titre: l'ami Maxwell
auteur: mahaud
disclaimers: rien n'est à moi, bien sûr, cela serait trop beau!
Couple: ça se précise...allez, on y croit!
note de l'auteur: merci pour toutes vos reviews, ça fait du bien de revenir parmi vous... j'espère pouvoir lire toutes les fics en retard afin de laisser une ptite review à mon tour
je m'excuse auprès de Noan qui n'a pas eu de réponse... j'ai rien compris mais je crois que j'ai appuyé sur un mauvais bouton, et pfuit... plus de réponse possible...
Bon, vous avez vu, j'ai été moins longue ce coup-ci... pourvu que ça dure!
bonne lecture
Chapitre 20 : entre porte et fatigue...( quel titre de naze...)
Note de l'auteur : ne jamais sous estimer l'importance d'une porte…
La navette n'en finissait pas de sa descente dans l'atmosphère.
Le français commençait à ressentir un grand malaise…
Mélange d'appréhension, de doutes, de regrets.
Mais il fut brusquement tiré de ses pensées par le flash d'information diffusé dans les hauts parleurs de la cabine :
« La Princesse Réléna Peacecraft vient d'annuler sa tournée inter-coloniale pour une raison qui nous est encore inconnue … Une conférence de presse sera donnée par la souveraine à 12h précises. »
Heero sursauta, réveillé par le message d'information. Il mit quelques secondes à réaliser où il était, visiblement affolé. Puis son regard croisa celui de Trowa, et tout lui revint en mémoire. Ce dernier afficha un air compatissant.
- Je… j'ai dormi longtemps ?
- Quelques minutes.
- On arrive bientôt ?
- Oui, ... j'ai déjà prévenu Quatre. Il nous attend au spatio- port.
- Ah… Et Duo ?
- Probablement chez lui. Il vient de rentrer de mission. Nous te déposerons là-bas avant d'aller au QG.
Heero le regardait fixement, comme s'il était en train de vouloir lire dans ses pensées.
- Tu ne veux pas venir avec moi ?
- Non, je pense que ce n'est pas ma place… mais la tienne désormais.
Leurs deux regards en disaient long sur le sujet.
Il y a quelques heures à peine, ces deux hommes se haïssaient …
Maintenant, ils semblaient différents.
Comme si chacun compatissait pour l'autre…
- Tu as peur ?
- Oui. Mais je ne suis pas le seul, n'est-ce pas ?
Trowa ne repondit pas, mais ses yeux trahissaient son anxiété.
- …
- Qu'est-ce qui te ronge à ce point ?
- Devine.
- J'ai bien mon idée…
- Je m'en doute.
- Je suis désolé… Je ne sais pas quoi te dire d'autre…
- Ne le sois pas… J'avais accepté le fait de le perdre bien avant cette nuit. J'ai juste peur de perdre le peu qu'il me reste…son amitié et sa confiance.
- A cause d'un baiser ? Tu sais, je ne lui dirais rien à ce sujet si cela peut te rassurer… ni pour le reste d'ailleurs…
- Mais moi je lui dirais, pour le baiser et pour le reste surtout, parce que je ne veux plus rien lui cacher…j'en ai déjà assez fait comme ça. .. Si tu savais comme je me sens mal… quand je pense à tout le mal que je lui ai fait… je n'avais pas réalisé…
- Cela suffit maintenant…on est tous coupables d'avoir laissé pourrir la situation… Tu crois que je me sens mieux que toi ? Je ne sais même pas s'il acceptera encore de me parler après ce que je lui ai fait…moi j'ai des raisons de m'auto-flageller jusqu'à la fin des temps…. Trowa… si tu penses qu'il va t'en vouloir, alors qu'est-ce que je dois espérer, moi ?
Heero se prit la tête entre les mains. Le désespoir qu'il tentait de cacher depuis le début de cette conversation était maintenant palpable.
Trowa comprenait bien la tristesse de son ami, il reprit d'un air rassurant.
- Il t'aime.
- …j'ai failli le faire tuer.
- Il t'aime.
- Je l'ai trahi… en l'abandonnant.
- Mais tu es là maintenant.
