Hello !

Voici voilà un chapitre, surement le plus court depuis le début de la fic !

Kelpigue : Salut à toi ! Merci pour ta review, je suis contente que le couple Roman-Lucretia te plaise, j'avais besoin d'écrire sur d'autres personnages que Tom et Rosaline et leur donner une autre dimension ! A bientôt ;)

SweetDream-chan : Hey! Merci pour ta review! J'espérais t'amadouer sur Rob avec son pdv mais rien n'y fait haha ! Bisous !

Hannah : Hello et merci pour ta review ! Haha le pdv de Rob ne t'a pas fait changé d'avis non plus je vois ! Bisous !

Moony


A Dance of Ice and Fire - Partie I


20. Lunaire

21 Mars 1944

- Tom -

C'était un soir d'équinoxe de printemps et pourtant, le froid était encore saisissant. Comme si ni l'été, ni le printemps, ne voulaient plus revenir et les laissaient pourrir au froid d'hiver. Une vapeur blanche s'échappait de ses lèvres au rythme de sa respiration. La neige avait disparu, elle avait laissé sa place à la pluie et à la boue. Autour de lui, les arbres du parc étaient baignés dans la lumière lunaire, leurs branches encore nues frémissant au gré du vent. Dans le ciel, la lune, ronde et dorée et belle comme à chaque pleine lune, créait un halo rassurant autour d'elle, chassant les épais nuages qui la draguaient. Tom sortit les mains de ses poches, les frotta l'une contre l'autre, souffla au creux de ses paumes, puis les renfonça dans le tissus noir de sa cape d'hiver. Le col de velours lui chatouillait la nuque. D'après la position de l'astre de nuit, cela faisait quinze minutes qu'il attendait, au pied des escaliers, devant le porche de Poudlard. Ce furent les claquements des chaussures de cuir contre la pierre qui le tirèrent de ses pensées. Elle était emmitouflée dans sa cape, elle aussi, portant fièrement sa broche de lionne au col. Il savait qu'en dessous de la couche de velours épais, ses bas de cotons frôlaient à peine sa jupe plissée, laissant quelques centimètres de peau nue à la merci du froid. Ses cheveux roux étaient ramenés en une natte épaisse, sur un côté de son visage. Le genre de coiffure bannie de la haute société, qui est davantage l'apanage des paysannes ou qu'on réserve au sommeil. Elle arborait un petit sourire fier.

"- Bonsoir Mr Riddle." Le salua-t-elle en le rejoignant. Il lui répondit sur le même ton et marqua son respect par un léger signe de la tête. "Je propose une ronde brève, ce soir, près de l'orée de la forêt. Il fait froid et je suis attendue par mes amies, ensuite."

"- Des réunions tardives ? Ne me dîtes pas que vous mijotez une rébellion, Miss Mesnaud ! " Railla-t-il. Elle éclata de rire.

"- Seulement quelques verres d'alcool entre filles." Répondit-elle.

Ils partirent ensemble vers les bois. Le sol était sec, pour l'instant. Il fallait marcher environ deux cents mètres pour atteindre la Forêt Interdite. Avant cela, il fallait parcourir le Parc. L'été, le Parc était l'endroit le plus plaisant de Poudlard. En hiver, on y était complètement à découvert, en proie au vent, à la pluie, et aux longs silences gênants. Autrefois, les silences ne gênaient pas Tom. Il ne les remarquait même pas. Mesnaud faisait sa ronde, et lui la sienne. Ils étaient à côté, mais sans se voir, sans se toucher. Il profitait de ces longues ballades nocturnes pour réfléchir à ses plans futurs, pour mettre en place des stratégies, pour peaufiner la meilleure manière d'arriver à ses fins. Lorsque le tour du Parc était fait, chacun repartait de son côté sans un mot, et ils se revoyaient sept jours plus tard. Mais tout cela, c'était avant. Avant qu'il ne se complique la vie. Avant qu'elle ne lui complique la vie. Maintenant, il supportait mal la proximité avec elle. Chaque Samedi, quelques heures avant leur rendez-vous, sa gorge se serrait et il devenait irritable. Quelle idée stupide il avait eu lorsqu'il avait proposé ces rondes ! Dumbledore le lui avait bien fait comprendre, et il avait eu raison.

