Source : Exonerated By Thecouchcarrot

Hey !

Pas le temps de blablater ce soir, je viens de rentrer du boulot et je repars dans même pas 7 heures soooo je répondrais au reviews demain soir je pense. Sur ce... enjoyez !

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17h57

Dean s'est cloîtré dans le bureau de Bobby dont il a verrouillé la porte. Ça fait plus de trois heures qu'il est enfermé là-dedans à "décortiquer" dossiers et diverses photos.

Sam et Bobby se tiennent de l'autre côté de la porte, les yeux rivés sur la poignée, une bière à la main.

« On pourrait entrer de force, » suggère Sam. « L'obliger à sortir de là. »

Bobby s'écaille la barbe. « On devrait peut-être lui octroyer une heure de plus. Il finira bien par être à court de Whisky »

Sam soupire. « Des fois, ça m'étonne que Dean ne soit pas plus croyant. »

Bobby plisse les yeux. « Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« Sa foi. » Sam fait un mouvement de tête vers la porte. « Il a cette – conviction. Il ne veut même pas envisager l'hypothèse qu'il puisse se tromper à propos de Cas. »

Bobby lui lance un regard grave. « Tu sais, si c'était toi qui étais sur la corde raide, il réagirait de la même façon. »

Sam détourne les yeux. « Ouais, je sais. »

Bobby le dévisage longuement. « Et toi, t'en ferais autant ? »

Sam prend une longue gorgée de sa bière avant de baisser les yeux sur le plancher. « Je me pose sans arrêt la question. »

[…]

Dean a passé les dix premières minutes à examiner les pièces du dossier, les photos, le rapport du légiste, ainsi que les analyses A.D.N. Il s'est également penché pendant plus d'une demi-heure sur l'historique des anciens meurtres, comparant ainsi les notes et clichés à sa disposition.

Puis il a ouvert le livre de Meg, et est resté plongé dedans depuis.

Le pire est d'avoir à reconnaître la qualité notoire de l'écriture. L'intrigue est intense et sombre, mais pas de la manière abusive à laquelle il s'attendait – les morts sont traités avec émotion, et non avec sadisme. Elle écrit de son point de vue, la journaliste en quête de réponses, qu'elle alterne avec des flash-back de l'enfance du détenu. Lucas y est décortiqué comme un oignon, compatissant un instant et manipulateur le suivant, vicieux, charismatique, avide et étrangement fascinant. Et dès les premières pages, Castiel représente le fil conducteur de la narration.

Dean a entendu parler de l'enfance de Castiel par des amis et voisins, il y a bien longtemps. Cas et Lucas ont grandis au sein d'une famille de catholiques conservateurs dans un petit village de Corbin. Ne connaissant personne d'autre, ils n'ont pris conscience du caractère répressif de leur style de vie qu'à l'âge adulte. Leur père était un religieux strict, mais les deux garçons se débrouillaient très bien à l'école et ont été l'objet de nombreuses éloges de la part de leurs professeurs pour leur comportement exemplaire. Il s'agissait manifestement d'une famille très unie qui faisait les choses biens.

L'enfance décrite dans le livre de Meg est tout à fait différente.

C'est l'histoire de deux frères. Deux jeunes garçons liés par la peur mutuelle que leur inspiraient les comportements abusifs de leur père, comptant l'un sur l'autre pour se protéger et se rassurer. Leur vie de famille se résumait aux versets de la bible, à l'auto-subsistance et aux coups de fouet réguliers. Le comportement frigide et négligeant de leur mère renforça leur codépendance, obligeant Lucas à élever Castiel alors que lui-même n'était encore qu'un enfant. Tels des animaux abandonnés qui retournent à l'état sauvage, les enfants s'enfoncèrent dans la forêt bordant la maison de leur enfance et se réfugièrent dans un monde imaginaire, sauvage et féroce, qu'il avait crée de toute pièce. Ils devinrent obsédés par la chasse et la survie dans la brousse. Ils devinrent obnubilés l'un par l'autre.

D'après Lucas, leur père avait tendance à les battre lui et Castiel sans raisons apparentes, en les assommant de discours religieux et en les réprimandant pour leurs pêchers. Lucas méprisait fortement son père et songeait souvent à le torturer avant de l'écorcher vif. Il fit part à son frère de ses fantasmes ; plus d'une fois il trancha la chair d'animaux encore vivants à l'aide d'un couteau en se faisant la réflexion qu'il serait si facile d'égorger sa mère. Lorsqu'il entra dans l'adolescence, ses pensées malveillantes s'aggravèrent et s'amplifièrent jusqu'à n'être plus qu'un cocon de plaisir sordide. Il commença à tuer les animaux avec plus de lenteur, plus de détermination. Ce n'était plus la rage qui l'animait, c'était le plaisir. Le jour de ses quatorze ans, il empoigna son petit frère par la gorge et l'étrangla jusqu'à qu'il tourne de l'œil, juste pour voir s'il en était capable. C'était la première fois en plusieurs années que Lucas se sentit…

Apaisé.

