Bonjour tout le monde ! Je suis de retour pour un nouveau chapitre !

Chapitre 20

Cela faisait plus de 300 ans que sa famille était enfermée. Il savait que c'était pour sa propre sécurité mais il n'en pouvait plus. Il voulait voir le monde. Il voulait utiliser ses pouvoirs comme il l'entendait sans qu'un garde du corps regarde ses moindres faits et gestes! Jonathan roula ses yeux verts tout en passant une main furieuse dans ses longs cheveux blonds. Hormis l'incident de son grand-père, George, aucun descendant de Maëlla n'avait vécu le moindre incident. Oui, il savait pertinemment que des centaines d'êtres magiques étaient morts… Oui, il savait qu'une telle tragédie ne devait plus jamais arrivée. Mais, il n'avait aucune intention de laisser une chose pareille arriver de nouveau! Il était beaucoup plus prudent qu'un stupide gamin de 12 ans! Il savait comment prendre soin de lui-même. Il ne lui restait plus le moindre choix… Il allait s'enfuir. Un rire s'échappa de sa gorge alors qu'il se laissait porter par le vent. Il allait s'enfuir de ce maudit château et voir le monde. Le vrai monde. Il allait voir les humains… les loups… les chats… il allait tout voir! Tout goûter! Tout savourer! Plus rien ne le tiendrait plus jamais prisonnier! Il se laissa alors tomber au sol avec la grâce d'un chat, retenant fermement son ricanement exalté.

Il avait bien fait de passer toute sa vie à dire oui à tout ce que le conseil lui disait. Ainsi son plan se déroulait à merveille et il serait aussi libre que l'air dès qu'il aurait quitté ce royaume dont il était le Dieu contre sa volonté. Il voulait le marier? Quelle bonne blague! Il était hors de question qu'il engrosse une femme qu'il détestait avec passion. Quel genre de Dieu était-il s'il n'avait nullement le contrôle de sa propre destinée? Un petit cri s'échappa de sa gorge lorsqu'une main forte s'enroula autour de son bras, le faisant sursauter. Il se tourna d'un coup, les yeux plissés.

-Relâchez-moi immédiatement! Ordonna-t-il. Savez-vous qui je suis?

-Je ne pense pas qu'une seule personne dans ce royaume ignore qui vous êtes… prince.

L'inconnu sortit alors de l'ombre, ses yeux dorés étincelants d'amusement. Le cœur de Jonathan bondit dans sa poitrine alors qu'il se forçait à garder un air furieux. Il ne se laisserait certainement pas impressionné par un stupide chat aux cheveux noirs et aux yeux dorés.

-Alors relâchez-moi. répéta-t-il froidement.

-Non. Je ne pense pas que le conseil serait d'avis que vous vous enfuyiez en plein milieu de la nuit, Prince.

Jonathan s'apprêtait à protester d'avantage lorsque l'homme, avec une grâce toute féline, le souleva de terre, le portant comme s'il était une Princesse. Il n'arrivait pas à y croire… Comment une personne osait-elle le toucher de manière aussi familière?

-Comment osez-vous! N'avez-vous aucun respect?

-Je ne suis qu'un simple chat de gouttière Prince… Je ne connais pas la notion de respect.

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Il n'arrivait pas à croire que son cœur pouvait battre aussi vite pour quelqu'un d'aussi insolent. Les yeux de Jonathan fixèrent méchamment Julian qui se contentait de sourire d'amusement. Il n'arrivait pas à croire que chaque partie de son être ne souhaitait qu'une seule et unique chose… s'accoupler avec cet horrible chat de gouttière.

-Prince, si vous continuez à me regardez ainsi… vous allez me faire rougir.

-Rien ne pourrait te faire rougir. Siffla Jonathan.

