Merci à Neko-chan L, Lunagarden et Incarndu91 pour leurs reviews.
Bonne lecture !
DISCLAIMER : Final Fantasy 7 ne m'appartient, tout est à Square Enix.
Chapitre 20 :
Deuxième journée de travail
Sephiroth avait établi un système d'organisation pour chasser les monstres autour de Kalm : lui et chacun des trois frères s'occupaient d'un quartier de la région autour de la ville.
Sephiroth avait pris le nord, Kadaj avait écopé de l'est, Loz s'occupait de l'ouest et Yazoo du sud.
En fin d'après-midi, le cadet venait de finir une chasse fort ardue. Il avait tué plus d'une trentaine de monstres et estimait qu'il pouvait faire un break au bar de l'auberge de Kalm pour boire quelque chose avant de rentrer. Ainsi, il verrait comment David se débrouillait à son travail.
En entrant, il vit que Lindsay avait eu la même idée que lui : la jeune fille avait fini sa garde journalière avec Brian. Hier, elle avait affirmé pendant le dîner que tout s'était bien passé, mais il avait senti de la nervosité en elle. Quelque chose devait la tracasser, mais quoi ? Il espérait percer cette énigme.
En le voyant arriver, Lindsay leva son verre de limonade en guise de salut. Kadaj s'accouda au bar et vit que le serveur n'était pas David.
« Il a fini son service il y a une demi-heure », dit Lindsay, devinant la question de Kadaj. « Alors, comment était la chasse ? »
« Bien. J'ai même trouvé un bon paquet de Gils sur certains monstres. Et toi ? Aucun problème avec Brian ? »
« Non. Aujourd'hui, c'était très calme », dit la jeune fille.
Toujours ce malaise dans la voix. Kadaj allait enchaîner avec une autre question, quand tous deux virent une chose qui les surprit.
David venait d'entrer dans la salle. Il portait un costume de serveur-pingouin. Il marcha jusque devant une fille accoudée au bar à quelques mètres des deux jeunes gens.
Lindsay reconnut la fille, il s'agissait de Meghan, la vétérinaire de Kalm.
David s'inclina puis dit : « Rose de velours, anémone bleue, je brûle d'amour pour vos beaux yeux ! »
Lindsay se gifla le front tandis que Kadaj leva les yeux au ciel.
« Vous avez bu un verre de trop ou vous me prenez pour une cruche ? » demanda Meghan.
David chancela, puis lui tourna le dos. Il sortit un livre de sa veste, lut quelques pages, le rangea puis se tourna vers la fille avec un grand sourire et se mit à genoux.
« Le ciel a dû perdre un de ses anges puisque tu es là ! »
Meghan le regarda avec l'air furieux puis elle leva son verre de jus de pommesotte et le renversa sur la tête de David.
« Roh, c'est vraiment trop truffe ! » dit-elle avant de partir.
Compatissante, Lindsay s'approcha de David avec une serviette qu'elle lui tendit.
« David, où as-tu trouvé ces vers ridicules ? » demanda Kadaj.
« J'essaie de séduire Meghan avec l'aide de ce manuel infaillible : Mille & une façons de plaire aux femmes ! » dit-il en exhibant le livre de sa veste.
Lindsay regarda la couverture de plus près. Dessus, on pouvait voir la photo d'un garçon canon, qui tenait dans ses mains un bouquet de fleurs, une boîte de chocolats en forme de cœur et une peluche de moogle dont l'antenne avait un cœur rouge à son extrémité.
« Eh bien, voilà qui s'appelle jeter l'argent par les fenêtres ! » dit Kadaj.
« Attends un peu, je vais te prouver que tu as tort ! » dit David.
« Ah oui ? Je tiens le pari ! » dit Kadaj en rapprochant son visage de celui du garçon.
David acquiesça, puis se dirigea vers la table d'une autre jeune cliente.
« Eh, ça va, poupée ? Pas trop essoufflée à force d'avoir le cœur qui bat chaque fois que tu me vois ? »
La fille serra les poings, puis se leva de table et lui donna une gifle. Kadaj éclata de rire, mais David haussa des épaules.
« Ben, quoi ? Faut bien que je m'échauffe un peu ! » dit-il.
Puis, se tournant vers une table où six filles discutaient entre elles, il leva haut la main et dit : « Eh, salut, les beautés ! »
Toutes se tournèrent vers lui avec l'air outré. Face à tant de regards meurtriers, David fit deux pas en arrière, quand sa montre sonna. Celles de Lindsay et Kadaj firent de même. Ils comprirent que c'était l'heure de rentrer : Sephiroth avait exigé que tout le monde respecte un horaire pour rejoindre la maison le soir, une sorte de couvre-feu.
« Sauvé par le gong, t'as de la chance ! » ricana l'argenté.
« Ouais, ben tu perds rien pour attendre ! » répliqua David tandis qu'ils sortaient tous les trois de l'auberge.
