Disclaimer : les personnages apparaissant dans cette fic sont l'entière propriété de JK Rowling

Note : post tome 6 - Slash Severus /Harry - Sujet principal déjà traité par d'autres auteurs mais que j'aime beaucoup même si je m'en tire sûrement avec beaucoup moins de dextérité...

Hum. Je sais que ça fait longtemps que je n'ai plus posté de chapitre et que cette histoire ne doit sans doute plus vous laisser beaucoup de souvenirs... Enfin, pour vous remettre un peu dans le bain, je vous renvoie au (petit) résumé se trouvant au début du chapitre 16 : 'Doutes' et à la lecture des trois chapitres qui suivent... (se souvenir au moins du chapitre précédent pourra largement aider à la compréhension de celui-ci ^^")

En tous cas, encore un grand merci pour vos reviews sur le précédent chapitre :D (certains d'entre-vous voyaient déjà un peu ce qui se tramait mais j'espère que ce chapitre réussira un peu à vous surprendre malgré tout :p)

Sur ce je souhaite à ceux que cette histoire intéresse encore une très bonne lecture !

« Sacrifices et sacrifiés »

Chapitre 19 : Magie

- Vous avez perdu beaucoup de votre magie en devenant un vampire. Et vous continuez à la perdre.

Harry n'était pas heureux de formuler cette conclusion ; ça lui paraissait encore plus horrible à dire qu'à penser. Il espérait qu'il ait tort, mais il y avait peu de chance que ce soit le cas. Pas lorsqu'il reliait ses observations : le laboratoire encore taché de marques de potions (son chaudron avait bien dû exploser finalement), la difficulté à redonner un éclairage correct à une simple chambre, l'Impervius qu'il ne s'était pas jeté sur lui-même, l'échec de ses Expelliarmus ou encore le manque d'efficacité du sort de dissimulation.

Tout cela était trop criant après qu'il l'ait vu renoncer à sa baguette pour vaincre les mangemorts à sa seule force de créature de la nuit.

Rogue l'observa en silence, des gouttelettes d'eau brillant encore sur ses cheveux humides, puis détourna les yeux d'un air ennuyé.

- Vous aviez accepté de-

- Je vais y venir, Monsieur Potter. Calmez-vous et asseyez vous, c'est plus compliqué que vous ne l'imaginez.

Harry retint un soupir. Bon, c'était peut-être vrai qu'il avait besoin d'un peu se calmer mais personne n'aurait pu lui en vouloir d'être nerveux après avoir découvert que Rogue, un si puissant sorcier, était en passe de devenir un cracmol ! Le survivant se morigéna de déjà tirer des conclusions sans que le maître des potions n'ait rien confirmé.

Il ôta sa cape trempée et s'assit sur l'un des fauteuils bleu foncé installés devant la cheminée ; le vampire s'approcha du feu mais resta debout, ne permettant à Harry de ne plus voir à présent que son profil. Finalement, les yeux rivés sur les flammes, Rogue commença à parler.

- Le vampirisme, bien qu'il s'agisse là d'une comparaison assez simpliste, pourrait être considéré comme une infection dont on ne peut se défaire. L'être qui est atteint est, en quelque sorte, parasité… et, contre la volonté de l'être infecté, le corps est forcé à évoluer. Le sang empoisonné coulant dans les veines d'une créature choisie pour devenir un vampire peut gagner ou perdre cette lutte. De cette façon, tout être apparenté aux canidés ne deviendra jamais un vampire, son propre sang réagissant de manière violente à la domination imposée par un sang vampirique. Alors qu'un humain, au contraire, est parfaitement « compatible » avec ce sang. D'une certaine manière, on peut dire que le sang humain est faible.

