Bonjour à tous !
J'entame ce chapitre avec une mauvaise nouvelle : je ne vais bientôt plus avoir accès à internet pour un petit bout de temps. Pas de panique, je vais continuer à écrire et, pour me faire pardonner, je publierais plus de chapitres chaque fois que je le pourrais. Aussi, je vais essayer de passer plus de temps à soigner et peaufiner mon écriture.
Je suis vraiment désolée pour ce désagrément, j'espère que ça ne durera pas trop longtemps ^^
Aussi, je souhaite adresser un grand merci à dragonise, qui m'a suggéré le nom de la technique d'Alea, "Jikan no Hikage", l'ombre du temps. Merci du fond du cœur :)
Bonne lecture, et à bientôt !
Godchild – Chapitre 19
Un combat fraternel
J'ouvris lentement les yeux, émergeant tout doucement du sommeil.
Je me sentais bien, détendue, reposée. Oh, je n'avais pas si bien dormi depuis au moins... Une éternité ou deux, au bas mot.
Des battements calmes et réguliers résonnaient à mes oreilles comme une berceuse. Ma tête était blottie contre un torse nu, que je savais appartenir à Kakashi, juste au niveau du cœur. Ses bras entouraient mes épaules, et son menton était appuyé contre mon front, si bien que son souffle léger caressait le haut de mon crâne, faisant remuer quelques uns de mes cheveux les moins disciplinés.
Très très précautionneusement, je me redressai assez pour voir son visage endormi. Il était plus détendu, plus relaxé que la toute première fois où je l'avais vu dormir, lors de notre mission au pays de la Foudre. Cette fois-ci, j'eus le sentiment qu'il avait vraiment baissé un petit peu sa garde, assez pour s'autoriser à dormir un peu plus profondément en ma présence. Touchée, je retins à grand peine une envie de l'embrasser, préférant le laisser dormir.
Profitant de son sommeil, je dévorai du regard chaque courbe de son visage, essayant de les graver profondément dans ma mémoire. Comme ça, à chaque fois que je fermerais les yeux, je serais sûre de revoir son visage endormi.
Cependant, dès que j'essayai de me rappeler les événement de la nuit dernière, je tombai sur un os. Je me souvenais parfaitement du moment où je lui avais plus ou moins suggéré de laisser tomber tout contrôle. Je me souvenais des baisers plus que passionnés qui s'en étaient suivis, et de sa main passant sous mon tee-shirt.
Et puis plus rien.
Zéro.
Que dalle.
Le trou noir.
Une vague de panique me submergea. Que s'était-il passé ?! Était-il possible que... Que nous l'ayons fait, et que j'aie tout oublié ?!?
Paniquée, je me mis à trembler légèrement. Le fait que je n'étais vêtue que du large tee-shirt que je portais habituellement pour dormir n'aidait pas à apaiser mes craintes, bien au contraire...
Réveillé par mon agitation croissante, Kakashi ouvrit un œil. En voyant mon expression angoissée, il comprit aussitôt, et me fit un sourire rassurant.
- « Tu as rempli trop de capsules, hier soir, et tu as perdu connaissance juste quand ça devenait intéressant. » m'expliqua-t-il.
J'en restai bouche bée.
Il y a des moments dans la vie, où on se dit que jamais on ne pourrait être plus embarrassé à l'avenir. Comme la première nuit où j'avais dormi dans l'appartement de Kakashi, et que je l'avais inconsciemment câliné.
Et puis il y a ces autres moments, comme maintenant, où la vie s'amuse à vous tapoter sur l'épaule, et à vous chuchotez malicieusement à l'oreille « Tu vois, j'en ai encore plein en réserve pour toi ! ». Ce genre de moments, où l'on a envie de disparaître à six pieds sous terre, tellement on est gêné...
Dire que nous avions été à deux doigts de... Hum... De... De mettre en pratique certains des conseils que donnait mon père dans ses livres ! Et dire que j'avais tout gâché en m'évanouissant stupidement...
À défaut de pouvoir m'enterrer dans le sol, je me précipitai sous les couvertures, me cachant derrière les draps clairs.
