Eh eh !
Voilà la suite ! Vous allez enfin savoir ce qui arrive à Grell, Richard et Ronald... Petite surprise en perspective !
Également, pour que vous vous y retrouviez plus facilement, je vous ai mis l'organigramme de la Garde. ^^ htt*ps:/*/imageshack*.com*/i/*jn14sxj Il suffit d'enlever les étoiles pour y avoir accès.
Bonne lecture !
EDIT : Ce chapitre a reçu une mise à jour importante pour l'histoire. Pour celles et ceux qui ont lu l'ancienne version, je vous conseille de relire le dernier paragraphe en entier, qui a été énormément modifié. C'est à partir du moment où Schreiber, le Chargé des déserteurs, discute avec Sørensen, l'Officier de l'Ordre des Traqueurs.
Le reste n'a absolument pas été modifié.
Bonne relecture !
CHAPITRE XIX : LA GARDE PRÉTORIENNE
La porte s'ouvrit sur le nouveau venu. Richard ne put retenir le cri de surprise et d'horreur qu'il poussa, tandis que Grell s'abasourdit et que Ronald se retint in extremis d'éclater de rire.
Druitt.
Le vicomte Warren Redmond Druitt.
Professeur. À la fac. Pour remplacer Emma.
D'ailleurs, ses yeux de pervenche s'illuminèrent en voyant les deux Shinigami et l'Humain.
« Grell, chère rose écarlate ! Ronald, au charme sauvage de l'Écosse ! Vincent, infortuné père de Ciel et noble du mal !
-Euh... Moi, c'est Nicolas, contredit Richard.
-Certes, certes, mais vous faisiez un Vincent Phantomhive si réaliste ! AAAAH ! Et si, vous tous, vous aviez vu la meeeerveilleuse prestation de ces trois comédiens d'exception la semaine dernière, lors de la Japan Expo Sud... s'extasia Druitt devant le reste de la classe médusée. Si beaux, si gracieux... Ô, Grell, vous dont j'ignore même le nom... Que de talent avez-vous donc déployé lorsque Undertaker vous prît dans ses bras ! Vous nous avez fait ressentir toute la surprise et la détresse du personnage face à la Mort ! Comment vous nommez-vous, chère amaryllis ? Et... Euh... »
Le vicomte fut coupé court dans ses ardeurs par un regard meurtrier de sa chère amaryllis. Ronald lui jeta un coup d'œil inquiet. Elle semblait lutter contre l'envie irrépressible d'assassiner Druitt.
En effet, elle se demandait sérieusement si elle n'allait pas s'octroyer ce plaisir. Pour une fois qu'Undertaker ne serait pas là pour l'empêcher de tuer un vicomte de Druitt... Comment ce dernier osait-il la comparer à une amaryllis ?! La fleur de l'orgueil. La fleur de Madame Red qui n'avait pas su aller jusqu'au bout de ses convictions.
Et en plus, cet abruti de vicomte osait lui rappeler le moment qui la hantait depuis une semaine !
Elle s'apprêtait à matérialiser sa Faux de la Mort par réflexe, quand Ronald posa sa main sur son poignet et lui murmura :
« Pense à la couverture. Tu auras des problèmes si tu tues encore un Humain... »
La rousse lui lança également un regard assassin, qui ne l'impressionna pas contrairement à Richard qui eut un léger mouvement de recul. L'Écossais était habitué, depuis le temps qu'ils travaillaient ensemble, à lui conseiller de se calmer. Elle se tourna à nouveau vers Druitt et lui répliqua avec tout le venin dont elle était capable :
« À part que l'amaryllis est la fleur de Madame Red. Celle de Grell est la rose rouge. Et mon prénom est Juliette.
-OH ! s'écria Druitt dramatiquement. Mais quelle faute impardonnable de ma part, surtout envers une si fine connaisseuse de Black Butler ! Veuillez me pardonner, Juliette. »
Il s'adressa ensuite à Ronald qui venait juste de penser à envoyer au reste de l'équipe de Traqueurs un message contredisant l'alerte rouge pour ne pas qu'ils viennent :
« Mais il me reste à savoir votre véritable nom à vous aussi...
-Duncan.
-Ah ! Vous êtes donc bien écossais ! Comment va ce petit cardinal rouge du doux nom de Clémence ? La rendez-vous heureuse comme il se doit ?
-Oui, ça va, merci, elle va bien. » grogna-t-il.
Il y eut quelques soupirs tristes quand les filles de la classe apprirent que Ronald était en couple. Mais Druitt reprit tout à coup, le désespoir s'abattant sur lui :
« N'auriez-vous pas quelques nouvelles de ma chère et tendre Emma ? Mon mignon petit coquelicot est à l'hôpital et je ne saurais survivre sans être rassuré ! Si vous saviez comme je m'inquiète de la savoir seule là bas ! Une telle beauté ne peut s'épanouir dans la solitude... Si je m'écoutais, je partirais de suite cueillir son désespoir et la fleurir à nouveau de bonheur ! Ah ! Monde cruel ! Pourquoi fauches-tu ainsi les fleurs de ton champ ? »
.oOo.
