour lui, je n'avais qu'une envie, qu'il me prenne dans ses bras et me dise que tout allait bien. Pourtant Sirius était le dernier de mes problèmes. Je devais faire attention car Rabastan allait surement se venger de l'humiliation que je lui avais fait subir. Je passai ma main dans ma poche et y sentit la présence rassurante de ma baguette et de celle de Rabastan. Tant qu'elles seraient là, je n'aurai rien à craindre de lui.

Je regardai les flammes danser dans l'âtre de la salle commune de Serpentard. Il était tard mais une fois de plus je n'avais pas réussis à trouver le sommeil. Les deux mains près de la cheminée, les yeux dans le vague je laissais mes pensées s'évader vers le feu qui avait parcouru ma peau, la première fois que Sirius l'avait effleuré. Et toutes les fois d'après. Je pensais à cette douce chaleur qui naissait dans mon ventre lorsque son regard se posait sur moi. Je me demandais comment ce feu si doux et pourtant si ardent pouvait s'être transformé en flammes dévorantes à l'intérieur de moi. Qui ravageaient tout. Réduisant chaque pensée joyeuse en cendre et m'empêchant d'avancer.

Une porte claqua.

Je sursautai en m'arrachant à mes pensées. Dans l'ombre du couloir je vis Rabastan s'avancer. Ma main glissa automatiquement le long de ma jambe pour attraper ma baguette. Je la serrai très fort, à faire blanchir mes jointures. L'ombre de son visage était menaçante. Il continuait d'avancer lentement vers moi, me regardant droit dans les yeux. Une fois qu'il fut un peu plus près de la lumière que dégageai la cheminée, il déclara très calmement :

- Tu as quelque chose qui m'appartient.

Mes muscles se crispèrent alors qu'il se rapprocha de moi. Je levai ma baguette vers lui. Il ne cilla pas une seule seconde. Il tendit la main :

- Rends la moi, Nora.

Je regardai un instant son bras tendu puis relevai les yeux vers lui.

- Pourquoi je ferai ça ?

Un faible sourire apparu sur ses lèvres.

- J'espérai que tu dirais ça, souffla-t-il.

Des pas résonnèrent derrière moi, je jetai un regard dans mon dos et aperçu Regulus et Avery s'approcher. Tous les deux pointaient leurs baguettes sur moi et me regardaient avec mépris. Ils m'encerclaient et je ne pouvais me défendre face à autant d'assaillants. J'étais prise au piège. Je n'avais plus qu'à encaisser. Je défiai Rabastan du regard en me retournant :

- Tu confirmes ce que je pensais déjà, tu es bien trop lâche et peureux pour m'affronter. Il te faut l'aide de tes chiens !

Une lueur brilla dans les yeux de Rabastan.

- Tu commences à avoir peur n'es-ce-pas ? Tu commences à regretter ton attitude.

- Pas le moins du monde, répondis-je avec un air hautain, te voir gigoter comme un idiot suspendu par une cheville était un spectacle sans prix.

Une ombre passa sur son visage et ses mâchoires se crispèrent au souvenir de son humiliation de cet après-midi. Je souris intérieurement. Il fit un geste de la tête et Avery m'attrapa les bras et me vrilla les poignets dans le dos. Je grimaçai.

- Lâche-moi ! criai-je.

- Ferme là ou je te les casse, cracha Avery en accentuant la torsion sur mes poignets ce qui m'arracha un gémissement.

Ma baguette tomba à mes pieds et Regulus s'en empara. Il voulut glisser sa main dans ma poche pour attraper la baguette de Rabastan. Je lui lançai un regard assassin alors que Rabastan le stoppa :

- Ca c'est moi qui m'en occupe.

Il lui fit signe de s'écarter, ce qu'il fit aussitôt. Je regardai alors Rabastan s'avancer vers moi avec un sourire carnassier.

- Ne me touche pas, ordonnai-je.

Son sourire s'élargit un peu plus alors qu'il disait :

- Mais tu n'es pas en position de m'ordonner quoi que ce soit, ricana-t-il.

Sa phrase faisait étrangement échos à ce que je lui avais dit cet après-midi. Je ne répondis rien. Il glissa sa main sur ma cuisse et remonta lentement vers ma poche savourant le contact de ses doigts sur ma peau. J'essayai de me dégager mais Avery ricanait derrière moi et m'empêcha de gigoter plus. Rabastan sortit sa baguette et la balada sur mon visage puis sur ma gorge avant de l'arrêter sur ma poitrine.

- Si seulement tu avais bien voulu rester sage, soupira-t-il, je n'aurai pas eu besoin de te briser.

Une goutte de sueur froide glissa le long de mon dos jusqu'à mon échine.

- Tu ne peux pas me briser Rabastan, tu n'as pas ce pouvoir.

Il ricana et m'embrassa à pleine bouche. J'émis un hoquet de surprise et mordis sa lèvre le plus fort que je pouvais. Il s'écarta vivement, m'attrapa par les cheveux et m'envoya sur le sol de la pièce. Dans ce geste de colère, Avery avait dû lâcher prise et je me relevai pour tenter de fuir vers mon dortoir mais Regulus se plaça devant moi pour me bloquer le passage. Il fuyait mon regard. Rabastan me saisit par la nuque et m'obligea à me retourner vers lui.

- Tu as oublié que j'ai lu dans ton esprit Nora. Je connais tes peurs. Je connais ta peur, une peur enfantine, incontrôlable pour toi.

Sur son visage on pouvait lire toute la haine qu'il m'avait réservée alors que je commençai à paniquer.

