Titre : À l'ombre des nuages

Auteur : Dymitry

Disclaimer : Rien ne m'appartient sauf une (grande) partie de l'histoire. (Je reprends quelques événements du manga ^^)


CHAPITRE 21 : ON EST TOUS DES PUTAINS D'ÉGOÏSTE

Shikamaru en était venu à une conclusion plutôt surprenante. Il ne voulait pas voir mourir tous les membres de l'Akatsuki. La mort de la plupart ne le dérangeait pas mais l'idée de voir Kisame ou même, il devait bien l'avouer, Sasuke périr le perturbait. Celle de Jûgo aussi, l'homme était calme et assez facile à vivre, ou encore Karin qui même si chiante et pénible était une jeune fille qu'il ne trouvait pas suffisamment intolérable pour lui souhaiter de crever.

Ce qui le mettait dans une position assez problématique, non pas qu'il puisse tuer l'un d'eux, Pain s'en était assuré, mais le Nara ne pensait pas pouvoir les laisser mourir si ça se passait devant lui. Il se sentait sensible et détestait ça mais qu'importe… ou pas, après tout le sceau ne serait inutile que lorsque Pain et tous ceux qui appartenaient à l'Akatsuki et qui avaient déposé leur sang et leur chakra sur son cou seraient mort. Bien évidemment, sur les premiers temps de la découverte de la nature du sceau, Shikamaru n'avait eu aucun problème à vouloir leur mort à tous mais il mettait ça sur le compte de la folie qui semblait nichée dans un coin de sa tête. Maintenant calmée, par pratiquement trois semaines de repos, elle ne l'influençait plus autant et il arrivait à réfléchir correctement. C'est-à-dire que par un étrange syndrome de Stockholm, il en était venu à plus ou moins apprécier certains membres de l'organisation criminelle.

Ce qui menait au dilemme qu'il ressentait. Il voulait être libre. C'était une certitude mais il ne voulait pas les voir tous mourir pour ça. Shikamaru était en train de réfléchir à ce qu'il allait faire s'il avait la possibilité de sauver l'un d'eux et en venait à la conclusion qu'il les aiderait. Après tout, recouvrir sa liberté ne le mènerait qu'à une vie d'errance et de fuite sans avoir personne si ce n'est les ninjas de Konoha à ses trousses. Peut-être valait-il mieux rester avec ceux qui n'étaient pas trop galère. Non pas qu'il était quelqu'un de très sociale et il aimait avoir sa part de solitude mais il devait avouer qu'il affectionnait l'idée d'avoir une personne autour de lui, même aussi pénible que Kisame ou que l'Uchiha.

Il soupira en se frottant le crâne. Il était allongé sur le matelas inconfortable de la cabane où ils avaient pris résidence. Cela faisait pratiquement trois semaines qu'ils se trouvaient ici. La douleur dans son corps avait pratiquement disparut et même s'il avait encore du mal à bouger et parfois à respirer, le Nara pouvait dire que sa guérison se passait bien, très bien même. Il pouvait reprendre la route et combattre sans être un fardeau pour le reste de leur équipe.

Il se mit sur le côté, regardant le mur et tournant le dos à la porte. Expirant doucement, ses pensées le menèrent à Konoha. Comment avaient-ils régis à l'annonce de la mort des oinnins ? Shikamaru avait réfléchi sur cette attaque et en avait conclu que les shinobis avaient une mission de capture et non d'exécution. Tsunade avait-elle voulu faire un exemple ? Ramener les brebis galeuses à la maison pour les châtier publiquement ? L'Uchiha aurait été réintégrer, surement interdit de participer aux missions et surveiller par une cohorte d'Anbus mais il aurait pu vivre au village sans souci. C'était rageant de savoir que Shikamaru n'était pas jugé assez utile à Konoha pour se voir laisser le bénéfice du doute ou en tout cas une deuxième chance. Même si on découvrait le sceau, l'information serait classée plus que confidentielle et on le laisserait passer pour un traître. Sa mère, ses coéquipiers ne comprendraient jamais pourquoi il était maintenant affublé du manteau noirs aux nuages rouges et du bandeau barré du village de la feuille.

Et lui dans tout ça… Une guerre se préparait et il serait amené à combattre des gens qu'il avait côtoyés. Il ne pensait pas vraiment que ce soit un problème et même s'il sentait une boule inconfortable dans son estomac à l'image des corps morts de ses connaissances, amis et familles allongés sur un sol sanglant, ce n'était plus un sentiment de répulsion et de désespoir qui le gagnait. Et ça l'effrayait. C'était comme le manque de culpabilité qu'il ressentait pour avoir tué cette oinnin d'une manière si abjecte. Même maintenant alors qu'il savait que cette mort, cette torture n'avait rien de logique mais était seulement monstrueuse, il ne trouvait pas en lui la force de regretter son geste et de se dire qu'il aurait dû la finir avec merci. Ça n'avait pas été un combat mais une exécution sans pitié, seulement une incroyable cruauté. Il se souvenait du jour où il avait tué Nohoya, un shinobi en sang, mutilé et mourant l'avait traité de monstre encore et encore et il ne pouvait pas lui donner tort. Sa petite sœur, que penserait-elle de lui aujourd'hui ? Il ne pourrait jamais se pardonner pour ce meurtre. Même s'il n'avait pas été conscient de ses actes, le résultat restait inchangé. Elle était morte. Et c'était de la faute de son clan. Il était coupable. Shikamaru aussi mais il n'avait été qu'un enfant. Il pouvait porter le poids de ses actes mais il ne pouvait pas nier être aussi capable de voir qu'il avait été trop jeune, trop innocent et que même s'il était l'instrument de la mort de sa sœur, il était aussi une victime.