Ils virent soudain un vieil homme en tenue de chasseur débouler devant eux avec un fusil de chasse et un appeau à la main. Les trois adolescents le connaissaient, il s'agissait de Farell, le frère du gérant de la ferme de chocobos, et le garde-chasse de la ville de Kalm.
« Eh, les jeunes ! Vous n'auriez pas vu un troupeau de chocobos passer par ici ? » demanda le vieil homme.
« Non, m'sieur Farell. Pourquoi ? » dit Lindsay.
« Rooh, c'est pas vrai ! Revenez ! Petits, petits ! » dit le vieil homme avant de se remettre à courir en soufflant dans son appeau, qui émit un bruit de chocobo adulte.
Lindsay, David et Kadaj échangèrent un regard, puis haussèrent des épaules et reprirent le chemin vers la maison.
XxXxXxXxXxXxX
Sephiroth venait juste de rentrer de sa propre partie de chasse et fermait la porte d'entrée quand il se figea. Une odeur inhabituelle flottait dans l'air. On aurait dit une odeur de thé wutaïen et d'encens.
Il dégaina aussitôt Masamune et traversa lentement le couloir avant d'arriver dans le salon. Ce qu'il vit le figea. Une femme wutaïenne était assise dans son canapé. Âgée de soixante ans, le visage déjà légèrement ridé, elle avait des cheveux noirs coupés court au niveau du menton, portait un tailleur noir et des lunettes.
« Vous ?! » dit Sephiroth, stupéfait.
« Bonjour, Sephiroth. »
L'ex-général baissa légèrement son sabre, mais ne le rengaina pas. Il connaissait bien cette femme et n'aurait jamais cru la revoir un jour.
La femme regarda ses cheveux teints en noir en plissant les yeux.
« Le noir vous va bien. Jolie couleur. Vous faites presque humain, mais il est vrai qu'en dépit de toutes les merveilleuses découvertes scientifiques et technologiques dont la Shinra se vante, personne ne peut changer l'éclat inhumain de vos yeux, démon argenté. »
« Que faites-vous ici ? » dit Sephiroth, refusant de se laisser démonter par les insinuations hypocrites de cette femme.
« Je crois que vous le savez. Le pouvoir de Da-Chao s'est réveillé. Ce qui signifie que Sumiyo est réapparue. »
« Sumiyo est morte. Et vous n'avez rien fait pour l'aider, Taka », répliqua Sephiroth d'une voix pleine de rancœur.
« Je vous ai dit dans quel village elle allait être exécutée, alors que tous les gardiens de la pagode des cinq dieux devaient être tenus au secret. J'ai perdu mon poste en vous révélant cette information. »
« Et vous venez aujourd'hui pour me faire porter le chapeau ou venger votre pays ? »
« Non. Je suis là pour comprendre ce qui se passe. Mes visions ont recommencé. Les cinq dieux d'Utaï m'ont affirmé qu'une gardienne était revenue. Si ce n'est pas Sumiyo, qui est-ce ? »
« Peut-être la ninja qui fait partie d'Avalanche ? » dit Sephiroth en haussant des épaules.
« Impossible. Youffie n'a pas ce genre de pouvoirs, d'où sa fixation sur les matérias. »
Taka se leva et s'approcha de l'ex-général. Elle le fixa un instant dans les yeux puis soupira.
« Vous êtes toujours aussi difficile à lire. Mais je sais que vous me cachez quelque chose. Vous savez qui est la nouvelle gardienne. Et c'est quelqu'un qui vous est cher, comme l'était Sumiyo », dit-elle avant de se diriger vers la cheminée.
Sephiroth se raidit.
Maudits soient cette femme et son don de clairvoyance ! pensa-t-il en serrant les poings.
« Laissez-moi deviner… Votre fille ? » dit la vieille en se retournant.
Sephiroth prit sur lui pour que son visage reste de marbre, mais ses yeux le trahirent. Taka eut un sourire victorieux.
« Vous avez donc eu une fille ! Toutes mes félicitations. Ainsi, la lignée des Mikos n'est pas perdue… »
« Elle ignore tout de ses pouvoirs et de sa mère. Elle croit qu'elle est orpheline et sans aucun lien avec Utaï. »
Le sourire de la vieille femme disparut.
« Vous mentez ! » dit-elle sur un ton moins amène.
« Pas du tout. Et je peux vous assurer que je ne suis pas prêt de lui révéler qui sont ses parents. »
« Oh, vraiment ? Pourquoi feriez-vous ça ? Vous n'éprouvez donc aucun amour pour votre fille ? »
« Peu importe ce que j'éprouve. Je connais les dernières volontés de Sumiyo : elle voulait que sa fille ait une vie normale, loin d'Utaï et de toutes les manigances politiques et religieuses de votre pays. Et s'il faut pour cela que je garde ma fille dans l'ignorance jusqu'à la fin de ses jours, alors je le ferai. »
Taka voulut répliquer, mais Sephiroth la devança.
