Salut !
Avant toute chose, je tiens à vous souhaiter à toutes et tous une très bonne année 2019. Cette fanfiction aura donc traversé trois années, dont une au complet ! J'ai adoré et adore l'écrire, mais je suis tout de même impatient de la finir et de vous mener jusqu'au dénouement ! Normalement, je devrais achever cette histoire cet été. Après ça, j'ai bien peur de ne plus pouvoir écrire de fanfictions (du moins pas avant un bon bout de temps !). Déjà qu'en Troisième, je ne suis pas parvenu à éviter quelques mois de pause... là en Seconde, je n'ai plus une seconde pour écrire ! Si j'écris une fanfiction après celle-ci (qui est donc un tome unique, il n'y aura pas de suite... du moins pas de suite « directe »), je ne la publierai qu'après l'avoir entièrement finie. Même si l'attente des lecteurs et les reviews sont une excellente source de motivation, je pense que je serai incapable de soutenir plus longtemps un tel rythme de publication. Dites-vous bien que ce chapitre que vous vous apprêtez à lire, qui est par ailleurs le plus long de cette fanfiction (nouveau record battu, yeah !), m'a pris seulement cinq jours à écrire : un jour que j'ai pu délivrer durant un weekend, en période scolaire, et quatre jours pendant ces vacances. L'inspiration ne me manque pas, c'est simplement le temps pour écrire. Et je tiens à vous demander pardon pour le retard que j'ai pris. Je ne peux pas vous promettre que les prochains chapitres arriveront rapidement – d'autant plus que le chapitre qui suit sera peut-être aussi long que celui-ci (13 000 mots, tout de même !). J'essaierai cependant de faire vite. J'ai tellement hâte, on entre enfin dans le cœur de ce récit !
En parlant du récit, ce chapitre-ci est encore un chapitre qui explorera un personnage en particulier, et dans le passé. Précédemment, nous nous penchions sur l'histoire de Tom Jedusor (qui a semblé vous plaire, au vu des reviews... même mon correcteur m'a complimenté, avant de se suicider une énième fois après la correction), ainsi que l'histoire de Peter Pettigrow (chapitre qui fut plus court). Il ne nous reste que deux chapitres de cette troisième partie : celui-ci concerne un personnage qui, je l'avoue, n'avait au départ pas autant d'importance lorsque je l'ai écrit pour la première fois. Je vous laisse le découvrir !
Au passage, merci beaucoup pour vos reviews, vos alerts, favs et simplement lectures ! Cette histoire ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui sans vous !
Si vous êtes perdus dans l'histoire à cause de mon horrible rythme de publication, n'hésitez pas à relire les quelques chapitres précédents, ou simplement les résumés respectifs.
Bonne lecture !
Réponses aux anonymes :
Agathe : Merci pour ta review ! Elle me fait très plaisir : je suis heureux que cette réécriture des personnages tels que Jedusor et Pettigrow te semble réussie. Ce n'est pas bien grave si tu ne connais pas énormément l'univers d'Assassin's Creed ! Moi-même, je ne suis pas aussi fan que je le suis pour Harry Potter : je n'ai joué qu'à Unity et Origins, même si j'ai regardé le reste en let's play et lu quelques bouquins... En tous cas, je m'efforce d'introduire les éléments de cet univers de manière à ce que même celui qui n'a jamais entendu parler de la franchise puisse comprendre. J'espère que c'est réussi, ça aussi :)
Raptor : Merci pour votre review ! Heureux que ma fanfiction vous plaise. En espérant que la suite fasse le même effet ^^
Auteur : Le Cerf-Pentard
Correcteur : NVJM
Disclaimer : Rien ne m'appartient. L'univers et les personnages sont à J.K. Rowling. Beaucoup d'éléments sont tirés de l'univers d'Assassin's Creed, qui appartient à Ubisoft. J'essaie de tenir compte du canon des deux univers, bien que ce ne soit pas parfaitement possible. Je ne tiens pas compte de tous les évènements des films Les Animaux Fantastiques, la fanfiction étant en cours de rédaction lorsqu'ils sont sortis. Ceci est une reprise de « Jeu de Magie » de WriteraAddicted. Alors même si je me l'approprie un peu, l'idée de base provient de cet auteur. Je ne gagne rien en écrivant cette histoire, à part l'immense plaisir ainsi que la satisfaction de l'écrire et de la partager.
Image : Wiki Assassin's Creed
Corrigé le : Dimanche 30 décembre 2018
Publié le : Mercredi 02 janvier 2019
Harry Potter et le Jeu de Magie
Partie III
Chapitre 20 : L'ennemi véritable, 1964
La porte se referma sans bruit, mais néanmoins d'un geste ferme. Albus Dumbledore, assis à son bureau, poussa un profond soupir et s'adossa un peu plus profondément sur sa chaise. Tom Jedusor venait de quitter la pièce, irrité de s'être vu refuser le poste de professeur de Défense contre les forces du Mal une seconde fois. Cependant, le nouvellement nommé directeur était certain que Tom avait su dès le départ que leur entretien s'achèverait de cette manière. L'ancien professeur de métamorphose se doutait qu'il fût venu à Poudlard avec un but précis – mais lequel ?
N'y tenant plus, il se leva et commença à arpenter son bureau sous le regard calme de Fumseck. Cette entrevue n'avait pas été complètement inutile, au demeurant. L'Orbe des Dieux était en la possession de Tom, il le savait. Le directeur avait ressenti sa présence... sa puissance. Il aurait pu tenter de la prendre, bien sûr, et avait été sur le point de le faire... La main de Jedusor esquissa durant un instant un mouvement vers la poche où se trouvait sa baguette. Albus s'était alors ravisé.
Peu importait. Il savait à présent où était l'artefact. Tom ne tarderait pas à revenir pour la guerre, et aurait alors tout le temps pour la dérober.
« La guerre... la guerre... » marmonnait-il.
Oui, il y aurait une guerre. Elle était inévitable. Mais comment faire pour la gagner ? Mieux ! Comment faire pour la rendre utile ?
Une idée lui traversa soudainement la tête. Voldemort allait persécuter les nés-moldus. Il voulait les voir disparaître. Au contraire, Dumbledore souhaitait les placer sous son contrôle. Cette idée d'armée avec l'Orbe des Dieux ne pouvait fonctionner qu'avec les nés-moldus. En attendant de posséder le pouvoir suffisant que requît cette tâche, il fallait les manipuler, les amener à lui pour qu'ils le considèrent comme leur meneur, leur sauveur.
Oui, c'était ça ! Il fallait les sauver de la guerre, les libérer de leurs chaînes ! La guerre de Voldemort ne suffirait pas à les rendre en colère, à les rendre désireux de se battre... Il fallait quelque chose de plus !
« Je dois les convaincre... » grogna-t-il.
Quelques heures plus tard, plusieurs hiboux furent envoyés à ses confrères Templiers qui possédaient une réelle influence au ministère pour les persuader de s'orienter vers une politique anti-moldue.
Marc Hickey
14 avril 1918 – 24 octobre 1981
Ci-gît un homme qui a servi la lumière depuis l'ombre.
Requiescat in pace.
Emilio observait avec tristesse la tombe de son père. La cérémonie s'était achevée quelques minutes auparavant, et il ne restait que lui dans le cimetière, la pluie et ses parents pour seule compagnie.
Rosa Hickey
30 novembre 1916 – 16 juin 1969
Qui riposa nostro salvatrice. (I)
Avec nostalgie, il se remémorait les souvenirs qu'il avait d'eux. Ses parents avaient eu une vie hors du commun, et il l'avait compris dès son plus jeune âge.
« Papa ! Papa ! Raconte-moi encore ton histoire avec maman !
— Voyons Emilio, soupira son père alors qu'il s'apprêtait à éteindre la lumière. Il est tard et il te faut aller dormir !
— S'il te plaît ! S'il te plaît !
— D'accord, d'accord, céda-t-il lorsqu'il comprit que son fils fût trop excité pour sommeiller. Alors, ça a commencé en 1938. Tu n'étais même pas encore né. J'étais déjà à cette époque un Assassin – tu te souviens de quoi il s'agit ?
— Oui ! Se battre pour la liberté, le peuple et l'arbitre !
— Le libre arbitre, pas l'arbitre, rit son père. Oui, notre organisation secrète lutte pour cela. Nous sommes opposés aux Templiers – qui, foncièrement, n'ont pas des objectifs très différents des nôtres, à savoir la paix et l'ordre... à ceci près qu'ils utilisent des moyens différents : ils n'hésitent pas à restreindre les libertés et à sacrifier les innocents.
— Les méchants ! »
Marc Hickey sourit avec indulgence.
« Tu apprendras bien vite que dans cette guerre secrète qui oppose Assassins et Templiers depuis bientôt trois millénaires, aucun n'est vraiment le gentil ou le méchant.
» Ainsi donc, tout juste Assassin, j'ai été envoyé pour une mission en Italie, alors que le dictateur du pays – Mussolini – instaurait des lois raciales et fascistes. Lors d'un assassinat, j'ai rencontré ta mère, Rosa Aquila. C'était une merveilleuse combattante, et sa volonté de défendre son pays était vraiment admirable. Nous sommes très vites tombés amoureux l'un de l'autre. Cependant, ta mère était d'origine juive, et cela devenait de plus en plus dangereux pour elle de rester en Italie. Lorsque vint pour moi le moment de retourner en Angleterre, elle refusa de m'accompagner pour continuer son combat. Alors, j'ai décidé de rester, et nous avons lutté ensemble. J'ai vécu la guerre à ses côtés. Nous avons tout partagé : ma condition d'Assassin et son état de sorcière. Et alors, le 11 avril 1944, tu es né, Emilio, et nous nous sommes installés en Grande-Bretagne à la fin de la guerre. »
Il ne savait pas pourquoi c'était ce souvenir en particulier – le plus ancien – qui lui revenait en tête. Il connaissait l'histoire de ses parents par cœur : son père la lui avait tant et tant de fois contée...