Avait-il tort de penser ainsi ? Se cherchait-il des excuses ? Avait-il le droit de s'accorder ce semblant de paix ? De s'arroger le droit de penser qu'il n'avait été qu'un enfant perdu et faible qui avait été abusé et trahi ? Il sentit les larmes venir s'agglomérer dans ses yeux vairons et enserra ses genoux entre ses bras. Le mur face à lui ne lui apportait aucun réconfort et quand sa vision se troubla, il sentit les gouttes d'eau salée couler rapidement sur son visage. Avait-il le droit de se sentir aussi mal ? De se complaire quelques instants dans la complainte ? D'en vouloir au monde entier et d'accuser tout le monde pour sa misère ? Pouvait-il être égoïste ? Déverser sa rage et sa haine sur tout un chacun sans sentir la culpabilité qu'il devrait ?

La guerre… Ce sujet le hantait. Qu'allait faire Pain ? Quel était le rôle de Shikamaru dans le plan de l'Akatsuki ? Pourquoi le leader avait-il absolument voulu un Nara ? En quoi son clan de l'ombre l'intéressait tant ? Pourquoi lui avoir fait croire que le sceau était celui d'asservissement ? En quoi ça aidait les objectifs de l'organisation ? Plus il en apprenait, plus il avait l'impression de ne rien savoir.

Kurenaï n'était d'aucune aide. Elle avait accepté de trahir par vengeance et n'avait pas vu plus loin que la destruction du conseil et la promesse illusoire de paix de Pain. Sasuke ne lui dévoilait des informations qu'au compte-gouttes et même s'il lui était reconnaissant d'avoir partagé avec lui le moyen d'annulation des ordres, il n'en restait pas moins frustrant. C'était les deux personnes les plus susceptibles de l'éclairer sur la situation mais bien entendu ce n'était pas aussi simple.

Il se sentait plus calme maintenant. Les pleurs qui l'avaient submergé avaient reflué, le laissant chancelant, alors même qu'il était allongé et surtout épuisé. Il ne dormirait pas. La nuit était tombée depuis plus de trois heures et il n'arrivait pas à faire taire son esprit. Les pensées l'envahissaient, le torturaient sans cesse. L'inactivité de ces derniers jours l'avait laissé faible et incapable d'arrêter le flot de données, de faits et de possibilités.

Pain voulait réunir le plus grands nombres de ninjas possibles en un seul endroit. C'était la seule explication qu'il avait trouvé au désir du leader de voir tous les grandes nations prendre part à cette guerre. Il ne voyait rien d'autre. Des attaques isolées mèneraient inévitablement à la défaite de l'organisation et de ces alliés et stratégiquement, il serait impossible de mettre en place un plan. Le seul but logique serait donc de réunir tous les villages cachés pour… quelque chose. Il devait y avoir un lien avec la statue flippante et les bijûs. Mais pourquoi ne pas attendre d'avoir capturer tous les jinchûrikis avant de débuter ? Shikamaru ne savait pas s'il devait se mettre dans l'équation mais il pressentait étrangement qu'il aurait un rôle à jouer dans le grand schéma de Pain. Raaah, quelle galère.

Ils allaient partir dans trois jours pour le pays du son. L'Uchiha avait apparemment envoyé un message à Oto, demandant que des ninjas récupèrent des informations sur Hachibi et surtout qu'ils trouvent sa localisation. Ce qui était vraiment une bonne idée. Shikamaru se passait de la chasse du porteur de démon avec joie.

« Comment ça va ? » demanda Kurenaï qu'il n'avait pas entendu approcher.

« Mieux mais matelas trop dur, pièce trop obscure, gêne dans mes poumons et dans mes jambes et couverture trop fine.» se plaignit-il sans se retourner, craignant que les traces de ses larmes soient visibles même dans cette demi-obscurité.

« Asuma me disait toujours que tu adorais te plaindre. » Elle sourit un peu. « Il t'aimait beaucoup. Un peu comme le fils qu'il n'a jamais eu. »

« Ou pas encore. » coupa-t-il durement en se retournant et désignant le ventre de la jeune femme assise en tailleur non loin de lui.

Elle ne le regardait pas, les yeux perdus dans le vide et continua comme s'il n'avait pas pointé la mort d'Asuma :

« Il venait me voir avec un sourire fière quand tu l'avais battu au shogi et pratiquement dépouillé. » Elle souriait mais c'était plus douloureux qu'heureux. « Je me souviens de la joie qu'il a ressenti quand tu as battu cette blonde de Suna. Il était tellement heureux que tous puissent voir ton véritable potentiel, ton intelligence. Il doutait souvent aussi. Il avait peur que tu sois exclu à cause de ça mais te voir avec Chôji et Ino… Vous formez une belle équipe… »

« Formiez… Nous formions une belle équipe. » rectifia-t-il, nostalgique de ce temps heureux et sentant une pointe de douleur dans sa poitrine toujours bandée.

Son regard rougeoyant se planta dans le sien, sérieux, tranchant. Shikamaru s'interrogea sur cette conversation. Avait-elle attendu qu'il soit capable de bouger pour se venger ?

