Merci pour vos reviews mesdemoiselles !
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19 – Laura n'était pas certaine d'avoir bien compris ce qui s'était passé près du balcon, mais le Colonel Sheppard et le docteur Weir étaient manifestement un peu choqués.
Elle secoua la tête. L'amour, toujours l'amour … l'amour perdu, l'amour impossible, c'est toujours la même histoire, n'est-ce pas ? Bon, pour elle les choses étaient plus simples parce que l'amour n'était pas perdu mais bien au chaud dans sa petite infirmerie blanchounette et pas impossible du tout comme le prouvait les trois dernièrs mois. Brefffff, l'amour c'était pas toujours facile … enfin, pour les autres, parce que pour elle vraiment, ça allait suuuuuper bien !
« Lieutenant ? »
Euh oui, c'était elle. Un peu de concentration ma fille.
« Oui, c'est par ici. Ah, voilà … »
Ils entrèrent tous les trois dans la petite pièce dans laquelle les attendait leur invité surprise. John fut le premier à réagir.
« Octavis ? »
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Servilniya attendait debout près du banc, les bras croisés sur la poitrine. Les deux Béhémoths poussèrent Rodney – pas très gentiment d'ailleurs – vers la jeune femme.
« Franchement, est-ce que vous … Ouch ! »
Rodney ne finit pas sa phrase. Servilniya le frappa en plein visage. Une des bagues qu'elle portait le griffa et il porta sa main à sa joue.
« CA SUFFIT ! Je n'accepterais pas davantage d'impertinence … assieds toi. »
Rodney serra la mâchoire et s'exécuta. Restez en vie, attendre que votre équipe vienne vous chercher, voici votre tâche principale … La voix de Sam l'aida à se calmer.
« Ouvre la bouche. »
« Pardon ? »
Le regard noir de Servilniya et la présence un peu trop proche des deux gardes le poussèrent à obéir. Il ouvrit donc la bouche et faillit s'étrangler avec les fruits que Servilniya y enfourna. Il s'obligea à mâcher et à avaler. Servilniya avait l'air satisfaite. Que demandait le peuple, hein ?
La séance de « nourrissons le portator » dura encore quelques minutes jusqu'à ce que visiblement Servilniya se lasse. Bien, il allait peut-être pouvoir retourner dans ses quartiers maintenant … Ou peut-être pas.
Servilniya lui souriait et ça, ce n'était pas bon signe, pas bon signe du tout.
Servilniya se leva et ôta sa cape.
Et ce que vit Rodney le laissa sans voix.
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John se demandait ce que faisait l'époux de la Reya dans leurs quartiers.
« Colonel, vous pourriez peut-être nous présenter ? »
John se tourna vers Elisabeth.
« Oh, oui, bien sûr … Voici Octavis, l'époux de la Reya, Octavis, voici le docteur Elisabeth Weir, le leader de notre expédition et une amie. »
Octavis offrit un sourire timide à Elisabeth, hésita un moment puis tendit la main vers elle. Elisabeth lui serra la main et le geste sembla détendre le jeune homme. Il hocha la tête et se tourna vers John.
« Je suis venu pour vous offrir mon aide. »
John agrippa immédiatement Octavis et le secoua brutalement.
« Vous savez où il est ? Dites nous immédia-… »
« Colonel ! Ca suffit, lâchez le » mais John ne semblait pas comprendre ce que lui disait Elisabeth, ses mains serraient toujours les bras d'Octavis.
« Colonel … »
Le ton d'Elisabeth finit par convaincre John qui relâcha Octavis. Ce dernier avait à peine réagi à la violence de Sheppard, fait en soit hautement perturbant. Elisabeth se demandait si tous les hommes sur cette planète s'attendaient à être traités de la sorte, peut-être que oui … l'idée la fit frissonner, car si c'était le cas, alors il fallait qu'ils récupèrent Rodney, et vite.
« Octavis, votre aide nous serait extrêmement précieuse mais … » Elisabeth ne voulait pas que le myrtrien fasse les frais de ce choix. La Reya n'avait pas l'air aussi cruelle que cette Soraya mais elle considérait néanmoins cet acte comme de la trahison. Qui sait comment elle réagirait, surtout pour ne pas perdre toute crédibilité face aux autres clans ?
Octavis sourit à Elisabeth. Un sourire vrai cette fois, presque … oui, presque ironique. Curieux pour une faible petite chose ou une victime, non ?
« Docteur Weir, je suis un homme mais, et bien, disons, que ce n'est pas pour cela que je suis faible et sans défense. »
Aha, donc, elle avait raison il y avait plus à voir en Octavis que ce que l'œil laissait paraître …
« Je fais partie d'un mouvement qui défend les droits des Hommes et prône l'égalité de traitement entre les femmes et les hommes. Il en était ainsi autrefois, il en est ainsi sur d'autres planètes comme la votre. Ce qui se passe ici … » Il secoua tristement la tête. « … n'est pas normal. Et si les wraith sont réveillés, ne devrions nous pas tous nous battre contre eux, hommes et femmes ensembles, côte à côte ? »
Elisabeth connaissait ce ton, elle avait eu le même autrefois, à la fac ou à la tribune de l'ONU, lorsqu'elle défendait les droits des opprimés, de ceux que l'on assassine en masse sans bouger le petit doigt.
