Chaque année à pareille date, Jade Sims devait se rendre au centre de recherche du ministère, appeler communément le bunker. L'endroit était uniquement accessible par portoloin qui était spécifiquement ensorcelé pour n'être vu que par les personnes qui avaient l'autorisation ou l'obligation comme c'était le cas pour Jade, de l'utiliser.

Depuis des années, la jeune femme était poussée à bout, testée, étudiées, car l'apparition de sorcière élémentaire était un phénomène très rare et surtout très mal compris par la communauté magique. Aujourd'hui pour la première fois de l'histoire, une sorcière de sa « race » avait eu la maîtrise nécessaire pour affronter une force équivalente à la sienne et y survivre sans subir trop de dommages ou en infliger. Mise à part quelques flammes qui refusaient de s'éteindre au fond de ses yeux, la jeune femme semblait avoir retrouvé un état normal depuis son escapade en terre des dragons.

Le professeur Sullivan, le chef du programme de recherche la concernant, était persuadé que la présence de son stagiaire de l'an dernier James Potter, qui s'était retrouvé à ses côtés durant les évènement et tout au long de la période de repos qui les avaient suivi, avait contribué à son retour rapide à une forme de paix intérieure. Elle semblait cependant être préoccupée par quelque chose, mais elle essayait de le cacher, ne voulant probablement pas se dévoiler devant à un groupe de chercheurs qui passaient leur temps à écrire dans des rapports sur tout.

Le professeur Sullivan savait que la majorité des sorciers qui goûtaient à une telle puissance, se seraient très certainement laissés corrompre par elle, voulant ressentir de nouveau cette force couler en eux, cette énergie capable de faire oublier tout le reste et procurer une sensation de contrôle absolu. Jade semblait ne pas y avoir accordé trop d'importance, comme si toute cette force, toute cette puissance, lui importait peu. Peut-être que toutes ces années à la pousser au-delà de ses limites mentales et physiques avaient finalement porté leurs fruits.

Il faut dire qu'il y avait un autre facteur qui entrait en ligne de compte dans sa perception de toute cette histoire. La jeune femme détestait son don! Elle le jugeait responsable de tous ses malheurs, de son « anormalité » et de son isolation sociale. Il est vrai que bon nombre de ses professeurs avaient eu peur d'elle en apprenant ce qu'elle était et très peu l'avait poussé à développer ses compétences magiques à cause de cela. Même son propre père l'avait craint pendant longtemps, mais il semblerait que maintenant, il ait appris à lui faire un peu plus confiance et avait fini par passé par-dessus ses peurs et à lui faire plus confiance.

Le professeur Sullivan lui, n'avait toujours pas réussi à lui accorder cette confiance et à croire en sa parfaite maîtrise. Il était convaincu qu'un jour, elle allait finir par craquer pour de bon. C'était peut-être pour cela qu'il la traitait parfois aussi durement. Il préférait la pousser à bout ici, plutôt qu'un autre le fasse dans un endroit moins sécuritaire. Il faut dire que l'homme,qui était un spécialiste en recherche sur les créatures de feu, l'avait toujours un peu perçu comme l'équivalent de ces animaux qu'il étudiait durant le reste de son année, plutôt que comme une véritable personne. L'an dernier, son stagiaire lui avait permis de la voir avec un autre oeil, ce qui était quelque chose d'un peu plus compliquer à gérer pour un homme aussi solitaire de nature que lui. Il avait donc décidé d'engager de l'aide cette année. Il avait réussi à dénicher les services d'une psychomage, spécialisée dans les émotions et les traumatismes magiques. Comme la force du don de Jade émanait justement de son aspect émotif, elle était la personne toute désignée pour faire partie de cette aventure estivale.

Jade entra dans le bâtiment principal où avait lieu la majeure partie de ses tests. Comme à chaque année, on lui demanda de faire une puissante démonstration de force pour démontrer tout son potentiel aux nouveaux collaborateurs pour qu'ils comprennent mieux à quoi ils avaient affaire.

Jade, qui n'avait pas utilisé son don depuis sa convalescence, avait du mal à le laisser aller complètement, se mettant à elle-même des barrières, mais de façon inconsciente. Ce léger blocage l'empêchait de faire son habituelle démonstration de force. Généralement, la première utilisation de son feu au bunker était toujours la plus puissante de toute. Ça avait toujours été une sorte de soulagement pour elle de lâcher enfin prise sur son constant contrôle et de se laisser aller.