« Oui. Avant. Je me suis demandé si je pouvais vraiment t'en vouloir. C'est de ma faute après tout. J'ai passé deux ans à susurrer dans l'oreille du conseil, à leur dire à quel point tu étais dangereux. J'ai pointé ton intelligence, ton amitié avec Naruto, tous tes petits échecs et ta nouvelle instabilité. Je n'ai appris que récemment que tu étais un Anbu mais eux le savaient et ils ont du faire le lien. Ça a été dur de gagner leur confiance, encore plus de leur faire croire que je ne les haïssais pas. J'ai rampé, complimenté, obéi. J'ai accepté de leur ramener des informations sur tout le monde et quand ils étaient en confiance… Je suis venue, inquiète et incertaine. Je leur ai dit que tu agissais étrangement. Ciel ! J'ai même utilisé le nom d'Asuma, leurs disant qu'il m'avait rapporté des choses troublantes à ton sujet. Il me haïrait, n'est-ce pas ? S'il savait… s'il avait su… »

Shikamaru s'assit en tailleur, mimant la position de la jeune femme.

« Certainement. » dit-il, incertain... Incertain de sa capacité à oblitérer la colère et la tristesse devant la trahison de cette femme enceinte et brisée par la mort de son amant.

Savoir ce qu'elle avait fait, tout ce qu'elle avait orchestré patiemment et qui l'avait mené à cette situation, lui donnait envie de la frapper. Il se restreint au calme, voulant savoir où elle voulait en venir.

« C'est pour ça… Je ne peux pas le venger alors que son meurtrier est son élève, celui qu'il voulait protéger. » dit-elle dans un souffle.

Une froide furie coula dans ses veines à ses derniers mots.

« Il a voulu me tuer. » rétorqua froidement le Nara.

« Tu ne comprends donc pas qu'il a voulu t'épargner le supplice que ta famille t'aurait fait vivre ?! » s'exclama-t-elle virulente.

« M'épargner ? » Shikamaru eut un rire jaune. « Il n'a pas cherché à comprendre ! Je l'aurais laissé partir si les situations avaient été inversées ! » cria-t-il.

« Vraiment ? Quitte à trahir Konoha ? A échouer à la mission qui t'avait été confié ? »

« Oui. Ino, Chôji, Asuma. Je l'aurais fait pour eux. » dit-il calmement alors même qu'il ne se sentait absolument pas serein mais plutôt au bord de l'explosion. « C'est toi qui ne comprends pas Kurenaï. Asuma était un homme bon mais il a oublié d'être un senseï, un guide, une aide. Et il l'a prouvé ce jour-là. » conclut-il en se rallongeant et fermant les yeux ne trouvant pas la force de se justifier plus longtemps.

« Tu dis que tu l'aurais laissé partir mais tu ne l'as finalement pas fait. Qui essais-tu de tromper Shikamaru ? Quelle est la vraie raison ? J'ai besoin de savoir… s'il-te-plait… »

Etendu sur le dos, il mit un bras sur ses yeux. Oui, pourquoi ? Pourquoi l'avait-il tué ?

« La colère » murmura-t-il, plongé dans les souvenirs, revivant la rage, la douleur. « J'ai ressenti tellement de colère devant sa résolution à me tuer, tellement de haine devant son regard sérieux. Il ne doutait pas, il ne flanchait pas. Je me suis senti tellement trahi, trahi plus que de mesure. Je l'aimais. Asuma… était comme un deuxième père et un père ne devrait pas choisir d'abattre ses enfants ! »

Il se redressa brusquement, se mit à genoux et la regarda profondément. Elle eut un geste de recule qui le fit ricaner moqueusement.

« Je me suis toujours trompé, n'est-ce pas ? Mes deux pères m'ont trahi, abandonné. C'est douloureux d'y penser, de savoir. Tu vois Kurenaï, je sentais une indifférence parfaite à ton égard mais maintenant… Tu m'as trahi bien plus qu'eux. Tu es la cause de ma situation ! Sais-tu ce que ça fait de perdre espoir de retourner un jour chez soi ? De ne pouvoir pas se rassurer en se disant que ses proches ne peuvent pas être dupés par un malheureux sceau ? De se rendre compte que personne ne te connait ? Le désespoir, la souffrance, la rage ! Et tu penses que tu peux venir me voir avec ton histoire ? Tes pauvres justifications ? Ta haine pour le village et ton espoir pour l'avenir alors même que tu es aussi responsable que moi pour la mort du père de ton enfant ? Essaies-tu de me faire me sentir coupable pour le meurtre de mon senseï ? M'épargner, c'est le mot que tu as utilisé pour justifier sa décision, sa tentative. Ce n'était pas ça… C'était se débarrasser d'un problème gênant ! » Hurla-t-il à son visage avant de susurrer mielleusement : « Penses-tu qu'il aurait fait la même chose à l'enfant que tu portes ? »

Il avança sa main couverte de lignes noirs, la laissant en suspend à un centimètre du ventre de la femme avant de reprendre :

« L'aurait-il affronté, confronté et essayé de l'achever ? Tu imagines ça Kurenaï ? Le devoir avant la vie de sa propre chair et de son propre sang… »

« Il n'aurait pas fait ça. » souffla-t-elle, tremblante et il ne remarqua que maintenant les larmes qui dégoulinaient sur ses joues pâles.

