Disclaimer : rien ne m'appartient, ni les personnages, ni l'histoire… Je me contente de traduire

Avertissement : slash, rating M

Note de la traductrice : je suis sincèrement désolée, mais je n'aurai pas le temps de répondre aux reviews, cette semaine. Je viens tout juste de finir de corriger ce chapitre, et je dois partir dans cinq minutes, donc je ne répondrai pas à vos reviews. Je tiens juste à dire que vos commentaires me font vraiment plaisir, merci beaucoup ! Continuez à en envoyer, promis, la prochaine fois je répondrai !


Chapitre Vingt

Harry fit irruption dans l'infirmerie, à bout de souffle. Il fut surpris, étant données les circonstances, que presque personne ne semble s'apercevoir de son arrivée. Le chaos régnait dans l'infirmerie. En regardant tout autour de lui, frénétiquement, Harry repéra Hermione qui se précipitait vers lui.

Il s'attendait à ce qu'elle le serre dans ses bras. Au lieu de cela, elle lui attrapa la main et l'entraîna dans un autre coin de la pièce. « Harry, il faut que tu viennes aider, » dit-elle d'un ton désespéré.

Inquiet, Harry la suivit rapidement, et réalisa qu'elle le conduisait vers Remus. « Oh, non, pas Remus, pas lui, » gémit-il d'un ton misérable.

« Il va se remettre, Mr Potter, » dit Madame Pomfresh d'un ton brusque. « Mais j'ai cru comprendre que vous connaissiez un sort qui soignerait des blessures de ce genre beaucoup plus rapidement ? »

Harry acquiesça, se demandant si Snape allait le tuer en découvrant qu'il avait dévoilé son sort à d'autres personnes.

« Alors soignez-le – rapidement, » ordonna-t-elle. « Les mangemorts semblent utiliser de plus en plus souvent des sorts pour découper les gens, » ajouta-t-elle. « Il y a d'autres blessés qui doivent être soignés. »

Bien qu'elle ait de toute évidence d'autres patients dont elle devait s'occuper, Pomfresh resta à côté du lit, alors que Harry s'approchait pour soigner Remus. Il y avait deux larges plaies le long du torse de Remus, ce qui rappelait à Harry la fois où il avait infligé une blessure semblable à Draco. Harry guida sa baguette le long des blessures, les guérissant toutes les deux. « Il faut lui donner de la dittanie, » dit-il quand il eut fini.

Madame Pomfresh hocha la tête, et Harry réalisa qu'elle tenait déjà une fiole. « Nous parlerons plus tard, Mr Potter. Pour l'instant, suivez Miss Granger qui vous conduira aux autres patients qui pourraient bénéficier de ce sort ce soir. »

Harry fit le tour de la pièce, soignant toutes les blessures qu'il pouvait soigner. Hermione le suivait, administrant de la dittanie après. Harry réalisa rapidement que Madame Pomfresh les précédait auprès des patients, établissant des diagnostics et soignant les autres blessures.

Tellement de blessés. Certains que Harry ne reconnaissait même pas. Mais Charlie était de retour sur un lit d'hôpital, et Mr Weasley avait reçu un coup à la tête après avoir été stupéfixé.

Finalement, il s'appuya contre le mur le plus proche du lit de George. Les Weasley parlaient doucement, et Harry s'étonna que personne ne soit endormi. Pomfresh lui donnait toujours une potion pour le faire dormir quand il était à l'infirmerie. Mais, il devait bien l'admettre, les circonstances étaient différentes.

Il sursauta quand il sentit qu'on lui serrait l'épaule. Ses yeux s'écarquillèrent légèrement quand il se rappela que Draco l'avait suivi dans Poudlard. Draco était au milieu de l'infirmerie de Poudlard. Où se trouvaient un grand nombre de personnes qui souhaitaient le voir mort où à Azkaban. Et après ça, Draco disait que Harry était stupide. Harry se rapprocha quand même du corps à côté de lui.

Maintenant que la situation était bien plus calme, Harry vit McGonagall qui se dirigeait vers lui, accompagnée de Remus, Tonks et Pomfresh.

Harry fit un pas en avant, s'écartant de Draco, quand Remus s'approcha. Il fut immédiatement serré dans les bras du sorcier.

« Harry, je suis inquiet pour toi, » murmura doucement Remus.

« Ce n'est pas moi qui ai été blessé, » rétorqua Harry, la voix étouffé par le torse de Remus. Il sentit son torse se soulever quand Remus se mit à rire doucement.

« Avec tout le sang que tu as sur toi, on pourrait croire que tu as été blessé, » dit Remus en se reculant et en souriant affectueusement.

Harry baissa les yeux sur ses vêtements. « Oui, une douche et des vêtements propres paraissent être une super idée. »

« Pas tout de suite, Mr Potter, » dit McGonagall.

Harry grogna et s'appuya de nouveau contre le mur, alors que Pomfresh ordonnait à Remus et Tonks de s'asseoir. Il sentit Draco le frôler, et il se sentit horriblement exposé, malgré le fait que tout le monde s'était tourné vers McGonagall.

Pomfresh tira les rideaux, pour s'isoler du reste de l'infirmerie, puis McGonagall lança des sorts de silence autour d'eux, ce qui rendit Harry extrêmement nerveux par rapport à la présence de Draco. Il se força à se rappeler que les deux secrets les plus importants qu'il avait vis-à-vis de Draco concernaient Snape et les Horcruxes, et McGonagall n'était pas au courant non plus, et elle n'aborderait donc pas ces sujets.

