NdA : Comment ça je n'ai rien posté depuis presque un mois ?... Non, je vois pas de quoi vous voulez parler... Bon, ok, c'est ma faute. Mais c'est aussi parce que les méchants partiels ils m'embêtaient. Mais ils sont finis. D'ailleurs, bon courage à tous ceux et celles qui ont encore des épreuves ! Vous pouvez le faire ! Du coup un chapitre vous est offert. Pour vous encourager. Mais après vous retournez bosser.
Ah, et rappel sans doute inutile, mais à l'exception de certains personnages et de l'intrigue, l'univers de Harry Potter ne m'appartient toujours pas.
Le lendemain matin, comme Félicia l'avait affirmé à Sean quand il était venu la voir à l'infirmerie, la jeune fille retourna en cours comme s'il ne s'était rien passé. Quelques élèves lui demandèrent comment elle se sentait, d'autres la félicitèrent, pensant que c'était grâce à elle que l'exploit de Rogue donnant des points à Gryffondor avait été réalisé, quoi qu'elle le nia toujours, redonnant ce mérite à Sean. Sean, d'ailleurs, rougissait à chaque fois qu'on évoquait son exploit. Les Serpentard essayèrent un jour de se venger d'elle lors d'une embuscade, avec plusieurs élèves de quatrième et cinquième année, mais ils perdirent encore plus de points en se faisant surprendre par le professeur Flitwick, qui les prévint que les prochains à s'en prendre à elle – ou à qui que ce soit d'autre – auraient des heures de colle, si ce n'est pas un renvoi total de l'établissement de sorcellerie. Rogue, néanmoins, à leur première heure de cours de potion, affecta de ne rien se souvenir, même au retour de Craig. Au bout de deux semaines remplies d'insultes et de bombabouses sur son chemin, tout finit enfin par se calmer. Sean n'était pas revenu lui parler, elle n'était pas allé le voir pour obtenir sa réponse.
Félicia reprit alors son programme hebdomadaire mélangeant cours, entraînements de Quidditch, et entraînements plus personnels... Ces derniers étaient sans doute ceux qui avançaient le plus vite, depuis que Félicia avait trouvé dans la Salle sur Demande un miroir capable de lui montrer ce qu'elle craignait le plus. Elle s'était dit, en effet, que si elle ne parvenait pas à trouver un souvenir suffisamment joyeux pour invoquer son Patronus, il lui fallait apprendre à maîtriser ses peurs, celles qu'elle faisait semblant de ne pas avoir. La jeune Gryffondor avait été très surprise, et choquée, lors de la première utilisation de ce miroir, de voir ses camarades par terre, ensanglantés, les visages déformés par la peur... morts, la laissant seule, avec le sentiment d'échec de n'avoir pu les protéger.
Sean, quand il avait expliqué à Charlie qu'il pensait que Félicia essayait simplement de les défendre comme elle le pouvait, ne se trompait pas. Si ce n'est qu'elle le faisait parce qu'elle avait peur de ce qui pourrait leur arriver si elle restait amie avec eux tous. La jeune fille n'avait tout d'abord pas compris que ce miroir montrait les peurs les plus profondes de chacun, et, pensant que ce miroir montrait l'avenir, elle s'effondra et pleura toutes les larmes de son corps. Quand elle était revenue à elle, refusant de croire que son futur et celui des autres étaient déjà tracés, elle avait trouvé un extrait d'un livre parlant de ce même miroir, qui s'appelait le miroir de Diarfa. Afraid, pouvait on lire à l'envers. Effrayé. Félicia comprit alors qu'il ne montrait non pas la futur, mais les peurs de chacun. Elle lut également qu'il existait un second miroir, son antithèse complète, le miroir d'Erised, qui, lui, montrait le plus grand désir de chacun. La jeune fille se demanda bien ce que ce miroir lui montrerait, si elle avait l'occasion de se tenir devant... Que désirait-elle le plus ? Elle ne trouva jamais la réponse à cette question.