- « Oh... J'ai honte... » murmurai-je d'une toute petite voix. « Vraiment, je suis désolée. »
Il rit, puis me rejoignit sous les couvertures. Ce qui était au début une vaine tentative de ma part de cacher mon embarras tourna rapidement en étrange partie de cache-cache, dans la mesure où je m'amusai à m'enfuir aux quatre coins du lit pour lui échapper.
Évidemment, en tant que super-génie ninja, il ne lui fallut pas longtemps pour me rattraper et m'immobiliser. Là, à ma grande surprise, il commença à me chatouiller. Je gigotai comme une forcenée, prise au piège.
- « AHAHAHAH !! » hurlai-je, à moitié morte de rire. « NON, NON, PITIÉ !! »
Mince alors, comment connaissait-il les endroit précis où il n'avait qu'à m'effleurer pour me faire hurler de rire ? Il continua un peu, une expression joueuse sur le visage, puis arrêta, sans pour autant me laisser m'échapper.
Ses yeux dépareillés plongèrent dans les miens, et je me rendis soudainement compte qu'il était sur moi, que nous étions tous les deux relativement peu habillés, et surtout, surtout : que je brûlais de désir. Ma respiration s'accéléra, et je sentis ma température corporelle augmenter considérablement.
Kakashi se pencha sur moi, sans me libérer les poignets, et m'embrassa dans le creux du cou, d'une manière qui me fit frissonner. Sans même me demander mon accord, mon corps se cambra pour accueillir ses caresses.
Aussi rapidement qu'il avait réussi à m'attraper et m'immobiliser, il se redressa et déposa un chaste baiser sur mon front, avant de me lâcher et de sortir du lit.
- « Maintenant, tu es pardonnée », annonça-t-il avec son flegme légendaire.
Comme si de rien n'était, il se leva et se dirigea tranquillement vers la cuisine. Il avait l'air tout fait normal, si ce n'était l'absence de son masque, et surtout le petit sourire en coin qui flottait sur ses lèvres.
Confuse et frustrée par ce soudain changement d'attitude, je ne pus que refouler les jurons qui me montèrent aux lèvres.
Crétin de super ninja.
À corps et à cris, en remuant ciel et terre, j'avais réussi à obtenir de faire partie de la mission de recherche d'Itachi. Tsunade était réticente à l'idée de me laisser courir dans la nature, sachant que la dernière fois que j'étais sortie de l'enceinte du village, cela avait été pour me retrouver dans une salle d'expérience d'Orochimaru.
Mais bon, cette fois-ci c'était différent : j'allais faire partie d'une large équipe bourrée de shinobis talentueux, pour un mission importante. Il ne s'agissait plus de prendre la poudre d'escampette sur un coup de gueule !
Il m'avait aussi fallu toute ma force de persuasion pour empêcher Jiraiya de se rendre au pays de la Pluie afin d'espionner Pein. En échange de sa promesse de rester au village, là où j'allais avoir besoin de lui dans le futur (il faut toujours prévoir quelques coups à l'avance, aux échecs), je m'étais engagée à lui parler un plus précisément de ma vision, et à lui expliquer quel était la véritable identité de Pein.
Héhé, il se croyait rusé, mais je n'étais pas sa fille pour rien ! J'avais malencontreusement omis d'inclure une date limite dans ma promesse, donc... Je pouvais aussi bien y répondre dans deux jour que dans deux mois !
Je rejoignis donc l'équipe, leur distribuant à tous les capsules de sang ornées de rubans rouges et bleus, en leur expliquant comment les utiliser. Quand je tendis à Kakashi sa ration de capsules, mes mains reposèrent sur les siennes pendant quelques secondes de plus que nécessaire. Anko, qui était sur le point de partir en mission elle-aussi (mais une mission différente), me lança un regard lourd de menaces avant de s'en aller.
Cela ne me fis ni chaud ni froid. Après ce qui s'était (presque) passé hier soir, je me sentais beaucoup moins inquiète concernant la menace potentielle que pouvait représenter l'ancienne disciple d'Orochimaru. Ma seule rivale sérieuse s'appelait Rin, et ne faisait plus partie du monde des vivants. Contrairement à ce qu'on peut croire, les rivales mortes sont les plus dangereuses, surtout quand on ne peut pas vraiment se résoudre à les combattre puisqu'on n'est pas censée être au courant de leur existence...