Emilio détacha son regard des deux tombes, décidant qu'il était l'heure de s'en aller. Il rabattit sa capuche sur sa tête et tourna les talons, marchant vers la sortie du cimetière.
Avec une certaine tristesse, d'autres souvenirs refirent surface.
Il avait grandi en s'entendant dire qu'il deviendrait plus tard un grand sorcier et Assassin talentue. Il avait pratiquement passé son enfance dans trois mondes : celui des moldus, des sorciers, et celui du conflit secret qui opposait Templiers et Assassins. Plus tard, il avait enfin intégré l'école de sorcellerie. Lorsqu'il n'était pas en train d'étudier les arts magiques à Poudlard, son père lui enseignait le combat, le meurtre, la dissimulation, mais aussi les sciences moldues et la littérature. Ce ne fut qu'à ses vingt ans, en 1964, qu'il rejoignit officiellement les Assassins dans une cérémonie où lui furent inculquées les principes de la confrérie, en même temps que lui furent donnés sa lame secrète et sa tenue – juste avant que le rituel ne se conclue sur le traditionnel Saut de la foi (II).
Sa vie d'Assassin avait alors pu commencer.
Ce fut avec une certaine lassitude que, lors d'un soir d'octobre, il s'introduisit dans un appartement de Berlin-Est. Après avoir rejoint les Assassins, Emilio avait été envoyé en République démocratique allemande, où la Confrérie peinait à influencer les agissements politiques. Les Templiers étaient bien trop puissants, et leur pouvoir ne cessait de croître. Ses missions de vols, d'espionnages et d'assassinats l'avaient dans un premier temps contenté. Mais voilà trois ans qu'on l'envoyait sur les mêmes missions, et il avait l'impression de ne pas faire avancer les choses – d'être inutile ! Son action la plus ambitieuse avait été d'assassiner un politicien mineur dans la hiérarchie des Templiers berlinois, et voilà qu'il était sur le point de recommencer.
Personne n'avait remarqué sa silhouette qui, ouvrant délicatement une fenêtre, s'était infiltré dans la demeure de sa cible – laquelle était un certain Hans Hirsch. Il ne savait pas grand-chose sur lui, mis à part qu'il constituait un important lien entre la RDA et l'URSS.
Emilio fut un instant rêveur. La cellule soviétique des Assassins était la plus puissante, la plus active et la plus influente au monde. Il rêvait d'être envoyé là-bas, mais ses supérieurs semblaient bien décidés à ne pas trop l'impliquer dans des affaires importantes.
Dans l'appartement berlinois, tout était sombre : il n'y avait aucune lumière allumée. Cela rendait sa tâche plus aisée – sa victime ne pourrait le voir –, mais aussi plus dangereuse – lui non plus ne pouvait voir sa cible. Heureusement pour lui, de la lumière s'échappait depuis l'interstice d'une porte. Le Templier se trouvait là.
Il sortit sa baguette, insonorisa la porte et la poussa très discrètement. Son sort fonctionna et elle ne fit aucun bruit. Sa cible était assise devant un bureau, fixant avec fatigue de nombreux documents. Malheureusement, Emilio était dans son champ de vision. La pièce s'illumina en vert durant un instant avant qu'Hirsch ne s'effondre sur sa chaise.
Il passa encore un petit moment à fouiller l'appartement. Emilio découvrit d'intéressantes correspondances avec un certain Elisei Antonov, qui semblait également être un Templier. Ils parlaient d'étranges objets qu'ils appelaient les « Pommes d'Éden ». Emilio ne savait pas de quoi il s'agissait, aussi chercha-t-il à retrouver cet Elisei. La lettre la plus récente qu'il retrouva faisait état d'une rencontre dans l'appartement de Hans Hirsch.
Le jour dit, il attendit dans le domicile du macchabée l'arrivée d'Antonov. La demeure empestait la mort, le cadavre du Templier n'ayant pas bougé de sa chaise. Lorsqu'Elisei pénétra l'appartement, Emilio dû faire face à une intense surprise : son stupéfix fut dévié et un rayon vert le rata de justesse. Un combat s'engagea entre lui et le nouveau venu. Des éclairs de lumières illuminèrent pendant quelques minutes la pièce avant que l'Assassin ne prenne le dessus. Il finit par assommer Elisei, même s'il n'en sortit pas non plus indemne : un sortilège l'avait frôlé au flanc et une légère coupure laissait du sang s'échapper. Il n'y prêta pas attention, préférant se concentrer sur le corps qu'il avait devant lui. L'Assassin ne le tuerait pas tout de suite. Le mystère des Pommes d'Éden l'intriguait trop pour laisser passer cette occasion, d'autant plus que le Templier était un sorcier. À ce stade-là, il aurait déjà dû en parler à son supérieur... mais il était certain qu'on l'écarterait alors de l'affaire. De plus, les Assassins ne sont pas au courant de l'existence des sorciers. Emilio préférait s'en occuper seul.
Emilio maîtrisait la legilimancie, ce qui faisait de lui un excellent espion. Il ne se priva pas pour fouiller l'esprit d'Elisei pendant qu'il fût assommé. Ses défenses mentales restaient cependant fortes, et il dut forcer un peu pour voir ce qui l'intéressait.
Emilio poussa le portail du cimetière. Il était curieux qu'une partie de son avenir ait été déterminé par cette simple découverte. Les souvenirs d'Elisei Antonov lui avaient révélé ce qu'étaient les Pommes d'Éden – ou les Orbes des Dieux, chez les sorciers. Il existait plusieurs de ces artefacts aux pouvoirs étonnants, répartis un peu partout dans le monde. Beaucoup étaient si bien cachés qu'ils pouvaient être considérés comme perdus.
Son intrusion dans l'esprit du Templier lui avait également fait découvrir l'existence d'une branche sorcière de l'Ordre du Temple. Et alors qu'il tuait Antonov, une question l'avait envahie : existait-il une organisations sorcière des Assassins ?
Emilio transplana, quittant le cimetière où étaient enterrés ses parents.
Après un an de recherche, il n'avait trouvé nulle trace d'Assassin qui puisse être sorcier. Quant aux Templiers, il découvrit tout de leur organisation, les espionnant durant leur quête de l'Orbe des Dieux. Alors qu'ils y étaient presque, son supérieur remarqua ses activités suspectes. Il fut écarté de l'affaire et renvoyé en Angleterre.
Cela l'avait empli de rancune. Il n'obéirait plus jamais, ne se rendrait plus jamais chez les Assassins. Le jeune Hickey avait alors décidé qu'il passerait à présent sa vie chez les sorciers.
Quelques jours après son arrivée en Angleterre, sa mère obtint pour lui un poste au ministère de la Magie, dans le Service des usages abusifs de la magie du Département de la justice magique. Ce n'était qu'un stupide travail, discret, qui consistait à manipuler une des nombreuses machines liées à la Trace. Chaque machine correspondait à une des antennes réparties un peu partout sur le territoire. Elles nécessitaient un entretien et une surveillance constante, ainsi qu'un apport régulier de magie. Une trentaine d'employés, rangés par ordre dans la même salle, faisaient exactement la même besogne que lui. C'était répétitif, ennuyant, et il arrivait même des jours où le bruit de ces machines fut si infernal qu'il n'eût d'autres désir que de fuir. L'action lui manquait il n'était pas fait pour ce genre de tâches. Lorsque cela devenait trop insupportable, il lui arrivait même de regretter avoir quitté les Assassins.
Mais c'était trop tard, et Emilio ne pouvait rien faire d'autres pour l'instant. Les quelques deux cent soixante-deux Gallions qu'il gagnait lui permettaient de louer un petit appartement moldu à quelques kilomètres de Londres.
Lorsqu'il n'était pas au travail, il rattrapait son retard dans la maîtrise de la magie. Durant son adolescence, ses efforts avaient bien plus été concentrés sur ses aptitudes d'Assassin que de sorcier, et il en payait aujourd'hui les conséquences. Ses cinq ASPICs dont une seule dépassait Effort Exceptionnel ne lui permettaient pas de prétendre à un meilleur emploi au Ministère. Pour l'instant.
Un jour, si vie changea de cours une nouvelle fois. Son supérieur entra avec fureur dans la pièce.
« ALDERTON ! » cria-t-il.
La jeune fille qui travaillait à sa gauche sursauta et releva la tête de sa machine. D'un ton craintif, elle répondit : « Monsieur Simon...
— J'ai lu le rapport des vérifications. Votre traceur est en mauvais état, et ce depuis que vous avez été acceptée à ce poste ! Pensez-vous que cela soit...
— Ce n'était qu'une petite rayure ! d'une voix qu'Emilio trouva douce et claire. Ça n'empêche pas le fonctionnement et il y a pire que cette...
— MERLIN, NE M'INTERROMPEZ PAS ! aboya Fabius Simon. »
Tous les employés firent un léger bon sur leur siège.
« Ne vous étonnez pas si vous vous retrouvez avec vingt Gallions en moins à la fin du mois ! »
Les yeux de la dénommée Alderton étaient humides, et Emilio vit une larme couler sur sa joue.
« Le département des mystères travaille actuellement sur une nouvelle version du traceur, nécessitant moins de main d'œuvre... Ne doutez pas une seule seconde que s'il fallait supprimer quelques postes, je commencerais par le vôtre ! »
Il jeta un œil au reste de la salle. Tout le monde avait cessé de travailler pour assister à la scène. Dans le silence seulement interrompu par la frappe mécanique et régulière de la trentaine de machines, Simon cria, les traits déformés par la colère : « AU TRAVAAAAAAIL ! ». Et il quitta la salle.
Emilio observa avec compassion sa collègue, mais il dut bien vite reprendre le travail. L'ancien Assassin ne pouvait risquer de recevoir les mêmes remontrances.