Clémence était allée rejoindre Emma à l'hôpital et travaillait sur la table pendant que son amie dormait. Concentrée sur la retranscription d'une inscription peinte romaine, elle sursauta lorsque son portable vibra à côté d'elle. Elle délaissa un instant ses études pour son téléphone. Elle sourit et rougit très légèrement en voyant que Ronald lui avait envoyé un message qu'elle ouvrit aussitôt.
« Salut la belle ! Tu as passé une bonne journée ? Nous, ça a été... spécial. Le patron est avec toi ? »
« Non, je suis à l'hôpital avec Emma. William devait passer à l'appartement quand j'y étais mais il n'est pas venu. On a dû se croiser. Pourquoi ? Et c'est les cours qui ont été spéciaux ? »
« Oui, surtout un... Vous serez vite au courant. Si jamais tu vois le patron, envoie-moi un message s'il te plaît. On voudrait savoir son humeur. »
« Un problème ? »
« Ça dépend de comment il prend le ''problème''. »
« Vous avez laissé échapper Undertaker et Sebastian, assassiné Druitt, n'avez pas fauché toutes les âmes d'un navire en train de couler et ne connaissez toujours pas le fonctionnement des étranges poupées ? »
« Merci de la confiance, le Campania, c'est loin maintenant. Préviens-moi si tu le vois, S.T.P. On vous rejoint à l'hôpital. »
« Ok. À toute ! »
Clémence hésita un instant avant de rajouter Bisous à la fin du dernier message, les joues en feu. Après tout, ils étaient en couple non ? Elle avait encore un peu de mal avec ce nouvel aspect de sa vie.
Elle reposa son portable avec un sourire et reprit là où elle s'en était arrêtée. Elle prit quelques notes, quand la porte s'ouvrit. Elle se retourna pour voir William.
« Bonjour monsieur.
-Miss Curiel... »
Sans un autre mot, il alla s'asseoir au chevet d'Emma qui dormait toujours. Clémence le regarda et tenta de décrypter ses émotions, mais en fut incapable.
« Il est arrivé mais je ne sais pas comment il est. Je dirais stoïque comme d'habitude. » envoya-t-elle à Ronald.
« Est-ce qu'il remonte ses lunettes plus que d'habitude ? » répondit Grell par son propre portable.
« S'il a les sourcils froncés, c'est mauvais signe » reçut-elle de Ronald en même temps.
« Bah... Personnellement, je ne vois pas trop de différence... »
Elle jeta un rapide coup d'œil à William qui paraissait pensif, mais ne put rien voir de plus.
Ne sachant trop quoi dire, elle se replongea dans ses notes pour son mémoire. Le temps passa ainsi jusqu'à l'arrivée, un quart d'heure plus tard de Richard et de ses protecteurs.
« Salut tout le monde !
-Moins fort, comte, pria William, Emma est endormie.
-Oh ! Désolé... murmura-t-il.
-Coucou ! » salua Clémence en se levant.
Elle rejoignit l'Écossais qui la prit dans ses bras et l'embrassa avant de chuchoter à son oreille :
« Là, le patron est en colère. C'est dur à voir, mais il l'est. »
Clémence lui sourit et déposa un baiser sur sa joue, avant que William ne leur adresse un regard polaire :
« Knox, Sutcliff... Nous aurons à discuter, tout à l'heure.
-Si c'est à propos de ce qui s'est passé tout à l'heure... commença Richard.
-En effet, comte, mais rien de ce que vous pourrez dire n'interviendra en leur faveur.
-Ils m'ont sauvé la vie.
-Et de quel danger ? ironisa le brun. Le vicomte de Druitt ?
-Peut-être, mais si ça avait vraiment été Sebastian ? Ils ont eu le bon réflexe.
-Laisse, Richard, intervint Grell avec acidité. Ça ne sert à rien, il a décidé de nous lyncher alors il le fera.
-Mais...
-Laisse, je te dis.
-Sutcliff ! Reconnaissez que vous n'avez guère été brillante sur cette affaire. Mais comme je vous l'ai dit, nous en reparlerons plus tard, au calme de l'appartement.
-De toute façon, tout ce que tu sais faire, c'est m'engueuler. » cracha-t-elle à William.
Elle sortit de la chambre, en claquant la porte, faisant soupirer le brun. Emma se réveilla en sursaut, malgré la morphine qui l'assommait encore.
« Oh ! Vous êtes venus pour les bisous de l'amour ?
-Bonsoir Emma. »
À ce moment, le portable de Clémence vibra, lui indiquant cette fois un appel. Elle s'excusa et sortit pour répondre.
« Allo ?
-Clémence ? C'est Manon ! On a fini les cours avec la promo et on vient voir Emma.
-Ah ok... Par contre, dites aux garçons de ne pas s'approcher d'elle, recommanda la jeune femme.
-Euh... Pourquoi ?
-Elle est shootée à la morphine et il ne faut pas que les garçons l'approchent, c'est tout, répondit-elle en conservant l'honneur de son amie sauf. Et je vous préviens, elle est persuadée que tout ce qui se passe quand elle est sous morphine n'est qu'une rêve.
-Ok pas de soucis ! Elle est dans quelle chambre ?
