Vivre dans le Passé :

Résumé : Xehanort n'est plus. Cependant, les porteurs de Keyblades ont toujours pour objectif de protéger la Lumière des Ténèbres. Et pour cela, ils suivent tous un entraînement intensif à la Contrée du Départ. Entre deux leçons, Roxas va faire la découverte d'un livre étrange qui va le transporter lui, ainsi que deux de ses amis, dans un autre monde dont il ne sera pas facile d'en sortir ... /!\ L'histoire se passe après Kingdom Hearts III qui est, comme vous le savez, en cours de développement. Ceci étant une fanfiction est peut-être une suite incohérente ^^' /!\

Raiting : K+

Note 1 : Cela faisait longtemps que j'avais l'idée. Donc si les idées vous paraissent un peu gamines, c'est normal ^^'

Note 2 : Franchement, je ne suis pas déçue de ce chapitre ! Je me suis même régalée à l'écrire ! :D

Note 3 : Bonne lecture :D


Chapitre 19 :

Mésaventures

Après avoir franchi la porte, Kairi se retrouva de nouveau dans une espèce de forêt. Cependant, celle-ci lui semblait un peu… étrange. Tout autour de l'auburn lui apparaissait minimum dix fois plus haut qu'elle, mais le plus bizarre était sans doute que cette forêt ne se composait pas d'arbres. Plutôt de hautes herbes et de fleurs.

La jeune fille leva les yeux vers le ciel. Les hautes plantes vertes, recourbées vers le bas, empêchaient de voir quoi que ce soit en hauteur.

‑ J'ai l'impression de faire la taille de Lea !

Une forme blanche de même taille qu'elle passa comme une flèche à côté de la jeune fille, manquant de peu de la faire tomber. Quand cette silhouette s'arrêta soudainement à seulement quelques mètres de l'auburn pour regarder sa montre, Kairi put reconnaître qu'il s'agissait du lapin blanc qu'elle s'amusait à poursuivre depuis son arrivée aux Pays des Merveilles.

‑ Je suis en retard ! répéta-t-il de plus belle.

L'étrange lapin géant reprit sa route. L'adolescente lui emboîta le pas, impatiente d'en apprendre plus sur ce drôle d'animal. La jeune fille peinait à le suivre à cause de ses petites jambes. Le lapin, lui, semblait faire des pas de géants à côté des siens ! Kairi lui suppliait de l'attendre, mais ce dernier faisait mine de ne rien entendre et poursuivait, imperturbable, sa course folle. Elle finit par le perdre de nouveau.

Boudeuse, Kairi croisa les mains sur sa poitrine tout en faisant la moue. Jamais elle n'arriverait à attraper ce lapin si cela continuait comme cela avait commencé ! Elle devait trouver un moyen de grandir de nouveau, peut-être.

La jeune fille, à force de marcher et d'avancer toujours tout droit, finit par sortir de l'immense forêt aux herbes hautes. Elle atterrit dans ce qui sembla être un jardin de fleurs. En effet, tout autour d'elle se trouvait désormais plusieurs rangées de belles plantes. Des roses, des marguerites, des narcisses… Elles étaient hautes, grandes, droites, et se tenaient fièrement dressées face au soleil. Les fleurs relâchaient un doux parfum qui embauma les narines de Kairi. Elle trouvait cette odeur fort agréable. Un mélange sucré et revigorant. Si cette elle avait la possibilité de connaître la recette de cette odeur, la jeune fille en ferait une fiole et s'en ferait un parfum pour tous les jours. Sora tombera à coup sûr dans ses bras avec cela !

Kairi s'avança un peu plus au milieu des fleurs, les admirant avec un large sourire étirant ses lèvres. Oui, ce monde la fascinait.

‑ Tient donc ? lâcha soudainement une voix certes grave mais incroyablement féminine. Serait-ce une nouvelle plante ?

La jeune fille écarquilla les yeux. Juste devant elle se tenait une superbe rose rouge, qui devait faire deux à trois tête de plus qu'elle. Un large sourire éclaira son visage entre ses pétales écarlates. Les yeux océans de l'auburn pétillèrent de surprise. Une fleur parlante !

Plusieurs autres fleurs, de variétés différentes, laissèrent apercevoir leurs visages. Toutes regardaient Kairi avec fascination.

Un narcisse s'approcha et se pencha vers l'auburn pour la sentir.

‑ Elle a une drôle d'odeur, cette plante…, se méfia-t-il.

Tous eurent un hoquet de surprise. Certaines fleurs se reculèrent, comme pour créer de la distance entre Kairi et elles.

Fronçant les sourcils, l'adolescente sentit son propre bras. C'est vrai qu'elle ne sentait pas vraiment bon… Une douche s'imposerait une fois de retour au vaisseau Gummi ! Pas question de rester aussi longtemps avec cette odeur pestilentiel !

Ce fut au tour d'une marguerite de s'avancer vers l'auburn, intriguée par celle-ci. Elle était bien plus courageuse que les autres petites plantes de derrière !