Le lendemain, ce fut les sourcils froncés qu'il vit Simon revenir dans la salle. Il patrouillait dans la salle, passant à plusieurs reprises devant la jeune employée qu'il avait menacé. Personne ne faisait attention à lui, hormis Emilio. Il jetait des coups d'œil fréquents en direction de son patron, et fut outré de le surprendre penché sur Alderton, la main glissant sur sa poitrine. Il envisagea une seconde avoir rêvé, mais la raideur avec laquelle elle était assise confirma ce qu'il venait de voir. Simon recommença, laissant cette fois sa main jusqu'à sa jupe.
La colère montant en lui, Emilio fit un rapide geste de baguette avant de reprendre son travail comme si de rien n'était. Simon lâcha soudain un glapissement, avant de fuir vers ce qui semblaient être les toilettes. Les boutons qui venaient de pousser sur son entre-jambe ne devaient en effet pas être très agréables.
Il jeta un regard à la jeune fille et la découvrit en train de le fixer avec incrédulité. Elle finit par lui envoyer un sourire, qu'il lui rendit avant de replonger dans sa machine.
Le soir, à la fin de cette longue journée de travail, Emilio emprunta un ascenseur vide pour regagner l'Atrium. Alors que les portes se refermaient, une silhouette se glissa à l'intérieur de la cabine. C'était sa jeune collègue, Alderton.
« Merci pour tout à l'heure, sourit-elle en regardant droit devant.
— Je ne vois pas de quoi vous parlez, répondit-il d'un ton espiègle.
— Naturellement, rit-elle. »
Il y eut quelques secondes de silence.
« Pourquoi s'acharne-t-il ainsi sur vous ? finit-il par demander, intrigué.
— Je suis une femme et une née-moldue, répondit-elle, amère.
— Ce ne sont pas des raisons, rétorqua-t-il, confus.
— Ce sont des raisons suffisantes pour le sang-mêlé frustré qu'il est, le détrompa-t-elle en accentua les mots « sang-mêlé frustré ».
— Depuis quand le sang est-il si important ? »
Alderton lui jeta un furtif coup d'œil. Emilio se rendit compte qu'il ne connaissait pas son prénom. Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et ils sortirent dans l'Atrium.
« Vous avez passé les dernières années dans une grotte ou quoi ? ironisa-t-elle.
— En réalité, j'ai passé les quatre dernières années à l'étranger. Chez les moldus, plus précisément. Dites-moi, comment vous appelez-vous ?
— Susan Alderton. Et vous ?
— Emilio Hickey. Alors, pouvez-vous m'expliquer comment une idéologie puriste prônée par une minorité de personnes en soit arrivée à envahir le ministère ? Il est vrai que maintenant que j'y repense, aucun membre haut placé n'est un sang-mêlé ou un né-moldu.
— Ce n'est peut-être pas le meilleur endroit pour en parler. Que diriez-vous de m'accompagner sur une partie du chemin qui mène chez moi ?
— Ce sera avec plaisir... »
Ils sortirent ensemble du ministère, attendant de s'être éloigné suffisamment dans le côté moldu avant de reprendre la parole.
« Eh bien, reprit-elle, je ne sais pas exactement comment une telle idéologie a pu envahir le ministère, mais je sais qui en est à l'origine. Bien sûr, ce sont les dirigeants. La ministre elle-même, Eugenia Jenkins, et Tiberius Moon, le directeur de notre département – pour ne citer qu'eux. Il doit y en avoir d'autres, mais ce sont les plus importants que j'ai pu repérer. Voyez-vous, ils ne prêtent que peu d'attention à une née-moldue – qui plus est une femme. J'ai pu surprendre nombre de leurs conversations. Je n'ai toujours pas compris pourquoi, mais ce sont eux qui planifient toutes les petites et discrètes lois pour nous empêcher de posséder trop d'argent ou d'accéder à de trop hautes fonctions.
— Je vois qu'on s'improvise espionne. » plaisanta-t-il.
Susan haussa les épaules.
« Et vous, qu'avez-vous fait durant ces quatre dernières années ?
— J'étais justement un espion – un vrai – en Allemagne de l'Est. Il m'arrivait aussi d'assassiner quelques cibles.
— Pour le ministère ? fit-elle d'une voix tremblante.
— Non ! Pour une organisation secrète encore plus cachée et puissante que le ministère. Mais il est vrai que vous auriez dû être plus prudente et ne pas confier vos activités à une personne que vous venez tout juste de rencontrer.
— Vous avez raison, approuva-t-elle avec un froid sourire. Je vais suivre votre conseil. Bon weekend ! »
Et Susan de transplaner.
Durant les deux jours qui suivirent, Emilio fut étonné de constater à quel point il pouvait être impatient d'être au pire jour de la semaine. Le lundi, il lui parut très difficile de se concentrer sur sa machine, ne cessant de jeter des regards furtifs vers Susan. Brune, petite, des yeux marrons, une petite bouche, un petit nez et un petit visage... Objectivement, rien ne la démarquait d'une autre. Mais Emilio la trouvait tout de même mignonne. Avec un grand effort de concentration, il retourna à son travail. Le jeune Hickey était habitué à tomber sous le charme de quelque jeune demoiselle, et ça ne l'étonnait pas plus que cela.
À la fin de la journée, Emilio partit à sa rencontre. Il attendit que la foule se dissipât avant de l'apostropher : « Susan ! »
Elle se retourna, semblant surprise et exaspérée de le voir ici. « Oui ?
— Que diriez-vous d'une petite visite chez la ministre ? proposa-t-il, tenant une petite fiole de polynectar dans la main.
— C'est... ? fit-elle, surprise.
— Oui. Alors, vous venez ? »
Quelques minutes plus tard, rien n'aurait pu les distinguer de véritables Aurors. Ils assommèrent ceux qui gardaient le bureau de la ministre, avant de les cacher et de prendre leur place. Après s'être assurés que la pièce fût vide, Emilio entra et se mit à fouiller le bureau...
« Laissez-moi deviner... Vous avez été renvoyé en Angleterre à cause de vos piètres qualités d'espions ? rit-elle.
— Parce que je me mêlais de ce qui ne me regardait pas. » grogna-t-il.
Ils étaient tous deux affalés sur un canapé de l'appartement d'Emilio. Susan n'était pas loin de s'étouffer de rire.
« Une... une... al... une alarme ! Une bête alarme ! »
Emilio avait irrésistiblement envie de prendre un coussin et de le lui balancer en pleine figure.
« J'avais l'habitude de m'introduire chez des moldus, pas dans le bureau du ministre de la Magie !
— Tout de même ! Avouez que c'est bête !
— Le plus important est que nous en soyons sortis sains et saufs.
— Plus important encore : la sécurité va être renforcée et il nous sera impossible d'espionner quoi que ce soit ! ricana-t-elle. Une chance que nous ayons pu fuir avant l'arrivée des Aurors. »
Et elle repartit dans un fou rire. Malgré l'échec qu'il venait de vivre, il ne put s'empêcher de rire avec elle de l'incongruité de la situation. Ils durent rester ainsi jusqu'au-delà de minuit – à vrai dire, Emilio ne s'en souvenait pas très bien. Tout ce qu'il savait, c'était qu'ils avaient tous deux été très fatigués au travail, le lendemain. Ils avaient longuement discuté, apprenant à se connaître.
« Je suis entré à Poudlard en... 1957, fit-elle longuement, en recherchant la date.
— J'y suis entré en 1955 – je ne vous avais jamais remarqué. Le Choixpeau m'avait envoyé à Gryffondor.
— J'étais à Serdaigle ! dit-elle, fière. J'ai toujours été passionnée par la connaissance. D'ailleurs, je voulais devenir Langue-de-plomb au Département des mystères, mais c'est difficile d'accéder à ce poste pour une née-moldue comme moi. En attendant, je fais ce détestable et misérable travail au Service des usages abusifs de la magie. Et vous ? Qu'aviez-vous espéré faire ?
— Devenir un grand Assassin, comme mon père. »
Devant la mine surprise, presque choquée qu'elle fit, Emilio lui expliqua ce qu'étaient les Assassins et les Templiers, ainsi que ce qu'il faisait en Allemagne.
« Mouais, fit-elle, moqueuse. Ça aurait été plus impressionnant si vous ne vous étiez pas fait avoir par une bête alarme. »
Cette fois-ci, il ne se priva pas : il vit avec une certaine joie le coussin rencontrer le visage de Susan. Elle le lui renvoya en riant.
« Et découvrir que deux organisations cachées triplement millénaires se livrent une guerre secrète tout en influençant les plus grands évènements de l'Histoire moldue... tout cela n'a pas l'air de vous surprendre.
— À vrai dire, ça ne m'intéresse pas. Cela fait longtemps que je ne me soucie plus du monde moldu.
— Vous avais-je révélé avoir découvert une branche sorcière des Templiers ? » lui dit-il en constatant cette indifférence. Elle avait alors semblé plus intéressée, écoutant avec attention son récit avec Elisei Antonov, ses nombreuses recherches sur les Templiers sorciers et les Pommes d'Éden.
« Vous dites qu'ils dirigent le monde. Peut-être est-ce similaire en Angleterre ? Le ministère est peut-être contrôlé par ces Templiers – qui seraient la cause de toutes ces discriminations ?
— C'est possible. » admit-il. Mais en réalité, ils n'en savaient absolument rien. Au cours des mois qui suivirent, ils laissèrent leurs oreilles ouvertes et tentèrent même à une ou deux reprises d'espionner quelques suspects. C'était plus difficile à présent, bien sûr, mais ils parvinrent tout de même à récupérer quelques informations. Sans grande surprise, ils découvrirent des symboles Templiers parmi ceux qui étaient derrière les lois discriminatoires – de bêtes indices comme la croix pâtée ou leur fameuse phrase « Puisse le Père de la Sagesse nous guider. » Aussi, énormément de signes présageaient une guerre. Mais qui opposerait-elle ? Les Templiers – ou du moins ceux qu'ils soupçonnaient d'en être, comme la ministre ou le directeur de leur département – semblaient se préparer à affronter un ennemi. À plusieurs reprises, ils avaient entendu le nom de Dumbledore associé à cela. Quel était son rôle là-dedans ? Mystère...
