Heeeellooo !
Chapitre posté pendant la semaine de révision. Bien ! Je risque très certainement de faire un arrêt cardiaque lors de mon oral de Français, c'est pour cela que je poste aujourd'hui. Si vous voulez savoir la fin de l'histoire envoyez-moi un mp avant lundi. :')
Je rigole, je rigole…mais pas trop en réalité.
N'hésitez pas à m'envoyer vos tuyaux pour corrompre le prof.
On s'retrouve en bas ! :D
oOo
1797
oOo
« Peuples de l'Italie, l'armée française vient pour rompre vos chaînes le peuple français est l'ami de tous les peuples venez avec confiance au-devant d'elle vos propriétés, votre religion et vos usages seront respectés.
Nous faisons la guerre en ennemis généreux et nous n'en voulons, qu'aux tyrans qui vous asservissent.
Le 26 avril 1796,
Par le commandant Bonaparte
à Rivoli (Italie) »
Après avoir vaincu brillamment l'armée autrichienne et l'avoir poussée hors d'Italie. Le commandant Bonaparte part à la poursuite de l'ennemi. Deux mois après la bataille décisive de Rivoli, ils sont repoussés de l'autre coté des Alpes, seulement à une centaine de kilomètres de Vienne. Sans armée, l'Empereur d'Autriche demande la paix. Bonaparte négocie lui-même, il exige la Belgique, la rive gauche du Rhin et un gros morceau d'Italie pour étendre la République. Les autrichiens font trainer les choses.
Coléreux, avec des réactions physiques très violentes, Napoléon s'agite par la traine des négociations. Il marche de long en large, par son agitation, il heurte la table où reposait le service à thé et le renverse. La porcelaine tombe à terre, et se casse en centaine de petits morceaux
« Voyez, telle sera votre monarchie autrichienne avant trois mois. Je vous le promets. »
Et le jeune commandant obtient ce qu'il a demandé.
..-.-.-..
[Au Duc de Volterra]
« Février 1797
J'ai connu un homme religieux, jeune encore. Il était sage, comme tous ceux de sa race. Savez-vous ce qu'il me répétait ? Qu'il fallait dépasser toutes les idées reçues et ouvrir le dialogue, avant de juger. Il le disait mieux, naturellement, et utilisait des mots que je ne comprenais pas toujours. Finalement, il a dû me marquer, puisque je vous en parle. Votre femme est française, dit-on. On dit aussi qu'elle à la foi. Qu'en penserait-elle ?
Je ne vous aime pas beaucoup, à vrai dire. Et je crois que je ne vous plais pas non plus. Je réponds tout de même, à votre lettre chargée de l'arrogance de votre rang. Rassurez-vous, votre misérable Duché et votre petit pays ne m'intéresse que très peu. Mes ambitions sont bien plus grandes et bien plus glorieuses pour mon pays.
Vous êtes un homme intelligent Monsieur le Duc, en connaissance de cause, vous ne répondrez pas à cette lettre.
Saluez votre femme de ma part. Elle est une compatriote, après tout…
N. Bonaparte »
-o-
[Billet] [Aro à Napoléon]
« Je ne reçois, aucun ordre d'un fils de notable Corse.
Votre ami curé avait tort. Vous indifférez ma femme à un point difficilement imaginable. Votre fausse éloquence me donne mal aux yeux. Je vous salue avec toute l'arrogance de mon rang. »
-o-
[Caius à Bonaparte]
« Juin 1797
Je crois qu'il y a eu un malentendu.
Mon frère n'a jamais voulu vous manquer de respect. Envoyez une garnison n'était point nécessaire. Aussi, je vous prierai de bien vouloir la rappeler. N'était-elle pas plus utile au front que dans une misérable petite ville italienne ?
Mes salutations.
C. Volturi »
-o-
[Billet] [Napoléon à Caius]
« Il n'y a aucun malentendu »
-o-
[Louen à Napoléon]
« Juillet 1797,
Quand les hommes échouent dans les pourparlers, vient l'heure des femmes, n'est-ce pas ?
Je ne suis, ni mon mari avec sa sincérité vexante, ni son frère avec ses belles phrases trompeuses.