Cette fois, elle ne ressentait aucun besoin de le faire et le récent abus de son pouvoir avait probablement quelque chose à y voir.

-Tu es dans des conditions de parfaite sécurité ici. Inutile de te retenir.

-Je n'y arrive pas, dit Jade d'un ton désespéré.

-Essaie plus fort. Nous savons très bien tous les deux de quoi tu es capable maintenant.

-Vous ne comprenez pas.

-Mais de quoi as-tu peur!

-Je n'ai pas peur, je suis juste fatiguée.

-Peu importe ce qui t'effraie, libère-t-en et utilise cette peur pour faire monter en toi ta puissance. Matérialise là en flamme comme tu sais si bien le faire habituellement, exigea le professeur Sullivan qui n'avait rien écouté de ce que la jeune femme venait de lui dire.

-Et si je refuse. Si je refuse tout simplement de me servir à nouveau de mon don. Peut-être que j'en ai marre de faire fondre des matériaux de construction selon votre bon vouloir!

Jade savait qu'elle avait peut-être été trop loin, que la provocation n'était jamais le meilleur moyen d'arriver à ses fins avec son mentor, mais pour la première fois de sa vie, elle n'avait plus peur des conséquences, plus peur de lui.

Le professeur Sullivan était de son côté, d'une humeur massacrante. Se faire rabrouer de la sorte par cette toute jeune fille et cela devant de nouveaux collaborateurs, l'avait mis hors de lui. Par le passé, il avait bien souvent réussi à la convaincre de faire ce qu'il voulait en utilisant une forme de chantage, mais pour la première fois de sa vie, Jade Sims se fichait éperdument des menaces qu'il pourrait lui prodiguer. Il décida quand même de lui en lancer quelques unes, histoire de voir à quel point elle était déterminée à lui résister aujourd'hui.

-Tu sais que la seule raison pour laquelle tu as le droit de vivre dans ton école de magie plutôt que d'être enfermée ici durant toute l'année, c'est parce que tu coopère avec nous. Ça te met en colère ce que je te dis, je l'espère bien! Maintenant fini de jouer et utilise ta colère pour faire fondre ce block d'acier trempé qu'on en finisse, lui lança l'homme au bord de l'impatiente.

Jade serrait les poings. Comme ses yeux n'étaient de toute façon pas encore redevenus normaux, ses chances de réintégrer les cours étaient, de toute façon compromises, mais s'il y avait une chance que quelqu'un trouve une solution à son problème, c'était bien cet homme, alors pourquoi se rebeller. Même s'il jouait les durs, elle savait qu'il n'était pas son ennemi. Il avait même accepté qu'elle aille vivre quelques temps toute seuls avec un ami dans sa jolie maison de vacance.

La psychomage qui surveillait les choses de loin, demanda au professeur Sullivan de la rejoindre un peu à l'écart des autre afin de pouvoir émettre son opinion sans que les autres membres de l'équipe ne l'entendent.

-Professeur, je crois que vous allez un peu trop loin avec elle, lui dit Anna McAdams, la psychomage.

-Son don provient de son émotion, ça je te l'ait déjà dit. C'est même écrit dans le rapport que je t'ai donné! Si elle est blasée, si elle ne ressent rien, alors son don est inexistant et elle ne peut pas s'en servir. Mon travail, c'est de l'étudier et tout ces gens réuni ici dans cette pièce ont la même fonction que moi. Madame est en crise existentielle, je m'en fiche! Qu'elle la mette de côté pour un moins et qu'elle fasse ce que l'on attend d'elle Elle doit comprendre qu'elle à un rôle à jouer et qu'elle ne peut se défiler comme bon lui semble.

-Sans vouloir vous offenser professeur, c'est impossible de ne rien ressentir. Ce n'est pas parce qu'une personne vous dit qu'elle est lasse ou fatiguée, qu'elle n'a pas de sentiments. J'ai lu votre rapport et je sais parfaitement où elle puise l'énergie de son don, mais je ne crois pas que c'est une raison suffisante pour lu parler comme vous venez de le faire!

Pendant que la psychomage essayait de résonner le professeur Sullivan, Jade décida de s'exécuter en faisant fondre et même exploser le bloc d'acier sous les yeux ébahis des nouveaux collaborateurs au projet.