Outre ces activités, ils passaient énormément de temps à affiner leurs compétences dans le combat. Susan n'en savait que très peu, mais apprenait vite. Quant à Emilio, il essayait d'adapter ses connaissances moldues au combat sorcier. L'ancien Assassin était très fort pour affronter un moldu, d'autant plus qu'il pouvait s'aider de quelques pouvoirs... Cependant, et il l'avait compris très tôt, Emilio ne ferait pas le poids face à un sorcier entraîné.
À l'instar de leurs compétences, leur relation et leurs sentiments évoluèrent au fil du temps. Susan et lui s'étaient peu à peu rapprochés, jusqu'à finalement s'avouer leurs sentiments amoureux. En mai 1969, ils avaient même décidé d'emménager ensemble.
Le bonheur d'Emilio ne dura pas, cependant. Le 16 juin 1969, il apprit le décès de sa mère. Cela l'attrista quelques temps, mais il put s'en remettre avec l'aide de Susan.
« Et ton père, où est-il ? se demanda-t-elle un jour. Tu ne m'en as que très peu parlé...
— Il n'y a pas grand-chose à dire. Un grand Assassin, comme j'aurais rêvé de l'être. Il est en URSS, aujourd'hui. Je ne saurais même pas te dire s'il est vivant ou mort, je n'ai pas beaucoup de ses nouvelles. »
Susan resta silencieuse durant quelques secondes, une idée germant dans sa tête.
« Il y a des Templiers sorciers, mais pas d'Assassins – on a cherché, il n'y en a aucune trace. Pourquoi ne pas créer nous-même la confrérie ?
— Pourquoi faire ? rit-il. Nous ne serons que deux.
— Et alors ? Avec la guerre, il y en aura forcément que nous pourrons recruter. »
Emilio haussa les épaules, l'air de dire « pourquoi pas ? ». Le lendemain, il sortit de ses affaires sa vieilles tenue d'Assassin, avec la caractéristique capuche en pointe. Avec l'aide de la magie, il ne fut pas difficile d'en confectionner une nouvelle, plus féminine, pour Susan.
« À quoi servent ces poches ? s'interrogea-t-elle en regardant avec curiosité l'intérieur de sa tenue.
— Pour les armes, évidemment, énonça-t-il en lui donnant quelques couteaux de jet. »
Ils avaient toujours des désaccords, sur ce sujet : lui préférait l'élégance des ces armes, tandis qu'elle ne voulait voir aucun outil moldu. Il apparaissait cependant que cela lui procurait un avantage, durant leurs séances d'entraînement. Quoiqu'il en fût, Susan ne put échapper à la traditionnelle lame secrète – et elle dut bien avouer que c'était pratique.
Au tout début, ils ne se servirent pas beaucoup de ces accessoires, de la tenue et de la lame. Leurs activités se résumaient à l'espionnage, et parfois au vol pour arrondir leurs fins de mois – leur travail au ministère ne les enrichissait pas énormément. Quant au meurtre, hormis deux ou trois fonctionnaires sans importance qui s'en prenaient avec un peu trop de zèle au nés-moldus, il n'y avait rien eu d'important.
Puis, la guerre commença.
LA GAZETTE DU SORCIER
17 juin 1970
ÉTRANGES MEURTRES CHEZ LES MOLDUS
Très tard hier dans la soirée, les Aurors et les Oubliators ont dû être dépêchés un peu partout sur le territoire britannique, sur plus d'une vingtaine de villes différentes. La cause ? Des moldus ont été retrouvés à leur domicile – très souvent détruit – tués par magie. Des traces du sortilège Doloris ont même été repérées sur certains cadavres ! Et que dire de l'étrange marque qui flottait au-dessus de ces horribles scènes ! – que vous pouvez voir ci-contre. Un serpent sortant de la bouche d'un crâne et s'enroulant autour de lui. Que représente ce symbole, jusque-là inconnu ? (analyse plus détaillée en page 8) Les moldus ne sont pas les seules victimes : une famille de sang-mêlés a également été touchée. Le père était connu pour publier des articles polémiques dans un périodique concurrent sur le ministère de la Magie, dénonçant notamment toutes sortes de discrimination depuis...
...
La population sorcière prêta une grande attention à cet évènement, mais ne se sentit aucunement menacée dans un premier temps. D'autres attaques survinrent, le mois suivant, touchant plus directement les sorciers. Les traces de tortures sur la plupart des cadavres commencèrent à effrayer et à paralyser toute la société.
De leur côté, Emilio et Susan intensifièrent leurs espionnages. Le bureau des Aurors était en ébullition. Il fut très difficile d'y obtenir des informations. Il s'agissait apparemment d'un groupe de sorciers qui se faisait appeler « Mangemorts » – des criminels prônant la supériorité du sang-pur qui s'étaient donné pour mission de nettoyer le monde de la vermine qu'étaient les moldus et les nés-moldus. Si une part de la population était bien effrayée, une autre se réjouissait en secret de voir ces Mangemorts agir. Le climat anti-moldu qui régnait bien avant le début de ces attaques n'y était pas pour rien. De plus, en fouinant un peu, ils découvrirent une massive propagande dans l'Allée des Embrumes. C'est là qu'ils en apprirent le plus : ces Mangemorts devaient être une centaine, voire deux. Ils étaient menés par un certain Voldemort – un nom qui provoquait la peur chez ceux qui l'avaient d'ores et déjà rencontré.
Emilio et Susan décidèrent de quitter leur travail au ministère. Ce dernier était trop contraignant et chronophage pour les activités qu'ils entreprenaient. À présent, ils se contenteraient de vols pour subvenir à leurs besoins. Ils se procurèrent également un logement dans l'Allée des Embrumes, pour plus de discrétion mais surtout pour être plus proches du cœur de la guerre. Car nul doute que l'Allée des Embrumes allait être un lieu très important pour ces Mangemorts.
Les deux Assassins furent durant les premiers mois confus. Tandis que Voldemort étendait son influence et que la peur paralysait la Grande-Bretagne, eux se posaient des questions sur l'origine de cette organisation.
« Je ne comprends pas, persistait Susan, faisant les cents pas dans l'appartement tel un lion en cage. Un mage noir ne peut pas apparaître aussi soudainement. D'où vient-il ?
— Ce n'est pas aussi soudain qu'on pourrait le croire. » répliqua Emilio, qui lisait La Gazette. L'édition du jour n'annonçait que deux morts. « Tu te souviens qu'ils s'attendaient déjà à une guerre, au ministère ?
— Oui, mais il fallait s'attendre à un ennemi des Templiers ! Pourtant, ils partagent exactement les mêmes idéaux. Ça n'a aucun sens...
— Peut-être que c'est...
— ... le même camp ? Possible. Ça expliquerait qu'ils aient été au courant avant tout le monde. Mais ça ne suffit pas...
— Tu oublies que les Aurors ont du mal à combattre Voldemort. Le ministère ne cesse de faire des promesses, sans pourtant agir.
— D'accord, peut-être que ça suffit... »
Ainsi, le 26 décembre 1970, ils décidèrent de passer à l'action, se rendant chacun au domicile des deux plus grands Templiers qu'ils connaissaient – Eugenia Jenkins, ministre de la Magie, et Tiberius Moon, directeur du Département de la justice magique – pour les assassiner. Cela fit la Une de La Gazette, et on en parla durant des semaines. Tout le monde soupçonnait les Mangemorts d'être à l'œuvre. Étrangement, les attaques se tarirent durant une ou deux semaines, avant de reprendre de plus belle, plus intenses et violentes encore. Un nouveau ministre fut élu : Harold Minchum, et Bartemius Croupton Sr. hérita du poste de directeur du Département de la justice magique. Avec eux, le ministère commença réellement à agir. Seulement quelques mois après son accession au pouvoir, Minchum décida de placer plus de Détraqueurs autour d'Azkaban, et Croupton intensifia l'entraînement des Aurors. Cela ne suffit cependant pas à empêcher la montée au pouvoir de Voldemort. Le ministère était infiltré, et les attaques ne ciblaient plus uniquement des maisons isolées, mais aussi des lieux publics. C'était dans ces moments-là que Voldemort se montrait, et sa puissance était telle que la fuite était préférée au combat, même pour les Aurors. L'hôpital Sainte-Mangouste, le ministère, les locaux de La Gazette... seul le Chemin de Traverse avait été épargné pour l'instant, probablement en raison de sa sécurité renforcée.
Emilio et Susan ne pouvaient faire grand-chose, hormis assassiner une cible çà et là et tenter de comprendre ce qu'il se passait. La guerre s'intensifiait et devenait de plus en plus dangereuse. Ils mirent au point un stratagème au cas où ils seraient faits prisonniers. Les deux Assassins prononcèrent un Serment Inviolable, jurant de ne jamais prononcer la phrase caractéristique des Templiers – les empêchant ainsi de les rejoindre –, et de ne jamais révéler volontairement être sous Serment Inviolable. Ainsi, ils pourraient se suicider si nécessaire.
Après l'assassinat d'Eugenia Jenkins et de Tiberius Moon, leur hypothèse selon laquelle les Mangemorts étaient une œuvre des Templiers ne fut plus aussi claire – d'autant plus qu'après la mort de Jenkins et Moon, ils avaient perdu la trace de l'organisation. Bien sûr, elle agissait toujours... mais il était quasiment impossible d'en repérer les membres et de les espionner.