-La 124, indiqua-t-elle. Vous la trouverez facilement, elle est juste à côté de l'ascenseur.
-Merci ! À tout à l'heure !
-À tout à l'heure ! »
Elle raccrocha et se retourna pour entrer quand elle vit Grell assise par terre dans le couloir désert, ses bras enserrant ses genoux et le visage perdu dedans. Clémence s'approcha d'elle prudemment :
« Grell ? Ça va ? »
La rousse releva la tête et eut un sourire forcé pour l'Humaine.
« Oui, c'est juste que... Si je ne me calme pas, je vais le tuer. Je ne veux pas avoir plus de problèmes que ce que j'en ai déjà. J'aimerais tellement ne plus avoir à faire à lui...
-Pourquoi vos supérieurs refusent ta mutation ? Ce n'est certainement pas bon pour votre équipe d'avoir quelqu'un qui veut partir.
-Je sais, grogna-t-elle. Mais ils jugent que je suis celle qui a côtoyé le plus Undertaker puisque je l'ai rencontré pour l'affaire de Jack l'Éventreur et comme après William, je suis la plus puissante...
-Bah, si tu ne fais plus rien pour les Traqueurs, je veux dire, si tu fais exprès de mal faire ton travail, ils seront obligés d'accepter. Non ? »
Grell eut un rire ironique.
« Ça marche peut-être pour les Humains ou pourquoi pas pour les Faucheurs, mais certainement pas chez les Traqueurs. On dépend directement de la Garde Prétorienne alors les règles ne sont pas les mêmes et tout est plus compliqué.
-La Garde Prétorienne ? s'étonna Clémence en bonne étudiante en archéologie. Comme l'unité militaire d'élite chargée de protéger l'Empereur à Rome ?
-Presque. Les Prétoriens représentent l'élite de l'élite et en faire partie est le plus grand honneur auquel un Shinigami puisse aspirer. Le Préfet du Prétoire, qui est actuellement Demetrius Faustius Vespillo, est placé sous les ordres directs des deux Dieux de la Mort, Orcus et Vanth. Eux, ce sont des vrais Dieux, pas des Kami comme nous. Le Préfet est donc le premier de tous les Shinigami et faire partie de Garde, c'est faire partie du cercle restreint qui entoure Orcus et Vanth. Les Prétoriens sont les plus puissants Shinigami et sont,entre autre, les Gardes de nos Dieux. Ils assurent les postes clefs, les gradés font partie des Conseillers d'Orcus ou du conseil élargi... Ils s'occupent aussi de la Justice, de la diplomatie... En gros, c'est la très haute administration. Et crois-moi, il ne vaut mieux pas avoir à faire à eux. Je sais de quoi je parle.
-Tu as eu maille à partir avec eux ?
-Oui, soupira-t-elle. Jack l'Éventreur. Toutes les affaires de Justice passent par la Garde. Même si je n'ai été qu'assignée à résidence, ils savent te faire passer toute envie de récidive.
-Ce sont des sadiques ?
-Hmm... réfléchit la rousse un instant. Je ne dirais pas ça. Ils sont... spéciaux. Ça ne se décrit pas, je crois. Il faut le vivre pour comprendre. Tu sais, ils sont soumis à une discipline de fer et sont d'une fidélité sans faille envers Orcus et Vanth, bien plus que n'importe lequel d'entre nous. Ils sont connus pour être le seul et unique corps n'ayant jamais eu le moindre déserteur. Il est extrêmement difficile d'y entrer et il faut avoir fait ses preuves avant. En sortir est tout autant compliqué. Svend Sørensen, l'Officier de l'Ordre des Traqueurs, notre patron quoi, refuse de me laisser en partir pour diverses raisons. Tant que je n'aurais pas son accord, je resterais Traqueuse et soumise au régime de la Garde. Si je ne fais pas correctement mon travail et si en plus je le fais exprès, je ne sais pas ce qui se passera. Il nous a d'ailleurs tous étonnés en ne me virant pas suite à mon combat contre Undertaker.
-Alors comme ça... Vous faites partie des Prétoriens et donc de l'élite ? » s'impressionna Clémence.
Grell eut un rire ironique qui étonne l'Humaine.
« Si seulement ! s'écria la rousse. Mais non, même pas ! Tous les Traqueurs sont Prétoriens, sauf nous ! Enfin... Je sais que ça arrive qu'ils fassent appel à de simples Faucheurs, selon les affaires, mais c'est extrêmement rare. C'était plus arrivé depuis le Moyen Âge. C'est pour ça qu'on fauche les âmes, en plus de traquer Undertaker. Du coup, on a tous les inconvénients des Traqueurs sans en avoir les avantages.
-Et pourquoi ce ne sont pas des Prétoriens qui font ça ?
-Sørensen a dû juger l'affaire trop peu importante, je suppose, répondit Grell en haussant les épaules. Il doit avoir ses raisons. Apparemment, il juge que nous sommes tout à fait aptes à appréhender ce déserteur et il semblerait que les autres Traqueurs soient tous pris sur d'autres affaires.
-Je sens comme de l'ironie, nota Clémence.
