Bonjour tout le monde,

Voici un nouveau chapitre un peu plus long que d'habitude. Ne vous y habituez pas trop, nous reviendrons à la longueur habituelle par la suite.

Avant de vous laisser découvrir ce que nos deux héros deviennent après cette douloureuse séparation, j'ai plein de merci s à faire.

Tout d'abord, merci à mes deux bétas Katty et Candyshy pour leurs avis et corrections toujours plus précieux de chapitre en chapitre. Ensuite, merci à Emy et Sandra d'avoir répertorié cette fic sur leur blog. De nouvelles lectrices ont fait leur apparitions depuis m'envoyant des reviews plus gentilles les unes que les autres et j'en suis très touchée. Merci aussi aux fidèles de la première heure d'être toujours là. Je me rends compte désormais que plus vous êtes nombreuses, plus je risque d'en décevoir certaines parmi vous. J'espère que celà arrivera le plus tard possible.

Enfin, mes traditionnelles petites réponses aux non inscrites:
Magaxa68: Merci, effectivement le dernier chapitre était riche en émotions. Tout est à reconstruire et on commence dans ce qui suit.
Ayana: Contente d'avoir réussi à te surprendre. C'est le but ;-) Merci pour tes gentils compliments, quant au dénouement, il va falloir attendre encore un peu.
Anne: Merci beaucoup! Une autre fan de JJG, il semble que nous soyons nombreuses ;-).
PatiewSnow: Plusieurs d'entre vous m'ont avoué avoir versé une larme, je ne voulais pas en arriver là quand même mais je pense que c'est plutôt bon signe si j'ai réussi à provoquer tant d'émotion.
Leemat: Console toi, la suite est déjà là ;-)

Voilà, on se retrouve en bas pour vos impressions j'espère.

Très gros bisous à toutes (et peut être à tous, on ne sait jamais)
Puce


Chapitre 18 : Tourner la page

4 ans plus tard

Bella POV

J'étais dans l'avion pour New York, Alice et Rosalie discutant à mes côtés. Je quittais tout, ma famille, ma région natale, Angela et Ben, pour ce qu'on pourrait appeler un coup de tête. Je venais de terminer mes études de littérature assez brillamment. J'y avais consacré ces quatre dernières années corps et âme. J'avais même eu une proposition d'embauche par une petite maison d'édition de Seattle, mon rêve.

Alors pourquoi étais-je dans cet avion pour New York?

Réponse simple et effrayante à la fois pour tout observateur extérieur: Edward Cullen.

J'étais assez maso pour traverser le pays pour retrouver un type qui m'avait probablement complètement oubliée, dans une petite bourgade comme New York sans être même certaine qu'il y soit encore. Ma tête retombait contre la têtière et je laissais échapper un soupir.

Il était parti il y a quatre ans, me laissant seule avec ma peine. J'avais tout essayé pour l'oublier. J'avais travaillé dur pour éviter de penser à lui. Je m'étais étourdie en sortant avec mes amies, j'avais même tenté de vivre autre chose avec quelqu'un d'autre. Alec...

Six mois après le départ d'Edward, j'avais cédé à ses avances. Je voulais vraiment essayer, passer à autre chose. L'illusion avait duré presque deux ans mais je n'étais pas la petite amie idéale, ne parvenant pas à m'engager autant qu'il l'aurait souhaité. Il avait fini par trouver chez quelqu'un d'autre ce que je ne pouvais lui offrir et m'avais quittée.

J'étais tombée de haut, ne comprenant pas ce qui avait foiré, je lui en avais voulu, beaucoup, mais avec un peu d'introspection, je me rendis compte que j'étais l'unique responsable de cet échec. Je ne compris pourtant pas pour autant tout de suite d'où venait mon blocage.

Bien sûr, je pensais à Edward, de temps en temps mais uniquement comme on pense à un premier amour, avec nostalgie. Après tout, il avait été le premier à faire attention à moi, à me faire sentir différente des autres. Dans ses yeux, je me sentais belle, je n'avais plus jamais ressenti ça depuis.