Il avait ses techniques, pour supporter la présence de Mesnaud : ne pas regarder son visage. Ne pas regarder son corps. N'imaginer ni l'un, ni l'autre. Ignorer son existence, et s'enfermer dans sa bulle. Mais elle n'était pas de cet avis. Partout où il allait, où il regardait, toutes les odeurs qu'il sentait : c'était comme si elle était partout en même temps, prête à lui rappeler son existence. Les Samedi soirs, toute cette théorie était bien difficile à mettre en pratique. Tom savait que la meilleure façon de se défaire de l'emprise de Mesnaud était de l'ignorer, et il se le répétait plusieurs fois avant de la rejoindre, comme un mantra. Une fois qu'elle le rejoignait et qu'ils marchaient ensemble, il ne voulait plus que deux choses : lui parler et la toucher. Lui parler, la toucher, la toucher, lui parler. Ses pensées n'étaient faites que de ça et il avait un mal fou à imposer le silence et le calme dans son propre esprit.

« - Qu'est-ce que c'est ? » Demanda-t-elle tout à coup, le sortant de ses pensées. Elle était tournée vers l'orée de la forêt, baguette à la main et parfaitement immobile, ce qui lui donnait l'air d'une chienne de chasse à l'arrêt. Tom suivit son regard et comprit ce qui avait attiré son attention : dans un ensemble de buissons, au pied des chênes qui marquaient l'entrée de la forêt, quelque chose bougeait. Ce pouvait être n'importe quoi : deux élèves aventuriers, une licorne en train de mettre bas, un centaure audacieux... Ou bien l'acromentule de cet imbécile d'Hagrid... A cette pensée, un frisson secoua la nuque de Tom, et il sortit sa baguette à son tour. Leurs rondes nocturnes allaient-elles enfin porter leurs fruits ? Tom secoua sa baguette pour en faire sortir quelques étoiles vertes, et les lança vers le buisson. Celui s'agita de plus belle et alors, un énorme rat en sortit pour courir se cacher dans la forêt. Un misérable rat... Tom se détendit et rangea sa baguette. Rosaline avait fait de même, sûrement honteuse de l'avoir alerté pour rien. En passant à côté d'elle, il lui donna un petit coup d'épaule faussement accidentel. « - Connard. »

« - Je te demande pardon ? Tu sais bien que je ne parle pas français. »

« - Connard. » Répéta-t-elle, en anglais cette fois. Surpris par la traduction, Tom ne put retenir un ricanement.

« - Voilà un mot qui n'a pas sa place dans la bouche d'une dame, Miss Mesnaud. » Taquina-t-il. Elle haussa les épaules. « Quand as-tu quitté la France ? » Demanda-t-il. Ce n'était pas bien : il ne devait pas lui parler, ni la regarder, ni sentir son odeur. Encore une fois, elle lui faisait perdre le contrôle et il détestait ça.

« - Je suis arrivée ici quand j'avais dix ans. » Répondit-elle.

« - Pourquoi êtes-vous partis ? » Continua-t-il malgré tout. Rosaline arrêta de marcher et le fixa en fronçant les sourcils.

« - Pourquoi toutes ces questions, Riddle ? » Demanda-t-elle sèchement. Il haussa les épaules à son tour.

« - Tu as beaucoup d'informations, sur moi. Il est temps de donner le change. » Répondit-il sur le même ton.

« - Le Serment Inviolable ne te suffit plus ? » Ironisa-t-elle avant de reprendre sa marche. Le silence s'étira quelques secondes, puis elle reprit : « Mon père était un médicomage reconnut à Paris. Il est mort d'une attaque cardiaque quand j'avais neuf ans. Quelques mois plus tard, ma mère a...rencontré quelqu'un... un anglais. C'est pour cette raison que nous avons tout quitté pour venir ici. »

« - Et cet homme, tu ne l'aimes pas beaucoup. » Devina Tom.

« - Non. »

« - Pourquoi ? »

« - Ca ne te regarde pas, Riddle. » Coupa-t-elle.

« - Venant d'une curieuse comme toi, je ne peux pas retenir cette objection. Pourquoi ne l'aimes-tu pas ? Il t'a fait du mal ? » A cette idée, Tom sentit son estomac se tordre. Elle soupira ouvertement pour montrer son agacement.

« - Oui. Non. C'est plus compliqué que ça. C'est un pervers et je ne lui fais pas confiance, mais il ne m'a jamais rien fait. Ce n'est pas ça le problème. »

« - Alors quel est le problème ? » Instita-t-il. Sans arrêter de marcher, ils échangèrent un regard. Derrière Rosaline, la serre reflétait la lumière lunaire et faisait comme une aura autour de sa chevelure tressée.

