Bonjour,

Merci de votre patience ! Voici donc le texte que j'aurais dû vous publier hier. Noël approche, pour nous tous comme pour nos héros… Les derniers préparatifs sont en cours : )

Bonne lecture !

Disclaimer : les personnages et l'univers appartiennent à J.K. Rowling.

Rating : K


Avant de se réconcilier

Un éternuement fit voler de la farine partout sur la table de la cuisine.

« Oh, Ron ! »

Après s'être essuyé le nez dans son mouchoir, Ron leva un regard désolé vers son amie… et rougit en constatant que ses beaux cheveux bruns s'étaient mouchetés d'une fine couche de poudre blanche, comme si la jeune fille venait juste de traverser une tempête de neige.

« Pardon Hermione… » gémit l'adolescent rouquin, contrit.

« Tu aurais pu faire attention. » La sévérité du ton n'avait pas encore diminué. Il fallait agir -les paroles ne suffisaient plus.

Contournant la grande table de la cuisine familiale, Ron vint épousseter le sommet du crâne de son amie à l'aide d'un torchon. Bien que se laissant -plus ou moins docilement- faire, la jeune fille ne cessait de récriminer son camarade, qui n'en menait pas large.

Perché sur un tabouret dans un coin de la pièce, un épais livre de cuisine aux multiples pages cornées et tâchées de graisse posé sur les genoux, Harry observait la scène. C'est avec un amusement empli d'affection qu'il assista à la énième dispute -sans gravité- de ses deux meilleurs amis.

Le brun sourit en voyant Ron -si grand pourtant !- se tasser sur lui-même quand Hermione haussa encore le ton : il avait a priori utilisé un torchon sale pour lui essuyer les cheveux, et elle avait maintenant des mèches toutes collées.

Potter rit en avisant les tentatives maladroites du rouquin pour réparer les dégâts. Il les aggravait d'ailleurs plus qu'autre chose, mais leur amie finit par se calmer, à force de sentir les doigts de Ron passer dans ses cheveux, sur ses joues, pour ôter la farine… Elle avait même les pommettes joliment colorées, et n'arrivait plus à fixer son camarade.

Harry gloussa en les voyant ensuite tous deux essayer de ranger un peu tout le bazar sorti sur la table, et devenir gauches et embarrassés chaque fois que leurs mains se touchaient par inadvertance. Ils avaient beau avoir 17 ans, on leur en aurait donné à peine 12, tant ils se comportaient comme deux pré-adolescents amoureux mais trop timides.

Finalement, petit à petit, dans la chaleur et la bonne odeur de la cuisine des Weasley, le calme revint. Dans un silence confortable, Ron et Hermione achevèrent de s'affairer côte à côte, finissant d'enfourner les biscuits à la cannelle, et de nettoyer le plan de travail.

« Pardon d'avoir crié… » murmura la jeune fille, tout en passant un coup d'éponge mouillée sur la table.

« Non, non, c'était de ma faute… » concéda Ron sur le même ton doux, tout en passant le chiffon pour sécher derrière Hermione.

Quand ils se bousculèrent de nouveau devant l'évier en voulant chacun ranger son ustensile de ménage, aucun cri ni aucun soupir exaspéré ne fusa, cette fois. Et c'est d'un œil rêveur qu'Harry, toujours tranquille dans son coin de cuisine, vit les mains de ses deux amis se joindre, et qu'enfin, Ron posa ses lèvres sur celles d'Hermione.

Peu après, Ginny entra dans la pièce, curieuse de savoir où en étaient les préparatifs culinaires. Elle jeta un coup d'œil amusé à son frère et à Hermione, les voyant rougir à son arrivée, mais elle n'eut pas le temps de les taquiner que son attention fut attirée par Harry.

Appuyé sur le mur derrière lui, il avait l'air d'être prêt à tomber de son tabouret tant il ne se tenait pas droit. Le livre de cuisine pendait mollement dans ses mains, et, inquiète, Ginny s'approcha en demandant :

« Tout va bien, Harry ? »

Le regard toujours dans le vague, le brun gloussa, sans vraiment lui répondre. L'adolescente passa une main devant ses yeux, mais il ne réagit pas, continuant juste à sourire bêtement.

Se tournant vers les deux autres, Ginny fit :

« Mais, il est comme ça depuis longtemps ? »

« Heu… on l'avait un peu oublié, pour tout te dire… » avoua Ron, écarlate, en fixant ses pieds.

« Non, mais il avait l'air bien, à profiter du calme, là… » tenta de se défendre Hermione, elle aussi très gênée. « Il a l'air heureux, non ? »

« Heureux ? » s'exclama Ginny, à moitié en colère et à moitié hilare. « Mais il est complètement pompette, surtout ! Comment a-t-il pu se retrouver dans cet état ? »

« Ah flûte ! » s'écria alors Ron, en jetant un œil au four. « Le rhum, j'ai oublié de le mettre dans la pâte à biscuits ! »

« C'est Harry qui devait le goûter, pour voir s'il était encore bon… » nota Hermione, avant de croiser les bras, et de trancher : « Je crois bien qu'il a fait plus que simplement le goûter. »

« Bon, ben, vu sa tronche, j'en déduis qu'il était bon. » conclut Ron, avant d'esquisser une grimace quand sa petite amie lui donna un coup sur la tête.

Toujours aussi amusée par la situation, Ginny alla chercher une poignée de farine dans le sachet resté sur un coin de la table, et vint en saupoudrer la tête d'un Harry à moitié endormi, le sourire aux lèvres :

« Fais de beaux rêves, Harry. »

Et après avoir déposé un baiser sur sa joue, elle s'éclipsa, avec les deux autres, sur la pointe des pieds, laissant leur ami profiter d'une petite sieste improvisée.