C'était il y a un peu plus d'un mois. Raph n'avait pas perdu de temps. Il avait prit la seringue de Don et se l'était injecté, dès le premier tunnel, se foutant comme une guigne de si cela allait le tuer ou pas, ne voulant plus jamais être aveuglé par les hormones. Ensuite, puisqu'il était encore nuit, il s'était faufilé à la surface et avait frappé à la porte de la seule personne en qui il avait à peu près confiance : Casey Jones.
Il était tombé pile poil. Casey se faisant harceler par April pour qu'ils viennent vivre avec elle, venait de décider de céder à sa petite amie, qui vivait dans un appart plus luxueux que le sien. Casey, depuis la mort de son père vivait seul et, à 19 ans, entretenir un logement était trop pour lui.
L'appart de Casey ne comptait que deux chambres, dont celle du père de Casey reconvertit en salle de gym, comme le disait pompeusement son ami humain. En fait, à part un vélo stationnaire et deux haltères avec un banc, il n'y avait rien, mais Raph n'était pas là pour faire le difficile.
La cuisine, minuscule et crasseuse, n'avait comme tout meuble qu'une table et trois chaises bancales et un tiroir sur deux des armoires n'avait plus de poignée. Les électroménagers avaient une couleur amande qui avait encore davantage jauni depuis leur achat, sans doute en 1979, mais selon la température de la bière que lui servit Casey, le frigo au moins était fonctionnel et Raph ne demandait pas mieux.
Il s'assit sur le sofa carreauté et défoncé de Casey et avala une longue gorgée de sa Corona, puis déposa la bouteille sur la table à café moka, égratigné à plusieurs endroits, rappelant que Casey, entre trois et cinq ans, avait eu un chien. L'odeur, d'ailleurs, semblait encore imprégner les lieux. Il savait que le moment était venu où, après avoir été cool, son ami exigerait des explications.
-Alors, tu veux en parler, questionna le garçon aux cheveux noirs.
-Pas vraiment, marmonna le mutant, en reprenant en mains sa bouteille.
-C'est à cause de ton frère qui est revenu de voyage? Pourtant, il avait l'air cool. Stressé, mais cool, commenta Casey.
-Qu'est-ce qui te fait croire que cela a quelque chose à avoir avec lui, riposta agressivement Raphael.
-Woah! Dude! Du calme. C'est seulement qu'avec tes autres frères, tout semblait chill. Ton grand frère se pointe et, prochaine chose qu'on sait, c'est que tu te veux te barrer de chez-toi pour pieuter ici et que je me la boucle, pour qu'ils ne te retrouvent pas. Sans compter que t'étais un max bizarre la dernière fois que je t'ai vu avec lui! Ça prend pas un génie pour faire le lien, finit l'hockeyeur, plutôt fier de son sens de la déduction.
Raph grommela quelque chose comme que Casey pouvait aller se faire foutre avec son raisonnement à deux balles et que c'était trop compliqué et puis pas ses oignons, pour commencer.
L'ado haussa les épaules :
-C'est comme tu veux, Raph céda philosophiquement son ami. T'as seulement pas des masses d'amis à qui tu peux te confier. N'empêche que tu fais comme tu veux. Tu peux crécher ici. Mon vieux, avant de crever, avait gagné au casino le jour de Noel. Pour une fois, y a fait un truc intelligent avec son pognon et il a payé le loyer jusqu'au 1er janvier prochain. Sur le loyer, on paye aussi l'électricité et l'eau chaude. Alors, personne va venir t'emmerder pour ça du reste de l'année. Je te laisse mes meubles aussi. Ça vaut pas un rond et ceux d'April sont vachement mieux. Donc, en continuant tes «business » habituelles, tu devrais t'en sortir. J'peux aller t'acheter des trucs, comme April faisait avant pour vous, puisque tu ne veux pas qu'elle sache.
-April est trop amie avec Don. Je veux pas qu'elle aille lui raconter où je suis et qu'il ramène sa sale tronche ici.
-Ouais, alors okay. Je lui dirais rien. Au fait, parlant de blé, j'ai peut-être un tuyau pour toi. Un moyen pour toi de maximiser ton pognon.