« - A part ma mère, mes soeurs et moi, personne n'est au courant. Personne. » Répéta-t-elle en le fixant. Le coeur de Tom accéléra. « C'est un Moldu. Il est au courant de l'existence de notre monde et ils vont bientôt se marier, avec ma mère. Je ne peux pas tolérer ce mariage, cela va ruiner mes chances de réussir. Je le déteste. Je le hais et je hais l'idée d'avoir un Moldu dans ma famille. J'ai envie de le tuer. » Elle avait terminé sa phrase dans un souffle, mais il avait parfaitement compris ce qu'elle avait dit.

« - Mon père était un Moldu. » Balança-t-il alors, sans refléchir. Tout vrais qu'ils soient, ces mots n'avaient jamais franchit le seuil de sa bouche. Ils avaient arrêté de bouger, et Rosaline se tourna vers lui brusquement, l'air horrifié.

« - Tom je suis déso... »

« - Je l'ai tué. » La coupa-t-il. Il était incapable de reprendre ses esprits, comme lorsqu'ils avaient dormi ensemble à l'auberge, comme cette première nuit dans la Chambre... Le silence s'imposa encore. Ils s'observaient en chiens de faïence, jusqu'à ce que Rosaline réduise la distance entre leurs corps, pose ses mains sur les joues de Tom et l'embrasse.

Tom fut immédiatement rappelé au premier baiser qu'ils avaient échangé, devant sa chambre, quelques semaines plus tôt. Les sensations étaient familières, mais elles semblaient encore plus puissantes que la première fois. Peut-être parce qu'il n'avait pas eu le temps de refléchir ? Peut-être parce que c'était elle qui l'avait embrassé, cette fois ? Pourquoi faisait-elle cela ? Il n'en avait aucune idée, et il n'en avait absolument rien à faire : sur son visage, ses mains faisaient deux plaques hypersensibles où des millions de fourmis bougeaient dans tous les sens et contre sa bouche, elle avait les lèvres pulpeuses et douces, brûlantes en comparaison avec le froid de la nuit.

Elle approfondit le baiser et à la découverte de ce monde nouveau, il perdit pied. De son torse, il la poussa jusqu'à entendre son dos cogner contre la parois de la serre. Il glissa ses mains sous la cape de Rosaline, chercha sa jupe plissée. Il trouva ses sous-vêtements et les arracha gauchement. L'image de Robert s'imposa à lui, et il se jura qu'il ne mettrait plus jamais la main sous cette jupe. Personne à part lui ne toucherait plus jamais cette peau. Rosaline se débattit quelques secondes contre sa ceinture, puis elle eut gain de cause et il sentit son pantalon lui tomber sur les chevilles. Il passa ses mains derrière les cuisses de Rosaline, y enfonça les doigts, et la souleva aisément. Alors leurs bouches se détachèrent et ils s'observèrent quelques secondes. Ils étaient à quelques centimètres de commettre l'irréparable. Elle avait le regard flou et elle était haletante, les pommettes déjà rosies et ses cheveux décoiffés. Elle noua ses chevilles contre les reins de Tom, et en y enfonçant son talon, l'incita à unir leurs corps. Un gémissement s'ensuivit. Tout était chaleur, douceur, excitation et Tom ne pouvait plus penser à rien. Il voulait que cela dure des années, il voulait voir chaque mimique de Rosaline, chaque regard embué de ses grands yeux verts, et entendre chaque gémissement de plaisir sortir de sa bouche. Son visage, figé dans une expression mêlé de douleur et de plaisir, n'avait jamais été aussi beau, et le défi dans ses yeux ne faisait que décupler l'excitation de Tom. Chaque fois que ses hanches frappaient le bassin de Rosaline, il devenait un peu plus fou. Il devenait tout à coup ce qu'il n'avait jamais été : intuitif, instinctif, animal. Est-ce que cela faisait du bien ? Il était bien incapable de le dire, il ne prenait aucun recul sur ce qui se passait. Le lendemain, sûrement, il aurait une réponse. Il trouverait également une excuse pour expliquer son comportement, rejeterait la faute sur Rosaline, et reviendrait à sa vie normale. Mais pour l'instant, tout ce qui comptait, c'était le présent. Elle étouffa un gémissement en se mordant la lèvre, et sans pouvoir lutter, il finit en elle. Merlin seul sait combien de temps ils ont continué à se regarder dans les yeux, à bout de souffle, sans qu'aucun d'eux ne sache quoi faire ni quoi penser.


Une review ? ;)