Le vrai déclic vint une semaine avant mes derniers examens. Le professeur de français nous avait accordé une sorte de récréation en nous faisant étudier un texte d'un chanteur français. Je connaissais désormais les paroles par cœur:

Il manque un temps à ma vie
Il manque un temps, j'ai compris
Il me manque toi, Mon alter ego

Tu es parti mon ami
Tu m'as laissé seul ici
Mais partout tu me suis, Mon alter ego

Où tu es, j'irai te chercher
Où tu vis, je saurai te trouver
Où tu te caches, laisse-moi deviner

Dans mon cœur rien ne change
T'es toujours là, mon ange

Il manque ton rire à l'ennui
Il manque ta flamme à ma nuit
C'est pas du jeu
Mon alter ego

Où tu es, j'irai te chercher
Où tu vis, je saurai te trouver
Où tu te caches, laisse-moi deviner

T'es sûrement baie des anges
Sûrement là-bas, mon ange
Sûrement là-bas, Sûrement là-bas

Où tu es, j'irai te chercher
Où tu vis, je saurai te trouver
Où tu te caches, laisse-moi deviner

Dans mon cœur rien ne change
T'es toujours là, mon ange

Il manque un temps à ma vie
Il manque ton rire, je m'ennuie
Il me manque toi, mon ami

(N/A: Mon alter ego de Jean Louis Aubert)

Sur le moment, l'évidence était apparue mais là tout de suite, je n'étais plus convaincue du tout. Pourtant, je savais au fond de moi que si je voulais recommencer à avancer dans ma vie, je devais tourner cette page définitivement.

Le retrouver et le revoir une dernière fois, pour que cette sensation d'inachevée disparaisse à jamais.

Aux yeux de tous, je voulais vivre à New York pour intégrer une grande rédaction ou une maison d'édition prestigieuse. J'avais d'ailleurs trouvé un « pige » dans un petit magazine qui devrait me permettre de démarrer. Alice était la seule à connaître mes réelles motivations. Elle m'avait encouragée. La perspective de rejoindre Jasper avait certainement aidé pour qu'elle se range à mes côtés.

Qu'est ce qu'ils en avaient bavé pour se trouver ces deux là... Un an et demi, il avait fallu un an et demi pour que je craque et que j'appelle Jasper. Alice devenait dépressive et je m'inquiétais pour elle. Si bien que j'avais tout déballé à mon meilleur ami un soir au téléphone. A la fin de ma tirade sous les yeux médusés de ma colocataire, il avait simplement répondu:

"Passe la moi !"

S'en était suivi un monologue que je n'entendis pas, Alice se contentant d'hocher la tête. Trois jours plus tard, Jasper débarquait à Seattle avec armes et bagages.

Je fus tout bonnement expulsée de ma chambre pendant quatre jours.

C'est donc tout naturellement qu'elle et Rosalie (toujours aussi folle d'Emmett) avaient accepté de me suivre dans mon aventure de l'autre côté du pays. Je devais partager un appartement avec Alice et Jazz tandis que Rose emménageait avec Emmett.

Perdue dans tous mes souvenirs je ne remarquais même pas que l'avion amorçait sa descente. Une petite turbulence nous secoua tout à coup et me ramena sur Terre.

Nous y étions ! New York...

A l'arrivée tout s'enchaina très vite. Les gars nous attendaient exactement au même endroit que 4 ans auparavant, quand nous étions venues pour la première fois.

Rosalie partit avec Emmett tandis qu'Alice et moi suivions Jasper vers notre nouveau chez nous.

L'appartement n'était pas très grand mais bien situé et il y avait largement assez de place pour nous trois. A peine arrivés, je sentis que mes amis avaient besoin de se retrouver. Je prétextais donc un besoin de prendre l'air pour aller me promener dans le quartier.

La nuit était douce et j'errais au grès de mes envies. Je m'arrêtais devant un traiteur indien pour nous commander à dîner puis je retournais lentement à l'appartement et je trouvais mes nouveaux colocataires tendrement enlacés sur le canapé. J'avais envie d'être capable de vivre à nouveau un tel moment.