-Je ne vais pas t'apprendre à quelle point notre équipe est... brillante. Mais bon, ça... Je leur avais dit que je ne pouvais pas travailler avec Slingby. Je crois que ça a été la seule fois de notre vie où on a été d'accord... »
Il y eut un silence.
« C'est fou comme on peut changer, pas vrai ? soupira Grell, plus pour elle-même que pour Clémence.
-Si on ne le faisait pas, ça serait grave, non ? répondit l'Humaine en s'installant à côté de la déesse de la Mort.
-Tu te rends compte ? Il n'y a pas un siècle et demi, j'aurais été ravie de cohabiter vingt quatre heures sur vingt quatre avec William et maintenant, je fais tout pour le fuir.
-Il y a un siècle et demi, il ne t'avait pas rembarré comme il l'a fait ! Tu aurais sûrement réagi pareil, non ?
-J'ai toujours trouvé sa froideur mortellement sexy, répondit-elle pensivement. J'ai toujours aimé le voir comme ça, mais là, je sais pas...
-Tu es peut-être tout simplement en train de passer à autre chose.
-Alors pourquoi... ? »
Grell ne finit pas sa phrase. Pourquoi avait-elle si mal si elle était en train de passer à autre chose ? Mais, par peur de faire apparaître sa fragilité, elle ne dit rien. Clémence comprit qu'elle ne voulait pas parler de ça et n'insista pas. Elle allait se lever pour rejoindre les autres et laisser tranquille la rousse quand celle-ci se remit à parler :
« Dire que quand j'étais gosse, je voulais être Traqueuse... Maintenant, je n'ai qu'une envie, en partir.
-Tu voulais être Traqueuse ? répéta Clémence. Parce que ce sont des Prétoriens ?
-Oui et non... sourit-elle. Bien sûr, n'importe quel Shinigami aimerait faire partie de la Garde, mais... C'était surtout à cause de mon parrain, Franz Brückener. C'était la seule personne qui m'était proche et qui m'acceptait. Il était Secrétaire d'État du Saint Empire Romain Germanique, mais il avait longtemps été Traqueur et avait été même Chargé des Démons. Alors bon... Je voulais prendre exemple sur lui.
-Hein ? Il était quoi ?
-Secrétaire d'État, répéta Grell d'un ton amusé. Le supérieur des chef de secteurs. Il y en a un par pays et au-dessus d'eux, il y a les cinq Ministres qui s'occupent chacun d'un continent. Quant au Chargé des Démons, c'est le Prétorien qui dirige les Traqueurs de Démons.
-Je... Je croyais que c'était l'Officier de je-ne-sais-trop-quoi... s'embrouilla Clémence.
-Non ! rit la rousse qui retrouvait un semblant de bonne humeur en voyant l'Humaine perdue. Ah ! L'administration des Shinigami est compliquée, hein ? Si tu veux, l'Officier de l'Ordre des Traqueurs est le big boss des Traqueurs. Il est sous les ordres direct du Préfet du Prétoire et siège au Conseil de la Mort. Mais en-dessous de lui, il a deux personnes : le Chargé des Démons et le Chargé des Déserteurs. Le premier s'occupe des affaires concernant la traque des Démons et le second de celle des déserteurs. Et en-dessous d'eux, il y a les Traqueurs, c'est-à-dire nous. Enfin... les Prétoriens traqueurs. Nous, je ne sais même pas à quel niveau on se situe, administrativement. Tu comprends ?
-Oui, je crois. Mais... pourquoi ton parrain a quitté la Garde ? Il était gradé et il a pu partir alors que toi tu n'es pas Prétorienne et on t'en empêche ?
-Franz était un cas particulier, il avait les épines de la Mort. On ne peut pas être malade et être dans la Garde.
-Et Alan est Traqueur, même si vous n'êtes pas Prétoriens ? s'étonna Clémence.
-Je ne cherche plus à comprendre le pourquoi de notre équipe : elle est complètement stupide. Il n'y a que William qui y aurait sa place. Ayant un casier judiciaire pour transgression et étant considérée comme psychologiquement instable d'après la grognasse, je ne devrais normalement pas être là Alan est malade et Éric et Ronald ne sont pas assez puissants et doués pour figurer parmi les Prétoriens. Ce sont d'excellents Faucheurs, mais pas de là à devenir Traqueur.
-Pourtant, du peu que j'ai pu voir à la Japan et de ce que j'ai lu dans Black Butler, Undertaker semble très puissant. Ils veulent vous envoyer à la mort ou quoi ? Ne vaudrait-il mieux pas que les Prétoriens s'en occupent?
-Il est puissant. Et il a bien plus d'expérience que nous. Il a au moins mille deux cents ans. Donc oui, il vaudrait mieux, mais comme je te l'ai dit, aucun n'était disponible pour l'affaire et Sørensen nous juge aptes à nous en occuper.
-Comment tu sais qu'il a minimum mille deux cents ans ?