En 1972, une lueur d'espoir sembla émerger. Une attaque survint après un grand match de Quidditch, à Liverpool. Susan et Emilio furent parmi les premiers sur place. La plupart des sorciers tentaient de fuir, mais un champ anti-transplanage avait été posé. Peu essayaient de combattre les Mangemorts, trop nombreux. Les deux Assassins ne pouvaient les combattre ouvertement, au risque d'attirer l'attention sur eux. Aussi se contentaient-ils d'enfoncer leur lame secrète dans la gorge de quelques-uns d'entre eux en attaquant par derrière et, s'ils visaient bien, envoyaient des sortilèges et des couteaux. D'autres sorciers arrivèrent pour combattre les Mangemorts. Parmi eux se trouvait Dumbledore. Le combat tourna à leur avantage, si bien que Voldemort dut défier le vieux directeur en personne pour empêcher une trop cuisante défaite. Bien que les combats continuassent tout autour, personne ne pouvait s'empêcher d'admirer le combat qui se jouait là devant eux. En ces temps-là, Dumbledore était le plus puissant et Voldemort luttait avec difficulté. Emilio avait la certitude qu'il n'allait pas tarder à fuir. Étonnement, cela prit plus de temps. Le mage noir avait sorti une arme. Un artefact. C'était une sphère dorée, qui irradiait sa lumière dans cette nuit sanglante. Elle sembla redonner du pouvoir à Voldemort, lui permettant de tenir un peu plus face à Dumbledore. Lorsque les Aurors débarquèrent finalement, il dut fuir. Mais à la dernière seconde, le directeur de la célèbre école de sorcellerie parvint à lui dérober la sphère. Tout le monde put entendre le cri de rage que poussa Voldemort, et cela les ébranla tous tant et si bien qu'ils en eurent les jambes tremblantes.
Emilio s'empressa de transplaner, emportant Susan avec lui. Il passa la soirée à arpenter l'appartement en long et en large, sous les appels inquiets de sa compagne. Il avait reconnu l'artefact. L'Assassin n'en avait jamais vu, mais c'en était bien une. C'était une Pomme d'Éden. Il dut réexpliquer à Susan ce dont il s'agissait.
« Ce sont les Templiers qui cherchent ce genre d'artefact ? demanda-t-elle finalement.
— Oui, et Dumbledore pourrait bien en être un. Surtout s'il fait ce à quoi je pense... Nous ne devons pas prendre le risque que cet objet finisse entre de mauvaises mains. »
Le lendemain, ils passèrent la journée à espionner dans l'Allée des Embrumes. Beaucoup de rumeurs couraient suite à la dernière attaque. Emilio finit par découvrir que Dumbledore aurait créé une sorte d'organisation secrète : l'Ordre du Phénix. Il ne lui en fallut pas plus. De retour à leur domicile, il exposa à Susan sa théorie :
« Les Mangemorts et les Templiers haïssent les moldus et les nés-moldus. Mais les premiers souhaitent leur anéantissement, tandis que les seconds ne veulent que les soumettre. Avec cette guerre, il leur suffirait de créer une organisation pour les défendre, autour d'une figure importante – un Templier – à laquelle ils ont confiance, et voilà qu'ils se retrouvent à obéir. Les nés-moldus ne penseront même pas à se révolter, si on les oppresse, car ils penseront déjà qu'ils mènent une révolte ! »
Dans les jours qui suivirent, beaucoup d'Aurors rejoignirent l'Ordre du Phénix – probablement car l'organisation leur semblait plus efficace que le ministère. Mais une part non négligeable d'Aurors, non seulement insatisfaits du ministère mais aussi méfiants à l'égard de Dumbledore, décidèrent de s'unir de leur côté. Au début, seuls les Assassins et les Mangemorts les remarquèrent. Et ces derniers n'avaient pas de très bonnes intentions à leur égard. Un soir, ils apprirent qu'ils étaient ciblés par une attaque et s'empressèrent d'aller les aider. Après avoir repoussé les Mangemorts ensemble, la Confrérie sorcière des Assassins eut ses premières recrues – qui n'évitèrent pas le Serment Inviolable. Cette augmentation de leurs effectifs leur permit d'avoir plus de pouvoir dans cette guerre.
« Ça ne suffit pas. Cette guerre ne prendra jamais fin. » se lamentait Emilio.
Susan, allongée à ses côtés dans leur lit, vint se serrer contre lui.
« Ne raconte pas de bêtises ! Bien sûr qu'elle s'achèvera, tôt ou tard. Et nous devons nous battre pour qu'elle s'achève avec notre victoire, plutôt tôt que tard. Cela fait déjà cinq ans, c'est bientôt la fin.
— Ils sont trop nombreux, continua-t-il cependant.
— Et je doute que la moitié lui soit fidèle, vu comment il recrute. »
Emilio rit brièvement, concédant ce point. Il était vrai que Voldemort ne recrutait pas de la meilleure des manières – bien que cela fonctionnât. Après une attaque où tout le monde se fut rendu, il discourait longuement sur son idéologie et sur l'intérêt de le joindre. Il proposait ensuite aux vaincus de gagner ses rangs, promettant la mort aux autres. Beaucoup cédaient, mais combien le soutenaient vraiment ? Emilio se demanda quelle était la part de ses fidèles sous Imperium.
« Allez, arrête de penser à ça pour ce soir. » dit-elle en l'embrassant. Le baiser s'intensifia, et Emilio oublia la guerre durant une partie de la nuit...
Quelques semaines plus tard, il dut faire face à une annoncer à laquelle il ne se serait jamais attendu : Susan était enceinte. Le couple fut très heureux de cette nouvelle, jusqu'à ce que la réalité de la guerre ne leur revienne. Une profonde inquiétude s'empara d'eux : ils ne souhaitaient pas que leur enfant grandisse en ces temps troubles. Cela redoubla leur détermination à gagner cette guerre et ils intensifièrent leurs activités. Et cela passait par une chose primordiale : l'espionnage.
« Que puis-je pour vous, monsieur Hickey, mademoiselle Alderton ? »
Ils avaient convoqué un de leur meilleur Assassin. Un Auror : Pandion Fletcher.
« Vous avez un fils à Poudlard, n'est-ce pas ? demanda Emilio.
— C'est exact, répondit Fletcher en blêmissant.
— Je suis désolé de vous demander cela. Impliquer un être cher, qui plus est un enfant, dans cette guerre. Mais je vous promets que cela sera sans grand risque. »
Emilio posa sur la table un enregistreur sonore. Il s'agissait d'un enregistreur mécanique, du même genre que le phonographe d'Edison, en version réduite. Il ne fonctionnait pas avec l'électricité, ce qui permettait de le placer à Poudlard sans qu'il ne cesse de fonctionner. Après l'avoir utilisé, il suffirait de récupérer l'enregistrement et de simplement écouter.
« J'aimerais que votre fils introduise et cache ceci dans le bureau d'Albus Dumbledore. »
Fletcher pâlit encore plus si c'était possible.
« Bien, fit-il en saisissant l'objet.
— Évidemment, vous pouvez refuser. Ou votre fils peut confier cette tâche à un autre élève de confiance. »
Fletcher ne fit qu'acquiescer avant de quitter la pièce.
Emilio se tenait aux côtés de Susan, sur leur lit. Un nouvel être dormait dans les bras de celle qu'il aimait. Avec un sourire radieux, quoique fatigué, elle lui demanda : « Quel nom, alors ? »
Certains sortilèges permettaient de déterminer le sexe de l'enfant à l'avance, mais ils avaient préféré garder la surprise. S'ils avaient déjà réfléchi à des noms dans le cas où ce serait une fille ou un garçon, Emilio en proposa un nouveau, auxquels ils n'avaient jamais pensé : « Que dis-tu de Rose ? Comme sa grand-mère, Rosa...
— C'est un joli nom. Rose Hickey. »
Leur moment de bonheur fut interrompu par une intense lumière bleue qui pénétra dans la chambre. C'était un Patronus avec une forme d'aigle. Emilio reconnut là l'un de ses Assassins.
« Une attaque... sur le Chemin de Traverse... Ses forces sont nombreuses... »
Tous deux blêmirent. Jamais le Chemin de Traverse n'avait été attaqué jusqu'alors. Emilio se leva, résigné. « J'y vais.
— Sois prudent. » murmura-t-elle.
Il acquiesça avant de s'en aller. L'Assassin décida de transplaner dans une rue adjacente à l'allée principale. Mais même là, le combat était déjà intense. Il se débattit avec quelques Mangemorts, avançant jusqu'au cœur du combat. Il n'y avait presque que des civils, au début. Beaucoup tentaient de fuir, en vain à cause du champ anti-transplange. Peu essayaient de se battre. Outre les cris des sorciers lui parvinrent à ses oreilles ceux de nombreuses créatures magiques. Emilio crut reconnaître parmi elles des loups-garous et des Acromentules. Le froid intense qui commençait à envahir les lieux n'annonçait qu'une seule chose : des Détraqueurs. Il crut même voir des géants et une manticore.
Malgré toute l'ardeur avec laquelle il combattait, l'Assassin ne put rien empêcher. Les gens autour de lui mourraient par dizaines et il luttait plus pour survivre que défaire ses ennemis. Les autres Assassins étaient déjà là, et les Aurors ainsi que l'Ordre du Phénix ne tardèrent pas à se joindre. Si cela permit une lutte plus égalitaire, il n'en restait pas moins que les trois forces réunies peinaient à faire face aux Mangemorts et à leurs créatures. Même Dumbledore semblait submergé...
... et il l'était si bien qu'au bout d'une demi-heure de lutte, alors que tout le monde fatiguait et était sur le point de lâcher, il ne put résister à commettre la même erreur que Voldemort, environ trois ans auparavant. Dumbledore fit apparaître l'Orbe. Une intense et vive lumière dorée aveugla tout le monde. Les Détraqueurs se firent moins agressifs. Une vingtaine de Mangemorts autour de lui furent mis hors d'état de nuire, et peut-être même que certains périrent.