Le maître des potions s'arrêta un instant néanmoins Harry ne dit rien. Son discours semblait s'écouler comme-ci il se préparait depuis longtemps à lui expliquer cela. Et puis, en dépit de son regard fixé sur les flammes dansant dans l'âtre et de sa voix calme et posée, ses mains étaient fortement serrées dans son dos comme-ci il tentait de réprimer de la colère ou une certaine angoisse.

- Chaque organe, chaque muscle se voit transformé pour répondre aux capacités du vampire et acquérir les caractéristiques d'une nouvelle race. Les moldus perdent ainsi leur capacité à vivre à la lumière du jour et, selon toute vraisemblance, les sorciers sont privés de leur magie et ce dès les premiers jours suivant leur transformation.

Alors, il avait eu raison ; il aurait préféré avoir tort. Privé de magie, dès les premiers jours… Le gryffondor fronça les sourcils.

- Cela fait pourtant plus de six mois, s'étonna le survivant.

Rogue lui jeta un vague regard. Ses yeux étaient clairs, mélange d'or et de pourpre ; le sort de dissimulation était brisé. Le jeune sorcier s'y était attendu alors il ne montra pas le moindre trouble. Mais finalement, le serpentard s'éloigna de la cheminée et vint s'asseoir sur le second fauteuil, calant son dos contre le dossier, restant droit et rigide, les yeux à nouveau dirigés vers les flammes.

- J'ai perdu mon pouvoir, durant les quelques mois qui ont précédé la défaite du seigneur des ténèbres. Et puis, j'ai puisé dans les vôtres.

Il fallut plusieurs secondes avant que le survivant réalise vraiment ce qu'il venait de lui avouer. Durant ces quelques instants, Harry nota seulement que les doigts de son aîné s'enfonçaient dans les bras de son fauteuil comme des griffes acérées et que son visage était devenu aussi immobile que le marbre.

Puis Harry se souvint de sa frustration durant les derniers cours de DCFM, quant il se sentait incapable d'être au maximum de son potentiel ; il avait détesté ça. Le souvenir de sa faiblesse durant ces deux longues journées, qui l'avait même forcé à abandonné Ron en plein entraînement, lui revint également en mémoire et il comprit qu'il avait été erroné de croire que seule son alimentation avait été en cause.

Finalement, il devait bien sacrifier quelque chose pour pouvoir rester à ses côtés. Ce n'était pas une part de sa capacité à raisonner, comme il l'avait cru un temps, non, c'était une partie de sa magie.

Lui donner son sang ce n'était vraiment pas difficile lorsqu'il y pensait. Il y avait de la douleur, certes, mais il y avait aussi du plaisir. Et il n'y avait pas réellement de sentiment de perte.

Perdre une part de sa volonté ? Il n'en avait pratiquement pas conscience lorsque cela lui arrivait et le malaise qu'il en ressentait n'était pas si grand finalement.

Mais sa magie ?

Cela avait toujours fait partie de lui, même lorsqu'il n'en avait pas encore eu conscience. Et, par ces précédents incidents, il avait pu ressentir à quel point elle était importante pour lui. Un moldu aurait sans doute pu comparer ces pertes, par exemple, à l'incapacité soudaine d'écrire ou de lire alors qu'il savait qu'il aurait dû en être capable. Ou encore d'être condamné pendant un temps à marcher lentement alors qu'il aurait dû pouvoir courir et en éprouver une profonde exaltation.

Il n'était pas nécessaire de beaucoup y penser pour imaginer que d'autres manifestations – peut-être plus angoissantes encore – du vol de sa magie pourraient avoir lieu dans le futur.

Harry frissonna un instant malgré la chaleur du feu. Il remarqua que le vampire détourna le regard au moment où il leva les yeux vers lui.

Comment Rogue devait-il se sentir alors que lui était condamné à vivre sans sa magie ?