Il mit de côté ses inquiétudes quand McGonagall l'informa des différentes morts. Plusieurs personnes étaient mortes, et Harry ne reconnut que quelques noms. Il ferma les yeux, posant la tête contre le mur alors qu'il enregistrait ces informations. Entendre parler de gens qui mouraient était, malheureusement, une chose à laquelle il s'habituait.

Il se sentait coupable, parce qu'il avait été là et n'avait pas pu aider. C'était lui qui avait appelé ces gens ici. Il se sentait coupable aussi de se sentir soulagé qu'il ne s'agisse de personne dont il était proche.

« Harry! »

Il ouvrit les yeux lentement, simplement pour voir que tout le monde le regardait. « Ce n'est pas ta faute, Harry, » dit Hermione d'un ton brusque, même si elle avait des larmes aux yeux et s'accrochait à Ron.

« Je n'ai pas dit que ça l'était, » dit doucement Harry.

« Mais tu le penses, » dit Ron. « Même moi je peux le voir. »

Harry eut un demi sourire. « Hermione t'a donné des cours de psychologie ? » demanda-t-il.

Le groupe éclata de rire, malgré les larmes.

« Non, je te connais, c'est tout, » rétorqua Ron, avec un faible sourire.

« Mr Potter, vos amis ont raison, » dit McGonagall. « J'ai réuni ce groupe ici pour vous annoncer personnellement ces mauvaises nouvelles, mais aussi pour vous dire que vos efforts ont sauvé la ville de Pré-au-Lard et les gens qui y habitent. »

« Je n'ai rien fait, » protesta Harry. « Je ne me suis même pas battu, » dit-il amèrement. « Je ne peux pas encore me permettre de combattre pour le moment. »

McGonagall leva la main pour faire taire les autres qui avaient commencé à protester. « Potter, je suis consciente qu'il s'agissait d'une action collective, » commença-t-elle. « Je suis également consciente que vous avez fait bien plus que simplement ne pas combattre. Cependant, j'ai beaucoup de questions concernant vos activités de cette nuit. »

Harry la regarda, sur ses gardes. « Il y a peu de chances que j'y réponde, » dit-il d'un ton prudent.

« Oui, j'en suis consciente, » dit McGonagall. « Vous pourriez peut être commencer par expliquer quel est le sort que vous avez utilisé pour sauver deux vies et soigner de nombreux blessés ce soir, » suggéra-t-elle.

Harry regarda Tonks, puis Remus, puis George. Puis il remarqua Bill qui souriait.

« Oui, Harry, » dit Bill d'un ton amusé. « Explique-nous. »

Harry lui sourit. « Tu es juste fatigué d'essayer de fabriquer des excuses, » rétorqua-t-il.

Mrs Weasley regarda Harry et Bill d'un air stupéfait, puis s'adressa à Harry. « Tu as soigné Bill? » demanda-t-elle.

Harry hocha la tête à contrecoeur. Elle sembla vouloir le prendre dans ses bras, mais Mr Weasley l'arrêta d'une main sur son épaule.

« Pourquoi est ce que tu ne nous as rien dit, Harry? » demanda Hermione, en fronçant les sourcils.

Harry soupira. « Parce qu'avant je ne savais pas si ça allait marcher. Et puis après je ne voulais pas attirer encore plus d'attention, » expliqua-t-il. « Et aussi parce que j'ai appris ce sort dans le livre, et je n'avais pas du tout envie que tu me prennes la tête une fois de plus avec ça. »

Hermione lui adressa un regard sévère. « Tu as essayé d'utiliser un autre sort de ce livre? »

« Oui, et ça a marché, » dit sèchement Harry, indiquant de la main toutes les personnes qu'il avait soignées.

« Ça pourrait être un sort de Magie Noire, » s'entêta Hermione, refusant d'abandonner malgré les bienfaits évidents du sort.

Harry haussa les épaules. « Je pense que c'est à la limite, » admit-il.

« Comment est ce que tu as pu apprendre un tel sort? » demanda Remus, d'un air suspicieux. « Un sort tellement puissant, et tu l'aurais appris simplement en lisant ? »

Harry soutint son regard. « J'ai appris un sort bien pire, simplement en en lisant le nom, » dit-il calmement.

« C'est vrai, » intervint Ron. « Celui avec lequel tu as failli tuer Malfoy il y a quelques mois. »

Harry grimaça alors que tout le monde se mettait à parler en même temps.

Il sentit la main de Draco caresser son bras, de manière rassurante. Cela semblait rassurant, en tous cas, et Harry était soulagé de ne pas être frappé ou quoi que ce soit. Avec un peu de chance, Draco ne se sentait pas vexé par tout ça.

« Ça suffit! » dit sévèrement McGonagall. Tout le monde se calma presque immédiatement. « Mr Potter, je pense que vous avez quelques explications à fournir. »

Harry se tourna vers elle, le visage fermé. « J'avais lu un sort dans le livre de Snape, une note dans la marge. Tout ce que je savais, c'était le nom du sort, et qu'il était pour les ennemis. J'ai surpris Malfoy, et on s'est retrouvé dans un duel. J'ai utilisé le sort. J'ai presque découpé Malfoy, » avoua-t-il sincèrement. « Snape a utilisé un sort pour soigner Malfoy. J'ai récemment trouvé le sort que Snape a utilisé, et je l'ai appris. Il s'est révélé assez utile. »

McGonagall pinça les lèvres, et Harry était certain qu'elle allait lui poser d'autres questions avant de le punir sévèrement. Il fut surpris quand elle reprit la parole.

« Je pense que nous devrions garder la nature de ce sort entre nous, mais Potter, vous devrez apprendre à Poppy comment le lancer, » dit fermement McGonagall.

Harry hocha la tête.

