Hello !
Voici un nouveau chapitre où notre petite Mayline va apprendre à se défendre ^^
Comme promis ce chapitre est plus long que le précédent :)
Merci beaucoup à ceux qui me suivent, sa me fait énormément plaisir et encore un grand merci à ScottishBloodyMaryqui m'aide énormément ^^
Bonne lecture :)
03/02/15
Chapitre 20 : Entraînement
J'aurais donné n'importe quoi pour un peu de sommeil supplémentaire. Le soleil était à peine levé que nous marchions déjà. Je regrettais de ne pas être restée avec Gandalf à Fondcombe. Prendre la route des Monts Brumeux sans le magicien ne me semblait pas être une bonne idée du tout. Nous venions de traverser le pont et de quitter Fondcombe, laissant derrière nos talons le havre de paix et de tranquillité que j'avais grandement apprécié le temps d'une nuit.
Je suivis la compagnie des nains en silence, et me retournais afin de poser les yeux une dernière fois sur le magnifique paysage. Il serait là, gravé bien au chaud dans mon cœur et dans ma mémoire. J'espérais pouvoir y revenir un jour.
« Restez sur vos gardes » conseilla Thorïn, acariâtre.
Le prince nain marchait en tête du groupe, veillant à ce que nous ne prenions pas de risques. Je prenais garde aux mouvements souvent traîtres de mes pieds, très peu désireuse de dégringoler dans le vide. Je rattrapais rapidement Bilbon qui regardait le précipice avec inquiétude. Il se collait le plus possible à la montagne. Je lui fis un sourire chaleureux et l'incitai à avancer. Après lui avoir donné une petite tape sur l'épaule, nous avançâmes pour rattraper les autres.
« Vous allez bien ? » Demandais-je au hobbit qui se semblait dans son assiette.
« Oui, oui ! Je vais très bien » me répondit Bilbon.
« Nous allons entrer dans les Terres Sauvages » nous annonça Thorïn.
Je vis Bilbon lancer un dernier regard en arrière, visiblement, le fait de quitter Fondcombe le tracassait. J'ignorais ce qu'étaient les Terres Sauvages, mais leur simple nom ne m'inspirait aucune confiance. Quelles créatures infectes et malpropres allions-nous rencontrer, au détour d'un chemin ou d'un pan de rocher ? Cela, j'étais peu pressée de le découvrir. Et je pressentais avec une inquiétude grandissante que le temps ne serait pas long avant que nous côtoyions à nouveau toutes sortes d'êtres des plus déplaisants.
« Bilbon, avancez ou vous allez prendre du retard » conseillais-je le hobbit, tout en tentant de me rassurer moi-même.
« Balin ! Tu connais les sentiers, guide nous » ordonna Thorïn d'une voix forte et peu amicale.
« Bien » répondit Balin.
Soudain, Bofur entama une chanson pour nous distraire. Une chanson très joyeuse qui mit tout le monde de bonne humeur. Plusieurs nains se mirent à chanter avec lui, et bientôt cette ambiance me rendit le sourire. J'étais à nouveau motivée à marcher. La joie des nains était communicative, et j'adorais cette facette. Ils se montraient presque toujours de bonne humeur. Il n'y avait que Thorïn qui ne participait pas à ce joyeux chaos.
Il était perdu dans ses sombres pensées, pensées certainement tournées vers Erebor. Je repensais à la dernière fois où je l'avais vu sourire. C'était sans doute la première et dernière fois d'ailleurs.
« Bilbon, parlez moi un peu de vous, j'aimerais en apprendre plus sur les hobbits » lui demandai-je en m'éloignant avec lui du vacarme que produisaient les nains.
