Ok, alors j'étais certaine d'avoir posté ce chapitre, mais je viens de me rendre compte que ce n'est pas le cas, alors je le fais. Et par la même, je vous mets les suivants, indissociables de celui-là.


Chapitre 20 - Vivant

Nous sommes lents à croire ce qui fait mal à croire.

Ovide

.

Il est encore tôt ce dimanche matin quand Ziva ouvre les yeux. Mue par l'instinct elle se redresse d'un bon en cherchant son arme.

- Cherche pas, c'est moi qui l'ait.

- Tony ?

- Bonjour Ziva.

- Mais enfin, qu'est-ce-que...

- Je ne voulais prendre aucun risque, alors j'ai préféré te l'emprunter le temps que tu te réveilles.

Il se lève du siège, près du lit, où il avait pris place et dépose l'arme sur la table de chevet. La jeune femme le laisse faire sans réagir. Il s'assoit près d'elle.

- Je ne t'ai pas entendu !

- Je sais.

- Mais je me réveille toujours !

- Pas quand c'est moi. Je peux te l'assurer.

- Serais-tu en train de sous-entendre que c'est déjà arrivé ?

- Exactement.

- Mais...

- Non, plus tard. Ce n'est pas le moment d'avoir cette conversation.

Il réarrange les couvertures tout en la forçant à se rallonger. Elle se laisse faire sans comprendre.

- Qu'est-ce-que tu fais ?

- Il est encore tôt, tu devrais dormir. Surtout si tu dois veiller la nuit prochaine.

- Pardon ?

- Ce soir, minuit, au parc. Réuni tout le monde.

- Ce soir ? Tu veux dire que...

Elle suspend sa phrase. Il acquiesce en la bordant. Aucun d'eux ne relève l'incongru de la situation.

- Tout ira bien maintenant.

Il l'embrasse sur le front.

- Fais de beaux rêves.

Il quitte la chambre en lui faisant un dernier signe de la main.

Elle l'entend partir, emmitouflée sous les couvertures, avant de replonger dans le sommeil, un sourire sur les lèvres.


Trent Kort s'achète un café en sifflotant. Il vient de faire son rapport à ses supérieurs et tout s'est très bien passé, même au-delà de ses espérances. Pourtant à la base, la situation n'avait rien de réjouissante. Il venait annoncer que le réseau du Fantôme tomberait bientôt, mais qu'il n'était pas en mesure de leur dire comment. Seulement, le directeur du Mossad, ce cher Eli David, a fait parvenir à ses patrons son rapport au sujet de Patrick Langa, son commanditaire et sa marchandise. Et ce qu'ils ont lu les ont ravis ! Ils ont évité une catastrophe majeure au Moyen-Orient. De quoi leur faire oublier les lacunes de son rapport à lui.

S'il ne haïssait pas autant DiNozzo, pour un peu, il le remercierait.


Gibbs reçoit un coup de fil d'une Abby paniquée.

- Gibbs c'est horrible !

- Calme-toi, Abby ! Que se passe-t-il ?

- C'est Ziva...

- Oui ?

- Je... elle m'a demandée de passer chez elle tout à l'heure et je... il y avait...

- Abby respire ! Ça va aller. Je t'écoute.

- Gibbs, j'ai trouvé une lettre d'adieu ! Elle compte se suicider !


Ziva est assise sur le banc mal à l'aise, son portable éteint entre les mains. Elle n'est pas fière de ce qu'elle a fait pour réunir l'équipe ici, mais elle n'a pas eu d'autres idées.

À l'heure qu'il est Abby doit avoir trouvé sa fausse lettre d'adieu et prévenu Gibbs. Ils ont certainement mis Ducky et Tim au courant puisque, dans sa lettre, elle s'excuse de ne pas pouvoir les rejoindre au bar où ils se sont donnés rendez-vous. Si tout se passe comme prévu, tous quatre vont la rejoindre d'ici peu. Elle a en effet laissé entendre que le meilleur endroit pour quitter ce monde est celui où elle a lu les derniers mots de Tony. Hors, pour lui avoir demandé où elle était passé ce jour-là, McGee le sait.

Non, elle n'est vraiment pas fière de ce qu'elle a fait, mais elle était à court d'idée. Le seul problème, c'est l'appel qu'elle a dû passer aux urgences pour les prévenir que si quelqu'un tentait de les appeler, à cette heure, pour qu'ils aillent à cette adresse, ils ne devraient pas se déplacer. Ce furent de longues et compliquées explications. Cette extrémité a au moins le mérite d'être sûre. Elle sait qu'ils vont arriver, Gibbs le premier vu sa conduite.