Sa détermination lui permis, finalement, de concrétiser son projet, et la jeune fille, lors d'une de ses séances d'entraînement, vit sortir de sa baguette non pas une brume blanchâtre comme les précédentes fois, mais bel et bien un Patronus, avec une forme bien précise, qu'elle reconnut au première coup d'oeil. Comme son Animagus, son Patronus avait pris la forme d'un Vivet Doré, toujours aussi vif et lumineux. Ce succès donna à la jeune fille un sentiment de réussite et de satisfaction qu'elle n'avait plus ressenti depuis longtemps.
Félicia continua toutefois à s'entraîner à cela, à se transformer, à l'occlumancie, toutes ces choses enfin qu'elle savait capitales pour pouvoir défendre efficacement ses camarades et elle-même dans une multitude de situations, à commencer par celles qui contenaient Joshua, et qui étaient incontestablement les plus nombreuses, immédiates et menaçantes. Ses résultats s'amélioraient, sans aucun doute, même s'il lui fallait du temps pour des progrès significatifs. Elle savait cependant qu'il lui faudrait apprendre bien plus si elle voulait avoir une chance de vaincre Joshua, ou tout au moins survivre jusqu'à ce qu'arrivent des renforts.
Cette période fut aussi celle où Félicia eut l'occasion de créer un sort qu'elle estimait parfait, bien qu'il puisse se révéler très dangereux. Il s'agissait du sortilège de Firerain, qui créait ce qui ressemblait à une pluie de feu. Et ces boules de feu étaient tout ce qu'il y a de plus réel, et pouvaient causer de très gros dégâts, voire débuter des incendies si les circonstances nécessaires étaient réunies. Ainsi, pour éviter cette dernière conséquence, Félicia inventa également le Windagua, qui envoyait une rafale d'eau. Celle-ci, si elle fut d'abord créée pour prévenir un incendie de dévaster une maison, pouvait être tellement puissante que la jeune fille finit par la considérer comme une attaque à part entière. La Salle sur Demande réchappa de peu à ces deux sorts, et Félicia décida de ne plus les essayer à Poudlard, à moins qu'elle n'ait pas d'autre moyen.
La plupart des cours qu'elle suivait avec le reste de sa classe, pendant ces mêmes semaines, traitaient des sujets qu'elle connaissait déjà, pour la plupart, pour les avoir croisés dans ses nombreuses lectures, et comme Félicia possédait une excellente mémoire, cela lui permit de ne pas être aussi assidue en cours, tout en conservant d'excellents résultats. La jeune Gryffondor tachait toutefois de ne pas paraître trop à l'aise, afin de conserver l'illusion qu'elle avait le même niveau que le reste de sa classe. Seule la classe de métamorphose se révélait vraiment instructive, puisque le cours de McGonagall permettait à la jeune fille de contrôler de mieux en mieux sa magie et la force qu'elle insufflait dans ses travaux.
A la fin du mois eut lieu un nouveau match de Quidditch, opposant l'équipe de Gryffondor à celle de Poufsouffle. Le temps était exécrable : pluie glacée et vent, mais malgré cela, le match ne dura pas longtemps, à peine une grosse demi-heure avant que Charlie ne donne la victoire aux Gryffondor en se saisissant du Vif.
Pourtant, au lendemain de ce match, alors que toute l'équipe se réunissait, leur capitaine, Peter, ne semblait pas très content.
« On a beau avoir gagné hier, y a pas vraiment de quoi se réjouir, l'équipe de Poufsouffle ne compte pas beaucoup de bons joueurs. Sans compter qu'on a eu de la chance avec le Vif. Ce ne sera pas la même chose pour notre dernier match, contre l'équipe de Serpentard ! On ne peut PAS perdre contre eux, c'est hors de question ! Ils en seraient trop contents, puisque cela leur ferait gagner la coupe...
- On sait, mais que veux-tu qu'on fasse de plus pour les vaincre ?
- L'équipe de Serpentard possède les meilleurs balais actuels, dernière génération... Ils volent donc plus vite que nous, statistiquement... Mais...
- Mais ?