- Il a faillit mourir à cause de moi…
- Oui, mais il est vivant…quant à le rester… c'est à nous d'y veiller désormais…alors arrête de t'apitoyer sur le passé.
- Pardon… je sais que c'est déplacé de ma part… je ne pense qu'à moi…
- Laisse tomber.
- Mais tu as raison, il n'est plus temps de s'apitoyer. Et c''est aussi valable pour toi.
- Touché.
« Chers passagers, nous amorçons notre atterrissage…. bla bla bla »
- Nous y voilà.
- …
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Parking du spatio- port de Sank, 20 minutes plus tard…
Quatre attendait les deux hommes devant l'entrée du spatio- port, adossé à la portière de sa limousine.
Son air était sombre, et n'engageait rien d'optimiste.
Les trois hommes se toisèrent quelques instants…mais le regard du jeune arabe s'éternisa sur le japonais.
Un regard dur, sans concession…qui fit baisser les yeux de ce dernier.
- Quatre, je….
- Je ne veux rien savoir. Si je ne te fous pas mon poing dans la gueule, tu ne le dois qu'au fait que tu es un génie du hackage, et que ta présence est indispensable dans les jours qui viennent. Pour le reste, moins je te verrais, mieux cela sera pour nous tous.
Trowa voulut intervenir, mais il fut vertement interrompu par son ami.
- Et toi, ne te mêles pas de ça !
- Mais Quatre…
Quatre ignora le regard interrogateur de son ami, il poursuivit comme si de rien n'était :
- Le temps presse, le QG nous attend …Les choses ont pas mal évolué depuis quelques heures…
- Dans quel sens ?
- La liste est longue… et je n'ai pas eu accès à toutes les infos…je te rappelle que je ne suis qu'un civil ;
- Je comprends. Allons-y…mais d'abord, Heero doit parler à Duo.
- QUOI ? Tu te fous de moi ? Duo a autre chose à penser en ce moment….
- Où est Duo ?
Le ton insistant et autoritaire du français laissa Quatre perplexe.
Il répondit de mauvaise grâce.
- Chez vous, il vient de rentrer il y a peu. Mais je ne crois pas que cela soit le moment de…
- Conduis nous d'abord là-bas.
- Il rentre à peine de mission, il est exténué et…
- Fais-le.
- Très bien, puisque c'est toi qui me le demande,….mais je réprouve cette idée.
- Merci Quatre. C'est important…pour Duo.
- Si tu le dis. Allons-y.
Heero n'avait pas pris part à la conversation.
De toute évidence, son intervention n'aurait que renfrogné le blond, qui, par ailleurs, ne l'avait plus gratifié d'un regard depuis sa première tirade.
Ils montèrent tous les trois dans le véhicule.
Le silence fut de mise pendant le trajet.
Un silence pesant, qui inquiéta Trowa.
Il ne put s'empêcher de le rompre en posant la question qui lui brûlait les lèvres depuis son arrivée.
- Comment va-t-il ?
- Mal.
Heero frissonna à cette réponse.
Mais l'arabe reprit :
- Oh, il affirme que tout va bien, que tout est sous contrôle, que le pire est passé, que la mission avance pour le mieux…. C'est Duo, il n'affirmera jamais le contraire.
- Mais ?
- Tu étais là, toi, contrairement à d'autres, ces derniers jours. Tu peux donc comprendre… que c'est faux.
- Oui, c'est ce que je craignais.
La limousine s'arrêta devant la porte de l'immeuble du français et de son colocataire.
Mettant fin à un nouveau silence emplit de tension.
Le japonais hésita à descendre.
Pour la première fois de sa vie, une angoisse sournoise lui prenait les tripes.
« Et s'il était trop tard pour que… »
Trowa comprit sa réaction et tenta de le faire réagir.
- Heero, ne tarde pas
- Je… j'y vais.
- Attends !
Quatre venait de lui saisir le bras, comme pour le retenir.
- Quatre, laisse-le.
- Juste une chose, Monsieur le soldat parfait ! Je ne veux pas savoir pourquoi tu te crois le droit de réapparaitre devant lui… Peut-être as-tu la naïveté de penser qu'il attend ton pardon, tel un saint sacrement, ou alors, essayes-tu de soulager ta conscience, qui doit être fort lourde en ce moment… Mais je t'avertis d'une chose… Si tu empires les choses, si tu as le malheur de le rendre plus fragile qu'il ne l'est déjà,… Je te tue de mes propres mains, est-ce clair ?
