Auteur : Moi
Disclaimers : faisant du droit je sais que je m'exposerais à des poursuite si j'essayais de m'accaparer les perso de Naruto... par contre je peux jouer avec ;)
Pairing : NejiSasuNeji
Si je vous disais que si je pouvais me jeter à vos pieds en psalmodiant quantité d'excuses sincères, cela vous amènerait-il à prendre ce retour avec tolérance ? Certes il s'est passé quantité de choses pendant les vacances et avec la rentrée ça ne s'est pas arrangé mais j'avoue aussi que j'ai fait preuve d'assez de paresse et d'un manque d'inspiration totale pour le chapitre.
Je vous prierais de remercier l'organisation parfaite de la fac de droit de nantes (ironie bien sûr), Dr house (non pas ironique), Rihanna, Selah Sue et Jimi Hendrix (pour la musique) et bien sûr il faut un remerciement spéciale à Asfa (dite Gigi) sans qui vous attendriez encore.
Je ne vais pas plus m'attarder et pour expier ma faute vous offre enfin le chapitre 19 sur le grand autel de la fanfic.
- Bonne lecture-
-M-Maman… ? Murmura-t-il doucement.
Elle se contenta d'esquisser un sourire en guise de réponse et gravit les 4 marches du perron qui les séparaient. Puis, sans prévenir, elle serra dans ses bras avec une force peu commune un Neji peu enclin à lui rendre son étreinte tout de suite.
Sa mère qu'il n'avait pas vue en chair et en os depuis près de 13 ans apparaissait comme ça sans préavis. Elle le prenait dans ses bras devant une Hinata qui, fidèle à elle-même, la main sur la bouche semblait à deux doigts de défaillir. Neji ferma les yeux et lui rendit machinalement son étreinte. C'était le genre de chose que son cerveau ne pouvait pas traiter sur le champ. Il ne pouvait pas traiter ça rationnellement et décider d'une attitude à adopter alors il se contenterait de juste suivre l'impulsion du moment. Il nota ainsi qu'elle sentait bon : une fragrance de haute parfumerie, Guerlain peut-être mais qui ne masquait cependant pas totalement une légère odeur de tabac et quelque chose qui lui rappelait le papier neuf. De son côté elle nicha sa tête dans son épaule, comme si elle aussi tentait de décortiquer son odeur puis elle se redressa enfin et il put ainsi constater qu'ils avaient presque la même taille alors que la dernière fois qu'il l'avait vue, elle avait deux bonnes têtes de plus que lui.
Risa lui sourit avec douceur tout en posant sur sa joue une main douce aux longs ongles vernis dont l'annulaire arborait une alliance or qui renvoyait les reflets du soleil. Il le savait déjà mais cette réalité prenait tout son sens maintenant : elle s'était remariée, elle avait eu une vie depuis…
-Quel gâchis… Marmonna-t-elle pour elle-même, si bas que Neji faillit le manquer et qu'Hinata n'entendit pas. Tu as vraiment grandis. Reprit-elle en redessinant de son index son arcade sourcilière puis sa mâchoire.
-C'est ce qui arrive avec le temps, répliqua-t-il d'un ton très légèrement boudeur, la nature est ainsi faite.
Un sourire un peu satisfait se dessina sur ses lèvres puis elle approcha une main de ses cheveux, hésita et finalement acheva son geste. Il y avait une lueur de fierté dans ses yeux que Neji ne comprit pas sur l'instant : il venait de lui faire un semi-reproche et elle semblait contente. Plus tard, quand il commença à cerner sa génitrice, ce genre de réaction prit tout son sens. Pour le moment il la laissa lui caresser les cheveux, c'était agréable. Il n'avait pas eu droit à ce geste maternel depuis ses huit ans quand elle était partie.
Hinata quant à elle hésitait toujours entre les affres de l'évanouissement et… rien en fait. Ah si ! Peut-être rester bouche bée. En fait elle se sentait confuse. Tante Risa était revenue… la formulation du fait se suffisait en lui-même pour exprimer toutes les conséquences de ce « retour ». Que devait-elle faire maintenant ? Prévenir son père ? S'éclipser ? Elle aurait bien voulu le faire car elle se sentait de trop dans ce tableau. Elle savait que secrètement Neji avait toujours voulu que sa mère revienne, qu'au fond de lui c'est ce qu'il désirait le plus. Et si le retour de sa mère pouvait alléger le chagrin qu'il portait comme une âme en peine depuis sa séparation avec Sasuke, elle était plus que disposée à laisser les choses se faire. Toutefois, elle savait que maintenant que sa tante était rentrée, les choses risquaient de dégénérer dans la famille. Plus que tout elle craignait la réaction de son père. Et pendant qu'Hinata était en proie à des doutes plus que justifiés, Risa pour sa part lâchait enfin son fils pour débuter la conversation.
-Toi aussi tu es devenue une belle jeune femme Hinata. Constata-t-elle en tournant la tête vers cette dernière.
-Je… Merci. Dit-elle, hésitante, se retenant d'enfouir son visage dans ses mains.
-Pourquoi reviens-tu comme ça sans prévenir ? Interrogea alors Neji, un rien glacial.
Certes, il s'était toujours dit qu'il ne lui en voulait pas mais il y avait surtout cette alliance qui lui rappelait qu'elle lui avait préféré une vie dont il avait été exclu et ça, ça l'empêchait de rester neutre. Et puis d'ailleurs qui resterait de marbre si sa mère qu'il n'avait pas vue depuis des années refaisait surface sans crier gare ? Elle baissa les yeux l'espace de deux minutes avant d'afficher de nouveau un sourire, aigre-doux cette fois.
-Je te dirais tout ce que tu veux savoir chéri, je te le promets. Mais là ce n'est ni le lieu, ni le moment.
-Mais…
-Dis-moi plutôt où est l'enfoiré qui te sert d'oncle… désolée Hinata. Ajouta-t-elle.
Neji et Hinata échangèrent un regard à la fois interloqué et choqué puis celle-ci bafouilla qu'il était au siège de Byakugan corporation N°1.
-Merci. Il faut que je le voie d'abord. On se revoit après Neji.
-Attends !
Ayant amorcé un départ, elle dut se retourner pour lui faire face.
-Déso…
-Je t'accompagne. Tu parleras dans la voiture.
Elle sembla désemparée l'espace de quelques secondes.
-Non pas maintenant. On pourra parler autant que tu veux après je te le promets.
-Tu n'as pas le droit de faire ça ! De surgir comme ça, sans prévenir et repartir comme ça, sans t'expliquer !
-Béb… Neji. En ce moment il y a des choses que tu ne peux pas comprendre.
-Je ne suis plus un enfant. Objecta-t-il avec une once d'agressivité contenue.
-Je… Tu m'as mal comprise. Je voulais dire que tu n'as pas encore les éléments pour comprendre la situation. Sinon je sais que tu n'es plus un enfant. Personne n'est mieux placé que moi pour le savoir. Finit-elle amèrement
-Alors éclaire-moi. Rétorqua-t-il en ignorant l'autre partie de sa phrase.
