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Hello tout le monde !
Voilà enfin la suite ! Mwahahaha, je trépigne d'impatience. On arrive au dénouement !
Je vous avoue que ce chapitre va être intense. L'écrire a été difficile. Le suivant sera sans doute encore pire. Elisa gère mal le stress, alors là, vous Pouvez imaginer le drame xD Comment être davantage angoissée que dans l'attente d'un combat mortel au milieu d'une école remplie d'innocents ? Bonjour la pression !
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Enfin bref. Voici les réponses aux reviews !
Salut L A Adeline ! T'es à cran dis donc x) La suite arrive! Pour la bataille à venir je vais essayer de poster assez rapidement les chapitres les uns à la suite des autres...
Ah ah Lumerotte, contente que ça t'ai plu ! Ne te fais pas trop d'espoir pour les géants, un atout comme ça Voldy ne va pas le laisser moisir sur place. Mais pas de panique ! Elisa est sur le coup !
Merci Aqualyne ! Ce chapitre était le début de la fin. Maintenant, on rentre dans le vif du sujet, et ça va faire mal x) Prends ton courage à deux mains ! On n'est pas près d'en avoir terminé...
Yo Shinlya ! C'est une idée, pour une SI sur GoT. Mais voilà, les familles nobles secondaires ont souvent des allégeances bien définies. Cela dit, il y en a qui sont prometteuses... Comme les Dayne par exemple. J'aime les Dayne x) Enfin bref, ravie que le chapitre t'ai plu ! Voilà la suite tant attendue x)
Hello Streema ! Elisa devient Dembledore, en quelque sorte, au cours des années et des circonstances qui l'y obligent. Et évidemment son parcours n'est pas parfait x) Et petit à petit, elle réalise en effet que ce qu'elle reprochait à Dudu (détachement, sélectivité, cruauté...), ce sont un peu des effets secondaires obligatoires. Cela dit, ça ne lui plait toujours pas. Elle ne veut pas être Dumbledore, justement !
Salut Aomine ! En effet, l'univers de GoT est très sexiste. Pour changer les choses, il faut obligatoirement naître noble. Les seuls non-nobles qu'on voit sont Varys... Et les différents bâtards (Gendry, Jon Snow, etc.). Même Littlefinger est noble, bien que d'une famille mineure. Argh. Enfin bref ! Ravie que ce chapitre t'ai plu x) Le suspense est à son comble en ce moment ! Enfin bref, voilà la baston ! xD
Yo Mayoune ! Ah, le dernier épisode de GoT (enfin, l'avant dernier au moment où j'écris cette réponse)... Bah il m'a plu et déçu en même temps. On savait que Daenerys allait devenir l'Ennemie avec une majuscule. Depuis la saison 1, elle parle de ravager des villes, de conquérir Westeros, de massacrer ses ennemis. Donc non ça ne me surprends pas, qu'elle ai basculé du côté obscur. Je pense que davantage de narration aurait aidé à remettre les choses en contexte : par exemple, Tyrion aurait pu dire (à Varys par exemple) : "elle est crainte, ici, pas aimée. Elle a perdu tous les gens qui comptaient pour elle. L'image qu'elle a d'elle-même, du Messie miraculeux, est en train de basculer. Et si elle entend les gens supplier de se rendre, non pas parce qu'ils rejettent Cersei mais parce qu'ils sont terrifiés par Daenerys... Ce sera la goutte qui fera déborder le vase." Also on sait depuis plusieurs saisons que Dany aime brûler les gens et qu'elle verse BEAUCOUP dans l'excès. Ce qu'elle dit ("je ne veux pas régner sur des cendres", ou "je suis quelqu'un de clément") est en opposition à ses actions depuis au moins quatre saisons. Je pense que toi comme beaucoup de fans trouvent son basculement soudain, mais c'est parce que vous n'avez jamais cessé de croire à ce qu'elle disait, vous vous êtes laissés aveugler par l'espoir, l'idéalisme, la beauté du concept de la Briseuse de Chaînes... En fermant les yeux sur le côté obscur de la Mère des Dragons, et sur sa progression inéluctable. C'ets le piège du POV. Vous avez vu Dany par ses propres yeux, toute la righteous anger, toute la justice divine qu'elle faisait pleuvoir sur le monde, survolant les choses et les gens depuis le dos de ses dragons. Mais c'est un point de vue limité. Ses victimes, ou juste les témoins de sa violence, ne le voyaient certainement pas comme ça...
Hello Yuedra ! En effet, Elisa n'a pas créé de branches combattante de l'Alliance parce qu'il y avait l'Ordre et les Aurors. Et puis, toute son optique est d'éviter l'affrontement. Elle regrette de ne pas avoir de branche combattante mais c'est idiot de sa part, ça n'a jamais été le but de l'Alliance. Elle regrette surtout de ne pas avoir de COMBATTANTS à ses ordres, de barrière supplémentaire entre elle et le danger. C'est surtout ça x)
Cette review horrifiée, DreamerInTheSky x) Yup, Voldy a bien prévu son coup, et bonjour le nombre de morts, avec un assaut sur le Chemin de Traverse. Et oui, Poudlard est quasiment sans défense, dans le sens où AUCUN renfort ne va venir. C'est la merde. Tu verras comment Elisa gère la chose dans ce chapitre, mais la situation est comment dire... bien pourrave ! xD
Coucou Elorah ! Ah, je suis fière de moi, si la tension est si forte que ça dans ce chapitre x) Mais voilà la suite ! Et pour ce qui estdes victimes, euuuuuh... Spoilers x) Il y en aura, évidemment, mais je garde le suspense !
Yo La Glaciale ! Tu sens qu'il y a un truc qui va foirer ? Ah ah, il y a toujours un truc qui foire, aucun plan ne survit le premier contact avec l'ennemi x) Mais non, ça ne sera pas l'Horcruxe... Du moins, à priori...
Ah ah Lassa, nope, Delmar est toujours en vie ! Tous les AUrors ne sont pas morts. Tu veux un spoilers ? Ceux qui sont grièvement blessés ont été laissés sur place, mais les autre sont tus été mis sous Impérium... Et font partie des forces de Voldy qui avancent sur Poudlard. EH OUI C'EST JOYEUX. Bref ! Dans EB, il y a nttemement moins de suppoters de Voldy chez les élèves, mêmes chez les Serpentard. Voldy n'apparait pas comme invncible, sa force dépend beaucoup des loups-garous, et il n'est pas de Sang-Purs : et ça, les gens le savent. Ca change tout. Ceux qui haïssent les loups-garous, les Puristes absolus, les opportunistes... Du coup ils sont moins enclins à le suivre...
Hello Tiph ! Ok, alors, pour le chapitre de Zeidra je ne savais pas qu'il le posterait le même jour que moi x) Je savais qu'il serait terrible (j'en ai écrit une partie... Et c'ets moi qui ait écrit le scénario... donc oui xDDD), mais eh, il faut des chapitres horribles dans Renouveau, quand même, c'est la guerre ! ENfin bref. Concernant EB : Elisa a en effet changé les choses, mais elle n'a aucun contrôle sur les événements. Qui va vive ? Qui va mourir ? Ca ne dépend pas d'elle. C'est la guerre, c'est le chaos. Par exemple, elle a sauvé Cédric. Mais Ombrage est morte par sa faute (avec Amélia Bones), tout comme Hestia Carrow (assassinée par Barty avant qu'il aille en Albanie), tout comme le père de Théodore Nott et beaucoup d'autres. Elisa a essayé d'influencé les événements, mais chaque individu a fait ses propres choix et en a payé les conséquences. Ainsi, qu'elle ait cherché à éviter le carnage ne change rien : Voldemort a choisi d'attaquer Poudlard... Et la plupart des élèves vont choisir de se battre.
Salut Mireillelabeille ! Ca fait longtemps dis donc =) Oui, la fin approche et je suis assez fire du suspense. Je vais essayer de poster les chapitres de la bataille de façon plus rapide (tous les 3 ou 4 jours, au lieu de toutes les semaines) mais je ne promets rien ! Ca dépend de ma Bêta x)
Yup Nana Umi, on l'oublie souvent, mais Voldy est très intelligent. Ca se voit peu dans le canon parce qu'il n'a pas envie de se lancer dans un concours de stratégie avec Dumbledore, mais dans cet univers où il est obligé de se montrer plus prudent... Eh bien, ça se remarque. Et on a des attaques bien pensées... Et d'autant plus dévastatrices !
Ah ah Gladoo89, tu paniquerais à la place d'Elisa, hein ? T'inquiète, moi aussi ! xD Pour ce qui est des fics Time-Travel, yep, moi aussi j'en cherche pas mal sur AO3... Mais voilà, c'est souvent du +18 ! Donc bon, on évite. Pour les Self-Insert, je vais faire un tour dans tes favoris du coup =) Merci !
Ce petit cri du coeur Manifestement Malefoy xDDDD En effet, on approche de la fin ! Surtout, pas de pression... xD
Merci Marie La Petite ! J'espère que tu vas aimer la suite, j'ai vraiment mis tout mon coeur dans ces chapitres de baston. Allez, on y croit, c'est parti !
Hello Mademoiselle Mime ! Oui, pas mal de tension dans ce chapitre x) Mais l'angoisse est une part prépondérante de la vie d'Elisa, à ce stade de l'histoire, donc c'était un passage obligé. Bref, voilà la bataille à proprement parler !
Salut l'Etoile Polaire ! Quelle immense review, ça fait plaisir ! Oui, tu as très bien compris le sentiment de stress d'Elisa entre "nooon, ralentissez ça va trop vite" et "raaah j'en peu plus, il faut que ça passe, c'est une torture cette lenteur" xD Et oui, elle gère mal la pression. En fait, c'ets pour ça qu'elle est si obsédée par se splans et ses préparations : parce qu'elle SAIT que tout va se casser la gueule, e donc qu'improviser au milieu du désastre n'est pas une option. Quant à ce qui est de "provoquer la panque"... Bah, là, c'était voulu, pour le coup. Elle n'est pas Harry ou DUmbledore. Quand elle donne des instructions, les gens ne vont pas l'écouter tout de suite. Elle n'est qu'une élève. Et donc... La panique, c'était ce dont elle avait besoin pour forcer les gens à se bouger. Enfin bref... Une fan de Percy ! J'avoue, il avait bien besoin d'être apprécié, ce pauvre Weasley. Ton point de vue sur les fonds de chaudrons (Percy étant prudent et méthodique) recoupe assez le mien (besoin d'ordre, ce qui passe par la prudence et la rigueur), mais je headcanon Percy comme... Bah, ayant des troubles comportementaux, peut-être même comme étant sur le spectre autistique (quoique, très douteux). Les troubles mentaux ne sont apparemment jamais diagnostiqués chez les sorciers, donc ça cadre avec le fait qu'il soit juste vu comme "bizarre, coincé, etc.". Mais pour ce qui est de la Maison de Percy, je le vois plus Serpentard. Certes, il est tavailleur et il est loyal (il aime beaucoup sa famille, et il a juste du mal à l'exprimer), mais les Serpentard aussi. Et surtout, Percy n'a pas le *besoin* d'être entouré qu'ont les Poufsouffle. Il sait se débrouiller seul, même seul contre tous. Et surtout, il est très ambitieux, très déterminé. Il a une haute opinion de ses capacités à s'élever dans la hiérarchie. C'ets pour ça que dans le canon, quand son père lui dit que sa promotion ne vient pas d son mérite mais uniquement d'une manoeuvre politique de Fudge, Percy pète les plombs. A sa place j'aurais moi aussi eu envie de secouer Arthur comme un prunier en hurant "Mais arrête de me rabaisser, je sis bon, je suis doué, tout ne tourne pas autour de toi!". Voilà. Et oui, Percy est (à priori ?) vivant dans ce chapitre x)
Yo Redheadead ! Effectivement la famille Warrington est extra-Puriste. Du coup, quand l'ascendance de Jedusor a été révélée, ils ont fait partie des gens à lui cracher dessus... Et du coup quand il ets revenu, ils ne l'ont pas rejoint, parce qu'ils étaient un peu dans la merde xD Et tu l'as peut-être oublié, mais la grande soeur de Warrngton a été assassinée par les Mangemorts en représailles de l'attitude ses parents... BREF ! Oui, Isabelle et Michael sont à fond dans l'Alliance Rebelle x) Et Isabelle avait déjà pas mal de Portoloins d'avance, donc en faire une petite centaine, sur deux jours, ça passe. Ca demande de la technique et du contrôle, pas tant de puissance que ça. Par contre, c'est *illégal*. Très illégal même. Donc... On espère qu'elle ne sera pas embêtée par rapport à ça x) Et pour ce qui est de l'attaque du Ministère : elle ne le dis pas à Cédric, car Cédric devrait le dire à son père et 1) Amos Diggory ne sait pas que son fils est impliqué dans l'Alliance, et même s'il le savait, ce n'est pas garani qu'il le croit, et 2) Amos Diggory est un haut-gradé, ce qui veut dire que s'il apprend qu'il y a une attaque imminente, il va faire évacuer le bâtiment, pas attendre l'attaque. Point. Donc voilà, Elisa garde le silence x) Enfin bref, ravie que ça t'ai plue ! Et... J'espère que tu vas autant aimer ce chapitre là. Parce qu'il est riche en rebondissements !