Je ne suis que la petite Duchesse d'un Duché misérable qui ne vous intéresse point. Je ne vais pas prendre la défense de mon mari, car il a été très maladroit.
Pour aller droit au but, je vous que vous rappeliez votre garnison chez vous, en France.
Je le demande, en tant que femme et être humain et non en tant que Duchesse. Vos soldats sont incroyablement mal éduqués. Ils pillent les pauvres, font des procès truqués et tuent des innocents. Devrais-je parler des femmes, qui se font abuser ?
J'ai honte, Monsieur. Je ne crois pas qu'ils reflètent les valeurs de mon pays, et s'ils le font, je ne veux plus être française.
Vous devriez avoir honte aussi.
A vrai dire, je n'ai jamais entendu votre légende, et je ne voudrai l'entendre que si vous agissez en autre chose qu'en un militaire. Peut-être oubliez-vous d'être un humain avec tout ça.
J'ignore après relecture, si mes mots sont blessants ou vexants. S'ils le sont, vous m'en voyez navrée, ce n'était pas mon but. Aussi, aurais-je la réponse assez tôt.
Prenez bien soin de ma douce France. »
-o-
[Billet] [Bonaparte à Louen]
« Je crois que vous oubliez et votre place, et de signer de votre titre cette charmante lettre.
Faites vous donc conter ma légende, je me ferai conter la votre. »
-o-
[Billet] [Lou à Bonaparte]
« Je vous remercie d'avoir rappelé vos hommes.
On m'a conté votre légende. Après quoi, je m'en suis voulue d'en avoir fait appelle à votre 'humanité'. Vous ne pouvez être un simple mortel pour enchaîner tant de succès. Je me suis rendue compte, après l'avoir dictée, que cette phrase était chargée d'éloges dont j'ignore si vous les méritez. Permettez que je me rattrape ? Je déteste les militaires. Ils sont plus barbares que les barbares eux-mêmes.
C'était minable, mais j'ai tenté.
Essayez de rester en vie jusqu'à la mort de Louis XVIII. J'enragerai de le voir monter sur le trône. »
-o-
[Derrière le même billet] [Bonaparte à Louen]
« Vous êtes divertissante. Je vous aime plus que je ne le devrai. Ne m'écrivez plus. Vous me déconcentrez et votre mari risque d'être jaloux, à force.
Essayez de restez en vie jusqu'à ce que je vienne vous annoncer en personne, la mort de ce lâche. »
oOo
Vous connaissez surement la légende comme quoi Caius serait de bonne humeur une seule fois tous les ans ? Non ? Permettez que nous reformulions alors, connaissez-vous la légende qui dirait que Caius serait insupportable la plupart de l'année ? C'est faux. Tellement faux. Car aujourd'hui le plus jeune des trois, était d'une humeur des plus joyeuses et attendez, ce n'est pas tout. Il l'avait été hier, puis avant-hier, et avant-avant-hier et... Vous saisissez, je suppose.
Pourquoi, direz-vous ?
Oh, il y avait tellement, tellement de choses qui comblaient son sadisme. Tenez, Jack avait encore déterré les fleurs de Marcus, ce chien est un g-é-n-i-e. Anthenodora s'est fait porter une nouvelle robe, quand elle l'a essayée et voulut savoir si tout cela lui allait, il a répondu que non, ça la grossissait. Lou a été assez naïve pour lui demander la même chose, au même moment. Que croyez-vous ? Il lui a dit qu'elle avait l'air splendide dans cette robe…devant le mari et sa femme.
Excellent !