Elle eut de nouveau ce sourire aigre-doux.
-Tu as le même regard que lorsque tu ne voulais pas manger tes légumes… Très bien. Acquiesça-t-elle après un soupir.
Il ne releva pas et se contenta de se rapprocher d'elle. Cette fois c'est Hinata qui le retint.
-A-Attends !
Il se retourna et haussa un sourcil en signe d'écoute mais surtout d'impatience. Risa ne dit rien, préférant observer.
-Je… Enfin…
Neji claqua sa langue contre son palais en signe d'exaspération.
-Papa ne…
-Ça m'est égal ! Coupa-t-il, ce qui la fit sursauter.
-Mais il-il… il ne…
-Je m'en fous Hinata ! Tu comprends ? Je n'en ai rien à faire que ça ne l'agrée pas… Je vais avec elle. Toi, ça te dérange ?
-N-non ! b-b-bien sûr que n-non. S'empressa-t-elle de répondre, un rouge un peu plus prononcé aux joues.
-Alors la question est réglée.
Sur ce, il fit un geste de la tête vers sa mère qui acquiesça de la sienne avant un soupir las et un regard désolé à l'adresse de sa nièce. Ensuite elle retourna à sa voiture, Neji qui s'efforçait de rester calme sur ses talons.
...
Ils étaient sur l'autoroute maintenant et aucun d'eux n'avaient finalement pipé mot pendant le trajet. L'ambiance était loin de joyeuses retrouvailles. Risa avait allumé la radio un moment et puis l'avait éteint même pas cinq minutes plus tard. Elle donnait l'impression d'être concentrée sur la route mais parfois son regard glissait vers son fils, assis sur le siège passager. Neji lui faisait semblant d'être concentré sur l'extérieur mais son regard glissait également vers sa mère dès qu'elle ne regardait pas. Finalement, il s'était dit qu'il serait peut-être dangereux de discuter avec elle alors qu'elle conduisait, il ne savait pas quelle tournure la conversation allait prendre alors il tenta d'arrêter de ressasser les questions qu'il brûlait de lui poser. Et puis il appréhendait un minimum la situation.
Elle avait vieilli nota-t-il en l'observant. Son maquillage était habile et faisait plus que naturel mais les yeux de Neji repérèrent néanmoins les effets du temps sur son visage. Cependant il fallait admettre qu'elle avait « bien vieilli ». Il devina qu'elle s'entretenait bien, qu'elle faisait du sport. Et puis s'il se souvenait bien sa mère avait toujours été très coquette. Elle était belle et le savait, s'en servait même si nécessaire. À part cela, elle n'avait pas tant changé. Physiquement c'était assez la femme de ses souvenirs, quant à son caractère et/ou personnalité, il ne s'en rappelait pas bien mais il se dit qu'il aurait bien le temps de la découvrir telle qu'elle était aujourd'hui.
Neji soupira attirant l'attention de sa mère sur lui et fouilla ses poches à la recherche de ses cigarettes. Il en retira une du paquet avec ses dents et avant qu'il ne replonge dans ses poches trouver son zippo, elle lui tendit son briquet posé sur le tableau de bord. Il hésita une seconde en la regardant, elle ne quittait pas la route des yeux. Il accepta l'objet et alluma sa clope avant de reposer le briquet à sa place en marmonnant un merci très peu audible. Tirant sur sa cigarette, il remarqua enfin dans le cendrier de la voiture qu'elle en avait grillé pas mal elle avant son arrêt au manoir Hyuuga. Il en déduisit qu'elle aussi avait appréhendé de le retrouver et se demanda ce qu'elle craignait au juste. Qu'est-ce qu'une femme comme elle pouvait craindre après tout ? Une femme qui avait eu le courage de faire ce qu'elle voulait de sa vie, qui avait réussi à quitter les sentiers battus qu'on lui avait imposé, à qui tout avait réussi quand elle en avait décidé qu'il en serait ainsi… oui que pouvait-elle craindre ? Le pire était passé. Ses capacités en psycho-sociologie lui soufflèrent que peut-être qu'elle avait peur d'affronter ses erreurs de parcours car elle ne pouvait considérer qu'avoir abandonné sa garde et ne pas être revenue au décès de son père n'était pas une erreur, n'est-ce pas ? Pendant qu'il y réfléchissait, elle avait coupé par des chemins dérivés pour émerger plus vite dans le CBD. Quand elle gara sa voiture à la place de parking de Neji, ils n'avaient toujours rien échangé de concret. Elle se contenta juste de lui dire : « Allons-y » et ils traversèrent le parking.
...
-Encore en retard Hyuuga ! S'exclama une voix qu'il ne connaissait que trop bien alors qu'ils attendaient l'ascenseur dans le hall.
« Merde » Grinça-t-il entre ses dents tandis que sa mère fronçait un sourcil avec un semblant de curiosité dans le regard. Anko s'avançait vers eux, de son pas décidé. Manifestement elle venait aussi d'arriver et Neji dut fournir un gros effort pour retenir jurons et remarques désagréables : c'était quand même sa patronne. La brune ne prit pas la peine de se poster devant eux, un sourire sadique aux lèvres comme il s'y serait attendu mais l'attrapa plutôt par le bras pour l'entrainer vers les escaliers.
-Pas le temps pour l'ascenseur ! Tu me raconteras tes excuses fictives sur le chemin….
-Mais… Essaya de protester notre Neji tout en jetant un coup d'œil derrière lui.
-Ta gueule Hyuuga ! On n'a une réunion capitale je te rap…
Elle pila si brusquement qu'il percuta son épaule mais elle n'en tint pas compte et se retourna en le fusillant du regard, cherchant à vérifier son intuition.
-Ne me dis pas que tu avais oublié ?!
Ce n'était pas du tout une question mais une exclamation furieuse, même dans son empressement son instinct de terroriste lui avait fait remarquer que le Hyuuga avait oublié. Neji ouvrit la bouche mais la referma sans rien dire. La réunion ? Quelle réu… Merde la réunion « super importante » avant la « méga importante » conférence de cet après-midi. Il n'avait même pas prit la peine d'emporter son sac quand il avait pris d'assaut le siège passager de la voiture de Risa. Et pour cause il avait tout zappé dès qu'elle avait décidé de faire un remake du « retour de la mère prodigue ». De ce fait, ses dossiers et entre parenthèses la note de synthèse qu'il avait rédigée pour Anko étaient restés dans sa voiture à lui. Il allait se faire tuer…
Et tandis qu'Anko le dévisageait une lueur dangereuse dans le regard, sa mère fronçait de nouveau un sourcil au même moment où les portes de l'ascenseur s'ouvrirent. Elle jeta un regard à l'intérieur puis au duo à deux pas d'elle.
-Anko-san je… Commença-t-il.