-J'avais raison de la pousser, elle a fait ce qu'elle avait à faire. À partir de maintenant Mademoiselle McAdams, vous gardez vos commentaires pour vous lorsque nous sommes dans la salle des tests. Vous pouvez observer, mais interdiction formel de critiquer mon travail. Je ne vous ai pas engagé pour ça! Désormais, elle est votre patiente uniquement en dehors de ses murs, est-ce bien clair.

-C'est vous le patron, répondit simplement la psychomage d'un ton neutre.

Heureusement pour Jade, la démonstration qu'elle venait de faire fut suffisante pour que le professeur Sullivan la laisse tranquille. Elle savait cependant que demain, ça serait plus difficile. Elle en avait cependant marre de tout cela. Elle ne comprenait pas ce qu'il y avait encore à savoir sur elle après toutes ces années. Les seules évolutions que son don avait subi, c'était grâce à son entraînement avec Albus, ses test au ralentit de l'an dernier avec James et sa confrontation avec un dragon. Maintenant, elle arrivait à le contrôler à plus petite échelle, mais jamais le professeur ne lui demandait d'accomplir de délicate démonstration, comme d'allumer des bougies sur un gâteau d'anniversaire par exemple. Au contraire, il la plaçait toujours devant des défis de plus en plus gros, alors que sa puissance maximale était déjà connu de tous et franchement inutile dans la vie de tous les jours.

En utilisant sa colère pour faire fondre le block d'acier trempé, Jade n'avait pas ressenti cependant que son don était à sa pleine capacité. Les nouveaux collaborateurs qui ne l'avaient jamais vu à l'œuvre ont dû être impressionnés par sa performance, mais les anciens ont bien dû lire sur leurs instruments qu'elle n'avait pas donnés son maximum.

Il faut dire que la colère qu'il avait déclenchée en elle n'était que superficielle, presque feinte même. Elle se fichait véritablement des menaces de Sullivan. Même s'il décidait de tout la concernant, elle avait maintenant d'autres contacts importants comme Charlie Weasley par exemple. Elle pourrait toujours le suivre dans ses aventures en terre des dragons si jamais on lui refusait de retourner à l'école à l'automne.

Jade était assise dans le parc près du lac. Cet endroit magnifique où elle avait passé l'été précédent à discuter avec James Potter et où elle s'en était fait un ami et un confident.

Une femme qu'elle n'avait jamais vue auparavant s'approcha d'elle. Elle devait avoir environ trente ans et la regardait avec un sourire chaleureux, le genre d'expression rassurante qui donnait envie de lui faire confiance.

-Salut, je peux m'asseoir, lui demanda-t-elle.

-Si vous voulez.

-Je m'appelle Anna McAdams, je suis nouvelle ici.

-Vous êtes une scientifique?

-Je suis psychomage.

-Maintenant je suis folle, c'est nouveau cela, cracha Jade en se refermant légèrement.

-Tu n'es pas folle. Je crois que le professeur Sullivan a besoin de mon aide pour te comprendre mieux.

-Ça fait des années qu'il m'étudie, je suis certaine qu'il me comprend parfaitement.

-Pas suffisamment si tu veux mon avis. La petite altercation de tout à l'heure le prouve hors de tout doute.

-Je n'étais pas d'humeur, c'est tout. Demain ça ira mieux.

-Tu en es certaine, parce que moi je n'y crois pas une seule seconde, lui dit gentiment la femme.

-Vous ne me connaissez même pas, alors que pouvez-vous savoir?

-J'ai lu ton dossier et j'ai discuter avec certains de tes proches…

-Qui exactement?

-Ton père et ton ami James Potter.

-Et après deux petites conversations avec des gens à qui je tiens, vous en êtes arrivé à pouvoir prétendre savoir comment je fonctionne et pouvoir prédire mes réactions. Si c'est le cas alors vous êtes très forte, dit Jade avec un ton ironique.

-Laisse-moi t'exposer ma théorie et tu me diras si j'ai raison ou tort.

-J'ai hâte de voir ça.

-Le professeur Sullivan prétend que ton pouvoir est connecté directement sur ton centre émotionnel, je le crois aussi, mais je ne suis pas convaincu que de te mettre en colère tout à l'heure était pas la bonne façon de faire.

-Il a obtenu ce qu'il voulait non?

-Il a obtenu un peu de toi, mais selon certain assistant de longues date du chercheur, tu étais loin d'être à ta pleine capacité.