Lorsque Castiel se réveilla, Lucas s'excusa tout en lui indiquant qu'il pouvait lui rendre la pareille s'il le souhaitait.

Castiel essaya, mais échoua. Il n'arriva pas à faire perdre connaissance à Lucas. Il n'avait pas encore assez de force dans les mains. Lucas lui promit qu'il lui accorderait une nouvelle chance lorsqu'ils seraient plus grands.

A la lecture de ce passage, Dean se pince l'arrête du nez. Il sait très bien où tout cela mène, a très bien compris ce qu'elle est en train d'insinuer, et il ne peut pas –

Quelqu'un frappe à la porte du bureau de Bobby. « Tout va bien là-dedans, Dean ? » appelle Sam. « T'as besoin de quelque chose ? »

« Ça va, » beugle Dean. « Va-t-en mainteant. Tu m'empêches de me concentrer. »

La poignée grince. « Peut-être que tu pourrai déverrouiller la porte, comme ça je verrai par moi-même si ça va. »

« T'as vu la conversation qu'on a ? » demande Dean. « C'est exactement la raison pour laquelle j'ai verrouillé la porte. »

« Il faut que tu fasses une pause, Dean ! » Sam est frustré à présent, Dean l'entend au ton de sa voix. « Ou alors – ou alors parle-moi au moins. De ce que tu veux… »

« Impossible, Sammy. » Dean reporte ses yeux sur la page. « Je lâcherai l'affaire quand l'affaire me lâchera une piste à suivre. Pour l'instant je dois continuer. »

« Dean… »

[…]

Lucas réagit à la maltraitance en devenant plus agressif et plus inquiétant, s'abreuvant de sa colère pour y puiser son plaisir. Comme Lucas le précise à la journaliste depuis les quatre murs de sa cellule, Castiel réagit différemment.

Castiel ne ressentait pas de haine comme Lucas, ne nourrissait pas de fantasmes de rébellion. En fait, il était totalement soumis, que ce soit envers Lucas qu'envers leur père. C'était son échappatoire. Au lieu de lutter et de se débattre lors des corrections, Castiel sombrait pratiquement dans un état catatonique et ne se souvenait plus de rien après coup. Ses pupilles se dilataient au maximum, lui conférant un regard vide, et il était comme "en transe". Lucas l'enviait pour ça. L'obéissance de Castiel ne posait aucun problème à leur père ; certes elle ne lui épargnait pas les corrections, mais leur père répétait à qui veut l'entendre que Castiel était son fils préféré.

Un jour, alors qu'il levait le poing pour le frapper à nouveau, un Castiel catatonique et couvert de sang le fixa de ses yeux morts avant de lui déclarer, « Tu ferai mieux de me tuer maintenant, vieil homme, tant que tu le peux encore. »

La journaliste s'installa près de la cellule de Lucas, et celui-ci sourit légèrement alors qu'il relatait les faits. Ses yeux brillèrent lorsqu'il lui annonça, « et c'est à ce moment-là que j'ai compris… que Castiel et moi étions des âmes sœurs. »

Un goût amer et cuivré s'empare de la bouche de Dean.

Mensonges. Tout ça c'est des mensonges.

Et c'est là-dessus que planche le F.B.I. ? C'est n'importe quoi.

Il s'empare d'un stylo avant de griffonner à la va-vite un se procurer les vidéos de Cas en prison. Il faut qu'il voie de ses propres yeux la conversation que Cas a eue avec Lucas à propos de la lettre. Il a examiné les copies et a désormais l'opportunité de forcer la main d'Harvelle, mais il a besoin –

Son téléphone se met à vibrer. Un message provenant d'un numéro inconnu.

Hé l'ami, c'est Garth. J'espère que vous allez bien et que vous vous reposez un p'tit peu ! On en a fini avec votre maison et on s'est assuré de tout remettre comme nous l'avons trouvé. J'ai fait une quiche que j'ai laissée dans le frigo pour vous. C'est la recette de ma maman ! Miam miam ! :D

Dean résiste à l'envie de balancer son téléphone par terre pour le réduire en miette.