Casey avait baissé sa voix, prenant un ton de confidence
-Ah ouais, vas-y crache, demanda Raph, intéressé malgré lui. Plus d'oseille ne serait pas de refus.
-Tu sais qu'autour de mon appart, c'est la zone. C'est une des raisons pourquoi April veut absolument que j'aménage chez elle. Me tenir loin des problèmes. Bref, y a un mec qui m'a raconté que, quelque part, dans le sous-sol d'une vieille usine abandonnée, y a des combats spéciaux.
Raph, déçu de tour que prenait la conversation, après avoir espéré que peut-être que Casey avait vraiment un tuyau, haussa les épaules avec exaspération :
-Et alors, petit con? C'est pas comme si je pouvais me pointer sous les projecteurs! maugréa-t-il.
-Attends, Raph. C'est pas des simples combats ultimes. Les participants sont des mutants, comme toi, vieux!
Raphael fut réellement interloqué par cette réponse. Dans sa tête, il était, avec ses frères, seuls de cette espèce.
-Ah ouais? Tu es sûr? Je veux dire, tu es sûr de ta source? questionna-t-il, circonspect, ne voulant pas trop s'enthousiasmer.
-Ouais, Tony raconte pas de bobards habituellement et il connait tout le monde. Le gars qui organise ça, c'est un narco-trafiquant sud-américain nommé Xever, il a des masses de fric à se faire, Tony a dit. Le vainqueur du dernier match, il parait que c'était une giga-tortue. J'ai pensé que c'était toi, mais la description que Tony m'a faite te correspondait pas. En tout cas, ce Slash s'est fait 4500$ en une soirée. Tu imagines? Un combat par semaine et tu es pénard assez pour ne même pas sortir battre des Dragons pourpres ou vider les poches de petits dealer le reste de la semaine!
Raphael réfléchit à toute vitesse. Une autre tortue comme lui? Qui se faisait 4500$ par soir? Cela valait la peine de jeter un œil. Comme Casey l'avait fait remarquer avec le loyer payé pour neuf mois, il aura pas à arpenter les rues pour défoncer des crânes et détrousser des corps. Ouais, il pourrait toujours, pour le plaisir, mais il ne serait pas obligé. Chaque fois qu'il sortait, il y avait le risque d'être vu. L'éviter serait plus prudent.
Il roula des yeux. Voilà qu'il commençait à réfléchir comme Léo! Léo…il ne voulait pas y penser. Il avait apporté avec lui les protections de peau de serpent, mais il ne savait pourquoi. Il voulait oublier son passé. Le détruire.
-Tu peux me mettre en contact avec ton Tony? Tu es certain qu'il est fiable?
-Ouais, tout est nickel.
Tout avait été effectivement tel que Casey l'avait promis et, deux soirs plus tard, il entrait dans l'arène. Tony n'avait pas menti et pratiquement tous les combattants, aux yeux d'humains, aurait paru des monstres et même plusieurs parieurs l'étaient tout autant. Et Raph, pour une fois, se sentit à l'aise hors des égouts, dans cette atmosphère illicite et violente, à lier connaissance avec d'autres personnes que ses frères ou Casey.
En un mois, il était devenu un des favoris. Les combats avaient lieu deux fois semaine, les mercredis et les samedis et le dernier samedi de chaque mois avait lieu le championnat du mois. Les autres soirs, Raph ne se battait qu'une fois et empochait une somme relativement peu importante en considération des promesses de Casey et Tony. Selon l'affluence, il se faisait, pour un match entre 500 et 800$. Mais le championnat, lui pouvait rapporter beaucoup, plusieurs milliers de dollars, une manne pour Raph qui dépensait si vite tout son argent.
Heureusement qu'il était logé gratuitement, meublé, chauffé et éclairé. Casey en plus était chic. Il lui rapportait souvent des provisions, environ trois fois semaine, prises à l'insu d'April. Pas beaucoup, pour ne pas que la jolie rouquine s'en aperçoive, mais suffisamment pour que Raph ne meure pas de faim. En plus, il continuait à payer le service de câble, afin que Raph ait au moins la télévision. Sans cela, sûrement que la vie aurait été moins rose. Il ne se plaignait pas vraiment, ayant passé presque toute son existence dans les égouts, malgré que le lit de Casey soit trop étroit pour lui et que les voisins faisaient un bruit d'enfer. Non, la seule chose dont il se plaignait était que malgré toutes les bouteilles qu'ils vidaient et les lignes qu'ils s'enfilaient, il n'arrivait pas à oublier son frère au cuir de jade et aux yeux si bleus. Plusieurs fois par jour, ses doigts suivaient le cuir de peau de serpent et des frissons le prenaient. Il n'arrivait pas à oublier.