« Une Miko ne peut être appelée à rejoindre les gardiens de la Pagode des Cinq que si elle a connaissance de ses pouvoirs et de son ascendance avec les anciennes Mikos. Alors, tant que Lindsay ne saura rien, vous ne pourrez pas l'approcher ni tenter par des moyens quelconques de la renseigner sur qui elle est ni ce qu'elle est. »
La vieille femme fusilla l'ex-Soldat du regard.
« Vous croyez agir pour le bien de votre fille et votre femme, mais vous vous trompez. Ce n'est que pur égoïsme de votre part, et Utaï en pâtira, par votre faute encore une fois ! »
« Non, Taka. Si Utaï a perdu Sumiyo autrefois, c'est par la faute de gens fourbes et jaloux comme vous. Maintenant, sortez de chez moi. »
Taka hocha la tête, puis prit le chemin de la porte. Sephiroth la regarda partir avec un sourire victorieux, mais dès qu'elle fut sortie, l'inquiétude réapparut sur son visage.
Il regarda sa montre. Les autres ne devraient pas tarder à arriver. Il sortit dans le jardin pour s'aérer l'esprit une minute, quand il vit soudain un troupeau de chocobos composé de six adultes et douze petits passer devant lui avant de disparaître dans les bois environnants.
« NON ! REVENEZ ! Le sud, c'est par-là ! » cria Farell, qui accourait en sautant la clôture du jardin.
« Farell ? Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Sephiroth, surpris.
« Ah, salut, Tom ! » dit Farell en hochant brièvement la tête avant de reporter son regard dans la direction qu'avaient prise les animaux.
Tom était le pseudonyme que Sephiroth s'était choisi.
« Ben, j'étudie les mouvements migratoires des Chocobos sauvages pour mon frangin qui dirige la ferme ! Il aurait besoin de nouvelles bêtes pour son troupeau, les clients sont de plus en plus nombreux », dit Farell. « Mais ces fichus bestiaux que j'ai élevés pour lui refusent de se comporter normalement. C'est pas normal, ça ! Pourquoi ils fuient leur maman ? »
« Vous voulez dire leur père », dit Sephiroth.
« Non, leur maman ! Dans le règne animal, le père ne joue aucun rôle dans l'éducation des petits. Il n'est même pas conçu pour ça. »
Sephiroth se sentit soudain mal. D'abord Taka qui venait remettre en question ses droits sur la garde de Lindsay, et maintenant ce vieux garde-chasse qui disait ça…
Farell ouvrit la bouche et, tout en courant après les chocobos, il se mit à crier : « Kwâk, Kwâk ! Kwaaaaaaaaak… ! »
Sephiroth secoua la tête et fit demi-tour pour rentrer, quand son PHS émit un signal. Il l'ouvrit et lut un message.
XxXxXxXxXxXxXxX
Lindsay et les garçons venaient d'arriver devant la porte de la maison quand elle s'ouvrit. Sephiroth en sortit.
« Changement de programme. Je viens de recevoir une alerte de monstre inconnu. Ça s'est passé à la bibliothèque, une femme dit qu'on l'a attaqué, elle a été défigurée. Loz et Yazoo sont déjà en route, on y va. »
« On vient, nous aussi ? » demanda David.
« Oui. Mais pas pour chasser le monstre. Vous restez avec nous parce que c'est plus prudent, je ne veux pas vous laisser seuls à la maison sans protection », dit Sephiroth, cassant net l'enthousiasme de David.
Et je ne veux pas que Taka revienne pour essayer de parler à Lindsay dès que j'ai le dos tourné, pensa Sephiroth.
« Fais pas cette tête, David, on n'a même pas d'armes », dit Lindsay.
« Et alors ? On a bien sauvé Mideel tous seuls, sans l'aide de personne ! » dit le jeune homme en bombant le torse.
« Faux ! Cait Sith était là. »
Lorsqu'ils arrivèrent à la bibliothèque, la nuit était déjà tombée. Ils virent que les portes étaient ouvertes. Loz et Yazoo arrivèrent juste à ce moment.
Sans un mot, les quatre argentés sortirent leurs armes et franchirent la porte, Lindsay et David sur leurs talons.
La pièce était plongée dans l'obscurité. Mais tous aperçurent une femme au fond de la salle, assise à une table de lecture. La malheureuse avait le visage enfoui dans ses mains.
En la voyant, Lindsay se sentit mal. Cette silhouette, cette longue chevelure… Tout cela lui rappelait un souvenir désagréable.
Lentement, la femme ôta ses mains… puis se tourna vers eux. Les nuages visibles à la fenêtre s'écartèrent, laissant apparaître la lune. Sa lumière envahit la pièce, et révéla le visage de la femme. Il était lisse, sans yeux ni bouche.
Tout le groupe ne put retenir un cri mêlé d'effroi et stupeur.