Hello StElia ! Comme Elisa (et comme toi je pense, du coup), je gère al le stress. L'attente, l'angoisse, la sensation d'être acculée... Ca me tétanise. C'est presque pire que la bataille en elle-même. Alors tant mieux si j'ai très bien retranscrit ça, c'était le but x) BREF ! En effet, tu voit le clin d'oeil à Renouveau, avec les attaques simultanées x) Enfin, quasi-simultanées... Là, on a une succession d'attaques, Chemin de Traverse puis Ministère puis Poudlard. Le meilleur pour la fin. Ca va swinguer pour Elisa... x)
Yo Bambi ! Ouais, Rhonda était à fnd en mode "on va défoncer des géants", mais bon, sa famille est quand même portée disparue là-bas, alors ça se comprend. Pour autant, Elisa a été responsable, cette fois, et elle n'a pas laissée Rhonda se jeter dans les ennuis x) BREF !Non, Elisa ne peut pas agir sur le Chemin de Traverse... Parce qu'elle ne sait pas ce qui s'y passe. Est-ce qu'elle n'ajouterait pas à la confusion ? Les Aurors y sont, tout de même ! Ont-il vraiment été décimés, ou bien c'est juste la panique qui fait dire ça ? Bref, parfois, il faut se résoudre à l'évidnce : on ne peut rien apporter d'utile au conflit. Attendre et ne rien faire est une torture, mais c'ets parfois la meilleure (et la seule) solution...
Salut IceQueen ! Contente que ça t'ai plu x) Oui, les nerfs sont à vif et du coup, une dispute éclate... Et c'est justement ça qui ets réaliste : le fait que tout le monde s'énerve et panique. Le stress révèle toujours le pire de la nature humaine !
Coucou ImAShyPhoenyx ! Pourquoi Elisa n'a pas demandé aux elfes de mettre des Sceaux explosifs sur le Chemin de Traverse ? Quelle drôle de question. Les elfes ne savent pas poser de Sceaux Explosifs ! Il n'y a que Elisa qui sait le faire. ET même si elle mettait des Sceuax sur des papiers (ce qui ferait explosre uniquement le papier, du coup, et aurait donc à peine 10% d'efficacité) : de quel droit enverrait-elle les lefes sur le champ de bataille ? Ce ne sont pas des combattants ! Ils sont petits, effrayés, et inexpérimenté. Ce serait un désastre !
Yo, DawnEcho ! Oui, la tension est à son comble, je suis fière XD La baston approche, ou plutôt elle a déjà commencé, et ça me fait incroyablement plaisir de pouvoir écrire Voldemort comme le terrible adversaire qu'il est réellement. DU SANG ! DU CARNAGE ! Ahem. Bref, ravie que ça t'ai plu !
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Bwahahaha. Je suis fière d'avoir fait monté le suspense comme ça. x)
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Et voici à présent la fiche du personnage du jour !
Je voulais la faire depuis un certain temps mais j'ai totalement zappé. Alors... Oups ? Je la mets ici. Il s'agit d'Eleanor Branstone, la petite-fille du vieil Heremon Odran (le prof de Potions à Tourmaline).
Eleanor Hollis Branstone est une Poufsouffle, âgée de cinq ans et demi de moins qu'Elisa (elle est donc en deuxième année). Petite, les cheveux roux flamboyants (une ou deux nuances plus clair que les Weasley, cela dit), les yeux sombres et le visage souriant, Eleanor est une fillette discrète, rêveuse, souvent perdue dans son propre monde mais pourtant très sociable.
Son père, Warrick Branstone, était un Sang-Mêlé, né d'un père anglais Moldu, et d'une mère Sang-Pure aux origines allemande. Il a étudié à Durmstrang, mais il est né en Grande-Bretagne et y a vécu toute sa vie. Ses deux parents sont morts au cours de son adolescence, durant la guerre. N'ayant pas d'autre famille, Warrick est resté assez isolé. Il était quelqu'un d'assez asocial, discret, pensif, préférant la compagnie des livres à celles des gens. Durant sa jeunesse, il a erré d'un métier à l'autre, allant du job d'employé librairie à celui d'assistant potionniste dans l'Allée des Embrumes. Il a d'ailleurs rencontré sa future épouse durant cette période, avant de finalement obtenir un métier stable et durable au Service de la Contrebande Magique, un petit comité dépendant du Département de la Coopération Magique Internationale, de celui de la Justice Magique, et de celui de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques.
Son épouse Hollis Odran, était une Sang-Mêlée également (père Sang-Pur, mère Née-Moldue). Fille et petite-fille de Guérisseurs, se destinait à la Médicomagie mais détestait Ste Mangouste : trop de bruit, de fracas, de drames, de pression. Elle s'est lancée dans son propre commerce de remèdes, de conseils, de grimoires de soins. Elle accueillait ceux qui avaient juste besoin d'une tisane pour dormir, mais aussi ceux qui avaient d'affreuses blessures et qui ne voulaient pas apparaitre sur les registres de l'hôpital. Optimiste, joviale et d'une grande générosité, elle s'est tout de suite entendue avec Warrick le taciturne (qui était désespérément charmé par son bavardage), et c'est elle qui lui a dégoté plusieurs de ses petits emplois successifs. Ils se sont mariés, et ont eu une fille, Eleanor.
Personne ne sait lequel des deux à attrapé la dragoncelle en premier. C'était peut-être Hollis, de l'un de ses patients qui voulait éviter Ste Mangouste pour ne pas être mis en quarantaine. C'était peut-être Warrick, d'un artefact ou d'une créature saisie par son service. Dans tous les cas, ils réalisèrent très vite qu'ils étaient atteints et prirent immédiatement les mesures qui s'imposaient : ils confièrent leur fille à Heremon, le père d'Hollis (et leur unique famille), ils mirent à jour leurs testaments, ils prévinrent Ste Mangouste, et ils tentèrent désespérément tous les remèdes, toutes les potions et tous les sorts qu'ils connaissaient. En vain. Leur santé se dégrada petit à petit et, au bout de trois mois, ils s'éteignirent. Eleanor ne les avait pas revus depuis le jour du diagnostic. Cette isolation lui épargna la contamination, mais cela n'empêcha pas la fillette et ses parents de souhaiter désespérément se revoir, ne serait-ce qu'un instant, jusqu'au dernier moment.
Eleanor est une fillette d'un naturel solennel, sans doute à cause de la mort de ses parents, qui n'est pas très loin. Pour autant, elle n'est pas excessivement sérieuse ou dénuée de joie de vivre. Elle rit, elle plaisante, elle a des amis, elle s'enthousiasme pour des bricoles, comme tous les enfants de son âge. Non, elle est solennelle car elle regarde les problèmes en face, avec une gravité inhabituelle pour quelqu'un d'aussi jeune. Elle sait ce qu'est la mort et la maladie, mais elle réagit avec le même sérieux aux choses comme la pauvreté, la discrimination, le harcèlement, qui sont des choses auxquelles elle n'a pas eu à faire face. C'est juste que… Eleanor conçoit très bien le malheur, quel que soit son vecteur. Elle sait que ça fait mal, elle sait que ce n'est jamais quelque chose qu'on peut traiter avec désinvolture. Parfois, elle semble bien plus âgée que ses douze ans.
Pourtant, non, Eleanor n'est pas une gamine sinistre. Elle est solennelle mais c'est surtout parce qu'elle a un grand cœur, empli de compassion. Elle est toujours prête à aider les autres, que ce soit en leur offrant un gâteau ou en prêtant une oreille attentive à leurs problèmes. C'est quelqu'un de sensible et d'attentionnée. Un peu trop sensible, même, parfois. Elle ne pleure jamais sur ses malheurs, mais une histoire triste peut la faire fondre en larmes.
C'est sans doute l'une des raisons pour laquelle elle a été répartie à Poufsouffle. Au plus profond d'elle-même, elle ne veut pas être brave, créative, ou couronnée de succès : elle veut qu'il n'y ait plus d'histoires tristes. Elle veut que le monde soit plus juste, plus doux. Et oui, c'est effrayant de voir à quel point l'univers est vaste, et sourd à ce genre de souhait. Mais Eleanor n'a pas peur d'essayer. Un gâteau et une plaisanterie à la fois, elle rendra cet univers meilleur.
Elle a aussi des rêves de voyage, et pourtant elle n'a pas vraiment l'esprit d'aventure. Ce n'est pas quelqu'un d'intrépide. Romantique, peut-être. Elle aime l'idée, pas la pratique. Elle soupire en pensant à des contrées exotiques, à des rencontres fascinantes, aux couleurs des photos qu'elle pourrait prendre au lever du soleil, aux lettres qu'elle pourrait écrire. Mais elle n'a pas envie de partir, de quitter la présence réconfortante de ses amis, l'environnement familier d'un pays qu'elle connait, pour se lancer dans l'inconnu. C'est une rêveuse, plus qu'autre chose. Elle a de l'imagination. Elle pourrait sans doute écrire des livres, avec toute la poésie qu'elle dans ses pensées : mais ça ne lui ait jamais venu à l'esprit.
La meilleure amie d'Eleanor s'appelle Laura Madley, Poufsouffle comme elle. Les deux filles se sont rencontrées dans le Poudlard Express. Laura est inscrite au CEM, mais pas Eleanor. Cela dit, elle connaît quand même très bien Elisabeth Bishop, pour l'avoir rencontrée à Tourmaline avant la rentrée.
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Et voilà !
A présent, revenons à nos moutons. Eh oui, ce chapitre est attendu avec beaucoup d'impatience ! xD
Je sais que ça ne fait qu'une semaine que j'ai posté, mais quand même, par acquis de conscience, voilà un petit récapitulatif...
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Dans les épisodes précédents...
Beltaine est arrivée. Alors que Dumbledore, Rogue, Lupin et Harry sont partis ôter l'Horcruxe d'Harry, Elisa reste à Poudlard, à attendre l'attaque des forces de Voldemort. Mais ce n'est pas l'école que les Mangemorts attaquent. Non, c'ets le Chemin de Traverse, puis le Ministère. Les Aurors sont tous éliminés, des centaines de sorciers sont morts, des centaines d'autre prisonniers. Percy Weasley a à peine eu le temps de prévenir Elisa. Et à présent, c'est à elle de rassembler les élèves terrifiés, et de leur dire que les Mangemorts marchent sur Poudlard...
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Vous êtes prêts ? Vous avez attaché votre ceinture ? Vous avez plein d'objets contondants à lancer avec rage à l'auteure ? Alors... C'est parti !
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La bataille de Poudlard
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Quatre minutes après avoir reçu le Patronus de Percy lui annonçant la victoire des Mangemorts, Elisa descendit dans la salle commune. Elle était suivie par le reste des filles de son dortoir, à la queue-leu-leu, comme si elles avaient peur de se perdre. L'image aurait été presque comique si Elisa, qui les menait, n'avait pas été aussi désemparée qu'elles.
Dans la salle commune, c'était un peu moins le chaos, mais il régnait toujours un brouhaha confus et angoissé. Personne ne savait réellement ce qui se passait. Oh, il y avait des échos des gens qui avaient réussi à s'enfuir, que ce soit du Chemin de Traverse ou du Ministère. Un père, une mère, un ami, une grande sœur, un cousin. Mais entre la panique, l'hystérie, le désespoir, ou juste le choc d'avoir frôlé la catastrophe, tout le monde n'était pas cohérent. Certains clamaient que le Ministère était à feu et à sang, mais d'autres évoquaient une attaque furtive, des Mangemorts masqués qui ordonnaient aux gens de se rendre et clamaient ne pas vouloir verser de sang sorcier. Certains disaient que Fudge était mort, ou qu'il était prisonnier, ou qu'il avait fui. Même chose au sujet de Scrimgeour. On parlait de panique, on parlait de résignation, on parlait de trahison, de fuite, de résistance acharnée, de reddition immédiate. Il y avait tellement d'histoires contradictoires que tout le monde tournait désespérément en rond, sans réussir à démêler le vrai du faux, et cela ne faisait qu'ajouter à la tension déjà électrique qui régnait dans la salle commune. Les gens avaient peur, ils ne savaient pas ce qui se passait, et ils étaient enfermés sans possibilité d'agir de quelque manière que ce soit. Ce n'était pas une bonne combinaison.
Elisa contempla le chaos, et ferma brièvement les yeux.
Après avoir reçu le message de Percy, elle avait relayé l'information. A ses parents, d'abord, qu'ils sachent qu'à présent, il fallait se méfier des envoyés du Ministère. Mais elle n'avait pas pu les joindre. Isabelle et Michael étaient de sortie : des dizaines de gens à la fois avaient appelé l'Alliance pour fuir le pays, et ils étaient débordés. Elisa avait dut se résoudre à laisser le message à Chappy, l'elfe de maison de sa mère, et espérer que ça suffise.
Elle avait aussi prévenu Madeline, qui avait décidé de faire évacuer Tourmaline sans plus attendre. L'école était protégée, oui, mais pas contre une force ministérielle. A la Forteresse, au moins, il serait plus difficile de les localiser. Elisa avait aussi prévenu Neal (toujours en service à Ste Mangouste), et lui avait demandé de faire passer le message aux autres fondateurs de Tourmaline : Gwendolyn, Lester, et sa petite-amie Myriam.
Puis Elisa était descendue. Elle aurait bien aimé que l'une des filles de son dortoir prenne sur elle et le fasse à sa place, mais aucune d'entre elles n'avait bougé, comme si elles étaient pétrifiées par l'incertitude. Ce n'était que quand Elisa s'était dirigé vers la porte que ses camarades avaient reposé leurs miroirs et l'avait suivie, échangeant des regards inquiets. Parce que si personne ne voulait annoncer aux autres que le Ministère était tombé et que Voldemort était en route, eh bien, ça retombait forcément sur Elisa. Le Magister.
La jeune fille déglutit d'un geste convulsif, essayant de faire passer la boule qu'elle avait dans la gorge. Elle ne voulait pas le faire. C'était une chose horrible à annoncer.
Avant de parler, elle se joignit aux Préfets, qui établissaient la liste des disparus. Seuls trois d'entre eux (Cédric, Hope Riley de sixième année, et Hannah Abbott de cinquième année) bossaient véritablement. Les trois autres avaient eux-mêmes un proche faisant partie des gens injoignables, et ils s'étaient mêlés à la cohue du reste des Poufsouffle.