Et Aro ! Aro était d'une humeur si massacrante que Caius s'en frottait les mains. Aro remballer sa petite femme ? Pensez-vous, il l'a fait plus d'une fois ! Parfois, on l'entendait hurler après elle :
« Louen ! J'espère que vous vous souvenez que ma santé mentale dépend de votre santé physique. Que croyez-vous faire dans cette petite robe en plein hiver ! Couvrez-vous, bon-sang ! »
« Lâchez votre bible deux secondes et allez prendre l'air. »
« J'ose espérer que vous n'avez sincèrement pas l'intention de m'accompagner à cette réception dans cette tenue de paysanne ? »
« Louen ! Votre idiot de chien à fait ses besoins dans mon bureau ! Nom de Dieu ! »
« Peut-être auriez-vous dû épouser 'Saint-Marcus' puisqu'il est si gentil ! »
« Louen ! Les stupides enfants que vous avez parrainés sont à nos portes. Allez à leur rencontre immédiatement. Ils hurlent à me donner mal au crâne. Oh ! Ne les laissez pas rentrer. Il est hors de question de mélanger les torchons et les serviettes ! »
Oh, la petite Lou n'était visiblement plus dans les faveurs du grand roi. Cela amusait beaucoup le plus jeune. Ce qui était moins drôle en revanche, c'était que de son coté, la petite femme ne se plaignait pas. Aux remarques cinglantes, elle répondait toujours par : « Oui, oui ! » ou « Non, non ! »
Mauvais comme il était, Caius espérait secrètement une dispute explosive du couple parfait. Mais quand la conversation dérivait en dispute, il y en avait toujours un des deux qui s'écrasait pour éviter un conflit. En ce moment, Lou tenait parfaitement ce rôle.
Bien sûr, contrairement au jeune roi, Aro n'était pas irritable pour un rien. Il avait tant de soucis, que finalement, son stresse s'évacuait naturellement avec des remarques blessantes destinées le plus souvent à ses proches, généralement à Marcus dont il était véritablement jaloux.
Malgré cette nouvelle menace, Caius décida d'aller trouver son frère, car le voir rager sur place, hurler pour rien, ou plonger son regard dans ses deux yeux rouges pleins de haine, comblait sa journée.
Il entra sans frapper dans son bureau, salua d'un « Bonjour ! » enthousiaste, et alla fouiner dans la bibliothèque du grand roi.
« Caius ! » cracha son frère de la fenêtre, « Qui vous a permis d'entrer ? »
L'autre ne fit que très peu attention au ton qui aurait fait fuir n'importe quelle personne saine d'esprit et prit un livre au hasard entre ses mains « A-t-elle réussi ? »
Le regard embrasé de son frère se posa sur lui « De quoi parlez-vous ? »
« Eh bien, » commença le blond en reposant le livre à sa place, et en tournant légèrement la tête sur le coté pour distinguer les titres des vieux ouvrages « je me demandais si votre adorable, votre bien-aimée épouse avait réussi à glisser discrètement une bible dans votre bibliothèque. Je dois dire que je suis déçu. »
Derrière lui, Caius entendit des bruits de pas se rapprocher. Néanmoins, ils s'arrêtèrent bien avant de le rejoindre et il supposa qu'Aro était retourné à son bureau. Cette pensée fut confirmée à peine quelques secondes plus tard, avec un raclement de chaise, un court silence, et finalement le bruit du plume grattant sur du papier.
Le jeune roi se retourna vers son frère. « Etes-vous toujours autant jaloux ? »
Les lèvres d'Aro se pincèrent naturellement, avant qu'elles s'ouvrent assez pour dire « Je ne vois pas de quoi vous parlez»
Caius fit son chemin vers le bureau en ricanant ouvertement « Je parlais de Bonaparte. »
« Je ne suis pas jaloux de Bonaparte », râla l'autre en trempant rageusement sa plume dans l'encre noire.
Son frère s'assit avec une nonchalance impressionnante, limite aurait-il pu poser les pieds sur le bureau pour poursuivre son attitude provocatrice « Il gagne au jeu du pouvoir. » jubila le blond « Bientôt, en aura-t-il plus que vous ! »
Il pensait réellement se prendre l'encrier dans le visage après sa petite remarque, mais Aro se contenta d'inspirer profondément, leva une seconde ses deux yeux rouges meurtriers vers lui, lui lança un sourire sarcastique et reporta toute son attention sur le document en face de lui.
Caius fut incroyablement déçu de sa réaction. Était-il venu pour pousser à bout l'incroyable roi des vampires ou pas ?