Nous dînâmes dans la bonne humeur et je me couchais tôt pour récupérer du décalage horaire.

Les premières semaines de ma vie new yorkaise furent moins trépidantes que ce à quoi je m'attendais. Une certaine routine s'instaura. Je passais au journal deux ou trois fois par semaine pour déposer mes articles et récupérer mes nouveaux sujets. J'avais déjà été publiée trois fois ce qui était plutôt bon signe.

Le reste du temps, j'avais trouvé un petit job de serveuse à mi-temps.

A la fin du premier mois, j'avais trouvé mes marques et je commençais à me sentir bien dans cette nouvelle vie. Mais c'était sans compter sur ce lutin de malheur qui profita de l'absence de Jasper un samedi après midi pour débarquer dans ma chambre avec son ordinateur portable et le téléphone:

" Bon ma belle, assez joué, il est temps de commencer à chercher celui qui nous a tous emmenés ici.
-
Laisse tomber Alice, c'était une idée débile, comment veux-tu qu'on le trouve? Je ne sais même pas s'il est toujours à New York. Autant chercher une aiguille dans une meule de foin.
-
Tut, tut, tut, impossible n'est pas Alice alors au boulot ! – Elle installa son PC sur ses genoux et commença à tapoter sur le clavier.- Alors Edward Cullen..."

Les pages blanches affichèrent 283 résultats rien que sur New York. Je poussais un soupir:

" Tu vois c'est perdu d'avance.
-
Bella... Ne m'oblige pas à me fâcher. On va trouver un moyen de faire mieux, comment s'appelle son père déjà?
-
Carlisle.
-
OK alors Carlisle Cullen – Elle continua à tapoter, 21 résultats – Bingo, à toi de jouer Bella, il n'y a plus qu'à téléphoner pour trouver le bon"

Elle me tendit le téléphone et je me sentis toute bête.

" Je ne peux pas faire ça.
-
Allez Bell's, du courage, on est venue ici pour le retrouver, rappelle-toi.
-
Je ne sais même pas ce que je vais lui dire.
-
Commence par le retrouver, on verra après. Allez, tu prends un Carlisle au hasard. Avec ta poisse légendaire, tu ne tomberas jamais sur le bon du premier coup. Vois ça comme un entraînement."

Elle avait raison, juste un entraînement. Je consultais la liste et sélectionnais un nom. L'adresse me paraissait être un endroit où pourraient vivre Carlisle et Esmée, un quartier calme et résidentiel.

Je composais fébrilement le numéro:

" Résidence Cullen.
-
Oui, bonjour Madame, pourrais-je parler à Edward s'il vous plait.
-
Bien sûr mademoiselle, ne quittez pas je vous le passe."

Oh putain. Je devins livide. Alice m'interrogea du regard.

"Alors?
-
Elle me le passe, il arrive !"

Edward POV

J'étais tranquillement installé à la cuisine en train de donner son goûter à Ethan quand le téléphone sonna. Esmée décrocha, échangea quelques mots avec le correspondant et me tendit le téléphone.

" C'est pour toi"

Qui pouvait bien m'appeler ici? Cela faisait belle lurette que je ne vivais plus chez mes parents. Je décidais d'interroger Esmée avant de répondre.

" Qui est-ce?
-
Une demoiselle, je n'en sais pas plus, elle ne s'est pas présentée. Mais ce n'est pas une de tes fréquentations habituelles.
-
Pourquoi tu dis ça?
-
Elle a dit "Bonjour Madame" et "s'il vous plait", ça ne fait pas partie du vocabulaire courant de tes conquêtes mon chéri"

Je vis mon père sourire à cette remarque. Bon OK, les nanas avec qui je trainais n'étaient pas forcément des images de bienséance mais pour ce que je faisais avec elles, ça m'était bien égal. Je me décidais à prendre le téléphone et à m'éloigner de la cuisine:

