Chapitre 20 : Choisir un camp

Emma était tiraillée ! Elle venait juste de rencontrer ces deux individus dont l'un d'entre eux conservait une capuche sur la tête lui garantissant un anonymat complet, pourtant elle avait le sentiment d'avoir rencontré cette personne. Fouillant dans sa mémoire, elle avait l'intime conviction qu'il s'agissait de cette mystérieuse personne qui l'avait renseignée sur Elsa, mise en garde contre Grand Pabby et enfin, lui avait confié le petit bonnet rose d'Anna ! Mais, alors comment une personne pourtant si bienveillante à son égard, et à l'égard d'Anna avec cette histoire de bonnet, pouvait être sans aucune compassion pour cette dernière ? L'autre personne en revanche ne laissait planer aucun doute sur son identité, le roi Ludwig à ce qu'elle avait compris. Hans se serait donc allié avec d'autres royaumes ? C'était plausible mais ce plan ? Comment étais-ce possible ? Certes Hans ne lui avait pas caché que certaines actions seraient nécessaires, mais contre la souveraine. A ce sujet, Emma était d'ailleurs tiraillée, mais elle comprenait. Mais pourquoi Anna ? Pourquoi une jeune princesse sans défense et affaiblie avait dû payer ce prix ? Non Hans n'avait pas pu prévoir cela. Il ne pouvait pas vouloir cela ! C'est une homme d'honneur se disait la jeune femme ! Certes Emma repensait aux desseins que lui avait longuement narrés son prince charmant des Iles du Sud. Elle en avait déjà ressenti quelques frissons quand elle avait appris qu'elle devrait se débarrasser de sa sœur Elsa. Mais pas d'Anna ! Pas comme ça ! Elle s'y refusait. Hans avait compris qu'Emma aurait peut être une faiblesse et elle lui en avait été reconnaissante que, par amour, il se dévoue pour s'occuper des basses besognes à propos du sort de la souveraine. Elle en revanche se devait de neutraliser Anna... Sauf qu'elle l'était déjà ! Mais là, les deux complices avaient fait bien pire ! Ils venaient de la condamner à l'un des pires supplices qui soit. Elle repensait alors à la mort de ses parents adoptifs qui avaient péris dans un gigantesque incendie qu'elle avait provoquée. Elle revoyait leurs visages suppliants alors que la culpabilité la gagnait à nouveau. Non elle ne pouvait le tolérer que d'autres personnes périssent ainsi sans qu'elle n'agisse contre ! Elle ne connaissait certes pas Anna, mais avoir vu son regard au moment de lui rendre son bonnet lui avait fait prendre conscience de l'horreur de ce plan. Désormais elle n'était plus certaine de vouloir suivre les desseins de Hans du moins, pas jusque là, Hans est un gentilhomme, il la comprendra sans doute tentait-elle de se persuader. Oui Hans ! Jamais il n'aurait voulu ça ! Il châtiera ses complices qui ont osé faire ça ! Et elle demandera la grâce pour Elsa ! Elle l'obtiendra vu les circonstances, Hans est un homme bon avec elle il comprendra ! Emma avait besoin de famille ! Elle avait besoin de sa famille ! Et sa famille c'est Elsa et Anna ! Jamais elle ne pouvait accepter pareil acte ! Ces personnes ne pouvaient pas être ses amis ni ceux de Hans ! Ce sont des tueurs sans pitié ! Elle ne pouvait le faire confiance et choisit de fuir à l'extérieur vers l'étable où Kristoff avait été rentrer Sven ! Il fallait le prévenir du drame !