Enfin bon, je n'avais le temps pour ça. Ma priorité numéro un du moment était de voler deux pions de valeur à mon illustre adversaire, dans le jeu du futur. Deux pions qui risquaient de se révéler très coriaces, et relativement peu conciliants : Sasuke et Itachi Uchiwa.
Tout en vérifiant soigneusement que mes protèges bras étaient bien fixés (et que les lames qui étaient cachées à l'intérieur étaient bien en place), je lançai un clin d'œil à Naruto, qui me renvoya un sourire éclatant de détermination. Si quelqu'un pouvait convaincre Sasuke de revenir au village, c'était bien lui.
D'un signe de main discret, je lui signifiai que je désirai m'entretenir seule à seule avec lui, bientôt. Intrigué, il promit d'un léger signe de tête qu'il viendrait me parler dès que nous aurions un moment de libre. À ce moment-là, Kakashi donna le signal du départ.
Après une demi-journée de course dans la direction que j'avais au préalable indiquée à l'équipe, Naruto et moi nous isolâmes du reste du groupe, sous prétexte d'aller vérifier si les environs étaient sécurisés. Bien sûr qu'ils sécurisés, il m'avait suffi d'invoquer une simple petite vision pour savoir qu'il n'y avait que des écureuils dans le coin.
- « Qu'est-ce qu'il y a, Onee-chan ? » me demanda Naruto, curieux.
- « Promets-moi que tu ne vas pas hurler, ne pas sauter dans tous les sens, et surtout ne pas te précipiter hors du groupe, d'accord ? »
Il inclina la tête sur le côté, suspicieux, mais hocha une nouvelle fois la tête avec sérieux.
- « Je sais exactement où est Sasuke, et ce qu'il fait en ce moment. » lâchai-je.
Naruto ouvrit des yeux rond comme des soucoupes, et ouvrit les lèvres. Rapide comme l'éclair, je posai une main sur sa bouche pour faire taire son hurlement de joie. Se rappelant sa promesse, il se tut aussitôt.
- « Écoute moi attentivement, je ne vais pas le répéter deux fois. » murmurai-je. « Si tous le groupe se dirige en bloc vers lui, nous ne réussiront jamais à l'atteindre, et il refusera de nous suivre. En revanche, nous aurons une chance de l'approcher quand il combattra son frère, d'ici deux jours. Pendant que l'équipe sera distraite par Tobi, qui va essayer de nous empêcher d'entrer en contact avec Sasuke, toi et moi nous faufilerons pour interrompre le combat, et ramener Sasuke et Itachi au village. »
- « Pourquoi Itachi ? C'est un monstre ! »
Je laissai échapper un soupir, et expliquai à Naruto que non, Itachi n'était pas le monstre sans cœur qu'on décrivait au village. L'adolescent ne me crut pas vraiment, mais accepta tout de même de se plier à mon plan. Nous rejoignîmes donc les membres de l'équipe. Deux jours de recherches infructueuses et ennuyeuses s'annonçaient.
Mais bon, dans ce genre de jeu dangereux, un peu de patience était toujours de rigueur. Aussi continuai-je d'orienter l'équipe dans la bonne direction, petit à petit, sans trop me presser, durant les deux jours qui suivirent. Si les autres trouvèrent étrange que Naruto ne se plaigne pas de mon manque d'empressement à les guider, ils ne le dirent pas.
Les deux jours passèrent rapidement. Je passai mon temps à invoquer des visions simples pour repérer les environs et élaborer un plan qui nous permettrait, à Naruto et à moi, d'échapper à la vigilance de Tobi, alias Madara Uchiwa. Il allait tout faire pour empêcher quiconque d'intervenir dans le combat qui opposerait Itachi et Sasuke.