Il vibre à nouveau.

J'ai également sorti les relevés téléphoniques que vous aviez réclamé et je vous les ai envoyés par mail. J'ai pas l'impression qu'ils vont être d'une grande aide pour votre ami.:/ Désolé ! Si jamais vous avez envie de vous prendre un café avec moi pour discuter, faites-moi signe !

Dean allume son ordinateur portable puis ouvre sa boîte mail, clique sur le fichier et balaye les numéros lignes par lignes.

Bingo.

Il se lève, attrape sa veste, et compose le numéro de Garth.

[…]

Sam s'assoit à la table de cuisine de Bobby, le dos voûté en sirotant sa bière.

Une main douce se glisse tendrement à la base de sa nuque. Rien qu'au toucher, il sait qu'il s'agit d'Amélia. Il soupire et se laisse bercer par ses caresses.

Elle se rapproche en passant ses doigts dans ses cheveux, et il en profite pour enlacer ses bras autour de sa taille en enfouissant sa tête contre son ventre. Sa chaleur est réconfortante, témoigne de son existence, de sa présence, et Sam se retrouve à la serrer un peu plus fort, s'abreuvant de sa force. Le soulagement ainsi que le réconfort qui ça lui procure en est presque bouleversant.

« Dure journée, » chuchote Amélia. « Comment ça va ? »

« J'suis en train de le laisser tomber, » marmonne Sam. « Dean a besoin de moi et je suis en train de l'abandonner. »

Elle lui dorlote la tête, lui relève le menton puis le regarde dans les yeux. « Comment ça ? »

« Il – il veut que j'y crois, » lâche Sam. « Ça suffit pas que je défende la cause de Castiel, il veut que j'aie la conviction qu'il soit innocent, et j'ai envie d'y croire, vraiment, seulement – »

« Sam. » Amélia examine longuement son visage avant de repousser une mèche de cheveux derrière son oreille. « Tu te souviens de notre second rendez-vous, quand je t'ai demandé comment tu faisais pour défendre quelqu'un dont tu reconnaissais la culpabilité ? »

Sam s'en souvient très bien.

C'est justement ça le truc. Ça n'a aucune importance que je les croie coupable ou non. Ce n'est pas de mon ressort. C'est au parti civil de prouver que ses allégations sont vraies. Il en va de notre système. Peut-être pas autant que le système pénal, mais – je peux pas laisser mon affect personnel concernant une personne ou une compagnie entraver mes capacités de jugement. Mon job c'est de les défendre en dépit de mon opinion personnel, parce qu'au final "être abhorré par Sam Winchester" n'est pas réprimé par la loi.

« Tu peux rester à la défense, » lui dit-elle. « C'est ton domaine. »

Sam déglutit. « Oui mais… et si… et s'il s'avère que… j'veux dire, des enfants, Ame. »

« Ce n'est pas de ton ressort. » Son expression est nette et ferme. « C'est celui du gouvernement. Indépendamment d'un doute plausible. »

Sam ferme les yeux. « Je sais. »

Amélia dépose un baiser au sommet de son crâne. « Tu vas y arriver, » murmure-t-elle. « J'ai confiance en toi. »

A l'autre bout de la maison, la porte du bureau s'ouvre à la volée et de lourds pas résonnent dans le couloir. « Sammy ! » aboie Dean, en déboulant dans la cuisine. « J'ai une piste ! Je vais voir Garth. Prend ton manteau. »

Sam se redresse aussitôt en clignant des yeux. « Tu me demandes de venir avec toi ? »

« Evidemment. T'es mon avocat. Je serai stupide de pas t'emmener. » Dean le fixe de son expression fermée, le muscle de sa joue tressautant. « Tu t'amènes ou pas ? »

« T'es mon frère, » répond Sam. « Je serai stupide de pas venir. »

Le coin de la bouche de Dean trésaille.

Amélia se penche vers Sam et lui fait un rapide baiser sur la joue. « Fais-leur la misère, bébé. »

[…]

19h42

Les agents du F.B.I. sont descendus à l'Hôtel Marriot, et Garth a chaleureusement invité les Winchester à passer le voir. Sam frappe à la porte tout en jetant un œil vers Dean.

Dean ne fait que regarder droit devant lui en direction du judas.

La porte s'ouvre en grand sur Garth, affublé de son sourire de demeuré, la main sur la hanche. « Salut les copains ! » les salue-t-il. « Entrez ! » Il laisse les Winchester pénétrer dans la chambre.