Était-il heureux avec Donnie? Il ne voulait pas y penser et chaque fois que son esprit s'approchait du sujet, il tentait de l'étouffer à travers n'importe lequel paradis artificiel à sa portée. Il ne voulait songer à ce que sa vie aurait pu être, autrement significative et emplie, se levant un être aimé entre les bras, au plastron gonflé de vies. Tout cela n'avait été qu'un conte de fée qu'il s'était forgé à lui-même. Il n'y avait pas d'amour ou de futur pour lui. Seulement un présent aussi intense que stérile.
Il avait fait la rencontre de Slash une semaine après son premier combat. L'autre tortue était gigantesque et, d'après ce que Raph avait pu voir, un redoutable combattant. Ils avaient fraternisé assez rapidement, ayant les mêmes intérêts et les mêmes vices et, un soir de de bamboche, ils s'étaient retrouvé dans le lit de Raph. Raph, ayant dégrisé le lendemain, l'avait regretté, mais Slash avait ensuite parlé aux gros bonnets de l'organisation et avait proposé un combat double contre deux féroces adversaires un crocodile et un Triton géants, pour le championnat de fin du mois d'avril. Nous étions ce soir-là.
Le combat avait été épique et Raph, malgré sans doute une côte brisée, avait réussi à mettre ko le triton. Il ne savait pourquoi, mais un sentiment différent l'avait habité durant ce match et poussé à se surpasser. Alors que l'arbitre levait son bras en l'air, en signe de victoire, il songea que sans doute ce match, l'événement de la soirée, allait leur apporter une bonne cagnotte. Peut-être de quoi déménager ou, ou moins acheter un lit plus grand.
Il quitta l'arène, chaudement congratulé par son coéquipier, afin de se diriger vers les vestiaires. Une fois dans ceux-ci, Slash, soudainement, envahit son espace vital :
-12 000$, Raph! De quoi toi et moi nous trouver un appart, bien moins miteux que le tien ou l'endroit où je crèche. Clama la tortue gigantesque, extatique.
Raphael se retourna, piqué. Il aimait bien Slash, mais pas au point de vivre avec lui. L'intimité qu'ils avaient partagée, une nuit, avait été une erreur. De toute façon, éventuellement, ils devraient s'affronter dans l'arène et leur amitié, ou quoique ce soit que Slash croyait qu'il y avait entre eux, allait disparaitre.
Il soupira, réticent à briser ce qui semblait les illusions de son ami, mais résolu à le faire.
-Slash, commença-t-il
Il fut interrompu par une des grenouilles mutantes assurant la sécurité de l'endroit.
-Hé, Raph. Ton frère veut te voir. C'est ok pour toi, mon vieux?
Il pâlit atrocement, avant de rougir. Beaucoup d'admirateurs voulaient souvent l'approcher après les matchs. Admirateurs au masculin, car, il ne savait pourquoi, il n'existait pas de mutantes. Les mutants alors, par la force des choses, se trouvait le plus souvent portés à tourner leurs regards et appétit vers des congénères masculins. Souvent, Raph s'était vu abordé par des fans, mais jusqu'alors, personne ne s'était dissimulé sous le titre de frère. Il tenta de demeurer calme.
-J'ai pas de frère, Napoléon. Peu importe ce qu'il t'a raconté, c'est faux. nia-t-il farouchement.
-Vraiment, questionna le batracien en se frottant le menton. Pourtant, il te ressemble comme deux gouttes d'eau. Sauf pour les yeux qui sont bleus.
Raphael ravala sa salive. Il s'agissait soit de Michelangelo ou de…Léo. Il secoua la tête :
-J'ai pas de frères, s'obstina-t-il.
Slash passa son bras sur son épaule, le tirant vers lui.
-Y a de quoi qui te chicote, Raphie? questionna le gros mutant avec sollicitude.
Raphael haïssait ce surnom et se raidit de tout son être au contact de son ami.