" Allo?
-
...
-
Aaallo?
-
Euh, oui pardon, bonjour. Vous êtes Edward Cullen?
-
Oui
-
Le Edward Cullen qui a vécu dans la péninsule d'Olympie il y a quelques années?
-
C'est bien moi – J'entendis souffler à l'autre bout du fil.
- Tu parles de ma poisse légendaire oui – Un rire se fit entendre également.
- Pardon?
-
Euh désolée, bon, tu ne te souviens pas de moi certainement mais c'est Bella.
-
... – Oh putain, c'était officiel, Edward Cullen venait de « bugguer ». Impossible, j'avais mal entendu. Elle sembla mal interpréter mon silence.
- Tu ne rappelles pas, j'en étais sûre, Alice tu vois, je te l'avais dit. – Je réussis à reprendre suffisamment mes esprits pour l'interrompre.
- Bella, je me rappelle de toi.
-
Ah OK.
-
Puis-je te demander ce que me vaut le plaisir de cet appel?
-
En fait, je viens d'emménager à New York pour le travail. On m'avait dit que tu étais dans les parages alors je me disais qu'on pourrait se voir, aller boire un café, enfin, si tu veux..."

Dire que j'étais soufflé était un euphémisme. J'avais Bella Swan au bout du fil qui m'annonçait vivre à quelques kilomètres de chez moi et qui voulait me voir, moi. C'était la quatrième dimension mais je devais me reprendre vite pour ne pas qu'elle prenne mon silence pour un rejet.

" Ca me ferait très plaisir Bella. Tu veux bien me donner ton numéro, j'ai une semaine chargée et je préfèrerai t'appeler quand ce sera plus calme.
-
Euh ouais, si tu veux. Al' c'est quoi le numéro d'ici? – J'entendis la voix d'Alice dans le haut parleur.
- Salut Alice, content de t'entendre.
-
Salut Edward, tu as de quoi noter?
-
Je t'écoute.
-
Alors c'est le 347-524-837
-
C'est noté merci. Bella, je t'appelle très vite.
-
OK, bonne journée Edward.
-
Bonne journée à toi aussi et à très bientôt."

Un clic à l'autre bout du fil me signala qu'elle avait raccroché. Je restais hébété avec ce petit morceau de papier entre les doigts. Le numéro... son numéro... ici à New York.

Bella POV

Une chance sur 21 ! Une putain de chance sur 21 !

Pour s'entrainer qu'elle disait... J'étais tombée pile du premier coup et j'avais été lamentable. Alice pleurait de rire face à moi et j'étais consternée. S'il ne me prenait pas pour une débile profonde ou une espèce de psychopathe, je n'avais pas totalement perdu ma journée. Il avait quand même eut l'élégance de faire semblant de prendre mon numéro de téléphone. Mais qu'est ce que j'attendais après tout?

Les semaines qui suivirent confirmèrent ma piètre prestation téléphonique. Devant mon air abattu, Alice tenta de me remonter le moral, au début.

" Enfin Bella, il t'a dit qu'il avait une semaine chargée. Il appellera la semaine prochaine."

Mais la semaine suivante défila sans nouvelles, puis la suivante, puis la suivante. Alice n'osa plus aborder le sujet, se sentant certainement coupable de m'avoir poussée à agir.

Mais un soir, alors que nous étions seules toutes les deux à l'appartement en pleine soirée "entre filles", le téléphone sonna.

" Bella?
-
Oui
-
C'est Edward.
-
Oh salut...
-
Tu peux me donner ton adresse, je suis avec des amis, j'aimerais passer te voir.
-
Euh oui, c'est le 274, Auburn Street appartement 3b.
-
OK Bells, on n'est pas loin, on sera là dans 10 minutes." Clic...

10 minutes ! Comment ça 10 minutes? Je jetais un regard paniqué sur le séjour transformé en campement de fortune avec pot de glace king size et à mon pyjama.

Panique à bord! Je parvins juste à articuler pour qu'Alice comprenne:

" Edward... arrive... ici... 10 minutes !"

Alice me regarda de la tête aux pieds et prit un air concentré.

" OK, on pare au plus pressé, tu files sous la douche et tu mets ton jean blanc avec la blouse bleue pâle. Cheveux détachés, séchés à la main en gardant une légère humidité. Je m'occupe du reste !"