-Vous savez, même si j'ai prétendue le contraire tout à l'heure, je crois qu'il avait raison sur une chose. J'ai peur. Pas d'utiliser mon don, mais que son utilisation durant tout un été fasse en sorte que mes yeux demeurent dans l'était où ils sont ou qu'ils empirent. Peu importe les menaces qu'il m'a faite, je sais très bien que pour le moment, je ne peux même pas espérer retourner à Poudlard dans cet état. Vous croyez que je ne me suis pas rendu compte que mes yeux vous intimident lorsque vous me regardez!

La psychomage fut légèrement ébranlée par la perspicacité de sa nouvelle patiente. Plutôt que de laisser la conversation dévier, elle décida de continuer à mener le jeu en ne répondant pas au commentaire lancé contre elle.

-James Potter m'a raconté ce qui s'était passé en terre des dragons. J'en avais déjà lu les rapports, mais l'entendre de la bouche d'un témoin, j'avoue que c'est toute autre chose. Tu as, selon ses dires, absorbé une partie de l'énergie du dragon. Il m'a dit que sa force nourrissait la tienne en quelque sorte. Charlie Weasley à écrit dans son rapport que le dragon en question avait l'air d'être dans un état d'épuisement équivalent au tient lorsqu'il s'est enfuis après l'affrontement.

-J'ignorais cela.

-James aussi l'ignore. Il n'a pas rediscuté avec son oncle Charlie depuis. La chose que j'ai retenue cependant dans tout cela, c'est la façon dont tu t'y es prise, ou plutôt la raison qui t'a poussée à affronter toute seule cette puissant créature alors que tu ne savais même pas si tu avais la moindre chance de survivre à l'affrontement.

-J'ai senti que c'était ce que je devais faire. J'avais la conviction d'arriver à le repousser et encore aujourd'hui, je me demande ce qui m'a pris de prendre un tel risque. Heureusement que j'y suis parvenue, sinon nous ne serions pas ici à discuter tranquillement en ce moment.

-Je crois que tu étais animée par un sentiment d'urgence. Ce n'était pas la première fois que tu réagissais comme ça pour sauver d'autres personnes. Ton père m'a parlé du lac gelé de Poudlard, celui que tu as fait fondre l'hiver dernier pour aider deux jeunes filles en détresse.

-J'ai été stupide sur ce coup là! J'aurais pu utiliser un sort plus traditionnel pour arriver au même résultat.

-Peu importe ce que tu aurais pu faire, le sentiment qui t'a envahit à ce moment là t'a aussi donné la force nécessaire pour faire ce qui devait être fait. Je sais que le professeur Sullivan est convaincu que c'est la colère qui te rend le plus puissante, mais j'ai l'impression que ce n'est pas l'émotion qui te sert le mieux.

-Le fait est que ça fonctionne encore, le défendit Jade.

-C'est vrai, mais il pourrait obtenir bien plus de toi s'il utilisait d'autres approches moins provocatrice.

-Je n'ai pas nécessairement besoin d'être ensevelit sous une émotion pour utilisé ma capacité vous savez. C'est vrai qu'elle s'en nourrit, mais ça reste une forme de magie comme les autres. Il faut juste en connaître le fonctionnement et ensuite, tout s'enchaîne.

-Sauf que tu démontres plus de force et moins de contrôle quand tes émotions prennent le dessus, du moins selon lui. Tu sais, il fait de son mieux avec ses limites. Il passe toute l'année à étudier des créatures qui ne parlent pas et qu'il peut manipuler en les brimant de leur liberté ou en les provocant. Les animaux réagissent toujours comme il le veut et j'imagine qu'il utilise sur toi les techniques qu'il connaît le mieux. Il ne comprend juste pas que tu es un être pensant et plus complexe émotionnellement que ce à quoi il est normalement confronté. J'imagine que c'est la véritable raison de ma présence ici.

-Au moins, il ne me croit pas cinglée.

-Je crois qu'il à la volonté de te comprendre. Il sait que tu vieillis, que tu te complexifies et il ne veut pas se réveiller un bon matin et se rendre compte qu'il est dépassé. Pour le moment, je ne peux intervenir dans les tests, mais j'espère qu'à force de te parler et de t'observer, qu'il tiendra compte de mes recommandations.

-Il fait de son mieux vous savez. Ne le juger pas trop sévèrement, déclara Jade avec lassitude.

-Détrompe-toi, je le comprends très bien et je ne veux pas remettre son travail avec toi en question. J'aimerais juste qu'il croit un peu plus en toi en tant que personne et qu'il arrête de te regarder comme un animal.