« Alors ne me dit pas qu'il me considérait comme un fils, ne me dit pas qu'il était fier et heureux pour moi ! Il mentait. Il n'a jamais cherché à m'aider. Il ne faisait qu'un travail superficiel, le minimum de ce que son devoir lui demandait. Tu le connaissais comme un amant, moi comme un professeur. Et peut-être a-t-il réussi dans ce rôle auprès de toi mais il a échoué à être ce qu'il aurait dû être auprès de ses élèves. Sais-tu ce qu'il m'a dit en découvrant que je quittais le village ? Il m'a accusé, convaincu que j'avais décidé de partir, de mon plein gré. Imagine la douleur Kurenaï de savoir que jamais je ne pourrais lui dire que j'avais une mission suicide. Je suis un ninja et pour le village, je suis parti. Parti, convaincu que j'allais mourir à seize ans. À cause de la décision d'une femme stupide. Et maintenant, j'aide l'Akatsuki. Je suis un des membres de l'organisation criminelle la plus redoutée du monde ninja. Balloté par les décisions des autres sans pouvoir parlé pour moi. Tu crois que je ne sais pas que tu as fait comme les autres ? Tu crois que je n'ai pas senti que ton chakra s'était ajouté aux leurs ? Comment te sens-tu en sachant le pouvoir que tu as sur moi ? En sachant que tu peux me frapper sans que je ne puisse répliquer ? En sachant que tu peux m'ordonner tout et n'importe quoi sans que je puisse protester, me rebeller ? J'espère que tu pourriras dans la culpabilité de savoir que tu es l'instigatrice de la mort du père de ton gosse ! J'espère que lorsque tu comprendras que quitter le village était condamné ton gamin à une vie bien plus pourri que si tu y étais restée, le désespoir te fera succomber lentement. Tu me répugnes ! Bravo, Kurenaï, alors que ton existence m'indifférait, tu as réussi à me faire te haïr! »

Le Nara eut du mal à reprendre son souffle et laissa sa main gauche tomber le long de son corps sans quitter la kunoichi des yeux. Kurenaï avait baissé la tête pendant sa tirade et quand elle reprit la parole sa voix était faible et fluctuante mais étrangement plate:

« Je te hais aussi Shikamaru. Je t'ai haï dès que la mort d'Asuma m'a été annoncée. Je… Je sais que c'est de ma faute. Je sais que j'ai détruit ta vie. Je ne me vengerais pas. Je le peux comme tu le sais mais Pain… Tu mourras avant moi Shikamaru. » Elle leva des yeux tristes vers lui. « Zetsu est venu. Il m'a dévoilé une partie des plans de Pain. Je ne sais pas pourquoi on m'a révélé ça. Peut-être était-ce un test mais j'ai été si apaisée quand il m'a dit que tu allais mourir. Ta simple existence est intolérable. Tu me rappelles sans cesse ce que j'ai causé, ce que j'ai créé. »

Shikamaru ne pouvait pas respirer. Il… Il ne voulait pas mourir.

« Comment ? » laissa-t-il échapper à bout de souffle.

« Douloureusement. » Kurenaï lui sourit. Le Nara la regarda. Ce n'était pas un sourire victorieux, haineux, vicieux ou malsain, seulement soulagé. « Tu paieras. »

oOo

Tsunade leva lentement son bras, comme si tous ses muscles étaient trop détendus pour obéir avec diligence. Sa main s'approcha de sa bouche. Ses doigts fins se soulevèrent, emportant avec eux poignet, bras et épaule. Le goulot d'une bouteille pratiquement vide frappa ses lèvres gercée et abusée. Le liquide coula, brûlant les fines craquelures sanglantes, ajoutant un goût métallique au saké bon marché qu'elle avala avec difficulté. Sa main tomba le long de son membre mou, laissant la bouteille se fracasser sur le sol.

Son chapeau et sa robe d'Hogake étaient fripés, lancés rageusement sur le sol semblaient la narguer, lui rappeler encore et encore son rôle dans ce merdier.

Elle renifla, s'essuyant les yeux hargneusement avant de se lever et hurlant de rage, elle souleva son bureau pour le lancer violemment contre le mur, brisant celui-ci en une explosion sonore. Prise d'une folie destructrice d'une rare intensité, elle frappa, jeta, cogna, hurla, cria pour enfin s'effondrer en pleurs au milieu du chaos qui avait un jour était le bureau du kage de Konoha.

« Une loque ! Une loque ! C'est tout ce que tu as laissé derrière toi Jiraiya ! »

Tous avaient déserté l'étage sur un ordre cinglant de la femme quelques heures auparavant. Pourtant, elle n'était pas seule, dans un coin, un crapaud la regardait avec tristesse et pitié et elle ne put que le scrutait, yeux vides et respiration haletante.

« Qu'est-ce que je suis censée faire ? »

Le crapaud ne répondit rien, bougeant simplement la tête, lentement de gauche à droite avant de disparaître dans un pop de fumée. La solitude l'enveloppa et Tsunade enserra ses épaules, ses yeux écarquillés se fixant sur son chapeau blanc.

Elle resta prostrée, immobile, pendant une éternité.

Puis elle se leva, ses gestes décousues, comme un pantin désarticulé.

Titubant, elle s'approcha pour aller ramasser le symbole de son pouvoir.

Elle le mit sur sa tête, avec soin.

Elle revêtit le lourd manteau immaculé, avec calme.

Le visage blanc de toute expression, elle sortit de la pièce, traversa les couloirs jaunes du bâtiment pour arriver sur le toit. Elle prit un des pigeons en cage qui s'y trouvait avant d'écrire quelques mots d'une écriture claire et lisible. Elle lâcha la créature et n'en détacha son regard que quand elle eut disparue totalement. Elle se mit sur le toit de la sortie des escaliers, faisant face à son village et tournant le dos au statut de ses prédécesseurs.

« Tsunade ? » appela, hésitante, Shizune. « Ça va ? »

L'Hokage ne se retourna pas et se contenta de dire d'une voix polaire :

« Réuni tous les ninjas et fait venir le conseil. »

« Bien, Hokage-sama. » acquiesça Shizune.

Et si elle entendit la douleur dans la voix de son amie, secrétaire, complice, camarade pour avoir ainsi rejetée sa tentative de soutient, elle n'en démontra rien.

