Titre : Vide
Disclaimer : L'univers original appartient entièrement à son auteur Masami Kurumada et les personnes de Lost Canvas sont la propriétés de Shiori Teshirogi.

Note :
Déjà le vingtième chapitre ! Nous avançons vite - trop vite peut-être ? Un chapitre un peu spécial dans sa mise en forme et dans sa lecture, j'espère qu'il vous plaira. Bonne journée à vous tous et surtout, bonne lecture.

Reviews (ici seront mises les réponses aux revieweur(e)s anonymes)

leia26 : Eh oui, malheureusement, nous ne connaissons nous-même pas encore la téléportation. Ça serait quand même super pratique, plus besoin de se dépêcher le matin, plus besoin de courir partout... Le rêve !


« Nous ne sommes plus des êtres humains. Laisse derrière toi sentiments et émotions. Ils ne seront que des failles pour ceux qui chercheront à te tuer. »

Les mots de son Maître s'étaient gravés au fer rouge dans son esprit. Un avertissement. Une menace. Le pouvoir est synonyme de concession. C'était le prix à payer. Il devait abandonner ce qu'il était pour devenir ce qu'il voulait être.

Une vie pour une vie.

Debout au milieu de la plaine sibérienne, il observait les flocons tomber sans fin sur l'étendue infiniment blanche. La pureté. Le vide. L'éternité.

C'était ce qu'il devait être. Le froid. La Glace.

Ce que rien ne peut arrêter. Ce qui ne peut être brisé et vit à jamais. Que rien ne peut atteindre. Et pour ne pas être atteint, il ne fallait rien ressentir.

Rien.

L'amitié, la peur, l'amour, les remords, l'espoir, la haine, les rêves, les illusions, la déception, la joie, la tristesse. Toutes ces choses, il devait s'en débarrasser, s'en purifier. Le Sacrifice pour cette vie qu'il avait promis de mener.

Pour lui. Pour Unity. Pour Kardia.

Il serait celui que l'on admire. Celui que l'on craint.

Celui que l'on plaint pour avoir abandonné son humanité.

Un flocon tomba dans sa main tendue vers le ciel. Il le regarda fondre lentement. Tout comme lui, il devait laisser fondre ses passions. Détruire ce qui est faible pour ne laisser que le plus fort.

Il était prêt à faire ce sacrifice.

Prêt à se condamner à une vie vide. À observer et connaître. À ne jamais rien ressentir d'autre que l'obligation de son devoir de protecteur.

Il serait Dégel du Verseau. Le magicien de l'Eau et de la Glace. L'Eau et la Glace.

Il referma son point, tuant cruellement les flocons qui s'y étaient aventurés. Le vent lui hurla quelques paroles indéchiffrables, faisant voler ses cheveux, presque longs maintenant.

Il serait comme le vent lui-même. Partout et nulle part à la fois. Indiscernable quand il le fallait, mais dont la fureur pouvait engendrer les pires catastrophes. Il devait être fort.

Pour lui. Pour Kardia.

Il tourna les talons. Il ne céderait pas. Il n'avait pas le droit de le faire. Il devait être fort. Remettre les pieds au Sanctuaire sans cette force serait vide de sens. Il n'avait pas le droit de le décevoir.

Il stoppa sa marche.

La lueur d'un cosmos attira son attention. Il leva les yeux vers la silhouette qui courait vers lui, seul être vivant dans ces étendues de mort et d'immobilité.

Une chaleur douce et familière.

Un naturel vivant et ardent.

L'incarnation même de ce qu'il se devait de rejeter.

Il ne put réprimer la chaleur qui engorgea son cœur. Ce tremblement d'anticipation et d'exaltation qui s'emparait de chaque parcelle de son corps.

Cet homme, qui faisait naître dans son sang une si grande diversité de sentiments. La peur, la joie, la colère, l'excitation, l'attente, l'angoisse, la frustration, le manque, le désir, la chaleur, l'amitié, l'effroi, le courage, l'espoir…

Il ne pouvait lutter contre la vie elle-même… n'est-ce pas ?

L'individu s'arrêta devant lui. Brillant d'une force dangereusement ardente.

Même les plus grands glaciers ne pouvaient résister face à la force étincelante de l'astre solaire.

Son Maître avait tort.

Il ne pourrait jamais être un Chevalier face à cet homme. Jamais.

Parce que sa chaleur pouvait détruire jusqu'à la moindre parcelle de ses résolutions.

Parce que pour un seul de ses sourires, il aurait renié tout ce qui construisait son être.

Parce qu'en sa présence il sentait de nouveau la vie couler dans ses veines.

Parce qu'enfant, il lui avait promis.

Pour Kardia, il redeviendrait humain.

Juste pour lui.

Il détenait la vie qu'il avait abandonnée. La clé de son existence. Sa moitié. Son équilibre.

Il n'était pas une faiblesse. Il était sa force.

« Hé ! Tu m'attendais ? »

Une étincelle au milieu de la nuit. Une flamme au cœur même de la Glace. Une rengaine.

Bravant les interdits, il se fraya un chemin entre toutes les murailles.

Un sourire. Une réponse.

« Bien sûr. »

Une promesse.