Chapitre 20 : Mission suicide.

Voici l'histoire de comment j'ai ruiné ma vie. Comment j'ai fait le choix qui a mené à ma mort. Admirez le ton dramatique !

Je me suis reculée, assez gênée, un léger sourire aux lèvres.

-Faut que j'y aille, j'avais promis à Veronica que je serais rapide, j'ai des choses à lui expliquer, oh et faut que j'ai une sérieuse, très sérieuse discussion avec ton frère. Ce gamin me tape sur les nerfs. Il n'écoute rien !

J'ai commencé à me relever, prête à partir, lorsqu'il m'a retenue par le bras.

-Tu fais pas ça pour ma mère, pas vrai ?

-Non ! Mais je devrais certainement lui mentionner ce qu'il vient de se passer, elle serait tellement contente que j'aurais probablement le droit de respirer. Ou peut-être même l'espoir suprême qu'elle accepte si je la supplie de tuer ce stupide elfe de maison horrible.

-Content de savoir que je ne suis pas la seule personne sur Terre à ne pas supporter Kreattur.

Je lui ai lancé un vague sourire, avant de me rappeler d'une chose.

-Faut vraiment que j'y aille.

-Tu veux que je vienne avec toi ?

-Ça dépend. Ça te dis d'assister à mon assassinat ?

-C'est si grave que ça ?

-Faut que j'aille convaincre Veronica que je n'ai pas la moindre intention de rejoindre les « Forces du mal ». C'est dingue ça, on pourrait penser qu'elle me connaitrait ne serait-ce qu'assez pour savoir que je suis bien trop trouillarde pour ça. J'ai pas l'air si méchante que ça, pas vrai ?

-C'est ton air hautain qui fait ça.

-Quel air hautain ? J'ai pas d'air hautain ! Bon, tu viens ou pas ?

-Ouais. Tu sais, c'est encore pire quand tu fais ça, dit-il en se relevant. J'ai directement commencé à avancer, ne voulant pas retarder les choses plus que nécessaires.

-Mais je fais rien du tout, de quoi tu parles ? Espèce d'accusateur de tête hautaine sans preuve !

-Ah, tu vois ! C'est cette tête là. Avec tes lèvres pincées et tes sourcils tout remontés !

-Tu sais quoi ? Je vais y aller là, tout de suite, maintenant. Je vais aller regarder les gens de haut ailleurs. Parce que tu me donnes fortement envie de rejoindre le méchant qui tue des gens et dont j'ai encore oublié le foutu nom.

-Voldemort ?

-Ouais, sans doute, j'en sais rien, personne ne l'appelle par son nom, j'ai pas encore bien compris le délire. Voldetruc, si c'est son nom, pourquoi ils lui donnent plein de surnoms ? Et puis « Tu-sais-qui » ça porte à confusion, je dis tout le temps ça quand je veux parler de quelqu'un dont je ne veux pas dire le nom. Genre Jane White quand elle prend trop de temps dans la salle de bain. De toutes façons, j'aime bien l'appeler le méchant qui tue des gens, ça rime, c'est sympa.

Il éclata de rire, le son était si ridicule que j'en ris également. Il s'arrêta soudainement pour me lancer un regard incrédule.

-Quoi ?

-Non, rien. C'est moi ou on n'a croisé personne ? Il se passe quoi, Rusard en a eu marre et a tué tout le monde ?

-Change pas de sujet ! Alleeeez, dis !

-Non.

-Dis ou je te fais pas rentrer dans ma salle commune. Et dans ce cas là tu ne pourrais pas assister au meilleur plan de toute ma vie ! Etape 1 : Faire comprendre à cette idiote que je ne suis pas assez débile pour aller vouloir me faire tuer dans un conflit qui ne m'intéresse pas. Etape 2 : Faire en sorte que ton imbécile de frère commence à comprendre que j'ai raison. Bon, hop hop hop, dis !

A peine avais-je prononcé ces mots que nous étions arrivés devant l'entrée de la dite salle. Et pile en face de la poignée de porte.

Cette saleté de poignée de porte.

Prenons un instant pour parler de cet objet maudit. C'est très important. Non parce qu'on ne parle pas assez des petits drames de la vie.