– Au moins je sais que mon père est en sécurité, fit Hope avec une nonchalance forcée. Il n'approcherait pas du Chemin de Traverse ou du Ministère même pour un million de Gallions.
Hannah rit nerveusement, puis se tourna vers Cédric :
– Et toi, tu ne paniques pas ? Ton père non plus n'a pas répondu à ton coup de miroir.
Elisa sentit son estomac faire un drôle de bond, comme si elle avait loupé une marche dans les escaliers. Mais Cédric répondit d'un ton sec :
– Il a sans doute laissé son miroir derrière lui. Mais je sais qu'il va bien. Il avait un Portoloin sur lui.
– Prudent, fit Hope en hochant la tête.
Mais Hannah pinça les lèvres, hésitant, et échangea un bref regard avec Elisa. Pendant un instant, elles surent qu'elles pensaient exactement la même chose. Cédric se cramponnait fermement à l'idée du Portoloin pour éviter de paniquer, mais le fait qu'Amos ne réponde pas, ni n'ait cherché à contacter son fils… C'était une très mauvaise nouvelle.
La liste des disparus était longue. Elisa y reconnaissait presque tous les noms de famille. Macmillan, Flatbury, Dawlish, Cory, Donnelly, Stewart, Jones, Smith, Whistler, Stuart, Nkomo, Greengrass, Murray, Cauldwell, Templeton… Elle se détourna, le cœur dans la gorge. Beaucoup de ces gens étaient sans doute déjà morts. Quand elle annoncerait la chute du Ministère, en tous les cas, c'était ainsi que leurs enfants le vivrait.
– Le Ministère est tombée, annonça-t-elle d'une voix calme aux Préfets. Je vais le dire aux autres. Il faut qu'on essaie de maintenir le calme, d'accord ?
Elle attendit qu'ils acquiescent, pâles et choqués, puis elle se détourna et grimpa sur la chaise la plus proche. Les gens les plus proches se turent, surpris, mais le reste de la salle commune était toujours envahie d'un brouhaha de questions anxieuses. Elisa leva les yeux au ciel, puis brandit sa baguette et émit un BANG ! retentissant.
Le silence se fit.
Elisa parcourut la salle du regard, et utilisa son Occlumancie pour repousser fermement au fond de son esprit la petite voix qui hurlait hystériquement je n'ai aucune idée de ce que je suis en train de faire ! Elle respira à fond. Elle se dressa de toute sa taille, et s'efforça de projeter une aura de calme assurance, comme Dumbledore. Ou comme elle-même, lorsqu'elle était championne du Challenge, qu'elle irradiait la confiance, et que Tom Jedusor guidait chacun de ses pas : mais ce n'était pas vraiment une comparaison qu'elle avait très envie de faire, alors que le vrai Tom Jedusor était en route pour venir les tuer. Elle était le Magister, celle qui savait toujours tout et ne doutait de rien. C'était ça que les gens avaient besoin de voir. La réalité, moche et pathétique, pouvait bien attendre.
– Le Ministère est tombé, annonça-t-elle d'une voix forte et posée. Les Mangemorts et leurs alliés sont en marche vers Poudlard. Dumbledore ne reviendra pas avant la fin de l'après-midi. On doit tenir jusque là.
Il eut une vague de murmures paniqués dans la foule, mais Elisa haussa la voix et enchaîna avant que ces murmures ne se transforment en cris et en chaos :
– Tant que l'école tiendra, Jedusor va s'y concentrer. Nous sommes la diversion. Nous sommes le dernier rempart avant que les Mangemorts n'aillent chercher leurs opposants un par un dans leurs maisons, avant qu'ils ne s'en prennent à vos familles, vos amis, vos voisins, tous ceux qui sont hors de l'école. Je ne dis pas ça pour vous effrayer, mais pour que vous ayez conscience de ce qui va se passer. Nous devons résister. Personne parmi vous ne sera forcé de se battre, mais vous devez savoir qu'abandonner ou se rendre n'est pas une option. Poudlard doit tenir. Nous n'avons pas d'autre choix.
Cette fois, le silence était lourd comme du plomb. Elisa fit un effort sur elle-même pour ne pas faire passer son poids d'un pied sur l'autre, pour ne pas déglutir nerveusement, pour ne pas laisser voir sa panique et son anxiété. Elle inspira, et acheva :
– Je vais prévenir les professeurs et les autres Maisons. Si vous avez des parents ou des amis que vous pouvez joindre, et qui seraient prêts à donner un coup de main pour défendre Poudlard, je vous encourage à les appeler. C'est tout.
Elle descendit de sa chaise. Dans le silence qui suivit, Cédric s'avança, pâle mais très calme.
– Tous les élèves qui ne veulent pas se battre, vous suivrez la procédure d'urgence et resterez en sécurité ici jusqu'à ce qu'on vous évacue. Ceux qui veulent se battre, venez vous faire connaître. Je vous préviens, on n'acceptera aucun combattant ayant moins de quinze ans, et les profs poseront probablement leur véto pour les mineurs.
Ambre Kwebena se mit immédiatement à protester. Les autres élèves commencèrent à s'agiter, mais il n'y avait pas de hurlements ou de panique. Peut-être à cause du choc. Ou peut-être parce que les Préfets avaient pris les choses en main, et que ça avait brisé l'élan de terreur initiale qui avait saisi les plus jeunes en entendant la nouvelle.
– Je peux te laisser t'en charger avec les autres ? murmura-t-elle à Heidi.
La Préfète hocha la tête d'un air rassurant :
– Ça ira. On s'en occupe. Va prévenir les profs.
Trisha avait toujours la Carte du Maraudeur à la main, et Elisa s'assura qu'elle continuerait à la surveiller (au cas où un Mangemort se glisserait dans l'école). Elle en profita pour vérifier où se trouvait McGonagall… Dans la salle des profs. Avec quasiment tout le reste de ses collègues. Chouette. La jeune fille se demande brièvement ce qu'ils faisaient : essayaient-ils de joindre Dumbledore ? D'avoir des nouvelles du Chemin de Traverse ? De contacter quelqu'un au Ministère ? D'appeler un membre de l'Ordre du Phénix, ou quiconque aurait des informations ?
Bah. Elle verrait une fois là-bas. Un dernier regard circulaire pour s'assurer que les Préfets avaient les choses en mains, ce qui était le cas, et la Poufsouffle quitta la salle commune d'un pas ferme.
Elisa n'avait jamais eu l'occasion de se rendre à la salle des profs. Alors, en parcourant les couloirs déserts vers sa destination, elle ne pouvait se défaire d'une impression de malaise. Peut-être était-ce à cause du temps, dramatique à souhait. Dehors, par les fenêtres, elle pouvait voir que le ciel gris s'était chargé de nuages orageux.
Mais il n'y avait pas que la météo qui la stressait. En fait, elle aurait été plus rassurée si elle s'était dirigée vers le bureau de Dumbledore, si elle avait dû parler au directeur. Au moins, lui, il l'écouterait. Mais là, elle était en territoire inconnu. Et pas seulement parce qu'elle n'était jamais allée dans la salle des profs auparavant. Parce que parler à tous les enseignants à la fois, au lieu de ne s'adresser qu'à une personne, c'était différent. Ils n'avaient pas tous la même opinion d'elle, et certains la voyaient carrément d'un mauvais œil. Oui, Flitwick l'adorait, mais McGonagall la prenait pour une emmerdeuse insolente, Trelawney était parano à cause de son aura imprégné par la Mort, et Slughorn avait beau tenter de l'attirer dans ses filets, il ne la connaissait pas assez pour la prendre au sérieux. Bref, Elisa se dirigeait vers une situation où elle ne maîtrisait aucun paramètre, et ça n'améliorait pas son anxiété.
Elle eut l'impression d'arriver trop vite devant la porte. Le battant n'était pas complètement fermé, et elle entendait des voix agitées, dont les paroles précises se perdaient dans le brouhaha.
– … impossible de le joindre…
– … issues verrouillées, a-t-on prévenu Hagrid ?
– … Ministère ne répond pas…
– … attaque de géants !
– … aucune nouvelle, trop dangereux…
La jeune fille inspira profondément. Une angoisse familière, presque absurde, lui nouait le ventre, comme toujours avant de parler face à un public qui allait la juger. Elle avait le trac. Elle consulta sa montre, et carra les épaules. Quinze minutes étaient passées depuis qu'elle avait reçu le Patronus de Percy. Oui, les Mangemorts n'allaient peut-être pas venir tout de suite, parce qu'ils devaient assurer l'occupation du Ministère, et récupérer les géants du Chemin de Traverse, mais ils allaient venir, et elle perdait du temps.
Elle inspira un grand coup, et frappa. Le brouhaha de voix s'interrompit. Un instant plus tard, le professeur Sinistra ouvrit la porte si brusquement qu'Elisa faillit se la prendre dans la figure.
– Miss Bishop, lâcha la professeur d'Astronomie en fronçant les sourcils. Ne devriez-vous pas être dans votre salle commune ?
– Le Ministère est tombé, rétorqua Elisa. Je suis venue vous prévenir que Jedusor arrive.
Sous le choc, Slughorn se laisser tomber sur un fauteuil de velours, qui sembla craquer sous sa masse. Flitwick et Vector étouffèrent un cri. Chourave porta une main à son cœur et vacilla. McGonagall, elle, devint très pâle, mais hocha la tête d'un air déterminé, et s'avança :
– Nous savions que c'était une possibilité. Vous êtes certaine de votre information, Miss Bishop ?
Elisa s'attendait à plus de résistance. Elle s'était mentalement préparée à faire le dos rond, à encaisser l'incrédulité ou la dérision des adultes, et à contrecarrer les arguments. Elle cligna des yeux, surprise par l'acceptation immédiate de McGonagall, et eut un peu honte d'elle-même. La professeur de Métamorphose était quelqu'un de fier, oui, mais sa priorité était l'école, et Elisa n'aurait pas dû venir ici préparée à un concours d'égo. Elle n'était pas l'ennemie.
– Certaine. Percy m'a envoyé un Patronus. Fudge est mort, Scrimgeour aussi.
– Percy Weasley ? répéta McGonagall avec approbation. Il a réussi à s'échapper ?
Elisa déglutit, la gorge serrée, et se refusa à creuser cette pensée.
– Je ne sais pas.
La Sous-directrice ferma brièvement les yeux, puis se tourna vers les autres enseignants :
– Nous allons protéger l'école contre Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom jusqu'au retour d'Albus.
– Minerva ! s'étrangla Slughorn.
– Vous vous rendez compte, bien sûr, que rien de ce que nous pourrons faire n'arrivera à maintenir indéfiniment Vous-Savez-Qui à distance ? couina Flitwick.
– Mais nous pouvons le retarder, affirma Chourave.
– Merci, Pomona, dit McGonagall.
Les deux sorcières échangèrent un regard sombre qui montrait qu'elles se comprenaient.
– Je suggère de dresser autour des lieux des défenses élémentaires, puis de nous rassembler avec nos élèves dans la Grande Salle. La plupart d'entre eux doivent être évacués, mais si certains, parmi ceux qui sont majeurs, veulent rester pour combattre, je pense qu'il faut leur en donner la possibilité.
– D'accord, approuva le professeur Chourave qui se hâtait déjà vers la porte. Je vous retrouve dans la Grande Salle dans vingt minutes avec les élèves de ma maison.
Et tandis qu'elle s'éloignait au pas de course, ils l'entendirent marmonner :
– Tentacula, Filet du Diable et gousses de Snargalouf… J'aimerais bien voir les Mangemorts se battre contre ça…
Les autres profs semblaient pour la plupart sous le choc. Babbling, la prof de Runes Anciennes, se mit à se tordre les mains avec angoisse. McGonagall poursuivit d'un ton sec :
– Si Poudlard doit être en état de siège, avec le Seigneur des Ténèbres à ses portes, il serait souhaitable d'évacuer le plus grand nombre possible d'innocents. Mais si le Ministère est tombé, la Cheminette sera surveillée. Et il est impossible de transplaner dans l'enceinte de Poudlard…
– Les elfes de Poudlard peuvent transplaner, la coupa Elisa. Ils ne peuvent emmener qu'un élève à la fois avec eux, mais comme ils ne risquent pas de se désartibuler, c'est un moyen de transport sûr.
– C'est une solution, trancha McGonagall avant de se retourner vers les autres enseignants. L'évacuation se fera par les cuisines. Quant à nous, nous devons barricader l'école dès maintenant. Filius ?
– Je peux agir d'ici, assura Flitwick.
Bien qu'il pût à peine regarder par-dessus le rebord de la fenêtre de la salle des profs, il pointa sa baguette vers celle-ci (qui s'ouvrit obligeamment) et se mit à marmonner des incantations d'une extrême complexité. Elisa entendit alors un souffle bizarre, comme si Flitwick avait libéré dans le parc toute la puissance des vents. Le ciel, lourd de nuages, sembla s'assombrir encore davantage. Un éclair illumina brièvement la masse nuageuse, suivi par un roulement de tonnerre, si proche qu'Elisa en sentit la vibration dans ses os. Elle ne put s'empêcher de se tordre le cou pour chercher à mieux voir, et Flitwick lui fit un clin d'œil.
– Je comptais vous montrer ce petit tour à la fin de l'année, Miss Bishop. La météo joue à notre avantage. Un orage latent peut être utilisé, si on sait augmenter sa puissance.
– Cool, murmura la jeune fille.
Bah quoi ? D'accord, Voldemort arrivait, mais même la chute d'une météorite ne pourrait pas empêcher Elisa de baver devant un beau sort classe et destructeur.