Mais j'avais un avantage de taille : la connaissance, et une foule d'informations sur le cours prévu des évènements, tellement que ça m'en donnait mal au crâne à chaque fois que j'y réfléchissais. Avec ça, j'avais une petite chance d'influer sur le cours des évènements, et personne, pas même Madara, ne saurait m'empêcher de la saisir.
Au matin du troisième jour, je demandai au groupe de s'arrêter un moment. Un petit coup d'œil dans l'avenir proche m'annonça que Sasuke n'allait pas tarder à entamer son combat avec Itachi, et que Tobi/Madara allait bientôt se montrer. Bref, il n'y avait plus de temps à perdre.
Oubliant que c'était Kakashi le chef de l'expédition et non moi, je fis claquer des ordres secs, ma voix rendue un peu suraigüe par un brusque afflux d'adrénaline.
- « Sakura, Kiba, Yamato, interceptez Kisame à trois kilomètre Sud-Est. Hinata, Kakashi, Sai, Shino, attirez l'attention de Tobi et gardez-le occupé. Deux kilomètres Nord. Naruto, avec moi. Maintenant ! »
Je filai aussitôt, suivie de près par mon petit frère adoptif. Cela allait se jouer à quelques fractions de secondes, mais le temps était ma spécialité, après tout. Sans cesser de courir entre les arbres, je sortis d'une des poches de mon gilet vert sombre un parchemin d'invocation qui j'avais préparé juste avant le départ de Konoha.
Quelques sceaux, et une sorte de delta-plane jaillit dans de la fumée de chakra, invoqué par mon rouleau. Je fis signe à Naruto de s'accrocher à moi, et pris la barre du delta-plane. Quelques fraction de seconde plus tard, le sol droit sur lequel nous courions se coupa abruptement, se transformant en falaise, et je m'envolai, emportant Naruto avec moi.
- « Attrape la barre ! », lui criai-je.
Il s'exécuta pendant que je nouai une corde autour de sa taille et de la mienne, histoire de s'assurer que nous soyons solidement fixés l'un à l'autre. Ainsi, je me trouvais accrochée en dessous de lui, alors qu'il dirigeait maladroitement l'appareil.
J'enchaînai des sceaux rapidement. Faisant jaillir des flammes bleues au niveau de mes talons, je nous propulsai ainsi vers le lieu du combat à toute vitesse.
Aucun signe de Madara, ni de l'homme-plante qui lui servait d'espion : il devait être occupé avec Kakashi, Sai et Sakura. Nous avions réussi à passer.
Rejoindre la zone où les deux frères Uchiwa combattaient fut facile. De toute manière, même sans ma seconde vue pour m'indiquer leur location, il suffisait de se repérer aux explosions et à la fumée. Aux éclairs, aussi, puisque Kakashi avait enseigné la technique du Chidori à Sasuke, quand il s'agissait encore de son élève favoris de l'équipe 7.
Naruto et moi nous posâmes à proximité (je repris la barre pour l'occasion, histoire d'éviter que mon frère adoptif ne nous fasse nous cracher dans un buisson). Les bruits du combat retentirent à nos oreilles avec une violence inouïe.
Par mesure préventive, j'attrapai Naruto par le col avant qu'il ne se précipite entre les deux combattants.
- « Je vais les séparer » annonçai-je. « Dès que tu peux, occupe-toi de Sasuke. Je me charge d'Itachi. Tâches de ne pas te faire tuer, d'accord ? »
Il hocha la tête, plus déterminé que jamais, et ses yeux brillèrent de cette lueur si particulière, ce mélange de défi, de confiance, et de hargne qui faisait qu'on ne pouvait douter qu'il était fait pour devenir Hokage.
Avec toute la discrétions dont j'étais capable (comme quoi, m'entraîner à m'incruster dans les murs de l'appartement de Kakashi avait porté ses fruits) je me glissai jusqu'aux deux adversaires. Ils avaient l'air tous deux épuisés, et étaient blessés. Itachi était le plus mal en point, même s'il dominait le combat.
La chose la plus difficile à faire allait être de les séparer : Sasuke voulait sa vengeance depuis des années, et il n'en démordrait pas facilement. Je me retournai, et aperçu Naruto qui était dissimulé non loin. Il était à deux doigts de craquer, les lèvres serrées et les mains tremblantes, devant sans doute faire appel à toute sa volonté pour rester à sa place.
