Auteur: althena

pensées, non dit, ne se passant pas dans le présent : en italique.


Chapitre 20 :

Tohma était en train de dormir tranquillement dans sa chambre quand il sentait une main sur sa bouche. Il se réveilla aussitôt et fut surpris de voir Ryuichi au dessus de lui. Il se calma pour ne pas crier et se demanda pourquoi Ryuichi était venu chez lui. Sakuma se contenta de le regarder puis il vint l'embrasser. Seguchi ne savait pas comment répliquer à ce baiser. Il mit sa main sur son haut comme diminuer la distance qui les séparait. Petit à petit, il sentait sur son corps des mains étrangères qui se baladaient sur son corps. Seguchi prit peur et voulut arrêter ses mains Sakuma l'en empêchait. Tohma n'avait pas d'autre choix que de se laisser faire par Ryuichi qui léchait son corps déjà envahi par le plaisir.

Le même rêve revenait hanter chaque nuit de sommeil de Tohma. Il commençait vraiment à avoir des insomnies rien qu'en pensant à la suite de ce rêve. Il n'avait jamais eu ce problème auparavant et même lorsqu'il était encore avec Anya, jamais il n'avait fait de rêves aussi érotique de sa vie. Son appétit sexuel était-il arrivé à la limite ? Déjà rien que de penser à ce qu'il avait pensé lui faisait peur. Il essaya de retrouver son calme mais quand l'objet des rêves de Tohma arrivait, cela devenait de plus en plus dur.

Ryuichi : Bonjour, Tohma.

Tohma : Bonjour, Ryuichi. Comment allez-vous, aujourd'hui ?

Ryuichi : Je suis prêt pour faire la fête ce soir.

Tohma : Une fête…ce soir !

Ryuichi : Hé Tohma, qu'est-ce que tu as ? Tu es tout pâle. Tu ne serais pas malade ?

Tohma : Non, ça va…

Ryuichi : Laisse-moi regarder.

Nanami : Ryu-chan !

La jeune fille sautait sur le dos de Ryuichi qui tombait sur Tohma à cause de son poids. Il n'avait pas plus embrassante situation que celle là : tout le monde les regardait et riait de la situation. Les deux garçons étaient rouges de honte tandis que Nanami regardait le visage de ses camarades. Elle était un peu en colère à voir que cela ne gênait nullement Tohma d'avoir sur lui, Ryuichi. Elle se leva puis ce fit le tour de Ryuichi. Il tendit sa main vers Tohma pour l'aider à se relever. Il prit la main et le regarda dans les yeux. Il avait l'impression d'être dans son rêve : Ryuichi se montrait très gentil avec lui mais c'était mieux pour endormir sa méfiance. Quand il était débout, il lâcha cette main, le remercia et alla vers le bâtiment. Ryuichi trouvait l'attitude de Seguchi très étrange. Depuis quelques jours, il n'avait pas l'air d'être dans son assiette mais sa réflexion n'allait pas plus loin car Nanami sauta à nouveau sur lui. Il mangea à nouveau le sol et cette fois-ci, il ne se retint pas de dire ce qu'il pensait de son comportement. La jeune fille prit un visage attristé et s'apprêtait à pleurer. Sakuma était surpris et fut forcé de se comporter plus gentiment avec elle. Nanami était ravi de voir que son plan avait fonctionné. Tohma les avait vus à l'étage. Il sentait certes un sentiment qu'il ne pouvait pas décrire mais il fit comme s'il n'avait rien vu de tout cela.

L'après midi, Ryuichi était de corvée pour nettoyer la salle de classe. Pour lui, il avait du mal à digérer ça, ce n'était pas drôle : être de corvée juste le jour de la fin de l'année. Tohma était devant la porte principal du bâtiment. Il regarda sa montre : il était déjà presque 18 heures 30. Il devait songer à rentrer mais il voulait parler avec Sakuma d'une chose très importante. Vu l'heure tardive, il se doutait bien qu'il était de corvée et devait donc lui parler à un autre jour.

Quand il s'apprêtait à partir, il sentit des bras s'enrouler autour de son corps puis une main sur son visage et des doigts qui caressaient ses cheveux blonds. Il se retourna pour voir Ryuichi l'enlacer tendrement.

Tohma : Ryuichi ?

Ryuichi : Tu m'attendais ? C'est très gentil de ta part…

Tohma : C'est tout naturel.

Ryuichi : (lui donne une bise sur la joue) Tu as retrouvé des couleurs. Tu es vraiment mignon…

Tohma : J'ai cru que l'on agressait encore… quand tu m'as pris dans tes bras…

Ryuichi : Je ne laisserai personne te toucher… je t'aime, Tohma…

Tohma : Ah… arrêtez !

Ryuichi : Tohma…

Tohma : Je sais que cela fait un certain temps que l'on se connaît mais… mais malgré que je …

Seguchi voulait lui dire ce qu'il ressentait pour Ryuichi mais il était interrompu par un homme d'un age assez mur. C'était son chauffeur qui courrait vers lui. Devant lui, il était essoufflé et semblait être paniqué. Tohma se demandait pourquoi son chauffeur s'affolait.

Chauffeur : Monsieur Seguchi ! C'est terrible.

Tohma : Reprenez votre souffle et dites-moi ce qu'il se passe…

Chauffeur : Madame votre mère…

Tohma : Ma mère ? Lui est-il arrivé quelque chose ?

Chauffeur : C'est terrible, monsieur… votre mère…

Ryuichi : Accouche, papy ! Qu'est-ce qu'elle a, la mère de Tohma ?

Chauffeur : Madame a eu un accident et lutte en ce moment entre la vie et la mort.

Tohma : Quoi ?

Chauffeur : Monsieur votre père est sur le chemin de l'hôpital… et vous appelle à ne pas la voir…

Ryuichi : C'est n'importe quoi ! Toi, papy, conduis-nous à l'hosto ! Tiens c'est quoi cette sonnerie ?

Tohma : C'est ma sonnerie de portable ! Allo, Seguchi à l'appareil. Suguru ! Parle doucement, je ne comprends rien à ce que… que dis-tu ? Tante Shizuka est en train d'accoucher… très bien, calme-toi ! Où est ta mère en ce moment ? Très bien, ne t'inquiète pas ! Je vais auprès de ta mère pour prendre de ses nouvelles. Passe-moi un adulte

Ryuichi : Quoi ? Mais ta tante ne devait pas accoucher le mois prochain !

Tohma : À l'hôpital !

Chauffeur : Mais monsieur…

Tohma : C'est ma tante que je vais aller voir. Dépêchons-nous !

Une demi-heure après, Tohma était arrivé devant l'entrée de l'hôpital. Il monta rapidement les marches et bouscula sans prendre garde son père. Quand leurs regards se croisaient, Christian se mit en colère. Il avait pourtant dit à son fils de ne pas venir mais il était quand même là devant lui. Apparemment, il venait directement du lycée car il portait toujours son uniforme scolaire. Ryuichi arriva, ce qui relâcha l'attention de Christian sur Tohma.

Christian : Qu'est-ce que tu fais là ? Je t'avais pourtant dit de ne pas venir !

Tohma : Tante Shizuka est en train d'accoucher et selon son fils, cela se passe mal….

Christian : Quoi ? Shizuka est en train d'accoucher ?

Tohma : Oui.

Christian : Bon… va la rejoindre, elle aura certainement besoin de ton soutien. Je t'appellerai quand j'aurais des nouvelles de ta mère.

Tohma : Bien, père.

Le fils et le père partirent dans deux directions opposées. Ryuichi suivit Tohma. Il avait vu quelque chose dans les yeux de Tohma quand il regardait son père. Il se demandait si Tohma avait conscience de cela. Il posa la question à son ami.

Ryuichi : Tohma…

Tohma : Qu'y a-t-il Ryuichi ?

Ryuichi : Non, rien…

Tohma : On est arrivé. Service maternité… excusez-moi !

Secrétaire : oui, jeune homme.

Tohma : Shizuka Fujisaki…

Secrétaire : Fujisaki… Fujisaki… vous êtes de la famille ?