- Très… clair.
Le japonais sortit du véhicule ébranlé par les dernières paroles du blond.
« Je lui ai fait donc tant de mal, pour que Quatre me haïsse à ce point ? »
C'est d'un pas fébrile qu'il disparut dans l'escalier de l'immeuble.
Trowa était sidéré par les propos de Quatre.
Sa réaction ne tarda pas :
- Qu'est-ce qui te prends de lui parler comme ça ?
- Et toi, qu'est-ce qui te prends ?
- Enfin, Quatre, c'est ton ami. Il a fait des erreurs mais…
- NON MAIS JE REVE ? TU LE DEFENDS MAINTENANT ?
- Ok, J'ai été le premier à l'enfoncer mais les choses ont changé et…
- IL EMBRASSE BIEN AU MOINS?
- Quoi ?
Les cris de Quatre résonnèrent douloureusement dans la tête du français.
« Comment sait-il ?... »
- Surpris ? Tu m'étonnes !
- Comment…
- Méfie-toi, Trowa, mon empathie revient en force depuis quelques jours, et je perçois des choses qui m'horripilent venant de toi….
- Ah, oh… Ce n'est pas ce que tu crois !
- Ta langue dans sa bouche, une forte culpabilité de votre part à l'égard de Duo, la peur d'une révélation… dis moi, oui, OSE me dire que ce n'est pas ce que je crois !
- Evidemment, l'arabe ne pouvait qu'être en colère… il ressentait toutes les émotions confuses que lui et Heero avaient tenter de cacher depuis leur arrivée… il ne percevait que des bribes d'évènements, et des pointes de sentiments, les plus intenses…
- Ce que tu as vu… ça c'est passé, c'est vrai… mais ce baiser ne représente rien… j'aime Duo, et Heero…
- Est un salaud.
- Est amoureux de Duo aussi… c'est pour cela que je l'ai amené ici. Il doit lui dire.
- …
- Enfin, tu ne crois pas que je pourrais vouloir lui faire du mal après tout ce qu'on a traversé !
- …
- Tu ne peux pas croire cela de moi !
Quatre observa le français durement.
Mais il dut de rendre à l'évidence.
Trowa était sincère.
Il ressentit un soulagement lorsque son intuition conforta les dires de ce dernier.
- Non, je le sais. Excuse moi d'avoir douté de toi. Je connais l'amour que tu lui portes… mais j'avoue ne pas bien comprendre où tout cela nous mène.
- Je t'expliquerais tout plus tard…
- J'y compte bien.
- Maintenant, parlons franchement, pourquoi tant de haine envers Heero ?
- Je sais que j'ai été le premier à le défendre, … il fallait bien que quelqu'un recentre le débat de tous sur ce qui était important, à savoir sauver Duo coûte que coûte… mais je n'en pense pas moins de lui. Sa lâcheté, sa fuite… Il … il a fait plus de dégâts que je ne l'aurais pensé.
- Que veux-tu dire ?
- Quand j'affirme que Duo va mal, je suis en dessous de la vérité.
- Explique–toi.
- Il est dévasté… mort de l'intérieur…. Trowa, j'ai peur que cette mission tourne mal, très mal. Et quelque part, c'est peut-être ce qu'il recherche…Il prend des risques inconsidérés pour la mener à terme… il joue sa vie… j'ai peur que nous l'ayons déjà perdu.
- Hein ! tu te trompes, tu exagères… Tout va bien maintenant, Heero est de retour et…
- Ce que j'ai vu… j'ai vu … dans son cœur… je ne l'avais jamais ressenti avant… Trowa, te rends-tu compte que Duo m'a caché depuis des années ses émotions les plus profondes…
- Ce que tu as vu t'inquiète, je le comprends…
- il… il m'a terrifié comme nul ne l'avait fait avant lui… si tu l'avais ressenti, tu comprendrais toi aussi.
- Fais lui confiance.
- à Heero ?
- Oui.