Les deux frères venaient de s'arrêter, pour faire une pause « regard-qui-tue ». C'était le moment idéal.
Je fis un signe de main discret dans mon dos, à l'attention de Naruto, puis me précipitai entre les deux adversaires. Pas le temps de m'arrêter pour réfléchir à la suite, il fallait agir.
Point.
Profitant du fait que mon apparition les avaient surpris tous les deux, je me jetai sur Itachi et refermai mes bras autour de lui, l'entraînant avec moi. Je me rendis ainsi compte qu'il était presque à l'agonie : il avait à peine la force de me résister, et son corps était si léger... Je devais le sauver !
Dans le même temps, Naruto venait d'apparaître devant Sasuke, arborant une expression déterminée. L'adolescent aux cheveux noirs reprit difficilement son souffle, et lança un regard de très mauvaise augure à son ancien meilleur ami.
Certes, on pourrait peut-être penser que mon plan de surprendre les deux Uchiwa pendant qu'ils étaient bout de forces étaient mesquin et déloyal.
Il l'était, sans aucun doute. Eh oh, nous sommes des ninjas, pas des chevaliers ! Oui, le monde est injuste, c'est la vie.
Pour éviter d'attirer l'attention de Sasuke, j'emportai Itachi hors de son champ de vision, laissant à Naruto le champ libre pour essayer de le raisonner (et de lui rabaisser une bonne fois pour toute son caquet de prodige imbu de lui-même).
M'ayant reconnue, l'aîné des Uchiwa se laissa faire, et posa la tête sur mon épaule, pendant que je le portais dans un coin éloigné. Parmi les décombres qui jonchaient la zone, je repérai un pan de mur qui avait été à moitié abattu, et qui formait un endroit parfait pour se cacher et traiter les blessures d'Itachi.
Je l'étendis précautionneusement au sol. Il avait de nombreuses contusions, et avait encaissé plus de coups qu'il ne voulait en laisser paraître. Sa respiration était sifflante, et un filet de sang coulait de ses lèvres. Itachi lutta pour se relever, mais je l'en empêchai d'une pression douce mais ferme sur sa poitrine.
- « Laisse-moi, je dois terminer ce combat. »
Sans l'écouter, je sortis quelques capsules à rubans rouges de mon sac, et les lui injectai. Aussitôt, il respira un peu plus librement, et le sang arrêta de perler à ses lèvres à chaque fois qu'il ouvrait la bouche. Je lui en versai aussi quelques gouttes dans les yeux, affaiblis à force d'utiliser le Mangekyô Sharingan.
Voilà, ça devrait faire l'affaire pour le moment. Il était encore faible, assurément, mais au moins ses jours n'étaient plus en dangers. Pour l'instant.
Se relevant difficilement sur un coude, Itachi me lança un regard indéchiffrable.
- « Pourquoi ? » demanda-t-il simplement.
J'hésitai, avant d'opter pour la vérité. S'il y avait une personne qui pouvait comprendre ce que c'était que de vouloir éviter une chose horrible, même si cela signifiait que l'on devait manipuler des gens et se salir les mains, c'était bien lui. Et, après tout ce qu'il avait fait et enduré, il méritait d'entendre la vérité.
- « Je pourrais dire que c'est par simple altruisme », soupirai-je, « mais je te mentirais. En réalité, j'ai vu le destin qui attendait Konoha, et tous ses habitants. J'ai besoin de toi, ainsi que de Sasuke, pour le changer. Je n'ai pas le droit de te demander cela... Mais je vais le faire quand même. Itachi, accepte-tu de devenir mon pion ? »
Il accusa le choc d'une manière caractéristique des membres du clan Uchiwa : ses yeux s'agrandirent, et ses lèvres tressautèrent. C'était tout, mais déjà beaucoup, surtout de sa part.
Une explosion fit trembler le sol, et quelques pierre tombèrent dans notre direction. Aussitôt, je me plaçai au-dessus d'Itachi, faisant barrage de mon corps. Il était suffisamment amoché comme ça, pas la peine d'en rajouter !