Tohma : Oui, pourriez-vous me dire où elle se trouve ?

Secrétaire : Eh bien… salle trois…

Tohma : Merci.

Quand il était hors de portée de la secrétaire, Tohma marcha à pas de plus en plus rapide. Il devait vite retrouver sa tante pour informer Suguru de son état de santé. Après une bonne dizaine de minutes, il arriva devant la salle. Il voulait entrer mais une infirmière l'en empêchait.

Infirmière : Attendez ici.

Tohma : Comment va ma tante ?

Infirmière : On a commencé le travail avec un mois de la date prévue mais elle perd énormément de sang et si ça ne se calme pas, ça pourrait devenir dangereux…

Tohma : Tante Shizuka ! Tante Shizuka !

Infirmière : Arrêtez de crier ! Vous la fatiguerez plus alors que le travail est déjà difficile ! Restez calme et attendez ici ! On vous appellera quand ce sera terminé.

Ryuichi : T'as entendu, Tohma ? On va rester tranquillement assis ici et attendre.

Tohma : Oui…

Des heures entières passèrent. Tohma essaya de garde son calme mais difficilement car d'un coté, sa tante était en train d'accoucher et de l'autre, sa mère était entre la vie et la mort. Il passa dans sa tête les pires scénarios qu'il pouvait se produire. Quand il commençait à perdre un peu d'espoir, Ryuichi le prit doucement dans ses bras pour le rassurer et en lui disant que tout va bien se passer. Un peu plus tard, Suguru accompagné de sa gouvernante, arriva et demanda comment allait sa maman. Tohma ne savait pas comment répondre à sa question. C'était Ryuichi qui s'en occupait en lui racontant des fausses histoires tandis que Tohma informa la gouvernante l'état de santé de sa tante. Puis soudain, il entendait des pleurs de bébé. Le visage décomposé se transforma en sourire. L'infirmière enlevait son masque et annonça la bonne nouvelle.

Infirmière : C'est une fille !

Suguru : Et ma maman elle va bien ?

Infirmière : Oui ta mère va même très bien.

Quand le docteur permit à la petite troupe de rejoindre un moment la mère, Tohma prit Suguru dans ses bras et l'amena à sa mère qui était allongée sur le lit, le visage étant fatigué mais souriant. Suguru descendit des bras de Tohma et prit la main de sa mère dans la sienne.

Suguru : Maman…

Shizuka : Suguru,… Tohma… Ryuichi…

Tohma : J'ai vraiment eu peur pour vous…

Shizuka : Tu te soucies trop des autres, Tohma…

Ryuichi : Félicitations, madame.

Shizuka : Écoutez les garçons, je suis très heureuse de voir que vous avez bien évolué et pour vous récompenser, je vous fais le grand d'honneur d'être les parrains de ma petite fille. Tohma, Ryuichi, choisissez un prénom pour elle.

Tohma : Mais…

Shizuka : Considère cela comme un cadeau que je te fais… je ne sais pas ce que l'avenir nous réservera mais s'il devait m'arriver quelque chose, je sais que vous en prendre soin comme si vous étiez comme ses grands frères.

Tohma : Eh bien… je ne sais pas vraiment….

Ryuichi : Kakurine…

Tohma : Kakurine ?

Ryuichi : C'est le deuxième prénom de ma petite sœur. Si tu n'aimes pas, tu peux changer

Tohma : Non, Kakurine me convient aussi…. Mère apprécie aussi ce prénom…

Shizuka : Oui, ce serait ton nom si tu étais une fille, Tohma…

Tohma : Alors, nous choisissons de nommer votre fille Kakurine. Bienvenue parmi nous, Kakurine.

Shizuka : Suguru, voici ta petite sœur, Kakurine.

Suguru : Bonjour, Kakurine.

Les trois regardèrent tour à tour Kakurine qui dormait tranquillement dans le berceau. Puis Tohma se souvint que sa mère était aussi hospitalisée ici. Il voulait la voir mais il avait peur d'informer sa tante car elle venait à peine de se remettre de son accouchement difficile. Ryuichi posa sa main sur son épaule et l'encouragea à faire ce qu'il avait à faire. Tohma le remercia par un sourire et prit congé de sa tante. Il tourna la poignée de la porte et en l'ouvrant, il vit son père devant lui. Le voir ici était un mauvais présage ; le corps de Tohma commença à trembler s'attendant à la pire des nouvelles. Christian prit son poignet droit tremblant comme une feuille, l'ouvrit et déposa quelque chose au creux de cette main fragile et la referma. Son fils n'osa même pas ouvrir cette main de peur que sa crainte soit fondée. C'était par un murmure qu'il comprit ce qui était arrivé à sa mère.

Tohma : Non… non, mère ne peut pas… dites-moi que ce n'est pas vrai ! Je ne veux pas !

Les pensées de Tohma étaient interrompues par les pleurs de Kakurine. Shizuka essaya de la rassurer pour cesser ses pleurs mais elle continuait à pleurer. En entendant les pleurs de la petite fille, Tohma avait l'impression qu'elle pleurait pour lui. Ne supportant plus cette situation, il quitta précipitamment la chambre de la mère pour trouver un endroit plus calme. Ryuichi voulut le suivre mais Christian l'en empêchait en s'interposant devant lui. Il hocha la tête : Tohma devra surmonter seul sa peine.

Seguchi était au chevet de sa défunte mère. Il voulait le voir par lui et c'était fait : sa mère était décédée de son accident. Il n'avait pas encore vu le contenu de sa main gauche. Doucement il l'ouvrit pour découvrir la chose que son père lui avait donnée, sûrement de la part de sa mère. C'était une chaîne en orné d'une pierre qui était censé protéger celui ou celle qui la porte. Etait-ce le dernier cadeau que sa mère lui offrait ? Tohma ne voulait pas y croire pas maintenant. Il la regardait : il avait l'impression qu'elle dormait paisiblement à cause de son sourire sur son visage. Il ne résignait pas à l'idée que sa mère l'a quitté. Il déposa une bise sur le front de sa mère et les larmes qu'il retenait au fond de son cœur sortirent de ses yeux. Il n'avait plus la force de les retenir plus longtemps. Il mit es mains sur sa bouche pour étouffer ses cris de peine, il se laissa tomber sur ses genoux et pleura sur le chevet de sa mère. Ryuichi l'entendit pleurer : ce son était insupportable à ses oreilles mais il le comprenait. Il était déjà passé par là et il ne s'était toujours pas remis de la mort de son oncle. Sa seule consolation était de savoir que Savina, sa petite sœur, était dans une famille qui prenait soin d'elle comme si elle était leur véritable fille. Tohma avait encore son père mais il était vrai qu'il ne pourra jamais remplacer l'amour que sa mère lui portait. Sakuma marcha vers la sortie quand il surprit une conversation entre deux infirmières qui discutaient près de la chambre de la défunte.

Infirmière 1 : Vraiment, quel drame pour cette famille !

Infirmière 2 : Oui, la maman est décédée alors qu'elle était enceinte de plus de six mois….

Infirmière 1 : Je pensais qu'elle avait un surpoids mais non, elle attendait un bébé…il n'y a pas qu'un seule victime dans cette histoire, mais vraiment deux…

Infirmière 1 : Tu te rends compte que c'était madame Seguchi, la femme du président de la société qui porte le même nom ? Le père a perdu un héritier…

Ryuichi : Attendez ! De quoi parlez-vous ? La mère de Tohma attendait un bébé ?

Infirmière 2 : Qui es-tu ? Les visites sont terminées à cette heure !

Infirmière 1 : Rente chez toi, mon garçon !

Ryuichi : Je suis un ami du fils du président Seguchi ! Alors Tohma aurait pu avoir un petit frère : c'est ce que vous essayez de dire ?

Infirmière 1 : Oui… ce fâcheux accident a coûté la vie de la mère et de surcroît celle du bébé.

Infirmière 2 : C'est navrant pour cette famille. Dire que les parents étaient joyeux rien qu'à l'idée d'offrir à leur fils un petit bébé à s'en occuper.

