Les contraires s'attirent

Chapitre 20

Le prince des serpentards se réveilla, et sa première pensée fut pour elle… comme tous les matins depuis bientôt trois semaines, il se dépêcha de se préparer, pris une douche qui acheva de le réveiller, mit ses habits parfaitement repassés, coiffa ses cheveux d'ange en laissant retomber négligemment quelques mèches sur son front, et versa dans le creux de son cou quelques gouttes de son précieux parfum.

Un dernier coup d'œil dans le miroir, et le résultat fut comme il s'y attendait : parfait, il se permit un de ses petit sourire satisfait, signe de sa bonne humeur, avant de prendre sa veste et de se précipiter hors de sa chambre.

Depuis trois semaines, Draco Malefoy avait un rendez-vous tous les matins qu'il ne manquerai pour rien au monde…

La salle commune était vide, remarque peu de gens se levaient aussi tôt, car peu était ceux qui avaient des raisons de se cacher…

Soulagé, il réajusta le col de sa chemise, et se dirigea vers la porte de l'antre des serpentards…

- Dis-moi, beauté glaciale…ou vas tu comme ça ?

Draco se figea nette, et se retourna lentement, il plissa ses yeux et remarqua dans l'ombre une silhouette tranquillement assise dans un fauteuil, il se maudit de ne pas l'avoir vu plus tôt, et s'obligea d'afficher un sourire plus ou moins convainquant.

- Pansy…bien dormi ?

- J'aie l'impression qu'en ce moment tu ne réponds pas souvent à mes questions…

- C'est parce que je n'ai pas de raisons de le faire.

Ton sec, net, qui ne permettait aucune réplique, Draco fit volt face et s'apprétait a ouvrir la porte quand la voix mielleuse de Pansy le stoppa pour la seconde fois.

- Draco…je croyais qu'on ne se cachait rien tous les deux…hum ?

Le serpentard lui refit face, visiblement très agaçé.

- Ecoute-moi bien Parkinson, je n'ai aucun compte a te rendre, ok ? Donc si tu veux t'en sortir indemne, t'as plutôt intérêt à ne plus poser de question et filer d'ici en vitesse vu ?

Il pria intérieurement pour que cela suffisse à la faire partir afin qu'il puisse rejoindre la gryffondor, mais c'était sous-estimer la serpentard…elle se leva de son fauteuil, et de sa démarche féline se dirigea vers lui, réduisant à quelques centimètres la distance qui les séparaient. Il la regardait de toute sa hauteur, de son regard si froid, mais sa ne suffit pas à la faire flancher…elle devait vraiment avoir une excellente raison pour lui tenir tête ainsi, le jeune Malefoy sentit une pointe d'inquiétude le submerger.

- Qu'est ce que tu me veux, siffla t'il.

Le sourire de la jeune Parkinson s'agrandit, elle laissa glisser sensuellement son doigt le long du torse du serpentard, puis, entourant de ses bras son cou lui murmura à l'oreille.

- Toi…

Il se recula vivement, dégageant ses bras de ses épaules sans ménagements.

- Qu'est ce que t'as bu ! Toi et moi c'est terminé ! T'étais un sympa passe temps au lit, mais rien de plus ! Il faut quoi pour que tu le rentre dans ton crane ? Continue ce petit jeu Parkinson, et je te le ferai rentrer à coup de doloris !

Le regard qu'avait en ce moment Draco Malefoy en aurait fait fuir plus d'un, de plus, il était fort capable d'appliquer ces promesses, on lui avait toujours appris à être implacable et sans pitié, le secret du pouvoir et de la longévité, était la peur qu'on inspirait aux autres…

- Tu ne feras rien…

Une sueur froide le parcourut, mais il s'appliqua de ne rien laisser paraître, surtout pas devant elle…pas maintenant, il plongea ses yeux dans ceux de la jeune fille, et y vit un aplomb telle qu'il en avait jamais vu, à par dans les yeux de son père bien sûr…

il ne reconnaissait plus Parkinson, ou était passé la jeune fille naïve ? Le côté serpentard avait pris le dessus, tel un serpent elle le narguait, cherchant la moindre de ses failles, ignorant une fois de plus son regard orageux et sa main crispé sur sa baguette. elle aventura sa main sur la mâchoire du serpentard, son regard se transforma en fascination pour la beauté aristocratique du jeune homme, il fronça les sourcils, son instinct malfoyen lui hurlait de se méfier.

- Draco…ou allait-tu comme ça ?

Il prit sa main pour la retirer avec froideur.