« J'ai vu votre petite femme. » avança-t-il de nouveau, d'un air innocent. Sachez, le sujet « Lou » était autant sensible que le sujet « Bonaparte ». Simplement parce que la petite chérie s'intéressait un peu trop à ce Napoléon, qu'elle prétendait détester, mais personne n'était réellement dupe, en réalité, elle devait l'admirer secrètement. Qu'elle passait toutes ses journées en compagnie du formidable, de l'extraordinaire Marcus. Qu'Aro supportait de moins en moins cette amitié qui grandissait avec le temps. Qu'il devenait légèrement (franchement) paranoïaque. « Elle était avec Marcus », informa calmement le jeune roi, en se retenant de dire un 'encore' après le 'était'.
« Vous m'en direz tant. » répliqua sèchement le mari sans lever les yeux vers son frère.
Caius ricana, « Oui c'est vrai, plus rien n'est surprenant. C'est vrai quoi, si vous cherchez votre âme sœur, il suffit de trouver votre frère, et vice versa. Très pratique.», il voulut hurler de rire quand Aro leva de nouveau la tête pour le toiser méchamment. « Comment le vivez-vous, sinon ? »
« Comment vivez-vous d'être un parfait idiot ? »
« Fort bien. Et vous ? », Aro avait ouvert la bouche pour répondre mais son cadet fut de nouveau plus rapide « Si vous voulez mon simple avis, vous devriez essayer de passer plus de temps avec votre petite femme. Vous restez enfermé ici toute la journée. C'est normal qu'elle se…divertisse avec quelqu'un d'autre. »
Il n'avait pas fini sa phrase que son frère se levait d'un bon, scandalisé, « Comment pouvez insinuer ce genre de choses ! » cracha-t-il fortement « Vous oubliez que vous parlez d'une catholique. »
Caius balaya son argument d'un revers de main « Notre ami Choderlos a bien prouvé que les bigotes pouvaient céder. »
« Vous me parlez littérature ? » répliqua brusquement son frère, « Mais Marcus n'est pas un Valmont et Louen n'est pas une Cécile de Volanges ! », il tourna les talons jusqu'à la fenêtre, derrière son bureau. « C'est donc pour cela que vous êtes venu ? Pour me parler de mon couple ? Vous auriez pu vous en abstenir. »
« En fait, non. Je voulais vous parler du grand Bonaparte mais ce sujet ne semble guère plus adapté… »
Aro se retourna légèrement vers son frère, le fusilla de son regard le plus noir. « Vous voulez parler de Bonaparte ? » siffla-t-il de mauvaise humeur, « Foutre alors ! Parlons de cet idiot », il retourna vers son bureau tout en hurlant maintenant « Je hais cet homme ! Non, je le méprise ! Si vous voulez me faire un cadeau d'anniversaire, envoyez moi son immonde tête que je l'accroche au dessus de ma cheminée ! », il s'assit lourdement sur sa chaise, en face de son frère dont les sourcils étaient comiquement haut perchés. « Cet homme n'était rien il y a trois ans ! Mais d'où vient-il, je vous le demande ! Pourquoi faut-il que le destin lui soit autant favorable ? A croire qu'il est l'envoyé de Dieu en personne pour être chanceux à ce point ! Foutre, ne répétez surtout pas ça à Louen, elle voudrait le rencontrer pour se prosterner à ses pieds ! Cette femme à une vision trop romantique du monde, vous ne trouvez pas ? De quel droit, de toute façon Bonaparte ose lui envoyer des lettres ? Je n'arrive pas à croire qu'il y ait eu une correspondance entre eux et… je peux savoir ce qui vous fait rire, crétin ?» Caius pouffa davantage ce qui ne fait qu'énerver plus son frère « Vous voulez savoir ? Je pense que c'est plutôt votre tête que je vais accrocher au dessus de ma cheminée ! »
Caius secoua négativement la tête tout en ricanant bassement « Tsss, Aro…vous êtes jaloux de cet homme. »
« J'espère pour vous que c'est une plaisanterie »
« Vous ne supportez pas qu'il ait plus de pouvoir que vous. Qu'il attire l'attention de tout le monde y compris de votre âme-sœur. Vous ne supportez pas qu'il ait autant de chance, et qu'il ait annexé la moitié de l'Italie à la France. Pays, que vous détestez depuis quelques années. Aro, vous êtes complètement rongé par la jalousie et la vengeance. Vous devenez irritable aux yeux de tous. »
Aro plissa dangereusement les yeux, « Perspicace. Et moi qui vous croyais aussi débile que l'Autrichienne, me voilà bien surpris»
Caius soupira en s'enfonçant un peu plus dans son siège, comme fatigué par la situation « Votre personnalité et vos ambitions ne sont un secret pour personne. Certains sont juste plus aveugles que d'autres… C'est le cas, -sans mauvais jeu de mot-, de votre femme qui, n'a pas qu'une vision romantique du monde, mais aussi de vous. » un rire sombre s'échappa de ses lèvres.