Le combat n'était cependant pas terminé, et Voldemort, furieux, se tournait vers son ennemi le plus important. Emilio, après une demi-seconde de torpeur durant laquelle il faillit bien recevoir un sortilège de mort, avait décidé d'agir. Il fallait voler l'Orbe.
Il traversa ce qui était maintenant un champ de bataille jonché de morts, évitant des sortilèges et se défendant face à une créature ou un Mangemort quand il le fallait. Cela ne l'empêcha pas d'être blessé : une Acromentule avait mordu son bras, répandant son venin en lui. Pendant ce temps, le combat entre Dumbledore et Voldemort se faisait plus intense encore. La puissance du vieux directeur, sa baguette et l'Orbe faisaient effet sur le jeune mage noir. Ce dernier résista encore longuement, mais il commençait à faiblir. Dumbledore gagnait.
Emilio n'était plus qu'à quelques mètres. Il agit très rapidement. L'Assassin sauta, s'empara vivement de l'Orbe et, avec la puissance qu'elle lui octroyait, brisa le champ anti-transplange avant de prendre la fuite. Dumbledore, légèrement affaiblit, ne put rien faire pour l'en empêcher. Il eut cependant le temps d'apercevoir son visage ainsi que sa tenue caractéristique des Assassins.
Emilio ne l'apprit que plus tard, mais la bataille avait tourné au carnage. Voldemort et ses Mangemorts avaient repris le dessus, tuant quiconque leur résistait. Et si le Chemin de Traverse finit en véritable champ de cadavres, certains sorciers avaient tout de même eut le temps de fuir suite à la chute de la barrière anti-transplange.
Au quartier général de la Confrérie sorcière des Assassins, Emilio était assis à une table, l'Orbe posé devant lui. Il avait pu soigner la morsure de l'arachnide, et espérait à présent comprendre plus en détail l'artefact. L'Assassin en avait cherché un durant une année entière, en Allemagne. Et voilà qu'il possédait désormais un Orbe. Il lui faudrait l'étudier, c'était certain...
Il fut interrompu dans le fil de ses pensées lorsqu'il entendit la porte de la pièce s'ouvrir. En se retournant, il reconnu Pandion Fletcher. Emilio se leva, prêt à lui demander des nouvelles de...
Un puissant coup le frappa à la joue, l'envoyant rencontrer le plancher. Il eut à peine le temps de bouger que Fletcher lui sautait dessus et se mettait à le rouer de coups. Emilio se débattit comme il le put, mais Pandion semblait animée d'une rage que rien n'aurait su arrêter. « MON FILS ! criait-il, à chacun de ses coups. VOUS L'AVEZ TUÉ ! »
Emilio parvint à se dégager et à reculer jusqu'à l'autre bout de la pièce.
« Dumbledore était sur le point de le vaincre, et vous l'avez arrêté ! continuait-il d'aboyer, se dirigeant vers lui à une vitesse fulgurante. Les Mangemorts ont gagné et mon fils... mon fils ! VOTRE FAUTE ! »
Emilio se décala à la dernière seconde, laissant Fletcher s'éclater contre le mur. Sans lui laisser le temps de se retourner, il plongea sa lame secrète dans sa gorge. « Je suis désolé, Fletcher, murmura-t-il avec de réels regrets. L'Orbe... L'Orbe était plus important. »
Fletcher s'écroula au sol, répandant son sang dans toute la pièce. En quelques coups de baguette, tout avait disparu. Les autres Assassins qui vinrent au quartier général ne surent rien. Ils crurent que Pandion avait été tué sur le Chemin de Traverse, comme trois autres membres. Emilio fut surpris du peu de pertes qu'ils avaient à essuyer.
Durant les années qui suivirent, la guerre devint plus affreuse encore. C'était comme si cette bataille sur le Chemin de Traverse avait marqué un tournant : celui où Voldemort devenait plus puissant que tous ses ennemis réunis. Le ministère sombrait encore plus profondément dans la corruption, rendant inefficace le travail des Aurors. L'Ordre du Phénix subit beaucoup de pertes, et aurait-il été détruit que ça n'aurait pas changé grand-chose. Les Assassins étaient les seuls à ne pas avoir été trop affaiblis. Mais ils étaient déjà peu nombreux, et ne pouvaient mener cette guerre à eux tous seuls. Ils pouvaient mener tous les assassinats et les espionnages qu'ils désiraient, cela ne faisait pas le poids face au camp organisé de Voldemort.
Même l'espionnage se révéla inefficace. L'enregistreur qu'ils avaient déposés dans le bureau de Dumbledore était impossible à récupérer. La sécurité de Poudlard n'avait jamais été aussi forte, et le fils de Fletcher – celui qui posa l'engin – était mort.
Ce n'est qu'aux alentours de 1978, trois ans après la bataille du Chemin de Traverse, que l'Ordre du Phénix renaquit de ses cendres. Et ce, grâce à de nouvelle recrues tout juste sorties de Poudlard. Quant à la Confrérie, ils bénéficièrent également de nouveaux et jeunes éléments un an plus tard, tels que Peter Pettigrow et Bellatrix Lestrange, mais aussi bien d'autres. Si cela permit un espoir durant un ou deux ans, les Mangemorts reprirent le dessus une nouvelle fois. La fin était proche, et il semblait bien que Voldemort allât mettre fin à toute forme de résistance.
Emilio avait presque perdu tout espoir. À cela s'ajoutait la mort de son père, qui avait eu lieu deux jours auparavant. Rentré en Grande-Bretagne il y avait quatre ans, Marc Hickey avait commencé à savourer sa retraite dans le monde moldu, à l'abri de la guerre sorcière. Emilio et lui ne s'étaient vu qu'à de courtes reprises, mais il était tout de même affecté par sa disparition.
Son transplanage le mena à l'entrée du quartier général des Assassins. Il venait de quitter le cimetière où reposaient ses parents, et voilà qu'il avait une réunion juste après. Tout le monde était assis autour d'une grande table, semblant l'attendre. D'un seul coup d'œil, il put repérer les absents :
« Il manque Lestrange et Pettigrow, constata-t-il.
— Nous n'arrivons pas à les joindre. » expliqua Susan, la petite Rose dans ses bras. La jeune femme était légèrement en retrait dans la salle. Elle ne pouvait plus participer autant depuis la naissance de Rose, bien qu'elle tînt tout de même à assister aux réunions. Emilio soupira, puis dit à la trentaine d'Assassins qui se tenaient devant lui :
« Bien, dans ce cas, nous commencerons sans... »
Il fut interrompu par une violente déflagration qui retentit dans toute la demeure. Les fenêtres se brisèrent, laissant entrer des silhouettes. Nombre d'Assassins furent tués sans avant même de pouvoir réagir. Ceux qui restaient sortirent leurs baguettes et armes pour se battre. Les intrus se faisaient de plus en plus nombreux, et le combat qui suivit fut une véritable boucherie.
Emilio avait immédiatement compris qu'il s'agissait de Dumbledore venu récupérer l'Orbe. Il courut aussi vite qu'il le put pour récupérer l'artefact dans sa cachette. Une fois celui-ci en main, l'Assassin se débattit du mieux qu'il le pût avec le pouvoir qu'elle lui octroyait. Mais c'était insuffisant : les assaillants étaient trop nombreux, et ils allaient tous périr. Emilio devait fuir, mais ne quitterait pas les lieux sans Rose et Susan. En une fraction de seconde, il les repéra. Son cœur rata un battement : le corps de Susan reposait sur le sol, Rose tentant vainement de la réveiller.
Emilio perdit la raison, laissant la haine envahir son être et diriger ses actions. Il se fraya un chemin jusqu'à elles en tuant, ne se souciant guère de ses camarades qui tombaient comme des mouches à côté de lui. Plusieurs sortilèges le touchèrent, le faisant saigner et trébucher. Il rampa jusqu'à sa fille. Arrivé à elle, il saisit son bras, jeta un regard de regret au corps sans vie de Susan, puis transplana en forçant le champ anti-transplanage, l'Orbe avec lui. Une moitié de seconde avant que l'obscurité ne l'envahisse, il sentit quelque chose s'introduire dans son esprit.
« Voilà les Assassins détruits à jamais, de nouveau, susurra une voix qu'il reconnut comme celle de Dumbledore. L'un des vôtres vous a trahi. Fuyez tant que vous le pouvez, cachez-vous ! Je vous retrouverai, Emilio Hickey, je vous tuerai et récupèrerai l'Orbe. »
Emilio s'était abrité dans l'une de ses cachettes de l'Allée des Embrumes. Dès qu'il fût arrivé, il couvrit le lieu d'autant de sortilèges de camouflage et de protection qu'il put. Il s'aida même de l'Orbe pour renforcer le plus possible les boucliers. Une fois ceci fait, Emilio tomba dans une profonde léthargie. La mort de Susan le détruisait. Il ne faisait même pas attention à sa fille qui ne cessait de quérir son attention. Lorsqu'elle se mit à pleurer, il ne fit que lui crier dessus. Cela redoubla ses cris, et Emilio se sentit horriblement coupable. Il prit alors soin de sa fille, se rendant compte qu'il ne voulait pas subir une troisième perte.
Rien ne changea durant près d'une semaine. Emilio sortait de temps en temps, de manière très discrète, afin d'acheter de quoi se nourrir et de prendre des nouvelles. Le 31 octobre 1981, la guerre prit fin. Il fut aussi ébranlé que les autres sorciers de découvrir qu'un simple bébé avait pu vaincre Voldemort. Une intuition lui disait que non seulement ce fût Dumbledore qui avait organisé la chute de son ennemi – tout comme il avait fait tomber un autre ennemi quelques jours auparavant : les Assassins –, mais aussi que le mage noir n'était pas réellement mort.