Soudain, il se sentit mal à l'aise. Toutes les personnes que le maître des potions connaissait devaient sans doute être des sorciers. Des personnes qui accomplissaient le plus basic des sorts d'un simple mouvement de baguette alors que lui n'en était plus capable. Etait-ce ça qui se cachait sous ses accès de colère ? Une certaine jalousie envers ceux qui n'éprouvaient aucune difficulté à faire ce que lui était aujourd'hui pratiquement incapable de faire ? Même Remus, alors qu'il pouvait être considéré comme un hybride entre deux races, restait un puissant sorcier. Et pouvait-il seulement imaginer sa douleur à la perte de sa magie alors que lui se sentait déjà très inconfortable à la simple idée de céder une part de sa magie ?

Harry se passa une main sur le visage tout en fermant les yeux.

C'était l'heure, n'est-ce pas ? L'heure de franchir le dernier mur qui les séparait. Après, ce ne serait plus que les obstacles quotidiens de toute relation qui resteraient à surmonter.

- Vous n'avez aucune certitude sur les effets que cela peut avoir sur ma magie, n'est-ce pas ? demanda soudain le gryffondor réalisant que, si ça avait été le cas, il se serait sans doute montré moins réticent à en parler.

- Non.

Et l'homme fixait toujours le feu.

Donc, depuis tout ce temps, le survivant l'avait presque forcé à se montrer imprudent. Malgré toutes ses tentatives pour l'éloigner de lui, il s'était montré borné et l'avait sans doute poussé à aller à l'encontre d'une part de ses convictions. Car, si l'on voulait diaboliser un peu leur relation, il n'était pas difficile de considérer que le vampire lui volait ses pouvoirs comme Voldemort se servait de ceux de ses serviteurs par sa marque. Et, là, ça devenait même trop malsain pour lui.

Pourtant, cela n'était pas la réalité. Il était peut-être un peu en colère qu'il ne lui ait pas avoué ça plutôt mais il pouvait un peu comprendre qu'il n'était pas ravi de dévoiler ses faiblesses. Rogue avait pourtant essayé de le prévenir, en dépit du conflit que cette situation devait sans nul doute provoquer en lui. Le jeune sorcier avait cependant continué à lui donner son sang, dans la plupart des cas, de sa propre volonté. Et il continuerait à le faire.

Harry releva brusquement la tête.

Il avait déjà décidé. Il était prêt à avancer sur une route semée d'incertitudes pour rester avec le maître des potions. Il se sentait anxieux à cette idée, et avait même un peu peur. Mais il continuait constamment à penser à comment devait se sentir son aîné dans cette situation, il s'inquiétait pour lui.

- Je n'étais pas loin, dit finalement Harry avec un léger sourire.

Le regard ambré se fixa sur lui.

- Maintenant, je peux mieux comprendre, continua-t-il.

Bien sûr, si le problème de sa magie était un point important expliquant les comportements du serpentard, il n'oubliait pas qu'il était loin d'être le seul. Il pouvait y en avoir tellement d'autres, que le vampire lui avait révélé ou qu'il devinait, comme l'aspect morale de cette situation, le fait qu'il n'acceptait pas tout à fait sa nouvelle nature ou, encore, tout simplement, leur fort caractère à chacun.

- Bien. Il temps pour vous je crois de rentrer au château, dit Rogue en se levant avec une expression fermé sur le visage. Je me chargerai de vous faire renvoyer toutes les affaires que vous avez pu laisser dans cette demeure.

Le gryffondor cligna des yeux. Il le vit se diriger rapidement vers son laboratoire, interdit.

- Mes… Quoi ? lâcha-t-il enfin, stupéfait.

Cela eut au moins le don de figer le maître des potions en plein centre de la pièce.

- Je n'ai pas l'intention de partir, précisa Harry en détachant bien chaque syllabe comme-ci ses mots pourraient mieux être compris par l'homme de cette façon.

Le serpentard ne fit pas un mouvement ; le survivant se leva.

- Vous n'avez pas réellement cru que cela serait suffisant à me faire changer d'avis, n'est-ce pas ? demanda-t-il un peu froissé.