« Pourquoi faut-il que vous rapportiez toujours tout à elle ! »
Le blond leva les mains devant lui, « Je pensais qu'elle était le centre de votre monde »
Le concerné prétexta brusquement ranger tous les papiers éparpillés un peu partout sur son bureau, murmurant vaguement en retour, « C'est ce que je pensais aussi »
Son frère soupira en se penchant en avant « Quel est votre problème, Aro ? Du jour au lendemain vous vous enfermez dans votre bureau, ne voulant voir personne pas même votre âme-sœur. Vous montez sur vos grands chevaux dès que je vous parle d'elle ou de politique. Qu'avez-vous ? »
Son bureau était aussi vide que pouvait l'être le crâne de Marie-Antoinette, à cet instant. Aro se racla la gorge, alignant parfaitement sa plume blanche avec toutes les autres de telle façon à que tout soit bien parallèle, et bien soigné. Il était légèrement maniaque. « J'espère que vous ne vous attendez pas à ce que je me confie à vous... » dit-il vaguement en liant ses mains en prière.
« C'est vrai ! Je m'en fiche pas mal ! » ria l'autre « Mais vous ne viendrez pas vous plaindre quand la petite chérie en aura eu assez de votre froideur. S'il y a une personne qui n'en est pas habituée, c'est bien elle. Oh, et vous ne viendrez pas non plus pleurer quand elle remettra la clé de sa chambre à Marcus pour qu'il lui apporte des lettres et qu'il utilise ce prétexte pour- »
« Cessez avec ce stupide bouquin ! »
« Je trouve qu'elle ferai une très bonne Cécile de Volanges… », il eut le droit à un autre regard noir en retour. « Est-ce que vous remettre en main propre la tête du Corse ferait revenir votre bonne humeur légendaire ? »
Aro soupira doucement, se laissant tomber en arrière de son siège « Je ne pense pas »
« Vous avez clairement besoin de vous changer les idées. », râla le blond. Après un court silence incrédule, il ajouta, « Et il n'y avait rien de pervers… enfin…sauf si vous… »
Le brun leva précipitamment une main pour le faire taire « C'est bon…inutile de préciser les choses. »
« On ne sait jamais…vous êtes aussi prude qu'une bonne sœur », il rit à sa propre blague.
Son frère lui jeta un regard fatigué. « Je ne suis pas d'humeur à plaisanter, Caius. »
Le blond souffla lourdement « Aro, vous n'êtes pas d'humeur à chasser, à faire votre petit Duc, à plaisanter, à faire la cour à votre femme, à prendre des décisions pour le clan, à assister au procès des vampires hors la loi, ni aux condamnations, vous n'êtes pas non plus d'humeur à monter à cheval, ni a essayer de convaincre Jane d'utiliser son pouvoir sur vous, vous n'êtes pas d'humeur à corrompre le nouveau jardinier pour qu'il déterre toutes les fleurs de Marcus et ensuite faire croire à tout le monde que c'est la faute de Jack, vous n'êtes pas d'humeur à répondre à mes sarcasmes sur votre impuissance avec Louen et Dieu sait que j'y mets du cœur, vous ne répondez plus à vos missives, vous ne voulez plus que je vous parle des Liaisons Dangereuses, ni des misères de ma femme. Vous devenez quelqu'un d'ennuyeux… »
Caius avait continué plus longtemps sa tirade après avoir remarqué une étincelle nouvelle dans les yeux de son frère. Quelque chose qui se rapprochait de…l'amusement ?
« Déjà, je ne suis pas impuissant » répliqua-t-il calmement.