Alors que pendant ce temps, derrière la porte fermée, ce qu'Emma ne savait pas c'est que le feu qui avait commencé à prendre le lit de la jeune princesse n'était désormais plus une petite fumée mourante alors que Raiponce recouvrait peu à peu ses esprits. Sa vision était encore trouble, et elle avait mal à la tête comme si Kristoff avait brisé ses blocs de glace sur son crane. Elle avait cette désagréable sensation d'avoir été une marionnette. Quelques bribes de souvenirs des derniers événements lui revenaient en mémoire. La potion qu'elle avait bue. Cette voix lui ordonnant de comploter, elle avait fait arrêter son propre mari. Et son père dans tout ça ! Un grand sentiment de culpabilité mais aussi une grande colère avait dès lors envahi l'héritière du trône de Coronna. Sa cousine Elsa lui avait confié une fiole, et par négligence, n'ayant pas tenu compte de sa mise en garde voilà le gâchis qu'elle avait causé. Sa vision se troubla alors à nouveau, non pas à cause de sa migraine où des derniers effets du sortilège qui venait d'être levé mais à cause de ses sanglots silencieux qui saccadaient sa respiration. Soudain, elle se mit à entendre des pleurs. Ca n'était pas les siens, elle s'efforçait de rester silencieuse, d'être forte face à l'adversité mais les sanglots étouffés s'entendaient toujours. Elle releva alors la tête, tachant de se concentrer sur le faible bruit alors que sa vision recommençait à devenir nette. A sa grande surprise, elle fut heureuse de constater que le lit où était installée Anna ne brulait plus. Elle s'approcha et constata alors soulagée que les pleurs fussent ceux d'Anna, signe que cette dernière était toujours vivante ! L'incendie du lit s'était miraculeusement éteint ! Anna, entre deux sanglots toussait, sans doute les effets de l'inhalation de la fumée dont il restait quelques résidus, souvenir de cette tentative de bucher.

-Anna ! Tu es vivante ! s'exclama Raiponce, à la fois heureuse et stupéfaite de ce miracle.

-Il ! Il !... Commença Anna avant d'être étouffée par les sanglots

-Quoi ? Qu'y a-t-il Anna ? Je sais, mon père nous a trahis ! Je suis désolée Anna ! Je n'ai pas été digne de la confiance de ta sœur et de la tienne, mais je te le jure sur ce que j'ai de plus cher au monde que je vais trouver une solution pour nous sortir de là, et mon père paiera pour ce qu'il a fait je t'en fais la promesse !

-Là ! Il…

-Reposes toi Anna ! Tu es souffrante ! Fit Raiponce en prenant la main de sa cousine paniquée et constatait avec bonheur que cette dernière s'était réchauffée, même si ses cheveux demeuraient blancs mis à part quelques dernières mèches rousses qui résistaient, elle poursuivit alors : Au moins, il semblerait que ce feu ait atténué ton mal mais ne l'a pas guéri malheureusement. Ca laisse cependant un peu plus de temps à Elsa pour revenir ! Quand elle sera là, elle nous libérera et aura trouvé le remède je te le promets !

-Là ! Continua Anna complètement bouleversée n'ayant apparemment pas écoutée sa cousine, pointant son doigt vers le pied de son lit

-Qu'y a-t-il Anna ? S'inquiéta soudain Raiponce

-Olaf ! Réussit à articuler la jeune princesse indiquant un petit tas de neige fondu au dessus duquel il restait des brindilles et une carotte

-Olaf ? Il…il a fondu ? S'exclama soudain Raiponce qui sentait la tristesse l'envahir.

-Il…Il s'est sacrifié pour…pour me sauver la vie !

-Que s'est il passé ?

-Il s'est jeté sur les premières flammes au moment où ils ont quitté la pièce pour éteindre l'incendie. La chaleur était trop forte pour sa seule tempête de neige ! Il…Il a fondu ! Peina à articuler Anna avant de fondre à son tour…en larmes !

Raiponce prit alors les mains de sa cousine toujours souffrante et ivre de chagrin face au sacrifice du petit bonhomme de neige qui disparait en héros, sauvant la vie de la jeune princesse. Lui le symbole de l'enfance des deux sœurs d'Arendelle, qui leur a apporté tant de joie, qui avait fait prendre conscience de son amour pour Kristoff à la cadette d'Arendelle. Depuis qu'elle avait fait sa rencontre le petit bonhomme de neige avait été son ami, son confident, et son conseiller le plus fidèle, risquant sa vie pour la protéger et aujourd'hui il en avait payé le tribut en sauvant la vie de la jeune princesse qui s'était réfugiée dans les bras de sa cousine. Elle n'avait plus que ça en tête occultant les tristes événements qui se déroulaient : le mal qui s'il avait été ralenti allait de nouveau se propager en elle, sa fille Emma qui lui avait été enlevée à sa demande quand elle fut installée dans cette chambre, et dont elle ne savait pas où elle avait pu être emmenée. Emma, cette fois la grande ! Qui finalement existait bel et bien ! Kristoff qu'elle n'avait toujours pas revu et dont elle ne savait pas si comme Raiponce lui aussi était tombé sous l'emprise d'un maléfice. Enfin, le Roi Ludwig de Coronna devenu régent après une odieuse manipulation, le complot contre la monarchie d'Arendelle qui semblait s'être mis en place…Et Elsa qui n'était pas encore rentrée !