- Cela aurait dû être suffisant, lui vint la voix de son aîné.

Et son obstination à ne pas le regarder en face commençait un peu à l'agacer.

- Eh bien, cela ne l'est pas, et je doute que quelque chose le soit ! affirma-t-il en se plantant devant lui.

Le vampire devant lequel il se tenait semblait vraiment affamé.

- N'avez-vous donc rien écouté de ce que je vous ai dit ?

Le ton se voulait irrité mais cela ne s'accordait pas avec l'intensité de son regard.

- Je me nourris de votre magie.

Les mains pâles se posèrent sur ses épaules avec douceur.

- Votre magie, Potter !

Le ton monta et la prise se resserra légèrement mais se desserra moins d'une seconde plus tard.

- Est-ce sans conséquences pour vous ? N'en ressentez-vous pas le moindre manque ? N'êtes-vous pas en colère ?

L'une de ses mains froides remonta jusqu'à sa gorge puis elle se posa sur sa joue.

- Je n'aime pas ça. Et je vous en veux certainement un peu de ne pas me l'avoir dit plus tôt.

Les fins doigts se glissèrent dans ses cheveux encore légèrement humides.

- Alors, pourquoi ne partez-vous pas ? demanda encore Rogue en agrippant son cuir chevelu et en tirant légèrement sa tête en arrière.

Le survivant se contenta de l'observer. Il connaissait déjà sa réponse, il ne voulait simplement pas l'accepter.

- Il ne devrait pas y avoir autant de confiance dans vos yeux, murmura le vampire, cela pourrait un jour vous être fatal.

Néanmoins, Harry ne trembla pas. Il avait des incertitudes quant à l'avenir mais il ne doutait plus de ses sentiments. Chaque nouvel affrontement, chaque nouvelle révélation, n'avait été là que pour lui prouver qu'il n'allait pas abandonner. Il avait parfois peur, c'était un instinct naturel pour un humain de craindre un vampire, mais pas en ce moment. Et il était certain qu'il était important que, en cet instant, Severus Rogue prenne conscience qu'Harry Potter n'éprouvait aucune crainte à lui faire face, qu'il ne le considérait pas comme une dangereuse créature de la nuit ou un sorcier déchu. Mais qu'il était son égal.

Harry ne sourit pas en prononçant les paroles qui suivirent mais parla avec toute la détermination dont il était capable.

- Alors, je serai celui qui fera en sorte que vous continuiez à mériter cette confiance.

Il ne sut jamais vraiment pourquoi – peut-être son regard ou quelque chose dans son ton et son attitude calme – mais, après l'avoir étudié durant de longues secondes, le maître des potions clôt ses paupières, comme un signe d'acceptation, et laissa son visage s'enfouir dans son cou.

Harry ne tressaillit qu'à peine sous la douleur provoquée par les crocs enfoncés dans sa chair. Puis le vampire commença à s'abreuver, lentement comme l'avant-veille, laissant son cœur lui envoyer à son rythme le sang qu'il réclamait. C'était, réalisa-t-il, comme une sorte de préliminaire, un temps d'adaptation et l'occasion de sentir monter lentement les sensations.

Le survivant était, à ce stade, encore très conscient. Il pouvait apprécier la main qui se réchauffait toujours accrochée à son cuir chevelu, sentir les longues mèches encore humides, elles-aussi, se coller contre sa peau et son bras contre le bas de son dos venant doucement l'enserrer.

Puis le rythme changea. L'étreinte se resserra. Et il put entendre plus distinctement chaque gorgée avalée par le serpentard. L'impatience du vampire grandissait et Harry plaça l'une de ses mains sur sa nuque pour l'encourager à se laisser aller. La chaleur familière l'envahissait et il aurait sans doute eu des difficultés à se tenir sur ses jambes si son aîné ne le maintenait pas si solidement contre lui.