-Ce n'est pas grave Neji. À toute à l'heure, je te récupère à la pause déjeuner. Lui lança-t-elle en entrant dans l'habitacle, avec un vague geste de la main pour « à tout à l'heure ».
Neji avait légèrement rougit, coupé dans son élan pour lui demander d'attendre, embarrassé au mieux. Elle avait parlé comme s'il s'agissait de le récupérer à la sortie des classes. Anko, pour sa part, avait froncé des sourcils avec perplexité ne sachant comment réagir à cela. Mitarashi était stagiaire quand sa mère travaillait encore ici mais elle ne l'avait pas reconnu vu qu'elle n'avait pas fait attention à elle. Tout ce qui lui avait importé dès qu'elle avait vu son souffre-douleur c'était de le ramener par la peau du cou en salle de réunion. Réunion à laquelle ils étaient désormais tous les deux en retard. Elle prit donc la décision de reconsidérer cela plus tard. Les portes de l'ascenseur avaient largement eu le temps de se refermer alors elle tira de nouveau son subordonné dans les escaliers en lui promettant mille manières de le torturer psychologiquement et physiquement si un travail de 6 mois foirait à cause de lui…
...
Une fois à l'abri dans l'ascenseur, Risa poussa un soupir soulagé. C'est sans remords qu'elle admettait être arrangée par le fait que Neji ait été entrainé loin d'elle. C'était beaucoup trop maladroit car elle ne savait pas comment le gérer et elle aurait été plus gênée qu'autre chose s'il l'avait suivi dans le bureau d'Hiashi. Surtout que la conversation allait se tourner indirectement sur lui. Elle savait déjà ce qu'Hiashi allait lui dire comme si elle s'apprêtait à revivre une scène déjà vécue : Il lui dirait qu'elle n'était pas digne de se dire sa mère, que c'est lui qui l'avait élevé, qu'elle n'avait rien à faire ici…
En un sens elle savait qu'il avait raison sur un point : elle ne se serait jamais à la hauteur avec Neji, c'était certain… du moins c'était ce dont elle était convaincue. Dire qu'elle n'avait pas craint la situation quand il s'était invité dans sa voiture serait mentir. D'ailleurs elle ne s'attendait même pas à le trouver du premier coup comme ça devant le manoir. La probabilité pour que ce genre de chose arrive est quasi nulle dans la réalité enfin ! Elle pensait vraiment qu'elle aurait trouvé Hiashi dans ce foutu domaine qui vous coupe du monde… un domaine à l'écart de tout non mais franchement, comme si c'était normal de faire ce genre de chose ! En tout cas, elle pensait le trouver là-bas où elle aurait pu clarifier la situation, asseoir sa supériorité dans la bataille à venir avant d'enfin retrouver son fils… Fils qu'elle aurait retrouvé après avoir au minimum trouver un plan d'approche. Elle n'avait pas eu de chance sur ce coup-là mais elle ne pouvait pas non plus nier qu'elle n'était pas heureuse de le revoir. C'était son but ultime en se rendant à Tokyo quand même. Dès qu'elle l'avait aperçu, elle n'avait pas pu résister à la tentation de descendre de voiture et aller le prendre dans ses bras. Il fallait qu'elle voie à quel point il avait grandi et s'il ne la repousserait pas sur le champ. Un voile de tristesse traversa son regard : Il était devenu un homme son Neji… en son absence.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent à l'étage de la direction dans lequel elle s'engagea sans hésitation après avoir vigoureusement hoché la tête pour chasser les pensées importunes.
-Vous avez rendez-vous madame ? S'enquit la secrétaire.
Elle ne s'arrêta pas pour s'expliquer et continua son chemin comme si de rien n'était. Ce n'était pas le moment de traiter avec le petit personnel et de toute façon, elle aurait eu beaucoup de mal à se faire annoncer.
-Désolée madame mais vous ne pouvez pas passer comme ça. Poursuivit la secrétaire sur un ton entre le reproche et la surprise.
L'ex-femme d'Hizashi poussa un soupir excédé alors que la jeune femme partait sur ses talons.
-Je vous répète que vous ne pouvez pas aller là. Si vous continuez je vais devoir appeler la sécurité…. Madame !
Risa qui l'ignorait toujours fut bien obligée de lui accorder son attention quand devant la porte au nom d'Hiashi, la jeune femme lui attrapa le bras qu'elle avait avancé vers la poignée. Un nouveau soupir excédé lui échappa et elle prépara un regard glacial à la pauvre femme qu'elle détestait maintenant sans raisons particulières mise à part le fait qu'elle cherchait à faire son boulot.
-Croyez-moi vous préférerez me laissez entrer plutôt que me laisser déballer le linge sale des Hyuuga devant cette porte. Assura-t-elle d'un ton froid et ferme.
Et il faut l'avouer aussi un léger soupçon de menace dans la voix. La jeune secrétaire lâcha de suite la main de Risa sous le coup de la surprise. Cette dernière ne s'attarda pas plus et entra dans l'arène.
Hiashi leva les yeux de son travail, étonné par l'ouverture de la porte. Il n'attendait personne et sa secrétaire n'avait pas appelé d'abord. Quelle ne fut sa surprise mais surtout sa colère lorsque Risa s'avança tranquillement vers son bureau. Elle était bien la dernière personne qu'il s'attendait à voir débarquer à l'improviste.
-Toi ?! Grinça-t-il entre ses dents tout en se levant. Comment peux-tu encore avoir l'audace de venir ici ?
La mère de Neji se contenta d'un sourire à mi-chemin entre le narquois et le méprisant.
-Je suis désolée monsieur, je n'ai pas pu l'empêcher d'entrer. S'empressa de s'excuser la secrétaire en s'inclinant.
-Laissez-nous. Grogna-t-il en réponse et elle se dépêcha de s'exécuter.
Risa continuait de sourire impunément alors qu'Hiashi la fusillait du regard. Comment cette calamité osait revenir après ce qu'elle avait fait ? Comment pouvait-elle avoir l'audace de se montrer après avoir tant fait souffrir son frère et causé tant d'ennui à sa famille ? Il ne pouvait pas la supporter, dire même qu'il la détestait était un euphémisme. Remarque la réciproque était tout à fait vraie.
-Et bien ? Qu'es tu venue faire ici ? Interrogea-t-il, glacial.
Elle haussa des épaules avec désinvolture comme s'ils s'apprêtaient à échanger des banalités, ce qui l'agaça encore plus au vu de la veine qui pulsa sur son front. Il se rassit cependant dans son grand fauteuil de directeur et la toisa avec dédain pour lui signifier qu'elle n'était pas une menace et qu'il pouvait l'écraser quand il le souhaitait ce qui, ils le savaient tous les deux, était faux.
-Tu n'as pas le droit d'être ici. Affirma-t-il sèchement. Ta présence équivaut…
-Le deal ne vaut plus. Coupa-t-elle avec un geste dédaigneux de la main, sans masquer l'aversion dans son regard.