– Vous aurez tout le temps d'admirer le travail de Filius plus tard, Miss Bishop ! lâcha la professeur de Métamorphose d'un ton cassant. Allez prévenir vos camarades Poufsouffle, tous les élèves doivent être rassemblés dans la Grande Salle.
Elisa hocha la tête et quitta la pièce, suivie en vrac par tous les professeurs (mis à part Flitwick) dirigés par McGonagall. La Sous-directrice envoya Slughorn chercher les Serpentard, Sinistra les Serdaigle, et Burbage les Gryffondor, puis elle envoya Gobe-Planche à la recherche des fantômes, et Vector à la recherche de Peeves. Chacun filait à sa tâche d'un air grave, mais McGonagall continuait à avancer vers le rez-de-chaussée d'un pas si vif qu'elle finit par ouvrir la marche, Elisa devant presque courir pour la suivre, les pans de sa robe sorcière volant derrière elle d'une façon qui évoquait presque les grands mouvements dramatiques de Rogue.
Elisa réalisa qu'elle se sentait nettement mieux. Oh, elle était toujours terrifiée. Mais il y avait quelque chose de libérateur à confier son fardeau à un adulte. Quelqu'un qui prenait ses inquiétudes au sérieux, qui agissait, et qui était efficace. On pouvait dire ce qu'on voulait de McGonagall, mais face à un ennemi menaçant l'école, elle n'allait pas restée figée d'angoisse. Elle allait mettre le feu à la baraque.
– Et maintenant… Piertotum locomotor ! s'écria le professeur McGonagall.
Tout au long du couloir, les statues et les armures sautèrent aussitôt de leurs piédestaux dans un vacarme épouvantable. Quand elle entendit le fracas qui provenait des autres étages, Elisa sut que toutes les statues et armures du château entier avaient fait de même. Des milliers de soldats, animés par le sortilège affreusement complexe de l'Illusion de la Vie. C'était impressionnant. La jeune fille avait beau savoir que c'était une défense de l'école déjà existante, elle se sentit soudain très humble.
– Poudlard est menacé ! hurla le professeur McGonagall. Postez-vous le long des enceintes, protégez-nous, faites votre devoir envers notre école !
Martelant le sol, hurlant, s'entrechoquant, la horde des statues se précipita le long du couloir, en passant devant Elisa qui fut obligée de se plaquer contre le mur. Certaines statues étaient plus petites, d'autres plus grandes que leurs modèles humains. Il y avait aussi des animaux, des gargouilles de gabarits variés, et les armures qui avançaient dans un cliquetis métallique brandissaient des épées et des masses d'armes.
McGonagall se tourna vers Elisa, très calme, comme si elle ne venait pas de faire la démonstration de Métamorphose la plus impressionnante à laquelle Elisa ait jamais assisté de toute sa vie, et déclara :
– Vous devriez retourner auprès des Poufsouffle pour faire passer le message et les rassembler dans la Grande Salle. Nous nous y retrouverons.
– Oui madame, bredouilla la jeune fille.
Elles se séparèrent en haut de l'escalier suivant. Elisa commença à descendre en courant, filant vers la salle commune des Poufsouffle… Puis, soudain frappée par une idée, elle ralentit puis s'arrêta complètement. Autour d'elle, dans les étages, elle entendait le martellement des pieds de pierre des statues, le bruissement lointain de conversations affolées, le murmure de sortilèges lancés dans le parc. Poudlard se préparait à la guerre. Il fallait mettre à profit la moindre de leurs défenses, la moindre de leurs armes.
Lentement, elle baissa les yeux sur sa baguette.
Ce n'est qu'un outil, lui avait dit Dumbledore. Ni bon, ni mauvais. Ce sont ses maîtres qui ont été ignobles ou mémorables, et qui ont forgé son histoire. C'est à vous de choisir si vous utiliserez la Baguette de Sureau pour faire le bien… ou le mal.
Elisa tourna les talons et remonta les escaliers d'un pas vif, se mettant à courir à mi-chemin. Utiliser la Baguette de Sureau était un risque en soi. C'était dangereux. C'était symbolique, aussi, et c'était mal. Mais Poudlard était menacée, et il fallait mettre toute les chances de leur côté. Cette fois, Elisa n'allait pas se battre contre des camarades du Challenge, des alliés de la Team Grenade ou même un prof brutal comme Maugrey. Elle allait se battre contre des Mangemorts, des géants, des ennemis qui n'hésiteraient pas à la tuer. Pourrait-elle vivre avec elle-même, si elle privait l'armée de Poudlard d'un boost de puissance à cause de sa lâcheté ?
– Ewok ! cria-t-elle en arrivant l'entrée du bureau du directeur.
La statue était toujours là, sans doute parce qu'elle n'avait pas vraiment de pattes ou de jambes pour se joindre à l'armée levée par McGonagall. Elle jeta à la Poufsouffle un regard mauvais, mais se décala quand même pour la laisser passer. Elisa grimpa les escaliers quatre à quatre, refusant de laisser son appréhension la ralentir.
La porte était restée ouverte. A son entrée, Fumseck leva la tête d'un air curieux, et la jeune fille marqua un temps d'arrêt. Elle ne s'attendait pas à ce que le phénix soit là. Elle aurait cru que Dumbledore l'aurait emmené… Quoique. Un phénix, c'était lié à la renaissance, au feu, bref, ça avait une aura connectée à plusieurs éléments-clefs du rituel. Tout comme il avait été préférable de ne pas impliquer les Reliques de la Mort, il était sans doute préférable de ne pas impliquer Fumseck.
– Tu ne devrais pas rester là à te tourner les pouces, fit-elle à l'adresse de l'oiseau. On va se battre, et tu pourrais aider.
Mais Fumseck se contenta de la regarder d'un air tranquille. Il pouvait se téléporter, traverser des Charmes Gardiens, et renaître de ses cendres, mais ce n'était qu'un oiseau. Elisa secoua la tête, amusée par sa propre naïveté, puis elle avança jusqu'au bureau en bois massif qui trônait au bout de la pièce. Pendant un instant, elle fut tentée de s'asseoir sur le siège sculpté comme un trône, où le directeur s'asseyait d'habitude. Mais elle n'était pas venue pour ça. Son regard se porta sur un tiroir précis, et elle inspira profondément avant de l'ouvrir.
La Baguette de Sureau était là, entre un très vieil exemplaire des Contes de Beedle le Barde, un petit objet qui ressemblait à un briquet de métal doré, et un Vif d'or au repos dont les ailes étaient sagement repliées. Posée avec soin sur un long mouchoir en tissu bleu et brillant, cette baguette n'avait rien d'exceptionnel. Elle était longue, un peu plus celle d'Elisa, et d'un bois plus sombre, presque noir. Elle était polie par l'usage, mais sans éclat particulier. Bref, elle semblait… ordinaire.
Elisa ferma brièvement les yeux, puis s'en saisit.
La baguette était froide et solide dans sa main, et elle pouvait sentir sa puissance, comme celle d'un ouragan, d'un dragon, d'une force de la nature prête à se déchaîner. C'était grisant, enivrant, étourdissant, comme un rush d'adrénaline. Soudain tout semblait possible. Elle sut brusquement qu'elle pouvait faire absolument tout ce qu'elle voulait avec cette baguette, qu'il s'agisse de dompter un Feudeymon ou de mettre en pièces une horde de géant, et c'était une sensation enivrante, presque étourdissante, cette promesse d'invincibilité au bout de ses doigts.
Puis elle changea sa prise sur la baguette, et se força à prendre du recul, l'examinant d'un œil critique. Oui, la baguette l'avait choisie, aussi pleinement et complètement que sa baguette de sapin chez Ollivander. Elle le sentait jusqu'au fond de ses os, cette baguette était sienne. Mais… Il n'y avait pas de douceur dans ce lien. Ce n'était pas comme la tiédeur rassurante qu'avait émise sa toute première baguette, en bois d'acacia, lorsqu'elle l'avait prise dans la boutique d'Ollivander à l'âge de onze ans. Ce n'était pas non plus le contact chaud et solide qu'avait eu sa baguette de sapin lorsqu'elle l'avait choisie, à l'âge de quinze ans, juste après que Lockhart ait été condamné à Azkaban. Cette baguette-là ne choisissait pas son sorcier parce qu'elle aimait son aura, mais pour sa puissance. Sa loyauté n'allait qu'à son vainqueur. Elle était puissante, elle était loyale, elle était brillante : mais elle n'était pas sincère.
– Une alliée temporaire, murmura Elisa. Une alliance de circonstances. Pas une amie.
Puis elle cligna des yeux. Qu'est-ce qui lui prenait ? Elle était en train de parler à un bout de bois. C'était complètement débile.
Elle portait la Pierre de Résurrection dans son médaillon, et elle avait pensé à fourrer la cape d'Harry dans sa poche avant de quitter la salle commune. Elle avait à présent les trois Reliques de la Mort sur elle, et c'était un truc auquel elle préférait ne pas penser. La jeune fille glissa la Baguette de Sureau dans l'étui à sa hanche, fourrant sa baguette normale dans le second étui qui était dissimulé dans sa botte droite, puis fit volte-face et quitta le bureau de Dumbledore.
Vous êtes Maître de la Mort, Miss Bishop, murmura la voix de Grindelwald dans son esprit. Faites-en bon usage.
Sans ralentir le pas, elle laissa sa main effleurer la Baguette de Sureau. Eh bien, c'était le moment ou jamais, non ?
oOoOoOo
Elle ne recroisa pas McGonagall sur le chemin de la salle commune des Poufsouffle, et heureusement : elle aurait été bien en peine d'expliquer la raison de son détour. Elle rejoignit le rez-de-chaussée d'un pas vif, mais sans courir (essentiellement parce qu'elle n'était pas si endurante que ça). Par les fenêtres, elle put voir qu'il s'était mis à pleuvoir : une pluie fine, presque horizontale à cause des vents déchaînés par Flitwick, sur fond de nuages noirs qui craquaient d'éclairs contenus.
Les élèves étaient déjà en train d'envahir le hall, guidés par les Préfets Elisa pouvait entendre la voix de Chourave qui pressait les traînards. Certains tenaient leurs chats ou un sac dans leurs bras : les Poufsouffle avaient eu le temps de rassembler leurs biens les plus précieux avant d'être dirigés vers la Grande Salle. Elle vit Cédric de loin, et sentit une bouffée d'affection pour lui exploser dans sa poitrine quand elle réalisa qu'il tenait dans ses bras son chat, Dracarys, qu'elle avait abandonné dans le dortoir sans y penser quand elle était allée prévenir les profs. Le gros matou faisait la tête, mais il se laissait porter sans trop protester, ce qui était un petit miracle : d'habitude, seule Elisa pouvait câliner son monstre.
– Ah, tu es là ! fit Cédric avec soulagement en la voyant. Tiens, j'ai ton chat. Trisha lui a filé un morceau de thon avec une potion calmante pour qu'il ne sème pas la terreur. Oh, et, hum, elle ne pouvait pas prendre le dragon parce qu'elle surveille la carte, mais Hope s'en occupe.
En effet, Hope Riley dirigeait les élèves avec autorité, Ényo le dragon gris miniature perché sur son épaule. Elisa prit Dracarys, moins pour désencombrer son ami que pour se rassurer en serrant son chat contre elle comme un doudou. Dopé à la potion calmante, le gros matou se laissa faire avec un simple grommellement de protestation.
– Merci, croassa-t-elle en essayant maladroitement de cacher son émotion.
Cédric lui tapota l'épaule, un peu embarrassé :
– C'est rien, va.
Elisa et lui suivirent le flot d'élèves vers la Grande Salle. La jeune fille hésita brièvement à repasser par la salle commune : elle y avait laissé son sac de cours, l'ayant laissé tomber à côté d'un canapé et oublié là dans la confusion. Mais bon… Elle avait sa baguette et ses couteaux de jets, elle était armée.
Petit à petit, la Grande Salle se rempli. Après les Poufsouffle, les Serpentard furent les premiers à arriver, parce que les cachots n'étaient pas loin. Puis les Serdaigle, puis les Gryffondor. Beaucoup d'élèves restaient groupés par Maisons, collés les uns contre les autres comme si ça pouvait les protéger, mais plusieurs groupes inter-Maisons s'étaient naturellement formés. Flora et Hestia Carrow s'étaient délibérément assises à la table des Poufsouffle, et tout leur petit groupe neutre était tassé autour d'elles. Rhonda Flatbury était chez les Serdaigle, à côté de sa meilleure amie Helen. Heather Thatcham, Adrian Pucey, Terence Higgs et Tabitha Bainbridge s'étaient assis à côté d'Elisa et Cédric. Imogen Stretton la Serdaigle avait rejoint son frère à Serpentard. Cho Chang et ses demi-frères Gabriel et Finn (le troisième triplé, Joey, était toujours à Ste Mangouste) étaient tassés ensemble sur un des bancs des Gryffondor.
Par endroits brillaient les silhouettes nacrées des fantômes de l'école. Pour une fois, ils ne fixaient pas Elisa. Tous les regards, ceux des vivants et des morts, se rivèrent sur McGonagall dès que celle-ci monta sur l'estrade. Certains professeurs s'y trouvaient déjà, mais il y avait des absents : Chourave, Flitwick, Trelawney, Vector. Occupés à fortifier le château, sans doute.
– Vous-Savez-Qui arrive, déclara gravement la Sous-directrice d'une voix qui porta clairement dans toute la salle. Le Ministère est tombé. Dès que les Mangemorts auront regroupés leurs forces, ils se tourneront vers Poudlard, qui est le dernier bastion s'opposant à leur maître. L'école va devenir un champ de bataille, et il nous faut évacuer les élèves avant. La sortie de l'école se fera par les cuisines, et nous allons procéder par âge : les premières années passeront en premier. Préfets, Préfètes, quand je vous l'indiquerai, vous devrez organiser vos maisons et mener en bon ordre ceux dont vous avez la charge jusqu'au point d'évacuation.