Les canines semblèrent meurtrir davantage ses chairs et il gémit un très bref instant de douleur. Cependant, le plaisir reprit rapidement sa place. Il sentait son cœur battre de plus en plus fort dans sa poitrine et sa respiration s'accélérer.

Contrairement à la dernière morsure, toutefois, après ce qui sembla être de longues minutes durant lesquels le vampire s'acharnait à faire sortir son cœur de sa poitrine d'une très agréable manière, le rythme décru. Harry pût sentir sa faim être peu à peu assouvie. Il eut également l'impression, lorsque chacune de ses gorgées devint de plus en plus espacée, qu'il se sentait lui-même comblé et non vide comme-ci on lui avait ravi une partie de lui-même.

Au moment où les crocs furent extraits de sa gorge, il eut, pour la première fois, le sentiment d'un véritable échange. Non pas que, deux jours plutôt, lorsqu'il s'était abreuvé d'une façon similaire, l'expérience n'avait pas été agréable. Mais, cette fois, il n'était pas tombé dans l'inconscience et il pouvait mieux comprendre ce qui venait de vivre.

Rogue était lui-même. Il n'hésitait plus. On pouvait dire, d'une certaine façon, qu'il n'agissait plus comme quelqu'un qui avait peur qu'on le prive de son repas à tout instant (même si ce n'était pas très flatteur pour lui…).

Et puis, cette étreinte… Le maître des potions ne semblait pas plus que lui prêt à le lâcher. Peut-être en espérait-il déjà trop pour l'heure mais il se sentait aimé. C'était vraiment très agréable.

Ils restèrent dans cette position un long moment. Un peu incertain, le gryffondor finit néanmoins par caresser les longs cheveux noirs et par exercer une petite pression sur sa nuque pour qu'il redresse la tête. Leurs yeux se rencontrèrent, émeraude contre charbon. Rogue ne fit aucun geste et se contenta de l'observer, comme en attente. Alors, lentement, Harry laissa ses doigts glisser sur sa tempe, sa pommette puis sur ses lèvres fines et douces. Il s'appuya légèrement contre son corps pour se surélever et son aîné pencha lentement la tête vers l'avant, ne pouvant être – cette fois – que parfaitement conscient de ce qu'il faisait. Et ils s'embrassèrent.

Les vampires semblaient être des créatures très tactiles et il doutait fortement que ce genre de contact ne soit pas agréable pour Rogue. Ainsi, étrangement persuadé que ce baiser ne prendrait fin que lorsqu'ils seraient tous deux satisfaits, le survivant prit son temps. Il goûta d'abord la peau pâle dans un chaste baiser avant de mordiller légèrement les lèvres. Cela paru amuser le maître des potions car il lui sembla que ses lèvres se courbèrent légèrement. Puis cela devint moins enfantin lorsque le serpentard prit l'initiative de faire se rejoindre leur langue. Ils essayaient mutuellement de diriger ce baiser devenu vorace lorsque trois coups vifs furent frappés contre la porte d'entrée.

Ils se figèrent tous les deux.

Trois nouveaux coups résonnèrent dans la pièce. Rogue le relâcha et Harry remonta prestement son col.

Pendant que le jeune sorcier essayait de redresser ses vêtements et d'aplatir ses cheveux pour avoir l'air moins débraillé, il vit son aîné fixer la porte un instant et pencher légèrement la tête comme-ci il était à l'affut de quelque chose.

- Ce sont vos amis Granger et Weasley, déclara-t-il en fronçant légèrement les sourcils.

Qu'est-ce qu'eux deux, parmi tous, pouvaient bien faire devant cette porte ? Et pourquoi maintenant ? Juste au moment où les choses évoluaient si bien avec Rogue…

Ce dernier lui jeta un regard interrogateur mais le gryffondor secoua légèrement la tête en signe d'incompréhension.