Hiashi fronça les sourcils mais le lui rendit alors qu'elle se dirigeait vers la vitre de son bureau avant de se caler contre.
-Si tu veux annuler notre marché…
-Je viens de te dire qu'il ne valait plus rien. Coupa-t-elle une fois de plus. Il y a prescription maintenant.
Le Hyuuga plissa des yeux sombrement. Merde il n'avait jamais pensé à ça mais elle oui visiblement.
-Je le répète une dernière fois : que veux-tu ? Reprit-il, la voix venimeuse.
-J'ai quand même le droit d'assister au mariage de mon fils, non ? Dit-elle avec un soupçon d'ironie dans la voix.
-Même si c'était vrai, c'est dans un mois qu'il se marrie. Et tu considères vraiment que tu peux exiger cela en prétextant être sa mère ?
-Bien sûr que oui. Pourquoi, n'est-ce pas manifestement le cas ?
-Il est évident que non : tu n'es plus sa mère depuis que tu es partie.
Elle perdit toute trace de désinvolture.
-Espèce de… Comme si je l'avais fait par choix ! S'emporta-t-elle.
-Mais tu as eu le choix. Interrompit-t-il alors d'une voix doucereuse. Tu avais le choix entre accepter mon marché ou non. Maintenant tu ne peux plus revenir et te réclamer sa mère, c'est un adulte.
Il ponctua la fin de sa phrase d'un sourire satisfait et le ressentiment monta d'un cran dans le regard de son interlocutrice.
-Ne t'amuse pas à ça avec moi Hiashi !
Elle sembla se calmer tout de suite après en baissant la tête mais quand elle la releva, elle affichait un sourire menaçant.
-Ne me provoque pas espèce d'enfoiré, tu as peut-être pris le dessus à l'époque mais ce n'est que parce que j'étais désorientée. Tu sais pertinemment que je suis meilleure que toi à ce jeu-là.
Hiashi exprima une grimace de dégoût mais il savait qu'elle avait raison. Ce n'était pas pour rien que toute la famille Hyuuga s'accordait à dire que c'était… une garce. Il n'y avait pas d'autre mot pour synthétiser sa nature.
Le sourire de Risa ne disparaissait pas. Elle aurait aimé lui faire payer et oui elle lui ferait payer toutes ses années perdues avec son fils. Certes elle était encore maladroite avec lui mais c'était un aspect qui demandait du temps et de la patience, dans l'immédiat elle devait juste remporter le rapport de force entre elle et les Hyuuga représentés par Hiashi.
-Tu n'as plus aucun moyen de pression sur moi. Plus aucun. Reprit-elle avec ce petit air menaçant dans son sourire.
-Je t'interdis de t'approcher de Neji. Prévint-il sèchement en ignorant sa remarque.
Elle rit avec suffisance un bref instant.
-Oh mais je l'ai déjà vue. Nargua-t-elle.
Elle regarda avec délectation Hiashi légèrement descendre de ses grands airs.
-Je te préviens Risa, tu n'as pas intérêt à… Il s'interrompit en fronçant les sourcils.
-À quoi ? Tu as peur que je fasse quoi Hiashi ?
Il retint un grognement. Il n'avait pas peur d'elle, bien sûr que non. Par contre il craignait effectivement… tout ! Elle pouvait faire n'importe quoi ! Dieu seul savait ce qui pouvait bien se passer dans la tête de cette diablesse. Elle était capable de n'importe quoi et plus que tout il n'aimait pas l'influence qu'elle pourrait avoir sur Neji qui était déjà assez dissipé comme ça ces derniers temps.
-Contente-toi de rester loin de lui, tu n'as plus rien à voir avec notre famille.
-Je ne veux rien à voir avec ta famille, ne vous surestimez pas… vous n'êtes pas le centre du monde. Tout ce que je veux, c'est qu'on me rende Neji. Si tu n'interfères pas entre nous, je ne tenterais rien contre vous.
-Tu parles comme si tu avais de l'influence. Rétorqua-t-il avec dédain.
Elle eut un rictus moqueur à sa réaction.
-C'est toi qui le dis.
Il ne répondit pas, se contentant de la darder avec colère.
-Une chose est sûre : Neji n'as pas besoin de toi.
-Mon enfant veut me voir Hiashi. Et puisque c'est le cas, personne ne m'empêcheras de rattraper le temps perdu.
...
L'éprouvante réunion avec Anko avait peut-être suffi à faire retomber l'excitation car malgré toute son agitation intérieure, Neji avait retrouvé cet air de désintérêt total qu'il arborait avant Sasuke et qu'il avait retrouvé après sa rupture avec celui-ci. Seuls ses yeux brillaient des émotions contradictoires qui le submergeaient. Il y avait toujours cette pointe de tristesse qui lui tiraillait le cœur depuis que Sasuke lui avait dit que c'était fini, il y avait encore l'impuissance et la résignation à la perspective de se marier et maintenant s'ajoutaient la colère et l'amour envers sa mère. En ce moment c'étaient les sentiments envers sa mère qui prédominaient bien sûr. Poussant un soupir, il secoua la cendre au-dessus d'une poubelle. Elle avait dit qu'elle le retrouverait à midi mais il n'avait aucun moyen de l'appeler pour lui dire où il était, pas plus qu'elle ne pouvait le joindre. Il avait commencé par la direction où il avait demandé à la secrétaire si sa mère n'était pas encore là et il apprit qu'après une rencontre qui sembla houleuse avec Hiashi, elle était repartie simplement. Alors il était redescendu dans le hall mais finalement avait fini par sortir fumer dehors, devant les portes du bâtiment. L'espace d'un instant il pensa au fait qu'il devrait peut-être rentrer au domaine, rapidement récupérer ses affaires avant la conférence de 15h afin d'échapper aux foudres d'Anko mais il n'en trouva pas la volonté. Il avait presque finit sa cigarette quand un éclair de génie le traversa. Il se tapa alors le front en marmonnant un « Que je suis con ! », écrasa son mégot et prit la direction du parking souterrain. Ne sachant où ils étaient réciproquement ça ne pouvait être que là qu'ils pouvaient se retrouver.
En effet, elle était là : fumant, elle aussi, assise sur le capot de sa voiture, le regard perdu. Neji fut soulagé, prenant conscience que tout ce temps il avait inconsciemment pensé qu'elle avait repris la clé des champs sans rien dire. Quand il fut à sa hauteur, elle releva les yeux et un sourire étira ses lèvres : « il est là » se dit-elle pour faire prendre plus de poids à la réalité et elle espéra que plus personne ne le lui prendrait. Oui elle aussi avait des velléités de possession sur ce qui lui tenait à cœur.
-Désolé, je n'ai pas pensé tout de suite à descendre au parking.
-Ce n'est pas grave.
De nouveaux il y eut un échange de regards fuyants avant qu'elle ne reprenne la parole.
-J'ai pris une chambre au four saisons. On va y manger ?
-Non !