Dure et froide, elle resta droite, dominant ses subordonnés qui s'alignaient petit à petit derrière elle. Elle ignora les questions agacées et agaçantes du conseil, tout comme les chuchotements plus ou moins discret des shinobis.

Quand Shizune lui annonça que tous les ninjas qui n'étaient pas en mission étaient présents, elle ne dit rien.

Quand les deux conseillers exigèrent des explications, la harcelant sur le pourquoi de ce rassemblement, elle ne bougea pas.

Puis, elle se retourna, les regardant de haut, ses yeux bleus étaient rougis mais au-delà de ça implacables, intraitables.

« Votre Hokage vous demande, êtes-vous prêts à mourir pour Konoha ? » sa voix tonna, tranchante.

Les oui fusèrent, plus ou moins rapides, plus ou moins convaincus.

« Suna est incertain quant au bienfait des traités déjà signés et veut en renégocier les clauses en défaveur de notre village. Kumo veut que nous signions un document qui nous annexera presque pour un simple accord militaire et les autres villages demandent bien plus que ce qu'ils en ont le droit. »

Le silence se fit, coléreux, choqué, désespéré.

« Notre village apparaît faible et déclinant. Une guerre se présage et même si nous en sortons vainqueur, nos propres alliés seront plus maître de ce village que ses habitants, que ses combattants ! Konoha deviendra le symbole de la soumission ! » s'écria-t-elle en écartant les bras. « La flamme qui brûle depuis des générations, voulez-vous vraiment la voir s'éteindre sous le joug d'autres villages ? Notre fierté se transformer en soumission ? Voulez-vous que le nom de Konoha ne signifie plus qu'asservissement, docilité et couardise ? Je refuse de voir ce village tombé aussi bas ! Je refuse de voir notre volonté être balayer, la flamme de Konoha être assujetti ! Alors ici et maintenant, je vous donne le choix ! Êtes-vous prêt à mourir pour Konoha ? Êtes-vous prêt à protéger notre terre, à brûler nos opposants, à consumer tout ennemis ? Êtes-vous prêt à mourir pour que le nom Konoha soit prononcé avec respect et admiration devant notre bravoure, notre détermination et notre fierté ? Votre Hokage vous ordonne de mourir ! Votre Hogake vous ordonne de combattre jusqu'à votre dernier souffle ! Nous abreuverons cette terre de sang et de viscères ! Konoha ne s'agenouillera pas devant ses ennemis et encore moins devant ceux qui se dissent ses amis ! »

Appuyé contre une des rampes entourant le toit, Danzô sourit.

oOo

Shikamaru avait la tête baissée, ses cheveux détachés tombaient devant ses yeux fermés. Il se sentait las de tout. Ils partaient le lendemain et alors qu'il avait trouvé cette inactivité insupportable à cause de toutes les pensées qui le parasitaient, il ne pouvait s'empêcher de souhaiter qu'elle dure encore un peu. Juste le temps qu'il intègre la révélation de Kurenaï.

C'était presque étrange, le compte à goutte de réponses qui lui était donné. Une information après l'autre, juste assez pour lui donner envie d'hurler ou de se morfondre dans la frustration et jamais suffisamment pour lui donner une image claire. Pourquoi le garder ainsi dans le noir ?

Le noir… Son don des ombres, sa mort, la guerre, les bijûs.

Il se mit en tailleur, rassemblant ses doigts en un rond imparfait.

Son don des ombres, sa mort, la guerre, les bijûs, le sceau…

Sceau, Nara, bijûs, guerre, mort douloureuse, instaurer la paix dans le monde ninja, réunir le plus de shinobis possibles en un même endroit. Lien, Shikamaru devait trouver le lien.

Mais, en dehors du lien qui lui restait un mystère, le jeune nukenin ne voyait que quelques conclusions possibles au plan de Pain : massacre, destruction, annihilation, domination… Pain se prenait pour un Dieu, Pain voulait instaurer la paix dans le monde ninja… Domination…

« Nara. »

Shikamaru tourna brusquement la tête, ouvrant les yeux pour découvrir l'Uchiha, debout, le visage dissimulé par les ombres.

« Uchiha. » salua-t-il.

Le silence s'installa entre eux et aucun ne semblait vraiment vouloir le briser. Sasuke ferma la porte et se laissa glisser dos à celle-ci, une jambe étendue devant lui et l'autre remontée vers son torse. Les deux shinobis ne bougeaient pas, leur respiration calme n'était qu'un murmure confortable. Les minutes passèrent avec mollesse comme si le temps lui-même ne pouvait accélérer la fin de cette sérénité.

Ils ne se regardaient pas, pas vraiment même si l'un était toujours dans le champ de vision de l'autre.

« T'aider… » commença l'Uchiha d'une voix basse. « Reviendrait à laisser passer l'opportunité d'accomplir mon objectif. »

Shikamaru acquiesça, ne trouvant pas le besoin d'ajouter quoique ce soit à cette déclaration. Ils regardaient dans le vide, dans des directions opposées sans que leurs pensées ne soient visibles sur leur visage jeune et pourtant si lisse de vie.

« Je hais Itachi et Konoha. Tu es lié aux deux. »

Encore une fois, le jeune Nara hocha la tête. Sasuke n'ajouta rien.

Dehors, les oiseaux chantaient, le soleil se levait derrière une mince couche de nuages grisâtres.

oOo

« … les quatre fers en l'air ! » s'exclama Kiba en un rire gras.

« Impossible ! » nia Ino incrédule. « Gai-sensei n'aurait jamais… »

« Il l'aurait fait et sans hésitation. » coupa Sakura avec fatalité.