- Heero est de retour, la belle affaire ! Tu lui confies la vie de Duo comme s'il pouvait tout arranger, mais nous ne sommes pas dans un conte. Ce n'est pas le prince charmant… Et tu n'es pas la fée clochette que je sache !
Trowa prit le blond dans ses bras et le serra très fort.
- Je ne crois pas aux contes de fées, mais je crois en l'amour Quatre… Je ne crois plus qu'à ça d'ailleurs. Si tu avais vécu les heures que je viens de vivre, tu saurais toi aussi que j'ai raison d'espérer que tout s'arrange…Duo est malheureux, il se sent trahi, seul, sans raison de vivre… mais il va avoir envie de vivre d'ici peu…Et cette envie, c'est Heero qui va lui donner...et tous les complots du monde ne l'empêcheront pas de retrouver l'homme qu'il aime… parce que moi, si j'étais à sa place, c'est ce que je ferais, et personne ne pourrait se mettre sur ma route, pas même la mort…
- Que dieu t'entende.
- J'emmerde Dieu. Mais j'ai confiance en Duo… et en ce qu'il ressent pour Heero.
Quatre eut soudain une peine infinie pour le français.
L'entendre ensencer le japonais, alors que ce dernier lui broyait le cœur…
alors qu'il allait semble t-il récolter l'amour du natté sans le moindre effort, alors que Trowa, depuis tant d'années, avait tant donné…
Comme il devait souffrir…
S'il pouvait alléger sa peine…
Mais son empathie lui fit percevoir une toute autre douleur…
- Je peux te demander quelque chose d'indiscret ?
- Tout ce que tu veux.
- Pourquoi tu culpabilises autant… tu te sacrifies pour leur bonheur, et pourtant tu sembles te considérer comme un monstre… je suis perdu… tu devrais être malheureux, anéanti de douleur, mais pas te sentir coupable…
- Et pourtant.
Trowa profita du trajet les menant au QG pour raconter à son ami sa confrontation avec le japonais et les raisons de ses remords.
Quelques minutes auparavant, appartement des lieutenants maxwell et Barton.
C'est avec peine que l'américain gravit les dernières marches qui le menaient à la porte de son appartement.
La fatigue…
La fatigue physique d'une mission d'infiltration conduite avec succès : 72h sur le qui-vive pour mener à bien une énième fausse entreprise terroriste, sous le nom de D .M, un free lance hautement connu de réputation, qui collectionne les attentats commandités par diverses organisations anti-gouvernementales depuis la fin de la guerre.
Diego Marques, alias DM, alias Duo Maxwell, venait de faire sauter une base alliée du royaume de Sank, et venait par la même occasion, d'être contacté par ce qui semblait être le cerveau du complot qui vise à renverser le royaume.
La mission d'infiltration était un pur succès.
Les preventers étaient dans la place, ne restait plus qu'à démasquer et démanteler le réseau.
« Mince affaire, juste de quoi se faire tuer 20 fois ! »
Prochain contact : le 24 01 209, à Orlando, Terre.
La fatigue…
La fatigue nerveuse…engendrée par le manque de sommeil, le stress de la mission, mais surtout, la multitude d'événements et de rebondissements qui l'avaient envahis, agressés depuis ces derniers jours…
La fatigue…
La fatigue de croire en l'être humain…
De se voir obliger d'accomplir des horreurs pour en empêcher d'autres,
De se battre pour sauver l'ordre établi par une personne qui venait de tenter de le supprimer,
De se battre pour un idéal qui ne représente plus grand choses à ses yeux…
La fatigue…
…la fatigue de vivre.
De vivre alors qu'il se sentait si malheureux.
Sans illusions.
Sans avenir.
Sans lui...
« Vivement que tout cela finisse… »
Duo ouvrit la porte de l'appartement, rangea son équipement, puis se déshabilla, mécaniquement, comme étranger à ses propres gestes…
« Ne pas penser, ne plus penser… »
Ce n'est qu'une fois sous la douche qu'il replongea dans ses réflexions.
Il s'était interdit de penser à sa propre vie, à son mal être, depuis sa libération…
Mais la triste réalité lui revenait en pleine figure : il se sentait perdu.
Perdu et seul.