« Il s'est en effet révélé bien utile, et nous traversons une période difficile, » continua McGonagall. « J'ai beaucoup de questions, mais bien plus fort que toutes mes interrogations est mon sentiment de fierté face à tout ce que vous avez accompli ce soir. »

Harry, mal à l'aise, se dandina d'un pied sur l'autre, et McGonagall sourit. « Je sais que vous ne souhaitez aucune reconnaissance, mais je suis stupéfaite que vous ayez réussi à mettre tout en place aussi rapidement. La façon dont vous avez géré Scrimgeour était impressionnante. Vous avez fait venir l'aide dont nous avions besoin. »

Elle fit une pause, et le regarda soudain d'un air suspicieux. « Mr Potter, j'ai discuté avec de nombreuses personnes ce soir, et plusieurs d'entre elles ont fait la remarque que les mangemorts semblaient souvent avoir des problèmes avec leurs mains qui tenaient leurs baguettes. Vous n'en connaîtriez pas la cause, par hasard? »

Harry pencha la tête et afficha un sourire innocent, ce qui ne trompa aucune des personnes présentes. « Je ne leur ai rien fait, » répondit-il – honnêtement.

« Vous ne nous direz rien, » corrigea McGonagall.

« Pas pour le moment, » acquiesça Harry. Il les aurait probablement mis au courant, mais Draco avait le serpent, et il n'y avait pas moyen de le récupérer devant tout le monde.

« Y a-t-il quelque chose que vous soyez prêt à nous dire? » demanda-t-elle.

Harry fronça les sourcils et réfléchit. « Non, je ne pense pas, » dit-il lentement.

« Vous êtes aussi secret qu'Albus, » le réprimanda McGonagall.

Harry sourit. « Merci, » dit-il d'un ton satisfait. « J'en suis honoré. »

Le groupe se mit à rire, mais la plupart continuait de regarder Harry d'un air curieux, voire avec suspicion. Hermione et Remus, en particulier, étaient définitivement suspicieux.

« Bon, si mon interrogatoire est terminé, pouvez vous nous parler des mangemorts, maintenant? » demanda Harry.

« Plusieurs ont été capturé cette nuit, » les informa McGonagall. « Mais je ne crois pas que nous ayons capturé aucun des mangemorts les plus haut placés. »

« Et Snape et Malfoy? » éclata Ron avec colère.

McGonagall secoua tristement la tête. « J'ai entendu plusieurs témoins dire qu'ils avaient vu Snape à la bataille, mais il n'a pas été capturé. » Harry n'était pas certain si elle était triste parce que Snape se battait du mauvais côté, ou parce qu'il n'avait pas été capturé.

Harry essaya de conserver une expression neutre, se contentant de suivre la conversation.

« Et Malfoy? » cracha Charlie. « Ce bâtard s'est encore échappé? »

« Je n'ai entendu aucun rapport comme quoi quelqu'un l'aurait vu ce soir, » dit McGonagall.

« Peut être que Malfoy s'est tout simplement amélioré pour se cacher depuis la dernière fois, » suggéra Fred, souriant à Charlie.

« Mais bon, tu as de toutes façons atterri à l'infirmerie, une fois de plus, » ajouta George, qui souriait lui aussi à son frère aîné.

Harry baissa la tête, essayant de garder un visage impassible. Il n'arrivait pas à croire que les jumeaux plaisantaient sur la situation ! La main qui caressait son bras s'était arrêtée, et Harry s'appuya contre le corps à côté de lui.

« La ferme, vous deux, » grogna Charlie, mais il souriait. « Ce n'est pas comme si j'étais le seul ici. »

« Je souhaite sincèement que vous cessiez de me torturer, et que vous restiez à l'écart de l'infirmerie à l'avenir, » dit sévèrement Mrs Weasley.

Harry souriait avec les autres, quand il se rendit compte que Remus le regardait d'un air pensif. Harry souleva un sourcil, interrogatif, mais Remus se contenta de secouer légèrement la tête.

« Je pense qu'il est temps pour mes patients de se reposer, » déclara Pomfresh. « Le reste d'entre vous devrait rentrer et se reposer aussi. » Elle regarda Harry. « Toi, je t'attends ici demain. »

Harry hésita un moment, mais il ne voyait aucun moyen d'y échapper. « Je serai là, » dit-il d'un ton résigné. « Mais je dors avant, » ajouta-t-il.

Elle sourit, et marqua son accord d'un signe de tête.

« Dans ce cas, je pense que vous viendrez discuter avec moi après, » dit McGonagall. « Peut être à seize heures ? » suggéra-t-elle.

Harry grogna. Il détestait toutes ces 'discussions'. Elles étaient toujours stressantes, d'une manière ou d'une autre. Et il était certain que Draco était en train de rire sous cape. « Je serai là, » marmonna-t-il.

« Nous allons parler maintenant, Harry, » dit doucement Remus, mais d'un ton impératif.

« Remus, il est tard, » protesta Harry.

« Il est très tard, » acquiesça Remus. « Mais tu m'accorderas quand même quelques instants. »

Hermione sembla déçue que Remus l'accapare. « Demain, Harry, » dit-elle.

« J'aurai déjà largement ma dose d'interrogatoire demain, » dit Harry d'un ton sarcastique. « Je te verrai mardi. »

« Mais, Harry, » protesta Hermione.

« Non, » dit fermement Harry. « Je prévoie de dormir, et après j'ai des choses à faire. »

« Alors, je serai là demain pour que tu puisses m'apprendre ce sort, à moi aussi, » dit Hermione d'un ton sans réplique.

« Moi aussi, » intervint Ginny.

« Je suppose que ça veut dire que je serai là, » marmonna Ron.

« On viendra aussi, » ajouta joyeusement Fred.