-Non, mentit-il. J'ai la pêche. Allons fêter notre victoire.
-Bonne idée. Je passe d'un côté, passe de l'autre, pour tromper les supporters.
Raphael hocha la tête, trop préoccupé. L'idée que Léo était à quelques pas, peut-être, l'emplissait d'un sentiment trouble. Il n'avait pas vu le leader depuis près de cinq semaines, mais il sentit que s'il le rencontrait, quelque chose de terriblement embarrassant risquait de lui arriver. Il n'y avait pas une journée, depuis les vingt dernières (il lui avait fallu une dizaine de jours pour se calmer) où il n'avait pas maudit son impulsivité et songé avec mélancolie à l'aîné. Il ne devait pas le revoir, sinon, il allait pleurer ou l' embrasser, il ne savait, excepté que cela allait foutre en l'air sa réputation.
Anxieusement, il allait quitter l'immeuble par la sortie secrète dissimulée, quand un drôle de poisson aux jambes robotiques, l'arrêta et lui refila une carte :
-T'as du potentiel, mon gars. Si tu en as marre de mariner ici, y a la cour des grands qui t'attend. Mon patron cherche des guerriers habiles. Passe-nous un coup de fil, chuchota-t-il avec un lourd accent.
Raphael n'y accorda pas vraiment d'importance et après avoir hoché nonchalamment la tête à adresse du mutant aquatique, avait réussit, discrètement à sortir. Slash l'attendait, tendant deux sachets familiers de poudre blanche.
-Hé, Raph. Notre ami « Charlie » est passé. Qu'est-ce que tu diras qu'on passe chez-toi? Y a longtemps que je ne me suis pas endolori la nuque dans ce que t'appelle ton lit. Si ça te met dans l'ambiance, j'ai rien contre cogner quelques bourgeois sur notre chemin.
Se disant, Slash lui mit d'autorité un des sachet dans la main, tout en glissant une mains audacieuse sous sa carapace.
Raphael n'eut pas le temps de protester qu'une ombre se glissa entre eux et, l'instant d'après, les yeux de saphir qui le hantaient le fixaient avec une intensité aliénante.
-Alors, Raph, c'est ainsi que tu uses de ta liberté? Risquant ton intégrité physique, la seule qui te reste, pour l'amusement des badauds? Te droguant, t'enivrant, te battant et te roulant dans les draps d'inconnus, vivant une vie de criminel alors que tu avais un destin d'héros de tracé pour toi!
La tortue émeraude demeura hébétée quelques secondes durant ce laïus, puis l'indignation, soufflée par la honte d'avoir été surpris en tel état de décadence, conjugué avec son exaspération d'entendre encore des merdes qui sentait son Splinter de mille lieux, le prit :
-Va te faire enculer Fearless! T'as pas de leçon à me donner!
Léo haussa ce qui lui tenait lieu de sourcil :
-Ce n'est clairement pas moi qui me fait faire ce que tu insinues, déclara-t-il, péremptoire, devant un Raphael de cendre devant ce qui lui apparut comme une insulte. Il demeure que, Donnie, Mikey et moi, sommes demeurés intègres et…
Soufflé par l'outrecuidance de son frère, Raph, trop pris par son emportement, laissa tomber :
-Va te faire foutre, M. l'intègre avorteur. Ouais, je suis au courant! Tu as éliminé les nôtres, sans une arrière-pensée, alors que t'as piaulé pour les autres, que tu t'es fait faire par d'autres pétasses. C'est à croire que t'as aimé te faire utiliser et faire la pute pour eux.
Ce fut au tour de Léonardo de pâlir. Raph, malgré ses yeux brillants de fureur, ne voulait pas blesser son frère. Le voir, au contraire, l'emplissait d'exaltation. Il ne comprenait pas pourquoi, alors qu'il était si ému, il agissait de la sorte et venait de répondre à son frère une chose aussi brutale. Ce n'est pas ce qu'il aurait voulu lui dire, au contraire, mais c'était comme s'il ne pouvait faire autrement, les mots justes, lui échappant.
-Donnie m'avait bien averti qu'il était inutile que je te recherche, siffla Léonardo.