De nombreux élèves paraissaient terrifiés. Mais, à la table des Poufsouffle, Ernie Macmillan se redressa et s'écria d'une voix rauque :
– Et si on veut participer aux combats ?
Il y eut quelques applaudissements.
– Du moment que vous êtes majeurs, vous pouvez rester, répondit le professeur McGonagall.
– Et nos affaires ? lança une fille à la table des Serdaigle. Nos valises, nos hiboux ?
– Nous n'avons pas le temps de les prendre, expliqua le professeur McGonagall. L'important, c'est que vous sortiez d'ici en toute sécurité. Nous avons déjà installé des défenses autour du château, mais elles ne tiendront pas longtemps si nous ne les renforçons pas. Je vais donc vous demander de vous déplacer vite et dans le calme.
Cédric se leva pour aider à l'évacuation, mais Elisa resta assise. L'angoisse lui donnait les mains moites. Elle les essuya sur sa robe d'un geste nerveux en essayant de ne pas lâcher Dracarys. Maintenant qu'elle avait cessé de galoper dans les couloirs, c'était comme si la tension s'accumulait dans son ventre, dans sa poitrine, dans sa gorge. Soudain, elle prit conscience qu'elle était ridicule, assise comme tous ceux qui voulaient combattre, mais avec Dracarys dans les bras comme un doudou. Elle n'allait pas emmener son chat au combat, non ?
Les premières années de Poufsouffle commençaient à quitter la salle, et elle apostropha une petite fille qui passait à côté d'elle et qui semblait terrifiée.
– Hey, toi. Siobhan, c'est ça ? Siobhan Templeton ? Je peux te demander un service ?
La gamine hocha la tête, prise au dépourvu, et Elisa lui déposa Dracarys dans les bras. Le matou lui jeta un regard noir, mais se laissa faire.
– C'est mon chat, déclara Elisa à la fillette interloquée. Il s'appelle Dracarys. Emmène-le avec toi. Je reste pour me battre, alors j'ai besoin que tu veilles sur lui, d'accord ?
Siobhan hocha la tête. Ses yeux semblaient énormes, écarquillés par la peur. Elisa regarda Dracarys et songea soudain au cadavre de Malta, si lourd et si froid dans sa poche lorsqu'elle était revenue du cimetière. Son expression se figea. Elle respira très prudemment, comme si une inspiration trop brusque risquait de faire exploser la boule de peur et de chagrin logée dans sa gorge. Ce n'était pas le moment de fondre en larmes. Elle dirigea gentiment Siobhan vers le flot d'élèves qui quittait la Grande Salle, et au lieu de la regarder partir, elle ferma les yeux et dressa ses murs d'Occlumancie.
Lentement, les quatre tables se vidèrent. Beaucoup d'élèves n'ayant pas encore atteint leur majorité voulaient rester quand même. Des Gryffondor, bien sûr (quasiment la moitié d'entre eux restèrent assis), mais aussi des Serdaigle, des Poufsouffle, des Serpentard. McGonagall dut descendre de l'estrade pour chasser de la salle les élèves encore mineurs.
– Il n'en est pas question, Crivey ! Et vous non plus, Kwebena !
A la périphérie de son champ de vision, Elisa vit Ron commencer à rassembler les premières années de Gryffondor, parlant fort et faisant de grands gestes, tandis qu'Hermione se faufilait prestement entre les autres élèves. Elle se dirigeait vers la table des Poufsouffle, réalisa la jeune Bishop avec surprise. Et effectivement, Hermione ne tarda pas à la rejoindre. En la voyant débarquer toute seule, Terence Higgs ne put s'empêcher de hausser un sourcil interrogatif :
– Tu as perdu tes deux autres mousquetaires ?
Hermione saisit sans mal la référence, et jeta un regard paniqué à Elisa :
– Justement…
La Poufsouffle hésita une seconde, puis décida qu'il était trop tard pour garder le secret entre trois personnes seulement. Elle jeta un sort de Bulle de Silence autour d'eux, et se pencha en avant pour chuchoter d'un ton urgent :
– Harry est avec Dumbledore. Et il ne faut pas que ça se sache.
– Mais ça pourrait éloigner Jedusor de l'école ! siffla Tabitha qui était blême de peur.
Hermione se redressa d'un coup, et déclara avec fougue :
– Dumbledore et Harry sont en train d'accomplir un rituel crucial pour la guerre en utilisant le pouvoir de Beltaine. On ne peut pas se permettre de les interrompre !
Trisha le savait déjà, et se contenta de hocher la tête. Les quatre Serpentard, eux, échangèrent des regards inquiets. Adrian fut le premier à hocher la tête, acceptant la logique de la jeune Gryffondor :
– D'accord, admettons. Mais comment tu veux cacher l'absence du Survivant ? La cible numéro un de Tu-Sais-Qui ? Je ne sais pas si tu as remarqué, mais les Préfets font l'appel quand ils évacuent une classe, son absence va forcément être remarquée.
– Mme Pomfresh nous couvre, dit Hermione d'une voix qui manquait d'assurance. Mais il faut aussi que j'aide à l'évacuation, et McGonagall va poser des questions...
Effectivement, tous les Préfets étaient en action. Presque tous les élèves de première année étaient déjà partis. Plus loin, Elisa pouvait voir Hannah Abbott et Ernie Macmillan qui, tels deux chiens de berger, rassemblaient déjà les deuxièmes années.
– Dis la vérité à McGonagall, décida Elisa. Fais-le discrètement, bien sûr. Mais ensuite, elle devrait prendre les commandes sans problème.
D'un côté, plus il y avait de monde au courant, et plus l'information risquait de fuiter. Et puis, après avoir préparé cette histoire avec tant de précautions, après s'être donné tant de mal pour garder le rituel (et l'implication d'Harry) un secret, Elisa avait l'impression de tout perdre d'un coup, trop vite, sans aucun contrôle. Oui, elle aimait bien se sentir en contrôle, et alors ?
Mais de l'autre côté… Il fallait être réaliste. Cacher la vérité à McGonagall, là, maintenant, en pleine crise, ça allait forcément faire plus de mal que de bien. La Sous-directrice n'était pas l'ennemie. Il fallait qu'ils alignent leurs forces, au lieu de se cacher des trucs.
Cette solution parut convenir à Hermione, car elle hocha la tête, et fila parler à McGonagall. Le groupe d'Elisa l'observa en silence conférer à voix basse avec la Sous-directrice (qui pâlit, puis sembla débiter une tirade furieuse d'une traite), puis être renvoyée à ses devoirs. McGonagall se pinça ensuite l'arrête du nez, soupira profondément, puis pivota d'un geste brusque pour aller aboyer sur un groupe d'élèves de quatrième année, comprenant Sun-Min Jeong et Ginny Weasley, qui essayait discrètement d'échapper aux Préfets.
– Hagrid ramène du monde, fit soudain Tabitha.
Le demi-géant se voyait de loin : il fendait la foule avec aisance, tout le monde s'écartant devant sa stature massive. Derrière lui avançait prestement un petit groupe d'une dizaine de sorciers et de sorcières, trempés jusqu'aux os. Ils devaient avoir traversé le parc sous la pluie battante. Mais Elisa ne les reconnaissait pas. Etait-ce des membres de l'Ordre ? Des habitants de Pré-au-Lard ?
L'explication ne tarda cependant pas. Heidi Macavoy, qui était assise trois places plus loin, se dressa soudain d'un bond et se précipita vers l'un des nouveaux-venus :
– Austin !
Un jeune homme qui lui ressemblait beaucoup ouvrit les bras, et Heidi lui sauta au cou d'un geste désespéré, riant et pleurant à la fois. Son frère, reconnut brusquement Elisa. Elle l'avait parfois entraperçu sur le quai de King's Cross… Mais que faisait-il là ? Il était diplômé depuis six ou sept ans, au moins !
Son cri avait attiré l'attention. Plusieurs regards s'étaient tournés vers la scène. McGonagall s'approcha, l'air sévère, et Hagrid s'exclama d'une voix retentissante qui résonna dans toute la pièce :
– Ils sont venus aider, professeur McGonagall ! Ils ont appris par leurs gamins que Vous-Savez-Qui allait venir et ils sont venus aider ! Et j'ai encore un autre groupe aux grilles du château !
C'était les gens que les Poufsouffle avaient prévenus, comprit Elisa. Plusieurs personnes semblèrent parvenir à la même conclusion. A la table d'à côté, Alicia Spinnet déclara à voix haute « oh, excellente idée », d'un air déterminé, et sortit son miroir. Elle ne fut pas la seule. La réalisation qu'ils pouvaient appeler des renforts se propagea comme une vague. Tout un tas d'élèves sortirent précipitamment leurs miroirs. Plusieurs élèves de Poufsouffle tournèrent les yeux vers les nouveaux-venus, et poussèrent des exclamations en reconnaissant un parent, ou un ami, qu'ils se précipitaient pour retrouver.
Un sorcier à l'air grave s'avança au-devant de ses compagnons, et tendit la main à la Sous-directrice en se présentant :
– Je suis Oscar Bones. Ma fille Susan m'a appelée. Ma famille s'est toujours opposée à Jedusor, et ce serait un honneur de participer à ce combat pour défendre Poudlard.
Il ressemblait à Amélia Bones, réalisa Elisa. Un cousin, ou son frère, peut-être. La Sous-directrice lui serra la main, et pendant un bref instant, son expression sévère s'adoucit.
– C'est un plaisir, Mr Bones. Vous êtes les bienvenus.
Il y eut des exclamations, et quelques applaudissements. Avoir des renforts avait soudain allégé l'atmosphère, et un vent d'optimisme soufflait sur la foule. Tout le monde parlait en même temps, avec soulagement, excitation, angoisse, ou ravissement. Ils n'étaient pas seuls. Et, pour des enfants, c'était un soulagement énorme. La situation n'était plus si désespérée, tout d'un coup.
McGonagall sembla réaliser que son évacuation calme et disciplinée avait ralenti. Elle parcourut les élèves du regard, et haussa la voix :
– Préfets, continuez l'évacuation ! Hagrid, allez donc chercher les autres volontaires aux grilles du château. Messieurs, mesdames, si vous avez un talent particulier ou des forces à exploiter, j'ai besoin de le savoir pour que nous puissions nous organiser. Nous avons commencé à dresser des défenses autour du château, et…
Mais ses derniers mots se perdirent, submergés par une autre voix très différente qui résonna dans toute la Grande Salle. Elle était aiguë, glacée, tranchante. Il était impossible de savoir d'où elle venait. Elle semblait émaner des murs eux-mêmes. Peut-être avait-elle sommeillé là pendant des siècles, tel le monstre auquel elle avait autrefois commandé.
– Je sais que vous vous préparez à combattre.
Des élèves se mirent à hurler. Certains se cramponnaient les uns aux autres, jetant des regards terrifiés pour déceler l'origine de la voix. Elisa avait agrippé la table si violemment que ses jointures en étaient blanches.
– Vos efforts sont dérisoires. Vous ne pouvez rien contre moi. Je ne désire pas vous tuer. J'ai un grand respect pour les professeurs de Poudlard. Je ne veux pas répandre le sang des sorciers.
Un grand silence s'abattit soudain dans la salle, cette sorte de silence qui pèse sur les tympans et semble trop intense pour être contenu à l'intérieur des murs. Elisa osait à peine respirer, pétrifiée d'horreur. Il lui semblait que le sang battant à ses oreilles faisait un boucan épouvantable.
– Livrez-moi Harry Potter, reprit la voix de Voldemort. Livrez-moi Elisabeth Bishop. Livrez-les-moi, et il ne sera fait aucun mal à personne. Livrez-les-moi et je quitterai l'école en la laissant intacte. Livrez-les-moi et vous serez récompensés.
Il y eut une pause, durant laquelle un éclair silencieux zébra le plafond de la Grande Salle. A l'extérieur, il y eut un grondement de tonnerre, tout proche. Puis Voldemort acheva, d'un ton de finalité :
– Vous avez une heure.
Le silence les avala à nouveau. Des regards cherchèrent Harry, mais bien sûr, ils ne le trouvèrent pas. Et, lentement, toutes les têtes se tournèrent vers Elisa.
Elle avait l'impression d'être sur le point de vomir tant elle avait peur. Et peut-être que c'était à cause de ça, ou bien peut-être qu'elle n'en pouvait tout simplement plus de rester immobile à attendre avec toute cette angoisse qui s'accumulait dans son ventre comme des blocs de pierre, mais en tous les cas Elisa se mit debout d'un geste brusque, et ouvrit les bras en s'écriant d'une voix forte :
– Ouais, je suis là ! Et je ne me rendrai pas. Il peut venir me chercher lui-même, et se faire arracher le deuxième bras pour la peine, c'est clair ?
Il y eut un instant de silence, tendu et horrifié, que ce soit par le fait qu'elle leur ôte le choix de se rendre, ou juste par son culot complètement déplacé. Puis McGonagall déclara, pince-sans-rire :
– Visez plutôt la tête, Miss Bishop.
Puis, tandis qu'Elisa la fixait d'un air ahuri (est-ce qu'elle venait de faire de l'humour ?!), la Sous-directrice pivota vers Hagrid et les gens qu'il avait amené, et reprit les commandes, aussi digne et calme que si la voix de Voldemort ne l'avait jamais interrompu.
– Hagrid, le groupe suivant vous attend. Demandez à chacun leurs noms et le nom de la personne qui les a fait venir : il serait dommage qu'un Mangemort essaie d'entrer au château de cette façon. Ah, Aurora, Pomona, accompagnez-le, s'il-vous-plait. Et est-ce que Peeves a pu être localisé ?