« On a toujours beaucoup appris dans les leçons de Harry, » acquiesça George.

Harry roula des yeux. « Très bien, alors je verrai tout le monde ici vers trois heures demain, » dit-il, abandonnant la discussion.

« Parfait, » dit McGonagall. « Repose toi bien, Harry, » dit-elle en souriant aimablement.

Harry lui adressa un regard noir, ainsi qu'à Hermione, sachant qu'il serait probablement interrogé sans pitié le lendemain.

« Viens, Harry, » dit Remus.

En soupirant, Harry suivit Remus hors de l'infirmerie. Il s'arrêta un moment, la porte toujours ouverte, et se retourna pour regarder tout le monde. Il avait simplement eu l'intention de s'arrêter pour laisser passer Draco, mais il hésita plus longtemps que nécessaire alors qu'il parcourait l'infirmerie du regard. Il restait encore beaucoup de monde. Certains étaient blessés, d'autres étaient au chevet des patients. Presque tous avaient combattu pour défendre Pré-au-Lard.

« Il y a eu de nombreuses autres personnes emmenées à Sainte Mangouste, » dit calmement Remus. « Beaucoup de gens étaient volontaires pour se battre. » Il regarda Harry dans les yeux. « Tous sont venus parce que tu les as appelés. »

Harry soupira et ferma finalement la porte, avant d'emboîter le pas à Remus.

« Tu te sens responsable d'eux, » nota Remus.

« Un peu, » dit Harry. « C'est difficile de ne pas se sentir responsable. »

Remus marmonna un 'mm' en réponse. Il garda le silence pendant plusieurs minutes alors qu'ils s'éloignaient de l'infirmerie.

L'épuisement avait fini par rattraper Harry et il ne faisait pas vraiment attention à la direction qu'ils prenaient, se contentant de laisser ses pieds le transporter. Ce n'est que lorsqu'il sentit qu'on lui agrippait le bras qu'il réalisa où ils se dirigeaient. En haut, vers la Tour d'Astronomie.

Harry s'arrêta en plein milieu du couloir. « Remus, où est ce qu'on va? » demanda-t-il.

Inexplicablement, Remus sourit. « Je me demandai si il y aurait un problème en montant vers là, » dit-il.

« Bien sûr, qu'il y a un problème, » dit sèchement Harry. « Tu sais ce qu'il s'est passé là haut. »

« Peut être que je le sais, » dit Remus, en hochant la tête.

Harry fronça les sourcils en entendant le ton de Remus. Il n'arrivait pas à voir où il voulait en venir.

« Viens. On est à côté de la Salle sur Demande, » dit Remus. « La nuit a été longue, et j'apprécierai de pouvoir me reposer un peu. »

Harry le regarda avec inquiétude. « Je suis surpris que tu soies sorti de l'infirmerie, » dit-il.

Remus sourit. « Heureusement pour moi, Poppy avait beaucoup de distractions ce soir, » dit-il.

Harry ne put s'empêcher de sourire en retour. Ils changèrent légèrement leur direction et se dirigèrent vers la Salle sur Demande.

J'ai besoin d'un endroit confortable pour discuter avec Remus... J'ai besoin d'un endroit confortable pour discuter avec Remus... J'ai besoin d'un endroit confortable pour discuter avec Remus...

La porte apparut et Remus s'avança pour l'ouvrir, et entra. « Très joli, Harry, » dit Remus d'un ton appréciateur.

Harry sentit Draco le frôler, et entra à son tour, regardant la pièce. Elle ressemblait à une salle commune confortable, mais sans toutes les couleurs de maison clinquantes. C'était beaucoup plus sobre et confortable, avec des chaises et des canapés entourant une grande cheminée.

Remus s'assit dans l'un des fauteuils, et fit signe à Harry de faire de même. Harry se laissa tomber dans un canapé, et décida immédiatement qu'il ne souhaitait plus bouger. Il posa sa tête en arrière et grogna doucement de bien être.

« Confortable ? » demanda Remus, amusé.

« Je suis fatigué, Remus, » dit Harry en faisant la moue, les yeux toujours fermés. « Cette journée a été incroyablement longue. C'est le milieu de la nuit. Ce canapé est confortable, et je pourrai m'endormir ici sans problème, » ajouta-t-il.

« Peut être que ton invité apprécierait une opportunité de s'asseoir et de se reposer également, » dit Remus calmement.

Harry ouvrit soudain les yeux et releva la tête pour regarder Remus. « Tu es mon invité ici, » dit-il lentement.

Remus hocha la tête pour acquiescer. « Mais je ne suis pas le seul, » dit-il.

« Remus, pourquoi est-ce que tu voulais me parler? » demanda Harry d'une voix dure. Remus ne pouvait pas savoir que Draco était là, si?

« Comme je l'ai déjà dit, je m'inquiète pour toi, » dit Remus, regardant Harry d'un air inquiet. « Et je souhaite aussi que tu saches que peu importe ce que tu attends de moi, tu as mon soutien. »

Harry regarda le sorcier avec circonspection. Ils n'avaient pas pu passer beaucoup de temps ensemble, mais Remus était la personne se rapprochant le plus de ce que Harry pouvait considérer comme sa famille. Bien sûr, il y avait les Dursley, mais même avec l'attitude légèrement différente de Petunia, ils n'évoquaient pas les mêmes émotions.

Remus sourit de nouveau. « Je pense que tu aurais peut être dû écrire l'essai sur les loups garous qui t'avait été assigné, » dit-il.

Harry fronça les sourcils, confus.