-J'ai l'habitude vous savez que les gens se comporte étrangement avec moi. Je reste une énigme pour la plupart d'entre eux. Même mon propre père me considérait comme un être dangereux il n'y a pas si longtemps.

-Tu as beaucoup évolué depuis les dernières années et ton père te fait maintenant confiance, c'est ce qu'il m'a dit et je te confirme que c'était très sincère.

-Ma relation avec lui s'est beaucoup améliorée et j'espère que ce qui m'est arrivé en terre des dragons n'a pas changé son opinion de moi.

-Nous en avons très peu parlé, mais j'ai cru ressentir combien il était fière de toi, mais c'est vrai que ça l'a aussi beaucoup inquiété. Il a peur que cet évènement t'est transformé en ce monstre que tu as peur de devenir. Je crois que ma présence sur le projet l'a rassuré. Ton ami James aussi semble de cet avis.

-James est très protecteur, c'est normal. Il est comme un frère pour moi. Je tiens beaucoup à lui et j'imagine que c'est la même chose pour lui.

-Il m'a raconté l'histoire de cette autre fois où ta capacité t'a fait t'évanouir…

-Il vous a parlé de ma perte de contrôle au jour de l'an, dit Jade sur un ton de surprise.

-Je parle effectivement de ta manifestation explosive de la jalousie, celle que tu as ressentit ce soir là. J'ai l'impression que l'approche du professeur Sullivan qui consiste à te faire toujours tout contrôler sur ce que tu ressens et t'empêché de vivre certaines choses. En te brimant de certaine liberté, il a fait en sorte de te rendre plus vulnérable aux émotions nouvelle et puissante qui t'affectent.

-Là-dessus, je vous donne raison. Il y a des sentiments que je connais très bien, que j'ai beaucoup vécu et qui m'affecte moins niveau contrôle, comme par exemple la colère, la peur ou le sentiment de rejet.

-Je crois que tu as plus de mal avec l'amour par les temps qui courent…

-Vous êtes au courrant pour mon petit ami. Lui avez-vous parlé?

-Non, pas encore. Je n'étais pas certaine qu'il est été mis au courrant des plus récents évènements te concernant. Je crois qu'il doit voir son frère dans les prochains jours, j'imagine qu'il va tout lui raconter.

-Je n'en suis pas si sure. Leur relation est plutôt compliquée.

-Pourquoi tu ne lui as encore rien dit?

-Je trouvais ça difficile à faire dans une lettre. Il aurait fallut que je le voie en personne. J'aurais même pu m'arranger pour qu'il me rejoigne, mais je pense que je n'avais pas très envie qu'il me voit l'état lamentable où j'étais et où je suis encore. C'est déjà assez difficile comme ça entre nous…

-Qu'est-ce qui es difficile?

-L'adolescence et ce que l'éveil du désir me pousse à faire. Si je me laisse trop aller avec lui, je risque de blesser des gens!

-Tu n'as pas peur de le blesser lui?

-Lorsque quelqu'un est suffisamment près de moi, il s'intègre dans mon aura protectrice. Sullivan n'est pas encore au courant de cela et j'aimerais bien que vous attendiez avant de le lui dire…

-Même si c'est lui qui m'a engagé pour veiller sur tes émotions en quelque sorte, sache que je suis quand même lié par le secret professionnel.

-Enfin bref sur beaucoup de choses je me suis beaucoup amélioré et mon don s'éveille moins au fur et à mesure qu'on pratique lui et moi. J'arrive à l'embrasser de plus en plus longtemps sans problème, mais lorsqu'il me touche la peau, c'est plus fort que moi et je dois mettre un terme à nos rapprochements sinon je risque de trop me laisser aller et de créer des dommages irréparable à l'environnement...

-Mais tu t'améliore, non?

-Un peu, mais c'est très peu comparativement à ce que nos corps veulent, vous savez… S'il était avec une fille normale, cette mascarade aurait déjà pris fin depuis longtemps et il aurait obtenu ce qu'il désire et avec moins de complications.

-Mais il est toujours là. Il est patient avec toi parce qu'il tient à toi.

-Pour combien de temps encore. Et si dans deux ans je n'y arrive toujours pas. Il aurait toute les raison du monde de m'abandonner.

-Ne pense pas trop loin en avant, c'est aussi inutile que de vivre dans le passé. Concentre toi sur le moment présent. Ça te fera au moins une émotion de moins avec laquelle composée, lui suggéra la psychomage.