-Grâce à sa Death Scythe. Depuis l'an 916, ce genre-là est réservé exclusivement à l'usage de la Garde Prétorienne. Seul les membres de ce corps des Shinigami ont le droit de porter une « vrai » faux. Certains Faucheurs qui n'en faisaient pas partie ont eu des dérogations, comme par exemple ceux dont c'était le style rattaché à leur famille ou ceux qui avaient servi dans la guerre contre les Démons, mais tous les autres ont dû les rendre et plus personne n'a eu le droit d'en posséder. Même ceux dont c'était les Faux familiales. Ça n'a été accordé qu'à ceux qui les avaient déjà. Du coup, ça signifie qu'il était déjà Faucheur en 916 et qu'il avait donc au minimum cent ans révolus cette année-là puisque c'est l'âge de l'obtention du diplôme et donc l'âge où l'on choisi sa Death Scythe.
-Et vous êtes nés en quelle année, vous ?
-William et moi sommes les plus âgés et sommes nés en 1667. Sacré différence, hein ?
-Comme tu dis ! s'écria Clémence. Ça file le vertige... T'imagines pour moi qui suis Humaine ? C'est énorme.
-Je sais, même pour moi qui suis Shinigami ça l'est. Je ne sais pas pour le reste de l'équipe, mais pour te donner une idée, Undertaker aurait à peu près l'âge d'être mon arrière-arrière-grand-père... Ça ne compte pas vraiment quand on est immortel, mais c'est surtout toute l'expérience qu'il a pu accumulé en plus d'être puissant. Parfois, je me dis qu'on doit bien l'amuser alors il nous laisse en vie.
-Tu crois ?
-Oui. À mon avis, il aurait les moyens de nous tuer s'il le voulait. »
Il y eut un nouveau silence quand, tout à coup, Clémence fut interpellée par tout un groupe d'une dizaine de personnes.
« Vous avez fait vite ! fit celle-ci en se levant et en les rejoignant.
-On tient à venir voir Emma, tout de même ! répondit une des filles en lui faisant la bise.
-Au fait, voici Juliette, une amie. Juliette, la promo d'Emma, présenta Clémence en se tournant vers Grell. Voici Manon et Amandine, qui vivent aussi au Domaine des Milles, Laure, Anne, Léa, Benjamin, François, Claire, Louise et Jeanne.
-Quant à moi, sourit une femme d'une cinquantaine d'années en s'avançant, je suis Mme Madon, la directrice de recherches d'Emma et d'Anne. »
Plutôt petite, elle était passée inaperçue au milieu des étudiants. Son apparence replète et sa tignasse oscillant entre le blond vénitien et le roux foncé lui donnaient un air sympathique et enjoué, renforcé par son sourire avenant et son regard marron brillant d'enthousiasme.
« Enchantée, salua Grell. Clémence, je... Je vais rentrer. J'ai besoin de calme. On se voit plus tard.
-Tu sais qu'Éric est à l'appartement ? Alan, Alex et lui sont rentrés pour nourrir les chiots... »
La rousse grogna qu'elle irait faire un tour dans les jardins. Elle partit, au moment où une voix retentit.
« Ô pauvre de moi ! Je vous vois là tous réunis... Ai-je donc loupé le rendez-vous pour voir ma chère et tendre petite fleur d'amour ? »
Plusieurs membre de la promotion d'Emma soupirèrent de désespoir.
« Mais c'est... balbutia Clémence.
-Warren, grommela Amandine. Il est arrivé ce matin dans la classe, comme une fleur, et c'est le cas de le dire, et on a déjà envie de l'assassiner...
-Ah non ! s'esclaffa Claire. Je l'aime bien, moi ! J'adore quand il appelle Emma son mignon petit coquelicot ! Ils forment un couple si meeeuuugnon ! »
Druitt s'immisça dans le groupe avec toute la grâce dont il était capable et avisa soudainement Clémence :
« OH ! Flamboyant cardinal rouge ! Je vois que vous portez toujours ce manteau écarlate qui sied si bien à votre visage ! J'ai appris pour mon plus grand bonheur de la bouche-même de votre cher Écossais que vous étiez heureuse ! Voilà qui emplit mon cœur de bonheur pour vous.
-Euh... Merci...
-Maintenant, ô malheur ! je vais rendre visite au plus beau des mignons petits coquelicots, qui, allongé dans ce lit d'hôpital, risque de se faner avant l'heure... Ah ! Cruelle fatalité ! »
Et il entra dans la chambre, sous les éclats de rire de Claire, le regard désabusé de Benjamin et François, ainsi que les soupirs des autres.
« On s'y fait jamais, pas vrai ? désespéra Léa. Pourvu qu'Emma puisse le supporter... Surtout dans son état...
-Comme tu dis, approuva sur le même ton Manon.
-Allez, ne la laissons pas seule, la pauvre... rajouta Laure.
-J'ai surtout hâte de voir les tourtereaux ensemble, ricana Claire. Ça promet d'être drôle. »
En effet, quand ils entrèrent, ils trouvèrent Emma en train d'embrasser Druitt à pleine bouche, alors que William les fixait d'un air exaspéré et que Ronald riait aux éclats. Richard, quant à lui, se mordait les lèvres de gène pour la jeune femme. Mme Madon écarquilla les yeux de surprise, ne s'attendant pas à voir son élève la moins démonstrative embrasser ainsi son ''petit-ami''. Clémence présenta à nouveau tout le monde.