À sa grande surprise, Julian se redressa d'un bond avant de s'avancer vers lui et de poser un délicat baiser sur ses lèvres. Pourquoi… Pourquoi l'avait-il embrassé? Se pouvait-il qu'il ressente les mêmes émotions que lui? Que la passion qui brûlait dans ses veines se fasse sentir dans celles de Julian? Si c'était le cas… si c'était le cas… qu'était-il sensé faire? Surtout lorsque les yeux si magnifiquement dorés de Julian le regardaient comme s'il était la seule chose qui comptait réellement dans ce monde. Pas comme s'il était Dieu. Non… comme s'il était… Un rougissement s'étendit alors sur ses joues tandis qu'il détournait timidement la tête. Si Julian ressentait réellement la même chose que lui… et bien, il ne lui restait qu'une seule chose à faire. Même si celui-ci lui donnait des envies de meurtre. Il ne s'était jamais senti aussi vivant que depuis qu'il l'avait connu. Il n'avait plus envie de s'enfuir. Il se sentait enfin vivre… Il se sentait enfin heureux…

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Il marierait Julian même si le conseil si opposait. Il n'avait qu'à regarder les regards réprobateurs des vieux sorciers du conseil pour avoir envie de leur tirer la langue. Qu'est-ce que cela pouvait bien faire qu'aucun de ses ancêtres ne se soient jamais mariés qu'avec des sorciers. Cela ne voulait pas dire qu'il ne pouvait pas. Il n'y avait aucune espèce de différence! Oui… Julian descendait d'une lignée assez peu puissante de chat… Oui, il ne faisait pas partie de l'une des premières familles de Maëlla. Mais, il s'en fichait éperdument. Il allait se marier avec Julian même si se devait être la dernière chose qu'il faisait! Et s'ils osaient s'obstiner à vouloir lui mettre des bâtons dans les roues… Il s'enfuirait au fin fond de la Terre avec Julian… Il quitterait ce royaume et le conseil n'aurait qu'à aller se faire voir! Ils ne pourraient pas le retenir. Il était beaucoup plus puissant qu'eux!

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Ses mains se posèrent avec joie sur son ventre rebondi. Il savait pertinemment que la naissance allait être difficile puisqu'il risquait de perdre la moitié de ses pouvoirs, si l'enfant était assez gentil pour n'en prendre que la moitié bien évidemment. Mais, cela en valait le coup. De toute façon, il n'avait pas besoin de ses pouvoirs. Pas quand les mains de Julian se promenaient gentiment dans ses cheveux et que leur enfant allait être le plus beau bébé du monde. Il l'aimait tellement alors qu'il ne le connaissait même pas encore…

-Je t'aime mon bébé… Murmura-t-il.

-Je ne pense pas qu'il t'entende encore. Répliqua narquoisement Julian.

-Bien sur qu'il m'entend.

Son bébé l'entendait. Après tout, il avait entendu sa propre mère et s'en rappelait si clairement… Le son d'une voix juvénile et fraîche… son bébé l'entendait, il en était convaincu.

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-Poussez Prince! Poussez!

Il pouvait sentir son bébé sortir de lui… aspirant sa magie et ne lui laissant aucune force. Il avait si mal. La mort semblait presque la bienvenue devant tant de souffrance. Il n'avait plus de force… pourquoi n'avait-il plus de force? Pourquoi n'arrivait-il plus à respirer?

-Il arrive Prince!

Il arrivait… son bébé arrivait… et son cœur battait de plus en plus lentement… Il n'arrivait plus à respirer…

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-Est-ce qu'ils meurent tous après avoir donné naissance? Demanda d'une voix blanche Drago.

-Non. Certains ont vécus durant des centaines d'années. Il suffit de bien savoir gérer sa magie.

-Alors pourquoi tous ceux que tu me montres sont morts?

Les yeux bleus se fixèrent froidement sur lui, lui donnant l'envie folle de se recroqueviller sur lui-même.

-Tu veux savoir pourquoi ta destinée est devenue ce qu'elle est. Répondit laconiquement la petite fille. Je ne fais que répondre à ta question.