Elle me faisait peur mais je devais admettre qu'elle était efficace. Quand je revins dans le salon tout était impeccable et Alice était pomponnée comme si elle avait eu tout ce temps pour le faire. Je ne voulais même pas savoir comment elle arrivait à faire ça .

Nous n'eûmes pas le temps de nous attarder dans nos contemplations respectives car l'interphone se fit entendre.

" Bella, c'est nous !"

Je déverrouillais la porte principale.

Au fait, c'est qui "nous"? Je n'eus pas vraiment le temps d'approfondir la question car on frappait déjà à la porte. Respire Bella, tu n'as plus 14 ans. Je m'avançais d'un pas que j'espérais « mesuré » vers la porte, sans précipitation.

5, 4, 3, 2, 1, j'inspirais puis soufflais un bon coup.

" Bonsoir "

Il était là, devant moi, nonchalamment appuyé contre la porte, plus grand, plus beau, plus énigmatique encore que dans mes souvenirs. Son sourire en coin vissé sur son visage, il sembla me détailler légèrement.

" Bonsoir Bella, toujours aussi jolie. - Nickel, le retour de Bella Swan la pivoine.- C'est sympa comme quartier, je ne connaissais pas. Tu nous laisses entrer?
-
Euh oui, bien sûr, pardon je... – Je suis en train de chercher une idée pour m'embarrasser encore plus. Bravo Bella, t'es au top, ne change rien.
- Je te présente James, Victoria et Laurent, des amis. Les gars, voici Bella et Alice, des copines de mon ancienne vie à Seattle. – Je n'aimais pas mais alors pas du tout le regard que me jeta James à ce moment là.
- Enchantée, répondit Alice heureusement plus réactive que moi, asseyez-vous, je vous en prie. On vous sert un truc à boire?
-
T'as de la bière? – demanda James de but en blanc sans cesser de me reluquer bizarrement.
- Non, Jazz a fait une soirée avec des potes avant hier et il n'a pas refait le plein. Je ne peux vous proposer que des sodas ou des jus de fruits. – Bien vu Alice, ce n'est pas une bonne idée que de donner de l'alcool à ces types. Edward, dans quoi tu t'es encore fourré?
- Jazz? demanda Edward, comme Jasper Whitlock? Vous vivez avec lui?
-
C'est mon compagnon, répondit Alice.
-
Wow, félicitations, vous lui passerez le bonjour à l'occasion. – Pas sûr que ce soit une bonne idée. – Et Emmett? Vous avez des nouvelles?
-
Il vit en couple avec Rosalie Hale à quelques blocs d'ici, elle était à la fac avec nous, je ne sais pas si tu te rappelles d'elle. – Wow, Bella, t'as réussi à aligner deux phrases, félicitations. « Oh ça va hein! »
- Non je ne crois pas. Et toi Bella, qu'est ce que tu deviens? Qu'est ce qui t'emmène à New York?"

Toi n'étant définitivement pas une bonne réponse, je me lançais dans mon explication mainte fois peaufinée pour mon entourage pour justifier ma venue dans la grosse pomme.

Il m'écouta avec attention alors que les trois autres semblaient s'ennuyer ferme.

J'essayais de l'interroger sur ce qu'il était devenu mais il resta très évasif, disant qu'il tentait de percer dans la musique et qu'il vivait de petits boulots en attendant. Pas bon ça, pas bon. Pourquoi j'avais un tel mauvais pressentiment en l'écoutant? "Peut être parce que tu peux voir les types qu'il fréquente et que ce n'est pas franchement encourageant. Peut être..."

Je prenais alors des nouvelles de Carlisle, Esmée et Ethan. Il m'en donna avec enthousiasme. Au moins ce côté là de sa vie avait l'air d'aller. Alice participa à la conversation, James aussi occasionnellement, toujours en me jetant des regards lubriques.

Ils restèrent près de deux heures et partirent comme ils étaient venus, sans explications. Edward déposa un baiser à la commissure de mes lèvres et murmura:

" A bientôt petite Bella."