-Ne t'en fais pas Anna ! Je te jure mon père paiera cette trahison. Nous trouverons un moyen de te sauver ! Fit Raiponce qui en désespoir de cause essaya sa chanson sur la neige fondue sur le tapis, malheureusement sans succès, alors qu'Anna continuait à noyer son désespoir dans les bras de sa cousine

-Emma, où allez-vous mon enfant ? Demanda une voix derrière la jeune femme qui se dirigeait vers la sortie du château.

-Quoi ? Comment m'avez-vous appelé ? Fit d'une voix glaciale Emma, surprise d'avoir été suivie et dévisageant la personne qui l'avait suivie et demeurait toujours encapuchonnée.

-Ne soyez pas défiante envers moi, je sais que c'est dans votre nature, mais il ne le faut pas ! Je suis de votre côté ! Je suis votre ami ! Nous nous sommes déjà rencontrés vous et moi, pas plus tard qu'il y a quelques heures dans la forêt ! Je confesse ne pas vous avoir informé que j'étais au courant des plans de Hans, mais c'était pour vous protéger Emma ! S'il vous plait, faites-moi confiance ! Après tout, vous ai-je déjà menti quand je vous ai orienté sur vos origines réelles ? Quand je vous ai montré le palais de glace de votre sœur ? Je ne souhaite que votre bonheur et votre épanouissement ma chère. Ma longue expérience de la vie m'aura apporté cette volonté.

-Comment avez-vous pu laisser faire une chose aussi horrible ! Anna est également ma sœur ! Vous l'avez condamné à une mort atroce ! Avec mes propres flammes ! Et vous osez encore paraître devant moi ? Hurla la jeune femme.

-Calmez-vous. C'est une grande épreuve que vous traversez j'en conviens. Ne soyez pas en colère contre vos amis ou contre vous-même. La vie est cruelle et faite de choix difficiles à prendre. C'était malheureusement nécessaire et j'en suis tout aussi triste que vous. Mais sachez le, c'était un acte de bonté, de pitié auquel vous avez participé !

-Participer à la mort d'une jeune femme un acte de bonté ?! Fulmina Emma qui sentait ses mains se réchauffer.

-Ne vous emportez pas. La princesse Anna était déjà condamnée. Son cœur de glace. Il n'y avait aucun remède cette fois. Le baiser d'amour n'a pas suffit, vous savez son époux a essayé ! Elle allait mourir, et ce dans de grandes souffrances. Je puis vous jurer que s'il y avait eu un moyen, nous l'aurions trouvé ! Nous l'avons donc aidé à se libérer de ce cauchemar. Anna est bien là où elle est désormais.

-Comment ?

-Tu ne pouvais pas la sauver Emma ! Personne ne le pouvait. Anna est une victime innocente d'Elsa ! C'est de sa faute tu sais. Déclara la personne qui se voulant protecteur tutoyait pour la première fois la jeune reine des flammes qui ne le remarquait même pas, trop en colère de cette situation.

-Non ! Je l'ai rencontrée ! Elle m'a avoué la situation, c'est de la faute d'Emma !

-Emma ? Demanda la personne encapuchonnée.

-Oh Non ! Ne me faîtes pas croire que vous ne savez pas qui c'est ! Vous qui savez tout sur tout !

-Je sais qui elle est, car je suppose que vous ne parlez pas de vous ! C'est une enfant qui vient de perdre sa mère. Un bébé innocent ! Maintenant réfléchissez, Comment un bébé, l'innocence même, aurait pu faire ça Emma ? C'est un mensonge, une manipulation d'Elsa pour te mener ici ! Elle voulait te faire arrêter ! Hans t'avait pourtant mis en garde n'est-ce pas ? Mais heureusement, le roi Ludwig et moi avons senti le danger pour toi. Nous t'avons préservé de tous ces maux ! Ne t'en fais pas ! Nous œuvrons pour ton bien ! Termina la personne qui reprenait le tutoiement afin d'apaiser la jeune femme.

-Et que va-t-il se passer pour le bébé ?

-Elle partira, avec son père loin dans les montagnes c'est ce qu'il y a de mieux à faire. Mentit la personne.

-Hans m'avait dit que je récupérerais le pouvoir. Pas que nous allions devoir faire souffrir des innocents.