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Janis ne cessait de vomir. Il essayait pourtant désespérément de cesser de vomir mais, il n'y arrivait pas. Sa mère était morte pour lui… Jonathan Malfoy était mort pour lui… Il ne pouvait pas se permettre d'être aussi malade alors que sa mère lui avait donné toute sa magie. Et pourtant… Une servante lui caressa tendrement les cheveux alors que la bile sortait de sa bouche. Il avait toujours été malade… Il ne cessait de faire de la fièvre… il ne pouvait que sentir l'inévitable même s'il faisait tout pour l'éviter. Le royaume de ses ancêtres ne s'était jamais trouvé aussi mal… Même après l'imprudence de George, il n'y avait pas eu autant de mort. Chaque année… Il pouvait sentir les habitants de son royaume mourir. Parce qu'il n'était pas normal. Il ignorait complètement ce qui n'allait pas avec lui… Mais, la magie sacrée n'était pas en lui… Il était malade… toujours tellement malade… il n'en pouvait plus…

-Prince.

Il leva péniblement son regard vers Grégoire Lakewood du conseil. Il détestait le conseil. Tous ses ancêtres détestaient le conseil de toute façon. Le vieil homme s'approcha alors de lui, faisant un signe sec de la main à sa servante qui s'en alla prestement. Janis essaya vainement de se redresser tout en essuyant péniblement la sueur qui lui dégringolait sur le visage.

-Prince, il ne vous reste pas beaucoup de temps à vivre.

-Je survivrais. Souffla Janis.

-Non. parce que vous êtes ce que vous êtes, vous ne survivrez pas. Nous avons parfaitement compris maintenant. Mais, il reste un moyen de sauver ce monde… Il faut que vous fassiez un enfant.

Un enfant? Cela signifiait sa mort assurément. Mais, il allait mourir peu importe ce qu'il faisait… et si un moyen de sauver son peuple était de mourir ainsi… Il n'y pouvait rien. Il hocha alors faiblement la tête. Il n'avait pas d'autre choix que de se sacrifier pour le royaume. Il l'aimait. Il l'aimait plus que tout au monde. Il pouvait sentir en lui ce lien viscéral qui le liait à chacun des habitants du monde magique. Comme tous ses ancêtres, il aimait les êtres magiques comme ses enfants. Il ne pouvait pas leur faire de mal… il ne pouvait qu'essayer de les sauver… Même si sa mort en était le prix.

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Drago baissa tristement la tête en devinant bien trop aisément le destin de Janis. Il était mort pour ce monde. Il était mort pour le sauver. Mais, cela n'expliquait pas tout… cela n'expliquait pas les menottes… cela n'expliquait pas les viols… cela n'expliquait pas pourquoi les mots de Voldemort ne cessaient de résonner à ses oreilles ni pourquoi le monde magique était maintenant divisé. Et cela n'expliquait pas pourquoi Grindelwald avait décidé de tuer tous les êtres magiques. Si cet amour était inné en eux… Pourquoi avait-il réagi de cette manière? Et si Maëlla avait créé cet univers pour elle… pour ne plus jamais être seule… pourquoi ne s'était-il jamais sentit aussi seul et démuni de toute sa vie. Pourquoi… Pourquoi sa mère s'était-elle suicidée?

-Vous devez me montrer le reste de l'histoire. Déclara lentement Drago.

-Si tu continues à regarder… Tu n'auras que de la souffrance.

La souffrance? Il était habitué à la souffrance non? Que pouvait-il bien avoir de pire que de savoir qu'il allait se faire violer? À oui… savoir le pourquoi de son viol futur était peut-être encore pire. Mais, il ne pouvait plus continuer ainsi. Il ne pouvait plus ne pas savoir la vérité… vivre dans le noir alors que tout le monde autour de lui savait pertinemment ce qui était entrain de se passer. Non… il ne pouvait plus vivre dans le noir.

-Montre-moi.

À suivre…