« La pleine lune est dans une semaine, » dit calmement Remus. « Si tu avais écrit cet essai, tu saurais qu'un loup garou a un odorat plus développé, particulièrement quand la pleine lune approche. »

Harry écarquilla les yeux en comprenant ce que Remus voulait dire. Il pouvait sentir Draco dans la pièce avec eux.

« Je pense qu'il y a quelqu'un d'autre ici qui aurait aussi dû écrire cet essai, » ajouta Remus.

« Qu'est ce que tu essayes de dire, Remus? » demanda Harry. Si il était vraiment au courant pour Draco, ils étaient sérieusement dans la merde.

« Je n'ai pas la moindre idée de comment cette situation a pu se produire, » admit Remus, en fronçant les sourcils. « Mais je suis ici pour aider de quelque façon que ce soit. Si tu veux bien. »

Harry baissa la tête et essaya de réfléchir. Est ce qu'il pouvait faire confiance à Remus? Il n'était pas aussi colérique que Ron, loin de là. Et en tant que Maraudeur, il n'était pas autant à cheval sur le règlement que Hermione. Mais il avait promis à Draco qu'il ne le trahirait pas.

Harry rencontra le regard de Remus. « Je suis désolé, Remus, mais je ne peux rien te dire, » dit-il. Remus avait peut être des soupçons, mais il n'avait aucune preuve.

Remus hocha la tête, acceptant la décision de Harry, mais il semblait déçu.

« Je ne voulais pas te décevoir, » dit Harry misérablement.

« Non, Harry, » dit Remus en souriant tristement. « Tu ne pourrais jamais me décevoir. Je suis incroyablement fier de toi et de tout ce que tu fais. Je suis simplement déçu de ne pas pouvoir t'aider plus. »

« Mais tu m'aides, » protesta Harry.

« Je pense que tu te charges de tâches dont personne d'autre ne souhaiterait se charger, » dit Remus. « Où tu trouves la force de faire tout cela, je n'en ai pas la moindre idée. »

Le choix des mots de Remus fit sourire Harry. Remus le regarda d'un air interrogateur.

Harry secoua la tête, souriant toujours.

Il y eut un bruit de tissu et Draco apparut soudain, nerveux et regardant Remus attentivement. Remus avait deviné, bien sûr, mais cela ne l'empêcha pas de sembler surpris en voyant Draco.

« Draco, » dit Harry d'un ton réprobateur. « Qu'est ce que tu fous? »

« Il sait déjà que je suis ici, » dit Draco sèchement.

« Il ne faisait que le suspecter, crétin, » rétorqua Harry d'un ton irrité. « Il ne t'a même pas mentionné par ton nom. »

Draco roula des yeux d'un air impatient. « Non, mais on sait tous de qui vous étiez en train de parler. »

« Et bien, oui, » admit Harry. « Mais tu n'étais pas obligé de te montrer. »

« Je ne pense pas qu'il dira quoi que ce soit, » dit Draco.

Harry cligna des yeux. « Est ce que tu essayes de me convaincre moi? » demanda-t-il, stupéfait.

« Si il est au courant, et qu'il souhaite aider, alors il pourra peut être t'aider avec toutes les questions qu'on va te poser demain, » dit Draco sèchement.

Cela fit réfléchir Harry et il regarda Remus, qui les regardait tous les deux d'un air ébahi.

« Oui, et bien, asseyez vous, Mr Malfoy, » dit Remus d'un ton absent.

Draco se laissa tomber sur le canapé à côté de Harry, faisant hausser les sourcils à Remus.

« Tu ne croyais pas vraiment qu'il était là, n'est ce pas? » demanda Harry à Remus.

Remus regarda les deux garçons assis ensemble sur le canapé. « J'étais assez certain qu'il était là, mais je ne suis pas sûr d'y croire vraiment, même maintenant, » admit-il.

« Remus, tu ne peux rien dire à personne, » dit Harry d'un ton suppliant.

« Est ce que tu sais ce que tu fais, Harry? » demanda Remus.

Harry eut un rire sans joie. « Putain, non, » s'exclama-t-il. « Mais je sais que je peux faire confiance à Draco. »

« Draco? » interrogea Remus d'une voix incrédule, remarquant l'utilisation du prénom de Draco cette fois. « Comment, par Merlin, en êtes vous arrivés à vous appeler par vos prénoms? »

Harry jeta un coup d'oeil à Draco, qui avait un sourire en coin. Harry lui frappa la cuisse pour avertissement. « Ne commence pas, » dit-il.

« Je n'ai pas dit un mot, » dit Draco, souriant toujours.

Harry le regarda d'un air suspicieux, mais se retourna pour répondre à Remus. « Je, euh, lui ai dit qu'il pourrait aussi bien m'appeler par mon prénom quand il est venu vivre avec moi, » admit-il.

« Il vit avec toi? » s'exclama Remus, ses sourcils atteignant le haut de son front. « Chez les Dursley ? »

« Euh, oui, » admit nerveusement Harry.

Remus ouvrit la bouche pour parler, mais ne sembla pas pouvoir la refermer, alors qu'aucun mot ne venait.

« Remus? » dit Harry d'une voix inquiète.

Remus ferma la bouche, puis ses yeux.

Harry regarda Draco, incertain de ce qu'il devait faire. Il sortit sa baguette, et, après un coup d'oeil à Remus, lança un Sort de Silence autour de lui et de Draco.

Draco soupira. « On ne pourra pas échapper aux questions, n'est ce pas? » demanda-t-il à Harry.

Harry secoua la tête. « Je ne pense pas, non, » répondit-il d'une voix désolée. « Tu devrais peut être lui parler, » suggéra-t-il. « Je ne sais pas ce que tu acceptes de lui dire, ou ce que tu veux garder secret. »

« Qu'est ce que tu en penses? » demanda Draco en fronçant les sourcils.