-Ils sont impliqués, ne t'en fais pas ils ne manqueront de rien ! C'est un montagnard, il sera dans son élément et saura élever sa fille loin des fastes du château. Comprends moi Emma, ce jeune homme est veuf, du fait de sa belle sœur, comment pourra-t-il supporter de continuer de vivre ici ? Et nous ne pouvons pas non plus séparer l'enfant du seul parent qu'il lui reste. C'est une chose que tu devrais particulièrement bien comprendre Emma.

-J'ai vécue ainsi ! Dans la pauvreté ! Pourquoi devoir l'imposer à cet enfant ?

-Pour le bien du royaume, mais aussi de la petite il le faut. C'est une décision lourde nous savons. Nous avons essayé de faire en sorte que tu ne la prennes pas mais maintenant tu n'as plus le choix. Tu seras reine, tu auras tout le temps ce genre de choix, il va falloir que tu l'acceptes.

-Et si je ne voulais pas de cela.

-Tu n'as pas le choix, c'est ton destin. Tu ne peux laisser Arendelle aux griffes d'Elsa ! Regarde dehors ! Le Royaume est encore une fois sous la neige ! Pour la troisième fois en un an ! C'est ton peuple ! Et ton peuple souffre des caprices tyranniques d'Elsa qui par ses blizzards détruit leurs récoltes, les mets en danger face à l'hiver ! Il est de ton devoir de stopper cela ! Fit la personne encapuchonnée d'une voix sage jetant à nouveau le trouble dans l'esprit de la jeune femme encore bouleversée d'être partie laissant Anna à son bucher.

-Sans doute…

-Voilà qui est sage. Maintenant, je ne saurais trop vous conseiller votre futur altesse de regagner les appartements royaux. Il faut un peu de temps pour que votre couronnement puisse se faire, nous y travaillons. Mais d'ici peu, cet hiver et tous vos malheurs ne seront qu'un désagréable souvenir alors qu'Arendelle acclamera sa souveraine Emma !

Emma regarda la personne encapuchonnée s'éloigner suite à cette dernière intervention, ne sachant plus quoi penser. Cette personne, la première fois l'avait mise mal à l'aise à savoir tant de choses ! A parler par énigmes, elle avait trouvé dans cette voix de la suffisance qui l'avait beaucoup agacé mais aussi elle devait bien l'admettre captivé, et cette volonté à toujours cacher son visage ! Mais cette fois c'était différent. Le ton était beaucoup plus protecteur, comme un parent s'adressant à un enfant terrifié. Oui pour la première fois depuis la disparition tragique de ses parents adoptifs, Emma avait eu cette sensation du parent protecteur, compatissant à son égard. Mais une partie d'elle ne pouvait oublier la sympathie du pauvre livreur de glaçons, et pire encore, du triste sort d'Anna, alors qu'elle déambulait comme une âme en peine dans les couloirs vides du château d'Arendelle, passant, sans le savoir devant l'ancienne chambre d'enfant de sa jumelle d'un pas étrangement similaire à celui que pouvait avoir Anna à chaque fois que la porte restait désespérément fermée aux suppliques d'une fillette abandonnée de sa grande sœur, voulant simplement faire un bonhomme de neige pour égayer sa vie solitaire…

Au même moment dans la forêt, Viktor et la personne encapuchonnée qui l'accompagnait continuaient de redescendre vers la capitale du royaume d'un rythme assez soutenu. Viktor était somme toute assez inquiet par ce que la personne qui l'accompagnait lui avait dit au moment de le libérer. Il avait pu, sa mâchoire notamment constater à quel point son frère était déterminé. Il ne s'était guère intéressé aux frasques de Hans avec le royaume d'Arendelle, mais il avait vu son comportement, ses yeux, et aujourd'hui, brulait une flamme de détermination et de cruauté qu'il n'avait encore jamais constaté chez aucun être humain et il craignait alors toujours davantage pour la sécurité aussi bien de la souveraine que pour la survie d'Anna d'Arendelle. Le temps leur était compté voilà pourquoi les deux compagnons regagnaient la ville.

-Stop ! Fit le jeune prince s'arrêtant brusquement au beau milieu du chemin.

-Qu'y a-t-il encore mon prince pour que vous souhaitiez que nous nous arrêtions encore une fois ? Demanda la personne encapuchonnée visiblement agacée et inquiète de la perte de temps potentielle de ce nouvel arrêt.