- Mais j'ai appris qu'on peut rééquilibrer la vitesse en volant... euh... debout. En plus, ça apporte d'autres avantages !
- « Debout » comme dans... « debout » ?
- « Debout » comme dans « debout », oui. Sur le balai. Mais on peut le faire, j'en suis sûr ! Ça doit pas être si compliqué que ça après tout...
- Mais même les équipes nationales ne le font pas !
- Parce qu'ils ont de bien meilleurs balais que nous ! Et ils s'entraînent d'avantage sur les techniques et stratégies...
- Tu crois vraiment qu'on peut le faire ?
- Bien sûr ! Et on va commencer aujourd'hui ! D'ailleurs, Jorune doit venir nous aider, exceptionnellement. »
En effet, quelques minutes plus tard, Jorune arriva. L'équipe se sépara en deux groupes. Charlie, Sean et Félicia se retrouvaient avec Jorune, tandis que les trois poursuivants passaient la séance avec Peter. Ils commencèrent tout d'abord par s'entraîner à se tenir debout sur le balai, sans voler. Sean et Félicia y arrivèrent assez rapidement, mais Charlie eut beaucoup plus de mal à tenir en équilibre. Jorune les fit ensuite voler un peu, en restant près du sol pour éviter qu'ils ne se blessent. À cela, Charlie y arriva beaucoup plus rapidement que ses deux amis, qui tombèrent tellement de fois que, une fois le soir venu, ils étaient couverts de bleus et, une fois sur leurs lits, n'en bougèrent plus jusqu'au lendemain matin. Après une dizaine de chutes, Jorune avait fini par métamorphoser l'herbe en matelas de mousse.
À chaque séance d'entraînement, les membres de l'équipe volaient un peu plus haut, un peu plus vite, en étant un peu plus à l'aise. Dés leur second entraînement, Peter avait décidé de rajouter à ses coéquipiers leurs tâches habituelles dans l'équipe. Ainsi les trois poursuivants se faisaient des passes, de plus en plus lointaines, et aidaient Peter à s'entraîner aussi en tant que gardien. Charlie, lui, essayait d'atteindre la balle ensorcelée, tandis que Sean et Félicia tâchaient de renvoyer les cognards à l'autre bout du terrain. Ils étaient sans doute ceux qui avaient le plus de mal, puisque la force qu'ils mettaient dans leurs coups les déséquilibraient régulièrement.
Pourtant, au bout d'un mois et demi, l'équipe atteignit son but : ils avaient gagné de la vitesse, voire des réflexes, et à coup sûr cela leur permettait de réagir plus rapidement, et de cette façon, ils espéraient que cela parviendrait, en plus, à perturber l'équipe adverse, ne serait-ce que quelques minutes. Ils profitèrent ainsi des deux dernières semaines précédents le match pour s'entraîner en équipe complète, et non plus par petits groupes. Le résultat les réjouit tellement que, la veille du match, l'équipe était presque complètement relaxée. À part Félicia, évidemment, qui craignait toujours que son père ne fasse quelque chose... Mais elle se rassura, en se disant que les détraqueurs ne laisseraient personne passer.
L'équipe de Serpentard, les voyant aussi à l'aise dans la Grande Salle, cette même veille, se doutèrent que leurs adversaires avaient prévus quelque chose, mais même Craig, envoyé pour sortir la vérité de Félicia ou de Craig en les énervant, ne parvint à leur extorquer autre chose qu'un sourire narquois. L'équipe de Serpentard se rassura donc en vantant, à voix haute, les qualités de leurs balais, dans l'espoir d'énerver l'équipe adverse, mais ils n'obtinrent rien d'autre que des sourires moqueurs, et les rires résonnaient à la table des lions. Cette attitude, d'ailleurs, changea tous les pronostics que Poudlard avait, sur le match à venir, et tous, professeurs compris, se demandèrent avec curiosité ce que l'équipe de Gryffondor avait prévu pour être aussi assurés... L'exploit n'était pas d'avoir réussi à voler en restant debout, mais bien d'avoir pu garder le secret : personne à Poudlard ne connaissait leur plan.