Oh, Rowena, que nous as-tu fait là ? Cette poignée de porte est maléfique, elle ne veut que notre mal à tous. Moi ce que je veux savoir, c'est pourquoi tous les autres ont le droit à un mot de passe, et nous, on doit se débrouiller avec des énigmes pourries. Non, sérieusement. Une fois, j'ai passé

une demie heure à espérer qu'un intello vienne me rejoindre pour répondre à la question la plus ridicule du monde. Un truc du genre « J'ai besoin d'air pour exister et pourtant je ne suis pas vivant. Que suis-je ? » J'ai bien faillit exploser la porte pour pouvoir aller tranquillement me reposer, mais quelqu'un l'a ouverte juste à temps.

Monde cruel. Moi qui croyait avoir ma vengeance sur cette perte de temps constante.

-Bon, d'accord. C'est juste que c'était la première fois que je t'ai vue rire.

-Tout ça pour ça ? Sérieusement, y avait du suspens là ! Je m'attendais à mieux. Tu ne mériterais presque pas que je réponde à la question de cette poignée de porte de la mort. D'ailleurs, envoie l'énigme, le bout de ferraille.

-Vous pourriez être plus polie, jeune demoiselle.

-Vous pourriez arrêter de me poser des questions moisies, madame la poignée de porte. Sois gentille, envoie un truc quoi, j'ai pas envie de rester là longtemps.

-Difficile à trouver et difficile à garder, je cesse d'exister à l'instant où je suis découvert. Que suis-je ?

J'essayais tant bien que mal de chercher pendant que cet idiot de Sirius Black était mort de rire en me regardant réfléchir.

-Tu pourrais aider quand même ça fait cinq minutes qu'on est là quoi !

-C'est pas moi le Serdaigle dans l'histoire ! C'est toi qui est censée avoir le cerveau tout puissant, mais disons que ta blondeur cache le tout.

-Black, ne me donne pas envie de te tuer, ce truc me donne déjà mal à la tête.

-Ne comptes pas sur moi pour aller te visiter à Azkaban si c'est toi qui m'a tué ! J'irais jamais là dedans, même pas pour te hanter.

-Oh, Sirius, je t'en prie, on a aucune chance d'atterrir à Azkaban, ni toi, ni moi ! Je suis une Rosier, t'es un Black, on a le droit de tuer des gens comme on veut à ce qu'il paraît, c'est pas un secret ça ! Oh, ohhhh ! C'est un secret ! Un secret ! J'ai gagné ! Alors, c'est qui qui a le cerveau tout puissant, monsieur le Gryffondor ?

Vous n'imaginez même pas le plaisir de réussir à cette stupide épreuve. Je crois que j'étais plus heureuse de réussir à ça qu'à mes BUSES.

La porte s'ouvrit, dévoilant une salle commune plus que déserte. Seul quelques livres trainaient sur une table.

-Bienvenue chez les intellos et les fous.

-C'est pas la première fois que je viens ici, tu sais. Et bienvenue, c'est vite dit, y a personne. Tu parles d'un comité d'accueil.

-Tu voudrais pas arrêter de te plaindre ? Et si t'étais là en mission d'espionnage pour le Quidditch, je désapprouve. Si c'était pour une blague, ça me va. Si c'était avec une fille, je veux les détails. C'est par là, lui dis-je en désignant l'escalier sur notre gauche. Fais-toi discret, je suis pas sûre que t'aies vraiment le droit d'être là.

-J'étais là avec James juste pour visiter. T'as une vision très étrange de qui je suis. Et évidemment que j'ai pas le droit d'être là.

-Oui bon bah faut juste pas qu'on se fasse prendre. Et j'ai pas forcément une vision de toi «étrange ». T'es un mec. Dans la vie t'aimes le Quidditch, les filles et t'amuser. C'est pas bien compliqué... Oh, cache-toi là !

Un petit groupe de troisièmes années me passa devant, en courant, tout en parlant d'une bataille de neige avec excitation. J'eus juste assez de temps pour pousser Sirius derrière une statue. Ne me demandez pas quel est l'idiot qui a mit cette statut dans un escalier, je ne sais pas, mais il me doit au moins le décès de trois de mes orteils.

-C'est bon, ils sont partis. Tu vois qu'il y a des gens !

-Comment ça se fait que je peux monter les escaliers ?

-J'ai peut-être tord mais... Je dirais que c'est parce que t'as des jambes et que ton système nerveux est coopératif.

-Merci du sarcasme, c'était vraiment nécessaire. Je te parlais du fait que je sois un mec et que je sois capable de monter les escaliers du dortoir des filles. Chez les Gryffondors, ça, c'est pas possible. Y a ce sort qui fait que les escaliers se transforment en toboggan si jamais on essaye de les monter.