-Chut vous dis-je ! Ecoutez !

-Ecouter quoi ?

-Faites silence ! Des bruits de sabots ! Par là ! Ils semblent s'intensifier !

- Comptez-vous nous faire interrompre notre route à chaque fois que vous entendez un animal dans les bois ? Je vous rappelle que nous n'avons pas beaucoup de temps, nous devons impérativement arriver avant Hans au château d'Arendelle si vous voulez avoir une petite chance de sauver votre belle reine !

-Elle n'est pas ma reine, vous vous faîtes des idées ! Répliqua Viktor qui souhaitait explorer la partie de la forêt où il croyait avoir repéré l'origine du bruit

-Ca n'est pourtant pas ce que vous avez sous entendu il y a moins d'une heure. Rétorqua la personne encapuchonnée d'un ton légèrement ironique.

Viktor essaya de ne pas tenir compte de la remarque quelque peu désobligeante que venait de lui faire la personne encapuchonnée afin de focaliser toute son attention sur ce bruit mystérieux qu'il avait cru entendre. En tendant davantage l'oreille, il décidait, oubliant totalement la personne l'espace de quelques instants de s'enfoncer davantage dans les bois afin d'entendre de façon plus distincte. Finalement, au détour d'un bosquet il put apercevoir aux travers des fourrés un animal blanc. Il s'enfonça alors profondément, pénétrant les buissons touffus pour finalement atteindre la bête et alors pousser un petit cri en atteignant son but.

-Venez voir ! Hurla-t-il

-Qu'avez-vous encore mon prince ? Fit la personne en le rejoignant de mauvaise grâce et ajoutant : Et moi qui pensais que c'était seulement les princesses qui s'extasient devant les animaux de la forêt ! Qu'avez-vous trouvé, un petit rouge gorge, un lapin, un petit faon que vous allez appeler Bambi ? Pardonnez-moi mon prince, mais je trouve que vous avez un peu trop de barbe pour jouer les Blanche Neige ! Fit-elle en se débattant dans les buissons

-Moi, peut être en effet, mais la propriétaire de ce cheval pourrait ! Rétorqua ironique le jeune prince des Iles du Sud en montrant le magnifique étalon royal.

-Hum…Non, sa propriétaire est trop blonde pour faire Blanche Neige, et puis navrée de vous déplaire mais je ne vous trouve pas encore suffisamment « Charmant » dans votre attitude. Répliqua la personne d'une voix cassante.

-Voulez vous donc arrêter ici vos allusions douteuses ! Si cette monture est seule c'est qu'il a sans doute dû arriver malheur à sa cavalière ! Je dois la retrouver au plus vite !

-Oh et qui vous dit qu'elle est en danger ? Fit la personne encapuchonnée qui visiblement souhaitait reprendre au plus vite sa marche sur le sentier.

-N'est ce pas ce que vous pensiez tout à l'heure ?! Rétorqua Viktor circonspect de cette question quelque peu désinvolte.

-Si bien sur que si et c'est ce que je continue de penser, j'en ai d'ailleurs la certitude si vous voulez mon avis. C'est pourquoi je vous invite à reprendre notre marche au plus vite vers Arendelle. Remarquez cet animal va nous être utile, avec lui nous pourrons arriver plus vite et moins fatigués !

-Si la Reine Elsa n'est pas avec ce cheval c'est qu'elle est quelque part dans cette forêt, et en danger ! Je dois partir à sa recherche !

-N'allez pas trop vite en besogne jeune prince ! Elle a probablement dû faire une rencontre. Et si je devais deviner de qui il s'agit, je dirais qu'elle a rencontré Emma ! Mais dans le fond peu importe ! La Reine est sans doute aux mains de ses ennemis…et des vôtres visiblement !

-Voilà un point où nous ne débattrons pas vous et moi ! C'est pourquoi je vais de ce pas aller les libérer !

-Les libérer ?

-C'est ce que je viens de dire, auriez vous des problèmes d'audition ? Demanda Viktor qui lui aussi utilisait le sarcasme jusqu'alors chasse gardée de la personne.

-Aucunement mon bon prince, je vous remercie de votre inquiétude à mon sujet, moi en revanche je le suis au sujet de votre jugement !

-Mon jugement ?!

-Comme je vous dis ! Si vous partez dans cette idée, vous allez juste vous livrer comme une fleure aux soldats de votre frère ! Il suffisait de me le dire s'il ne fallait pas que je vous délivre !