« Oh ! Mon charmant, mon beau, mon mignon petit coquelicot ! s'écria le vicomte lorsque leur baiser ''passionné'' fut terminé. Nous n'avons pas le homard bleu de l'amour ici, mais nous pourrions nous en coiffer immédiatement ! Je vous aime, douce et belle Emma ! Voulez-vous m'épouser ?
-Oh ! s'écria la brune, aussi droguée que la fois d'avant. D'autres garçons qui n'ont pas eu de bisous de l'amour ! Venez ! Il vous les faut !
-Mais enfin, mon Emma adorée ! déprima Druitt. Nous sommes fiancés ! Vous ne pouvez ainsi embrasser d'autres hommes !
-Mais c'est le bisou de l'amour !
-Je vous jure... Tout cela est ridicule, coupa court William en remontant ses lunettes. Vicomte, elle ne vous épousera pas : elle n'est pas en état de vous répondre. Quant à toi, Emma, je t'ai déjà dit de mieux te tenir. La morphine n'est, à mon avis, pas une raison suffisante pour te débaucher de la sorte. Surtout devant ton professeur.
-Mais elle n'est pas maîtresse d'elle-même ! protesta Clémence. On vous l'a déjà dit plusieurs fois, elle n'est pas consciente.
-Mon éternel rival ! reconnut tout à coup Druitt en voyant le chef d'équipe des Traqueurs. Pauvre de moi ! Le cœur de ma belle n'est donc toujours pas conquis ! Mais je ne renoncerais pas ! Pour l'amour d'une princesse, le chevalier blanc est près à braver mille dangers ! Je ferais de même !
-Vraiment ! Profiter ainsi d'une faible et innocente jeune fille est tout simplement indigne d'un gentleman...
-Je ne suis pas un gentleman, je suis le jardinier qui cueillera la plus belle fleur d'un champ... »
Presque tout le monde éclata de rire. Claire et Ronald finirent par en pleurer. Visiblement, seuls William, François, Louise et Jeanne n'avaient pas relevé le double sens de la phrase. Druitt en profita pour réitérer sa demande en mariage, mais la brune répliqua qu'elle préférait Augure.
« Augure ? Un deuxième rival ? Le chemin menant à l'amour est semé d'embûche... Mais je ne me laisserais pas abattre !
-Augure... Je vous jure... »
.oOo.
L'Erèbe n'avait absolument rien de commun avec l'idée du lieu ténébreux et sombre, empli d'âmes errantes, que les Humains se faisaient de l'endroit. C'était exactement ce que se disait le Shinigami qui se dirigeait à travers de magnifiques jardins baignés de soleil se situant devant un gigantesque palais. Comme souvent quand il venait en cet endroit, il se demanda comment les mortels avaient pu en faire un endroit si sordide. Ses yeux se dirigèrent vers la grande forêt d'ifs qui poussait non loin de là, admirant au passage le miroitement du fleuve qui s'écoulait paresseusement vers l'Océan. Un air frais souffla sur son visage, faisant danser ses cheveux blonds coupés courts, lui ramenant l'odeur peu agréable de l'asphodèle.
Il monta quelques marches de marbre immaculé et pénétra dans le palais dont les murs, les plafonds et les sols étaient faits de la même pierre que l'escalier. Ici, seuls le blanc et le noir étaient de mise.
Par pure habitude, il réajusta la broche qui ornait fièrement sa poitrine. Il s'agissait d'une aigle d'or à l'œil de rubis, à la croisée de deux Faux d'iridium sculptées en squelette, dont les crânes étaient couronnés de feuilles de laurier d'or. L'emblème de la Garde Prétorienne.
Il s'empressa de se diriger vers l'aile du palais dédiée à cette dernière, croisant plusieurs de ses confrères, la plupart tenant leur Death Scythe à la main et montant une vigilante garde à divers endroits. C'était toujours la même, et lui aussi en possédait une semblable. Une superbe faux, dans la plus pure tradition de la Mort telle que l'imaginaient les Humains.
Il finit par arriver au bureau qui l'intéressait et toqua. Une voix féminine l'autorisa à entrer. La secrétaire leva ses yeux myopes sur lui et lui sourit. C'était une nouvelle, il ne l'avait jamais encore vue.
« Bonjour monsieur, salua-t-elle poliment en anglais. Que puis-je pour vous ?
-Markus Schreiber, Chargé des Déserteurs, se présenta le blond à l'accent allemand. Je dois remettre un dossier à herr Sørensen.
-Si vous voulez me le laisser, je le lui donnerais.
-En main propre, fraülein, s'excusa-t-il. Je dois d'autre part m'entretenir avec lui.
-Oh ! Allez-y dans ce cas, il n'a pas de rendez-vous.