Ryuichi : Mon dieu… c'est encore plus pire que ce que j'avais pensé…

Infirmière 1 : Personne ne le savait sauf le gynécologue et bien sûr monsieur Seguchi…

Infirmière 2 : Tu as porté tes condoléances pour la famille.

Ryuichi : Je viens à peine de le savoir… pauvre Tohma…

Quelques jours passèrent. Tohma semblait être remis du choc mais il ne venait plus au lycée. Il étudiait chez lui avec un professeur particulier. Sakuma comprenait ce besoin de solitude et respectait son absence dans le lycée. De plus, tout le monde était occupé à préparer le gala de fin d'année. Pou fêter la dernière année de Tohma, le directeur voyait grand : il avait aménagé une salle spéciale, encore plus grande que la précédentes, et la décoration fut confié aux meilleurs artiste de l'école. Tout le monde mit la main à pâte car il y avait beaucoup de choses à faire en un minimum de temps. Certains étaient vraiment pessimistes car il ne voyait pas l'intérêt de donner une grande fête si l'intéressé ne se pointait pas ce soir là. Ces personnes-là reçurent un coup sur la figure de la part de Sakuma qui était vraiment sur les nerfs. Quand on disait du mal de Tohma, il se pointa rapidement pour faire taire les mauvaises langues. Nanami n'était pas indifférente à son comportement. Elle ne l'avait jamais vu comme ça. Mais quand elle lui venait lui parler, il la prit par le bras et lança un regard furieux vers elle. Ce regard, elle le connaissait par cœur, elle avait l'impression que la personnalité noire de Ryuichi était présentée dans cette pièce. Tout le monde avait peur quand il jeta ce regard glacial aux gens qu'il l'entourait. La rumeur de l'école était fondé et bien vraie depuis près de trois ans : il n'y avait que Tohma qui savait dompter la nature sauvage de Ryuichi. Vraiment exaspéré par les sarcasmes de ses camarades de classe, Sakuma rendit son tablier et sortit de la salle. Après un court silence, tout le monde reprit sa conversation. Nanami resta pensive.

Nanami : Jamais… non, jamais il ne m'avait regardé comme ça… lui qui me disait à quel point j'étais exceptionnelle, il m'a regardé comme si j'étais comme tout le monde. Il n'y a que ce fils à papa qui compte pour lui. Je le hais… je le hais… j'étais toujours à ses cotés quand il avait besoin d'aide. J'étais avec lui quand il était triste. Quand il était malheureux, c'était moi qui le réconfortait… comment ce fils à papa peut-il… malgré tout ce que je lui ai fait, il continue à le voir… non, je ne peux pas… je ne peux pas le tolérer !

Sakuma était devant la maison de Tohma. Il entendait le son du synthétiseur. C'était selon lui, un signe positif mais à bien écouter la mélodie, Tohma n'était pas encore sorti de sa tristesse. La tonalité était trop grave pour cette mélodie pourtant magnifique. Seguchi n'avait pas besoin de dire quoique ce soit pour éprouver ses sentiments. La musique qu'il jouait était transparente c'était une de ses qualités qu'il l'avait séduite. Il disait facilement les choses et touchait les gens qui écoutaient sa mélodie. Ryuichi voulait lui parler : il ne pouvait pas rester éternellement enfermé dans sa maison alors qu'il y avait quelqu'un qui s'inquiétait pour lui. Il sonna la porte et écouta de nouveau la mélodie. Il ne se rendait pas compte que quelqu'un lui avait ouvert la porte et que l'on demandait son identité. C'était un jeune homme un peu plus âgé que lui, qui avait ouvert la porte. Il portait des lunettes rectangulaires au contour noire et ses cheveux longs qui allaient jusqu'au milieu du dos étaient attachés en queue de cheval. Sakuma pensa être arrivé à un mauvais moment car il avait l'air d'un haut fonctionnaire mais il semblait être en entretien privé avec le père.

Ryuichi : Excusez-moi. Je suis un ami de Tohma. Est-ce que je peux le voir ?

Monsieur : Tohma ? Ah… Un instant. Tohma ! Quelqu'un est venu de te voir. Si tu veux bien te donner la peine d'entrer.

Ryuichi : Merci mais je ne vous ai jamais vu ici. Vous êtes qui ?

Monsieur : Je viens juste d'arriver et je suis.

Tohma : Keiya, la partition que tu… oh, Ryuichi, bonjour.

Ryuichi : Salut ! Tu as l'air d'être en pleine forme pour sécher les cours au lycée.

Keiya : Il n'est pas au courant que tu cesses d'aller au lycée pour un professeur particulier.

Ryuichi : Quoi ? Tu arrêtes le lycée et la fête de fin d'année, ne me dis pas que tu n'as pas l'intention de ne pas y aller.

Tohma : Je suis au courant pour le gala. Ne t'inquiète pas. J'y assisterai mais je ne pourrais pas rester longtemps.

Ryuichi : Et pourquoi ?

Tohma : C'est-à-dire que…

Keiya : Tohma retourne en Angleterre ce soir-là.

Tohma : Keiya !

Ryuichi : Comment ? Tu vas en Angleterre ? Mais c'est quoi cette décision soudaine ? Tu peux au moins me donner une explication !

Keiya : Mon garçon, calme-toi ! Cela ne sert à rien de s'énerver !

Ryuichi : Moi, énervé ! Non, je suis en rogne contre Tohma ! Ne me dis pas que tu retournes dans ce pays de merde pour … oh je vois… comment peux-tu fuir aussi lâchement ? Tu as déjà quitté ton pays natal une fois parce que c'était nécessaire pour ta santé mais cette fois, tu fuis ce même pays parce qu'il t'a pris ta mère ! Tu n'es qu'un lâche, Tohma !

Keiya : ça suffit comme ça !

Ryuichi : Vous ne m'empêcherez pas de dire ce que je pense de lui ! Moi qui venais pour prendre de tes nouvelles, maintenant je suis satisfait ! Va où bon te semble, même en enfer, ça ne me dérange pas, tiens, va rejoindre ta mère dans l'autre monde si tu le veux mais ne te viens plus jamais me voir ! Entre nous c'est fini…

Tohma : Alors que rien n'avait commencé… Ryuichi… Vraiment, si c'est pour me dire ça, je te trouve aussi pathétique que tes parents…pardon, je ne suis pas assez fort… ma vie privée ne te regarde en rien. Même si tu connais tout de moi… laisse-moi te dire une chose et je ne le répéterai pas… non, il ne faut pas que je lui dise… je maudis le jour où je suis entré la première dans la boutique médiocre de ton oncle… je préfère encore qu'il me déteste plutôt que de le voir s'inquiéter encore pour moi qui ne peut pas répondre de son amour…

Ryuichi : Comment ! Fais attention à ce que tu dis !

Tohma : J'ai dit mes mots consciemment et je les ai pesés ! Pardon, Ryuichi… Maintenant si tu veux bien…

Ryuichi : Pas de besoin de me le dire ! Je sais ce que tu veux ! Malgré tout ce temps que l'on a passé ensemble, tu veux que… que je dégage de ta vie ! Si c'est comme ça, je n'ai plus rien à te dire !

Sakuma sortit de la maison en claquant violemment la porte d'entrée. Il était encore sous le choc de la nouvelle : jamais il n'avait vu Tohma aussi froid avec lui. Il le connaissait plus tout et attentionné. Mais cette personne était presque un démon : il le traita avec peu d'égard mais surtout avec beaucoup de dégoût. Il se mordit la lèvre inférieure. S'il montrait ses larmes, alors c'était la preuve que Seguchi avait raison sur lui. Il frappa une des colonnes d'entrée pour sortir sa colère et sa peine.

Ryuichi : Est-ce que tu as pensé à moi ? Qu'est-ce que je vais devenir sans toi ? Si j'ai tenu jusqu'ici, c'était grâce à toi, avec ton sourire, ton rire… si on me les enlève, comment je pourrais vivre ? N'as-tu pas compris à quel point je t'aime Tohma ? C'est toi, ma raison d'être ! J'ai besoin de toi !