‑ Quelles drôles de pétales ! dit-elle en soulevant une mèche de cheveux de la jeune fille. Quelle sorte de fleur êtes-vous ?

Kairi eut un mouvement de recul pour se défaire de l'emprise de la marguerite. Elle se recoiffa d'une main.

‑ Je crois que vous faites erreur ! s'exclama la meilleure amie de Sora et Riku. Je ne suis pas une plante, mais une jeune fille ! Mon nom est Kairi, enchantée !

L'adolescente avait la sale habitude d'essayer de ses faire des amis partout où elle allait. Un peu comme Sora en fin de compte.

A cette annonce, toutes les fleurs, à l'exception de la rose, se reculèrent instantanément, cherchant à créer une distance assez suffisante entre elles et la jeune fille. Elles avaient peur d'elle.

‑ Une Kairi ? répéta la rose, surprise de découvrir une variété de fleur qu'elle ne connaissait pas.

‑ Une mauvaise herbe ! S'écria soudainement une plante à l'arrière que Kairi ne parvint pas à identifier.

Un nouveau hoquet de surprise parcourut l'assemblée de fleurs.

‑ Va-t'en !

‑ On ne veut pas de toi ici !

‑ Mauvaise herbe !

‑ Méchante !

Les fleurs commencèrent à pousser à tour de rôle Kairi au sol. Dès qu'elle se relevait pour reprendre son équilibre, une autre la faisait immédiatement tomber à terre. Certaines plantes s'amusaient également à lui tirer les cheveux et les vêtements en hurlant : « Les mauvaises herbes, on les désherbe ! »

‑ Les filles, intervint soudainement la rose.

On aurait dit que c'était elle, la cheffe de ce petit potager. Toutes les plantes se désintéressèrent immédiatement de Kairi pour fixer ce qui semblait être leur reine.

‑ Si c'est réellement une mauvaise plante, je vous déconseille de la toucher ! Qui sait quel sorte d'effet secondaire elle pourrait avoir sur nous ?

‑ Elle pourrait nous contaminer ! renchérit le narcisse.

Les fleurs se figèrent de nouveau, bien droites, pétales levés vers les cieux. Leurs visages s'étaient éteint. Elles ressemblaient à de banales fleurs dans un simple potager.

Kairi se releva. Elle épousseta sa robe rose d'une simple main avant de se recoiffer. La jeune fille sortit également sa Keyblade pour se prodiguer un sort de Soin et ainsi effacer tous les bleus que lui avaient causés les fleurs en la traînant sauvagement au sol.

La jeune fille regarda tour à tour Appel du Destin et les plantes. Une idée sadique naissait dans un coin de son esprit. Pourquoi ne pas brûler ces vilaines fleurs avec un Brasier ? L'adolescente hocha négativement la tête, chassant cette horrible pensée. Elle n'était pas cruelle, d'ordinaire. Alors pourquoi possédait-elle ce genre d'idée ? Depuis son dernier combat contre Vanitas, Kairi semblait être une toute autre personne. Ce dernier avait réellement mis le bazar dans son esprit, vivement qu'elle le recroise pour lui faire sa fête !

Kairi, Keyblade toujours en main, allait continuer sa route et ainsi s'éloigner le plus possible de ces affreuses fleurs, quand quelque chose de petit et noir lui barra la route. La jeune fille ouvrit grand les yeux. Devant elle venait de se matérialiser une Ombre, la plus faible race de Sans-Coeur. Tenant Appel du Destin à deux main, l'auburn se retrouva bien rapidement encerclée par les ennemis.

L'adolescente paniqua. Depuis quand les Sans-Coeurs étaient de nouveau de retour ?

Elle n'eut pas le temps de vraiment y réfléchir. Une Ombre lui sauta au visage, mais Kairi anticipa facilement l'attaque en lui assénant un seul coup de Keyblade. Son ennemi se désintégra immédiatement. Seulement, elle ne sembla pas tirée d'affaire pour autant. Un de défait, et en voici deux autres qui revenaient à la charge.

L'auburn se mordilla la lèvre inférieure. Comment allait-elle pouvoir les tuer s'ils réapparaissaient sans cesse ?! Elle pouvait certes facilement les abattre à elle seule, mais s'ils arrivaient en masse, la jeune fille ne tiendrait pas bien longtemps !

Kairi eut cependant une idée : pourquoi ne pas geler ces créatures des Ténèbres ? Elle en serait alors débarrassée et cela éviterait que les Ombres se réincarnent sans cesse.

La jeune fille fit une roulade pour éviter l'attaque d'un Sans-Coeur, puis roula sur le côté. Son dos alla se cogner contre la tige de la marguerite. Assise sur le sol, l'auburn tint sa Keyblade à deux mains, haletante. Les Ombres préparaient déjà une offensive. Deux, plus intrépides ou peut-être plus folles que les autres, chargèrent en direction de Kairi. Celle-ci profita de l'occasion pour lancer un Glacier + qui gela littéralement ses adversaires sur place. Une partie des fleurs à l'arrière furent également prises dans la prison glaciale.