Emilio passa les huit années qui suivirent à perfectionner sa cachette. Pour subvenir à ses besoins, il en fit une boutique d'armes. Il trouva très vite ses clients dans un lieu tel que l'Allée des Embrumes. Il fit cependant en sorte que son commerce soit très difficile à trouver pour quiconque le cherchait délibérément.
Emilio gardait toujours l'Orbe, passait ses journées à l'étudier, délaissant même sa fille lorsqu'il était trop impliqué dans sa tâche. Il notait chaque découverte dans un journal sur lequel était inscrit le symbole des Assassins.
En 1989, Harry Potter viendrait dans sa boutique acheter quelques armes. En 1992, il serait de retour pour poser quelques questions sur l'un de ses achats, mais seule sa fille serait là pour répondre à ses questions. En effet, Emilio mourrait en 1991, à l'âge de quarante-six ans. Mais comment ?
Emilio ne plaça pas sa fille à Poudlard, en 1986 : elle n'était jamais sortie de leur cachette, et la mettre directement sous le nez de Dumbledore serait une horrible erreur. Il assurait son éducation à domicile.
S'il crut avoir réussi à éloigner sa fille de la guerre, des Templiers et des Assassins, il ne fit en réalité que l'y plonger plus profondément qu'il ne l'avait lui-même été. Très tôt, Rose fut exposée à l'Orbe. Oh, bien sûr, l'artefact devait rester secret : elle n'était même pas censée connaître son existence. Mais cela survint contre son gré. Cela avait commencé un an après la mort de sa mère, alors qu'elle n'avait que sept ans. Une voix murmurait dans sa tête, pendant son sommeil. Elle ne se souvenait jamais de ce qu'elle disait, mais elle était là. Le plus étrange était que, chaque jour, la jeune fille découvrait savoir quelque chose qu'elle ne se souvenait pas avoir appris. Des connaissances paraissaient apparaître progressivement dans sa tête, à mesure que les jours passaient. Son intelligence et sa maturité s'accrurent. Rose s'en rendait compte, bien sûr. Elle n'avait pas d'autres enfants de son âge avec qui comparer, mais savait que l'apparition de tant de savoir n'était pas habituelle. La connaissance même que l'esprit humain n'était pas aussi intelligent, mature et rempli à un tel âge lui était apparue mystérieusement. Et quelque chose lui disait que son père ne devait jamais le découvrir – ce qui n'était pas difficile, puisqu'il ne lui prêtait jamais aucune attention... c'était heureux qu'elle fût autonome. En un an, ses connaissances dépassaient déjà tout ce dont pouvait rêver n'importe quel curieux. Toute cette science... À l'inverse, son intelligence et sa maturité s'étaient stabilisés à un niveau légèrement plus élevé que l'adulte moyen, ce qui n'était pas exceptionnel. Ça le restait pour son âge, mais ce n'était pas suffisant pour exploiter de manière optimale tout son savoir. Elle rêvait déjà de faire de grandes découvertes scientifiques, de faire avancer le niveau humain, d'inventer, de résoudre de grands problèmes mathématiques...
Il y avait un côté négatif, cependant : il semblait que ses émotions avaient été annihilées. Elle ne ressentait que des émotions très fortes, telles que la peur ou la colère. L'empathie paraissait l'avoir quittée. Peu importait. Seuls ses ambitions, sa curiosité et ses rêves où elle devenait l'inventeur de grandes théories scientifiques importaient.
Ces derniers furent brisés à l'âge de neuf ans. Il y avait toujours la même voix, dans son sommeil. Elle avait fini par deviner que c'était elle, la cause de toute ses connaissances. Cette nuit-là, la voix fut plus claire...
« Bonsoir, Rose. »
C'était une voix grave, masculine, résonnante et mystérieuse. Elle semblait irréelle, mais aussi puissante. L'être qui en était à l'origine semblait à la fois très loin, très proche et partout à la fois. Rose était consciente de dormir, sans pour autant être dans un rêve. Il n'y avait que le noir... et cette voix.
« Enfin, nous avons une réelle discussion. Tu t'en doutes déjà, c'est moi qui ai introduit dans ton esprit tant de connaissances, tant d'intelligence... Tu dois te poser beaucoup de questions. »
Rose était confuse. Elle avait des questions, évidemment, et elles semblaient tant se bousculer dans sa tête qu'elle ne savait pas par laquelle commencer.
« Qui êtes-vous ? Qu'êtes-vous ? Pourquoi avez-vous fait ça ? Comment l'avez-vous fait ? finit-elle par demander, décidant de poser toutes les questions qui lui passaient par la tête.
— Je vais essayer de répondre à chacune de tes interrogations, dit la voix, amusée. On m'a appelé de diverses manières, au cours de mon existence. À toi, je me présente en tant que Prométhée.
— Le Titan...
— ... qui a créé les Hommes ? Oui, en quelque sorte. On peut dire que je suis un dieu. Voilà quant à ma nature. Je veille sur les humains depuis le tout début, leur évitant autant que possible la mort et la destruction. Malheureusement, le plus grand danger auquel l'Humanité devra faire face approche à grand pas. Et j'ai bien peur de voir toute vie humaine anéantie d'ici quelques décennies. »
Rose resta silencieuse, abasourdie. Lui annonçait-on une fin du monde ?
« En réalité, reprit Prométhée, les Hommes vont devoir faire face à une guerre destructrice. Elle aura inévitablement lieu, que ce soit maintenant, dans quelques décennies ou quelques millénaires. Mais la probabilité qu'elle survienne dans un futur proche est très forte. De plus, une catastrophe naturelle de grande envergure va mettre fin à une très grande part de la vie terrestre. »
Rose découvrir que même dans cet étrange état, entre le rêve et la réalité, il était possible de ressentir la peur.
« Il existe cependant un artefact qui pourrait éventuellement permettre, s'il est bien exploité, de sauver l'Humanité. Il permettrait à la fois de mettre fin à la guerre et de se protéger de la catastrophe. Cet artefact était autrefois entre les mains d'un sorcier. Albus Dumbledore.
— Le directeur de Poudlard, murmura Rose, fascinée.
— Oui. Il devait, selon mes plans, augmenter la puissance de cet artefact de telle sorte que son pouvoir permette de contrôler une grande armée de créatures magiques et d'ainsi remporter la guerre. Mais non seulement Dumbledore n'a pas cherché à faire cela, mais il a aussi perdu cet artefact. C'est ton père, Rose, qui le possède aujourd'hui. Il doit se situer à quelques mètres d'où tu te trouves actuellement. Il s'agit d'un orbe, dans lequel sont enfermés des connaissances qui dépassent la pensée et des pouvoirs qui permettent de contrôler certains types d'humains. Je l'ai eu en ma possession durant plusieurs siècles, aussi y suis-je très lié. Ma conscience réside à Poudlard, mais je peux agir à travers l'Orbe des Dieux, comme on l'appelle. Grâce à lui, j'ai déversé une part infime des connaissances qu'il renfermait dans ta tête. J'ai fait en sorte que tu aies les capacités nécessaires pour améliorer l'Orbe de façon à vaincre cette guerre. J'aimerais, si tu l'acceptes, que tu travailles à cette tâche. »
Rose ne sut que répondre. Devait-elle le faire ? Devait-elle abandonner ses projets... ?
« Travailler sur les mathématiques, faire des inventions, faire avancer la science... tout cela n'a plus aucun sens si l'humanité disparaît, l'avertit Prométhée, amusé, comme s'il lisait dans ses pensées.
— Pourquoi ne le faites-vous pas vous-même ? Vous êtes plus puissant, plus intelligent, plus à même d'accomplir cette tâche ! Pourquoi la déléguer à une simple mortelle insignifiante ?
— Je ne suis pas tout puissant, soupira-t-il. J'ai perdu mon corps il y a longtemps, et ma conscience est aujourd'hui enfermée à Poudlard. Je ne peux pas accomplir ce que tu as à faire. Acceptes-tu ? »
Rose se sentit trembler, alors même qu'elle n'était pas consciente de son corps. Elle réfléchit, sachant pertinemment qu'elle n'avait de toute façon pas le choix.
« Oui. » répondit-elle.
Son destin fut scellé. Prométhée lui donna quelques indications : la nature de la créature magique à contrôler, son pouvoir, la localisation de l'Orbe... mais aussi des pistes du côté de la magie. Car s'il lui avait implanté dans le crâne des connaissances magiques durant plus d'un an, il ne pouvait transférer ses propres savoirs magiques. Seuls ceux que renfermaient l'Orbe pouvaient transiter, et l'artefact ne savait rien de la magie, ayant été créé bien avant son apparition selon Prométhée. Il lui apprit également qu'elle ne serait pas envoyée à Poudlard. Aussi devrait-elle faire son éducation magique par elle-même. Vivant dans l'Allée des Embrumes, ce ne devait pas être bien difficile.
« Tu ne pourras travailler seule : j'ai donc... convaincu... deux assistantes de te venir en aide. Tu les trouveras exactement dans une semaine au... »
Il lui donna alors l'adresse d'un entrepôt industriel protégé par magie.
« Ce sera ton atelier, en quelque sorte, lui dit-il. Je te fais confiance pour sortir sans éveiller l'attention de ton père. »
Alors qu'il allait mettre fin à l'entretient, Rose le retint quelques secondes : « Attendez ! Vous ne m'avez pas expliqué pourquoi il y aurait une guerre. »
Prométhée l'éclaira, et l'horreur de ce qu'il dépeignait emplit son cœur de terreur. Aussi, il lui révéla son plan : plus tôt la guerre surviendrait, mieux ce serait.