-J'en sais rien. Elle avait probablement confiance en ses élèves, la Rowena. Après tout, on est supposés être les intellos du coin, alors bon, elle a dû se dire que c'était pas important puisque on aurait sans doute des choses bien plus importantes à faire... Genre des devoirs. Ou réfléchir sur comment sauver le monde, philosopher sur l'esprit de cette espèce complètement tordue qu'est l'humanité... Attends là, je sais pas sur quoi je vais tomber à l'intérieur.

Je sais que vous vous dites que j'ai perdu la tête. Et en toute honnêteté, j'étais persuadée que j'avais perdu tous mes neurones. Mais que voulez-vous que j'y fasse ? Il était vraiment bonne compagnie, et puis, j'étais jeune, vous comprenez ? J'avais envie de m'amuser.

Etape 1.

Je suis entrée pour être accueillie par une musique que je ne connaissais que trop bien et une certaine fumée s'échappant du bord de la fenêtre où était installée Veronica.

-Depuis quand tu fumes, Veronica ? Et tu comptes arrêter d'écouter Queen dans combien de temps ?

-Je viens juste de commencer. J'étais stressée et puis, après tout, je vais bien finir par mourir un jour. Paraît que ça te file le cancer, ce truc là, je sais pas si c'est pire qu'une attaque de mangemorts, mais au moins, là, ça sera de ma faute.

-Tu les as piquées à qui ?

-Kayley, ça lui apprendra à être sortie avec Eunice.

-Compréhensif. Y a personne d'autre ?

-Non, pourquoi ? Qui aurait envie de rester là en plein mois de Janvier alors qu'il neige dehors et que ces stupides Gryffondors ont réservé le terrain de Quidditch ?

-Bah, il est libre maintenant, si ça t'intéresse toujours. Et ils sont passés où tous les autres ?

-Une super bataille de boule de neige géante est organisée dehors. Je dirais qu'il y a entre soixante-quinze et quatre-vingt pourcents du château qui y est, d'après ce que j'ai pu compter d'ici. J'imagine que le restant est composé de septièmes années qui se trouvent trop matures et de Serpentards qui ne veulent pas se mêler au bas peuple, dit-elle d'un ton las avant de se remettre à fumer.

Quand je vous disais que je n'étais pas faite pour cette maison. Trop de gens perturbés.

-C'est bon Sirius, tu peux rentrer !

La porte s'ouvrit aussitôt, ce qui me laissa penser qu'il était en train de légèrement écouter ce qu'on disait.

-Qu'est-ce-qu'il fait là ? Tu sais qu'il a pas le droit d'être là, pas vrai ? C'est pas parce que t'embrasses un mec que t'as le droit de le ramener ici ! T'as pas le droit d'être là, Black !

-Je suis un maraudeur, Morane, j'ai tous les droits.

-Je comprends mieux ce que tu voulais dire quand tu disais qu'il était insupportable.

-Vraiment ? C'est ce que tu dis sur moi quand je suis pas là ?

-Je le dis aussi quand t'es là, je vois pas l'intérêt de le cacher au reste du monde... Bon, alors, Veronica, je suis en mission.

-En mission ? Et t'as ramené un Gryffondor dans mon dortoir pour ça ?

-Nan, il avait juste envie de venir assister. Et il a une théorie très intéressante sur le fait que tu crois que je suis une mangemort. Explique-lui, Sirius, sinon elle peut pas comprendre.

-Depuis quand tu l'appelles Sirius ? J'ai manqué un épisode ?

-Quelle théorie ?

Vous n'imaginez même pas mon désarrois face à si peu de coopération. Y a pas moyen d'exécuter une mission en paix.

-Celle sur l'air hautain et les sourcils.

-Ah, ouais, tu vois quand elle te regarde de haut, comme si elle était prête à te trancher la gorge, c'est ça qui fait qu'elle a pas l'air normale.

-Ouais, nan, elle sert à rien ta théorie en fait. Bon, Sirius, assis-toi, on va en avoir pour longtemps.

L'idiot s'assit sur mon lit, comme s'il savait que c'était le mien et le froissa juste pour m'énerver.

-Bon, alors, on va faire simple. Tu te rappelles la fois où on a fait euh, un petit tour dehors au mois d'octobre ?

-Le jour où t'as juré avoir faillit te faire bouffer par un loup garou, un chien, un cerf cannibale et Miss Teigne ? Alors que tu venais juste de te faire démonter la tête par un arbre ? Et où on a passé une demie heure dans un placard à cause de Rusard ?