Presque allongée sur lui, je remerciai le ciel que Kakashi ne soit pas là. Ce genre de situation pouvaient prêter à confusion, si elles étaient mal interprétées...
- « J'accepte. »
Je sursautai, et lançai un regard étonné à Itachi, dont le visage imperturbable était juste sous le mien.
- « Pourquoi ? Rien ne t'y oblige, et tu as tous les droits, voire même toutes les raisons de refuser ! » m'étonnai-je.
Ses lèvres s'étirèrent en un très mince sourire.
- « Quand tu t'es mise au dessus de moi, tu n'as pas réfléchi. Tu as juste pensé à me protéger moi, et non au risque de perdre un pion. Cela me suffit. »
Bon, s'il acceptait, je n'allais pas m'en plaindre, même si je ne comprenais pas vraiment ce qu'il voulais dire par là. De longues minutes passèrent, ponctuées d'explosions et de hurlements. Je brûlai de m'élancer au secours de mon cher petit frère, mais il s'agissait de son combat et non du mien, aussi me forçai-je à rester sur place et à veiller sur Itachi.
Entendant que les explosions s'étaient tues, j'en déduisis que le combat entre Naruto et Sasuke s'était arrêté, et que puisqu'il n'y avait nulle trace de petit frère Uchiwa vengeur, c'était soit que Naruto avait gagné, soit qu'ils étaient tous les deux K.O. Dans les deux cas, il fallait que j'aille voir.
Avec un grognement étouffé, je hissai Itachi sur mes épaules, et me dirigeai d'un pas malaisé vers le lieu où j'avais laissé Naruto avec Sasuke. Maintenant que je n'étais plus sous l'effet de la poussée d'adrénaline de tout à l'heure, j'avais plus de mal à transporter mon nouveau « pion ».
Je trouvais les deux adolescents tous les deux à moitiés morts, mais leur rage de combattre et d'atteindre leur but les maintenaient debout l'un et l'autre. C'était vraiment des phénomènes, ces deux-là. Dommage que l'un des deux soit un apprenti psychopathe aveuglé par la haine.
Naruto était bien amoché, mais la flamme de ses yeux brillait avec force. En revanche, Sasuke commençait à perdre en détermination. Il avait les yeux fixés aux sol, et les lèvres serrées.
Je souris. Naruto avait gagné.
Cependant, dès que j'entrai dans son champ de vision, Sasuke releva la tête et aperçut Itachi sur mes épaules. De nouveau, ses yeux noirs s'emplirent de haine, cette haine aussi tenace qu'une tâche de tomate sur un chemisier blanc, qui l'avait animé durant de trop longues années. Il était temps de lui passer un bon coup de lessive.
Je fermai les yeux, et murmurai tout doucement.
- « Jikan no Hikage ».
Mes yeux entièrement noirs captèrent ceux de l'adolescent en furie, et je le plongeai dans mon Tsukuyomi personnel revu et amélioré, emprunté à Itachi. Là, je fis défiler une grande quantité d'informations. La vérité sur le meurtre de sa famille. Comment Itachi avait été forcé de faire ça, puis de devenir un renégat, juste pour le protéger. En l'espace d'une seconde, Sasuke apprit toute la vérité.
Il tomba à genoux, lentement, et se prit la tête entre les mains, les yeux exorbités. Ses lèvres remuaient frénétiquement. Tendant l'oreille, j'entendis une litanie de « C'est-pas-vrai-c'est-pas-vrai... ». Finalement, il perdit connaissance.
Naruto sourit faiblement, et sortit lui aussi de sa sacoche deux des capsules que je lui avais distribué. Une pour lui, une pour Sasuke. Puis, revigoré, il le hissa sur ses épaules. Itachi se mit à peser un peu plus sur les miennes, et je compris qu'il avait lui aussi perdu connaissance.
Un grand sourire, réplique parfaite du sourire éclatant de mon frère adoptif, s'étira sur mes joues.
- « Mission accomplie avec succès ! » chantonnai-je. « Allons retrouver les autres, avant que Tobi et ses petits copains ne rappliquent. »