Et, juste comme ça, la foule figée se remit à respirer. Le brouhaha revint, plus effrayé qu'avant, mais pas paniqué. Les Préfets continuèrent à mener les élèves aux cuisines, groupe par groupe. Flitwick revint, accompagné par Slughorn, et les deux enseignants discutèrent avec McGonagall à voix basse durant quelques instants tandis que le professeur Babbling faisait nerveusement l'appel des élèves restés pour combattre. Tous les septièmes années étaient là, et une partie des sixièmes années. Elisa savait qu'une bonne moitié d'entre eux était mineurs, mais Babbling ne connaissait pas leurs dates de naissance, et ils en profitaient. La jeune fille était aussi à peu près sûre d'avoir vu plusieurs élèves de cinquièmes années s'éclipser discrètement, pour ne pas être évacués. Mais qu'était-elle supposée faire ? Les dénoncer ? Alors qu'elle avait choisi de se battre, choisi de faire de Poudlard une cible, de quel droit leur aurait-elle ôté ce choix ?
Un autre groupe d'adultes fut amené par le professeur Sinistra. Celui-ci était apparemment composé de membres de l'Ordre du Phénix, car Elisa reconnu plusieurs personnes, dont Sirius, Maugrey, et Arthur Weasley. Quand McGonagall les aperçut, une tension invisible sembla s'atténuer au niveau de ses épaules. Elle s'approcha vivement pour parler avec Maugrey et un grand sorcier métis vêtu des robes rouges d'Aurors, qui devait être Kingsley.
Quelques instants plus tard (il ne restait plus qu'à évacuer les cinquièmes et les sixièmes années, mais l'immense majorité d'entre semblait décidée à rester), Maugrey Fol-Œil grimpa sur l'estrade et frappa violemment du pied par terre avec sa jambe de bois, attirant tous les regards.
– Silence ! beugla-t-il. Nous nous sommes accordés sur un plan de bataille. Les professeurs Flitwick, Chourave et McGonagall emmèneront des groupes de combattants au sommet des trois plus hautes tours, c'est-à-dire la tour de Serdaigle, la tour d'astronomie et celle de Gryffondor. De là, ils pourront voir les environs et seront dans une excellente position pour jeter des sortilèges. C'est clair ? Pendant ce temps, Kingsley (il désigna l'Auror métis, qui leva la main pour être vu plus facilement), Black (il désigna Sirius qui semblait chercher quelqu'un du regard dans la foule), Tonks (il pointa du doigt la Métamorphomage dont les cheveux étaient d'un rose si violent qu'il semblait violet) et moi-même, nous prendrons la tête d'autres groupes dans le parc. On va avoir besoin de quelqu'un pour organiser la défense des entrées et des passages qui mènent à l'intérieur de l'école…
– Ça, c'est dans nos cordes, lança Fred en montrant George et lui-même.
Trisha jeta un regard d'excuse à Elisa, puis rejoignit les jumeaux, tenant toujours la Carte du Maraudeur. L'œil magique de Maugrey sembla brièvement passer sur la carte, et il émit un grognement approbateur :
– Parfait. Il faudrait aussi quatre personnes pour accompagner le professeur Sinistra et Hagrid lorsqu'ils vont récupérer les renforts. Des gens qui savent jeter des Revelio et autres sorts pour faire tomber les camouflages. Demandez leurs noms, ceux de leurs enfants, et pour l'amour de Circée vérifiez leurs avant-bras avant de les faire entrer, c'est clair ?
Il parcourut de son œil magique la foule silencieuse, puis émit un grognement :
– Gardez à l'esprit que ça va être brutal. Avec le Ministère renversé, les Mangemorts vont pouvoir récupérer tous leurs copains qui ont été capturés au cours de l'année. Et ça, c'est sans compter les petites frappes avides de gloire qui vont se joindre à eux, les gens sous Impérium, les loups-garous de Greyback, les Détraqueurs, les géants. Alors pas de quartier. Vous défendez vos vies, aujourd'hui.
Elisa déglutit. Bon sang, ils allaient affronter une armée. A un juger par la vague de murmures inquiets qui parcourut la pièce, elle n'était pas la seule à l'avoir réalisée… Mais Maugrey ne leur laisser pas le temps de pleurer sur leur sort, et ordonna aux chefs d'équipe de le rejoindre pour qu'ils puissent se répartir leurs troupes. Les leaders convergèrent vers lui.
La Poufsouffle se secoua. En quelques enjambées, elle traversa l'espace qui la séparait de Sirius, et l'intercepta avant qu'il ne rejoigne l'estrade. Le visage de l'ex-détenu s'éclaira en la reconnaissant.
– Eh, Elisa, c'est ça ? Tu sais où est Harry ?
– En mission top-secrète, répondit la jeune fille d'une traite. Ecoute, est-ce que tu peux me prendre dans ton équipe dans le parc ? Si on se trouve près du lac… J'ai un sort avec l'eau qui pourrait dégommer les géants avant qu'ils n'atteignent le château.
Sirius esquissa un sourire carnassier qui évoquait un chien avant la chasse, et lui tapota l'épaule.
– Promis. J'aime ton attitude.
Il rejoignit les autres sur l'estrade, et Elisa se retourna vers le reste des élèves. La plupart, suivant son exemple, rejoignaient Maugrey pour indiquer qu'ils voulaient être dans telle ou telle équipe, suivant leurs forces et leurs faiblesses. Ainsi, elle vit Raashid, Takashi et Aaron, les trois snipers de la Team Grenade, parler avec Chourave, qui allait mener une équipe sur la tour d'Astronomie.
La Grande Salle ne semblait pas désemplir : mais c'était parce que pour chaque groupe d'élèves qui s'en allait, un prof ramenait plusieurs adultes trempés et déterminés. Ils n'étaient pas très nombreux, à chaque fois : apparemment ils devaient passer un rigoureux contrôle d'identité, qui nécessitait qu'au moins un élève de Poudlard se porte garant d'eux par miroir. Ceux qu'Hagrid refusait de laisser entrer étaient confinés à Pré-au-Lard. S'ils voulaient vraiment se battre, ils rejoindraient sans doute la bataille quand elle éclaterait. A ce stade-là des choses, vérifier l'identité des gens serait bien secondaire.
Certains étaient arrivés par Pré-au-Lard, en passant par la Cheminette, ou en transplanant devant les grilles du château. D'autres avaient approché Poudlard par les abords du lac avant d'avertir Hagrid, et celui-ci les avait alors fait transporter par des Sombrals. D'autres encore avaient appelé depuis leurs villages, leurs maisons, leurs cachettes, et s'ils s'étaient montrés assez convaincants, un elfe de maison de Poudlard les avait fait transplaner dans le parc.
Puis Elisa reconnu une personne en particulier, et se dressa comme un ressort :
– Matt ?!
C'était bien lui. Matt Rosier, grand, assuré, avec ses cheveux châtains vaguement attachés en queue-de-cheval, et ses yeux bruns ambrés qui flamboyaient comme ceux d'un loup, sa canne de bois à la main, et son pas irrégulier. Il sourit en la voyant. Elisa le rejoignit en trois enjambés, incrédule, et elle esquissa un geste instinctif pour le toucher et s'assurer qu'il était réel, avant de se reprendre et de fourrer ses mains dans ses poches pour se donner une contenance.
– Qu'est-ce que tu fais là ? Et Tourmaline ?
Son ami secoua la tête :
– On a évacué tout le monde. Juste à temps, apparemment. Même pas trois minutes plus tard, il y avait trois géants devant la façade. Je les ai envoyés au fond de la rivière, l'Agua Animaro est une invention brillante à ce sujet, mais ensuite je devenais fou à tourner en rond à attendre des nouvelles. J'ai décidé de venir ici pour me rendre utile. Je n'arrivais pas à te joindre, mais ton amie Trisha avait ton miroir, et elle s'est porté garante de moi pour le professeur Sinistra. Alors… Je suis là.
Ils se regardèrent en silence un instant. Puis quelqu'un se racla bruyamment la gorge juste derrière eux, et ils s'écartèrent l'un de l'autre d'un bond en se retournant vers l'intrus. Sirius Black, qui avait haussé très haut un sourcil, leur adressa un sourire goguenard :
– Navré de vous couper dans votre élan, mais j'ai besoin de toi, Elisa. Notre équipe part dans le parc immédiatement.
Un peu plus loin derrière lui se trouvait un groupe compact composé de Charlie Weasley, trois sorcières adultes qu'Elisa ne connaissait pas (même si deux d'entre elles, d'origine indienne, ressemblaient beaucoup aux frères Balaji), deux sorciers d'âge mûr, et quatre élèves : Cassius Warrington, Arjuna Balaji, Alicia Spinnet, et Tamsin Applebee.
– Ah, fit stupidement la jeune fille. J'arrive, j'arrive. Sois prudent, Matt, d'accord ? Et défonce-les.
Le lycanthrope émit un reniflement amusé. Elisa lui adressa un sourire un peu hésitant, puis elle fit volte-face et rejoignit l'équipe de Sirius, se plaçant entre Tamsin et Warrington. De loin, elle vit Cédric rejoindre l'équipe de Maugrey, et Trisha, sa carte à la main, rejoindre Chourave. Elle ressentit un bref instant de panique en réalisant qu'elle n'aurait pas le temps de leur dire au revoir, mais déjà Sirius donnait le signal du départ. Tous ensemble, en silence et l'air grave, ils franchirent la grande porte du hall et s'enfoncèrent dans le parc, sous la pluie.
Il ne restait que quinze minutes avant la fin de l'ultimatum de Voldemort.
oOoOoOo
Dehors, il faisait sombre. L'orage continuait. Pas un seul rayon de soleil ne transperçait les nuages noirs, et la pluie réduisait la visibilité. Parfois, un éclair déchirait le ciel, illuminant le parc l'espace d'une seconde. Le vent avait cessé de hurler, mais n'avait pas pour autant disparu, soufflant juste assez fort pour faire battre les capes des sorciers autour de leurs jambes, et rabattre en arrière leurs capuches. Avec cette pluie, c'était un truc à finir trempé en deux minutes. Elisa attrapa la Baguette de Sureau, et jeta un Impervius d'abord sur elle-même, puis sur tous les membres de l'équipe qui acceptèrent. Sans surprise, Warrington refusa, préférant le faire lui-même.
Ils commencèrent à avancer, cachés sous un Charme de Désillusion. Aller jusqu'aux abords du lac ne prenait normalement que quelques minutes, mais ils progressaient lentement pour ne pas se tordre une cheville dans les irrégularités du sol devenu boueux et glissant. Ce n'était pas plus mal. Elisa en profitait pour semer au sol des Sceaux explosifs ou électrifiants, rendus complètement invisibles par la pluie et la boue.
– Voilà comment on va faire, expliquait Sirius à mi-voix durant leur avancée. Elisa sera près du lac. Fais ton truc et ne nous laisse pas te gêner. Les autres, on va former une ligne défensive entre le château et la lisière de la forêt, Elisa à une extrémité et moi à l'autre. Ne vous dispersez pas, ne laissez pas les Mangemorts vous isoler. Les Balaji, surveillez-vous mutuellement…
Arjuna et deux des sorcières adultes du groupe (qui s'étaient présentées comme Tamara Arvel-Balaji et Narmana Balaji, respectivement la mère et la tante du Serdaigle) hochèrent la tête. La troisième sorcière adulte du groupe, une femme âgé aux cheveux gris attachés en une longue natte dans son dos, et qui s'était présentée comme Morna Macmillan, demanda d'un air dubitatif :
– Vous êtes sûre de pouvoir tuer les géants, Miss Bishop ? Ce sont des créatures très résistantes.
Elisa ne voulait pas les tuer. Merlin, elle ne voulait tuer personne. Mais l'Agua Animaro pouvait réduire un tronc d'arbre en pièces, et ça, c'était sans même prendre en compte le bonus de puissance donné par la Baguette de Sureau. Elle essaya de hausser les épaules d'un air désinvolte :
– Je peux les découper en rondelles. J'ai juste besoin qu'ils soient dans mon champ de vision, et qu'ils se trouvent à moins de cent mètres du lac.
– Donc on va servir d'appât pour les attirer ici, résuma Alicia Spinnet d'un air sinistre.
L'un des sorciers qui les accompagnait, un homme d'une soixantaine d'année nommé Helmut Urquhart qui avait dit être Briseur de Sorts, lâcha un grommellement inquiet. Il avait peut-être déjà eu affaire aux géants. Mais le dernier membre du groupe, un sorcier d'une vingtaine d'année aux cheveux blonds et aux yeux clairs, carra les épaules d'un air déterminé :
– Ça me va. J'ai vu ce que tu pouvais faire lors du Tournoi, Bishop.
La jeune fille lui lança un regard scrutateur, essayant de se souvenir de son visage. Avec le Charme de Désillusion, ce n'était pas facile. Sentant probablement sa perplexité, le sorcier se présenta avec un léger sourire :
– Priam Nightingale. Je suis Aspirant Auror, j'étais parmi ceux qui ont arrêtés les Mangemorts de la bataille de Little Hangleton.
Il y avait une gamine nommée Hécate Nightingale à Serdaigle, se souvint vaguement Elisa. C'était sans doute sa sœur ou sa cousine. Avec des prénoms pareils, on sentait qu'il y avait une certaine tradition familiale.
– D'ailleurs tu avais utilisé un sort explosif très impressionnant, continua Priam mine de rien. Qu'est-ce que c'était ?
La jeune fille considéra un instant sa réponse. Ils étaient quasiment arrivé au lac, et elle avait semé plus d'une centaine de Sceaux : sur leur passage, mais aussi à droite, à gauche, partout où elle pouvait poser les yeux et pointer discrètement sa baguette. Autant dire que même si un troupeau de Mangemorts essayait de forcer le passage, ils n'avaient aucune chance d'en ressortir indemnes.