Sirius se mit à tousser violemment, je lui lançais un regard noir, si c'était une vaine tentative pour dissimuler son amusement face à ce qu'il m'était arrivé, ce n'était pas très réussi.

-Ouais. D'ailleurs, quand j'y pense, j'ai jamais su qui c'était. Je penche toujours pour Rogue, il est pas normal ce mec. Enfin bref, je t'ai parlé d'un malencontreux accident qui a fait que je suis ici en Angleterre et non pas en France.

-Pas que je me souvienne.

-Bon, je récapitule. Il se peut qu'à ma fête d'anniversaire pour mes seize ans, j'ai légèrement bu beaucoup trop d'alcool, et que euuh, j'aicouchéavecunmoldu. Tu vois, je peux pas faire partie des mangemorts, ça fait pas ça un mangemort ! D'ailleurs, tu connais un seul mangemort qui ne fasse pas partie de Serpentard ? Encore une autre preuve ! T'as déjà regardé mon bras gauche ? J'ai aucune marque dessus ! En vrai, je suis comme lui, affirmais-je en désignant Sirius du doigt, qui s'était lancé dans une étude très poussée de mon carnet de partitions.

-Comment ça comme moi ? Demanda-t-il en levant les yeux vers moi.

-C'est vrai ! Quand on y pense, toi et moi, on est pareil. Mon nom de famille c'est Duchesnes-Rosier, le tien c'est Black. Une famille de cinglés, trop d'argent. Un père inexistant. Une mère complètement folle. C'est peut-être pour ça que j'ai dû mal à te supporter, t'es un peu un rappel constant du bordel dans ma vie. Mais le truc, c'est que comme toi, je ne suis pas une mangemort. Tu vois, Veronica, c'est tout pareil. Lui, sa famille est tout aussi tordue que la mienne, c'est même son propre frère que t'as vu la veille de Noël. Et moi c'était mon cher et tendre cousin Evan Rosier, mangemort tout comme son père.

-La différence entre lui et toi, c'est que lui n'a pas de contact avec ces cinglés.

-C'est pas comme si que j'avais le choix, Veronica !

-On a toujours le choix. Maintenant, tu m'excuseras mais je vais aller faire mon devoir sur...

-T'as pas dû bien comprendre ce que je viens de te dire, ces gens là, ce sont les mêmes qui tuent les gens que tu vois tous les jours dans le journal. Je vois même pas pourquoi j'essaye... Tu peux pas comprendre. Tu pourras jamais ! Parce que tout ces monstres que tu vois, toi en les regardant, moi c'est des gens avec lesquels j'ai passé des bons moments, certains font partie de ma famille. Merlin, tu peux me juger autant que tu veux. Me dire que je fais partie des méchants, mais je fais juste partie du clan auquel j'ai été assignée dès le départ. Et c'est là que lui et moi on est pas pareil. Parce que je n'aurais jamais le choix. Ne me dis pas le contraire... Tu sais quoi ? Vas-y, tu peux partir maintenant. Notre amitié, c'était que de la poudre aux yeux, j'aurais presque pu y croire, mais on n'échappe pas à la vérité. Tu fais partie des gentils, et moi des méchants. Et c'est pareil pour toi, Black. Tout ça, c'est que du faux-semblant. C'est pas comme ça que je vais réussir à me cacher la vérité. Parce que, à dire vrai, je suis une pétasse sans cœur qui ne tient qu'à elle-même. Alors, si vous voulez bien m'excuser, je vais aller retrouver tous mes amis les connards de Serpentards et on va célébrer ça.

C'est là que cet idiot de Sirius Black a eu l'idée de rire.

-Tu trouves ça drôle, Black ?

-Je savais pas que tu faisais des blagues ! J'veux dire, c'pas exactement le genre que moi je ferais, mais t'as du potentiel !

-C'est pas une blague, c'est l'Etape 2 ! T'as rien écouté de ce que j'ai dit ou quoi ? Si je veux convaincre ton frère que les mangemorts, c'est pas une carrière pour lui, faut que je fasse semblant de vouloir en faire partie !

Et c'est comme ça que j'ai signé mon arrêt de mort. Et dire que la journée commençait bien.


Petite note de fin : J'ai fait ma rentrée universitaire cette semaine, et euh, pour être tout à fait honnête, vu mon emploi du temps et la charge de travail personnel que ça va me demander, je ne sais pas si les publications seront aussi fréquentes. Et j'en suis vraiment désolée. Mais j'espère que vous continuerez à lire et peut-être même apprécier ce que j'écris. =)