Il s'agit d'une suite, une très belle suite avec chambres attenantes, cheminée et table basse. Etalés sur ladite table se trouvent tout un tas de photos et de documents qu'Harvelle est occupée de passer au crible en les surlignant à l'aide de son marqueur.

« Si c'est pas intime tout ça, » fait remarquer Dean. « La formule nuit de noce tout compris. Ils vous ont pas mis en garde contre les romances de bureau dans le manuel des employés ? »

Harvelle ne lève même les yeux. « Rien à craindre de ce côté-là, » réplique-t-elle sèchement. « Garth est très au fait de ce qui pourrait lui arriver s'il tentait quoique ce soit. Pas vrai, Garth ? »

Garth joint ses mains dans son dos en acquiesçant sombrement. « Oui, c'est vrai. » répond-t-il. « L'agent Harvelle me coupera les parties et me les enfoncera directement là où le soleil ne brille jamais. »

Harvelle se redresse avec un sourire en jetant la paperasse sur une chaise. « Bien. A présent qu'on a éclairci ce mystère, quelle est la raison exacte de votre venue ? »

Sam s'éloigne et pose sa serviette sur la table, l'ouvrant pour en sortir les documents appropriés.

« Eh bien, pour commencer, » intervient Dean, « il y a un fait sur lequel vous m'avez menti. »

Harvelle ne laisse passer aucune once de surprise. « Oh vraiment ? »

Dean leur sourit avec arrogance et amertume. « Oui, vraiment. Je suis détective, Harvelle. Je connais toutes vos tactiques. Vous m'avez donné juste assez d'information pour que je morde à l'hameçon, et après vous m'avez embobiné sur les détails. »

Garth fronce les sourcils, confus. « Non, mais de quoi est-ce que vous parlez ? Nous avons été tout ce qu'il y a de plus honnête avec vous, Dean. »

Sam tend à Harvelle une pile de papier provenant de leur propre dossier. « La lettre, » leur dit-il. « De Castiel à Lucas. »

« Vous m'avez tout remis dans ce dossier, » explique Dean. « Vous m'avez refilé les copies des lettres, les enveloppes, les numéros de suivi des services postaux, le nom de l'employé de la prison qui a procédé aux photocopies – absolument tout à l'exception d'une chose. » Il plonge les mains dans ses poches. « Les relevés d'empreintes. »

Harvelle parcourt les papiers des yeux, la voix neutre et impassible. « Ce doit être une erreur involontaire de notre part. »

« Ou alors, vous ne les avez pas, » Dean sourit férocement, presque frénétiquement. « Vous avez analysé la lettre, pas vrai, et vous n'y avez trouvé aucune empreintes. Il n'y a absolument rien qui relie cette lettre à Castiel hormis le fait que Lucas prétende qu'elle vienne de lui. »

« Rien hormis une logique rationnelle. » Ellen se rapproche de lui, ses bottes claquant contre le plancher. « L'explication la plus simple repose sur le fait que Castiel l'ait envoyée, et c'est l'hypothèse la plus probable. »

« Absolument rien n'est simple dans cette putain d'affaire ! » lance rageusement Dean. « Arrêtez de faire l'autruche, Harvelle ! Ce n'est pas une affaire de meurtre ordinaire. Peu importe comment vous l'abordez, cette histoire est carrément et foutrement tordue et – »

« Dean, » Sam referme brusquement sa serviette. « Tu t'éloignes du sujet. »

Dean prend une profonde inspiration puis fusille Harvelle des yeux. « Mais ce n'est pas tout. Il n'y a pas que là que ça coince. Garth m'a fait parvenir les relevés téléphoniques. »

Garth semble dépité, et racle sa chaussure contre le sol. « Oh, Dean, » dit-il, « je vous ai mis dans le rapport que le seul appel qu'il a passé était vers un téléphone jetable prépayé. »

Dean pointe Garth du doigt, et Sam peut sentir que son sang-froid est en train de céder et de s'effondrer. « Un coup de fil. Il a passé un coup de fil hier matin, » fulmine-t-il. « Vers un téléphone avec l'indicatif de notre région, acheté en octobre. »

« Ça signifie qu'il a un complice, » répond Harvelle en haussant les épaules. « Croyez-le ou non, mais nous étudions cette éventualité, Winchester. »

« Non. » Dean secoue la tête en balayant l'air de ses mains. « Non, vous les flics – vous pensez que tout n'est qu'une histoire de coïncidence, que bizarrement la nuit où il est parti est également la nuit où le corps a été découvert. Pour quelle foutue raison un homme qui décide de quitter le pays irait se perdre dans le Michigan au beau milieu du mois de décembre ?! »