Après Seguchi Tohma, c'était le tour de Sakuma Ryuichi de ne plus se montrer à l'école. Il ne voulait plus avoir dans son champ de vision quelque chose lui rappeler Tohma. Il devenait très colérique qu'il détruisait cet objet jusqu'à ce qu'il soit pleinement satisfait. Il avait jeté et réduit en miettes son uniforme scolaire ainsi que les vêtements que Tohma avait portés quand il était chez lui. Quand il regardait la peluche que sa sœur lui avait offerte, il la prit dans ses mains. A travers d'elle, il vit l'image de sa petite sœur. Il se mit à rire puis à pleurer.

Ryuichi : Pardon, Savina ! Mais ton grand frère est un raté ! Jamais il ne deviendra chanteur, jamais je ne pourrai te revoir ! Et puis tu m'auras certainement oublié ! Franchement, c'est à mourir de rire. Tout ça parce qu'un sale fils à papa m'a rejeté mais… il a raison. Je suis incapable de voir et réaliser les souhaits des gens. J'ai beau faire des efforts, jamais je n'avais pensé que mon amour pour Tohma était un fardeau pour lui. Savina, pardonne ton grand frère minable.

Il serra tendrement contre lui la peluche puisse dirigea dans la chambre de Sanh. Il passait ses soirées seul dans la chambre de son oncle, endroit que Seguchi n'avait pas le droit d'y accéder. C'était là où il se laissa détruire petit à petit. Un soir, Nanami lui rendit visite pour l'inviter à l'accompagner au bal de fin d'année. Elle monta doucement les escaliers puis en voulant ouvrir la porte de la chambre de son ami d'enfance, Ryuichi la surprit en l'appelant par son prénom. La jeune fille se tourna vers Sakuma et le regarda un instant. Il avait de nouveau ce regard noir quand il était le voyou redouté de tous les principaux de collège. Elle marcha vers lui et caressa son visage de colère. N'appréciant par ce geste, il prit son poignet et referma encore plus fortement sa main.

Nanami : Aïe ! Ryuichi, lâche-moi !

Ryuichi : Qu'est-ce que tu viens faire là ?

Nanami : C'est une drôle de façon d'accueillir ton amie d'enfance ! Je viens juste prendre de tes nouvelles.

Ryuichi : Tu vois que je vais bien alors tu peux foutre le camp !

Nanami : Non, tu ne vas pas bien !

Ryuichi : Oses-tu me dire le contraire ? Tu es mal placée pour dire si je vais bien ou non !

Nanami : Au contraire ! Quand tu te comportes comme ça, c'est que tu es vraiment triste ! Dis-moi qui t'as fait ça !

Ryuichi : Qu'est-ce que ça peut te faire ! T'es pas ma maman à ce que je sache !

Nanami : Non mais je suis ton amie et je m'inquiète pour toi !

Ryuichi : Menteuse !

Nanami : Quoi ?

Ryuichi : T'es une menteuse, tout comme lui ! Tu me fais les beaux yeux pour que je tombe dans le panneau et après que je t'ai satisfait, tu me jetteras ! Franchement, tu…

Nanami se libéra de la prise de son ami et se précipita vers lui pour le faire taire et par la même occasion, l'embrasser amoureusement. Il était surpris de ce baiser qu'il rougissait. Nanami avait un visage de colère et rempli de larmes.

Nanami : Tu n'es pas capable de voir que tu as une fille qui est amoureuse de toi depuis toujours et qui est devant toi. Je t'aime, Ryuichi ! Tu m'as dit des choses méchantes mais je sais que ce n'est pas vrai ! Je te connais trop bien : malgré tout ce qu'il t'est arrivé quand tu étais un enfant, tu ne dis jamais de choses aussi méchantes. Tu es simplement triste ! Oublie ce Tohma ! Il te fait souffrir mais moi, jamais je ne te ferai pleurer ! Je n'aime pas te voir comme ça ! Je veux voir le Ryuichi souriant et moqueur, celui qui aime prendre soin des autres !

Ryuichi : Ah ah…moi prendre soin des autres alors que je suis incapable de m'occuper des miens ? Ne me fais pas rire ! Je suis comme mes parents. Je piétine tout ce qui me fait obstacle, profite de la faiblesse des gens pour les tromper, je ne pense qu'à moi et à mon confort.

Nanami ne voulut plus entendre ces terribles paroles et lui donna une violente gifle sur sa joue droite. La partie du visage frappée était devenue bien rouge que Sakuma ne pouvait pas la toucher. Il souriait et se mit à rire.

Ryuichi : hum... ha ha ha… non seulement, je me fais jeter par celui que j'aime mais la fille qui est censée m'aimer me frappe…

Nanami : Idiot ! Tu ne comprends décidément à rien ! Ce que tu as dit te fait mal ! Je t'en prie, arrête de dire ces idioties. Tu n'es pas comme ça… Ryuichi, regarde-moi… je t'en prie… Ryuichi… RYUICHI !

Le lycéen la regardait : elle avaient les larmes aux yeux. Depuis leur première rencontre à l'école primaire, jamais elle n'avait pleuré devant lui. Mais en le voyant froid et insensible à la douleur des autres, elle pleura et cria de tristesse. Il entendait ses plaintes et réalisa alors qu'il n'était pas le seul à souffrir de cette situation mais aussi que sa conduite ne menait à rien, née qu'il était trop fier pour montrer ses faiblesses. Il voulait Tohma mais lui, il lui avait tourné le dos. Finalement, ils n'étaient pas faits pour être ensemble alors pourquoi se voiler la face sur leur avenir ? Il sortit un mouchoir et le tendit à Nanami. Elle releva la tête et remarqua qu'il avait un visage plus souriant mais aussi attristé.

Nanami : Ryuichi…

Ryuichi : Je crois que tu n'as pas tout à fait tort… mais j'avais juste besoin d'être seul mais ma solitude a un peu trop duré… en te voyant pleurer, je réalise que cette phrase est vraie : en pleurant, on se retrouve soi-mme. Tes pleurs étaient si forts que j'avais l'impression que tu pleurais à ma place. Merci beaucoup Nanami.

Nanami : Ce n'est pas la peine… je ferais tout pour que tu sois heureux.

Ryuichi : Si on sortait ensemble ?

Nanami : Pardon ?

Ryuichi : je te propose de faire une sortie avec moi, pour me faire pardonner de t'avoir fait pleurer.

Il essuya délicatement ces joues rosies par les larmes et la prit dans ses bras. Quelques jours après, l'ouverture des inscriptions à l'université était donné : chacun devait rendre à l'université qu'il voulait entrer pour passer l'entretien. Après s'être remotivé à devenir chanteur, Ryuichi devait entrer à l'institut national des arts de Tokyo pour avoir une chance de se faire remarquer. Il était l'un des derniers à passer. Il entra dans sa salle de présentation mais il était surpris de voir un synthétiseur devant le jury. Cela lui rappelle Tohma mais il hocha mentalement sa tête pour oublier ce mauvais souvenir. Il se présenta devant le jury qui feuilletait son identité artistique et physique. Il resta debout tranquille devant eux en attendant le signe de départ.

La porte s'ouvrit et Ryuichi se retourna pour voir Tohma dans l'encadrement de la porte.

Ryuichi: Mais qu'est-ce qu'il fait là, lui?

Jurée: Nous n'attendions plus que vous, monsieur Seguchi!

Tohma: Je vous prie de m'excuser d'arriver en retard. Bonjour, Sakuma.

Ryuichi: … je croyais que l'on était seul pour passer l'entretien.

Juré: Nous avons eu vent de vos prestations que vous faisiez ensemble. En voyant vos fiches d'inscriptions, nous pensions que vous pouvez faire beaucoup de choses ensemble. Montrez ce que vous savez faire sur une scène, Monsieur Sakuma et Monsieur Seguchi.

Tohma: Hum… vous ne faites vraiment pas les choses à moitié… Ryuichi, je te laisse choisir la chanson.

Ryuichi: «show me your love»

Tohma: Très bien.