« Pourtant, la pauvre fille est frustrée »
« Ensuite, », continua-t-il en faisant semblant de n'avoir rien entendu, « Je n'ai pas essayé de corrompre le jardinier de Marcus… »
« Ne faites pas l'innocent, j'ai mes sources ! »
Aro leva brusquement le nez au plafond, « Corrompre le jardinier serait beaucoup trop évident, il se ferait prendre rapidement. J'ai corrompu la bonne pour qu'elle déterre les fleurs de Marcus et laisse croire que c'était Jack. »
« Voila, je vous retrouve ! » Le brun soupira discrètement, haussant les épaules, en retour. « Vous devriez aller trouver votre petite femme, elle est un remède efficace contre la déprime »
Aro secoua un peu la tête « J'ai bien peur qu'elle ne le soit plus »
« Arrêtez, je sais que vous faisiez d'interminables promenades avec elle, quand tout allait mal. »
« Elle avait sept ans, Caius. »
Le jeune roi leva les yeux au ciel en retour « En quoi est-ce différent ? »
« Les enfants ont un pouvoir qui fait en sorte que, quoi qu'ils fassent ou qu'ils disent, vous vous extasiez devant eux jusqu'à en oublier tous vos problèmes d'adultes » Caius renifla en retour en voyant son frère devenir rêveur. La haine présente sur son visage, n'était plus qu'un vaste souvenir. Ses phrases n'étaient plus que des murmures « Parfois ce temps me manque. »
« Qu'avaient-elles de si exceptionnelles, ces balades ? »
Aro prit brusquement conscience que Caius était toujours là, il leva un peu les yeux vers lui, le fixa sans vraiment le voir, « Je lui apprenais tout ce que je savais, et elle m'apprenait tout ce que je ne savais plus. »
oOo
Été 1772
« Et donc… qu'est-il arrivé à Maitre Corbeau après s'être fait piquer son fromage ? »
Si Marcus était chargé de la conduire à l'Eglise, Caius de lui apprendre les langues et les mathématiques, Aro était responsable des balades du Dimanche après-midi et de la littérature. Parfois, les deux se mélangeaient, ne rendant la balade que plus agréable.
Lou était toujours ridiculement petite, pour son âge. Elle aurait une poussée de croissance tardive, grâce à laquelle, elle dépasserait plusieurs hommes de la Cour. Elle en serait fière alors. Mais pour le moment, elle n'était qu'une petite fille de sept ans, minuscule, dont on devait rajuster chaque vêtement commandé.
Sur le chemin en terre des jardins de Volterra, elle levait tantôt la tête vers le chant des oiseaux, tantôt elle la tournait pour sentir mieux les parfums des fleurs, écoutant peu à la vérité, les discours d'Aro qui cherchait à l'éduquer.
« Il fut moins arrogant, et plus prudent. » répondit-il finalement.
Elle hocha distraitement la tête, faisant brusquement volte-face vers la voix du vampire. « Ce fut très intéressant, comme chaque parole qui sort de votre bouche. Continuons notre promenade. »
Il cligna plusieurs fois des paupières, se décida finalement à la suivre avant qu'elle ne lui échappe. Il apparut à ses cotés, aussi silencieux qu'un fantôme, la trouva en train de fredonner une chanson française qu'il ne connaissait pas.
« Aimez-vous ma nouvelle robe ? »
Aro baissa la tête sur la fameuse robe. Elle était d'un rose tape à l'œil qu'il n'aimait pas du tout. « Elle est très jolie »
L'enfant tourna son petit visage vers lui, inclina doucement la tête pour seul remerciement. Elle devenait assez coquette avec le temps, mais possédait une modestie que les autres fillettes ou femmes du même rang n'avaient pas.
Lou s'arrêta sans prévenir, prenant l'extrémité de la redingote d'Aro entre ses petites mains. Elle tira un peu dessus, pour attirer son attention « Oh, apprenez-moi autre chose ! Vous êtes mon professeur préféré ! »
« Que voulez-vous savoir ? »
« Tout ! »
Il sourit avec tendresse « Lou je ne puis tout vous apprendre, ne sachant moi-même pas tout… »
« Comment, vous ne savez pas tout ? »
« Je suis navré… »
« Oh ! » Elle lâcha son vêtement, gonfla quelques secondes ses joues déjà grosses, puis naturellement elle commença à rire. Elle reprit son chemin en sautillant, « Alors, » dit-elle brusquement en se retournant de nouveau vers lui « Apprenez-moi à danser comme une princesse ! », après ça, elle fit quelques tours sur elle-même, pour faire flotter sa robe autour d'elle, ne cessant jamais de rire.