Elle fronça les sourcils en guise d'interrogation et Neji se mordit la lèvre. C'était à deux pas d'ici mais il ne voulait plus y mettre les pieds. Ou du moins jusqu'à ce que l'évocation du prénom de ce maudit Sasuke ne lui fasse plus mal. Elle le regardait attendant une réponse, il soupira.
-Disons que la dernière fois que j'y suis allé… les choses ne se sont pas très bien passées. Dit-il le regard perdu sur une flaque d'essence pas très loin.
- Comment ça ?
-Je préfère ne pas en parler maintenant.
-… Très bien mais je doute que tu veuilles avoir cette discussion ici.
-J'ai un appartement près de la baie. Annonça-t-il.
-Va pour l'appartement à la baie alors. Approuva-t-elle en descendant après avoir fait tomber la cendre de sa cigarette sur le sol.
Neji hocha la tête et fit le tour pour s'installer sur le siège passager.
-C'était comment avec oji-sama ? Se sentit-il obliger de demander alors qu'elle amorçait la marche arrière.
-Prévisible. Marmonna-t-elle en manœuvrant.
Il ne dit rien pensant comprendre ce qu'elle avait voulu dire par là et ne sachant quoi ajouter.
Pendant le trajet il pensa à envoyer un texto à Hinata pour lui demander de faire en sorte de lui ramener ses dossiers. Il savait qu'elle lui rendrait toujours service quelque puisse être sa demande. Souvent il abusait de son incapacité à dire non mais ce n'était toujours que dans des situations de force majeur… enfin presque. Sur ce il se mit à lui indiquer le chemin et elle s'exécuta sans rien ajouter.
...
Ils arrivèrent étonnamment vite, Neji ouvrit la marche et la conduisit à son étage. Quand il ouvrit la porte, le sentiment qui le poignardait d'habitude quand il venait ne se manifesta pas. Depuis que lui et Sasuke c'était fini, il n'était venu ici que pour échapper à sa famille et aux obligations avec l'agréable perspective de ruminer sa tristesse. Alors à chaque fois qu'il ouvrait la porte, la nostalgie mêlée au chagrin l'envahissait et il devait l'évacuer en jouant au piano. Il retint un soupir et coupa l'alarme en tentant de retirer ses chaussures en même temps. Risa sourit, retira ses talons et enfila les chaussons de son fils.
-Ce n'est pas très grand mais je n'avais pas besoin de plus.
Elle se contenta d'hocher la tête et de s'avancer dans le salon, Neji la suivant.
-Tu veux boire quelque chose ?
-Oui, si tu veux bien. Tu joues encore ? Demanda-t-elle en avisant le piano dans son coin.
-Oui. C'est toi qui m'as appris, tu t'en souviens ?
-Hum mm, c'est vrai que tu aimais… que tu aimes la musique. Se reprit-elle presque en chuchotant tout en se rapprochant du comptoir de la cuisine.
Neji ne dit rien, fouillant ses placards à la recherche de quoi boire et manger. Il était tout de même 13heures moins le quart et il devait avouer qu'il avait un creux, d'autant plus qu'il avait faim quand il était nerveux souvenez-vous. Il ne restait plus grand-chose mais il finit par dénicher de quoi faire des sandwichs et Neji se souvint que c'était parce que Sasuke n'avait pas trouvé mieux à faire. Une ombre obscurcie son regard. C'est vrai, c'était Sasuke qui avait fait les courses la dernière fois, depuis il n'avait pas rempli le frigo. La mélancolie qui le prenait d'habitude à l'entrée revint lui chatouiller le cœur. Il y avait quelque chose de mystique à se dire que son ex-amant avait été là à un moment, de savoir que pendant un temps cet espace lui avait appartenu en partie. Neji s'était dit alors qu'il ne ramènerait plus jamais d'amant ici puisque la présence du noiraud hantait les lieux avec son lot de souvenirs. La résolution était d'autant plus facile qu'il serait bientôt marié et que Tenten lui avait bien montré jusqu'où elle était prête à aller pour éliminer ses rivaux.
-Il y a un problème Neji ? S'inquiéta Risa qui était douée du même talent d'observation que lui.
Il hocha la tête pour chasser ses idées noires et se redressa.
-Oui ne fais pas attention je… rien. Il n'y a que de quoi faire des sandwichs mais si tu veux il y a un combini tout près d'ici.
-Un sandwich ça ira très bien.
Il acquiesça, remplit deux verres d'eau et se mit à sortir les tranches de pain de mie de leur paquet. Elle suivait ses gestes avec attention comme si elle avait peur qu'il se coupe avec le couteau. Un nouveau silence gêné s'installa. Voilà autre chose que ni l'un, ni l'autre n'appréciait, l'ambiance entre eux était trop maladroite. Quand ils s'étaient retrouvés devant le domaine Hyuuga, tout avait été spontané et maintenant c'était juste gauche. Elle poussa un soupir, ouvrit la bouche puis la referma sans rien dire. Neji posa le premier sandwich dans une assiette, sans relever les yeux.
-Et si… on jouait tous les deux un morceau ? Proposa-t-elle au bout d'un moment.
Il redressa la tête, haussa un sourcil mais avant d'en avoir conscience, il avait déjà répondu « oui ». Heureuse, elle s'en retourna au piano où elle se mit à feuilleter les partitions pendant que Neji posait l'assiette de sandwichs et l'eau sur la table basse du salon. Quand il tira une des chaises de la terrasse pour s'asseoir il constata que son choix s'était porté sur un quatre mains classique. Elle positionna ses mains sur les clés et tout en faisant de même il se fit in petto la remarque qu'elle aurait du mal avec ses longs ongles. Friedrich ressuscita l'espace de 2min à travers son Allegretto puis ils amorcèrent le début d'Au matin de Grieg Edvard avant de rendre hommage à Saint-Saëns et Mozart… Au départ, l'ensemble n'était pas harmonieux, ils n'étaient pas du tout coordonnés mais comme jouer du piano était une partie d'eux même et que le rythme de la musique avait toujours su apaiser leur cœur, le problème fut vite régler. Déjà sur Au matin c'était beaucoup mieux mais quand ils entonnèrent La belle excentrique de Satie Erick on aurait dit qu'ils avaient depuis toujours, l'habitude de jouer ensemble. Quand les dernières notes de la sonate n°11 en A majeur moururent définitivement, ils échangèrent un regard et se sourirent. C'était une merveilleuse idée qu'elle avait eu là, ils se sentaient maintenant tous les deux légers, rassérénés et... liés l'un à l'autre en quelque sorte. Comme s'ils avaient passé une sorte de pacte. Neji ne fut jamais aussi content de croiser ces yeux marron piqués de paillettes dorés qui reflétaient en ce moment, douceur, fierté et admiration. Qu'elle l'aimait, en fut sa déduction. Il lui rendit donc un regard correspondant et elle proposa de manger. Oui l'ambiance s'était considérablement allégée : la musique adoucit les mœurs comme on dit.