-Même si j'oublie momentanément le futur, ça ne règle rien en matière de ce que nous espérons vivre au présent…

-Quelles solutions avez-vous déjà essayé?

-L'eau, la neige, mais vous avez vu ce que j'arrive à détruire avec mon don même quand il n'est pas à sa pleine puissance. J'imagine le pire quand je pense à la force des émotions qui naîtrons en moi au fur et à mesure de l'évolution de nos rapprochements.

-Ton père m'a raconté que tu arrives à dissocier ta magie ordinaire de ton don de feu. Personne n'avait cru cela possible au départ et pourtant tu y arrives parfaitement. Peut-être que la même chose est possible entre tes émotions et ton don. Je crois que nous pourrions y travailler toutes les deux durant ton séjour ici.

-En fait pour ma magie, personne n'avait véritablement essayé, mais pour mes émotions, je crois que c'est peine perdue.

-Tu as peur d'essayer.

-J'ai peur de vous faire du mal involontairement.

-J'ai confiance en toi.

-Vous me connaissez à peine.

-Je ne me trompe jamais sur les gens.

Jade ne savait pas trop à quoi s'attendre à propos de la nouvelle collaboratrice à son projet, mais vu la facilité avec laquelle elle à réussi à la pousser à se dévoilé, même sur des détails très personnels, elle se disait que cette femme devait savoir parfaitement ce qu'elle faisait et ce dans quoi elle s'embarquait en tentant de réaliser cet exploit avec elle.

Albus Potter se tenait debout près de l'étang qui se trouvait dans la clairière où il avait donné rendez-vous à son frère pour ce qu'il aimait appeler, l'ultime confrontation. Son rival n'était pas encore arrivé et il commençait à douter qu'il se pointe vraiment. Après tout, il ne lui devait rien.

Peu de temps après, un pop sonore se fit entendre dans la forêt silencieuse, signalant à Al que son frère avait enfin décidé de le rejoindre. Maintenant qu'il était là, il n'était plus certain de savoir comment aborder la chose avec lui. Il avait mainte et mainte fois répéter son monologue dans sa tête, mais son corps refusait en ce moment, d'esquisser le moindre mouvement pour lui faire face.

James Potter qui n'avait jamais été quelqu'un de très patient, pris finalement la parole le premier.

-Tu m'as fait venir ici pour me tourner le dos en silence ou pour me parler?

-Un peu des deux j'imagine, dit Al en se retournant vers son frère en serrant les poings.

Il était plus grand que lui, plus vieux et plus confiant aussi. Ce qui n'empêcha pas la colère refoulée de Al d'exploser. Ce n'était pas l'expression arrogante de son visage qui avait mis hors de lui le jeune homme, mais bien son bronzage parfait, signe d'un long séjour en plein soleil et il savait parfaitement avec qui il avait profité de ce lieux paradisiaque.

Même si Albus n'avait prévu au départ que de parler avec son frère aîné, son corps, entièrement guidé par ses émotions trop longtemps contenues, décida de mener la danse en réagissant d'une façon imprévue. Il accourut vers son frère et lui envoya un coup de poing bien placé directement sur le nez.

Le jeune homme qui n'avait jamais anticipé une telle réaction de la part de son petit frère, s'était laissé surprendre, mais ça ne signifiait pas qu'il allait le laisser s'en tirer aussi facilement. Peu importe leur lien de sang, il y avait des choses qui n'étaient pas réglé entre eux depuis fort longtemps et il était tant de les exprimer une bonne fois pour toute!

S'en suivi donc un affrontement qui avait fait en sorte que les deux frères s'étaient rapidement retrouvés au sol, entrain de rouler et de se chamailler comme de véritables enfants. L'un comme l'autre avait accumulé bon nombre de mauvais sentiments, des émotions négatives qui avaient contribué à envenimer leur relation depuis des années. Une situation qu'ils avaient chacun de leur côté, essayé de géré à leur façon, mais dont la solution la plus efficace du moment était une bonne vieille bagarre comme l'avait suggéré l'oncle Georges Weasley.

Après dix bonnes minutes de silence ponctué de bruits de bagarre, les deux jeunes hommes épuisés se retrouvent assis au sol, entrain de reprendre leur souffle. Ils se trouvaient stupide d'avoir fait cela à leur âge, mais ils avaient cependant ressentis une forme de soulagement une fois la rage estompée. Comme si enfin, pour la première fois, ils avaient réussi à véritablement exprimer des choses que les mots n'étaient pas assez forts pour décrire.