Bilbon leva les yeux vers moi, et un sourire éclaira son visage triste et mélancolique d'avoir quitté la cité des elfes. Le cambrioleur entama son récit avec beaucoup d'anecdotes et de détails sur le paysage de son pays, son peuple, sa maison et sa famille. Les collines verdoyantes parsemées de fleurs des champs, l'air doux et printanier caressant son visage et faisant voltiger la fumée de sa pipe et d'interminables spirales opalines, les matins d'été où une légère rosée se pose délicatement sur les brins d'herbe tendre, les faisant luire de mile feux, les jours roux de l'automne frémissant, les longues soirées d'hiver, lorsque la Comté se couvre d'un doux manteau cotonneux, et que les rivières se parent de leur couverture moirée et froide.
La pluie chantant sur les toits herbeux, le feu crépitant gaiement dans les profondes cheminées. Il avait l'air heureux quand il en parlait et j'écoutais attentivement son récit.
« Votre chez-vous vous manque, n'est-ce pas ? » Demandai-je au hobbit.
« Oui, ce n'est pas le cas pour vous ? » Me demanda Bilbon.
« C'est différent... »
« Comment cela ? »
« Je n'ai pas vraiment d'attaches, dans mon monde, seule la sécurité que j'éprouve dans mon foyer me manque. »
Bilbon ne répondit pas, comprenant que je rechignais à en parler. Nous continuâmes à avancer et accélérâmes le pas. Le paysage était magnifique, j'aurais tant aimé avoir un appareil photo dans ces moments-là.
« On s'arrête bientôt ? » Demandais-je.
« Oui, pourquoi ? » Me questionna Balin.
« Je commence à avoir mal aux pieds ! »
J'entendis Fili et Kili se moquer de moi, disant que nous avions fait qu'un tout petit bout du chemin et que même les vieux nains étaient plus endurants que moi. Pour toute réponse, je leur tirais la langue comme une gamine, ce qui les fit rire encore plus. Vers midi, Thorïn décréta qu'il était temps de s'arrêter pour manger. Je laissais échapper un soupir de soulagement. Nous mangeâmes les provisions gentiment offertes par les elfes. Enfin, gentiment, façon de parler...
J'avais vite terminé mon bol et décidais de me reposer un peu. Mais le jeune nain blond n'était visiblement pas disposé à me laisser en paix.
« Mayline, profitons-en pour t'entraîner » lança Fili.
Sans doute voulait-il ma mort. M'entraîner après une matinée de marche serait de la torture pour mes pauvres jambes.
« J'arrive lui répondis-je » à contrecœur, tout en me levant avec moult difficultés.
Nous nous éloignâmes du groupe, suivis de Dwalin, Kili, Gloin et Ori qui souhaitaient assister à mon entraînement.
« Tiens » Me dit Fili en me tendant une épée elfique.
Je saisis l'arme qu'il me tendait, elle était légère entre mes doigts gourds, et la lame était fine.
« Nos épées à nous sont bien plus lourdes, celle-ci te conviendra mieux » m'expliqua Fili.
« Merci » lui répondis-je.
Je me mis en position, prête à commencer l'entraînement.
« Tout d'abord, nous allons travailler sur tes points forts, quels avantages as-tu par rapport à l'ennemi ? » Me demanda Fili.
« Je ne sais pas... »
« Tu en as, ne te dévalorise pas. Cherche bien ! »
« Je suis petite et rapide ? » tentai-je.
« Oui c'est ça, tu es aussi plus agile, mais tu n'as pas beaucoup de force dans les bras. Nous allons donc travailler sur ta rapidité et ton agilité pour pouvoir se dispenser de la force physique lors d'un combat. »
« D'accord. »
Fili s'approcha de moi et me bouscula, ce qui eut pour effet de me faire chuter sur mes pauvres fesses douloureuses.
« Pourquoi es-tu tombée ? » Me demanda Fili en m'aidant à me relever.
« Peut-être parce que tu m'as poussée » répondis-je ironiquement en grognant de mécontentement.
Ma réplique fit rire les nains et Fili m'ébouriffa les cheveux d'un air goguenard.