Ils avaient presque fini l'assiette tandis que Neji faisait du thé cherchant comment poser ses questions à sa maternel. Par quoi commencer ? Comment lui demander ? Il tournait et retournait ce qu'il comptait dire sans la quitter des yeux. Quant à elle, elle ne semblait pas presser de débuter la conversation ou même de s'inquiéter de ce qu'ils pourraient bien se dire.
-Alors ? Finit-il par demander quand il posa théière et tasses sur la table.
Elle releva les yeux, comme si elle avait été surprise au beau milieu de quelque chose mais au fond de ses yeux, il lisait que ce n'était pas le cas et qu'elle s'attendait à ce qu'il l'interroge ainsi. Quand elle répondit son expression était très proche de celle illisible d'Itachi.
-D'abord il faut que tu saches que je ne t'ai pas ab… que je n'ai pas renoncé à toi par choix.
-Je le sais. Plus ou moins.
Elle fronça un sourcil, l'exhortant du regard à expliquer ce qu'il entendait par là.
-Il y a quelques années je cherchais des documents dans le bureau d'Hiashi-sama et j'ai trouvé un texte informel comme quoi tu acceptais de « signer le document annexe sous réserve de certaines conditions ». C'était la copie de l'abandon de garde… j'en ai tiré mes propres conclusions.
Il s'arrêta là, elle n'avait pas besoin de savoir qu'Hiashi était entré à ce moment-là et n'avait pas du tout apprécié qu'il ait pu tomber là-dessus. Il ne dit pas non plus qu'il lui avait dit que c'était la preuve qu'elle avait décidé de l'abandonner de son propre chef, pour privilégier ses intérêts personnels. Il ne dit pas non plus que de temps à autre son oncle s'entêtait à lui rappeler qu'elle n'avait rien d'une mère, aucun instinct maternel, qu'il avait passé plus de temps avec la nourrice qu'avec elle et qu'elle n'attendait que l'occasion de se débarrasser de sa charge de mère. Ces détails étaient aussi inutiles que s'il lui rapportait qu'Hiashi la traitait de tous les noms d'oiseaux et qu'il lui imputait tout ce qu'il considérait comme étant un défaut chez lui.
-Je vois…
Elle posa un doigt contre son menton en signe de réflexion puis reprit calmement en ancrant son regard du sien.
-Ton oncle et moi avons passé un marché il y a quelques années. Il avait découvert quelque chose de compromettant sur moi et je ne pouvais pas risquer de rester alors j'ai accepté de signer ce fichu papier et le désigner comme tuteur. Elle eut un sourire douloureux. Je suis une mère indigne chéri, je sais.
-Je ne t'ai encore jamais rien reproché.
-Tu es beaucoup trop gentil avec moi bébé… Oh excuse-moi je suppose que je n'ai plus le droit d'utiliser de surnoms ridicules, n'est-ce pas ?
Neji entortilla une mèche de cheveux autour de son index en répondant.
-Je n'ai jamais dit que tu ne pouvais pas m'appeler par ces surnoms ridicules tu sais…
-Vraiment ? S'exclama-t-elle semblant aux anges. J'adorais te donner des surnoms ! Quand tu étais petit il y avait Neji-chan bien sûr aussi bébé, mon ange, étoile de ma vie, ma petite peluche, mon canard…
-Wow… pas trop ridicule non plus…
Elle éclata de rire avant de prendre quelques gorgées de thé, instaurant un court silence.
-Je ne t'en veux vraiment pas maman. C'est la manière dont les choses se sont passées à l'époque qui m'énerve sinon je n'en veux à personne en particulier. Se soucia-t-il de lui expliquer.
Elle sembla surprise et émue à la fois.
-Toi peut-être pas chéri mais moi je m'en veux. J'en veux à ton oncle bien sûr et je le déteste mais je m'en veux par-dessus tout. Toutefois je dois reconnaître qu'Hiashi est presque aussi bon manipulateur que moi. C'était ou partir, ou la prison.
-La prison ?! Demanda-t-il perplexe nonobstant qu'elle venait d'avouer être une manipulatrice.
-Hé oui. La raison pour laquelle je suis partie…
-Non. Coupa-t-il. Je crois… Tu n'as pas à…
-Neji-chan. Interrompit-elle. Laisse-moi parler s'il te plaît.
Il leva les yeux qu'il avait baissés.
-T'abandonner -pour utiliser le mot- à ton oncle était impardonnable. C'était faible et surtout stupide. Il y a 13 ans, j'ai mal considéré la situation, il était en position d'infériorité seulement je ne m'en suis rendue compte que trop tard. Je sais que ça va sonner comme des justifications mais je veux juste que tu comprennes ce qui s'est passé et que tu juges ensuite quel genre de femme stupide j'ai été.
-Maman… Je t'assure que tu n'as pas à…
-Si je le dois. Je te dois bien ça, même si tu as peur.
-Peur ? Certainement pas !
Elle afficha un sourire doux amer.
-Que tu ne me demandes pas pourquoi prouve que tu sais de quoi je parle.
Neji soupira en recommençant à jouer avec ses cheveux.
-C'est vrai. Concéda-t-il. J'ai peur de ne plus t'aimer si tu m'expliques car j'ai le sentiment que quelle qu'en soit la raison, elle ne me semblera pas bonne.
-Et tu auras juste. Je n'avais pas de bonnes raisons.
Il remarqua qu'elle serra des poings puis relâcha vite sa prise.
-Je suis le genre de femme qu'on jalouse et qu'on déteste, tu le sais. Mais je suis aussi le genre de femme qui s'ennuie facilement. J'avais fait le tour de tout ce que ma condition avait à m'offrir d'excitant alors je me suis amusée à détourner les fonds de notre entreprise. Pas pour l'argent en lui-même, ça je m'en foutais. J'étais mariée à Hizashi en plus de posséder des actions dans l'entreprise : c'était plutôt comme si je me volais moi-même et je trouvais ça drôle. Je ne causais de tords à personne… mais ça restait illégal. Je ne sais pas comment Hiashi l'a découvert mais il s'en est servi dès qu'il a compris que je gagnerais facilement un procès contre son frère. Maintenant il y a prescription.
Elle s'arrêta le temps de savourer son thé sous le regard abasourdi de Neji. Sa mère avait commis… un délit ? Ça il ne s'y était pas attendu du tout. De toutes les raisons qu'il avait bien pu imaginer, qu'elle se soit livrée au détournement de fonds n'apparaissait pas dans la liste puisque comme elle l'avait dit elle n'avait aucun intérêt à le faire. Et pour cause il n'y avait pas de raison logique, juste qu'elle trouvait ça drôle. Puis Neji finit par sourire, comme il s'y attendait ce n'était vraiment pas une bonne raison, c'était stupide même qu'il se soit retrouvé sans mère pendant 13 ans juste pour cela mais il ne pouvait s'empêcher de trouver ça drôle également. Comme quoi il devait vraiment tenir plus de sa mère que de son père.