-J'imagine que le choix de cet endroit était le bon finalement, déclara James de son ton suffisant.

-Sincèrement, je n'avais pas prévu de me battre physiquement avec toi. Je voulais juste qu'on discute tous les deux.

-Alors, de quoi d'autre voulais-tu me parler, car visiblement, nous venons d'exprimer beaucoup de choses en un temps record. En très peu de mots j'en conviens, mais c'était quand même assez efficace, dit James en souriant avec sincérité.

-Tu m'énerves. À peine avons-nous rangé nos poings que toi tu agis comme si rien ne s'était passé.

-Ça faisait longtemps qu'on était dû pour une bomme bagarre toi et moi. La dernière remonte à huit ans au moins.

-Si je me souviens bien, c'était parce que tu venais de recevoir ta lettre de Poudlard et que tu n'arrêtais pas de me narguer avec. Comme si moi de mon côté, je n'allais pas y être admis.

-J'étais très jeune, naïf et déjà arrogant et toi si facile à influencer et à provoquer.

-Je voulais tellement te ressembler à cette époque, je voulais tellement que tu me considères comme ton égal, mais aujourd'hui, j'ai d'autres ambitions.

-Comme celles de ressembler à notre père. Tu n'as jamais eu de personnalité propre mon pauvre Al et ça me désole pour toi. Tu essayes toujours de suivre les autres et tu te laisses si facilement influencer par l'opinion du groupe. Moi je n'ai plus rien à prouver à personne maintenant, alors que toi…

-Moi je me laisse influencer par le groupe! Et toi alors, et toutes ces filles que tu aguichais et tous ces gens que tu intimidais du temps où tu fréquentais Poudlard. Tu te faisais passer pour un meneur, mais en fait tu ne faisais que suivre la masse! Tu étais exactement la personne qu'ils voulaient que tu sois et tu jouais tellement bien ton rôle que tu en reniais même ta propre famille, lui cracha Al.

-Sauf qu'aujourd'hui, les choses sont différentes. J'ai du vécu et ma vie n'a plus rien avoir avec celle que j'avais à l'école. J'ai changé pour le mieux, même notre père l'a remarqué et il me l'a même dit assez récemment.

-Tu as peut-être changé sur certain aspect, mais pas par rapport à moi. Tu essais toujours de me prendre ce qui es à moi. Toujours…

-Ce qui es à toi. C'est de Jade dont tu es entrain de parler. Comme si elle t'appartenait. Pauvre Al, si j'ai un seul conseil à te donner ça serait celui-ci : personne n'appartient à personne et encore moins un électron libre comme Jade!

-Un électron libre, elle passe sa vie enfermée, quand ce n'est pas à l'école, c'est au bunker où avec toi dans la maison de vacance de son responsable de projet! Elle est tout sauf libre.

-Nous étions laissés libre là bas et jamais elle n'avait été plus détendue de toute sa vie.

-C'était l'illusion de la liberté et tu le sais. En ce moment même, elle est de retour dans l'une de ses prisons.

-Elle a tout de même réussi à se laisser aller avec moi.

-Se laisser aller…

-Nous avons beaucoup discuté et elle s'est beaucoup confiée à moi. Je crois que notre relation s'est approfondie. Les évènements m'ont fait prendre conscience que nous étions destinés depuis très longtemps elle et moi.

-Si je ne l'avais pas connu avant, jamais tu n'aurais fait attention à elle, lui dit Al avec conviction.

-Sauf que tu oublies que tu l'as connu au départ uniquement parce que tu as purgé une punition à ma place. Et si c'était moi qui étais allé en retenue du samedi dans le local de potion.

-Si ça avait été toi, jamais tu ne lui aurais adressé la parole et il y a fort à parier qu'elle n'y aurait jamais remis les pieds au fil des semaines!

-Ça, personne ne le saura jamais. Le fait est que je me suis quand même retrouvé l'été suivant avec elle au bunker et tout récemment avec elle en terre des dragons. Si ce n'est pas la destinée, alors je me demande bien ce que c'est.

Al ne croyait pas une seule seconde à la théorie de son frère. Si quelqu'un s'était retrouvé sur son chemin de façon imprévu, ce n'était pas James, mais lui. Ne voulant pas d'avantage le laisser s'enfoncer dans ses théories loufoques et infondées, Al décida plutôt de lui demander des nouvelles de la jeune femme.

-Comment va-t-elle maintenant?

-Tu changes de sujet, je croyais que tu voulais qu'on règle nos différents.