‑ Bien fait pour vous ! lâcha Kairi entre ses dents.

La Princesse de cœur dématérialisa Appel du Destin puis se releva. Elle courut en direction opposée des Ombres, de nouveau à la poursuite du lapin blanc. Cependant, elle serait bien plus prudente cette fois-ci, craignant une nouvelle attaque de Sans-Coeurs.


Ventus courait de nouveau en direction de la forêt, à l'endroit exact où il avait trouvé le champignon un peu plus tôt en compagnie de Kairi et Lea. Finalement, être aussi grand représentait bon nombre de désavantages. Par exemple, il ne voyait pas où il mettait les pieds. Le jeune garçon ne savait pas pourquoi il pensait à cela, mais il se dit qu'il y avait peut-être des chances pour que Kairi se trouve là, juste en dessus, et qu'il pouvait l'écraser sous son poids de géant sans même s'en rendre compte.

‑ J'espère que ce n'est pas déjà le cas…, s'inquiéta le blond.

Ven retrouva rapidement le champignon géant – bien qu'il ne le soit plus vraiment au vu de sa taille actuelle. A l'aide de son pouce et son index, celui qui tenait sa Keyblade à l'envers parvint à le déterrer. Sans se poser plus de question que cela, le jeune garçon le mit entièrement dans sa bouche. Ce ne fut qu'après qu'il pensa aux conséquences. Et si ce champignon avait un effet néfaste sur son organisme humain ? Trop tard pour y réfléchir, cependant.

Ventus eut cependant beaucoup de chance. Il rétrécit d'un seul coup, à une vitesse fulgurante, et retrouva miraculeusement sa taille d'adolescent.

‑ Enfin ! se réjouit-il. Bon, par où je vais chercher Kairi maintenant ?

Son plan semblait simple au premier abord : trouver Kairi, aller délivrer Lea des cartes de jeu, puis débarrasser ce monde des Ténèbres. Seulement, comment allait-il faire pour mettre la main sur son amie ? Il savait qu'elle avait poursuivi un lapin blanc, mais après ? La jeune fille pouvait être n'importe où dans ce monde sans dessus dessous !

Alors qu'il courait dans la même direction qu'avait pris l'auburn un peu plus tôt, Ventus s'interrogea un peu plus en détail sur la nature des Ténèbres dans ce monde. Comment se faisait-il que les Sans-Coeurs et les Nescients soient de nouveau en liberté ? Bon, pour le cas des Nescients, il saurait l'expliquer facilement. Un seul nom pour cela : Vanitas. Il s'agissait de ses créatures, pas étonnant qu'il les semaient un peu partout ! Mais les autres créatures… Le jeune garçon se dit qu'il ferait mieux d'attendre le retour de Kairi et Lea pour en discuter plus convenablement et voir leurs hypothèses.

Le blondinet finit par atteindre une drôle de petite porte rose. Intrigué, il l'ouvrit et en découvrit une autre. Puis encore une autre, et encore une nouvelle. L'adolescent commençait à être agacé de perdre du temps ainsi : ces portes se moquaient de lui ! Le Porteur de Keyblade se dit que si la prochaine porte menait de nouveau sur une autre, alors il irait chercher Kairi ailleurs ! Par chance, celle-ci fut belle et bien la dernière. Ven s'y engouffra et découvrit une salle faite de carreaux roses et blancs et au plafond incroyablement haut. Tout autour du jeune garçon lui paraissait tout à coup beaucoup trop petit pour sa taille. Pour un peu, Ventus pensait avoir de nouveau grandi en franchissant cette porte ! Sauf que c'était impossible, il s'en aurait rendu compte tout de même !

Ven s'avança vers ce qui ressemblait à une table en verre. Dessus était posé un flacon à moitié vide rempli d'un liquide bleu. Cette fiole comportait une étiquette avec comme unique inscription « Buvez-moi ! ». Le blondinet fronça les sourcils. Qu'allait-il lui arriver encore ? Il se méfia en premier temps. Ce bleu ciel ne lui inspirait rien de bon. Le meilleur ami de Terra et Aqua repensa cependant au champignon qu'il avait mangé un peu plus tôt. Et si toute la nourriture dans ce monde avait des effets différents concernant la taille ? Certains faisaient grandir, et d'autre rétrécir.

Voulant vérifier sa théorie farfelue, Ventus but d'une traite tout ce qu'il restait dans cette fiole. Le liquide lui sembla sur le coup incroyablement froid, et son goût bizarrement sucré et légèrement frais. Un bonbon à le menthe peut-être ?

Au départ, rien ne se produisit. Déçu, Ven reposa le flacon et se tourna vers la porte, prêt à repartir à la recherche de Kairi. Tout à coup, il se sentit étrangement tiré vers le bas. Il ne descendait pas d'un seul coup comme c'était le cas lorsqu'il grandissait. Non, la boisson rétrécissante agissait sur lui comme s'il descendait des escaliers. Chaque pas que Ventus effectuait en plus, sa taille rétrécissait. Bientôt, il atteignit presque le sol. Puis sa décroissance se stoppa.