« Vous n'avez pas besoin de moi…Vous vous débrouillez déjà très bien. »
Lou s'arrêta, ses petits sourcils s'arquèrent avec dédain « Décidément, vous êtes bien trop flatteur à mon gout.»
« Le suis-je ? » répondit-il innocemment.
Ils continuèrent en silence leur promenade. Après quelques minutes, ils sortirent du chemin de terre, comme ils avaient l'habitude de le faire.
Ils attendirent d'être assez à l'écart pour s'arrêter, comme à chaque fois. Lou tomba brusquement sur les fesses, et tâta le sol de ses petites mains blanches, à la recherche de fleurs, qu'elle cueillerait pour offrir à Maria. De minuscules pâquerettes furent arrachées à la Terre mère, sans gros scrupules. Plus loin, Aro fixait distraitement le paysage. N'importe qui s'intéressant à lui, ou le regardant plus attentivement, remarquerait à quel point ses yeux étaient expressifs. Alors que son visage était fermé d'anxiété, ses yeux reflétaient une douleur nouvelle, dont on ne devinait pas l'origine. Parfois, il soupirait discrètement, pour ne pas attirer l'attention. D'autre fois, sur le point de craquer, il se refermait sur lui-même, et son visage devenait autant inexpressif qu'une statue de pierre.
« Pourquoi êtes-vous malheureux ? »
Il mit du temps à comprendre que c'était bien à lui qu'elle s'adressait. Il se retourna lentement vers elle, se demandant comment diable faisait-elle pour toujours tout deviner à son propos. Il la trouva à rajuster toutes les minuscules fleurs qu'elle avait cueillies au même niveau, et s'apprêtant à les lier d'un ruban blanc.
« Je ne suis pas malheureux »
« Vous mentez. Vous mentez toujours à tout le monde. », elle tendit d'une main les fleurs, d'une autre le ruban. « S'il vous plait ? »
Aro s'approcha en deux grandes enjambées, prit les fleurs et le ruban, et tomba à coté d'elle en soupirant. Il lia les fleurs de l'énorme ruban qui avait eu pour rôle, il y a quelques minutes, de retenir les cheveux de la petite fille à sa gauche. Sa coiffure était ridicule maintenant. Elle avait les cheveux attachés en une couette d'un coté, et détachés de l'autre. Il lui retendit le bouquet et vola le ruban qui retenait la partie droite de ses cheveux.
Lou fut très fière de son bouquet.
« Comment faites-vous, de toute façon, pour être toujours heureuse quoi qu'il arrive ? »
Elle rabattit rageusement ses cheveux noirs dans son dos, tant ils la gênaient et posa son petit bouquet à ses cotés.
« Ma maman est morte. » dit-elle doucement, en se rapprochant de lui, « Mon papa nous a abandonné et mes frères doivent être morts aussi. On m'a obligé à quitter mon pays pour un, dont j'ignore les coutumes et la langue. Mes premières années de vie ont été très dures, et j'ai été très triste. Quand je vous ai rencontré, j'ai juré que je ne serais plus jamais malheureuse », après quoi, elle leva son petit visage vers lui.
Il passa une main nerveuse dans ses propres cheveux, « Je suis désolé »
« Pour quelle raison ? »
« Pour votre famille »
« Mais, ce n'est pas de votre faute »
Le silence retomba après cette belle vérité. Aro remarqua que ses petits problèmes paraissaient insignifiants à coté de ce qu'elle avait vécu. Elle était toute petite et pourtant, plus sage que lui. Il resta sans voix à la leçon qu'elle venait de lui donner.
Lou cueillit une fleur, et la lui tendit. Il la prit, la remerciant vaguement.
« Ma sœur non plus n'était jamais malheureuse », murmura-t-il brièvement, en tournant la petite fleur entre ses doigts.