« Tu as bien raison Sasuka-chérie ! Maître Gai aurait accompli ce fait avec toute la fougue et la vigueur qui l'habite démontrant comme toujours la flamme qui brûle dans son âme ! »

Presque toute leur promotion était réunie dans un restaurant proche de la tour de l'Hokage. Il y avait quelques jours de cela, l'équipe menée par Kakashi, composé de Sai, Chôji et Shino était partie. Naruto avait été appelé par Tsunade en promettant de les rejoindre dès la fin de l'entretien. L'ambiance était chaleureuse et les rires fréquents, essentiellement grâce aux sempiternelles pitreries de Kiba, Akamaru et Lee mais on pouvait sentir planer un certain malaise sur la petite assemblée, autant dû aux lourdes pertes qu'ils avaient vécues qu'au discours de l'Hokage, deux jours auparavant.

« Naruto met beaucoup de temps. » fit remarquer Hinata tellement inquiète qu'aucun rouge ne monta à ses joues en sentant les regards parfois goguenards de ses camarades.

« Ça va faire une heure. » acquiesça Sakura, son regard se perdant vers le bâtiment imposant de l'Hokage qu'elle apercevait par la fenêtre ronde qui se situait à sa droite.

« Peut-être Hokage-sama voulait lui parler des raisons de son discours. N'étiez-vous pas censés partir à Kumo dès qu'un accord avait été atteint ? » demanda Neji.

« Si. » répondit Ino, bien que l'interrogation fût destinée à Sakura. « Hogake-sama semblait prête à accorder beaucoup des demandes de Kumo et apparaissait certaine que nous partirions. Je me demande ce qui l'a poussé à faire une telle déclaration. »

« C'est effrayant. » fit Hinata d'une petite voix. « C'est comme si elle était certaine que nous allions perdre la guerre et tous mourir. »

Tous se turent pour se plonger dans une réflexion morose et appréhensive.

« Je n'arrive pas à croire que Suna veuille renégocier notre traité… Pas après que nous ayons aidé à sauver Gaara. » marmonna aigrement Kiba en caressant Akamaru, assis à ses côtés.

« Ils nous ont quand même envoyé des shinobis en renfort… » tenta de tempérer Hinata, les mains jointes sur sa poitrine.

« Hogake-sama les a renvoyé. » révéla Tenten, un kunaï entre les doigts qu'elle lançait en l'air et rattraper répétitivement. « Soit elle espère qu'en voyant que Konoha ne cédera pas, nos alliés signeront des traités moins défavorables pour notre village soit… »

« Soit nous serons seuls si on nous attaque. Les membres de l'Akatsuki ont été aperçus entrant et sortant de presque tous les villages cachés. » soupira Sakura. « Nous aurons du mal à faire face s'ils arrivent à convaincre plus d'une nation à les rejoindre… »

« Ça sera seulement l'occasion de montrer au monde ninja la jeunesse éternelle dont notre village est bénie ! La force de notre détermination sans faille et la beauté de nos techniques ! La flamme qui brûle en nous tous resplendira et aveuglera nos assaillants ! » s'écria Lee en posant un pied sur la table, debout sur sa chaise avec un sourire immense et le pouce dressé.

« On sera dans la merde oui. » contra Kiba. « Son discours faisait plus pensé à une demande de suicide, voir un ordre, qu'autre chose. »

« Kiba ! Pas la peine d'être aussi… » s'exclama Sakura avant d'être coupé par Ino :

« Il ne fait que dire ce qu'on pense tous. Les paroles d'Hokage-sama étaient claires, mourir pour notre village et laisser son nom devenir symbole de bravoure mais surtout de sacrifice. »

« Les génins… » fit Sakura, ses yeux plissés.

« Combattrons comme ils ont combattu dans les dernières guerres. Ils ont le bandeau des shinobis et ne sont donc plus considérés comme des enfants mais bien comme des combattants. » rappela froidement Neji.

« Je ne peux pas croire que Tsunade fera ça ! » nia la kunoichi aux cheveux roses, une main serrant son tee-shirt au niveau de son cœur.

« Tu oublies quelques choses de fondamental Sakura. » intervint Tenten, fixant la jeune fille intensément. « Les shinobis sont des outils, usés jusqu'à la mort pour le bien du village selon la volonté de l'Hokage. »

« Seuls les civiles et les enfants encore à l'Académis seront autorisés à fuir… Le reste, tous ceux qui ont un bandeau resteront pour faire face. » appuya Neji.

Sakura acquiesça, sans trouver la volonté de rajouter quelques choses devant ses vérités déjà connues.

« Il n'y a plus qu'à espérer que Konoha ne sera pas seule. » dit Hinata en posant une main réconfortante sur l'épaule de la jeune fille aux cheveux roses.

« Comme l'a souligné Hogake-sama, la réputation de Konoha est au plus mal. En plus de notre faiblesse suite à la dernière guerre, au Kuuybi et à l'attaque d'Orochimaru et Suna, il n'est pas passé inaperçu que l'Akatsuki a actuellement deux anciens shinobis de la feuille et deux autres en ont fait partie dans le passé. Les villages cachés parlent de conspiration et leur suspicion est dirigée vers nous. » exposa Neji en prenant une gorgée de son thé maintenant froid.

« Non-sens ! On a un jinchûriki ! Tout le monde sait que l'Akatsuki en a après eux. » s'écria Kiba.