Désormais de la taille d'une fourmi, le blondinet se dirigea d'un pas hésitant vers ce qui lui semblait être une sorte de porte. Fronçant les sourcils, il s'en approcha doucement. Ven entendait également comme une sorte de ronflement qui venait de… la porte en elle-même !

Les yeux grand ouvert, Ventus essaya de tourner la grosse poignée dorée, mais celle-ci refusa catégoriquement de bouger. De plus, la porte se mit à marmonner quelque chose comme « La reine va lui couper la tête ». Le jeune garçon eut un hoquet de surprise. Qui allait avoir la tête coupée ?! Kairi ou… Lea ! Bien sûr ! Ces cartes, ce devait être des soldats aux ordres de cette reine !

Inquiet pour le rouquin plus qu'il ne l'était en entrant dans cette étrange pièce, il fit apparaître entre ses doigts Brise Légère. Là, Ven pointa sa Keyblade en direction de la serrure. Une vive lumière blanche sortit tout droit de l'arme et s'infiltra dans le fermoir de la porte, accompagnée d'un « clac ». Elle s'ouvrit d'elle-même.

Le jeune garçon dématérialisa sa Keyblade pour s'engouffra dans le passage, à la recherche de ses deux amis. Sérieusement, ils avaient pourtant bien dit dans le vaisseau qu'ils resteraient groupés !

Le blondinet se retrouva sur une espèce de plage de sable gris. Pour peu, il cru se retrouver à la Marge Noire. Seulement, le ciel bleu au dessus de sa tête l'en dissuadait. Ventus se trouvait toujours bel et bien au Pays des Merveilles.

Il avança de quelques pas, quand deux drôles de créatures se postèrent devant lui. Le Porteur de Keyblade écarquilla les yeux. Il s'agissait de deux petits êtres se ressemblant traits pour traits. Tous deux portaient une salopette rouge ainsi qu'un t-shirt rayé jaune et blanc. Sur leur tête était posé une casquette surmontée d'un tout petit drapeau rouge. Qui étaient-ils ceux-là, encore ?

Ne voulant pas être dérangé plus que cela dans la recherche de ses amis, Ven essaya de les contourner, mais ceux-ci revenaient sans cesse lui barrer le passage.

N'appréciant pas leur comportement, le jeune garçon posa ses poings sur ses hanches, tentant de se donner une allure sévère.

‑ Laissez-moi passer ! Je suis à la recherche de mes amis.

‑ Vous partez déjà ? lança l'un.

‑ Comme c'est dommage, renchérit l'autre. Tweedle Dee, vous ne trouvez pas cela regrettable ?

‑ Fort navrant, Tweedle Dum, je vous le confirme !

Ventus envisagea de poursuivre sa quête, mais les jumeaux revinrent à la charge, lui attrapant chacun un bras cette fois-ci.

‑ Vous n'avez même pas entendu notre fantastique histoire ! pleura presque Tweedle Dum.

‑ Restez un peu avec nous, vous nous tiendrez compagnie ! argumenta Tweedle Dee.

Ensemble, ils tirèrent Ven sur un tronc d'arbre au bord de l'eau. Il protesta et essaya de se lever pour s'enfuir, mais les deux frères réussirent à le maintenir cloué sur le rondin.

Le jeune garçon soupira. On dirait qu'ils ne lui laissaient pas vraiment le choix. Oh, et puis, une petite histoire de rien du tout ne lui ferait pas vraiment de mal.

Les jumeaux firent une roulade pour s'éloigner légèrement de Ventus. Leur petit spectacle de danse commença. En même temps, les deux frères contait le début de l'histoire.

‑ Oh, vous faites une comédie musicale ? remarqua Ven.

‑ J'ai dit quelque chose de mal ?

‑ N'interrompez plus le récit ! gronda l'un des Tweedle.

Les jumeaux se ressemblaient tellement qu'il était impossible de savoir qui était Dee et l'autre Dum !

Ils reprirent leur chorégraphie comme si de rien n'était.

L'histoire qu'ils racontaient était en rapport avec deux drôles de bonhommes qui voulaient inviter des huîtres à manger au restaurant. Les jumeaux semblaient complètement pris dans leur récit. Aussi ne remarquèrent-ils pas Ventus qui s'enfuyait à travers les hautes herbes qu'il apercevait au loin, après la plage grise.

Jetant un rapide regard en arrière, Ven vérifia que Tweedle Dee et Tweedle Dum ne le suivait pas. Encore absorbés par leur sorte de comédie musicale, le jeune garçon n'avait aucun soucis à se faire à ce niveau-là.

Ne regardant pas où il mettait les pieds, le sosie de Roxas finit par trébucher sur un drôle de chemin rouge, face contre terre. Reprenant doucement ses esprits, le meilleur ami de Terra et Aqua remarqua qu'il venait de marcher sur une pauvre maman klaxon.