Seguchi marcha vers son instrument. Ses doigts effleuraient les touches du synthétiseur puis il appuyait sur certaines touches blanches pour commencer la chanson. Ryuichi prononça les premiers mots de la chanson. Même s'ils étaient en désaccord dans la vie, la mélodie jouée par Tohma et la voix de Ryuichi se mariaient parfaitement. Les membres du jury étaient très impressionnés par ce qu'ils faisaient sur scène et les rumeurs étaient en dessous de ce qu'ils avaient entendus. Dès la fin de la chanson, les deux garçons descendirent de la scène sans se regarder et un des jurés s'avança vers Ryuichi.

Juré: C'était magnifique! Et vous dites de n'avoir pris aucun cours de chant? C'est un vrai talent que vous avez là, monsieur Sakuma. Mes collègues et moi-même avons le plaisir de vous dire que vous êtes admis dans notre école.

Ryuichi: Vraiment?

Juré: Parfaitement. Vous êtes promis à un grand avenir, et nous serions heureux de vous aider à perfectionner ce talent inné que vous avez.

Tohma: … Bien, je vais partir étant donné que vous n'avez plus besoin de moi.

Juré: je m'excuse une nouvelle fois pour vous avoir dérangé pendant votre travail monsieur Seguchi. Mais si vous souhaitez, nous pouvons vous…

Tohma: Je suis nullement intéressé par votre offre… je suis peut-être un peu musicien sur les bords mais n'oubliez pas que je suis l'héritier du trust de ma famille.

Ryuichi: Hé, depuis quand tu parles comme ça, Tohma?

Tohma: Je t'ai nullement adressé la parole, alors ne prends pas tes grands airs menaçants avec moi! Tu devrais être content, tu vas pouvoir réaliser ton rêve de chanteur.

Ryuichi: Peut-être mais je veux te rappeler quelque chose: arrête de te voiler la face et sois honnête avec toi-même pour une fois. Tu as certainement quelque chose de plus important à faire que de rester sagement dans ton bureau à attendre que le temps passe.

Tohma: Hum… pour une fois, tu as raison. J'ai mieux à faire que rester assis toute la journée. Sur ce, au revoir, madame et messieurs.

Juré: Bien, revenons sur notre affaire. Comme je vous l'ai dit, vous êtes admis dans notre école.

Ryuichi: Je crains devoir refuser.

Jurée: Comment?

Ryuichi: L'école est assez chère et je n'ai pas les moyens suffisants pour payer les frais de scolarité.

Juré: Si ce n'est que ça, soyez alors tranquille, vous bénéficiez de la bourse de l'école. Rien ne sera à vos frais, tout ce que vous occuperez ce sera de perfectionner votre don pendant votre scolarité dans notre établissement.

Ryuichi: Vraiment? Alors j'accepte votre proposition. Vraiment, je ne sais quoi vous dire.

Jurée: Dites simplement merci à votre ami Tohma.

Ryuichi: Pardon?

Jurée: Il nous a demandé de garder le secret mais sachez que Tohma a contribué à votre entrée ici. Il est venu il y a une semaine quelques jours avant le début des inscriptions. Il avait amené une cassette et nous l'avons écouté. Il vous a présenté comme un grand artiste et nous étions convaincu par votre voix.

Ryuichi: Alors vous voulez dire que j'étais pistonné pour y entrer?

Juré: Pas tout à fait, c'est peut-être Tohma qui a apporté la cassette et sa musique ne nous intéresse nullement, c'est votre voix qui a fait tout le travail mais nous voulions juste vous voir à l'œuvre avec lui et vous avez réussi le test. Vous êtes arrivés seul à ce stade, vous pouvez vous en féliciter. Tohma a juste préparé le terrain.

Ryuichi: Pourquoi a-t-il fait ça? Non. Je ne veux plus dépendre de lui! Pourquoi est-ce que tu es toujours là quand je veux t'oublier? Je vois… c'est très gentil de sa part…

Juré: Bien, c'est ici que nous terminons votre entretien. Je vous donne rendez-vous à la rentrée.

Ryuichi prit congé du jury d'admission et il sentit une étrange sensation au niveau de son bassin. Il sentait des vibrations dans la poche arrière de son pantalon. Il fouilla dans cette poche et trouva un portable qui vibrait dans sa main. Sakuma n'avait pas ce genre d'outils modernes dans ses affaires personnelles. Il appuyer sur une touche et il prit l'appel. Il mit le téléphone portable près de son oreille et entama une conversation avec son interlocuteur.

Ryuichi: Ah… allo?

Monsieur: Tohma?

Ryuichi: Cette voix, monsieur Keiya…

Keiya: Ah, tu dois être Ryuichi. Mais comment ça se fait que tu as le portable de Tohma? Où est-il? Je dois lui parler.

Ryuichi: Je ne sais pas et puis je ne sais pas comment il est arrivé dans mon pantalon!

Keiya: Bon… est-ce que tu as une idée où se trouve Tohma?

Ryuichi: Non et je me fiche de savoir où il est tant qu'il est loin de moi, ça me convient parfaitement!

Keiya: Bien, mais tu pourrais me direù je pourrais trouver Melle Kitani?

Ryuichi: Nanami? Ah, elle doit être en ce moment au bal du lycée. Et vous, vous êtes un pervers?

Keiya: Non, je m'inquiète seulement pour elle parce qu'elle va être une victime de Tohma.

Ryuichi: Comment ça?

Keiya: Tu te souviens certainement du jour où la mère de ton ami est morte? Tu dois savoir que…

Ryuichi: Qu'elle attendait un enfant? Ça je le sais mais quel est le rapport avec Nanami?

Keiya: Ah… je vais alors droit au but. Ton amie est en danger de mort.

Ryuichi: Comment ça?

Keiya: Sara Seguchi, la mère de Tohma, a été renversée. J'ai mené mon enquête et puis j'ai trouvé qui était le coupable.

Ryuichi: Attendez! Vous insinuez que c'est mon amie qui a tué cette femme?

Keiya: C'est pourtant ce que Tohma croit. Je sais très bien que ce n'est pas elle mais Tohma ne le sait pas. Il a du jeter un coup d'œil dans mes affaires et là, il a du lire mon rapport incomplet. Je ne sais pas ce qu'il a l'intention de faire mais je crains le pire pour ton amie.

Ryuichi: Nanami sait se défendre, je ne m'inquiète pas.

Keiya: J'espère bien que tu dis vrai.

Ryuichi: Dites-moi pourquoi vous voulez joindre Tohma.

Keiya: Je dois l'empêcher de commettre l'irréparable. Tohma est peut-être un enfant doux mais quand il se met en colère, il devient incontrôlable. J'ai peur pour Melle Kitani étant donné que Tohma ne cessait de me dire qu'il ferait payer le prix fort à celui ou celle qui a tué sa mère et son enfant. Par précaution, pourriez-vous vous rendre auprès de Melle Kitani pour voir si tout se passe pour le mieux?

Ryuichi: De toute façon j'allais la rejoindre et si je trouve Tohma en train de la frapper, je lui briserai tous ses membres.

Keiya: Vous dites ça alors que vous aimez Tohma: c'est vraiment triste d'entendre ça étant donné que vous le connaissez depuis trois ans.

Ryuichi: Qu'est-ce que vous insinuez?

Keiya: Tu as côtoyé Tohma pendant trois ans, tu dois un peu le connaître. Le Ryuichi dont il me parlait sans cesse est différent de celui que j'ai maintenant au téléphone Il me disait que tu étais un personnage étrange mais que tu as beaucoup d'affection pour lui, que tu l'aide tous les jours et que ta présence à ses cotés lui faisait beaucoup de bien à tel point qu'il se demandait toujours comment il allait faire pour te rembourser pour que tu sois heureux.

Ryuichi: Je ne vous crois pas! Pourquoi n'aurait-il dit des choses horribles la dernière fois? Tohma est…

Keiya: Il t'aime… il est amoureux de toi…

Ryuichi: Quoi?