- Pour la deuxième fois Pansy, ça ne te regarde pas.

Elle ne chercha même pas a dégager son poignet qui était toujours prisonnier de la main du serpentard, elle le regardait toujours droit dans les yeux, avec la même audace, duel de regards, à qui céderait le premier…

- Tu fais une grave erreur, mais un jour…tu me reviendras, serment de Parkinson…

- Ton serment ne vaut rien, tout comme toi, petite fille.

Deux serpents dans la fosse, se jaugeant, sifflant, à qui attaquerait le premier… cherchant à transpercer l'autre de son venin mortel, aucune menace, que des promesses…

- Reste ici Draco, reste avec nous, chez toi…ou quelqu'un risque de le payer très cher.

Elle fut violemment projeter contre le mur, et ne put retenir une grimace de douleur. Draco se jeta sur elle, de son coude maintenant son corps plaqué contre la paroi, de son autre main, enserrant son cou, le serrant un peu plus au fur et à mesure de ses paroles. Une légère lueur de peur transparut enfin dans le regard de la serpentard, tandis que ces poumons la brûlaient peu à peu.

- Si mon père n'était pas là, je t'aurais déjà tué depuis longtemps ! Il n'y a que grâce à lui que tu es encore en vie sale peste ! Tu es sans doute la seule personne qui puisse le remercier…alors ne joue pas à ça avec moi gamine, je n'en ai rien a faire de tes menaces, si tu sais quelque chose, tu auras intérêt à l'oublier, et très vite ! Car s'il arrive quoique ce soit de fâcheux, père ou pas, je te jure que tu le payeras Parkinson, jusqu'à la fin de ta misérable vie !

Puis il s'éloigna d'elle, la laissant à moitié étourdie par le manque d'air, et frappa de toutes ses forces son poing contre le mur, fracturant la pierre au passage. Il avait besoin de cette violence, pour repousser cet instinct meurtrier, cette petite voix qui lui hurler de la tuer avant qu'elle ne fasse du mal à la gryffondor, faire taire cette pulsion dévastatrice. La fureur du moment lui avait teinté ses joues de rouge. Il lui lança un dernier regard assassin avant de s'enfuir de la salle commune.

Une fois dehors, Draco s'apuya dos contre mur, et s'apliqua de se calmer. Son teint était redevenu d'albâtre, il ne savait pas ce qui lui avait prit, ses mains tremblaient comme jamais, elle l'avait menaçé, son Hermione, et ça avait suffit à le mettre hors de lui. il ne supportait pas qu'on touche à la gryffondor, elle était son point faible…

Il ne savait pas comment elle l'avait deviné, mais son discours était limpide, soit il arrêtait de la voir, soit…Pansy pouvait se montrer une véritable garce quand elle le voulait, merlin sait ce qu'elle était en train de manigancer…

Si elle mettait quelqu'un d'autre au courant de leur liaison, ils étaient foutus, le jeune Malefoy passa une main dans ses cheveux, puis reposa sa tête contre le mur froid et ferma les yeux, tentant de rassembler les solutions qui s'offraient à lui, il n'en trouva pas…

Elle le tenait…

Il partit tout de même rejoindre sa gryffondor, il voulait croire au fond de lui qu'il c'était trompé, que Pansy ne savait rien, que tout n'était que du bluff, de la simple intimidation. Oubliant volontairement avec quelle assurance la jeune fille lui avait tenu tête, et qui ne permettait aucun doute sur ce qu'elle savait vraiment…

Qui jouait au plus naïf finalement ?

« l'espoir fait vivre, mourir aussi… »


Pansy reprit lentement son souffle, massant son cou endolori et enflammé sous la pression du serpentard, un sourire triste se dessina sur son visage…il était parti, la rejoindre, elle sentit son cœur de briser un peu plus.

Son poing se crispa…non, elle ne pouvait pas le laisser partir comme ça, pas après tout ce qu'elle avait dut endurer pour le garder, quoiqu'il lui en coûte, s'il n'était pas à elle, il ne serait sûrement pas à cette sang de bourbe! Forte de cette nouvelle résolution, elle se redressa.

Pauvre Draco, il était manipulé tout simplement, elle lui pardonnait tout, son geste, ces mots, ce n'était pas sa faute, et ça ne le serait jamais, il était pour elle un mythe qui ne serait jamais briser.

Convaincu qu'elle le faisait pour lui, elle se dirigea vers la porte, titubant, ayant encore du mal à reprendre son équilibre après l'étranglement de son aimé, et sortit à sa suite de l'antre des serpentards.

Cette garce allait payer.