- Je te soumettrai Nora. Je te soumettrai comme un forgeron soumet la lame de son épée à coup de marteau. Une fois que j'en aurai fini avec toi, tu seras mon arme la plus puissante et la plus dévouée, déclara-t-il d'une voix métallique tout en caressant ma nuque.

- Qu'es ce que tu vas faire Rabastan ? demandai-je la voix tremblante.

J'avais peur d'avoir deviné où il venait en venir.

- T'enfermer.

Ma respiration se bloqua alors qu'il faisait signe à Regulus et Avery de m'emmener. Ils s'exécutèrent alors qu'un souvenir me submergea.

Je devais avoir six ou sept ans. Je jouais à cache-cache avec ma mère. J'avais trouvé une toute petite niche où me glisser. J'avais précautionneusement tiré la porte pour ne pas qu'elle me trouve. Fière de ma cachette j'étais restée silencieuse lorsqu'elle m'avait appelée du couloir. « Nora ! Nora sort de ta cachette, je m'en vais » avait-elle crié. J'avais pouffé du fond de mon trou en pensant que c'était une piètre tentative pour m'obliger à me dévoiler. J'avais donc patienté de longues minutes encore. Je commençai à perdre espoir qu'elle ne me trouve lorsque j'entendis la lourde porte d'entrée claquer. Puis un silence de plomb. « Mère ? Mère ? » avais-je appelé doucement puis plus fort en tentant de m'extirper de ma cachette. Personne ne me répondait. Ma mère était donc partie m'abandonnant dans mon trou, sans doute lasse de m'avoir cherché dans toute la maison. Mon père était en déplacement et nous n'avions pas encore d'elfe de maison. J'étais donc toute seule. Je commençais à m'agiter en poussant la porte de ma cachette exigüe. Mais elle refusait de bouger. J'avais beau pousser de toutes mes forces dessus, elle refusait de s'ouvrir. Plus le temps passait plus la panique montait en moi. La porte était bloquée, je ne pouvais pas sortir et il n'y avait personne pour m'aider. Tout mon corps céda à la panique et ma magie se révéla à ce moment précis. Toute la puissance magique présente en moi sortit d'un coup, dans toutes les directions. Sans aucun contrôle, provoquant une explosion. Et tout s'écroula autour de moi, m'ensevelissant sous des kilos de pierres et de poussière. Je sentis mes os se briser à plusieurs endroits sous le poids de ce qui se trouvait au-dessus de moi. J'étouffais et je respirai de la poussière. J'allais mourir ici, enterré vivante, j'en étais sûre. La dernière chose dont je me souviens est le cri d'horreur de ma mère qui résonna jusqu'à mes oreilles alors que je perdais connaissance.

- Non ! Arrêtez ! m'écriai-je paniquée.

Rabastan avait déjà tourné les talons et était repartit dans sa chambre. Avery me poussa en avant pour me faire avancer et plaça sa baguette entre mes deux omoplates. Je frissonnai en pensant à ce qu'il allait se passer. Regulus marchait devant me montrant le chemin. Après avoir pris quelques escaliers, Avery me poussa vers un couloir désert. Puis il ouvrit une porte et m'obligea à rentrer dans ce qui ressemblait à un placard à balai mais en beaucoup plus petit et plus étroit.

- Non ! soufflai-je.

Je me débattis pour ne pas rentrer là-dedans mais Avery me domina facilement et me jeta dans ce qui ressemblait à un cercueil à mes yeux. En tout cas c'était aussi étroit. Il claqua la porte alors que je suppliai Regulus du regard. Je me retrouvai dans le noir le plus total dans une position inconfortable, bloquée entre quatre murs. Je n'avais même pas assez de place pour pouvoir m'assoir. J'entendis Avery bloquer la porte et ma respiration accéléra malgré moi. J'essayai de garder mon calme mais mon sang pulsait contre mes tempes. Mon cœur battait à une vitesse anormale. J'haletai alors que de la sueur perlait sur mon front. Je voulais sortir d'ici. Il fallait que je sorte. J'avais l'impression que les murs se refermaient sur moi. L'angoisse monta en moi petit à petit me faisant trembler comme une feuille. Les larmes coulaient le long de mes joues. J'avais envie de crier mais aucun son ne sortait de ma bouche. Je savais pourtant qu'il n'y avait aucun danger imminent mais je ne pouvais contrôler ma peur. L'air me manquait dans cet endroit exigu. J'avais beau prendre de plus en plus d'inspiration, aucun air ne parvenait correctement à mes poumons, refusant d'oxygéner mon cerveau. J'étouffai, je ne pouvais plus respirer. Ma tête commença à tourner dangereusement alors que j'haletai pour tenter de remplir mes poumons d'air. Après avoir vainement donné des coups de poings dans la porte, à court d'énergie, je creusais des sillons avec mes ongles dans le plancher. Ignorant les échardes qui s'enfonçaient dans mes doigts et le sang qui coulait. Je mis un temps à me rendre compte qu'il y avait du bruit dans le couloir. Des étoiles dansaient devant mes yeux quand j'entendis la voix grave de Sirius raisonner derrière la porte en bois.

- La question n'est pas de savoir qui va me laisser passer, mais qui va m'arrêter. Stupéfix !

Puis j'entendis vaguement un cri de douleur puis des pas s'éloigner lorsque la porte s'ouvrit et que je basculai en avant. A bout de forces. J'atterri mollement dans les bras de Sirius qui me rattrapa de justesse avant que je n'atteigne le sol. L'éclat argenté de ses yeux me sondèrent avec inquiétude, un instant avant que je ne sombre dans le noir.