-Merci. »
Il passa une nouvelle porte après avoir à nouveau toqué et attendu l'autorisation. Le bureau était spacieux et entièrement lambrissé. Les fenêtres donnaient sur les jardins mais, au-delà, on pouvait apercevoir le mur d'airain qui séparait l'Erèbe de l'Au-Delà, séjour des morts où même les Shinigami ne pouvaient pénétrer. De multiples bibliothèques s'accolaient aux panneaux de bois. Elles étaient toutes remplies de divers dossiers en cours. Au fond, une élégante cheminée de marbre et, devant, le bureau de chêne où trônait comme toujours plusieurs piles de classeurs, un téléphone de style rétro pour aller avec le reste de la pièce, la Death tablet de l'occupant des lieux, une lampe, un ordinateur et des stylos. Un Shinigami était assis à cette table de travail et pianotait sur son clavier. Ses cheveux châtains encadraient avec classe un visage plutôt carré, tranché par des lunettes rondes. Svend Sørensen était le type d'homme qui dégageait une étrange aura de calme. Rien ne semblait pouvoir le perturber.
« Markus ? s'étonna le Danois en voyant le nouvel arrivant. Que se passe-t-il ? Ne devions-nous pas nous voir que demain ?
-Bonjour, herr Officier, salua l'Autrichien. Je vous apporte les dernières avancées du dossier D-1837-21A. »
La classification du dossier fut comme un électro-choc pour l'Officier de l'Ordre des Traqueurs.
« Undertaker... » murmura-t-il.
Il s'empara de ce que lui tendait son subalterne tout en demandant vivement :
« Des nouvelles satisfaisantes ?
-Il semblerait que Spears l'ait aperçu, ou tout du moins ait senti sa présence, à Aix-en-Provence, au Domaine des Milles, en France.
-Je sais où est le Domaine des Milles, j'ai donné il y a peu l'autorisation de s'y installer. L'ont-ils intercepté ?
-Non, malheureusement, soupira Schreiber. Il a réussi ensuite à cacher sa présence à Spears. Au fait, malgré notre refus, Sutcliff a réitéré sa demande de mutation.
-Refusez-la, elle finira bien pas se lasser. J'ai impérativement besoin d'elle dans cette équipe.
-Sauf votre respect, herr Sørensen, ne vaudrait-il pas mieux la lui accorder ? Elle n'a rien à faire chez les Traqueurs, ses états de service sont lamentables, son évaluation psychologique la décrit comme instable... Et je ne vous parle même pas du fait qu'elle ait laissé un dangereux dissident s'en sortir ! C'est certainement une des pires fautes professionnelles qui existent.
-Je tiens à ce qu'elle reste. Je vais peut-être vous étonner mais, à mon sens, c'est exactement ce qui fait d'elle un atout pour cette équipe. Ce que vous avez énoncé, je veux dire, pas sa faute professionnelle. Pour attraper une personne comme Undertaker, il ne faut pas réfléchir comme nous en avons l'habitude car lui a une toute autre logique. D'après ce que j'ai vu dans son dossier... Comment dire ? Sutcliff a une manière de penser assez... étrange. »
Schreiber n'était guère convaincu par ce que son supérieur lui avait dit. Il connaissait cependant son amour pour les combinaisons les plus étranges, les trouvailles les plus improbables et préféra ainsi ne rien dire. Sutcliff dans cette équipe était, pour le Chargé des Déserteurs, un coup de poker très risqué. Si Sørensen était joueur, lui ne l'était pas, et il espérait de tout cœur ne pas s'en mordre un jour les doigts.
« U... Une dernière chose, herr Officier... commença l'Autrichien d'un ton peu assuré.
-Oui ? encouragea le Conseiller.
-Eh bien... Voilà... Je... Je me suis intéressé par pure curiosité à ce manga, Black Butler... On dit que tout y est vrai, jusque dans les moindres détails. Est-ce vrai ?
-Oui, il a été écrit et dessiné à partir des carnets de Ciel Phantomhive. Ce dernier était très précis et, en effet, absolument tout y est véridique, dans les moindres détails, insista Sørensen. Mais... où voulez-vous en venir ?
-Il se trouve que... Enfin, je n'y avais pas vraiment fait attention dans les dossiers, mais c'est flagrant sur le dessin. »
Il sortit un tirage papier de la page quatorze du scan soixante-et-un de Black Butler. Il s'agissait de la fameuse image où Undertaker dévoilait pour la première fois sa Faux de la Mort, sur le Campania.
« Cette Death Scythe... désigna Schreiber. Il n'en a jamais existé que deux au monde de semblable. L'une a été détruite il y a plus d'un siècle et demi et l'autre... Enfin, vous savez mieux que moi qu'elle appartenait à...
-Je sais, coupa le Danois d'un ton rude. Je sais.
-Herr Sørensen... Je me dois de vous le demander... En tant que Prétorien, je tiens à savoir. Les rumeurs sont-elles vraies ou... ou est-ce ce dissident-là qui volé cette Faux et qui a... qui a... ? »
Il fut incapable d'en dire plus. Il fixa intensément l'Officier de l'Ordre, qui prit le temps de nettoyer ses lunettes avant de répondre, rendant l'attente plus insoutenable.
« Undertaker, finit par laisser tomber gravement Sørensen. Les rumeurs sont fausses.
-Alors... Vous avez envoyé cette équipe à la mort ! s'exclama Schreiber. Comment pourraient-ils le vaincre ?! Même Vespillo en serait sûrement incapable dans ses conditions !