‑ Klaxon ? répéta Ven, à demi assommé.

En effet, un drôle de petit animal avait pour corps un gros pommeau violet ainsi qu'une sorte de bec en mégaphone. Ce devait être la maman, puisque derrière elle se trouvait des versions miniatures de klaxons. On aurait dit une famille de canards !

La maman couina avec un son de klaxon pour sans doute insulter Ventus puis reprit tranquillement son chemin. Le jeune garçon les regarda s'enfuir, intrigué.

L'un des petit klaxon revint quand même le voir, visiblement curieux. Il s'approcha légèrement du garçon, jusqu'à arriver juste devant sa chaussure. Seulement, Ven eut un mouvement brusque sans le vouloir, et le pauvre petit canard klaxon s'enfuit en courant rejoindre sa maman qui l'appelait au loin. Il laissa tomber derrière lui un drôle de petit gâteau.

Fronçant les sourcils, Ven le prit entre ses doigts pour l'examiner. Au départ, il le prit pour un biscuit tout ce qu'il y avait de plus simple. Puis il remarqua au dos la présence d'un « Mangez-moi ! » identique à celui sur la bouteille. Haussant les épaules, Ventus se dit qu'il pourrait peut-être le garder pour plus tard, au cas où il en aurait besoin.

Le blondinet se releva et jeta un rapide coup d'œil à la nouvelle forêt qui s'offrait à lui. Les arbres s'enfonçaient mystérieusement, ne laissant apercevoir aucune once de lumière. Cet endroit lui faisait un petit peu peur, mais Ven n'avait pas le choix. Il devait continuer pour espérer sauver Lea à temps mais aussi trouver Kairi.

Il s'avança sans trop réfléchir vers le cœur de la forêt.


Yeux fermés, bras repliés sur son torse et appuyé contre les barreaux froids de sa prison, Lea réfléchissait à comment il allait pouvoir se sortir de ce pétrin.

En arrivant à la Cour de la reine de cœur, les cartes l'avaient immédiatement jeté dans cette espèce de cage pour oiseau au vu de sa taille, puis l'avait surélevé pour l'empêcher de s'évader. Fin comme il était, le rouquin pouvait facilement se glisser à travers les barres de fer et filer loin de ce château ! Seulement, la hauteur à laquelle il se trouvait l'en dissuada. Pas question de se casser les jambes de suite.

Tout ce qu'il pouvait faire pour l'instant c'était attendre. Patienter jusqu'à la venue de l'un de ses amis. Ou bien attendre l'heure de son jugement. Ah, oui, Lea allait être jugé par la reine pour avoir posé son vaisseau Gummi dans le champ de fleurs. L'une des cartes lui avait alors affirmé qu'il pouvait toujours tenter de se défendre, il finirait tout de même avec la tête coupée.

L'ancien numéro VIII porta ses mains à son cou. Il y tenait, lui, à sa tête ! Comment allait-il charmer les petites demoiselles sans ?

‑ A trop penser, on finit par y perdre sa tête, dit soudainement une voix.

Lea ouvrit un œil. En face de lui se tenait un drôle de chat au large sourire en demi lune. Il possédait un étrange pelage rayé rose et violet.

‑ Un chat qui parle ? releva le rouquin. J'aurais tout vu.

‑ Les Ténèbres sont ici, même si elles sont masquées, reprit mystérieusement le chat. Elles ont visité la reine. Mais elles ont été mangées par la reine. La reine mange tout. Il en va de même des têtes.

Lea rigola faiblement, pas vraiment rassuré par les paroles du chat.

‑ C'est ça, c'est ça. Allez, file !

‑ A qui tu parles ?!

Une carte de pique venait de s'avancer vers sa cage. Le rouquin haussa les épaules. Le curieux chat venait de disparaître mystérieusement de son champ de vison.

‑ A ma conscience.

‑ Profite, profite. L'heure de ton jugement approche. Personne ne pourra te sauver.

Lea reprit sa position initiale. Les paroles de cet étrange chat résonnaient toujours dans sa tête. Que voulait-il dire par, « elle mange tout » ? Elle n'allait pas dévorer sa tête tout de même ?!

Au loin, une nouvelle carte s'approchait. Il se plaça devant la cage de Lea et la fit bouger dangereusement. Ce dernier dut s'accrocher aux barreaux pour ne pas tomber.

‑ C'est l'heure, la reine veut te voir.

La carte ouvrit violemment la cage et attrapa Lea de sa main rouge, manquant de l'étouffer sous sa poigne de fer.


Kairi marchait depuis quelques temps en suivant un drôle de petit chemin bleu ciel. Un peu plus tôt, elle était tombée sur un embranchement et plusieurs sentiers se sont offerts à elle. La jeune fille avait choisi le turquoise uniquement car il lui faisait penser à Riku. Elle ignorait si cela allait lui porter chance, ou si elle allait de nouveau tomber sur des Sans-Coeurs.