-Tes histoires farfelues à propos du destin ne m'intéressent pas. Les faits sont les faits et je me fiche de ce qui aurait pu arriver si le passé avait été différent!

-Elle va mieux, mais elle n'est pas encore tout à fait remise. Ce qu'elle a fait là bas l'a beaucoup épuisée et elle a beaucoup dormit depuis. Je suis resté auprès d'elle pratiquement vingt quatre heures sur vingt quatre pour m'assurer qu'elle ne rechuterait pas. Maintenant elle est en compagnie de véritables experts, dont une psychomage qui va l'aider à vivre mieux ses sentiments. Je sais que le professeur Sullivan a essayé durant de nombreuses années de la pousser à être en constant contrôle de ses émotions, mais je crois qu'il a réalisé suite aux évènements, qu'il doit un peu changer d'approche avec elle, expliqua James.

-J'espère qu'ils arriveront cette fois à plus respecté ce qu'elle est plutôt que de passer leur temps à l'empêcher d'être elle-même.

-Je crois qu'ils n'ont jamais essayé de la connaître en tant que personne. C'est pour cela qu'elle ne progressait plus avec eux, mais uniquement lorsqu'elle était avec nous.

-Au moins quelque chose sur quoi nous sommes d'accord. Alors maintenant toi et elle…

-Ce n'est pas ce que tu t'imagines. Pour être franc, je la trouve attirante, mais je peux t'assurer qu'elle ne ressent pas du tout la même chose envers moi. Elle me l'a déjà dit et elle me l'a encore redit pendant que nous étions seuls tous les deux. Pour elle, je suis comme un frère, assez étrange que ce soit elle et non mon propre frère qui me voit de cette façon!

-Je te vois comme mon frère, mais un frère avec qui je me sens toujours en compétition, pas un frère sur qui je peux compter. Répond juste à ceci, si elle avait voulu de toi, même en sachant ce que je ressens pour elle, aurais-tu été jusqu'au bout?

-Oui…

La révélation de James n'avait rien de si surprenante, mais au moins elle avait le mérite d'être franche et directe. Al ne lui en voulait cependant pas autant qu'il l'aurait cru. Après tout, son frère avait toujours été comme ça. En même temps, s'il était attiré par une femme et que la femme ressentait la même chose pour lui, pourquoi se retenir, surtout si la femme en question avait décidé d'oublier qu'elle avait déjà un petit ami.

-Je sais qu'elle t'aime et c'est pour cela qu'elle ne voulait pas te raconter ce qui lui était arrivé dans une simple lettre, expliqua James.

-Elle aurait pu quand même me demander de la rejoindre. Je l'aurais fait, elle le sais j'espère.

-Elle a subi quelques séquelles lors de son affrontement avec le dragon et elle a eu quelques petites crises de flammes aussi. Je crois qu'elle ne voulait pas te montrer sa faiblesse et encore moins être en présence de quelqu'un qui s'amuse depuis quelques temps à stimuler son don…

-De quoi tu parles, je ne comprends pas?

-Je parle de vos tentatives de rapprochements physiques nigaud.

-Elle t'a raconté ça, s'étonna Al.

-Je suis son confident. Tu es son amoureux et moi la personne à qui elle peut raconté ses malheurs sans crainte d'être jugé.

-Je ne l'ai jamais jugé.

-L'amour ça fait ça parfois mon cher Al, ça pousse les gens à cacher certaines de leurs craintes de peur de décevoir l'autre personne. Ne voix pas cela trop négativement. C'est plutôt le signe qu'elle tien à toi et qu'elle a peur de te perdre.

Al n'était pas très à l'aise avec les secrets. Il avait toujours eu des relations d'amitié franche et honnête, du moins, il essayait. Pour lui l'amour, c'était une amitié dans laquelle il y avait aussi une forte attirance au niveau physique, une force d'attraction quasi incontrôlable dont on devient presque dépendant.

Il ne voulait pas qu'elle ait honte de ce qu'elle était ou qu'elle lui cache certaines choses de peur de le blesser ou de lui déplaire. Il devait à tout prix lui faire comprendre qu'il l'aimait comme elle était et qu'elle ne devait jamais avoir la moindre crainte de se confier à lui ou de lui démontrer ses faiblesses, Pour le moment, elle était dans un endroit qui lui était inaccessible, mais dès qu'elle en sera libéré, il devra lui faire part de son point de vue et la convaincre de ne plus rien lui cacher.