Harry haussa les épaules. « Je fais déjà confiance à Remus. C'est à toi de voir ce que tu souhaites lui dire. Je sais que ça signifie que tu ne lui dirais rien si tu avais le choix, mais…, » il laissa sa phrase en suspens, et haussa les épaules en signe d'impuissance.

Draco se frotta les yeux. « Je n'arrive pas à croire que j'envisage de dire quoi que ce soit au loup, » marmonna-t-il.

« Tu n'aurais pas eu besoin de lui dire quoi que ce soit si tu avais gardé la cape, » s'irrita Harry.

« Mais tu as besoin de son aide, » rétorqua Draco en fusillant Harry du regard.

« Je me débrouillais très bien, » protesta Harry.

« Mais tu ne devrais pas être obligé de tout gérer tout seul, » rétorqua Draco. « Ce n'est pas pour moi que je lui parle, imbécile. »

« Je ne t'ai pas demandé de risquer ta sécurité, » dit Harry, une lueur dangereuse dans le regard.

« Non, tu m'as simplement ordonné de marcher en plein milieu d'une bataille avec toi, » dit Draco d'un ton sarcastique.

Harry sursauta comme si il avait été giflé, et Draco écarquilla les yeux.

« Harry, » dit Draco d'une voix implorante.

« Non, tu as raison, » dit Harry froidement. « J'avais dit que j'essaierai de te garder en sécurité, et après je change d'avis et je t'ordonne de participer à une bataille où tu es recherché par les deux camps. »

« Je ne suis pas une espèce de gryffondor inconscient, mais j'essaye d'aider, » rétorqua Draco. « Je sais qu'on est en plein milieu d'une putain de guerre. Je sais aussi que tu es littéralement au centre de tout ça. Je ne m'engage pas là-dedans sans réfléchir, mais ça reste difficile. »

Il inspira profondément. « On sait tous les deux que Lupin n'est pas une des personnes que je préfère, mais on sait aussi qu'il est important pour toi. Il savait déjà que j'étais là. C'était mon erreur, » admit Draco. « A partir de là, ça semble logique de profiter qu'il soit au courant. Il pourrait t'aider, te soutenir, et tu en as bien besoin. »

« C'est ce que tout serpentard ferait, » dit lentement Harry. « Profiter d'une situation, quelle qu'elle soit. »

Draco acquiesça de la tête. « Je sais que c'est un risque, mais il semblait accepter, » dit-il en grimaçant légèrement. « C'est beaucoup moins risqué de dire à Lupin la vérité quand de toutes façons il s'en doute déjà, que ça ne le serait de le dire à Weasmoche. »

Harry le fusilla du regard, et Draco roula des yeux. « J'ai des limites, Harry, » dit-il d'un ton hautain.

Harry hocha la tête avec réluctance. « Tu en as fait plus que ce à quoi je m'attendais de ta part, » admit-il.

« On fait souvent des sacrifices en temps de guerre, » dit Draco.

« Tu fais beaucoup de sacrifices, » confirma Harry.

« Je ne suis pas le seul à en faire, » dit sérieusement Draco. « Tu as fait beaucoup de sacrifices pour moi et ma famille. J'essaye d'en faire autant, mais ce n'est pas facile. »

Harry lui sourit chaleureusement. « J'apprécie cela, » dit-il.

Draco regarda Remus, qui les regardait tous les deux avec intérêt. « Alors, est ce que tu souhaites lui dire pour nous deux ? » demanda Draco.

« Je suppose que je devrai le faire, si tu es d'accord, » répondit Harry. « Mais je ne sais pas trop comment il va supporter le choc, » ajouta-t-il nerveusement.

« On va savoir ça tout de suite, » dit Draco, une lueur malicieuse dans le regard.

Harry n'eut pas le temps de demander comment avant que Draco ne se penche pour l'embrasser. Harry se laissa aller, sans vraiment faire attention à la présence de Remus pendant quelques instants. Draco était chaud et réconfortant contre lui, et le baiser l'aida à se détendre et à apaiser ses nerfs mis à vif.

Draco se redressa et ses lèvres esquissèrent un demi sourire. Harry réalisa que le baiser devait avoir eu le même effet sur Draco, parce qu'il semblait lui aussi beaucoup plus détendu.

Harry finit par désactiver le Sort de Silence et ils se retournèrent vers Remus. Harry eut pitié de Remus, qui les regardait, encore plus abasourdi qu'il ne l'avait été à tout autre moment de la nuit.

« Je comprends pourquoi le pop-corn, maintenant, » dit Draco d'une voix amusée.

Harry ricana, jetant un coup d'oeil rapide à Draco avant de se tourner vers Remus. « Ce n'était sans doute pas la meilleure façon de te l'annoncer, » dit-il d'un ton désolé, « mais Draco et moi sommes en quelque sorte ensemble. »

« Comment? » demanda Remus, d'une voix incrédule.

Draco attrapa soudain la cape qu'il avait posée derrière lui sur le canapé et commença à fouiller dans les poches. Il retira trois fioles et en tendit une à Harry et l'autre à Remus. « Pimentine, » dit-il. « Nous sommes tous exténués, mais je pense qu'on va encore être ici pour un moment, » admit-il.

Remus suivit l'exemple de Harry et avala le contenu de la fiole. Lorsqu'ils se sentirent tous plus en forme, Draco commença à expliquer exactement ce qu'il s'était passé depuis qu'il était arrivé avec Victoria chez les Dursley. Harry l'aida à compléter ce qui concernait Scrimgeour, Winky, et les jumeaux. Draco parla de sa mère et de leur désertion du Lord Noir.