L'auburn se mordilla la lèvre inférieure. Cette histoire de Sans-Coeurs la tracassait. Étaient-ils réels ? Qu'est-ce qui les poussaient à revenir à la surface ? Un appel des Ténèbres ? Vanitas devait être dans le coin, c'était la seule explication possible.

Kairi leva les yeux vers le ciel. Celui-ci était noir et menaçant. Un petit air glacial la frigorifia presque sur place. La Princesse de Cœur essaya de se réchauffer en frottant ses mains sur ses bras. Elle trouvait cet endroit complètement sinistre. Peut-être aurait-elle dû emprunter l'autre chemin bleu qui lui faisait penser aux cheveux d'Aqua ? Ou encore ce sentier vert, identique à la couleur de l'éclaireuse de Ventus.

Petit à petit, un drôle de bruit se fit entendre. Comme un bourdonnement. Kairi s'arrêta net et tendit l'oreille. Elle invoqua entre ses doigts Appel du Destin, juste au cas où les ennuis se montreraient. Fronçant les sourcils d'inquiétude, l'auburn fit quelques pas de plus. Les sons devinrent plus distinct. Un chant ! Pas seulement une voix, mais deux voix chantaient !

Elle lâcha un soupire de soulagement. Enfin, elle n'était plus seule dans ce monde sans dessus dessous !

L'auburn fit disparaître sa Keyblade.

Kairi se fia à son ouïe pour s'approcher du plus possible des voix. La jeune fille arriva devant une haie d'un mètre de haut seulement. Elle remarqua, en se mettant légèrement sur la pointe des pieds pour y voir un peu mieux, que se dressait sur une terrasse une large table qui pouvait facilement accueillir plus d'une dizaine d'invités. Tout autour étaient installés des chaises aux allures différentes – de simples assises en bois en passant par des fauteuils en velours.

Un large sourire aux lèvre, la Princesse de cœur reprenait goût en ce monde, elle s'approcha timidement de l'entrée du jardin. Celle-ci était indiquée par la présence d'une arche que formait la haie. Deux petites portes roses à double battant menaient vers la table. Celle-ci était parée de tasses et d'assiettes en tous genres, éparpillées un peu partout. Un peu à l'instar des fauteuils.

La jeune fille s'avança doucement, curieuse, ses pas rythmés par la joyeuse mélodie que chantaient deux drôles de compagnons. L'un, un homme de petite taille à l'apparence un peu folle avec ses joues rosies et ses cheveux gris en bataille, coupait gaiement une part d'un gâteau géant. Le second, une sorte de lièvre à l'allure tout aussi rocambolesque, servait ce qui ressemblait à du thé dans de multiples tasses.

‑ Vous fêtez un anniversaire ? s'étonna l'auburn désormais plantée devant un bout de la table.

Les deux énergumènes se stoppèrent dans leurs activités et toisèrent Kairi d'un œil mauvais. Comme pris soudainement par la rage, ils s'élancèrent à toute hâte vers elle, marchant par la même occasion sur les ustensiles posés sur la table.

‑ Pas de place, pas de place, pas de place, pas de place ! s'écrièrent-ils d'une même voix.

La jeune fille ouvrit de grands yeux étonnés. Ses iris bleus océans parcoururent les nombreux fauteuils vides. Elle haussa haut les sourcils.

‑ Pas de place ? répéta-t-elle, confuse. Mais il y en a plein !

Le lièvre s'approcha du visage de l'auburn, un sourcil arqué. L'adolescente recula d'un pas, gênée par cette proximité nouvelle.

‑ Votre tête ne me reviens pas. Vous êtes nouvelle dans le coin ?

‑ Hum, on peut dire cela, oui… Je suis arrivée ce matin avec mes deux amis, puis j'ai trouvé un drôle de lapin blanc, donc j'ai voulu le suivre et…

‑ Chut !

Le petit homme, le Chapelier Toqué, c'était écrit sur son veston, lui posa un doigt sur la bouche pour lui couper la parole. Il poussa de son autre main le lièvre de Mars et prit sa place face à Kairi.

‑ Est-ce votre non-anniversaire ?

L'auburn se dégagea pour reprendre possession de sa parole. Elle fronça les sourcils. Son quoi ?

‑ Mon non-anniversaire ? répéta la jeune fille, quelque peu perdue.

Le lièvre poussa de nouveau le Chapelier.

‑ Oui, Mademoiselle ! On le fête trois cent soixante quatre jours dans l'année, hormis le jour de notre anniversaire !

‑ Dans ce cas…

Kairi baissa la tête. Un sourire naquit sur ses fines lèvres rosées.

‑ C'est mon non-anniversaire ! s'écria-t-elle.

Les deux compagnons sautillèrent dans tous les sens autour de la jeune fille tout en applaudissant dans leurs mains. Ils reprirent en chœur leur chanson « Un Joyeux Non-Anniversaire », accompagnés cette fois-ci par l'auburn. La joie qu'éprouvaient ces deux étranges personnages déteignait sur elle, et la voici qui dansait, chantait, riait. La porteuse de Keyblade n'avait jamais été aussi heureuse depuis le jour où ils avaient fêtés la défaite de Maître Xehanort, il y a de cela quelques mois désormais.