Forcé de constater que depuis des années, il n'était raccroché à l'envie de vivre que par le simple fait qu'Heero était présent dans sa vie…
De près ou de loin, il était là.
Mais ce n'était plus le cas désormais…
Certes, il y avait les autres.
Quatre, son ami fidèle.
Il ne pourrait lui cacher sa détresse encore longtemps… il n'avait baissé ses barrières que quelques instants et cela avait suffit à effrayer le blond comme jamais.
Ces images affreuses, celles qui l'envahissaient souvent, contre lesquelles il luttait depuis des années… la mort, les corps déchiquetés, brulés,… sa propre mort, vécue comme une délivrance…
« Tu n'aurais pas du chercher à savoir…je ne pourrais plus te tromper… »
Quatre l'avait comprit l'autre jour, il en était certain.
« je dois agir vite maintenant… »
Wufei, son frère.
La personne qu'il se surprend à vouloir protéger le plus dans ces sinistres circonstances…
Celui qu'il avait peur de décevoir le plus…
« Tu ne comprendrais pas, hein, que je veuille tirer ma révérence ? »
Trowa, son compagnon de toujours.
Celui, qui contre vents et marées, l'avait toujours soutenu.
L'arbre qui cachait la forêt de ses tourments,
Le substitut qui l'aidait à combattre ses démons…
L'esclave de sa faiblesse…
« je veux te libérer de ça… te libérer de moi…
Que tu puisses vivre pour toi désormais… »
Heero, son seul et unique amour.
« Je suis mort… le jour où tu as cessé de croire en moi.
Mon seul regret c'est de ne pas pouvoir te dire adieu …
Que l'on se soit quittés sur ce non dit…
Te dire un jour que « je t'aime », était la seule chose qui faisait battre mon cœur…
Je suis mort … le reste n'est que détails. »
L'américain sortit de la salle de bain, enfila un bas de survêtement.
Puis il entreprit de sécher ses cheveux avec une serviette.
Il fut attiré par le reflet de la glace de sa chambre : il y vit ce qu'il craignait de voir depuis longtemps.
L'image d'un visage éteint, absent, vide… le néant.
La fin d'une comédie…
« Quelle que soit l'issue de cette mission… »
…Le Shinigami tirerait sa révérence à la fin de l'acte.
Devant la porte de l'appartement des lieutenants Maxwell et Barton, au même moment :
Jamais auparavant, le japonais n'avait regardé une porte avec autant d'attention.
Il aurait pu à cet instant la décrire dans les moindres détails, jusqu'à comptabiliser le moindre défaut, la moindre salissure…
Dix fois, sa main s'était levée pour y frapper…
Dix fois celle-ci était retombée dans le vide…
Pourtant, derrière elle, se tenait l'être auquel il tenait plus que tout.
Celui qu'il chérissait plus que sa propre vie…
Celui qu'il avait failli perdre…
Sa raison de vivre…
Comment en étaient-ils arrivés là ?
Flash back
Enième planque des g boys, année 198, de retour de mission.
Heero observait inlassablement le corps meurtri de son coéquipier.
Duo avait été lourdement blessé …
En voulant le protéger d'une explosion inattendue…
…Oeuvre désespérée d'un soldat d'Oz laissé pour mort.
L'américain était inconscient.
Ses jours n'étaient certes pas en danger.
… Jusqu'à la prochaine fois.
Mais le japonais devait se rendre à l'évidence… Il ne voulait pas de prochaine fois.
Il avait été négligeant, et c'est Duo qui avait payé son incompétence.
Et cette situation n'était pas nouvelle… depuis quelques temps, le natté prenait des risques de plus en plus souvent, toujours dans l'intention de couvrir ses arrières…
Lui qui avait l'habitude de mener ses missions à bien sans prendre en compte sa propre vie, se voyait maintenant confronter à une peur qu'il n'avait jamais connu…
…Le perdre.
« J… tu ne m'avais pas préparé à ça….pas ça…. Je refuse … »
Quelles étaient ses sensations nouvelles qui emplissaient son cœur ?
Il souffrait de chaque blessure qui recouvrait ce corps étendu devant ses yeux, comme faisant partie de lui…
« Tu as mal ?... moi j'ai mal, Duo…
Est-ce pour cela que tu m'as si souvent reproché de prendre tant de risques ?