Keiya: Crois-moi ou non mais Tohma s'occupe davantage de toi que de lui-même. Je ne sais pas où il est depuis ce matin et il refuse de m'écouter. Je ne suis pas assez fort pour le convaincre de renoncer à sa vengeance mais toi, tu peux… non je suis sur qu'il t'écoutera…

Ryuichi: Je n'ai nullement l'intention de lui parler. Je préfère encore qu'il meure plutôt que d'aller le voir! Vous dites qu'il m'aime alors pourquoi me traite-t-il de la pire des façons? Pourquoi ne peut-il pas me le dire en face? Pourquoi fait-il tout pour que je le déteste?

Keiya: C'est par amour pour toi… pour tout te dire, Tohma ne souhaite pas retourner en Angleterre, il veut rester ici simplement parce que c'est là où tu es… il veut juste rester avec celui qu'il aime…

Ryuichi n'en croyait pas ses oreilles: Tohma l'aimaitet cela ne datait pas d'aujourd'hui. Il éteignit le téléphone et courait vers le lycée pour essayer de sauver ce qu'il pouvait l'être encore.

Now I cry under my skin
hanarenai dangaizeppeki de houyou shita image ga
me wo tsuburu to ashisuberi you fall down! kyuushutsu fukanou
Maintenant je pleure sous ma peau...mes larmes s'en vont vers le ciel...et maintenant cela se transforme en pluie
Bien que cela débarque sur terre, bien que cela efface ma douleur, ça s'est arrêté dans les temps

Ryuichi courait au maximum mais le sol devenait de plus en plus glissant à cause de la pluie printanière qui s'abattait sur la ville. A chaque fois qu'il voulait tourner, il tombait sur l'eau glissante. A un carrefour, il tomba. De sa poche était sorti son porte-feuille. Il était ouvert devant lui et montrant une photo où son oncle et sa petite sœur étaient heureux avec lui. Il se rappela à ce moment là, des moments de bonheur qu'il avait partagés tous les quatre, mais aussi des instants où Savina souriait malgré la disparition de son oncle, avec la chaleur de Tohma qui l'entourait. Il sentait les gouttes de pluie comme des coups de poing ou de coupe pied mais quand les gouttes glissaient sur son coup, il avait l'impression que c'était Tohma qui caressait sa peau.

Nightmare! jishin no nasa ga umu miren no go
tada kimi ga dokoka de genki de irebaii no?
Now gizen ga habikoru suki mo nai ai e
Here I go come back!
Non! Le pardon, c'est vraiment exagéré et dans le luxe
Non! La colère qui s'est perdue en chemin...a volé loin sans un signe
Non! Je prie avec des mots comme la stupidité pour se faire pardonner
Non!
J'arrive, reviens!

Il grinça des dents, se releva, prit son portefeuille et continua sa course contre la montre. Il avait en tête le visage souriant de Tohma ainsi que les instants de bonheur qu'il avait vécu avec lui. Malgré leurs disputes fréquentes et les malentendus qu'ils avaient, il se sentait bien auprès de lui. Il se souvenait de sa promesse: il avait promis de le protéger quoiqu'il arrive. Il entendait cet appel invisible et devait le secourir avant que Tohma ne disparaisse totalement de sa vie.

yoakemae umasare
yume wa kimi to towa no wakare
mado no soto wa arekuruu machi storm and noise

hikari matsu everybody
Les ailes qui ont perdues leur puissance... les jours semblent être devenus des cendres
Mes plus grands rêves qui ont reçus des coups se sont brisés... Mes matinées n'ont plus aucun reflet

La fête battait son plein. Nanami était sur le toit de l'école en compagnie de Tohma. Ils étaient sortis de la salle de danse malgré la pluie battante qui tombait. Seguchi avait la joue droite rouge et une petite égratignure sur sa lèvre inférieure. Apparemment, face à lui, la jeune fille s'était défendu mais le regard vide et désintéressé de Tohma la paralysait sur place. A chaque pas qu'il faisait en avant, celui-ci recula d'un pas en arrière. Dès qu'elle ne pouvait plus reculer à cause de la barrière de sécurité, elle se tourna vers Tohma et lui demanda des explications.

yagate shizuka ni naru made hitori de
arashi no naka wo tobu tsubasa mo nai
demo sude ni omoi kimi shika mienai
Chacun possède la vérité en soi... mais, ce qu'on montre, ne sont que des mensonges
Saura-tu me trouver, moi qui suis parti dans l'éternité ?

Celui-ci ne répondit pas: il se contenta de la regarder et continua à avancer vers elle en gardant bien l'idée en tête que cette fille avait tué sa mère et son petit frère. Parfois cette pensée vengeresse était troublée par la gentillesse naturelle qu'il avait au fond de son cœur. Il se disait même que Nanami pouvait être désolée de son acte et demander son pardon. Mais s'il n'avait perdu que sa mère, tout ceci ne serait pas passé comme cela mais son petit frère avait péri aussi, donc, elle devait payer pour son acte abominable.

kimi wa taiyou namida mo kawakaseru kagayaki innocence
kutsuu datte taoretatte
sono egao no tame nara daijoubu
waiting for rising sun
Ressemble à moi, à l'intérieur de mon coeur, qui est complètement rempli... l'innocence grandit en moi
Les flammes qui sont lumineuses sont en train de brûler... la fin brille comme une lueur du ciel J'attend le Soleil levant...

Ryuichi arriva enfin au lycée, il leva les yeux vers le toit de l'école. Il vit le couple et craignit le pire des scénarios. Il prit les escaliers les plus proches et monta les marches quatre par quatre. Pendant ce temps, malgré la résistance que la jeune fille fit preuve, Tohma la priva de sa liberté de défense et la regarda avec des yeux cruels pour lui faire comprendre sa faute avant de la faire basculer dans le vide.

Now burn my eyes, sun comes up blowing the fog
Never lies to be your mind, got to be true

Maintenant, brûlez mes yeux. Le soleil monte, et efface le brouillard
Jamais de mensonges, pour être ton esprit. Soit vrai!

Ryuichi ouvrit brusquement la porte en lui donnant un coup de pied pour briser en deux la porte. Il arriva juste à temps mais ne put pas empêcher d'arrêter l'acte sale de son ancien camarade de classe. Le sol glissant était à son avantage car il se laissa aller pour rejoindre la barre de sécurité. Il la franchit et attrapa la main droite de Nanami qui commençait à tomber dans le vide. Puis rapidement, avec son autre main, il tenait une barre verticale pour éviter de tomber avec elle.

kimi to deatta koto sae
sadame sadame sadame sadame to shinjiteikou
koutei mitei kore dake wa kettei
I just try me and now
Mon chemin ne peut pas être atteint puisqu' il y a 101 sens... C'est la réalité
Ainsi je ne serai plus honteux en face du soleil, je me juge tout simplement... et maintenant

Tohma n'en croyait pas ses yeux: celui qu'il aimait secourait celle qui l'avait maltraité. Il les regarda, essayant de remonter pour sauver leur vie. Son visage était resté impassible tandis que Ryuichi exprimait la souffrance de faire remonter Nanami. Dès qu'ils était hors de danger, Tohma serra ses poings et lança un regard furieux contre Ryuichi. Le brun sentait cette flamme de colère et répondit à cet appel par le même regard. Personne ne se reconnut dans cet échange. Ryuichi n'avait jamais vu un tel regard déterminant, furieux mais aussi triste au point qu'il allait pleurer. Tohma avait déjà des centaines de fois vu ces yeux de braises mais c'était de vrais feux qu'il voyait. Pendant plusieurs minutes, sous la pluie qui continuait à tomber, aucun des deux garçons ne cédait.