Il s'en alla sans se retourner et je refermais la porte avec soulagement. C'était quoi çà? Je me retournais vers Alice qui secoua la tête négativement. Pas besoin d'en dire plus, nous avions le même avis.

Deux semaines s'écoulèrent, sans que je n'ai la moindre nouvelle d'Edward et j'en étais plutôt contente. Il avait encore des cadavres dans le placard et je n'étais pas de taille à leur faire face. James m'avait fait peur, vraiment peur.

Un soir, alors qu'Alice et Jazz étaient partis pour trois jours dans la famille de Jasper, je décidais de me coucher tôt pour récupérer d'une longue semaine de boulot. Mes chroniques connaissaient un certain succès et j'avais de plus en plus de commandes. J'avais à peine dormi 3 ou 4 heures par nuit durant les cinq derniers jours.

Je fus réveillée en sursaut par de grands coups tapés contre ma porte. Je jetais un coup d'œil sur le réveil: 2h15.

Grrr, les étudiants du bout du couloir avaient encore "décompressé". Leur méthode? Tambouriner bourrés à toutes les portes jusqu'à réveiller tout le monde et obtenir éventuellement la vue d'une demoiselle en petite tenue pour satisfaire leur imaginaire.

La réponse d'Alice dans ces cas là? Revêtir sa nuisette la plus sexy et ouvrir grand la porte pour les faire taire le plus rapidement possible. Jasper n'aimait pas la méthode mais il fallait avouer qu'elle était efficace.

Les coups sur la porte s'intensifièrent, mais bizarrement, ils ne semblaient taper que sur ma porte. Je me levais pour attraper une chemise de nuit offerte par Alice et m'apprêtait à ouvrir lorsque des bruits de course se firent entendre, puis le calme, plus rien. Je perçus alors un léger grattement sur la porte.

Je l'ouvris doucement et quelle ne fut pas ma surprise de voir Edward qui s'éloignait dans le couloir. En entendant la porte, il se retourna vivement et fut sur moi en quelques enjambées.

" Rentre chez toi Bella, je ne veux pas qu'ils te trouvent. Je ne voulais pas qu'ils viennent, je suis désolé, cache toi, n'ouvre pas s'il te plait. Je suis désolé, encore... Je ne fais jamais rien de bien quand il s'agit de toi !"

Je restais immobile, dans l'incompréhension la plus totale. Il me regarda à nouveau et un sourire passa sur son visage inquiet:

" C'est quand même sympa de passer te voir par surprise, j'aime beaucoup ta tenue pour dormir."

De quoi il parle? Au mon dieu, la nuisette d'Alice. Je devins instantanément rouge écarlate. Ma gêne l'amusa au plus haut point mais un bruit de pas qui se rapprochaient nous interrompit.

" Ils reviennent. Rentre et surtout n'ouvre plus. Je vais essayer de les faire partir."

C'est ce qu'il fit. Au bout de quelques minutes, je n'entendis plus aucun bruit mais je ne parvins pas à m'endormir cette nuit là. Je savais que je venais de voir mon premier amour pour la dernière fois.

Quelques temps plus tard, alors que j'avais passé ma journée à flâner dans Central Park, je rentrais en fin d'après midi et je trouvais une Alice soucieuse.

" Il a passé tout l'après midi assis dehors à t'attendre.
-
Qui?
-
De qui veux-tu que je parle? Edward.
-
Oh... Et ?
-
Je suis descendue pour lui dire que tu n'étais pas là et qu'il pouvait t'attendre en haut mais il a refusé. Il a dit qu'il n'était pas un gars bien pour toi et que pour te protéger, il devait s'éloigner. – Je repensais à sa visite nocturne que j'avais gardée pour moi – je pense qu'il ne reviendra plus Bella, je suis désolée ma chérie.
-
Je sais Al', ne t'en fais pas pour moi ça va aller."

Et je le pensais. J'avais enfin la sensation d'avoir tiré un trait sur ce passé et je pouvais démarrer une nouvelle vie, libérée de mon obsession pour Edward Cullen.