-J'ai fait beaucoup de choses dans ma vie mais tout était vide de sens… tout sauf toi. On est malheureuse avec un homme, on le déteste même parfois et pourtant on a un enfant avec lui et cet enfant on le chérit comme la prunelle de ses yeux. Drôle de paradoxe n'est-ce pas ?
Elle lui sourit, Neji buvait ses paroles.
-Je sais que je ne suis pas une bonne mère. La première chose que j'ai dite quand on m'a annoncé que j'étais enceinte c'est « merde » c'est tout dire hein ? Je te voyais comme un truc qui non seulement m'attacherais à jamais à cet homme dont je n'étais pas amoureuse mais en plus qui allait me déformer le corps et toutes les conneries du genre. Mais dès que je t'ai eu dans mes bras… je t'ai tout de suite aimé comme d'autres femmes avant moi je suppose. La femme se console avec l'enfant. Les hommes ce n'est pas trop leur truc. Eux, ils se consolent avec d'autres femmes. C'est d'ailleurs la première chose qu'a faite ton père…
-Maman… Soupira-t-il d'un ton ennuyé.
-Chéri dans cette histoire tout le monde pense que c'est moi qui aie commencé, que c'est moi la méchante qui a sacrifié son couple et abandonné son enfant pour un amant. Tss… C'est avoir la mémoire courte que de dire qu'Hizashi était un sain ou une victime. C'est lui qui a commencé, je n'ai fait que lui emboîter le pas. Ce n'est donc pas comme si je m'étais éprise d'un autre homme, j'ai eu autant d'amants que lui de maîtresses.
-Ah je t'en prie je n'ai pas besoin de savoir ça !
-Oh que si ! S'exclama-t-elle amusée. Je plaide pour un désastre à torts partagés. Ta mère est peut-être une salope mais elle n'a pas tout détruit toute seule.
Neji grimaça et elle éclata de rire.
-Voyons bébé ne fais pas cette tête ! Je suis sûr que tu n'es pas si ingénu.
-Là n'est pas la question mère indigne ! Tu ne devrais pas chercher à baisser encore plus dans mon estime.
Elle rit de nouveau. Parler comme ça, pouvoir plaisanter de ce sujet, prendre ses déclarations avec tant de légèreté en fin de compte… c'était bien son fils ! Et en cet instant elle en était fière.
-Tu prends les choses plutôt bien.
-Je ne vois pas pourquoi je le prendrais mal.
Ils se sourirent et Neji porta la tasse de thé à ses lèvres.
-Et pourquoi est-ce que tu es revenue ? Reprit-il au bout d'un petit moment.
Elle fronça des sourcils.
-Tu ne comprends toujours pas à quel point tu m'es précieux ?
-Tu as pourtant un nouvel époux et une vie comme tu le désire maintenant que tu es partie. Et en ce sens tu pourrais remercier Hiashi-oji-sama.
- Ah ça ! Plutôt mourir ! Ton oncle je voudrais le voir en enfer. Quant à mon époux si nous sommes mariés, ce n'est que pour les avantages juridiques sinon on vit comme des concubins. Je l'aime mais pas au point de m'enchaîner à lui. Enfin ma vie n'est pas comme je le désire si tu n'en fais pas partie.
Neji sembla surpris une minute puis sourit et se rapprocha d'elle dans le fauteuil de sorte que maintenant leurs épaules se touchaient. Elle était au comble du bonheur… il ne lui en voulait visiblement pas au point de la détester. Ça ne lui prendrait peut-être pas des années pour avoir une vraie relation mère-fils finalement. Elle sourit et lui posa un baiser contre la joue. Il sursauta mais se reprit et recommença à boire son thé pour dissiper sa gêne. Il estimait être trop grand pour les bisous. Risa sourit sembla le comprendre et lui ébouriffa les cheveux.
...
Hiashi rentra ce soir-là furibond. En premier lieu il y avait le retour dans son univers de son ex belle-sœur, ensuite Anko lui avait rapporté que son neveu ne s'était pas donné la peine de venir l'après-midi se contentant d'envoyer Hinata ramener les documents importants alors même qu'il avait déjà tout oublié de la réunion et enfin Neji n'était même pas encore rentré… Il ne doutait pas que Risa y était pour quelque chose dans tout ça.
Neji rentra dans le courant de la mi soirée, peu avant le dîner. Il avait escompté sans trop y croire qu'il pourrait juste aller se réfugier dans sa chambre sans encombre. L'espoir fait vivre non ? Mais évidemment son oncle guettait. Il devait être pas mal sur les dents après la rencontre avec sa mère. Voyant le frère de son père venir vers lui alors qu'il avait presque atteint son objectif, il pensa très fort : « Ave Hiashi, celui qui va devoir souffrir ta mauvaise humeur, tes inquiétudes et des doutes te salue ».
- Bonsoir mon oncle.
Hiashi n'avait pas l'air très content mais il ne l'accablait pas encore comme d'habitude. Mais finalement comme il pouvait s'y attendre l'aîné aborda directement la conversation par le sujet phare.
-Tu étais avec elle, n'est-ce pas ?
-Si par elle tu entends ma mère, oui j'étais bien en sa compagnie.
Neji le vit essayer de contenir sa colère.
-Qu'est-ce qu'elle t'a dit ?
-Rien de plus que sa version des faits.
-Tch… il n'y a aucune version des faits. La réalité c'est que cette femme sans vergogne t'a abandonné et s'est mariée avec son amant…
-Oji-sama, sauf votre respect ça ne m'a jamais empêché de vouloir qu'elle revienne dans ma vie.
-Je t'interdis de la revoir ! S'exclama-t-il.
Voilà… il commençait. Ça lui avait pris un peu plus de temps qu'à la normale mais en bon despote il prétendait régenter aussi ce côté de sa vie.
-Je suis désolé de vous dire que je ne compte pas obéir.
-Quoi ?!
-Je fais toujours ce que vous me demandez. Mais là…
-Tu es juste un enfant capricieux, dois-je te rappeler comment tu as donné notre filière à Manhattan à Yuri ? Juste pour ne pas avoir à travailler là-bas ? Quand comprendras-tu que je sais ce qu'il y a de mieux pour toi ?
Neji serra des poings.
-Ne t'approche pas de cette femme elle est dangereuse. Rajouta-t-il.
-Mais arrête de me prendre pour un gosse merde ! J'en ai assez !
Neji claqua la porte de sa chambre et Hiashi resta un moment devant elle profondément surpris au point de paraître idiot. Il n'eut pas à taper cependant pour faire valoir… eh bien ses droits car Neji rouvrit la porte quelques secondes plus tard, marmonna des excuses quasi inaudibles dans sa barbe et lui demanda doucement à être seul, car il était fatigué.