Remus écouta tout cela attentivement, interrompant rarement, ne posant que quelques questions de temps en temps pour clarifier un point. Quand ils eurent fini leur récit, Remus se rassit et les regarda tous les deux d'un air stupéfait.

« Je suis abasourdi par tout ce que vous avez été capable de surmonter tous les deux pour en arriver à ce point, » dit-il.

Harry et Draco haussèrent tous les deux les épaules.

« Draco, est ce que ça te dérange si je parle un moment avec Harry en privé? » demanda Remus.

Draco sembla surpris qu'on lui pose la question, mais leur fit signe que ça ne le dérangeait pas. Harry se rapprocha de Remus et lança rapidement un Sort de Silence.

« Tu deviens très doué pour lancer ce sort, » remarqua Remus.

« Beaucoup de pratique, » répondit Harry.

Remus redevint sérieux. « Harry, je souhaiterai savoir si tu es aussi en contact avec Severus, » dit-il.

Harry le regarda attentivement. « Pourquoi est ce que je serai en contact avec Snape? » demanda-t-il d'un ton brusque.

« Pourquoi est ce que tu serais en contact avec Draco? » rétorqua Remus.

« Tu nous as entendu te parler de Victoria, » répondit Harry.

Remus balaya cette remarque de la main. « Tu as surmonté beaucoup de colère, » dit-il. « Tu n'es plus comme tu l'as été. Je t'ai observé cette nuit dans l'infirmerie. Alors que Ron et les autres étaient en colère, tu as à peine réagi quand Snape ou Malfoy ont été mentionnés. Si tu as été capable d'atteindre une relation… amicale avec Draco, alors peut-être as-tu été capable de former une sorte d'entente avec Severus également. »

« Snape me déteste, Remus, » rétorqua Harry. « Au cas où tu l'aurais oublié, » ajouta-t-il d'un ton sarcastique.

« Snape déteste tout le monde, » réplique Remus. « Cela ne me dit pas si lui et toi êtes en contact ou non. »

Harry se mit à rire doucement. « Draco me fait toujours régulièrement des déclarations de haine, » admit-il.

« Et regarde où vous en êtes tous les deux, » dit Remus, d'un ton plein de sous-entendus.

Harry frissonna. « Je ne couche pas avec Snape, » dit-il fermement.

Remus ricana. « Je pense que Draco te suffit largement dans ce domaine, » dit-il.

« Absolument," dit Harry fermement. Son front se plissa alors que ses pensées retournaient vers Snape et qu'il débattait pour savoir si il devait dire la vérité à Remus ou non.

Remus se pencha en avant, comme si il voulait toucher Harry, mais il ne le fit pas. « Harry, » dit-il d'une voix horriblement triste. « J'ai fait une terrible erreur une fois, en croyant le pire de quelqu'un dont je savais qu'on pouvait lui faire confiance. Je l'ai condamné, comme tous les autres, et je n'ai pas l'intention de refaire cette erreur si je peux l'éviter. »

Harry écarquilla les yeux en réalisant ce que disait Remus. « Tu ne pouvais pas savoir, » dit Harry. Ses pensées virèrent au noir. « C'était la faute de Petitgros, » dit-il d'une voix irrité. « Tu avais de bonnes raisons pour ne pas avoir confiance. »

Remus secoua tristement la tête. « Peut être, » dit-il, sans conviction. « Peter était faible. Je le savais. Je ne le pensais pas capable de te trahir toi et tes parents, mais je savais qu'il était faible, » répéta-t-il. « Sirius, de l'autre côté, était fort. Il a toujours été fort, » dit-il d'une voix triste et distante. « Je le savais, mais j'ai été rapide à croire le pire. »

« Mais la situation était mauvaise, » admit Harry. « Les apparences étaient contre Sirius. »

« Les apparences sont contre Severus à présent, » dit calmement Remus.

Il avait raison, admit silencieusement Harry, son esprit ressassant ce que Remus disait. Ses émotions ressemblaient à un ouragan intérieur.

« Severus est aussi fort que Sirius, » continua Remus. « En fait, je pense que Severus est bien plus fort sur bien des points. Je refuse de simplement condamner Severus sur la base des apparences, peu importe qu'elles soient aussi sévères. Si il a réellement changé de camp, alors je le regretterai, mais je n'y croirais pas sans avoir plus de preuves. »

« Il a tué Dumbledore, » dit Harry, reconnaissant qu'il jouait l'avocat du Diable. « La plupart des gens considèrent cela comme une preuve suffisante. Sirius n'avait en réalité tué personne, même si tout le monde pensait qu'il l'avait fait. »

« Mais pourquoi a-t-il tué Dumbledore? » demanda doucement Remus. « Qu'est ce que je ne sais pas ? Nous vivons dans des temps difficiles. »

Harry hocha lentement la tête. Ils vivaient effectivement dans des temps difficiles, et beaucoup de choses se passaient qui ne devraient pas avoir lieu.

Remus soupira. « Je sais que tu as beaucoup de secrets, Harry. Je ne peux qu'espérer qu'une entente avec Severus est l'un d'eux. »

Harry rencontra le regard de Remus, et le soutint un moment. « Tu garderas mes secrets et ne me poseras aucune question sur mes actions ? » demanda-t-il.

Remus sourit pour le rassurer, et jeta un coup d'oeil rapide à Draco qui les observait attentivement tous les deux. « Oui, Harry, je garderai tes secrets. Je comprends à quel point ils sont importants. Je reconnais aussi que tout le monde ne comprendrait pas pourquoi tu agis comme tu le fais, mais je vois bien aussi les résultats de tes actions. » Il regarda Harry dans les yeux. « Je ne peux pas te promettre de ne jamais t'interroger, mais je te promets de ne pas interférer avec tes décisions. »

Harry inspira profondément. « Tu sais qu'il va me tuer si j'en parle à qui que ce soit, n'est ce pas? » demanda-t-il.