Le Chapelier Toqué et le Lièvre de Mars attrapèrent chacun un bras de la jeune fille, et tous trois firent une ronde autour de la table tout en chantant joyeusement. L'animal grimpa soudainement sur un des fauteuils, puis commença à bondir de chaises en chaises, suivit par Kairi et le petit homme. Plusieurs fois la jeune fille avait failli perdre l'équilibre en reprenant appui sur les assises, mais elle trouvait que cet exercice lui permettait d'arranger au mieux son problème d'équilibrisme.

Les deux compagnons forcèrent soudainement Kairi à s'asseoir sur le fauteuil le plus majestueux qu'ils avaient à lui offrir. Celui-ci était vraiment confortable, et la jeune fille s'y sentit immédiatement à son aise.

Le chapelier toqué lui présenta alors une part de gâteau qu'il coupait à son arrivée. L'auburn sourit de toutes ses dents. Jamais on ne lui avait souhaité un anniversaire en grande pompe comme celui-ci !

Plusieurs bougies étaient alignées sur un seul morceau de gâteau, ce qui la fit beaucoup sourire. Elle ne saurait dire combien il y en avait exactement.

‑ Soufflez très fort sur la bougie, et le vœu s'accomplit ! chantonnèrent d'une même voix le chapelier et le lièvre.

Kairi inspira profondément, réfléchissant à son vœu le plus cher. Que voulait-elle réellement à cet instant précis ? Être de nouveau près de Sora. Que Riku lui revienne sain et sauf. Que ses meilleurs amis ne subissent pas d'épreuves trop rudes.

Retrouver le lapin.

L'auburn expira tout l'air emmagasiné et toutes les flammèches s'éteignirent d'un seul coup. Telles des fusées, les bougies s'élevèrent vers le ciel puis éclatèrent en de million de petits feux d'artifices de toutes les couleurs. Bleus, rouges, verts, jaunes, violets, roses, oranges. Kairi s'émerveillait devant un tel spectacle, et tout cela rien que pour elle. Les lumières s'estompèrent bien rapidement en retombant doucement vers le sol. Il ne restait plus rien des bougies.

Tout à coup, un lapin blanc à l'aspect affolé franchit à son tour les deux portes battantes.

Reconnaissant immédiatement la lapin qu'elle poursuivait, Kairi, les deux mains collées sur la table pour se donner un meilleur élan, se leva d'un bond. Enfin elle avait retrouvé sa trace ! Pas question de le laisser partir désormais !

‑ Vous êtes là ! s'écria-t-elle à son attention.

Mais l'animal l'ignora complètement.

Au lieu de cela, il s'approcha des deux compagnons qui avaient cessés de chanter depuis les feux d'artifices.

‑ Je crois que ma montre est cassée, avoua-t-il, une pointe de tristesse dans sa voix.

Intriguée, Kairi s'approcha. En effet, l'aiguille trotteuse faisait un drôle d'aller-retour entre les secondes dix-sept et dix-huit. Le temps s'était ainsi figé à dix-heure moins le quart.

‑ Vous sauriez la réparer ? demanda-t-il aux deux amis.

‑ Naturellement, répondit le Chapelier avec un large sourire.

Le petit homme prit une cuillère présente sur la table et déboîta l'arrière de la montre à gousset et dévoila les engrenages de l'appareil. Ceux-ci refusaient de tourner pour une raison inconnue.

‑ Je vois, fit l'homme au veston. Il me faut donc : du beurre, du sucre, du sel, du miel et de la confiture.

Le Chapelier attrapa ce qu'il avait sous la main, c'est-à-dire le sucre, le miel, et le beurre. Kairi balaya la table du regard un instant pour dénicher la confiture aux fraises. Il n'avait pas précisé quel parfum il souhaitait, elle espérait donc que celui-ci ferait l'affaire. Le lapin blanc lui tendit quand à lui une fiole de sucre, pas vraiment rassuré par cette initiative.

Sans ménagement, le Chapelier Toqué tartina les engrenages de beurre, puis il y ajouta une couche de confiture, avant de saupoudrer le tout de sel et de sucre, puis d'étaler une nouvelle couche de miel.

‑ Vous avez oublié le plus important ! s'exclama le Lièvre de Mars.

‑ Quoi donc ? s'étonna son compagnon.

Son ami prit une théière quelconque et la lui tendit, tout sourire.

‑ Le thé !

Le chapelier s'empressa de s'emparer du précieux liquide.

‑ Mais oui bien sûr ! Comment ais-je pu oublier le plus important ?

Il versa tout le contenu dans la montre. Puis il la referma, fier de lui, et la tendit au lapin blanc. Ce dernier, malgré son pelage déjà immaculé, était devenu livide comme un linge.

‑ Elle est comme neuve !

Le lapin reprit son bien. Le capuchon à l'arrière menaçait à tout moment de céder. De la confiture et du sucre s'échappaient par les embrasures du cache. La montre ne semblait guère réparée. Au contraire, maintenant, elle fonctionnait à l'envers.