« C'était sa couverture ! » intervient Garth. « Il fallait qu'il justifie son départ ! »

« Il n'était pas obligé de prendre cette avion ! » riposte Dean. « Je ne l'ai pas suivi jusqu'au terminal, Garth. Il a embarqué dans l'avion longtemps après que je sois parti. Il aurait très bien pu s'envoler pour les Bermudes et j'y aurai vu que du feu ! Il n'a pas vidé ses comptes, il n'a pas quitté le pays – merde, ça aurait même été plus facile pour lui de se barrer au Canada que de se rendre dans le Michigan – »

« Dans ce cas, quelle est votre théorie ? » l'interrompt Harvelle, la mâchoire serrée et le regard vif. « Éclairez donc notre lanterne. »

Les traits du visage de Dean se font plus précis, son expression méticuleuse. « Meg. Meg Masters. C'est elle la tueuse. »

La tension de la pièce augmente d'un cran, et Garth ainsi qu'Harvelle dévisagent Dean. Leur insistance est aussi palpable qu'un fer chauffé à blanc. Sam en a des fourmillements dans les doigts.

« Elle batifole avec Cas, et obtient un de ses poils, » explique Dean. « Elle met également la main sur son téléphone. Là, elle y modifie l'un de ses contact – Daphné, son ex-femme. Elle change le numéro. Elle tue un gamin et attend qu'il lui passe un coup de fil, chose qu'il ne fait pas. Elle décide alors de nous traquer jusque chez nous – pensant peut-être qu'elle pourra lui glisser quelques mots et lui faire subtilement repenser à son ex. Elle et Lucas procèdent à l'échange des lettres : elle lui écrit, il écrit à Cas. Enfin, le jour de Noël, Cas l'appelle. Elle lui fait croire qu'elle est la mère de Daphné, une voix qui ne lui est pas familière. Elle lui demande de venir dans le Michigan. Il lui répond qu'il s'empresse de prendre le prochain vol. Elle repart sur les lieux de son crime, plante le poil sur le corps, et prévient la police depuis un téléphone d'urgence pour que l'appel reste anonyme, » Dean dodeline la tête en roulant des épaules. « C'est pas de la logique rationnelle ça pour vous ? »

Garth et Harvelle restent un long moment emmuré dans leur silence.

Puis un bruit de vibration met fin à cette hébétude, faisant sursauter Harvelle. « Mon téléphone, » explique-t-elle avant de s'en emparer. « Veuillez m'excuser. » Elle décroche et se dirige vers l'autre de pièce tout en commençant à répondre. « Ici l'agent Harvelle, j'écoute… »

Garth se frotte le menton. « Bon, j'imagine que c'est à moi de vous dire ce que l'agent Harvelle aurait dit. »

Dean et Sam échange un regard. « Et qu'est-ce que c'est ? » demande Sam.

« Il y un ou deux trucs qui collent pas ici, mon ami, » dit Garth. « La première c'est que quiconque a tué Gabriella a aussi tué les autres enfants du Lac Madeleine ces dix dernières années. Jusqu'à l'année dernière, Mademoiselle Masters vivait en Floride. »

Dean hausse les épaules. « C'est p't'être une bonne imitatrice. Votre légiste travaille toujours là-dessus. »

« Ce qui nous amène au deuxième point, » Garth plisse les yeux en fixant le plafond. « A présent – arrêtez-moi si j'me trompe mais si on suit votre théorie, Mademoiselle Masters a commis son crime peu de temps après sa rencontre avec Castiel, en octobre. Or Gabriella a été tué en décembre. »

Dean prend une profonde inspiration. « Je – Oui je le sais ça, mais… Peut-être qu'elle a attendu avant de commettre ses meurtres, qu'elle voulait attendre de pouvoir amasser plus de preuves contre lui d'abord. Peut-être – peut-être même qu'elle a commis deux meurtres. Le premier quand elle l'a rencontré, et l'autre un peu plus tard, et qu'à force d'attendre, elle a pas pu se contrôler, j'sais pas moi. »

L'agent Harvelle réapparaît dans la pièce, légèrement plus livide que toute à l'heure. « Garth, » dit-elle. « Il faut qu'on y aille. »

Les trois hommes se tournent vers elle.

Elle serre les dents et lâche, « Ils ont trouvé un nouveau cadavre au Lac Madeleine. »

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A suivre...