-N'exagérez rien, contredit l'Officier. Il est tout à fait possible de tuer ou de vaincre quelqu'un de plus puissant et de meilleur que sois, selon la manière dont on s'y prend. Mais sachez que je tiens à ce ne soit pas des Prétoriens qui s'occupent de cette affaire. Undertaker sera condamné à mort pour ses crimes, sa désertion. Mais je veux qu'il soit traduit en justice. Je veux savoir pourquoi. Je veux donner au seigneur Orcus, à la dame Vanth et au Préfet du Prétoire le plaisir d'entendre ses aveux. Et puis... Spuria Cinerea et Caecilia Faustia ont le droit de savoir la vérité. Si j'envoie des Prétoriens, comme j'aurais dû le faire, surtout pour un dissident aussi puissant, ils mèneront une vendetta et le tueront sans procès, ce que je peux parfaitement comprendre également. Peut-être que l'équipe de Spears aura plus de mal à le capturer, mais si jamais ils le tuent, ce sera durant un combat et non par vengeance. Les ordres sont clairs et ils les suivront, sauf s'ils ne peuvent pas faire autrement : capturer Undertaker vivant, comme n'importe quel déserteur. Comprenez-vous ?
-Oui, herr Officier.
-Alors que se soit clair : vous voilà sous le sceau du secret pour le pourquoi de cette équipe. Seul Orcus, Vanth, Vespillo et Fidagbé sont au courant en dehors de nous deux. Si jamais cela devait sortir de ce bureau, croyez-moi que vous le regretterez amèrement. Je tiens à protéger la Garde et cette affaire pourrait bien avoir des retombées plus graves que ce que nous pourrions imaginer. Suis-je clair ?
-Très clair. Mais je... J'ai deux dernières questions. Pourquoi la rumeur a désigné Artorius ? Cinerea elle-même y croit dur comme fer. Ne lui a-t-on pas dit la vérité ? Certes, Artorius est aussi un déserteur et mérite la mort pour ça, mais il est innocent dans cette affaire.
-On ne peut malheureusement rien contre la rumeur, soupira Sørensen. Et si, nous avons dit la vérité à Cinerea mais elle n'y a jamais cru pour diverses raisons trop longues à énoncer, notamment le fait qu'il ait déserté au même moment qu'Undertaker. De toute façon, elle a toujours haï Artorius.
-Je vois... Et ma dernière question : qui s'occupe du dossier D-1837-01B ? J'ai eu beau chercher, je n'ai pas trouvé.
-La désertion d'Artorius ? Personne. Il avait les épines de la Mort quand il a déserté. Il n'y avait pas encore de traitement probant en 1837, juste quelques anti-douleurs peu efficaces. Nous avons jugé que c'était inutile de dépêcher des Traqueurs pour quelqu'un qui n'avait pas dix ans à vivre.
-Eh bien voilà une bonne nouvelle : j'ai cru que j'avais perdu un dossier. Merci beaucoup.
-Autre chose ?
-Non Herr Officier.
-Bien Markus... Dans ce cas, vous pouvez disposer. »
Schreiber obéit aussitôt, saluant l'Officier. Dès qu'il eut fermé la porte, Sørensen s'empara de son téléphone et composa un numéro. Très rapidement, une voix féminine et peu assurée répondit avec un accent qu'il aurait jugé italien :
« A... Allo ?
-Mes hommages, Caecilia, fit l'homme avec déférence. Svend Sørensen à l'appareil.
-Oh ! Bonjour, Svend...
-Je suis sincèrement désolé de vous déranger durant le seul jour de repos qu'a pris votre époux depuis longtemps, mais il s'agit d'une urgence. Puis-je lui parler ?
-Oui, je... Je vous le passe. Au revoir Svend...
-Au revoir Caecilia. »
Il attendit un instant avant qu'un homme prenne son appel. Sa voix, grave et extrêmement sûre, n'avait rien à voir avec celle de son épouse, bien qu'il possède le même accent.
« Svend ? Que vous arrive-t-il ?
-Je suis désolé de vous déranger aujourd'hui, deres Préfet, mais... c'est au sujet du dossier D-1837-21A.
-Attendez deux minutes, fit aussitôt Demetrius Faustius Vespillo. Je m'installe dans une pièce plus calme. Voilà, allez-y.
-Schreiber a découvert des choses compromettantes, expliqua l'Officier de but en blanc.
-Compromettantes ? À quel point ?
-Assez pour se poser des questions, mais trop peu pour que je ne puisse pas lui raconter ce que nous avions prévu. Du moins, à ce qu'il semble. Il n'a pas insisté plus. Il a également parlé du D-1837-01B.
-Et alors ? s'inquiéta son interlocuteur.
-De toute façon, Artorius est mort et enterré, souligna avec amusement Sørensen. N'est-ce pas ?
-Pff... Oui enfin... Vous avez mieux à faire que des sous-entendus. Assurez-vous que Schreiber ne découvre rien de plus. Ces deux affaires ne doivent pas être ébruitées.
-Je sais. Je m'occupe de son silence, ne vous inquiétez pas.
-Je vous fais confiance pour ça. Si Schreiber devient gênant, n'hésitez pas à m'en faire part. Sur ce je vous laisse, je ne tiens pas à ce que nous soyons surpris. À bientôt Svend.
-À bientôt, deres Préfet. »