-Bien entendu, Donnie veut garder ton petit cul pour lui. répondit du tac au tac Raphael, avec le plus de mépris qu'il put. Il savait que sa réponse dégoulinait de jalousie, mais il s'en battait l'œil.
Le visage de Léonardo se tordit dans une grimace d'indignation.
-Il n'y a rien de tel…commença -t-il.
Soudain, Slash, qui était demeuré silencieux, s'interposa, n'en pouvant, plus, de toute évidence, de la conversation :
-Hé, mon mignon, va te faire voir ailleurs. Raph en a rien à foutre de ta carapace. Je le vois juste à sa tête.
Léo se tourna vers l'autre tortue mutante, l'air polaire.
-Qui que tu sois, tu n'as rien à voir avec notre querelle familiale, donc, je te prierais poliment de ne pas interférer. Je suis revenu ramener Raphael à la maison et rien ne me fera dévier de cet objectif.
Raphael par le maintien digne de son frère sut qu'il ne lâcherait pas le morceau et qu'il ne reculerait pas devant un combat. Slash faisait trois Léonardo, par la taille. Tout prodigieux que le leader en bleu était, Raph ne souhaitait pas que ce duel ait lieu.
Il n'eut pas le temps de s'interposer que Slash renchérit :
-J'suis l'amant et le meilleur ami de ton frère. On est ensemble, alors bats les pattes. Tu fais pas le poids.
Malgré son air peu impressionné, à son grand désarroi, son frère battit en retraite. Sa réponse, par contre, suinta de mépris :
-Loin de moi l'idée de m'immiscer dans les amours de Raphael. J'avais besoin de son aide. Notre père s'est fait capturer par notre ennemi, Oroku Saki.
-Ben Raph a d'autre chose à foutre, déclara Slash. Que tu sois son vrai frère ou non, on en a rien à branler. Ce soir, on fait la fête et demain, on va se trouver un chez-nous où tu seras pas le bienvenu. N'est-ce pas, Raphie?
Raphael mis en cause, n'arrivait pas à parler, perdu dans sa contemplation des yeux bleus qui le dévisageaient. Cela le frappait à nouveau en plein cœur. Il aimait Léonardo, avec toutes ses tripes, mais cet amour n'était pas réciproque et il devait l'étouffer.
Il bafouilla un assentiment vague. Léonardo alors, posa sa main sur son plastron, faisant fit du grondement de menace provenant de Slash.
-Raph. Tu m'as juré loyauté. J'attendrais que tu te souviennes à qui tu appartiens, murmura-t-il .Et en deux salto, il était disparu.
Un moment s'écoula où Raph ne sut s'il allait chialer comme un môme ou se pulvériser les phalanges sur le béton.
-Ouais, je sais pas qui c'était, mais c'était un enfoiré de fils de pute arrogant, déclara Slash, pour détendre l'atmosphère.
Raphael cligna des yeux, ressentant encore comme une brûlure l'endroit ou le leader avait posé la main.
-Ouais, un arrogant fils de pute, approuva-t-il, d'une voix blanche.
-Bah, continua Slash, ce n'était qu'une parenthèse dans notre soirée. On va boire, sniffer, se battre, appeler des filles et finir la soirée ensemble. Peu importe qui il est, insista-t-il. Tu perds rien au change.
La tortue émeraude ouvrit la main pour scruter le sachet de poudre et rétrécit les yeux quand il vit que dans la même main était la carte d'affaire remise. Il ne remarqua pas l'accent désespéré de son partenaire. Quelque chose de plus urgent le grugeait : Le libellé de la carte coquille d'œuf, aux caractères sobres, lui sauta au visage :
Oroku Saki.
Raphael tenta de réguler sa respiration. Il devait demeurer calme. Après tout, il n'était plus aussi directement concerné. Il avait enterré son passé. Mais il demeurait qu'un sentiment instinctif le démangeait. Il n'avait rien à foutre de Splinter, coupable ou non. Mais l'idée que Léo, poussé par le devoir filial, se prêterait à tout pour le sauver, le hérissa de crainte. Il avait beau avoir douze milles raison de le détester, il n'y arrivait pas.
-Pas vraiment le temps pour cela, Slash. J'ai des dettes à collecter….Des dettes avec un lourd arriérage.
MPTOUX; Dois-je comprendre que tu trouves cela trop long?