Goal wa gorimuchuu no konton feel
(somebody talk) dakara hashireru
tooi ga kasuka ni mieru hikari ga
(somebody talk) kimi no hohoemi
Vraiment, ou se situe la fin de ce chaos ?
Quelqu'un parle, ce n'est pas n'importe quelle réponse qu'on entend tous les jours
Vraiment, est-ce un croquis du bonheur ?
Quelqu'un parle, seulement qui vivra le verra

Doucement, Tohma ferma les yeux et sentit ses jambes se couper. Il tomba sur le sol humide; l'eau de pluie se mélangea à ces larmes. Il avait l'impression d'être trahi, que personne ne le comprenait, que le monde était contre lui. Ryuichi avança doucement vers lui. il fit un geste pour demander à Nanami de rester en arrière. Petit à petit, il entendait les pleurs et les cris de tristesse de Seguchi. Il s'agenouilla et posa sa main sur cette petite tête blonde. Tohma releva la tête et fit à part à Sakuma les rasions de son acte. Il était si désemparé qu'il pleurait. Ses larmes coulèrent sur ses joues rosies.

musebu machi agaki tsudzukeru
akirameru yori mashi
sunao wo kamu youna toki no naka
furueru kurai no ai sagasu yo
You know why
La vie est comme une étoile qui est en train de courir sur une voie sans fin
C'est comme chercher un grand nombre de questions et de réponses, puis dessiner une image qui manque de perfection
Sais-tu pourquoi?

Ryuichi n'avait pas besoin de cela pour comprendre le geste de Tohma. Il aurait la même chose que lui mais Seguchi était trop gentil pour le faire et Sakuma ne le pensait pas capable d'un tel acte sanglant. Il le prit doucement dans ses bras pour demander de faire partager sa peine. A ce moment là, la chaleur qui avait animé la flamme de vie de Tohma l'entourait. Il sentait un peu mieux et ne voulait pas cette étreinte se termine.

Slow down
kishi kara nobotta ningyo ga
inochi wo kakete koi wo shita
koukaishinai my life tour
kodoku yori tsuraizasetsu wa
Le temps passe toujours aussi près...mais nous savons très bien qu'il ne reviendra pas...
Ne te cache pas derrière chaque jour de regret... Essayes d'avaler cette colère isolée du mieux que tu peux

Toujours dans sa tristesse, Tohma chercha à sentir du réconfort auprès de Ryuichi. Il sentait son torse contre lui, ses bras autour de lui mais cela ne lui suffisait plus. Il avait froid et chercha de la chaleur auprès de Ryuichi. Il le regarda: il avait un visage chaleureux puis il regarda l'eau de pluie s'écouler sur son visage puis doucement sur ses lèvres. Il les approcha pour l'embraser et sentit son souffle chaud dans sa bouche. Ryuichi le lassa faire car il n'y a avait que lui qui pouvait le calmer et le faire revenir à la raison. Il le regarda tendrement et disait par ces yeux combien il était heureux de voir des mains aussi blanches qu'avant.

kagami ni utsutta kyou no face wa
mirai ni hajinai boku no ketsuisa
Les larmes qui se sont épuisées dans la tristesse... la confiance en réalité, n'est valable que pour le bonheur

Nanami ne comprenait pas la situation et s'approcha d'eux et elle les vit en train de s'embrasser tendrement. Jamais elle n'avait vu ce visage serein de Ryuichi. Même quand il l'embrassait pour lui faire plaisir, son visage ne disait rien comme si ce baiser ne signifiait rien pour lui ou bien s'il exprimait quelque chose, son sourire à voir cette personne soumise à lui. mais cette fois, il semblait heureux de l'embrasser. D'un coup, elle les écarta l'un de l'autre et demanda les raisons de ce baiser à Sakuma. Tohma, toujours encore soumis à ces sentiments négatifs, les regarda avec tant d'incompréhension. Doucement il leva la main et voulut pousser à nouveau Nanami dans le vide. Sakuma s'interposa de nouveau et ne se retint pas de frapper Tohma pour lui faire reprendre ses esprits. Le blond passa sa main sur sa joue blessée et lança un regard furieux contre le couple.

(Yeah, bring it on)
ima tsukareta karada ni beat tune
kanashimi no namida wa fuinchuu
ah karadajuu de kimi wo uketometai
kagayakeru asu ni kiss yatte miruka
Le baiser sur les mains des épreuves qui atteignent les limites... Les difficultés et les douleurs ont fleuri sur la cours... Mon innocence
Bien que tu ne peux peut être pas encore tout arrangé (c'est d'accord) car tous les jours est un nouveau jour
Elèves-toi vers le ciel, élèves-toi vers le ciel

Ryuichi ne devait pas se laisser intimider par ce garçon mais son regard était si envoûtant. Il n'avait pas d'autre choix que de lui apprendre l'horrible vérité sur les circonstances de la mort de sa mère. En entendant cette histoire invraisemblable; Tohma secoua la tête pour montrer son refus d'accepter cette version des faits. Cependant, Nanami y mit du sien en racontant son histoire à propos de la mère de Tohma, qui concordait avec celle de Ryuichi. Mais Tohma ne l'accepta pas or ses larmes le trahissaient. Ce n'était pas une chose facile d'accepter la mort d'un proche et on cherchait souvent à le venger en tuant son meurtrier. Seguchi le savait mais il ne voulait pas y croire. Sakuma se tourna vers Nanami et lui fit ses adieux en la regardant dans ses yeux. la jeune fille devait aussi se rendre compte de cette vérité même si elle était cruelle. Ryuichi aimait Tohma depuis le début et cela expliquait beaucoup de choses notamment son visage qui s'était radouci depuis son entrée en seconde

kimi wa taiyou namida mo kawakaseru kagayaki innocence
kutsuu datte taoretatte
sono egao no tame nara daijoubu
waiting for rising sun
Ressemble à moi, à l'intérieur de mon coeur, qui est complètement rempli... l'innocence grandit en moi
Les flammes qui sont lumineuses sont en train de brûler... la fin brille comme une lueur du ciel J'attend le Soleil levant...

Ryuichi prit Tohma avec lui. mais Nanami ne le voulait pas accepter la défaite et elle alla vers eux. Ryuichi tourna doucement la tête vers elle et la secouait. Elle le regarda dans ses yeux bruns qu'elle aimait regarder et contempler son reflet. Elle lut les pensées de Ryuichi et baissa la tête pour montrer son accord. Puis quelques instants après, sous la pluie torrentielle, les deux garçons quittèrent le toit laissant la pauvre Nanami dans son chagrin d'amour. Dans son regard, elle avait lu combien il serait dangereux pour elle d'aller voir Ryuichi ou bien Tohma après ce qu'il lui était arrivé. Mais étrangement, elle n'en voulait pas à son ami d'enfance car malgré tout, il l'aimait mais n'était pas amoureux d'elle.

Goal wa gorimuchuu no konton feel
(somebody talk) dakara hashireru
tooi ga kasuka ni mieru hikari ga
(somebody talk) kimi no hohoemi

Vraiment, ou se situe la fin de ce chaos ?
Quelqu'un parle, ce n'est pas n'importe quelle réponse qu'on entend tous les jours
Vraiment, est-ce un croquis du bonheur ?
Quelqu'un parle, seulement qui vivra le verra

Tohma sortit de la salle de bains de l'appartement de Ryuichi. Il avait pris une douche pour éviter d'attraper froid avec ses vêtements mouillés. Il portait une des rares chemises de Ryuichi avec un pantalon noir. Sakuma enleva son T-shirt et essuya ses cheveux mouillés avec une serviette blanche. Avec sa serviette sur la tête, il se défit de son pantalon et chercha dans ses affaires un autre bien sec. C'était à ce moment là que Tohma entra dans sa chambre et le vit presque totalement dénudé. Ryuichi se retourna et le vit en train de rougir. Un peu gêné de le voir ainsi, il prit le premier pantalon qui était sous sa main et le mit pour enlever cette gêne occasionnelle de Seguchi. Tohma tremblait à cause de la fraîcheur et Ryuichi l'invita à se réchauffer près de lui. mais Tohma secoua la tête quand soudain il ne sentait plus ses jambes le porter. Ryuichi accourt vers lui mais en le touchant, il sentait son corps qui était brûlant. Il l'allongea sur son lit pour pouvoir mieux le soigner et pour qu'il puisse se reposer. Tohma ouvrit les yeux et essaya de se lever mais Ryuichi l'en empêcha. Mais têtu, Tohma parvenait à se mettre assis. Sakuma posa ses mains sur lui pour le faire coucher mais Tohma lui disait quelque chose qui rendit Ryuichi immobile.