Lorsqu'un nouveau coup retentit à la porte, le vampire se retrouva en un instant devant elle et l'ouvrit d'un mouvement brusque. Face à eux se tenait une Hermione qui semblait assez agitée mais dont le poing était encore suspendu dans l'air et un Ron passablement gêné.

Pas déroutée pour plus d'un instant, la brune prit la parole.

- Bonsoir Monsieur. Nous nous demandions si vous vous portiez tous les deux bien après ce qu'il s'est produit à Pré-au-lard.

- Nous allons bien, informa Rogue d'un ton froid et semblant presque sur le point de refermer la porte.

L'ancienne préfète le devança et tira Ron avec elle à l'intérieur de la demeure.

Rogue souleva un sourcil à son audace mais, comme cela n'échappa pas au survivant, lança un regard assassin à son dos. Peut-être n'était-il, après tout, pas le seul à être frustré par la façon dont ils avaient été interrompus.

- Pourrions-nous utiliser votre cheminée pour retourner à Poudlard ? demanda-t-elle poliment. Ce n'est que sous cette condition qu'on nous a laissé venir ici, précisa-t-elle.

Le maître des potions la fixa avec un regard perçant mais elle continua de n'afficher qu'un sourire (faussement ?) contrit.

- Attendez un instant, je reviens, décida finalement leur ancien professeur.

Hermione se tourna alors vers le survivant et lui offrit un sourire. Puis, à sa plus grande surprise, elle posa sur lui le genre de regard qu'elle avait lorsqu'elle essayait de trouver une réponse à un problème extrêmement difficile. Il eut l'envie soudaine de redresser davantage son col même s'il était presque certain qu'il était parfaitement en place. Puis, semblant insatisfaite de ce qu'elle avait trouvé, elle laissa son regard errer sur la pièce.

C'était quoi, ça ?

- Eh Harry.

Il se tourna vers le roux qui paraissait légèrement embarrassé et jetait des regards désapprobateurs à sa petite amie.

- Qu'est-ce que vous faîtes ici ? demanda-t-il un peu plus sèchement qu'il ne l'avait voulu.

Après tout, il lui semblait clair que c'était la faute de la jeune femme s'ils étaient tous les deux là en ce moment.

- Désolé, répondit-il à moitié fautif mais également sur la défensive. Je ne sais pas trop ce qu'il lui prend ces derniers jours… Elle me pose des questions bizarres sur toi ces derniers temps comme 'comme va Harry à son réveil ?' ou encore 'tu ne vois rien de bizarre sur son corps parfois ?'. Non mais, franchement, marmonna-t-il pour lui-même.

Ron regarda un instant la brune avec un regard noir puis revint à son meilleur ami, dépité.

- Et elle fait une fixation sur Rogue. Elle a posé des questions à mes parents sur ce qu'ils connaissaient de lui, à certains de ses anciens élèves et même à Remus tout à l'heure !

- Monsieur ? Est-ce vous qui avez choisi de supprimer toutes les fenêtres de cette pièce ?

- Et voilà qu'elle recommence avec ses questions bizarres, se lamenta le roux à ses côtés.

A demander ce genre de choses, ce n'était plus des doutes que devait avoir Hermione mais des certitudes.

Harry fit une légère grimace ; il n'allait plus pouvoir lui cacher cela longtemps.

- En effet, Miss Granger, c'est une volonté de ma part. Tenez, voici la poudre de cheminette, dit-il toujours aussi impassible en lui tendant le pot de poudre.

Elle l'accepta avec un sourire satisfait.

- Monsieur Potter ? Vous devriez sans doute rentrer avec vos amis. Cela rassurera sans doute davantage Miss Granger.

La concerné eut la décence de rougir devant le regard assassin du survivant.

- Je ne pense pas que cela soit réellement nécessaire, grogna presque Harry.