« Oui, mais ce n'est pas seulement à cause de ça » fit Fili.
Je tentai de comprendre pourquoi j'étais tombée, en vain.
« C'est parce-que tu es raide comme une souche! » S'esclaffa Dwalin.
« Oui, tu es trop raide, il faut que tu te détendes » m'expliqua Fili.
« Et comment faire ? » Demandai-je, les joues en feu.
« Respire calmement, reste droite mais toujours souple et mobile, comme au tir à l'arc » m'expliqua Kili.
Je souriais à Kili et le remerciais pour ses conseils.
« Tu es prête ? » Me demanda Fili.
J'appliquais les conseils de Kili et me détendis très vite.
« Oui » lui répondis-je.
Fili me poussa avec force, et je reculai de trois grands pas, mais cette fois je ne tombais pas.
« Bien, tu apprends très vite » me félicita Fili.
« Merci, c'est grâce à vous tous » lui répondis-je en regardant chacun des nains.
« Tu es prête pour la suite ? »
« Absolument. »
Je me remis en position, prête pour la suite de la leçon.
« Je vais t'apprendre à esquiver et parer les coups de l'ennemi » m'expliqua Fili.
« D'accord » lui répondis-je.
« Tout d'abord, quelle est la différence entre les deux ? »
« Euh... »
« Tu ne sais vraiment pas ? »
« Esquiver veut dire éviter les coups de l'ennemi… »
« Et parer ? »
« Je ne sais pas du tout... »
« C'est contrer ou bloquer l'attaque de ton ennemi avec ton épée ! » Me cria Gloin.
Je remerciai Gloin et me concentrai à nouveau sur le jeune nain.
« C'est exact, ne pare jamais avec le tranchant de ta lame, cela abimera ton épée » m'expliqua Fili.
« Comment dois-je faire alors ? » Lui demandais-je.
« Avec le plat de ta lame. »
« Le plat de ma lame ? »
Je tournais mon poignet et mis le plat de la lame en avant. Je regardais Fili et il hocha la tête, signe que j'avais compris la technique.
« On commence ! » Lança Fili avant de m'attaquer.
Il passa une bonne demi-heure à m'apprendre à me défendre. Puis je vis Bofur se diriger dans notre direction.
« Fin de l'entraînement. Nous repartons » nous avertit Bofur.
« Très bien. Nous arrivons » lui répondit Fili.
« Oh non... On va devoir encore marcher » me plaignis-je, levant avec peine mes pieds endoloris.
Il y eu quelques ricanements chez les nains tandis que je poussais un soupir à fendre l'âme. Nous rejoignîmes les autres et reprîmes la route vers les Monts Brumeux. Cela faisait une heure que nous marchions, et j'étais épuisée en raison de l'entraînement.
« Pas ça... » Soupira Nori.
Je me retournais pour voir Nori qui, marchant derrière moi, avait l'air déprimé.
« Comment ça, pas ça ? » Lui demandais-je.
Il ne me répondit pas et se contenta de pointer le doigt vers le ciel. Je vis alors de gros nuages noirs s'amonceler à l'horizon, prenant peu à peu possession du ciel, évinçant le soleil vaincu. Des grondements sourds se faisaient déjà entendre, le ciel manifestant son évidente fureur. Ces nuages cendrés se dirigeaient vers nous, prêts à déverser des trombes d'eau glacée sur nos têtes fatiguées. Il était clair qu'une tempête se préparait, et qu'elle ne nous épargnerait pas.
Une méchante bise du nord se mit à souffler, tentant d'emporter le chapeau de Bofur dans sa colère, et plaquant nos vêtements contre nos peaux frémissantes.
« Oh non... » Soupirai-je.
Mes pieds hurlaient de douleur, et j'étais très peu désireuse d'être trempée. Je vis alors au loin une énorme montagne, dont l'escalade s'avérerait sans doute très périlleuse. La chance semblait m'avoir abandonnée...