-Pardon ?! S'offusqua Viktor

-Je vais être plus explicite : Votre candeur vous perdra ! Quand je vous dis que vous souhaitez imiter Blanche Neige !

- Pardonnez-moi de ne pas comprendre votre raisonnement !

-Vous allez partir tête baissée vers l'armée de votre frère dans l'optique de les libérer ! Vous ne pensez pas une seule seconde qu'Emma puisse en ce moment même se trouver du côté de votre frère ! Mon cher Viktor vous étiez plus perspicace après avoir été assommé par Hans !

-Je ne peux pas les abandonner ! Qu'importe qui est avec qui, qu'importe l'importance de l'armée de mon frère ! Je dois aller les sauver !

-Elsa est en danger en effet, mais dans tous les cas de figure, elle sera ramenée de gré ou de force à Arendelle ! Voilà pourquoi il nous faut y aller !

-Et que faire d'Emma ? Peu importe si elle défend ou non les intérêts de Hans, je sais qui elle est au plus profond de son âme ! Si elle est avec Hans, c'est par manipulation ! Si elle est contre lui, elle est alors sa proie ! Je ne peux pas l'abandonner !

-Il va pourtant falloir choisir !

-Plait-il ?

-Vous avez des sentiments pour ces deux jeunes femmes !

-Vous pensez que je suis amoureux d'Elsa et d'Emma ? Demanda outré Viktor

-Ca n'est pas ce que je viens de vous dire mon chère prince ! Il semble cependant évident que vous l'êtes envers l'une des deux au moins ! Mais de toute manière vous allez devoir choisir ! Si vous ne pouvez en sauver qu'une seule, il va falloir que vous sachiez laquelle !

-Je… Fit le jeune prince totalement désarmé.

-C'est pourtant une question simple prince Viktor, pour laquelle de ces deux jeunes femmes votre cœur bat il réellement. Trouvez ! Et une fois que vous aurez la réponse, vous saurez que c'est celle-ci que vous devez sauver ! Comprenez-moi bien jeune prince, vous ne pouvez vous obstiner à vouloir impérativement sauver les deux ! Si vous persistez dans cette idée, j'ai bien peur que vous ne réussissiez au final à en sauver aucune, ni même accessoirement celle pour qui cette mission est partie au départ : la princesse Anna ! En revanche, si vous choisissez et que vous faîtes tout pour la sauver, peut être, je vous dis bien peut être que vous aurez l'occasion de pouvoir les sauver toutes les deux !

-Que dois-je faire demanda alors Viktor totalement perdu face aux arguments de la personne encapuchonnée.

-Vous devez choisir ! Et vous devez choisir vite mon prince ! Je vous le dit, j'en suis convaincue, si vous ne choisissez pas, aucune ne sera sauvée !

-Bien, et que dois-je faire ? Demanda-t-il alors résigné.

-Eh bien, soit vous partez chercher au hasard dans la forêt pour retrouver votre belle blonde amatrice de feux de camps soit vous reprenez la route que nous suivions pour devancer votre frère à Arendelle afin de tenter de sauver la souveraine !

Viktor resta quelques instants interdit, le temps s'était comme figé pour lui, plus rien ne comptait réellement, Seules ses pensées l'obnubilait. Les derniers arguments de la personne encapuchonnée venaient de lui faire prendre conscience de ce qu'il refoulait. Qu'effectivement depuis quelques temps son cœur battait pour une jeune femme. Il avait des sentiments, des sentiments très forts et sincères ! Mais pas des sentiments d'affection ou d'amitié comme il s'en était inconsciemment persuadé, non, il s'agissait bien d'amour ! La solution venait de lui apparaître devant les yeux ! Oui tout était clair pour le jeune adopté des Iles du Sud, il lui fallait effectivement ouvrir les yeux et choisir, c'était chose faite, il avait choisi ! Son cœur lui hurlait au rythme de battements effrénés la réponse. Il ne pipa mot alors qu'il montait la monture d'Elsa, tendant la main à la personne encapuchonnée.

-Nous avons une jeune femme à sauver ! Vous venez avec moi ?

-Et où comptez-vous aller mon prince ? Demanda la personne qui montait derrière lui

-A Arendelle ! Se contenta t-il de répondre alors que le cheval partait au triple galop vers le fjord prisonnier des glaces.