Le maître des potions et lui échangèrent un long regard. Peut-être que c'était nécessaire finalement. Il ne savait pas vraiment si cette intrusion l'avait mis en colère ou non mais l'homme voulait visiblement qu'il suive ses amis. A bien y réfléchir, il ne serait pas inutile de s'assurer qu'Hermione n'allait pas crier sa probable découverte sur tous les toits.

- Je vous reverrai lundi soir, Monsieur Potter.

Harry acquiesça et laissa ses deux amis partirent les premiers.

- Vous ne regrettez pas, n'est-ce pas ? demanda pourtant Harry une dernière fois avant de suivre ses amis.

Rogue l'observa de ses yeux noirs pendant quelques secondes. Sa question avait été vague et, connaissant l'homme, il aurait pu lui donner bien des réponses différentes. Pourtant, celle qui lui donna fut aussi brève que claire.

- Non.

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Lorsqu'il sortit de la cheminée dans l'enceinte de Poudlard, un léger sourire flottait sur les lèvres d'Harry. Malgré que l'instant particulier qu'ils avaient partagé ait été interrompu par ses meilleurs amis, sa réponse n'avait pas souffert d'hésitations.

Cependant, ce sourire se fana légèrement en voyant le regard suspicieux de la brune et le léger froncement de sourcils de Ron.

- Bon, maintenant que nous sommes là, nous pouvons aller souper, j'imagine, proposa-t-il un peu mal à l'aise sous leur observation.

- Excellente idée ! s'enthousiasma le roux chez qui toute tension sembla disparaître.

Ils se faufilèrent silencieusement dans les couloirs jusqu'à gagner la Grande Salle. A la vue de l'afflux encore constant d'élèves, le repas ne devait pas avoir commencé depuis bien longtemps.

Le jeune sorcier laissa Ron avancer vers leur table et retint un instant Hermione en arrière. Il n'avait pas réellement envie de la voir poser mille et une questions sur sa relation avec le maître des potions (et d'ailleurs, il doutait fort qu'elle approuve leur arrangement) mais il avait besoin d'être assuré d'une chose.

- Si tu soupçonnais Rogue de quoi que ce soit, tu m'en informerais le premier, n'est-ce pas ?

La brune étudia son visage avec attention. Puis elle sourit légèrement.

- Oui, tu serais le premier informé.

Elle laissa ses yeux se diriger vers Ron puis revint soudainement au survivant, un regard un peu embarrassé sur le visage.

- Lorsque nous sommes arrivés tout à l'heure… ce n'était pas vraiment le bon moment, n'est-ce pas ?

- Euh, non, en effet, murmura-t-il un peu gêné à son tour.

- J'imagine comme il doit être difficile de nouer des liens avec une personne comme Rogue. Je suis vraiment désolée, Harry, dit-elle, sincère.

Pas autant que moi, pensa-t-il avec encore quelques regrets.

- Ne t'inquiète pas, c'est oublié, la rassura-t-il en voyant son inquiétude grandir, comme-ci elle craignait vraiment d'avoir perturbé leur relation.

- Tu en es certain ? Votre relation ne semble pas toujours des plus simples alors…

- Oui, oui, je t'assure, ça va bien mieux pour nous maintenant.

Oui, ça allait beaucoup mieux et ça n'irait qu'en s'améliorant car, à présent, Harry avait toutes les cartes en main pour apprendre à connaître et comprendre Severus Rogue.

A suivre…

Mmh... le vingtième chapitre promet un certain tournant dans l'histoire et je sens que je vais prendre beaucoup de plaisir à l'écrire :)

En attendant, j'attends toujours vos avis sur ce chapitre (en espérant que j'aie pu rester dans le ton de cette fic malgré les nombreux mois d'abandon :x) !

Sur ce, à la prochaine ;')

(Ps : dans un style un peu différent, et si certains sont intéressés, j'ai publié un one-shot sur la première série de Star Trek sur ce site :p)