Hiashi toujours dans un état d'ahurissement dodelina de la tête devant une porte qui se fermait. Il resta un bon moment devant la porte et s'en retourna l'esprit confus. Pas plus d'une trentaine de minute sa hargne quasi habituelle lui reviendrait, mais sur le coup la réaction de Neji lui avait coupé l'herbe sous les pieds. Malgré toute sa mauvaise foi et son insolence, Neji ne réagissait pas si brutalement… Évidemment tout ça c'était dû à Risa. Il fallait qu'il trouve un moyen de se débarrasser d'elle encore une fois.
...
Pendant que ça bougeait chez les Hyuuga et pas à cause du plus grand mariage de bonne société à venir, Sasuke maudissait son frère aîné plus que de raison. Itachi prenait un malin plaisir à le faire crouler sous le travail. Même le soir lorsqu'il était en semaine il devait travailler. Ce soir-là, il était en train d'étudier des contrats alors que Kakashi lisait un livre dans le fauteuil du salon et qu'Itachi faisait à manger. Finalement, il céda à la tentation d'une digression. Ainsi il se leva et suivit l'agréable odeur qui provenait de la cuisine où il trouva son frère en train de couper des légumes en morceaux.
-Tu as fini d'étudier ces contrats ? Demanda ce dernier sans se retourner.
-Non. Je suis juste venu voir si on allait bientôt manger.
-Si tu as tellement envie d'échapper à ton travail viens m'aider, tu mangeras plus vite.
Sasuke grogna.
-En plus tu apprendras quelque chose parce que ce n'est pas comme si j'allais toujours préparer pour vous. Poursuivit-il en évidant un poivron.
-Ce n'est pas comme si tu cuisinais toujours pour nous. Rappela Sasuke.
Itachi laissa échapper quelque chose qui s'approchait d'un « hum mm » mais qui n'en était pas complètement un tandis que Sasuke s'étirait derrière lui.
-Bon je veux bien t'aider. Tout plutôt que de continuer à subir cet épouvantable jargon professionnel écrit en caractère microscopique !
L'ombre d'un sourire étira quelque secondes les lèvres de son frère aîné avant qu'il ne pousse sur le côté un bol rempli d'oignons. Sasuke qui s'était rapproché du plan de travail lui jeta un regard mauvais.
-Tu le fais exprès avoue.
-Oui. Répondit honnêtement Itachi sans pour autant avoir l'air de se moquer ou de regretter.
Sasuke pleurait à cause de l'attaque sournoise du légume quand le portable de son frère vibra. Itachi s'essuya les mains sur son tablier à fleur puis décrocha.
-Itachi à l'appareil… Ah… Calme-toi Neji et articule parce que là je ne te comprends pas… Oui…. Oui… Ta mère est quoi ?!... Non je ne te suis pas là… Attends une minute…
Itachi posa son couteau de cuisine, posa un couvercle sur la casserole et sortit de la pièce probablement en direction de la petite terrasse. Sasuke resté seul s'éternisa à contempler, les yeux larmoyants, les oignons qu'il épluchait et qu'il devrait probablement découper après. C'est normal que Neji appelle Itachi. Après tout eux deux ça datait depuis plus longtemps… Il avait rompu avec lui mais son frère n'était pas concerné par ça. Itachi n'avait pas eu besoin de sa permission pour devenir ami avec le Hyuuga. Encore moins pour sortir avec lui avant pensa-t-il avec un soupçon d'amertume. Dans la discussion décousue qu'il avait perçu, il avait néanmoins saisi que Neji avait d'autres préoccupations que lui à l'esprit. Il ne pensait pas à lui, comme il le faisait bien trop souvent à son goût. Sasuke se remémora ensuite tout ce que Neji lui avait dit sur sa mère au parc, il y a des mois de cela et ciel il lui semblait que c'était il y a des siècles.
Et s'il n'y avait qu'une seule personne au monde qui vous corresponde ? Cela voulait dire que Neji était le seul qu… Non ! Il ne pouvait pas le croire ! Neji n'était pas le seul homme de cette planète à pouvoir faire battre son cœur, il finirait bien par aimer quelqu'un d'autre ou il resterait carrément tout seul. Et même si c'était vraie cette théorie de l'âme sœur alors le fiasco dans lequel s'était achevé leur relation prouvait que le Hyuuga n'était pas la bonne personne. Il devait vraiment arrêter de penser à lui surtout que ce n'était pas le cas de son ex-amant, n'est-ce pas ? Sasuke avait un sourire sans joie, en essuyant les larmes causées par les oignons quand Itachi revint.
-Quoi ? Tu n'as pas avancé depuis que je suis parti ? Tu n'es vraiment pas d'une grande efficacité. Fit remarquer Itachi.
Sasuke ne répondit pas à la pique. Depuis leur discussion « entre frères », c'était un exercice auquel il s'évertuait mais cette fois s'il ne répondait pas, c'était parce que la pique ne l'avait pas vraiment atteint tant ses pensées avaient été entrainées sur un autre sentier. Itachi sembla le remarquer alors qu'il reprenait là où il en était resté avant le coup de fil.
-Il va un peu mieux tu sais. Déclara Itachi d'un ton fade.
-Qui ? Fit semblant de ne pas comprendre Sasuke.
-Neji.
-Ah.
C'était un « ah » qui se voulait dépourvu d'intérêt mais qui sonnait faux. Néanmoins il était sans appel, il signifiait : « Je ne veux pas parler de ça, même si je veux vraiment savoir ce qui se passe et comment va Neji, je ne te demanderais rien. Changeons de sujet ».
Itachi était en train de renverser les légumes dans la casserole maintenant.
-Dépêche-toi un peu, il ne me manque plus que les oignons.
Moi : TBC~ ! Et bien voilà une affaire rendement menée. J'avoue maintenant que j'ai pas été très emballée à l'écrire, ça m'a limite ennuyée sauf quand je me suis relu et que corrigé certains passages après la correction d'Asfa. Peut être que c'est surtout à cause de cette remarque glissée à la fin : "et ça se voit que t'es féministe tu mets la majorité de tes participes passés au féminin xD ...ou soit tu prends Neji pour une fille...(?)" - J'ai vraiment adoré tes commentaires Gi-
Neji (marmonne) : -.- Je ne sais pas si je dois mal le prendre...
Sasuke (de même) : Ignore, tu as vu pire.
Moi : J'ajoute aussi que si tout se passe comme prévue normalement après les vacances de Toussaint vous aurez la suite sinon... ben c'est parti pour au moins un mois... J'espère qu'on en arrivera pas là. En même temps j'hésite à finir en premier un Twoshot NaruNeji ou un OS NaruSasu pour les vacances : votez ;)
Neji : Dis par rapport au chapitre ?
Moi : Hum ?
Neji : tu te serais pas fais largement plaisir avec le personnage de ma mère ?
Moi : Ouep ! ^^
Neji : C'est bien ce que je me disais.
Sasuke : Et pourquoi on me voit qu'à la fin moi ?
Moi : Tu te plains toujours toi ! Mais pour te répondre : tu es tout le temps là... du moins implicitement :p
Sasuke : -.-
Moi : Bon j'ai fait le tour non ? Bon à bientôt j'espère :)