« En effet. » concéda Neji. « Mais alors que presque tous les autres démons ont été récupérés, Naruto malgré ses nombreuses missions en dehors de Konoha n'a jamais été capturé ni vraiment visé. »

« Mais il en va de même avec le jinchûriki de Kumo. » fit remarquer Ino. « Et même si le pays de la foudre n'est pas connu pour ses déserteurs, on peut dire qu'il est encore plus suspect que le frère du kage qui contient un démon, voyage seul et n'a jamais été préoccupé par l'Akatsuki. »

« Le pays de la foudre est respecté. » dit Sakura d'une voix plate. « Kumo a une taux de réussite de ses missions extrêmement élevées et ils ont très peu de plainte de leur clients. »

« Nous n'en avons pas tant que ça, si ? » demanda Hinata.

« Plus que tu ne le crois. Nous avons peu de jônins et d'Anbus. Ce sont les ordres de l'Hokage d'abandonner toutes missions si le risque de mortalité est trop élevé. » Neji secoua la tête.

« J'oublie souvent que tu es un jônin maintenant mon fervent ami ! Je ne puis t'imaginer fuir devant le danger ! »

« Les ordres de l'Hokage sont absolues. » dit-il rageusement, sa fierté blessée avant de se calmer et de continuer : « Ça n'a plus vraiment d'importance. Ses propos levaient clairement cette politique de survie avant la mission. »

« Je ne voulais pas t'offenser mon cher compagnon. Obéir à Hogake-sama tout en devant laisser ses propres pensées et sentiments derrière toi et la preuve incontestable de la loyauté flamboyante qui t'habite et montre à tous ton incroyable dévouement ! Un tel acte ne peut être considéré qu'avec respect et ne devrait pas être vu comme de la couardise ! Abnégation et don de soi prouve que la flamme de Konoha brûle en toi ! »

Neji hocha la tête, montrant qu'il avait entendu alors que Kiba roulait des yeux.

« Tout ça pour dire qu'on est dans la merde. » grommela ce dernier.

« On est pas sûr qu'une guerre va éclater. » fit remarquer timidement Hinata.

« Les villages cachés commencent à refuser de plus en plus de mission et à renforcer leur défense. Les frontières sont gardées avec deux fois plus d'effectifs… » laissa entendre Sakura en s'appuyant sur le dossier de sa chaise et laissant sa tête tomber en arrière. « Bientôt les seuls qui pourront traverser seront les membres de l'Akatsuki. »

« Voyons, je suis sûr que nos voisins ninjas ne laisseront pas de tels énergumènes voyageaient à leur grés ! » contra Lee en fronçant ses épais sourcils.

« Tché. Ils entrent et sortent des autres villages cachés comme si c'était des moulins. » dit Ino en serrant les bords de la table.

« Que… »

« Elle a raison Lee. » intervint Tenten. « D'après ce que j'ai entendu, ils arrivent seul, vainquent tous ceux qui sont sur leur passage sans tuer personne et reparte quelques heures après. »

« Ils ne tuent personnes ? » demanda Kiba, incrédule.

« Une preuve de plus que la guerre est imminente. L'Akatsuki est en train de nouer des alliances et tuer les troupes de leurs possibles alliés serait contre-productif. » répondit Sakura, regardant toujours le plafond.

« Mais tous n'ont pas dû accepter et pourtant ils ressortent toujours sans laisser de morts derrière eux. » fit Tenten soucieuse.

« Ils doivent surement vouloir cultiver notre paranoïa. Le fait qu'ils soient aussi… cléments avec les villages qu'ils visitent nous fait nous demander s'ils n'ont pas tous accepter de collaborer avec l'Akatsuki. » proposa Ino en fixant son verre d'eau.

« Mais… alors la décision d'Hokage-sama ne va faire que renforcer la suspicion des autres villages envers Konoha. » déduisit Hinata. « Je veux dire que le fait que nous ne communiquions plus… C'est comme si on en avait pas besoin et… » peina-t-elle sentant sa timidité prendre toute éloquence.

« Oui, malheureusement, ce sera difficile de faire comprendre aux autres villages que nous ne sommes vraiment pas liés à cette organisation. » aida Ino.

« Je ne peux pas croire que Gaara ne nous aidera pas. » intervint Sakura. « Après tout l'alliance de nos deux villages est récentes mais Gaara sait que Konoha n'a aucun lien avec l'Akatsuki. »

« Je ne pense pas que le problème vienne du Kazekage mais plutôt de la situation politique tendue de Suna. » dit Neji, pensif.

« Qu'est-ce que tu veux dire par là ? » demanda Ino.

« Pendant longtemps, le conseil du Kazekage pensait que Gaara-sama devait être éliminé. Il était considéré comme une menace incontrôlable. Son statut de Kage s'il ce n'est pas vraiment nouveau, n'est certainement pas ancien et on lui a donné ce pouvoir justement parce qu'il était un danger hautement instable et qui s'était avéré difficile voire impossible d'évincer… »

« Tu veux dire qu'il est Kazekage à cause de la peur qu'il inspire ? » coupa Ino, incrédule bien qu'elle se souvenait encore avec effroi du monstre qu'il était lors de l'examen chuunin.

« Oui. Son accession au titre de Kage peu de temps après sa… remise en question ne semble pouvoir découler que de menaces et autres méthodes de persuasions… » Il laissa passa quelques secondes de silence avant de reprendre, toujours à moitié perdu dans ses pensées : « Le Kazekage n'a plus de démon, ce qui retire la peur qui maintenait sûrement la contestation à distance et le laisser libre de gérer Suna sans avoir à se préoccuper des avis de ses conseillers. De plus, son statut de shinobi le plus fort est remis en cause. »

« Gaara est dans la merde en gros. Il ne reste Kage que grâce à la guerre qui arrive, en changer serait sûrement mortel pour leur réputation. » dit Kiba.