Tohma: je vais bien… alors laisse-moi.

Ryuichi: tu n'iras nulle part! tu as de la fièvre et tu dois rester couché.

Tohma: qu'est-ce que je dois te dire ou faire pour te faire comprendre que je vais bien? faut-il que je te dise que je t'aime? oh…

Ryuichi: qu'est-ce que tu viens de dire?

Tohma: rien… je n'ai rein dit!

Ryuichi: tu m'as dit que tu m'aimes?

Tohma: non… j'ai dit que…je… enfin…

Ryuichi: d'accord… pour ce soir, tu dormiras ici…

Tohma: ce n'est pas la peine je vais appeler Keiya pour qu'il vienne me chercher.

Ryuichi: j'ai coupé la ligne téléphonique de la maison et puis d'ailleurs c'est moi qui ai ton portable. Alors tu n'as pas de moyens de communication pour ce soir.

Tohma: espèce de …!

Ryuichi: pas d'insultes! même je t'en donne, c'est trop vulgaire pour toi! alors dodo maintenant!

Tohma: Ryuichi… je…t'aime!

Ryuichi: pardon?

Tohma: je t'aime, Ryuichi! voilà t'es content maintenant ! ça fait plusieurs fois que j'essayais de te le dire mais à chaque fois, je n'y arriverais pas! je t'aime Ryuichi! je t'aime! depuis quelques temps, je… je ne supportais plus ton absence! je veux être près de toi parce que je t'aime!

Ryuichi: maintenant tu l'as dit! je suis heureux, oh… oui très heureux même…

Sakuma s'assoit sur son lit, à coté de Tohma. Il le regarda tendrement et toucha ses lèvres. Mais ce petit contact était trop bref qu'il recommençait mais en le faisant durer plus longtemps de quelques secondes. Le plaisir commença doucement à se réveiller et Ryuichi prit le visage de Tohma entre ses mains pour approfondir son baiser. Mais ils étaient interrompus par le bruit de la porte qui s'était ouverte brusquement. Les deux garçons regardèrent dans l'encadrement de la porte pour voir le père de Tohma effaré par le spectacle dont son fils était l'un des protagonistes. Il n'était pas seul, il était accompagné par Keiya, l'homme qui s'occupait de Tohma depuis la mort de sa mère.

Christian: qu'est-ce que ça veut dire, Tohma?

Tohma: père…

Christian: Keiya m'a appelé tout à l'heure pour me dire que tué tais en train de devenir fou. Apparemment il avait raison. Pourquoi embrassais-tu ce garçon?

Tohma: je… pardonnez-moi père…

Christian: toi, qu'est-ce que tu as fait à:mon fils? est-ce toi, le responsable de tout ce bazar?

Ryuichi: je ne vois pas où vous voyez un bazar… ah, ce désordre là, excusez-moi mais c'était difficile de trouver du ligne propre ici…

Christian: je ne te parle pas de ça? qu'as-tu fait à mon fils?

Ryuichi: pour l'instant rien.

Christian: espèce d'insolent!

Keiya: monsieur, calmez-vous! votre fils va bien, n'est-ce pas déjà une bonne nouvelle?

Christian: Tohma, viens! on rentre à la maison!

Ryuichi: quelle maison? en Angleterre ou à notre pavillon au Japon?

Christian: toi, ne te mêle pas de mes affaires! dépêche-toi, Tohma!

Ryuichi: vous ne pouvez pas l'obliger à partir!

Christian: silence!

Tohma: père, attendez!

Christian: ah, tu décides enfin à te lever. Viens on rentre à la maison!

Tohma: avec vous, je n'ai plus de maison.

Christian: pardon, tu peux répéter?

Tohma: vous avez très bien compris. Je ne retournerai pas avec vous.

Keiya: Tohma, n'oublie pas que cet homme est ton père et que tu dois lui obéir.

Tohma: peut-être mais il n'a pas à diriger ma vie. Il n'y a que vous qui souhaitez que je retourne en Angleterre, il n'y a que vous qui voulez que je devienne président de la société, il n'y a que vous qui décidez qui devrait être mes amis, il n'y a que vous qui décidez tout de ma vie et ça…. Je n'en veux plus!

Christian: ça suffit les caprices,Tohma!

Tohma: ce n'est pas un caprice mais ma décision: je veux rester ici, au japon, dans cette maison avec cet homme parce que je l'aime!

Christian: que dis-tu? un homme ne peut en aimer un autre! ce garnement a du te forcer pour que tu me dises ça. Je sais très bien que tu ne diras pas ça de ton plein gré.

Tohma: vous vous trompez père! j'ai décidé de rester avec lui, ce garnement que vous l'appelé est la personne que j'aime le plus au monde. vous pouvez faire tout ce que vous voulez mais vous ne pouvez pas m'empêcher de vivre avec lui.

Christian: hum… Keiya, on s'en va.

Keiya: mais monsieur…

Christian: si c'est cela que mon fils a décidé, qu'il en soit ainsi mais prend garde! tu veux être libéré de mon emprise mais tu ne le pourras pas puisque je suis ton père et que tu auras toujours besoin de moi, mon petit Tohma. Ne viens pas pleurer sur mes genoux quand tu te sentiras impuissant face à une situation désespérante.

Les deux hommes partirent et Tohma tomba de fatigue dans les bras de Sakuma. jamais il n'avait affronté son père avec tant de détermination. Ryuichi l'allongea dans son lit et remit la couverture pour le faire transpirer. Seguchi haletait à cause de sa fièvre et prit la main de son ami pour donner une bise comme l'inviter à dormir à ses cotés. Sakuma ne refusa rien à ce garçon qui avait pris son cœur et lui donna une bise sur son front. Quelques instants après, Ryuichi était allongé à côté de Tohma et caressa sa main douce. Ils se regardèrent et se rapprochèrent l'un de l'autre puis Ryuichi se leva un moment pour mieux voir le visage de Tohma en sueur à cause de la fièvre. A son tour, Tohma se leva et mit ses bras autour du torse de Ryuichi comme pour se rapprocher de lui et sentir le parfum de sa peau.

Ryuichi: Tohma… tu devrais t'allonger sinon la fièvre va encore augmenter.

Tohma: une minute… rien qu'une minute…

Ryuichi: tu as envie de te rendre encore plus malade.

Tohma: mais je sui déjà malade…

Ryuichi: ah?

Tohma: oui, je suis malade de toi… Ryuichi, je veux t'appartenir…

Ryuichi: pardon?

Tohma: s'il te plait… je me souviens que tu ne le feras pas tant que je ne serai pas prêt. j'ai longuement réfléchi et hésité mais aujourd'hui, je… Ryuichi, je souhaite n'appartenir qu'à toi et à personne d'autre…

Ryuichi: Tohma…

Il n'avait plus de mots pour dire combien il était heureux. Sa longue patience était enfin payée. Pour une vraie première fois, il fit preuve de tendresse pour ne pas gâcher ce moment unique dans leurs vies. Pendant ce temps, Keiya conduisit la voiture de Christian. Tel qu'il le connaissait, Christian Seguchi n'aurait pas cédé aussi facilement même à son fils. Christian était assez rancunier et orgueilleux. Il ruminait dans sa tête les paroles de son fils à son égard et rien que d'y penser, il était en colère. Keiya regarda dans son rétroviseur l'expression machiavélique de son maître et retrouva petit à petit l'homme à qui il devait son service.

Christian: Ne crois pas que je te laisserai tranquille Tohma. Tu m'as humilié devant ce garçon que tu prétends aimer. Tu ne perds rien pour attendre, mon fils. Puisque c'est comme ça, ce sera œil pour œil, dent pour dent. Profites bien ces instants de bonheur car tu peux en être sur que ce seront les derniers.


Déjà Vingt chapitres ! je suis assez contente d'arriver à ce stade là parce que je pensais ne jamais y arriver. à partir de maintenant, les caractères de chaque personnages s'affirment. je vous donne rendez-vous dans le prochain chapitre.

please, si vous avez aimé ou pas du tout n'hésitez pas à me le dire?