– Ce n'était pas vraiment un sort, finit-elle par dire. C'est une combinaison de runes. Vois plutôt ça comme une sorte de Charme Gardien qui s'autodétruit d'un coup.
Il y eut un court silence, puis Alicia Spinnet émit un rire nerveux :
– Waouh, Magister, je suis bien contente de ne pas être ton ennemie. Ça a l'air monstrueusement dangereux.
Elisa sourit faiblement. Oui, c'était le but.
Ils étaient arrivés au lac, et ils prirent position, faisant face à la Forêt Interdite qu'on distinguait à peine, au loin, à travers le rideau de pluie. La jeune fille jeta un bref regard à sa montre digitale. Plus que quatre minutes avant la fin de l'ultimatum. Son estomac était noué d'angoisse, et elle frissonnait, sans doute autant de froid que de peur. Elle se jeta machinalement un Sortilège de Réchauffage, puis expira lentement, profondément. La perspective du combat faisait se bousculer en elle un tourbillon d'émotions contradictoires. Elle se sentait fébrile et terrifiée, mais ça avait aussi quelque chose de grisant.
Tu as peur ? souffla la voix de Tom Jedusor dans sa tête.
Pour une fois, son intonation n'était pas narquoise ou cruelle. Il semblait retenir son souffle, comme elle, partagé entre l'excitation et l'appréhension.
Evidemment, lui répondit-elle. Mais je suis bien plus que ça, aussi.
Oh, siffla Tom avec amusement. Donc tu es courageuse ?
Non, pensa-t-elle. Mais je ne veux pas mourir. C'est la même chose, non ?
La voix de Tom n'avait rien à répondre à cela.
Au loin retentit soudain un cri lugubre, funèbre, presque noyé par le martellement de la pluie. Elisa n'eut pas besoin de consulter sa montre. L'heure accordée par Voldemort était passée : la bataille commençait.
Des traits de lumière fusèrent de la Forêt Interdite, explosant contre les murs du château ou aux pieds des silhouettes à peine visibles des groupes de défenseurs qui parcouraient le parc. Avec un rugissement monstrueux, une véritable horde se rua hors de la forêt. Des sorciers et des sorcières en robes noires, certains masqués, d'autres non : des loups-garous, certes non-transformés, mais reconnaissable à leurs dos voûtés et à leur façon de courir presque à quatre pattes : une poignées d'Acromentules, sans doute chassées de la Forêt à coups de maléfices, leurs huit pattes les faisant avancer à une vitesse terrifiante vers le château : et des géants, environ une vingtaine, certains plus hauts que les murs de Poudlard qui culminaient pourtant à six mètres, qui se ruaient vers Poudlard en rugissant sans se soucier des Mangemorts bondissant de côté pour éviter d'être piétinés.
Elisa ne se laissa pas figée par la terreur instinctive, animale, qui la saisit en voyant la horde se ruer vers elle. Elle baissa ses murs d'Occlumancie, embrassant la partie d'elle-même assoiffée de victoire et d'adrénaline qui l'avait jadis portée au sommet du Challenge. Elle jeta un Duresco Aqualitis informulé qui lui permit de s'avancer sur la surface du lac d'un pas ferme, brandit la Baguette de Sureau, et visualisa toute la puissance latente du lac réduisant en pièce les vingt géants qui se ruaient vers son école. Dans sa main, la baguette sembla frémir, brûlant d'impatience de relever le défi, et Elisa sentit un rictus sauvage fleurir sur son visage.
– Agua Animaro !
Le lac prit vie.
L'eau se dressa en une vague gigantesque, comme un tsunami qui se rua à la rencontre de la horde à la vitesse d'un cheval au galop. Puis Elisa fendit les airs de sa baguette d'un geste impérieux et, sans ralentir, la vague monstrueuse changea de forme : elle s'allongea, elle s'amincit, un corps se forma, un cou, une gueule, des ailes… Lorsque les centaines de tonnes d'eau lancées à pleine vitesse heurtèrent la horde par la droite, ce n'était pas sous la forme d'une vague, mais sous celle d'un dragon gigantesque, dont les ailes déployées étaient sans doute aussi hautes que les tours de Poudlard. Avec un rugissement assourdissant, évoquant à la fois le cri d'un vrai dragon et le fracas d'une chute d'eau, la bête se tourna vers le plus proche géant, l'un des plus grands, dont la tête lui arrivait à peine au milieu du poitrail. Le géant tenta de le frapper au ventre avec une massue qui devait provenir d'un tronc d'arbre. Le dragon absorba l'impact sans broncher, puis tendit le cou d'un mouvement vif et referma ses mâchoires sur le géant, le secouant comme un chien voulant briser le cou de sa proie.
La partie inférieure du corps du géant vola dans les airs. Il avait été sectionné en deux au niveau de l'abdomen.
Elisa retint un haut-le-cœur. La scène se passait à presque cent mètres d'elle, sous la pluie, et elle ne voyait pas les détails… Mais l'image était sans équivoque. Elle ne ferma pourtant pas les yeux, fascinée malgré elle. La horde s'écartait du dragon, poursuivant sa course vers le château, mais tous les géants convergèrent vers le monstre avec des hurlements de rage. Le dragon tourna la tête vers eux, et les attaqua à leur tour.
Il ne bougeait pas très vite, comparé aux résultats qu'avait eus Elisa avec ses autres expériences. Mais c'était sans doute à cause de sa masse. Jamais elle n'avait animé une quantité d'eau aussi gigantesque. C'était plus de quinze fois le volume qu'elle avait animé avec son T-Rex d'eau lors de la Première Tâche du Tournoi. C'était la plus grande créature qu'elle ait jamais vu. Plus grand que le dragon de la Première Tâche, qui aurait eu l'air d'un bébé à côté de lui. Cette chose pouvait sans doute fracasser la moitié du château d'un coup d'épaule. Et elle l'avait créé. Elle l'avait créé, mais surtout elle lui avait donnée vie, elle l'avait animé, elle l'avait lancé contre les géants et il obéissait ! Elle n'avait pas besoin de le guider, et de manipuler le moindre de ses mouvements avec soin comme une marionnettiste. Il avait une volonté propre, créée comme le prolongement de sa volonté à elle. Toute la perfection de l'Illusion de la vie combinée au potentiel destructeur de l'eau déchaînée. C'était grisant, c'était étourdissant, c'était la chose la plus badass et la mortelle qu'Elisa ait jamais faite, et elle sentit un sourire dément étiré son visage. Elle se sentait si puissante ! La Baguette de Sureau était vraiment à la hauteur de sa réputation !
– Elisa !
Elle fut brusquement ramenée à la réalité. Ah. Oui. Guerre en cours.
Le reste de la horde avait continué sa course vers le château, accélérant l'allure (sans doute pour ne pas se faire écraser par le combat de titans qui prenait place entre dragon et géants). Quatre formes sombres jonchaient le sol, écrasées lors de l'impact du dragon contre leur armée, et abandonnées par leurs compagnons. Ils étaient sans doute morts, Elisa le savait, et elle essaya de ne pas les regarder. Ce qu'elle devait regarder, c'était le reste des troupes de Voldemort, qui avait continué son avancée jusqu'à ce que son élan se brise sur les portes du château. Là, tandis que le gros des troupes bombardaient de sorts les immenses battants de bois qui fumaient déjà, une partie des Mangemorts et des loups-garous s'étaient dispersés, attaquant les groupes de défenseurs postés dans le parc. C'était le chaos. Des gens hurlaient, des sorts fusaient dans tous les sens, les cris et appels se perdaient dans le fracas des combats. Au-dessus de cette scène de cauchemar, les nuages noirs plongeaient le parc dans une semi-pénombre, obscurcissant le ciel sur des kilomètres.
Ça devait être Flitwick qui exploitait l'orage, utilisant la météo à son avantage. La pluie avait pratiquement cessé (Elisa ne l'avait même pas réalisé), réduite à une bruine légère, mais les nuages noirs bloquaient toujours le soleil, occasionnellement traversés par un flash de lumière comme s'ils contenaient à peine la foudre qui ne demandait qu'à s'abattre. Juste quand Elisa levait la tête, un éclair tomba du ciel avec un fracas assourdissant et frappa précisément un Mangemort en balai qui essayait de voler jusqu'à une des tours. L'homme tomba comme une pierre, mort avant d'avoir touché le sol.
Soudain, un sort vert passa à une dizaine de centimètres du coude d'Elisa, immédiatement suivi de trois sorts rouges qui explosèrent violemment contre les boucliers translucides érigés par Sirius, Mr Urquhart, et Arjuna Balaji. Leur groupe avait été repéré, et une vingtaine d'individus vociférants se précipitaient vers eux.
– Ah, voilà la partie où on est les appâts, c'est ça ? lança Alicia Spinnet d'une voix forte.
– Pas tout à fait, fit sombrement Elisa.
Les Mangemorts se trouvaient pile sur la bande de terrain qu'Elisa avait truffé de mines. La jeune fille hésita une seconde, moins par peur de ce qu'elle allait faire que par peur de la facilité avec lequel elle allait le faire. Elle n'avait jamais tué, elle n'avait jamais voulu tuer, si elle activait ses Sceaux elle serait une meurtrière, mais avait-elle vraiment le temps d'hésiter, est-ce que ça en valait vraiment la peine, pourquoi y pensait-elle, il fallait agir, ils étaient tous masqués, c'était juste une masse hurlante, est-ce que ça ne serait pas plus facile de traiter ça comme un exercice et non pas comme des gens avec une vie et une âme, et de toute façon pourquoi se posait-elle la question, alors que son dragon d'eau avait probablement tué plusieurs personnes lors de son impact ? Tout ça lui traversa l'esprit en une fraction de seconde, mais elle ne se laissa pas le temps d'hésiter, elle ne pouvait pas, ce n'était pas le moment. Elle se concentra, et fit détonner les Sceaux qui se trouvaient sous leurs pieds.
L'explosion fut gigantesque.
Il n'y avait pas de composante incendiaire dans les Sceaux d'Elisa, normalement. Elle les basait sur l'Expulso, un sort explosif basé sur la pression de l'air, ou sur le Fulgura, qui créait un éclair mais pas de flammes. Il était vraiment exceptionnel qu'il y ait la moindre flammèche. Le feu n'était pas l'élément qu'Elisa préférait manipuler. Trop incontrôlable, trop destructeur, trop spontané. Pourtant, là, peut-être parce qu'il y avait une surcharge de puissance ou parce qu'un Mangemort avait tenté de lancer un Incendio en même temps, la déflagration s'accompagna une boule de feu, comme si une bonbonne de gaz avait explosé au milieu des attaquants.
Choquée, Elisa fit un pas en arrière. Les Mangemorts avaient été projetés à plusieurs mètres de haut sous la force de l'explosion, en flammes. Trois d'entre eux retombèrent au sol sans se relever, mais les autres, hurlant de douleur à s'en arracher la gorge, essayaient frénétiquement de se rouler au sol ou d'atteindre le lac pour éteindre les flammes. Aucun n'eut cette chance. Après le choc initial, l'équipe de Sirius les mitrailla de sorts qui les assommèrent, les ligotèrent, ou les pétrifièrent, sans pour autant éteindre les flammes qui les dévoraient. La mère et la tante d'Arjuna jetèrent des Aguamenti pour qu'ils ne soient pas brûlés vifs, mais ce furent les seules. L'air sentait la viande trop cuite, et Elisa dut se plaquer la main contre la bouche pour refouler sa nausée.
L'explosion avait attiré l'attention des autres Mangemorts, en tous les cas, et un autre groupe convergea vers eux. Elisa fit sauter ses Sceaux restants, mais même si elle réussi à en avoir quelques-uns en périphérie, le gros de la masse lui échappa. Quelqu'un cria :
– C'est elle ! C'est Bishop, je reconnais le sort !
Une pluie de maléfice fusa vers leur équipe, et ils dressèrent tous des boucliers. Celui de Priam Nightingale ne suffit pas à arrêter le sort vert émeraude qui fusait vers lui. Il se le prit en pleine poitrine et tomba en arrière, sans un bruit, la tête et les épaules dans l'eau. Elisa eut le temps de voir son expression, avec ses yeux grands ouverts qui regardaient sans voir, avant que Sirius ne leur hurle de s'éloigner. Elisa se laissa entraîner par le reste du groupe, manquant de trébucher sur ses propres pieds, en état de choc. Warrington la poussa à l'abri derrière un rocher juste avant qu'un sort n'explose dessus, arrachant des éclats à la pierre.
– On est coincés par le lac ! cria Tamsin Applebee d'un air paniqué.
– Restez calme et continuez à leur tirer dessus ! ordonna Sirius d'une voix rauque en balançant un sort d'une couleur violacée malsaine par-dessus son abri.
Arjuna Balaji poussa un hurlement de douleur et s'écroula par terre, agrippant son bras qui fumait et grésillait comme si on versait de l'huile bouillante dessus. Sa mère se jeta à genoux à ses côtés, essayant désespérément d'arrêter la malédiction qui progressait le long de son avant-bras, brûlant la manche de sa robe. Morna Macmillan la bouscula, jetant lui-même le contre-sort sur le bras d'Arjuna… Le rocher derrière lequel s'abritait Urquhart, plus fin que les autres, explosa en partie après l'impact d'un maléfice dessus… Elisa crut entendre quelqu'un appeler son nom d'une voix désespérée…
Soudain, la porte de Poudlard émit un craquement de fin du monde, et les battants de bois frémirent. Pendant une fraction de seconde, dans le parc, les combats semblèrent se suspendre. Tous les regards se tournèrent, horrifiés ou triomphants, vers le château. La porte allait céder. Les Mangemorts poussèrent une clameur féroce et redoublèrent d'effort…
…. Et le dragon d'eau d'Elisa s'abattit sur eux.