« Pour la déclencher, tu devras infiltrer une puissante organisation moldue : les Templiers. Ils contrôlent à peu près tout sur la planète. Les manipuler et utiliser leur pouvoir suffira. Ton père était leur ennemi. »
Au réveil, Rose se demanda durant quelques secondes si elle avait rêvé tout cela. Le doute ne perdura qu'une seconde avant qu'elle ne décrète que non. Elle décida tout de même de vérifier et s'introduisit dans le bureau de son père, alors que celui-ci dormait toujours, pour vérifier si l'Orbe était là. Une sphère dorée, presque scintillante, reposait en effet sur une étagère, exactement là où Prométhée le lui avait indiqué. Elle referma la porte du bureau, satisfaite.
Une semaine plus tard, elle se débrouilla pour sortir en dehors de la maison sans que son père ne le sache. Ce n'était pas la première fois qu'elle s'échappait, bien sûr, mais elle n'allait généralement pas bien loin. Cette fois-ci, elle quittait tout de même de l'Allée des Embrumes ! Rose profita de cette excursion sans oublier son objectif. La jeune fille, à peine âgé de neuf ans mais déjà plus mature que la plupart des adultes, se rendit donc à l'adresse indiquée par Prométhée. Il s'agissait bien d'un entrepôt. Deux personnes l'attendaient en effet. L'une était une femme adulte – vieille serait plus exact. Elle était rousse, imposante et Rose aurait été incapable de dire qu'il subsistât de la beauté dans ses traits – si tant est qu'il n'y en ait jamais eu. L'autre était une jeune femme tout juste sortie de l'adolescence. Elle était d'une incroyable beauté et d'une stature noble. Étonnement, bien qu'étant ses aînées, les deux femmes se comportèrent avec elle comme si elle était leur supérieure. Ce devait être le cas, pensa-t-elle, en se remémorant que Prométhée les avait décrites comme ses assistantes.
« Enchantées, maîtresse, fit la plus jeune en s'inclinant. Je suis Jane Knowles et voici Molly Weasley, pour vous servir.
— Bien, fit-elle froidement. Rose Hickey. Allons, au travail ! Notre tâche est complexe et nous manquons peut-être de temps. J'ai déjà pensé à quelques pistes pour améliorer l'Orbe, notamment avec un sceptre. »
Au cours des mois qui suivirent, Rose travailla avec acharnement, aidée de ses assistantes. Elles travaillaient pour l'instant la théorie, tout d'abord car il leur fallait un plan préliminaire avant de se lancer dans des expérimentations, mais aussi car ils manquaient de fonds suffisants pour aborder le côté pratique. Heureusement, quelques mois plus tard, Molly reçut une proposition de Dumbledore qui lui proposait des sommes importantes en échange de quelques services concernant le jeune Harry Potter. Cela permit à Rose de surveiller Dumbledore. Elle pensait devoir se méfier de lui. Un autre obstacle à toute activité pratique était tout simplement qu'elles ne possédaient pas l'Orbe. Il était impossible de la dérober à son père : il s'en rendrait compte. D'ailleurs, rien que ses sorties régulières commençaient à éveiller son attention. Se rendait-il compte qu'elle quittait leur demeure ?
Ainsi, à l'âge de seize ans, en 1991, elle utilisa une des lames secrètes de la boutique pour assassiner son père. Elle devint alors libre, et leurs expérimentations purent commencer sérieusement – d'autant plus qu'il avait laissé derrière lui un journal comportant des notes sur son étude minutieuse de l'Orbe, ce qui facilitait grandement le travail de Rose. Elle profita tant de sa liberté qu'elle eut une relation – amicale, puis romantique – avec un jeune garçon de son âge, un certain William Dawson, sans se douter qu'il s'agissait en réalité du célèbre Harry Potter. Cette liaison fut de courte durée, cependant : en effet, elle dut quitter la Grande-Bretagne pour voyager un peu partout en Europe, laissant ses assistantes travailler seules sur l'Orbe. Car en plus de construire ce spectre, elle devait exécuter son plan concernant les Templiers...
Notes :
I. « Qui riposa nostro salvatrice. » – Ici repose notre sauveuse. Rosa Hickey a sauvé beaucoup de monde durant la Seconde Guerre mondiale, d'où cette épitaphe. Si vous vous y connaissez en italien, n'hésitez pas à me corriger si j'ai fait une faute ! J'ai beau maîtriser plus ou moins quatre langues, l'italien n'en fait malheureusement pas encore partie.
II. Si ce paragraphe vous a perdu, relisez la deuxième note de fin du chapitre 2, la première moitié du chapitre 15, et peut-être les chapitres 18 et 19.
Résumé (C20) : Après avoir refusé à Tom Jedusor le poste de professeur de Défense contre les forces du mal, Dumbledore réfléchit à un plan. Il a découvert que Jedusor possède l'Orbe des Dieux, et il attend la guerre pour le lui voler. Il décide d'instaurer une politique anti-moldu au ministère, de telle sorte à ce qu'il apparaisse comme un sauveur aux yeux des nés-moldus lorsqu'il créera l'Ordre du Phénix et les enrôlera.
Emilio Hickey est un Assassin mais également un sorcier. Après une enfance entre deux mondes, il est envoyé, durant l'année 1964, en mission en Allemagne de l'Est pour combattre les Templiers. Il découvre non seulement l'existence d'une branche sorcière de l'organisation secrète, mais aussi celle de puissants artefacts appelés Pommes d'Éden ou Orbes des Dieux. Il décide d'enquêter seul. Ce choix, une fois découvert par ses supérieurs, lui vaudra un renvoi immédiat en Grande-Bretagne. Il décidera par la même occasion de quitter les Assassins pour vivre chez les sorciers. Emilio obtient un poste très ennuyant au ministère. Il fait la rencontre d'une femme nés-moldue, Susan. Ils sympathisent très vite. Emilio apprend qu'elle a espionné ses supérieurs, découvrant qu'ils sont à l'origine des lois anti-moldus. Ils espionnent ensemble, découvrent qu'il existe des Templiers au ministère et, sentant la guerre approcher, décident de créer une branche sorcière des Assassins dont ils sont pour l'instant les seuls membres. Lorsque la guerre éclate, ils combattent les Mangemorts. Ils sont un peu confus, ne sachant les motivations véritables de chaque ennemi et camp. Lors d'une attaque de Voldemort, Dumbledore dérobe l'Orbe des Dieux au mage noir. Emilio sait alors où se trouve l'artefact. En plein milieu de la guerre, Emilio et Susan ont une fille, qu'ils nomment Rose. Peu après, une attaque a lieu sur le Chemin de Traverse. Emilio s'y rend : c'est une boucherie, les Mangemorts sont trop puissants pour les Assassins (qui ont réussi à recruter chez un groupe d'Aurors), l'Ordre du Phénix et les Aurors. Dumbledore utilise l'Orbe pour renverser le cours du combat, mais Emilio la lui vole avant de s'échapper. Les Mangemorts prennent alors le dessus et tuent tout le monde. La guerre suit son cours, et ils combattent tant bien que mal jusqu'en 1981. Après l'enterrement de son père, Emilio rentre au quartier général des Assassins. A lieu alors une attaque de Dumbledore et d'autres sorciers, qui tuent tout le monde et tentent de récupérer l'Orbe. Emilio parvient à s'enfuir avec sa fille, Rose, ainsi que l'artefact. Susan est cependant tuée. Une semaine plus tard, la guerre prend fin.
Caché dans l'Allée des Embrumes, Emilio passe le reste de sa vie à vendre des armes et à étudier l'Orbe. Il ne prête pas beaucoup d'attention à sa fille. Celle-ci se révèle manipulée par l'Orbe, qui est en réalité contrôlé par l'Isu qui réside à Poudlard (cf. chap. 18). Il l'enrichit de connaissances durant son sommeil, s'efforçant de la rendre intelligente et mature, mais aussi antipathique. Peu après, il se présente à elle en tant que Prométhée, un dieu, et lui révèle que l'Humanité est menacée par une guerre. Il lui explique en quoi elle consiste, ce qui l'horrifie. Le dieu lui apprend que plus tôt cette guerre surviendra, plus aisée sera la victoire. Il lui révèle comment la déclencher (en influençant les Templiers moldus, qui contrôlent une large partie du globe, et en utilisant leur pouvoir), mais aussi comment la gagner : il faut pour cela contrôler des créatures magiques particulières, et cela nécessite d'apporter des modifications à l'Orbe que possède son père. Il lui fournit deux assistantes : Molly Weasley et Jane Knowles (cf. chap. 16 et 21). Avec elles, elle travaille sur ce projet. Elle est forcée de tuer son père pour lui permettre d'être libre et de récupérer l'Orbe. Profitant de sa liberté, elle a une courte liaison avec un jeune homme de son âge, un certain Will – qui est en réalité Harry Potter. Plus tard, elle dut voyager en Europe pour mettre au point son plan avec les Templiers, laissant à ses deux assistantes le soin de travailler sur l'Orbe...
Voilà pour ce chapitre !
J'espère qu'il vous a plu ! Il est dense en informations. Les éléments que devra affronter Harry et les mystères se profilent lentement... Plus qu'un seul chapitre, et nous retrouverons notre Survivant ! Vous ne pouvez pas imaginer à quel point j'ai hâte !
N'hésitez pas à laisser une review :)
Au fait, l'auteur NVJM, mon très cher correcteur adoré (non ce n'est pas du tout lui qui a modifié cette phrase) a créé un serveur Discord (sorte de Skype en bien meilleur) pour réunir quelques auteurs et lecteurs de fanfictions. Si vous voulez venir discuter avec nous et perdre votre esprit, n'hésitez pas à me contacter en MP ou sur Discord (Le Cerf-Pentard#7703), ou NVJM de la même manière (NVJM#3762).
Le prochain chapitre, intitulé « L'ennemi véritable, 1971 » sortira, je l'espère, dans moins d'un mois. Devinerez-vous de qui il s'agit ? Le récit couvrira relativement la même période, c'est-à-dire la première guerre avec Voldemort... mais cette fois-ci, du point de vue de Poudlard !
À bientôt !
Le Cerf-Pentard