... Etait-ce parce que tu souffrais de me voir dans ce genre d'état ?
... Alors, c'est ça que tu ressentais?
… C'est pour cette raison que tu t'es jeté devant moi ?
… Que tu as failli… mourir…
Stupide tête de mule… tu n'avais pas besoin de faire cette folie…
C'est bon, j'ai compris maintenant… alors arrête…
Réveille-toi ! »
Sans s'en rendre compte, il s'était rapproché du blessé et tenait désormais sa main dans la sienne.
Une chaleur indéfinissable lui parcourut le corps.
A la fois douce et douloureuse, comme interdite…
Si loin de ce qu'il croyait connaître.
Mais qu'avait-il connu jusqu'alors ?
Les seuls contacts physiques qui auraient pu s'aparenter à de la tendresse étaient ceux prodigués par Réléna à chacune de leur rencontre…
Mais il n'avait rien ressenti de tel… alors pourquoi maintenant ?
... En tenant la main du natté…
Avait-il l'impression de manquer d'air ?
Ou était-ce le contraire ?
Comme un nouveau né que l'on venait de fesser pour qu'il déploie ses poumons…
« Est-ce que je respire pour la première fois ?
Qu'as-tu fais de moi Duo ? »
Son corps, sous emprise d'un désir qu'il ne pouvait maîtriser, se colla à celui du blessé, et ses lèvres vinrent récupérer le souffle faible de ce dernier…
Heero embrassa Duo, avec une douceur infinie, et l'embrassa encore…
C'est à ce moment là qu'il sentit une vive brûlure au coin de ses yeux…
Des larmes.
« Je t'aime. »
La panique s'empara de lui.
« Mais cet amour finira par nous tuer… »
« Je ne veux plus que tu risques ta vie pour me protéger…
… mais je sais très bien que je ferais de même si l'occasion se présente…même si la mission … échoue.
Pourtant, nous sommes des soldats… je ne devrais pas penser ce genre de choses »
Heero resserra son étreinte contre le corps de Duo.
« Je n'ai pas le droit… nous sommes en guerre… »
« Je ne te laisserai pas mourir… par ma faute… »
Il se résigna à se défaire de l'américain, quitta le lit, et alluma son pc…
« Pardonne moi, Duo… mais je n'ai pas le choix.»
Ce fut la dernière mission qu'il partagea avec le natté.
Il venait de l'exclure de tous les plans de missions où il serait dorénavant engagé.
Fin du flash back
Sa poitrine le fit souffrir …
Son cœur semblait battre pour la première fois… ce cœur, si souvent emprisonné, étouffé, voulant sortir à tout prix…
Tous ces mots qu'il avait rêvé mille fois crier, murmurer, ou tout simplement avouer…
« Duo… »
Pourquoi n'y arrivait-il pas ?
Pourquoi, alors qu'il en avait défoncé des centaines…
… pourquoi cette porte était-elle si difficile à toucher?
« Courage… »
Sa main bougea de nouveau, mais ne frappa pas… préférant tenter une entrée sans bruit dans l'appartement…
De l'autre côté de la porte, au même instant :
Le bruit discret de la porte d'entrée sortit l'américain de sa contemplation.
Torse nu, les cheveux encore humides, il se dirigea vers le salon sans prêter attention à l'intrus, persuadé de son identité.
- Trowa, tu es rentré… tant mieux. Il faut que l'on mette au point les derniers détails de…
Duo venait de réaliser que ce n'était pas le français qui se tenait devant l'entrée… mais bien la dernière personne qu'il s'attendait à revoir un jour…
- Heero…
A suivre
Oulala ! ca y est ! il a passé la porte !
Que va-t-il se passer ?
Suspens… non rassurez vous, Réléna ne va pas débarquer pour rouler une pelle à Duo… je dis ça parce que j'ai un peu de mal à écrire deux fics en même temps sans tomber dans le mélange des genres…
Merci de m'avoir lu.
Merci pour toute les reviews, passées ou à venir…
Je ne sais pas quand j'arriverais à écrire la suite, car je veux qu'elle soit belle… comme dans ma tête…revue et corrigée des millions de fois… c'est pas gagné.
A bientôt
Mahaud
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