Il n'y avait plus de géants (leurs corps déchiquetés jonchaient le parc sur plus de cent mètres). Il avait achevé sa mission, il n'avait plus besoin d'être un dragon, et de toute façon attaquer des adversaires aussi petits aurait été difficile. Il ne chercha pas à les dévorer, ou à les piétiner. Non, simplement, il leur tomba dessus, perdant sa forme pour ne devenir qu'une gigantesque vague haute comme un immeuble de six étage, qui s'écroula sur elle-même et balaya presque la moitié des Mangemorts. La quantité d'eau était tellement massive que le rocher derrière lequel Elisa s'abritait fut éclaboussé, malgré la distance le séparant des portes du château.
– Par les boules de Salazar, fit Warrington d'un air choqué.
Elisa pouvait comprendre. C'était assez spectaculaire. Elle n'avait même pas ordonné au dragon de faire ça. Il avait du décider de partir en beauté, en se fondant sur les quelques éléments de volonté d'Elisa qui paramétraient sa conscience. Et… Elle devait admettre que c'était réussi.
Quasiment tous les Mangemorts frappés par la vague se relevèrent, mais certains ne furent pas assez rapides pour contrer les tirs des défenseurs de Poudlard. Les différentes équipes qui sillonnaient le parc leur tombèrent dessus, et immédiatement la zone se transforma en champ de bataille. Dans tout le parc, on se battait. Les traits de lumières fusaient dans tous les sens, les gens hurlaient, couraient. C'était de la folie.
– Tu as une autre arme de destruction massive en réserve ? lança Alicia Spinnet à Elisa d'un ton faussement léger.
Sous sa peau sombre, elle était blême, et sa voix dérailla un peu dans les aigus. Muette, Elisa secoua la tête. L'Agua Animaro et les Sceaux, c'était ses deux grands atouts. Et elle avait brûlé ses cartouches : elle n'avait plus le temps nécessaire pour relancer ces attaques à la même échelle.
Puis elle posa yeux sur la Baguette de Sureau, et se ravisa. Mais même si elle n'utilisait pas la même échelle, elle pouvait toujours faire des dégâts. Elle pointa sa baguette sur le lac :
– Agua Animaro.
Quatre dragons, de plus petite taille cette fois (environ le gabarit d'un poney) surgirent de la surface du lac. Elisa aurait bien créé une petite armée, mais même avec la Baguette de Sureau, elle avait ses limites. Chaque créature devait avoir une volonté propre, et c'était difficile de créer quatre choses extrêmement complexes en même temps. Ça aurait été plus simple si les quatre créatures avaient partagé un seul esprit, comme une seule entité à quatre corps… Mais là, ça nécessité un degré de talent en Métamorphose dont Elisa n'osait même pas rêver.
– Tuez toute personne portant un masque, ordonna-t-elle aux dragons.
Mettre ses ordres en mots n'était pas nécessaire, mais ça rendait la chose plus réelle. Il y avait du pouvoir dans les mots. Les dragons inclinèrent la tête, puis déployèrent leurs ailes et s'envolèrent vers le combat. Elisa savait qu'ils finiraient par être détruits (assez de Maléfices Explosifs pouvaient venir à bout de l'Agua Animaro : ce n'était que de l'eau, après tout), mais elle espérait qu'entre temps, ils feraient une différence.
Elle releva la tête, et son regard parcourut le reste de son équipe. Ils étaient tous très pâle. Alicia, Arjuna et Tamsin la regardaient comme s'ils ne la reconnaissaient pas. Même les adultes la fixaient avec une certaine appréhension, comme s'ils ne s'attendaient pas à ce que la gentille Poufsouffle se retrouve soudain avec autant de sang sur les mains. La jeune fille retint un rictus. A quoi ils s'attendaient ? Elle était menacée. Elle savait se défendre. Pour l'amour du ciel, son premier fait de gloire avait été d'arracher un bras à quelqu'un. Ils ne devraient pas être surpris.
Sirius, le seul qui ne semblait pas autrement dérangé par le massacre, jeta un regard par-dessus son rocher, et hocha la tête d'un air sombre avant de se retourner vers le reste de son équipe :
– On va rejoindre le château et tirer dans le tas. Les portes ne vont pas tarder à tomber. Essayez de vous couvrir mutuellement, d'accord ?
Elisa jaugea la distance. En tant normal, elle pouvait la parcourir en cinq minutes au pas de course. Mais là, c'était un champ de bataille qu'il leur faudrait traverser. Combien de temps leur faudrait-il ? Quinze, vingt minutes ? Mais quel autre choix avaient-ils ? Tout quel le monde acquiesça. Sirius jeta un nouveau regard par-dessus son rocher… Puis il donna le signal, et tout le monde s'élança.
Elisa perdit tout de suite les autres de vue. Il était impossible de garder l'œil sur ses compagnons, et de louvoyer en même temps entre les rochers, les trous dans le sol, les corps étendus par terre, les tirs de maléfices qui fusaient de toute part… La jeune fille plongea, esquiva un rayon pourpre, roula, tira un Expulso qui explosa comme une grenade au milieu des Mangemorts, profita de la confusion pour reprendre sa course, dérapa dans la boue… Un éclair tomba à quelques mètres d'elle, l'aveuglant brièvement et emplissant l'air d'une odeur d'ozone et de chair brûlée, et elle bascula en arrière. Elle ne sentit même pas l'impact, se remettant debout avant même que son cerveau ait réalisé la chute. Le sang battait si fort à ses tempes qu'il en noyait le bruit environnant et, dans tous ce chaos, ces cris, ce danger, Elisa se sentait réduite à l'instinct le plus primitif qui soit : survivre.
Deux Mangemorts lui tirèrent dessus, et Elisa leur balança un Confringo qui explosa dans une boule de feu si énorme qu'elle en sentit la chaleur sur son visage. Elle entendit quelqu'un hurler à l'aide et se retourna, mais il y avait trop de confusion, trop de tirs, trop de gens, trop peu de lumière, il était impossible de distinguer ce qui se passait. Un sort vert passa juste à côté de son visage et elle Stupéfixia son attaquant sans réfléchir, puis se retrouva engagée dans un duel contre un Mangemort masqué jusqu'à ce que celui-ci se fasse tirer dans le dos par une belle bonde qu'Elisa reconnu avec stupeur comme Fleur Delacour, qui sembla surgir de nulle part. Puis un autre adversaire prit sa place, Elisa bondit de coté pour esquiver un maléfice, dressa un bouclier pour en parer un autre, contre-attaqua…. Tirer, courir, vaincre son adversaire ou être séparée de lui par la cohue, tout se mêlait, tout se confondait. Les éclairs qui déchiraient le ciel illuminaient brièvement la scène de façon sporadique, permettant à Elisa de reconnaître ici un allié, ici un ennemi, ici un élève terrifié : mais sinon, avec cet orage qui noyait le soleil, et tout ce chaos, il était impossible d'y voir clair. Elle ne savait même pas dans quelle direction elle allait. Elle courait, elle frappait, elle se débattait pour ne pas être emportée par le combat et submergée.
Elle se retrouva soudain face à un homme masqué qui pointait sa baguette sur elle. Mais avant qu'elle ou son attaquant n'aient pu lancer un seul sort, un de ses petits dragons d'eau surgit de nulle part et tacla l'homme à terre avec un feulement sauvage, arrachant à sa victime un cri qui se mua en gargouillement étranglé quand la gueule du dragon se referma sur sa gorge. Elisa se détourna du spectacle sanglant et se remit à courir comme une dératée, au hasard, tirant un Sectumsempra dans le dos d'un loup-garou, parant de justesse un Maléfice Explosif. C'était de la folie : elle se sentait comme en transe, son corps réagissant avant même que son esprit n'enregistre ce qui se passait, emporté par la terreur, l'horreur, et l'ivresse du combat..
Elle ne s'arrêta que lorsque sa course s'acheva par un dérapage incontrôlé dans la boue. Elle était arrivée assez près de Poudlard pour entrer dans le marécage qu'était devenue la zone s'étendant devant les portes du château, et elle en fut interloquée : elle n'avait même pas réalisé qu'elle allait dans la bonne direction, dans toute cette confusion.
A sa droite, dans un fracas assourdissant, la porte du château explosa.
Les Mangemorts poussèrent un cri de victoire, et se ruèrent à l'intérieur. Elisa fut figée d'horreur un instant, puis la réalité lui tomba dessus comme un seau d'eau froide, et elle reprit sa course vers le château, pataugeant dans la boue.
Un homme aux cheveux gris se précipita sur elle, le visage convulsé de haine, hurlant le début du Sortilège de la Mort. Mais Elisa était portée par la terreur et une rage survoltée, ils étaient dans l'eau et la boue jusqu'aux genoux, et l'élément liquide était la meilleure arme du Magister. Cette fois, elle ne donna même pas corps à son Agua Animaro, elle ne prononça même pas formule. Avec un hurlement sauvage, la jeune fille pointa sa baguette sur son ennemi et pensa seulement TUE-LE. L'eau se jeta sur le Mangemort comme une masse vivante.
Elisa ne regarda pas en arrière pour voir si l'homme avait simplement été entraîné sous la surface ou si sa colère l'avait taillé en pièces. Utilisant le Charme d'Aqualitis pour ne pas s'enfoncer dans le bourbier, elle se remit à courir vers le hall. Elle y voyait des Mangemorts affronter plusieurs personnes, et elle reconnu en vrac le professeur Sinistra, Heather, une fille de Gryffondor nommée Leanne, deux membres du CEM, Bill Weasley, et –le choc fut tel qu'elle faillit trébucher sur ses propres pieds– sa mère, Isabelle Bishop. L'eau du marécage avait envahi le hall lorsque les portes avaient cédé, et tout le monde pataugeait jusqu'aux mollets. Il n'y avait pas assez d'eau pour utiliser l'Agua Animaro de façon létale contre les attaquants, mais assez pour canaliser sa magie… Elle mobilisa sa magie élémentaire, imagina l'eau tracer des Sceaux Explosifs sur les pieds et les chevilles des Mangemorts, puis elle brandit la Baguette de Sureau et hurla :
– Flashbang !
La déflagration servait juste à lui donner la seconde nécessaire pour se concentrer et tout faire détonner, sans que personne ne lui tire dessus. Elle était inoffensive, même si elle laissa à Elisa les oreilles sifflantes. Lorsque le flash se dissipa, les Mangemorts étaient par terre, certains hurlant de douleur, et tous se cramponnant à leurs moignons de mollets. Ce n'était pas juste des blessures superficielles : Elisa était à peu près certaine de leur avoir arraché les pieds au niveau des chevilles. Le hall était empli de vapeur qui sentait la boue et le brûlé, et autour des blessés, l'eau se teintait de rouge à toute allure.
Elisa retint un haut-le-cœur horrifié. Elle n'avait pas le droit d'être malade. Elle l'avait voulu.
– Bon travail, lâcha sombrement le professeur Sinistra. Stupéfixiez-les et amenez-les dans les cachots, le professeur Slughorn est en charge des prisonniers.
Quelques personnes s'exécutèrent aussitôt d'un air fébrile. Mais Elisa ne leur accorda pas plus d'un regard, se dirigeant droit vers sa mère. Isabelle Bishop portait une robe chamarrée dans les tons bleus et roses, qui était à présent déchirée, maculée de poussière, et trempée jusqu'aux genoux. Ses longs cheveux châtain étaient en bataille, lui donnait un air hagard, et elle était très pâle. Elle rejoignit Elisa à mi-chemin, mère et fille s'agrippant par les poignets comme si elles devaient se toucher pour réaliser que l'autre était bien là.
– Maman, murmura Elisa. Maman, qu'est-ce que tu fais ici ?
– Je ne supportais plus de ne pas savoir ce qui se passait, fit sa mère d'un air angoissé. Je suis rentrée à la maison et Chappy m'a dit que le Ministère était tombé, que tu allais te battre… Je ne pouvais pas rester au Cottage.
– Et Papa ?
– Il est en France, il aidait des gens à partir, mais il est en route, ne t'inquiète pas. Je voulais juste m'assurer que tu allais bien. Ellie, ton aura…
Mais Elisa n'eut pas le temps d'entendre ce que sa mère pensait de son aura. Cinq sorciers entrèrent dans le hall en courant, pourchassant deux élèves. L'un des poursuivants était Peter Pettigrew, sans masque, l'air à la fois avide et terrifié. En le voyant, Bill Weasley émit un feulement de rage et se rua sur lui. Pettigrew évita le premier sort par pure chance. Il eut l'air horrifié de se retrouver face au professeur de Défense. Puis son expression changea, il pointa sa baguette vers le milieu du hall, et Elisa devina avec horreur ce qu'il allait faire une fraction de seconde avant qu'il ne lance le maléfice qui avait jadis tué douze Moldus d'une seule explosion.
– Protego Maxima ! cria-t-elle.
Trop tard.
L'atmosphère sembla exploser. Pierres, poussière, vapeur suffocante, éclaboussures d'eau bouillante, le monde entier vola en morceaux. Elisa se sentit catapultée dans les airs, se protégeant désespérément la tête de ses bras. Elle s'écrasa dans l'eau, devenue si brûlante qu'elle lui aurait arraché un cri si la violence du choc ne lui avait pas coupé le souffle : mais son élan était trop fort pour que sa chute s'arrête là et elle ricocha en arrière. Elle devait être beaucoup plus près du mur qu'elle ne le pensait, car soudain sa tête cogna violemment contre la pierre, et elle eut l'impression que son crâne explosait.
Ensuite, l'obscurité.
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AH AH AH CE CLIFFHANGER !
Ahem.
Non, ne me jetez pas de tomates ! La suite arrive, promis. Et... Ca va être sanglant.
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