« Que lui est-il arrivée ? »
Il soupira doucement, tournant un peu la tête vers elle. Il l'observa quelques instants. Elle ressemblait un peu à sa sœur. Pas physiquement, bien sûr. Mais elle possédait les mêmes qualités morales. « Elle est avec votre maman, en ce moment. »
Lou rougit de honte, « Je suis désolée ». Elle se mit sur ses pieds, s'assit sur ses genoux, et alla lui faire un câlin innocent pour le consoler.
« C'est une jolie fleur » dit-il en levant la minuscule plante minuscule devant le nez de Louen. Elle tendit la main pour toucher les pétales, afin de lui donner raison ou tort. « Je vais la garder précieusement »
« Vous n'êtes pas obligé. Elle est un peu petite et ridicule »
« Vous êtes un peu petite et ridicule avec vos cheveux emmêlés et votre robe rose bonbon, aussi. Mais je vous aime quand même, et vous garde égoïstement pour moi. »
« Cela aurait fait une belle déclaration d'amour, si vous ne m'aviez pas insulté en premier »
« J'ai dit que je vous aimais, tout de même », pour prouver ses paroles, il l'embrassa sur la joue.
« Vous voulez un bisou baveux en échange ? »
Aro grimaça directement, « Heu… dur dilemme…puis-je réfléchir deux secondes ? »
Elle fit la moue en retour. « Faites donc »
« Nous allons passer un marché » déclara-t-il après ses deux secondes d'intense réflexion.
« Ne commencez pas à acheter mes affections. »
« Ce sera donc un bisou baveux comme promis, contre un autre »
« Je ne veux pas de vos bisous baveux, moi »
« Et moi, je ne veux pas des vôtres »
Elle bouda une seconde « Ce sera donc un bisou non-baveux, contre un autre. »
« Très bien »
« Très bien »
Ils échangèrent leurs bisous promis. Puis d'autres, et finalement, la bave s'invita chez elle, il s'énerva pour de faux et lui jeta de l'herbe au nez. Elle le lui rendit de bonne grâce et chercha à s'enfuir, oubliant son petit bouquet. Il la rattrapa sans trop de difficultés. Il y eut d'autres affections innocentes sur le chemin du retour, dont des bisous visqueux. Arrivés au château, ils se séparèrent un peu à contre cœur. Ils se consolèrent en se disant qu'aujourd'hui, ils avaient été des âme-sœurs pour la première fois.
oOo
C'est des coups à la porte qui le sortirent de ses songes. Caius le regardait comme s'il lui était poussé une deuxième tête. Aro le nota brièvement mais ne s'en formalisa pas, « Oui ? »
C'était Démétri. Il paraissait bizarrement soucieux. Il les salua brièvement et enchaîna « Maitres, nous avons un problème… »
Caius se retourna vers lui « Bonaparte ? »
Le garde secoua négativement la tête « Si seulement… »
La fenêtre du bureau, ouverte, leur permis de comprendre la situation. Dehors, les cris de la populace énervée leur parvinrent.
A partir de ce jour, ils n'étaient plus ni nobles, ni italiens.
Ils étaient des vulgaires citoyens de la République Française.
..-.-.-.-..
Notes
Le blabla de dame Histoire :
-Bien qu'étant [en partie] sous influence française, l'Italie (composée du territoire appartenant à l'Eglise [Nord] et du royaume de Naples [Sud]) reste plus ou moins libre.
-Comme le petit speech du début le prouve, Bonaparte est un brillant chef militaire remportant l'ensemble des ses batailles. La suite, vous la connaissez.
- Choderlos de Laclos (encore un militaire) a, entre autre, écrit le roman épistolaire Les Liaisons Dangereuses (vous sentez l'influence du prof de Français ?). Libérations de mœurs, libertinage, corruption, vengeance ect…Pas besoin d'en faire une dissert', tout le monde connait.
..-.-.-.-..
N'oubliez pas de me plaindre au moins une seconde.
Une review et vous aurez la permission de faire un bisou (à l'endroit de votre choix) à Aro ou à Lou.
…
…
…
Quand je dis, « à l'endroit de votre choix », à la limite de la décence tout de même…Nous sommes toujours au XVIIIème siècle, les gars. Les roulages de pelles, c'est tabou.
*Bisous baveux*