Remus se mit à rire, clairement heureux de la question de Harry. « Il ne te tuera pas. Il décidera peut être quand même de te torturer jusqu'à ce que ta vie ne tienne qu'à un fil, » dit-il.

« C'est encourageant, » dit Harry d'une voix sarcastique.

Remus soupira de soulagement. « Severus t'a prévenu pour cette nuit, n'est ce pas? » demanda-t-il.

« Oui, » admit Harry. « Mais tu ne peux rien dire, Remus. Personne ne sait à part moi – et maintenant toi. Même Draco n'est pas au courant. »

« Severus ne sait pas pour les Malfoy? » demanda curieusement Remus, les sourcils froncés.

Harry secoua la tête. « Non, mais il s'inquiète pour eux. Même si il ne l'admettra jamais devant moi. Je ne lui en ai pas parlé parce que je ne suis pas certain de sa réaction, » admit-il. « Techniquement, je n'ai aucune preuve que les Malfoy aient changé de camp. »

Remus sembla peiné. « Harry, je dois admettre que je suis aussi inquiet, mais si quelqu'un peut t'aider dans cette situation, c'est bien Severus, » dit-il.

Harry haussa les épaules. « Je sais que je vais devoir lui dire. Le plus vite je leur dis à tous, le plus vite on pourra déménager à Grimmauld Place. »

« Tu peux entrer à Grimmauld Place? » demanda Remus d'un air stupéfait.

« Oui, Dumbledore s'est arrangé pour que moi et Snape on puisse y avoir accès, » dit Harry d'un ton insouciant. « J'essaye de le rendre habitable pour pouvoir y déménager avec les Malfoy. »

Remus se passa une main sur le visage, essayant de comprendre tout ce que Harry lui disait. Harry le regarda avec sympathie. « Je pense que je t'ai déjà suffisamment donné de chocs pour cette nuit, » dit-il calmement. « Tu devrais retourner à l'infirmerie et te reposer un peu. »

Remus rit doucement. « Et qui exactement est l'adulte ici ? » demanda-t-il.

Harry lui adressa un sourire insolent. « Pomfresh dirait que ce n'est pas toi parce que tu ne peux même pas apprendre à rester au lit où est ta place, » dit-il.

Remus rit, et hocha la tête. « Je pense effectivement que nous avons tous besoin d'un peu de repos, » admit-il.

Harry leva le sort de Silence et se tourna vers Draco. « Tu vas bien ? » demanda-t-il doucement.

Draco haussa les épaules. « Ça va, » dit-il d'un ton fatigué. « J'ai désespérément besoin d'une douche, et dormir pendant vingt-quatre heures me semble être une bonne idée. »

Harry acquiesça. Il voulait aussi être propre et au lit, en train de dormir. C'est juste qu'il n'avait aucune envie de faire l'effort pour y arriver. Il se demanda également si il ne devrait pas passer par Grimmauld Place avant.

« Winky? » appela-t-il, regardant Remus avec circonspection. Mais Remus ne fit aucun commentaire. Il se contenta de regarder avec curiosité.

Winky apparut dans la pièce, semblant anxieuse et se tordant les mains. « Oui, Maître Harry ? » dit-elle.

Harry fronça les sourcils, distrait par son apparence. « Tu vas bien? » demanda-t-il.

Elle regarda Remus et Draco avant de se tourner de nouveau vers Harry avec de larges yeux interrogateurs. Harry fronça encore plus les sourcils, et, après avoir rapidement regardé les deux autres, il lança un nouveau sort de Silence, cette fois autour de lui et Winky. « Qu'est ce qu'il se passe, Winky ? » demanda-t-il. « Est-ce que Narcissa et Victoria vont bien ? »

Winky hocha la tête. « Inquiètes, mais bien. Winky a été appelée à la maison par Maître Snape. »

Harry, inquiet, écarquilla les yeux. « Il va bien? » demanda-t-il.

Les yeux de Winky se remplirent de larmes alors qu'elle secouait la tête. « Winky ne doit pas vous informer. »

« Il n'est pas ton maître. Moi si, » dit sévèrement Harry, souhaitant souligner ce fait dans ces circonstances. « Qu'est ce qui ne va pas avec lui ? »

« Maître Snape m'a fait apporter de quoi le soigner, » dit Winky, larmoyante. « Pas bien, pas bien du tout. »

« Merde! » s'exclama Harry. « Retourne là-bas et occupe toi de lui, » ordonna-t-il à Winky. « J'y serai dès que possible. » Il leva le Sort de Silence et se mit immédiatement debout.

« Harry! Qu'est ce qui ne va pas? » demanda Draco avec inquiétude. « Mère ? Victoria ? »

« Elles vont bien, » répondit rapidement Harry. « Mais tu devrais quand même rentrer rassurer ta mère et lui dire que tout va bien. »

« Où est ce que tu vas? » demanda Draco.

« Je dois y aller, » répondit Harry, en se dirigeant vers la porte.

« Harry, » appela Remus.

Harry croisa le regard interrogateur et inquiet de Remus, et hocha la tête. Ce dernier inspira brusquement. « Vas-y, » ordonna-t-il.

Quand Harry s'était arrêté, cela avait permis à Draco de le rattraper. Le blond l'embrassa rapidement. « Fais bien attention, » murmura-t-il.

Harry eut un léger sourire qu'il espérait rassurant. « Je serai de retour à la maison dès que possible, » dit-il, avant d'ouvrir la porte et de partir en courant.

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