L'animal soupira. Sa montre lui semblait désormais complètement irréparable.

‑ Merci d'avoir essayé…

Le lapin détourna les talons, prêt à partir, lorsque la montre se mit à sonner subitement. C'était une alarme aiguë et stressante. Kairi se boucha les oreilles pour diminuer la douleur pour ses pauvres tympans, rapidement imitée par le chapelier et le lièvre. Le lapin blanc, quand à lui, demeurait complètement paniqué face à cette situation.

‑ Bonté divine, mais que quelqu'un l'arrête !

‑ Elle est comme possédée !

Son propriétaire essayait de l'éteindre en appuyant sur l'unique bouton disponible, mais rien ne semblait faire l'affaire.

Réagissant au quart de tour, l'auburn fit apparaître entre ses doigts Appel du Destin. La pointant en direction de l'objet qui indiquait l'heure, la jeune fille ferma les yeux et lança un léger sort Glacier. La montre s'arrêta immédiatement de bouger et de piailler, désormais emprisonnée dans la glace.

Complètement hors de lui, le Lièvre de Mars donna un coup de marteau sur la glace, éclatant ainsi la montre qui se trouvait prise au piège en dessous en des millions de petits morceaux.

Pris d'un profond chagrin, la lapin blanc s'agenouilla devant ce qu'il restait de sa montre et de grosses larmes dévalèrent le long de ses joues.

Kairi eut un hoquet de surprise. Comment pouvait-on être aussi émotif face à la perte d'un simple objet ? Une montre, cela courait les rues ! Elle pourrait lui en racheter une facilement, si cela lui faisait plaisir.

La jeune fille se remémora la dernière fois pour laquelle elle avait autant pleuré pour quelque chose qu'on lui avait cassé. C'était en primaire, quand sa seule préoccupation était de jouer aux poupées avec Selphie. Sora, qui n'appréciait pas que son amie ne s'intéressât pas aux billes comme lui, avait déboîté la tête de sa poupée préférée pour se venger. Kairi lui en avait voulu pendant une année entière. Elle ne lui avait plus adressé la parole une seule fois, jusqu'à ce que Riku lui demandât gentiment de lui pardonner, car il ne pouvait plus supporter l'idée que ses deux meilleurs amis se chamaillent pour si peu. L'auburn avait pleuré des jours durant, s'endormant tous les soirs avec la tête de sa poupée près de son cœur.

‑ C'était un cadeau de ma vieille tante ! expliqua le lapin entre deux sanglots. C'était tout ce qu'il me restait d'elle !

Kairi se mordit la lèvre inférieure. Elle se sentit un peu bête, à cet instant, de ne pas avoir réalisé à quel point un objet pouvait avoir autant de valeur, même lorsque nous n'étions plus un enfant.

Profondément chagriné, le lapin blanc mit dans ses poches le plus de débris possible, avant de sortir à toute hâte du jardin.

Réalisant qu'il allait de nouveau lui filer entre les doigts, l'auburn dématérialisa immédiatement sa Keyblade puis entreprit de le poursuivre à son tour.

Elle le suivit quelques instant, jusqu'à ce qu'elle le vit disparaître à l'intérieur d'un tronc d'arbre. Haussant les sourcils face à cette étrange surprise, Kairi s'engagea à son tour dans l'écorce de l'arbre. Il s'agissait d'une sorte de passage secret. Juste derrière se trouvait un lieu tout aussi extraordinaire : des haies pas très hautes formaient un labyrinthe géant dont la sortie s'avérait être un drôle de château rouge avec d'immenses tourelles que l'on pouvaient apercevoir au loin.

‑ Vous bloquez le passage, déclara soudainement une voix grave.

Kairi ouvrit grand les yeux. Une carte de carreau géante venait de lui adresser la parole ! Celle-ci était dotée d'une paire de bras et de jambes, mais aussi d'un visage, à l'instar de tout être humain normalement constitué.

La jeune fille fit un pas en arrière pour leur permettre le passage. En admirant le cortège de plusieurs cartes devant elle, l'adolescente aperçu dans le lot une reine aux allures grossières. Pas bien grande, imposante, rondelette, un visage affichant une expression figée de méchanceté. Ce devait être elle qui habitait dans les tours visibles au loin.

Mais cette hideuse personne n'était pas ce qui l'étonna le plus dans ce défilé. Juste derrière elle se trouvait une personne qu'elle connaissait bien : Ventus ! Mais qu'est-ce qu'il fabriquait ici ?

Les mains liés derrière le dos, ce dernier sembla la remarquer, puisqu'il s'écria à son encontre :

‑ Promis, je vais tout t'expliquer ! Laisse-moi juste le temps de me sortir de là !

Le cortège s'arrêta devant un buisson. Celui-ci s'écarta dans le but de laisser passer les cartes, la reine, ainsi que Ven. Puis le trou se referma une fois le dernier soldat passé.