« Nous allons vous aider à sauver votre ami. »
John fixait Octavis, son regard froid et suspicieux.
« En échange de quoi ? »
Octavis fronça les sourcils.
« Nous ne demandons rien en échange. Notre mouvement est jeune mais le moment est venu pour nous d'agir au grand jour et … »
John termina sa phrase.
« … et libérer Rodney sera un superbe coup d'éclat, c'est ça ! »
Octavis soupira.
« Oui. Soraya et sa fille sont des …. » Il s'arrêta, et se mordit la lèvre, comme s'il ne savait pas quoi dire pour ne pas choquer ou effrayer les terriens qui l'écoutaient, leur inquiétude peinte sur leurs visages. « Leur famille est ancienne, respectée, mais ce sont des êtres terribles, des beautés inhumaines … » Octavis planta son regard dans celui de Sheppard. « Et donc oui, cette action, soutenue par vos troupes est une superbe opportunité pour nous mais sauver un de mes frères est et restera toujours mon objectif principal. »
John ne dit rien et hocha juste la tête. Elisabeth interrogea Octavis.
« Vous savez donc où il est, mais vous avez aussi certainement déjà une idée sur la manière de procéder, sinon, vous ne seriez pas venu nous voir maintenant, je me trompe ? »
« Vous avez raison, nous avons de la chance. »
John laissa échapper un ricanement à cette annonce. Elisabeth le foudroya du regard.
« Que voulez vous dire par là ? »
Octavis sourit, une fois encore, c'était le petit sourire malicieux. Intelligent.
« Nous avons quelqu'un à nous à l'intérieur … »
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Rodney ne parvenait pas à détacher ses yeux de Servilniya. Plus exactement de son ventre. Un petit ventre rebondit. Le ventre d'une femme enceinte.
De plusieurs mois.
C'est le rire de la myrtrienne qui le fit revenir à la réalité.
« Alors, surpris ? Ne t'avais-je pas dis que l'implantation avait été une totale réussite ? Vous autres Terriens, vous croyez que les peuples de Pégase sont tous de pauvres incultes, juste bon à vous fournir en provisions alimentaires …» Elle posa sa main sur la joue de Rodney qui frissonna. « Et en papier. Il ne vous vient jamais à l'idée que les autres civilisations peuvent aussi et bien, ne pas en être toute restées aux âges anciens. » Ses caresses se firent plus intimes, sa main descendit dans le cou de Rodney puis s'infiltra sous sa robe. Rodney restait silencieux, encore sous le choc. « Nous avons presque tout perdu mais certaines techniques ont été sauvegardées, comme celle de l'Implantation. »
Rodney ne comprenait pas. L'insémination était une technique connue sur Terre depuis le début des années 1970 mais en aucun cas elle ne permettait d'augmenter le taux de croissance du fœtus, c'était tout simplement impossible.
« Impossible ? »
Rodney leva les yeux vers Servilniya. Il avait du parler tout haut.
« Non, ce n'est pas impossible. » Servilniya caressait la peau recouvrant les omoplates de Rodney d'une main et son propre ventre de l'autre. « L'Implantation n'est pas de la magie, juste notre héritage, un héritage précieux lorsque toute une génération peut être annihilée par le passage des wraith. Nos ancêtres n'ont pas trouvé le moyen de vaincre ces formidables ennemis mais on paré aux conséquences de leur passage en nous donnant le contrôle total des naissances. Le sexe de l'enfant, sa date de naissance. Et c'est là que nous pouvons nous aussi avoir besoin des terriens … »
Là, Rodney releva la tête. De quoi parlait Servilniya ?
« Notre sang s'appauvrit. Les hommes ressemblent de plus en plus à Lyokomis. Des larves sans cervelles. Ma fille méritait mieux, elle mérite ce qu'il y a de mieux et les terriens sont connus pour leur ingéniosité, certains plus que d'autres … vous êtes connu Docteur McKay, très connu … »
Rodney cligna des yeux et ouvrit la bouche quoiqu'aucun son n'en sortit. C'était la première fois que Servilniya l'appelait par son nom. En fait, c'était la première fois qu'elle l'identifiait comme un individu à part entière.
« Oui, celui qui a dompté les merveilles d'Atlantis, repoussé les assauts des Geniis … »
Rodney pâlit. Que savaient ces femmes sur lui, sur Atlantis ?
« … celui que je devais avoir, celui qui méritait de porter ma descendance. Mon Portator. »
Servilniya lui sourit et se pencha vers lui. Elle déposa un baiser sur les lèvres de Rodney qui frissonna. Il avait l'impression que son toucher était froid, mortel.
« … et tu t'acquittes merveilleusement bien de cette mission. »
Avant qu'il n'ait eu le temps de réagir, Servilniya déchira la veste de Rodney et planta brutalement sa main contre sa poitrine désormais découverte.
Rodney poussa un hurlement de douleur.
A suivre … (bon, maintenant vous en savez un peu plus, non ?)