« Exactement. » intervint Tenten. « Suna a une bonne réputation. Ses ninjas sont coriaces, ils ne s'arrêtent pas à grands choses pour accomplir leur mission et l'attaque menée sur Konoha a été imputé à Orochimaru plus qu'à eux de sorte que de par l'appartenance du sainnin à notre village… Konoha est blâmée. Suna aurait presque été en droit de demander des dédommagements à Konoha pour la perte de ses ninjas et de son Kage. Après tout Orochimaru a tué le Kazekage. »

« Mais c'était tout de même la décision des ninjas du sable de venir nous attaquer. » s'indigna Kiba.

« Oui mais il serait difficile de le prouver et avec l'image que Konoha a dans le monde ninja, Suna pourrait facilement pointer notre village comme seul responsable. » continua Tenten.

« Et Tsunade est prête à risquer ça ? Nous avons une réputation de merde mais elle est pas aussi terrible que si Suna se met à raconter des conneries à qui veut l'entendre ! »

« Et quoi Kiba ? Tu préfères qu'on rampe à leur pied ?! » s'écria Ino. « Moi je préfère mourir fièrement plutôt que d'aller minauder pour les quelques miettes qu'on voudra nous donner ! »

« Ouais mais morte tu seras comme tout le monde ! La tête dans la boue, la pisse et le sang ! Va leur dire après que tu es l'incarnation du sacrifice et de la bravoure !»

« Ça suffit ! » coupa Sakura.

« Tss. Je ne veux pas dire que je ne mourrais pas pour mon village mais je refuse d'entendre ses conneries. Y a rien de glorieux à crever dans une guerre. Tu seras un soldat parmi tant d'autres. On se pissera tous dessus de peur pour nous-même et pour les autres et on crèvera avec une lame dans le dos et non après un duel épique ou autre bouffonnerie.»

« Au moins, je saurais pourquoi je… » commença Ino, le nez légèrement en l'air.

« Tu sauras rien. » dit-il sèchement. « On est des soldats, des shinobis, on obéira et on ira crever avec l'impression d'accomplir notre devoir patriotique. Puis, on verra des cadavres autours de nous recouvrir la terre comme des plantes et on se dira merde je vais crever et à ce moment-là Ino, Konoha, l'Hokage t'en aura plus rien à foutre. Il te restera que la putain de frousse de crever au milieu des cadavres, viscères et autres merdes et le pire c'est que même si t'es en train de te pisser dessus de trouille tu continueras à combattre jusqu'à tomber et crever en te faisant piétiné par tes ennemis et alliés parce que t'es un shinobi. Mais merde Ino, on sera pas une dizaine ! On sera des centaines à s'entre-tuer ! Tu pourras pas tourner la tête sans voir quelqu'un en train de crever ! Alors ouais, j'ai peur ! Alors ouais j'ai envie de me dire que quand je baisserais les yeux, je verrais le corps de mes ennemis ou d'alliés que je ne connais pas et pas un des votre ! Je suis un putain d'égoïste mais j'irais combattre ! J'irais crever avec vous ! Mais je refuse d'entendre tes conneries sur notre putain de mort héroïque ! Y aura pas de fierté, y aura juste des hommes et des femmes qui se rendent compte qu'ils passeront pas la journée !»

Le silence se fit, tous perdus dans les paroles qui venaient d'être crument dîtes.

« De toute manière, on est tous des putains d'égoïste et on est tous en train d'espérer mourir en premier pour ne pas avoir à survivre les êtres à qui ont tiens. » murmura Kiba en se levant et partant suivi d'Akamaru, les oreilles basses et la queue entre les jambes.

La guerre était là, invisible, impalpable mais elle consistait un avenir tellement concret qu'ils avaient tous l'impression de la sentir s'insinuer avec sa compagne terreur dans leurs os même.

À suivre


NdA : Ça va ? J'ai réussi à prouver que tout le monde n'était que des putains d'égoïste ? Bon pour Sasuke et la promotion de Shika c'est facile… Pour Shika, c'est lisible (si, si, c'est dit) et pour Kurenaï c'est assez clair mais pour Tsunade (vu que j'ai opté par un PoV externe…) ?

Vous avez envie d'étrangler Sasuke, avouez ! Et peut-être Kurenaï aussi mais elle est enceinte ! Oh !

J'ai relu le chapitre précédent… Il était un peu trop fleur bleu pour Shika et Sasu sur la fin… J'ai pensé à le modifier mais personne ne m'a dit que c'était choquant ou qu'ils faisaient trop OOC alors, je laisse :P

Le chapitre qui arrive est plus long et il y a de l'action ! On ira même faire un petit tour à Suna pour savoir ce que nos shinobis du sable préférés trafiquent ^^ Et vite fait à Konoha pour savoir ce qu'il s'y passe (et oh mon Dieu, il s'en passe des choses!). Le titre : DYSHARMONIE PARFAITE (j'avais pas trop d'idée) Raah, vous allez vraiment me haïr dans le prochain chapitre mais vraiment XD Je devrais l'appeler Comment j'ai perdu tous mes lecteurs… Ou Comment vous allez tous hurler dans quelques paragraphes ^^

PS : Parution toujours anarchique mais minimum un chapitre par mois (je ferais de mon mieux ! Je publie celui-ci maintenant parce que je pars pendant au moins trois semaines et je doute de pouvoir publier ! Je prie pour rentrer plus tôt et vous donner le suivant !). Merci encore pour vos reviews ! N'oubliez pas de laisser un petit mot ^^