.

Et en effet, deux minutes plus tard, elle voit son patron courir vers elle en criant son nom de toutes ses forces. Il a un air affolé qu'elle ne lui a jamais vu. Une nouvelle vague de remords déferle sur elle.

Il la prend dans ses bras avant de vérifier si elle va bien, tout en lui posant un nombre infini de questions.

Les autres arrivent à leur tour, conduit par Ducky. Abby se jette dans ses bras. Ducky confirme à Gibbs l'arrivée des secours alors que Tim prend place à ses côtés. Tous affichent une angoisse qui lui étreint le cœur. Elle voudrait disparaître !

Heureusement pour elle :

- Suicide ? Tu aurais pu faire plus simple.

Sortant enfin de son mutisme, la jeune femme se tourne vers le dernier arrivé. Les autres l'imitent alors qu'elle répond.

- Je n'ai pas trouvé mieux, Tony !

- Je suppose que c'est le résultat qui compte, pas vrai ?

Ses compagnons le regarde bouche bée.

- Tony ?

- Salut Abs, ça me fait plaisir de te revoir ! Vous aussi les gars !

La laborantine ne cherche pas à comprendre et court se jeter dans ses bras.

- Oh ! Doucement, Abby ! Je ne vais pas m'envoler tu sais.

Elle le serre plus encore.

- Tu es là ! Tu es vivant !

- En chair et en os princesse.

- Mais enfin, balbutie Tim, c'est...

- Impossible ?

- Oui !

- Je ne suis pas mort le bleu, tu devrais le savoir, je suis passé te voir l'autre jour !

- C'était vraiment toi ?

- Oui, et je suis passé ailleurs.

- La rose.

- Je n'ai pas trouvé mieux, Ducky.

La laborantine desserre son étreinte, sans toute fois le lâcher.

- Et la photo ?

- Aussi. Gibbs, tu as dû trouver quelque chose également.

- Oui.

- Attend, réfléchit McGee, il y a un truc que je voudrais comprendre, Ziva, tu le savais ?

- Ça ne fait pas longtemps et Tony m'avait interdit d'en parler.

- Je sais que vous avez énormément de questions et je me ferai une joie d'y répondre, mais je pense que nous pourrions trouver un meilleur endroit pour ça. La nuit risque d'être longue. Gibbs ? On peut aller chez toi ?

- Allons-y.

L'homme ne sait pas comment réagir, aussi préfère-t-il se taire. Tony s'éloigne avec Abby, les autres dans son sillage. Ils gagnent silencieusement leurs véhicules.

Tony attrape son casque alors que les autres ne le quittent pas des yeux. Ils ont peur que tout ça ne soit pas réel, qu'il disparaisse. Le jeune homme le remarque, aussi prend-il une décision.

- Hé, le bleu !

- Oui ?

- Viens là.

Tim s'exécute et le rejoint. Tony lui fourre un casque dans les mains.

- Enfile ça, je t'emmène.

Il le regarde sans comprendre.

- Pour être sûr que je ne vais pas m'envoler.

Comme prévu, cela les rassure. Il met son casque et grimpe sur sa machine.

- Alors, tu prends racine ou tu viens avec moi ?

Tim s'empresse d'enfiler son casque et prend place derrière lui.

- On se rejoint chez toi, Gibbs !

Il rabat sa visière.

- Accroche-toi bien, le bleu, c'est parti !

Faisant vrombir l'engin, il quitte les autres, qui ne tardent pas à en faire de même.


Ils sont les premiers à arriver. Profitant que les autres ne sont pas là, Tim pose ses questions.

- Pourquoi tu ne m'as pas dit la vérité quand tu es venu me voir ?

- Tu y aurais cru ? Non, et tu n'étais pas en état.

- Comment ça ?

- Ton bouquin. Tu veux que je développe ou tu as compris ?

- D'accord, mais pourquoi être venu ?

- Il fallait que je te prépare à mon retour, et c'est la seule chose que j'ai trouvé.

Tim semble prendre note de tout ça.

- Tu m'as manqué.

McGee le regarde surpris, il n'est pas sûr d'avoir bien entendu. Ce n'est pas le genre de phrase qui ressemble à son camarade. Seulement il est sincère, il le voit bien.

- Je... Toi aussi Tony, tu m'as manqué.

Son ami lui donne l'accolade alors que les autres se garent. De la neige commence à tomber.

- Allez, viens. On a beaucoup de choses à se dire.

Passant devant, il entre dans la maison.